L'assistant automatique


    De nouveaux appareils en mises à jour - curieux de s'être fait subtiliser la même année en deux fois et le téléfonino et l'ordinateur - voilà que je découvre que ce dispositif de sauvegardes automatiques de certaines photos est désormais muni d'un assistant, lequel fait une partie du boulot pour nous : classer en album, "améliorer" certaines images - généralement, présomption humaine, je préfère mes photos avec défauts -. 

Ça n'est pas tout à fait inintéressant, même si je continuerai autant que possible d'utiliser mes propres classement, plus efficaces à mon cerveau et son fonctionnement de mémoire.

Capture d’écran 2017-12-12 à 22.26.57En particulier ce dispositif créé les choses à partir d'une logique implacable, ce qui rend des résultats parfois faux très drôlement, parfois charmant. Ainsi la machine a semblé se réjouir de mon merveilleux week-end à Paris début décembre (Patate, j'y habite), ainsi que d'une excursion que j'aurais faite fin novembre à vers Eaubonne et Beauchamp, ce qui est une appellation fort romanesque du fait d'être allée préparer once and again des cartons de déménagement. Et j'étais à Taverny, en vrai.

Ce monde moderne peut être amusant.

(Cette façon d'être cerné-e-s est également flippante, mais préférons en rire du moins pour l'instant)


Choses incroyables qui me sont arrivées

L'actualité récente et des hasards de sauvegardes - tris (j'étais sans connexion et un peu patraque ce week-end, les très basses pressions me rendent faibles, du coup j'ai passé en revue des fichiers photos et quelques textes) m'ont fait exhumer cette curieuse liste écrite bien avant le 7 janvier 2015 (impossible de passer une date anniversaire de ce jour fatidique sans y repenser) mais je n'ai eu envie de rien modifier. Il y a eu quelques autres trucs de fous depuis, pas forcément furieusement marrants.

  

Si je le dis de façon pince-sans-rire tout le monde va croire que je plaisante. Et pourtant :

 

- J'ai chanté au Stade de France avec Johnny (et au Champ de Mars aussi) ;

- J'ai écouté Natalie Dessay chanter dans le métro ;

- J'ai une dédicace de Marc Lévy parce qu'il était tout seul derrière ses livres au salon du livre de Paris (et que j'ai eu de la peine pour cet homme à l'air un peu triste que les lecteurs dédaignaient) ;

- Il m'est arrivé de gagner au loto dans les jours qui suivaient la mauvaise surprise, la somme exacte d'une prime dont une cheffe à "l'Usine" qui ne m'aimait pas m'avait privée (1) ; une autre fois il me manquait une somme précise pour un achat que je m'apprêtais à différer au mois d'après et je l'ai gagnée à quelques centimes près ; #vieilabonnementefficace

- Je suis partie de Nîmes juste avant une inondation historique, allée à San Francisco juste après un tremblement de terre qui effondra l'un sur l'autre les tabliers superposés d'un pont, allée à Ouagadougou dans le premier ou le deuxième avion qui circulait après un coup d'état. Voulez-vous voyager avec moi ?

- Mon premier jour de liberté d'un mi-temps que j'avais obtenu, non sans difficultés, dans le cadre d'un plan social qui pourtant y incitait, a correspondu exactement à la diffusion de la video de Florence Aubenas captive. J'ai pris mon sac et je suis allée bosser au comité de soutien - j'y étais déjà mais de la façon prudente et mesurée de quelqu'un qui a un travail prenant en entreprise et une vie de famille avec enfants -.

- Il m'est arrivé d'aider ponctuellement sur un livre sur lequel aida aussi en tant qu'éditeur quelqu'un que j'ai rencontré plus tard et bien aimé (et qu'on ne s'aperçoive que très tardivement que l'on avait en quelque sorte déjà travaillé ensemble) ;

- J'ai retrouvé grâce aux internets et réseaux sociaux une quasi-cousine géographiquement éloignée, 35 ans après que les circonstances familiales et générales jointes à mon passage en classe prépa, là où notre temps ne nous appartient pas, nous avaient fait nous perdre de vue.

- À huit jours près j'ai l'âge de Kennedy mort. Ça peut faire sourire mais ça vous change une vie.

- Henry Miller est mon voisin d'il y a soixante ans (à ma date d'emménagement) ; une légende tenace prétend que c'est à cause de lui que j'ai choisi d'habiter là. La réalité est plus prosaïque : nous étions arrivés à Clichy par la grâce du 1% patronal. Effectivement quand il s'est agi d'habiter plus grand (enfant(s)) la présence tutélaire du grand et sulfureux Henry a été le petit plus qui m'a donné l'énergie d'embarquer toute ma petite famille dans cette aventure d'acheter là. This is the west sir, when the legend becomes fact, print the legend. 

 

 

 

(1) Elle ignorait probablement que j'avais moult amis dont certains qui n'étaient pas n'importe qui et m'avaient annoncés les attributions prévues. Sauf qu'elle avait mis son veto à ma prime et celle d'un collègue. Histoire de pouvoir nous dire que nos résultats étaient insuffisants (c'était faux) tout en nous faisant croire que ça avait été estimé en haut lieu - comme si l'équipe que nous formions n'était pas perçue au dessus comme assez performante -.


L'homme - flèche

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Je me souviens des hommes-sandwichs, on en croise parfois encore lors de distributions ponctuelles au sortir des stations, même si ça n'est pas tout à fait pareil : jadis ils étaient ambulants.

Vendredi, en allant chercher des ouvrages à l'un des comptoirs parisiens, j'ai croisé, je crois pour la première fois des hommes-flèches. 

Tout d'abord je n'ai pas pigé : il s'agit d'une marque qui est aussi un mot dans le langage courant.  De plus près j'ai vu un logo et compris qu'il s'agissait d'une enseigne. 

Et que donc des gars étaient payés pour porter ses flèches aux sorties du métro afin d'indiquer sa présence dans le centre commercial voisin.

Peut-être y organisait-on ce jour là un événement particulier et qui nécessitait qu'on guide les invités, mais sinon : est-ce que réellement des personnes allaient en voyant ces flèches portées, se dire Oh je vais aller voir ce magasin ?
J'en connais un rayon en matière de petits boulots, mais il m'a semblé que celui-ci était particulièrement déprimant. Est-ce qu'au moins ça n'est pas trop lourd ? Combien d'heures doivent-ils rester ainsi debout et au froid ?

Peut-être aussi que ce genre de dispositif existe depuis un moment mais que je le découvre seulement lors de ce trajet-là. Étrange époque où fleurissent les emplois artificiels et qui n'ont d'autres buts que de pousser à consommer.


L'homme qui n'en savait pas trop

(publié avec son accord)

 

Tout aura commencé par une banale fausse manipulation de sa part qui aura éteint l'alimentation électrique, vite rétablie rien de bien méchant. Mais voilà, oldschool comme nous le somme, nous nous réveillons encore au radio réveil, principalement. 

Lequel datant lui-même d'un nombre d'années conséquent n'est pas muni des dispositifs du matériel actuel qui permettent des remises à l'heure automatique lors du moindre événement, qu'il s'agisse d'une coupure de courant ou du très prévisible changement d'heure.

J'avais bien, après la coupure, procédé à une remise à l'heure et de l'horloge et de la fourchette de fonctionnement pour le temps de réveil, mais par fatigue ou d'avoir été interrompue en le faisant, j'ai laissé pour radio la station qui se met par défaut après une interruption. Il s'agit de celle qui se trouve vers les 87 MHz, à savoir par chez nous Radio Nico, laquelle ne diffuse que de la (plutôt) bonne musique et des jingle conviviaux et charmants. Zéro infos.

Nous nous sommes donc réveillés fort paisiblement, loin des bruits du monde et l'un comme l'autre hâtifs : notre journée de travail devait commencer.

L'Homme est parti alors que par acquis de conscience je prenais soin de régler le radio-réveil cette fois-ci sur France Culture (1). C'est là que les entendant longuement deviser au sujet du vieux chanteur, qui ne fait pas énormément partie de leur programme habituel j'ai compris qu'il était mort - non sans une hésitation, car le fait que son décès survienne au lendemain de celui de Jean d'Ormesson c'était un peu Kamoulox niveau 15 -. 


Il n'a donc pas entendu ce que j'entendais. 

Nous avons l'un comme l'autre eu chacun de son côté une journée de travail chargée. Pas le moindre SMS, ni appel échangé. Sinon, émue comme je le reste, quand bien même j'éprouve un certain détachement, je lui en aurais parlé. Il était venu au Stade de France, en tant que conjoint, invité et ce sont, c'étaient, de par la ferveur du public des concerts dont on se souvient.

Au soir il est venu me rejoindre à la librairie, où une amie venait en tant que Libraire d'un Soir présenter les livres qui pour elle avaient comptés. Nous étions un peu inquiets d'une absence d'assistance prévisible, du fait qu'y compris parmi nos amis certains resteraient sans doute à regarder les hommages qui n'allaient pas manquer d'affluer dans les télés. 

Il est près de 20h, en plein Paris et l'Homme entre qui prenant en cours la conversation, et estimant sans doute surprenant que des personnes se privent de soirées ou que les télés en consacrent une entière à Jean d'Ormesson, pose cette simple question :

- Mais, qui est mort ?

Il devrait être le seul au monde de la France à n'avoir pas su.


Passé un moment d'humour, c'était plus fort que nous, j'ai pu l'interroger. Il avait travaillé toute la journée, s'était dépêché de nous rejoindre à la librairie, ne consulte que peu son téléphone s'il n'a pas sonné, avait déjeuné avec des collègues dans un restaurant d'entreprise, mais ils n'avaient parlé que boulot. Quant à la machine à café c'est l'un de ses équipement à dosettes, moins propice aux brefs rassemblement, chacun allant se préparer le sien pour le rapporter à sa place, sans qu'il n'y ait d'espace dédié -. Enfin, il n'est pas fumeur ce qui excluait la possibilité d'une pause extérieure au court de laquelle quelqu'un aurait dit : - J'y crois trop pas qu'il est mort, Johnny. Je le soupçonne d'avoir bossé dur, concentré sur ce qu'il faisait.

Il était donc encore possible en 2017 de n'apprendre un décès d'ampleur nationale survenu dans la nuit précédente que fort tard au soir.

Toutes proportions gardées, je me souviens qu'en 2001, lors de la mort de George Harrison que j'avais apprise en lisant devant un marchand de journaux à La Défense la Une du Monde en rentrant de ma pause déjeuner, j'avais alors pensé que c'était sans doute la dernière fois que j'apprenais par voix de presse papier le décès d'un humain très célèbre.

Finalement en 2017 ça doit être encore possible puisqu'un événement qui a été relayé tous azimuts était passé inaperçu de quelqu'un travaillant en très grand centre urbain et sur ordinateur (2). 

 

(1) J'aime être réveillée par l'émission de Tewfik Hakem
(2) Visiblement solidement consacré exclusivement à des tâches pros sans même l'ombre du moindre petit réseau social. 


Il avait contribué à changer ma vie

 

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Je n'étais ni fan ni méprisante, je savais sa relation forte avec le public et qu'aussi des artistes de quelque domaine que ce soit qui ne sombrent pas dans l'oubli une fois passé une vague de très grand succès, c'est qu'ils ont vraiment quelque chose de fort, en plus d'une capacité à bosser et se renouveler.

C'était une chorale qui accueillait les débutants, et après une période difficile, due à une maladie chronique sérieuse apparue pour un membre de la famille, alors que mes enfants étaient encore petits, j'avais éprouvé très fort l'urgence d'entreprendre une activité où puiser de la force afin de mieux tenir (1). Depuis l'enfance je souhaitais chanter mais étais souvent malade, enrhumée, enrouée. J'ai voulu malgré tout tenter. Et ce fut heureux : sans doute du fait de ce que ça nécessite de travail sur la respiration, j'ai été beaucoup moins atteinte. 

À peine un an après mon inscription, cette chorale fut requise (2) pour participer aux concerts de Johnny Halliday au stade de France, en septembre. 

Pour être sélectionné-e-s il convenait de ne pas souffrir du vertige. Il n'y avait pas de critère de beauté, ce qui m'avait bien arrangée. Je crois me souvenir que nous étions 250. 

Je n'avais pas hésité, c'était l'occasion de travailler avec des pros, de voir l'envers du décor d'un de ces concerts usines, ceux faits pour les grandes foules. 

C'était la première fois de ma vie qu'une proposition stimulante et un peu amusante m'advenait. Ma vie professionnelle était en ce temps-là d'un ennui surmené parfait.
Pour les répétitions qui s'étalèrent au Zénnith de Paris sur une semaine à dix jours, dont deux (ou trois ?) concerts avec un public sélectionné - des journalistes, des membres des fans-clubs, des gagnants de prix ("Vous assisterez aux répétitions") -, j'avais posé des congés. 
Je m'en souviens comme de la plus heureuse période de ma vie : pendant une quinzaine, j'ai vécu une vie de musicienne professionnelle, sans le stress d'avoir à y gagner sa vie, mais avec le travail intense et intéressant et le bonheur de la musique, qui quelle qu'elle soit, est particulier. J'étais en pleine forme, ce qui m'arrive rarement. 

Les fans étaient là, aux arrivées et tard aux moments des départs, leur vie s'organisaient autour de leur idole, je ne comprenais pas, j'ai parfois discuté, ils étaient très sympas, attachants. Je pense à eux aujourd'hui qui doivent se sentir fort orphelins. 
L'artiste avait avec les plus anciens d'entre eux une relation particulière, il faisait arrêter sa voiture, échangeait quelques mots, prenait des nouvelles, connaissait le prénom de certains, serrait volontiers des mains, échangeait une plaisanterie. J'ai eu l'impression, comme pour Amélie Nothomb, que ça n'était pas qu'un comportement dicté, mais qu'y entrait une attention qui n'était pas factice, une part de sincérité.

Je me souviens d'un type qui bossait, reprenait autant de fois qu'il le fallait, je me souviens d'avoir pensé, on dirait un ouvrier qui règle la machine sur laquelle il doit travailler. C'était efficace, on pouvait percevoir des améliorations - tel réglage, telle proposition mise en œuvre et c'était mieux pour la chanson -. 

En fait il y eu 3 concerts et demi. Car le premier au Stade de France fut annulé pour cause d'orage. Nous étions fins prêts dans les loges, et puis finalement non. Il fallait rentrer.

L'énergie que le public renvoie vers la scène est quelque chose qui ne s'oublie pas. Je m'étais sentie portée durant deux mois.

Ces concerts furent un déclic pour moi, et si j'ai fait ensuite des rencontres primordiales et qui m'ont aidée à sortir d'une vie grise et enfermée pour aller vers ce qui m'allait, ou du moins essayer, la prise de conscience date de là : il n'y a aucune raison pour que je ne fasse pas des choses intéressantes, aucune raison pour que je demeure dans une sorte d'esclavage des devoirs consentis dont aucun ne me correspond. Une sorte de droit à l'exaltation.

Alors ce matin, voilà, j'ai beau n'avoir aucun lien direct et n'être pas de ceux qui écoutent ses disques, sauf les lives des concerts, pour parfois y puiser un peu d'énergie, ce matin je suis émue. Le gars qui vient de mourir, et qui m'avait saluée poliment comme il l'avait fait avec chacun d'entre nous les petites voix de son grand spectacle, que je ne connais pas plus, j'aimerais lui dire merci.

Je crois qu'il a pu compter au delà même des fans, pour pas mal de gens. Et que ça n'est pas rien. 

 

 

(1) Tout ce que j'ai entrepris dans ma vie à titre personnel tenait de ça, de ce qui semble le plus raisonnable au plus fou. 
(2) J'ignore les coulisses de l'affaire

[photo prise lors d'un concert au Champs de Mars en l'an 2000, avec nous autres en arrière-plan]

 


Ce que les femmes s'infligent (pression sociale)


    C'était un jour après le sport, celui en club, avec une partie sauna et hammam en plus de simples douches. Après l'effort, les soins du corps. 
J'y vais sans autre but que d'éviter ou d'atténuer des courbatures ultérieures et de savourer le plaisir d'avoir chaud. Et puis en période de deuil ce sont des endroits très bien pour pleurer peinardes, sans inquiéter qui que ce soit. On se réchauffe à la chaleur et ensuite ça va. 
Quand j'ai le temps, ce qui n'est pas si fréquent, je m'accorde une semi sieste ensuite dans quelques sortes de chaises-longues d'un endroit de lumière tamisée qui jouxte les lieux prévus pour suer.

Ce jour-là alors que je somnolais, m'efforçant de songer à des livres et non à des tracas, j'ai entendu distinctement deux jeunes femmes qui devisaient dans le petit hammam voisin. Elles semblaient se donner mutuellement des conseils de beauté. Mais ils semblaient étranges. Je ne connaissais aucun des produits évoqués. Ce qu'elles en disaient des précautions d'usage semblait inquiétant. J'ai bêtement songé qu'en matière de cosmétiques j'étais d'une remarquable inculture. 

Puis elles sont sorties. L'unes comme l'autre avaient la peau de couleur noire. 
Alors j'ai compris.
Leurs conseils c'était pour tenter de se blanchir.

J'ai eu de la peine pour elles. 
Et de la honte pour ce monde qu'on fait ou des femmes sont prêtes à mettre en danger leur santé, pour séduire, parce qu'on leur a fait croire qu'elle seraient plus jolies de telle ou telle façon, ou simplement se protéger de certaines réactions de mépris ou rejets.


For the first time in nine years


     PB070035For the first time since I've been taking my holidays during Arras film festival, I've managed this year to write a few words about each movie.

The first years I wasn't trained enough to see many of them and be then able to write : too much emotions, too much exhaustion.

I used to have someone to talk to about the films and several Ciné Club friends were also coming along.

Later there has been years of sad news : some of my aunt's death, the Paris' attacks, Donald Trump's election. And when you have already not much free-time between films, meals and sleep, one only sad news is enough to let you with no energy left to write, except a few postcards for close family and friends.

This year has been perfect for some pieces of writing : a relative loneliness, even if I wasn't alone, no friends from Le Ciné-Club, more restaurants (=> no time lost to prepare meals even simple, very few errands to be done), NO DISASTER, neither private nor collective.
Moreover, "thanks to" the thief who deprived me of my old computer, I work now with a quick brand new one. I was desperately trying to let the previous one work some more months in spite of it beginning to be obsolete and laking of memory and had forgotten how much easier it was with a new one.

Last but not least : since I've begun my triathlon training and thanks to menopause have a lower anemia, my health has much improved. So I'm not the one who slept anytime anymore. I managed to take some half hour each day to write something down.

It begins there : samedi 4 novembre jour 1 : trois premiers films

and ends here : lundi 13 novembre jour 10 : chacun fait sa récap

It's not well written, only ment to keep safe some memories. But I feel childishly proud to manage to keep it till the end.

 

 

 


Se prendre en compte

 

    Il aura donc fallu un vol stupéfiant (1) et qu'on me demande si j'avais des factures pour que je prenne conscience d'à quel point soucieuse de ne pas dépenser de l'argent que je n'avais pas, ni de surconsommer, aimant aussi trouver une utilité aux objets qui m'échoient, je me traitais un peu mal et qu'il était grand temps que je pense à moi. 

Je faisais durer depuis des mois mon petit Mac Book Air parce qu'il avait une valeur affective et par souci d'économie, mais de fait je me privais d'un fonctionnement normal, ça faisait longtemps que je n'avais pas sérieusement "développé" mes photos parce qu'il saturait. L'écran était devenu trop petit pour ma vue déclinante.
Je faisais durer depuis des mois mon sac à dos d'ordi. Je l'avais obtenu dans le cadre d'un programme de fidélité de ma banque à présent changé pour un système de cashback qui ne me sert pas, puisque j'achète peu ou par nécessité immédiate et donc sans choisir où. Il était troué en dessous, les fermetures éclair se rouvraient.  Il n'était plus tout à fait sûr. 
Des pochettes qu'il contenait, une seule correspondait à un achat - elle était si pratique et je la regrette -. Les autres étaient plus ou moins des petites trousses publicitaires. L'une imperméable venait de chez ma mère. Dommage, sa seconde vie n'aura pas duré. 
Le portefeuille était une réclame d'il y a des années. J'en avais pris l'usage en 2009 lorsque je m'étais fait voler un autre que j'avais et que j'aimais bien.
Le cordon du téléfonino qui m'a été volé correspondait à mon nouvel appareil qui est un "faux gratuit" de mon opérateur.

Bon, la souris de l'ordi. était aussi un achat mais depuis quelques temps elle avait un faux contact, par moments. 

Mon fils a pu me dépanner fort gentiment d'un ordi immédiatement. Il s'était facilement offert ce que je reportais pour moi. Certes, il gagne sa vie depuis qu'il est apprenti et participe volontiers aux frais de fonctionnement de la maisonnée, mais pourquoi est-ce que j'admettais de me priver d'un outil en pleine forme alors que nous sommes quatre dans ce même logis. 

Mes autres objets achetés et volés étaient des livres mais c'est aussi lié à mon métier. Pas des achats de fantaisie, même s'ils me font plaisir.

J'avais la même paire de lunettes depuis plus de 5 ans. Certes c'est parce que ma vue de loin n'a pas franchement baissé mais quand même. Dès que j'ai à nouveau une mutuelle, je prends rendez-vous chez l'ophtalmo, il me fallait le faire de toutes façons.

Nous allons devoir changer la serrure de la porte. Des années que par moments elle se bloque ou avec certaines de nos clefs. Mais l'homme de la maison freinait pour la changer.  

C'est effarant à quel point je suis formatée pour ne pas dépenser. Des années de manque d'aisance. Des années de vie avec quelqu'un qui n'a pas une relation normale avec l'argent. Les fins de mois difficiles ont fini par avoir raison de ma résistance à son trouble.
Cela dit, par souci écologique et de ne pas surconsommer, c'est moi et moi seule qui suis incapable de remplacer quelque chose qui fonctionne et fait bon usage par un autre modèle simplement parce qu'il est plus joli ou plus à jour des dernières spécificités. Mais il est temps que j'intègre qu'il ne faut pas traîner avec un matériel qui commence à être défaillant sous prétexte d'être raisonnable. On se complique la vie et on facilite le non-remboursement pour cause d'obsolescence par une assurance éventuelle en cas de problème.

Il est temps que j'apprenne à avoir envers moi un minimum de respect. À prendre en compte mes besoins, à ne pas toujours les reporter à des jours meilleurs qui ne viendront peut-être jamais.

En attendant le nouvel ordi, vif, rapide, lisible, agréable, me réjouit. J'en éprouve un regain d'appétit de travail, d'énergie.

 

(1) que je n'aie rien senti ne m'étonne pas : depuis le 7 janvier 2015 je ne ressens plus les présences à l'arrière, ni n'ai conscience de regards posés sur moi si je ne vois pas la personne qui me voit. En revanche que les personnes à ma table n'aient rien vu alors qu'elles étaient en face ou juste à côté de moi m'étonne. Je ne m'étais pas même absentée le temps d'aller aux toilettes. 


C'était donc un feu d'artifice


    Dimanche soir il pleuvait fort, limite orageux. Vers minuit à Clichy nous avons entendu des bruits d'explosion.

- On dirait qu'il y a de l'orage ?
- Non, on dirait plutôt un bruit de feu d'artifice. 
- Un feu d'artifice le 23 octobre ?
[temps de réflexion, chacun passe mentalement en revue ce qu'il sait des événements commémorables en cette soirée]
- Pourvu que ça ne soit pas un attentat.

Et nous étions si fatigués et, il faut le reconnaître, à la maison au complet, que sur cette vague inquiétude nous nous sommes rendormis.

Aujourd'hui j'ai entendu des gens qui avaient eu très peur et en parlaient dans le métro et #lefiston quand je suis rentrée m'en a parlé à son tour.

En fait il s'agissait d'un feu d'artifice tiré depuis la Tour Eiffel pour la série Sense 8. Les riverains immédiats avaient été prévenus, sauf que le feu d'artifice, bien que tiré assez bas par rapport à l'ordinaire des célébrations officielles, se voyait et surtout s'entendait sans rien de visible de bien plus loin.

En attendant il est déjà terrible de constater à quel point l'idée de l'éventualité d'un attentat nous vient vite, ainsi qu'un mode de fonctionnement totalement fataliste (Tout le monde est là ? On verra demain).

(et à part ça, même si on aime cette série, une preuve de plus de la privatisation grandissante de l'espace public ou du patrimoine commun et le peu de cas que l'on fait des gens qui doivent aller bosser avec un rythme classique)