Un reportage d'Arte sur le confinement en Chine

J'étais sur Youtube en train de rechercher la meilleure version d'un vieux succès de Jean-Louis Aubert lorsqu'en video de suite, le site (dont l'algorithme me laisse toujours aussi perplexe, et me piège assez facilement, sans doute en raison de ma curiosité pour les documentaires, et les reportages sportifs) m'a proposé cette video. Je suis restée scotchée. Est-ce ce qui nous attend ?

Les artisans de demain

Je crois que j'ai déjà relayé certaines de leurs videos : ces voyageurs, qui ne sont pas les artisans, les artisans de demain ce sont les personnes qu'ils rencontrent et qui donnent de l'espoir pour un monde survivant, sont depuis plusieurs mois mon bonheur et mon petit courage du dimanche.

Ils sont partis d'Afrique du Sud, semblent jober quand nécessaire, et ne consommer que ce qu'il faut. Leur carnet de voyage video est clairement centré sur les autres, s'ils se mettent en scène c'est pour mieux témoigner d'un état du monde souvent surprenant. Mais je ne suis pas surprise qu'il le soit.
Ils font part de leurs erreurs aussi, ne prétendent pas tout savoir, s'efforcent de ne pas jouer aux touristes et d'ailleurs leur véhicule est une bagnole pratique aménagée plutôt qu'un camping car. Grâce à eux j'apprends plein de trucs, j'ai l'impression de rencontrer une foule de gens bien, ils m'apporte et sans doute à tou·te·s leurs autres "followers" des connaissances et de l'espoir.

Au fil des semaines, je pense à eux deux comme si nous nous connaissions vraiment - il faut dire que j'ai aussi eu dans ma vie des ami·e·s qui voyageaient, ce qui fait que j'ai l'habitude de "suivre" -. J'aime beaucoup leur discrétion et leur tact, ce que je crois deviner (d'après les expériences d'autres personnes que je connais) dans ce qu'ils préfèrent taire : elle et lui sont là pour attraper des moments de partages surtout, et de la beauté.

Ce dimanche, il s'agissait de ski dans une station au Pakistan. Les bouilles réjouies des gamines et gamins qu'ils croisent en bas de la piste valent tout l'or du monde ; la jeune patineuse artistique prometteuse.
La guerre, le pire, ne sont pas toujours obligés de l'emporter.

Merci à ces voyageurs du partage. Gratitude. Respect.

PS : Sans compter que la qualité des vidéos est impressionnante. Le travail que ça représente, en plus de toute l'intendance à assurer pour voyager m'impressionne.


La catastrophe du Vajont

 

    Il me semble que j'avais déjà suivi le thread qu'en avait fait Valerio Motta à l'été 2018 mais que peut-être je n'avais pas la bonne connexion internet et pas vu ou pas jusqu'au bout, l'étonnante reconstitution en scène par Marco Paolini (langue : italien).

Mais voilà, aujourd'hui j'avais fait un petit entraînement le matin, je comptais faire une sieste rapide, répondre à des annonces d'emploi, préparer mon émission de mercredi et puis voilà qu'en recommençant à suivre l'actualité d'Italie, autant dire la progression du #Covid_19 , j'ai vu ses touites sur les mesures de confinement et la fin anticipée du carnaval de Venise (cf. billet précédent) et partant de là, je suis remontée vers son thread, toujours épinglé, sur la catastrophe du Vajont.

Elle remonte au 9 octobre 1963 mais les tenants et les aboutissants de l'affaire initiale : la construction d'un barrage malgré des objections - entre autre de la part de géologues -, ressemblent à tant de choses qui se passent de nos jours : affairisme de certains, jeux de pouvoir, museler les opposants, mépris des petites gens et de leur vie même, lanceurs (ou ici en l'occurrence lanceuse) d'alerte accusés de #FakeNews (1). Puis la catastrophe arrive, imparable. 

Ce qui se passe en fait en ce moment à l'échelle du monde. 

La mauvaise foi qui perdura de la part des plus officiels médias a une allure hélas très moderne. Ainsi comme le barrage n'a pas cédé (point particulièrement fascinant) mais que c'est techniquement un immense glissement de terrain qui a provoqué le passage d'un tsunami dans la vallée - puisque les terres et roches avaient pris place dans le lac artificiel, l'eau devait bien aller quelque part -, ils trouvèrent moyen, du moins dans un premier temps, de parler d'une catastrophe naturelle. 

J'ai donc lu et relu le thread avec intérêt puis suis tombée dans la reconstitution. Happée. J'en ai oublié mon intention de vraie sieste, tout ce que j'avais à faire et même le dîner. 

Au delà de cette tragédie précise, il y a là quelque chose à creuser. Si l'on pouvait ainsi narrer toutes les sombres histoires menant à des catastrophes, ça marcherait mieux d'avertir les gens. 
Cet événement de scène fut donné en 1997 sur les lieux mêmes, peut-être que parmi le public se trouvaient des survivants, ou de leurs descendants. C'est impressionnant aussi de voir le double passage du temps : déjà important entre la catastrophe et l'époque de la mise sur scène, et à nouveau importante entre cet exploit et maintenant. Marco Paolini, depuis n'a pas chômé.

Liens vers le thread de Valerio Motta : 

épisode 1 : la vallée
épisode 2 : le chantier du barrage et un drame voisin
épisode 3 : Autour du futur barrage, l'inquiétude grandit
épisode 4 : Pendant que l'eau s'élève
épisode 5 : L'eau monte, la montagne tremble
épisode 6 : Les dernières heures de Longarone

Quelques documentaires traînent sur Youtube : 

Scena del disastro di Vajont
Longarone : Vajont dam disaster
Diga del Vajont

 

(1) Un des points de l'histoire qu'on croirait d'aujourd'hui est que la seule journaliste suffisamment indépendante, Tina Merlin, soutenue par son journal et courageuse pour écrire des articles qui disaient la vérité fut en procès de la part des constructeurs du barrage sous l'accusation de répandre des rumeurs. Or entre-temps un premier glissement de terrain avait vraiment eu lieu, tel qu'elle en indiquait le danger dans l'article incriminé. L'accusation s'était effondrée. 


Parfois le marketing conduit à des trucs pas mal (si on a les bons amis)

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Tout aura commencé par un touite de @Celinextenso

ou plutôt un touite à elle en réponse à un touite du CM d'Interflora qui semblait proposer d'envoyer des fleurs à qui des twittos ou twittas que nous connaissions le méritait. 

Il se trouve que l'une de nos camarades @kinkybambou est en bagarre contre un cancer, qui ces jours derniers s'est révélé être du genre starteupeur au trop rapide développement. Alors on a suivi Céline, le hashtag #DesFleursPourXanax (Xanax La Guerrière, désormais La Fougère étant l'un des pseudos de notre amie sur le réseau), et les fleurs ont bien été livrées.

Nous ne sommes pas dupes, c'est pour la chaîne de fleuristes une belle opération de com à pas cher. Il n'empêche que le résultat est doux, et qu'il a permis une médiatisation locale qui pourrait se révéler utile à un moment ou à un autre, ne serait-ce que parce que le monde étant ce qu'il est on est parfois mieux traité·e·s si nos interlocuteurs savent que l'on dispose d'une petite notoriété. 

On peut donc se dire que c'est du marketing intelligent (et que Céline Extenso est quelqu'un de formidable, mais ça, on le savait).

PS : À propos de twittas formidables, je dois un somptueux fou-rire de ce soir à Norden Gail  

 

 


Une photo retrouvée des amies et ce souvenirs de l'Attrape-Cœurs avant sa transformation

 

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Photos qui ont déjà deux ans, ce qui me semble (cf. billets précédents) toujours aussi stupéfiant.


La présence de Thomas

 

    Je me rends compte avec stupéfaction que la présence de Thomas Gunzig à la librairie Charybde, cette invitation qu'il avait honorée, c'était il y a deux ans. Deux. Ans.

Souvenirs d'avoir bien travaillé et bien ri. Ce qui est une définition du bonheur, non ? Gratitude envers lui qui avait accepté de faire le déplacement (et envers sa maison d'édition, Marion Mazauric son éditrice, qui l'avait rendu possible).

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Un an et demi plus tard son roman suivant, "Feel good" fut un bon succès de la rentrée et j'ai pu, mais ailleurs, tenter d'y contribuer.

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Un enregistrement audio est écoutable sur la chaîne YouTube de la librairie Charybde, en ce temps là sise rue de Charenton à Paris dans le XIIème.


Les CR (Comptes Rendus) video de Syblo une belle source de motivation

Les videos de Syblo sont toujours un régal et une belle source de motivation, avec cette façon calme, appliquée et déterminée qu'il a d'avancer dans le sport.

J'ignore qui filme et fait le montage mais c'est toujours de l'excellente qualité pour qui a d'autres choses à faire par ailleurs dans la vie. Baptiste Cartieaux est toujours très pédagogue, vu son jeune âge c'est impressionnant, on dirait un grand frère attentif. 

J'aime la façon appliquée assez touchante de ses présentations. L'humour léger, toujours présent, ce qui en video sportives n'est pas si fréquent (le plus courant en la matière consiste en gros "gags" lourds ou pas d'humour du tout). Par exemple dans celle-ci le petit rappel en bref insert au moment où le coureur en souffre, de sa première réaction face à l'annonce de grand vent ce jour-là. 

J'aime qu'il ne soit pas toujours vainqueur, ses forces, courses après courses, sports après sports (1) sont assez évidente, et en grand pro potentiel il est extrêmement lucide sur ses faiblesses, quand il galère, il le montre, pas de déni, ni de fausses excuses, chapeau. C'est ainsi qu'on progresse (2).

Et il termine presque toujours sur d'autres compétitions de la même journée, images au drone, c'est un petit plaisir. Comme les videos sont postées avec régularité le mardi après-midi et que mon entraînement de piste quand le travail salarié ne m'empêche pas d'y aller est le mardi soir, c'est impeccable. Et pour la préparation de mon émission radio du mercredi soir c'est une précieuse source communicative d'énergie. 

Voilà en tout cas qui donne la pêche pour attaquer nos propres entraînements ou le travail de la journée. Merci à Baptiste et à sa team video (parents ? camarades de club ? ami·e·s ?), respect à la ou les personnes qui effectuent les montages, beau boulot. 

 

 

(1) car sa chaîne ne couvre pas que la course à pied, c'est un autre de ses charmes. Il s'essaie à différentes activités et explique, n'hésite pas à se mettre en scène en train de débuter (parkour par exemple)

(2) Je suis dotée de basses capacités mais néanmoins sportive, alors vraiment j'en sais quelque chose. 

 

 


209 rue Saint Maur : un documentaire chaleureux et passionnant

 

    Découvert hier soir alors que je m'apprêtais à dormir, il m'a tenue éveillée ce qui est un exploit. Non seulement ce documentaire fait son devoir de mémoire tant qu'il est encore temps, mais il apporte quelque chose à ses protagonistes et permet un moment heureux malgré l'horreur des funestes années. Il fait une sorte de pari de la bonté et de l'humanité, qui même si elle est emportée par périodes sous les flots de la brutalité, permet souvent de sauver quelque chose qui dépasse les vies directement concernées.


La tour Ariane, une bibli, une voix amie


    J'ignore pourquoi mais soudain me revient, datant de janvier 2003, le souvenir d'un midi d'une journée de travail.

Je bossais alors à l'"Usine" (une grande banque de la place), Tour Ariane. J'y étais depuis septembre 2001 dans un service consacré aux clients entreprises, le côté informatique, fichiers et statistiques de la force. Longtemps j'avais exercé le même type de métier mais pour un des services de Ressources Humaines et sis les derniers temps dans des bâtiments de peu d'étages dans le quartier de l'Opéra (Garnier). Pile en septembre 2001 j'étais venue me laisser percher dans une tour de La Défense. Il y a des gens comme ça qui ont le sens du timing. Les collègues (ceux que je quittais, ceux que je rejoignais) se gaussaient. 

En janvier 2003, j'avais pris mes marques depuis un moment. Le travail n'était pas affriolant - en quelques années dans les services de ce type, nous étions passés de grands projets sur lesquels nous pouvions techniquement apprendre et chercher et trouver à des tâches répétitives de statistiques, dispositifs ou fichiers à fournir vite sans avoir le temps de réfléchir, d'améliorer -. Ce qui me consolait était de bosser sous Unix, et que par ailleurs l'équipe à laquelle j'appartenais était composée de gens bien.

Une de mes amies venait de publier un livre, ça n'était pas le premier, écrire était son métier. Son livre d'ailleurs allait faire partie des facteurs de contamination vers l'écriture. À ce moment-là je le ressentais sans savoir encore me le formuler. 

Et ce midi-là, elle passait à la radio (1). Alors j'avais un peu décalé mon heure de déjeuner, lorsqu'il n'y avait pas d'urgence nous avions cette liberté, zappé la cantine, pris un sandwich quelque part, vite avalé et j'avais filé munie sans doute d'un walkman (2) à la bibliothèque. 

En ce temps-là les grosses entreprises avaient des comités d'entreprises qui investissaient dans le collectif, existaient encore ciné-club, groupe théâtral, groupe sportif ; n'existait déjà plus une coopérative qui permettait de caler des achats de vie courante juste après la cantine et dont j'avais amèrement regretté la disparition.

La bibliothèque dans la Tour Ariane présentait la particularité d'être immense. En effet des règles ordonnaient de limiter le poids sur plancher. Les livres étant très lourds par rapport à leur taille, il avait fallu répartir et de ce fait les étagères étaient comme perdues au sein d'un vaste espace. Comme pour tout le reste c'était économie maximale et entassement des meubles et des gens, le contraste était saisissant. Et très agréable lorsqu'on y passait un moment. 

Je me souviens d'avoir approché une chaise près de la baie vitrée côté Paris, là où l'on voyait la Tour Eiffel veiller sur la ville et d'écouter la voix amie. Le ciel était beau, contrasté, légèrement tourmenté, pas du gris uni comme souvent à Paris. Ça allait bien avec l'ambiance du livre dont il était question. En ce moment précis, le temps d'une émission, j'ai été heureuse. Les tourments étaient nommés. Tout semblait [par ailleurs] harmonieux.

Je n'ai plus le souvenir de nos échanges consécutifs (par SMS ? par mail ? par une lettre en papier ? (3)) ; ni non plus celui de mon apparence d'alors aussi bien générale (portais-je les cheveux courts ? longs ?) que ce jour-là en vêtements (sans doute sagement corporate, ne relevant pas d'un vrai goût personnel). C'était il y a dix-sept ans. Et la force de cette mémoire de l'instant m'impressionne rudement.  

 

(1) France Inter ou France Culture 

(2) Les téléphones portables à l'époque ne servaient qu'à téléphoner. Même pas à prendre des photos. 

(3) Je suis seulement certaine de n'avoir pas téléphoné car la bibliothèque n'était pas un lieu pour le faire et qu'ensuite j'étais directement remonté travailler sans passer par un moment sur le parvis à respirer l'air du dehors. Et le soir après le travail, je cavalais pour retrouver mes enfants, toujours trop tôt pour mon employeur, toujours trop tard pour eux.


Aaron Swartz (ce que l'on doit à)

 

    Un fil info de France Culture m'a rappelé que je n'oublie pas (mais ça va mieux en le partageant) : 

Aaron Swartz un héros contemporain

Ce que l'on doit à Aaron Swartz 

Quand notre civilisation s'effondrera, il sera temps de se souvenir que l'on aura poussé au suicide ou à la prison ou traité mal d'autres façons, celles et ceux qui nous montraient un chemin possible pour éviter ça.