Dernier week-end avant un confinement ?

 

    Désormais chaque activité extérieure que nous entreprenons, du moins avec déplacement, est possiblement la dernière avant un temps coincé à la maison. Pour l'instant le gouvernement français pense avant tout à préserver l'économie seulement à un moment il devra tenir compte de la saturation du système de santé et de toutes façons si on laisse l'épidémie prendre ses aises, ce sont les absences des malades qui la mettront à genoux. Ils seront donc bien obligés d'imiter sinon la Chine du moins l'Italie. 

Dès lors, voilà, chaque activité à l'extérieur est possiblement une dernière fois, sinon avant de tomber malade du moins avant de devoir rester à la maison pour éviter de l'être. 

Je suis encore dans l'esprit de Che sera, sera en évitant de prendre des risques inutiles : pas de sorties en salles tassées pour l'instant, plutôt la marche à pied ou le vélo que le métro, pas de bises ni de serrer la main (et d'ailleurs, je préfère). Il me semble peu probable que nous puissions éviter d'être en contact avec le virus.  La question est plutôt de savoir si nous tomberons malades ensuite et avec quel degré de gravité. 

Pour autant notre week-end, ciné-club, petit groupe, assez de place autour de nous, grand parc, grand air, campagne, pas entassé, ne semblait pas mériter d'être supprimé. Si comme je l'espère, je décroche bientôt un travail je n'aurais plus mes samedi. 

(Inondations assez remarquables soit dit en passant. C'est une chose de l'entendre aux bulletins météo, une autre de voir un chemin faire partie intégrante du cours d'eau voisin et la vitesse folle du courant en son sein)

Peu de changement dans les comportements : on évite de se faire la bise et de se serrer la main. Ce que je trouve très avantageux en fait, je m'en passe fort bien. Je préfère que l'on se salue de loin. 

Cela dit, l'homme de la maison a croisé le maire de notre ville au matin avant de partir et ce dernier en pleine campagne électorale n'a pas pu s'empêcher de lui serrer la louche et le premier a totalement oublié qu'il fallait faire gaffe.

Au week-end des étiquettes sont apparues pour mettre les noms sur nos porte-serviettes car se sont des serviettes en tissus.
Les repas sont en plats collectifs, ce qui est convivial mais probablement pas très prophylactique.

Je me rends compte que je me frotte souvent les yeux et le nez parce que ça me démange un peu - pas spécialement ces jours-ci mais en gros : tout le temps -. Pour le lavage des mains, je l'ai toujours fait beaucoup. J'y mets simplement un peu plus de temps un peu plus de soin. 

Un ami pharmacien est présent. Fatigué. Avait envie de parler d'autre chose, saturé qu'il était. Sauf que ça n'a pas manqué, c'était inévitable. Je me suis efforcé de faire diversion en tentant de raconter des anecdotes de ma vie pas forcément drôles mais tournées en marrant.

C'est curieux : suivre avec assiduité les infos sur la Rai m'a donné comme une forme de savoir, ne serait-ce que parce qu'il y avait une foule de séquences pédagogiques et qui étaient établies en pariant sur l'intelligence du téléspectateur. 

Je n'écris pas ce que l'ami nous a dit, des choses positives et d'autres moins, qu'il n'a pas forcément envie de voir divulguées même si rien ne relevait du secret, plutôt un témoignage de son quotidien professionnel bousculé. On dira que ça s'équilibre. Des stocks de masques ont, comme c'était officiellement annoncés, été débloqués des réserves militaires et transmis aux pharmacies qui les ont distribuées aux médecins de ville qui en manquaient. J'ai aimé en avoir confirmation même si déjà des amis médecins s'en étaient publiquement réjouis.

L'un de nous a reçu un coup de fil qui lui annonçait la mise en isolation de l'EPHAD où vit sa belle-mère. Il lui a rendu visite jeudi alors que déjà les horaires étaient réduit, et une seule personne admise et pas aux repas. Mais là, ça y est, nos anciens sont reclus. Il semblerait que ça soit dans toutes les régions, par précaution et compte tenu du taux de mortalité nettement plus élevé chez les malades très âgés. 

On s'autorise encore l'humour. J'espère que ça pourra durer le plus longtemps possible car je fais partie des personnes pour qui plaisanter est une façon de faire face. 

En regardant les infos sur quelques sites de journaux installés, j'ai cru piger qu'on commençait enfin en France à tester davantage de gens. Le comptage a fait un bond. On essaie encore pour l'instant de toiletter autant que possible la présentation : Capture d’écran 2020-03-07 à 23.48.14

Ces jours-ci j'ai de nouveaux des projets d'avenir, professionnels notamment, alors j'aimerais bien disposer encore de celui-ci au moins quelques temps. Et avant tout que les jeunes s'en sortent. 

 

Lien vers le site de la santé publique en France

Liens vers des statistiques :

Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Oragnization via safetydectetives.com

105 836 cas dont 3 558 morts et 58 359 guéris 

 

 

 

 

 

 

 

 


De l'influence ou non de l'épidémie sur la vie quotidienne

    

    Je ne cherche pas à faire une chronique exhaustive, j'ai du boulot de ma vie, ne peux suivre en continue et de toutes façons je n'aurais rien à apporter de plus que ce que disent ou finissent par dire les journaux.

Seulement ce qui me marque, ce que je retiens, ce qui m'amuse (oui, c'est bien d'en rire, ça aide à se dire Tutto andrà bene). Et le concret du quotidien.

Bon an mal an les institutions s'efforcent de faire face et le libéralisme se la joue sourdine (sans doute pour mieux profiter des survivants après) face aux nécessités de solidarité. En Italie seuls les partis les plus populistes se mettent à l'écart d'une union sacré qui s'est faite, et tout en prétendant agir pour la solidarité - le propre des populismes étant de dire le contraire de ce qu'ils fond ; pourquoi s'en priveraient-ils ça marche si bien chez qui n'a pas les armes de décryptage et se trouve en détresse ou difficulté -.

Le cas grave d'un député français a été annoncé plus rapidement en Italie qu'en France. Je le savais avant d'aller dormir, il a été annoncé, et fort brièvement, par ici ce matin. Pas de mesures particulières semble-t-il pour l'instant.
Très mauvaises nouvelles épidémiologiques : des re-contaminations sont décidément possibles (encore des cas dont un au Japon) et il semblerait que ce virus combine ses propres effets dévastateurs (de SRAS) à ceux d'un HIV qui fait s'effondrer l'immunité (ou : comme la rougeole ?).  En revanche à Wuhan, pas de nouveau cas depuis 24h. Oserait-on croire au début de la fin ? 

Je me régale décidément de la chronique de Thomas Gunzig de la veille

Le marathon de Paris a été annoncé comme annulé (très tôt le matin) puis comme reporté au 18 octobre

La première annonce m'a coupé l'élan, ou du moins l'énergie que je tentais de rassembler pour aller m'entraîner nager. Comme je suis fatiguée en cette fin d'hiver, c'est la période durant laquelle, traditionnellement, je suis bien anémiée, je ne sais distinguer ce qui relève de l'épidémie, de sortes de mesures préventives que je m'appliquerais quand je le peux, ou ce qui relève ... du besoin de dormir pour récupérer, reprendre des forces, attaquer le printemps du bon pied.

Il est évident qu'alors que les jalons sportifs sautent les uns après les autres, je perds une forme de bornage qui me permettais de me dire : bon OK, là, tu dors, mais là, tu t'y mets : il faut être fin prête pour telle date.

Quelque chose en moi souhaite aussi aborder le plus en forme possible un nouveau travail : plus des pistes se précisent, plus j'ai tendance à me dire, ou mon corps à me faire comprendre : dors maintenant, tu vas bientôt avoir besoin de toute ton énergie.

Mais par exemple, est-ce que la décision prise aujourd'hui après avoir couru et parce que j'éternuais et toussotais (1) de rester à la maison plutôt que d'aller à la BNF, ne comprenait pas une part de : c'est toujours autant de risques d'économisés ? Je ne sais pas le dire, en fait. Ou plutôt : probablement que s'il n'y avait aucun risque particulier, je trouverais en moi la force de me secouer et de me dire comme dab, Fais ce qui était prévu / Ce que tu as à faire, Tu te reposeras après. 
Alors que là la petite pensée non formulée insidieuse, du "et si jamais" / risque de contagion (ou de contaminer quelqu'un si je le suis déjà tout en ne le sachant pas), fait son travail de sape. 

Pour autant je suis calme, et résignée. Je pense que nous n'y échapperons pas plus qu'à l'espèce de bronchite que nous avions tous attrapés en 1994 (année à vérifier) alors que nous rendions visite à notre amie Suzanne, tombée malade d'un seul coup, alors que nous séjournions chez elle et qui malgré les précautions élémentaires de bases prises lorsque la maladie lui était tombée dessus, nous avait toutes et tous contaminés. JF avait cru, une nuit, mourir. Et pour ma part j'avais été flanquée à plat pendant vraiment longtemps, passée l'épreuve éprouvante des heures où respirer devient l'unique travail et si douloureux - sans peur parce que j'avais tant et tant été malade enfant que je pensais m'en sortir puisque ça m'était déjà arrivé, un tel état et en remonter -).

C'est effarant de se surprendre à penser : quelle chance que soient morts tous nos vieux parents, nous serions si inquiets ! 
Seulement je dois me l'avouer, et l'homme de la maison l'a aussi exprimé, nous l'avons à un moment ou à un autre, au moins de façon diffuse, pensé. 

En attendant de savoir si nous allons nous aussi passer par la case maladie, et si partant de là nous allons nous en sortir ou plus ou moins ou pas, nous essayons d'en rire, ou d'observer les bizarreries qui surviennent.

Notre fille a reçu de la part de son employeur (qui est une sorte d'agence de placement, pas l'entreprise pour laquelle le travail s'effectue) un courrier avec les consignes de base (en gros, lavez-vous les mains et vous grattez pas le nez).

La France qui, par rapport aux pays voisins, était déjà le mauvais élève qui testait peu de cas, annonce ne plus vouloir tester que les cas déclarés et sévères

 

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Liens vers des statistiques :

Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Oragnization via safetydectetives.com

101 781 cas dont 3460 morts et 55 866 guéris 

 

(1) A priori même pas un rhume, juste une réaction à l'effort dans un air pollué. Ça me le fait fréquemment.


Journée qui ne se passe pas comme prévu, mais ça n'a sans doute pas de lien avec l'épidémie

 

    Comme j'ai pris du retard dans ma préparation de l'émission du soir, je mets les bouchées double et puis suis arrêtée en plein élan par le journal de mi-journée sur les chaînes de la Rai (entre Rai Uno et Rai News 24) que j'avais mis pour me tenir au courant le temps de manger.

Ce que je trouve intéressant, à suivre les infos italiennes plutôt que françaises, n'est pas seulement que l'épidémie y est en avance mais aussi que le pays et ses infos semblent moins verrouillés.
 
Ainsi ces deux derniers jours on voit clairement les lignes qui s'opposent : s'efforcer de rester confinés tous un bon moment pour que l'épidémie tombe plus vite faute de carburant ou au contraire tout continuer le plus possible au normal pour que les survivants le soient dans une économie la moins cassée possible. Le foot est un enjeu crucial, les décisions fluctuent au gré des décisions d'un niveau (gov, national) ou de l'autre (fédération sportive, régions).

C'est fascinant on voit les décisions en train de se prendre et d'être discutées. 

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Au bout du compte, mais je ne le saurais qu'en fin de journée, c'est confirmé, en Italie écoles à fac, tout fermé jusqu'au 15 mars dans tout le pays. Avec un réel souci de comment faire en pratique dans les familles et un aveu que tout n'est pas encore au point de ce côté là. Il est question de congés parentaux aménagés ou (inclusif) d'aide pour les frais inopinés de garde d'enfants confinés.
 
Je ne saurais en jurer mais peut-être que l'idée est aussi d'obliger le plus de personnes possibles à rester chez elles, puisqu'il faudra bien les garder les gosses et que les employeurs seront un tantinet contraints à être indulgents.

Sur ces entrefaites j'apprends parce qu'il m'envoie un message que O. ne sera pas disponible ce soir pour la régie, à cause d'une conférence à couvrir en même temps. Trop tard pour changer mon fusil d'épaules et rattraper ma soirée, je me consacre aux urgences domestiques et financières - le mois sans revenu ni indemnisation a fait mal - et de recherche d'emplois, ce qui devient très irréel dans l'ambiance actuelle : trouver du boulot puis être confinée juste après ?

 

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Ma fille a un ami en confinement, car il venait de Suisse où quelqu'un avec qui il a travaillé a été testé positif. Sauf qu'en France, s'il a obtenu sans problème un arrêt maladie de quarantaine et une ordonnance pour des masques (il vit en coloc), il n'a pas eu le droit d'être testé (pas tant qu'il n'a pas de symptômes) et pas pu avoir de masque car la pénurie est telle que même avec ordonnance rien n'est disponible. 

Une touitas expliquait qu'elle avait des symptômes et quelqu'un de son entourage qui avait la maladie mais que comme elle ne revenait pas des zones à risques on lui refusait le test Mais surtout, restez chez vous.

Sur Rai News 24 une envoyée spéciale à Paris évoquait le cas d'une de ses amies qui avait appelé 3 fois le 15 pour se voir à chaque fois refuser le test alors qu'elle venait d'Italie et avait tous les symptômes. 

Il me semble que la France économise sur les tests, peut-être parce qu'il en manque ou à cause de leur coût, sûrement aussi pour tenter le plus longtemps possible d'éviter l'annonce d'une bouffée épidémique. La semaine prochaine, ça sera panique à bord. 

Aux USA, ça semble pire. Et les gens qui ne se sont pas riches ou très bien assurés ne peuvent se payer le test. Tout est en place pour une méga-contagion. Ils continuent à frétiller pour leurs présidentielles comme si de rien n'était. Biden aura sans doute l'investiture démocrate. Comme l'écrivait Kozlika dommage que finalement le choix ne soit plus effectuable qu'entre deux vieux messieurs.

Le Fiston ne sait toujours pas si son voyage d'entreprise à Rome aura lieu. Son coloc enrhumé prend de soigneuses précautions, va se moucher aux toilettes, jette ses mouchoirs, se lave les mains sans arrêt, mais continue à aller bosser et n'a pas de moyen de se faire tester. Ses potes le charrient. Globalement, on se croit encore au stade où l'on peut plaisanter.

En Italie, les intervenants sur Rai News 24 osent encore manier l'humour noir, je crois que c'est l'esprit local, je l'ai aussi, mais on est à l'étape où le présentateur se sent obligé de glisser une phrase "dans le respect des malades et des gens qui souffrent", en rire permet de ne pas paniquer, c'est important de garder le moral, j'espère que vous le comprendrez, nous devons résister. En début de semaine (ou ce week-end je ne sais plus), ça vannait encore sans complexe : Pour une fois que nous sommes parmi les premiers mondiaux, il faut que ça soit pour une épidémie. 

Ma fille me dit qu'à son travail ils recouvrent les boutons de porte de films plastiques. Je suppose que c'est parce que ne disposant pas de solutions hydro-alcooliques, ils ont trouvé cette solution pour l'hygiène (si toutefois les films sont remplacés fréquemment).

Alice qui blogue pour partie pour les mêmes raisons que moi - dont d'éventuels lecteurs de longtemps plus tard, curieux de la vie à notre époque -, a écrit un billet Coronavirus. Je prends d'autant plus conscience d'à quel point mon background italien modifie ma perception des choses. En France, on est encore dans la minimisation (1). Celle-ci est toutefois atténuée par ceux des responsables qui souhaitent se couvrir afin que l'on ne puisse leur reprocher de n'avoir pas pris les mesures qu'il fallait. D'où de jolies contradictions : matchs de foot qui perdurent et courses à pied annulées. 
Nous procrastinons d'ailleurs sur nos inscriptions, risquant du coup de ne pouvoir participer à des courses qui finalement seront peut-être confirmées.

Je regarde le TG1 de 20h et tombe sur l'intervention de Giuseppe Conte. Pour la première fois depuis une ou deux éternités (j'exagère, je crois que Barack Obama m'avait fait ce coup-là du temps où il était POTUS),  je suis émue par le discours d'un politicien. J'ignore qui l'a rédigé, sans doute un travail d'équipe mais tout y est calibré au millimètre et lui fait le job, ni trop ni trop peu. Je n'aimerais pas être à sa place mais le genre de gens qui tiennent ses postes-là le fond sans doute en partie en se rêvant en charge dans des moments comme ça.

 

(1) Ne pas minimiser ne veut pas dire paniquer. De toutes façons ceux qui doivent paniquer l'ont déjà fait.

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95 120 cas dont 3254 morts et 51 156 guéris 


En rupture de stock

 

    Ma journée n'a pas changé : entraînements sportifs et préparation à la maison de l'émission de radio du lendemain. Pour l'instant les entraînements ne sont pas menacés. Il n'empêche qu'au club de triathlon nous avons reçu des consignes, visant à nous éviter de contaminer les autres si l'on a un cas de risque particulier. 

Je connais désormais deux personnes directement impactées dans leur travail : les deux prestataires extérieurs dans une entreprise du domaine du luxe, où entre réduction des achats dans le monde entier et difficultés d'approvisionnements d'accessoires, l'épidémie frappe dur.

Je m'étonnais de croiser si peu de personnes porter des masques : il se confirme que c'est probablement par pénurie. En fait le tracas  avec les masques n'est pas tant qu'en avoir pour se sentir rassurés ou peu contaminants, que de se retrouver obligés d'en porter pour pouvoir sortir et de n'en pas avoir pour cause de rupture de stocks. 

Après l'entraînement de course à pied à la piste (plus personne ne se fait la bise, ça y est), j'ai accompagné l'homme de la maison que j'ai croisé alors qu'il partait faire quelques courses au grand supermarché du grand centre commercial voisin. Tout semblait normal sauf ce panneau à l'entrée de "l'espace" parapharmacie de la galerie marchande "pas de masques ni de gels, rupture de stock" et sauf le vide absolu de certains rayons : pâtes, riz, couscous, sauces tomates industrielles, mouchoirs en papiers (je n'ai pas de liste exhaustive, pas parcouru tous les rayons) ; moins spectaculairement : yaourts, papier toilettes.  Pour autant rien de ce que nous avions prévu d'acheter, vraiment l'usuel habituel avec cette seule modification qu'au lieu de "voir petit" (1) nous avons plutôt "pris large", ne manquait. Pour certains produits tels que les mouchoirs, au lieu de prendre l'entrée de gamme dont il ne restait pas une boîte, nous avons dû prendre ceux qui étaient un peu plus chers.

Il n'y avait ni plus ni moins de fréquentation des lieux qu'un soir de semaine juste avant la fermeture habituel.

L'épidémie occupe beaucoup les conversations, les nôtres mais celles des gens que nous croisons, certain·e·s au téléphone. En revanche tout ce qui relève des activités quotidiennes : écoles, sports, travail se poursuit. 

Une amie et un groupe d'amis à elle ont un voyage prévu de longue date en Asie (pas en Chine) et ont prévu de s'y rendre même si les trajets en avion leur ont été compliqués.

Le fiston a un séminaire de son entreprise prévu à Rome et qui pour l'instant n'est pas annulé. Mais la question est solidement posée. 

J'hésite à m'inscrire à l'une ou l'autre compétition de course à pied ; non par crainte de contagion, mais par crainte d'annulation. 

En Italie des mesures sont renforcées (report de compétitions sportives), d'autres assouplies et des recommandations fermes sont diffusées à une fréquence soutenue. Pour la première fois avec des conditions d'âge : si vous avez plus de 75 ans ou plus de 65 ans avec des problèmes de santé, restez chez vous, limitez vos sorties. Des conseils aux familles : n'allez pas rendre visite à vis anciens (anziani) vous risquez de leur apporter le virus et eux d'en mourir. 
(en gros : les vieux doivent rester tous seuls chez eux ;-) :-( )
Ne sortez pas si vous avez de la fièvre.

Invité de la "rasegna stampa" de 23h15, un sociologue, Giuseppe Tipaldo, soulignait l'écart entre le discours général sur les moyens modernes de communication et le fait que soudain quand il s'agit de les utiliser vraiment (télétravail et cours à distance) il semblerait que ça soit la catastrophe. 

Il est quand même aux journaux télévisés questions aussi d'autres choses comme la situations des réfugiés qui se Syrie tentent désespérement de passer en Grèce. Il y a eu une conférence de presse avec des intervenants responsables au niveau européen, et elle a été couverte avec du direct et des sujets assez longs. 

Il se fait tard, je dois dormir. J'espère n'avoir rien oublié d'essentiel.

 

 

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92 828 cas dont 3160 morts et 48 229 guéris 

 

(1) Notre trésorerie familiale est rarement glorieuse, nous habitons près ; pour une raison qui m'échappe, l'Homme adore aller faire les courses. Résultat : en général on n'achète que le strict nécessaire et il y retourne dès qu'il manque quelque chose dont on a marre de se passer.

Par ailleurs j'effectue les courses de frais, sauf le pain qui est plutôt de son ressort et que nous achetons toujours frais, en boulangerie. Et pas mal de courses pour l'approvisionnement de fond. Ainsi nous avons, sauf mois de dèche particulière, environ une quinzaine de jours de nourriture disponible, et des produits de première nécessité, des piles, des bougies, j'y veille à toute époque, indépendamment de l'actualité. 


Un reportage d'Arte sur le confinement en Chine

J'étais sur Youtube en train de rechercher la meilleure version d'un vieux succès de Jean-Louis Aubert lorsqu'en video de suite, le site (dont l'algorithme me laisse toujours aussi perplexe, et me piège assez facilement, sans doute en raison de ma curiosité pour les documentaires, et les reportages sportifs) m'a proposé cette video. Je suis restée scotchée. Est-ce ce qui nous attend ?

Pas de semi-marathon et recours au 49.3

En vrac d'un samedi où je ne suis finalement pas sortie (par choses à faire à la maison et fatigue + léger rhume plutôt que peur de la contagion)

En fin de matinée fort coup de vent suivi d'un rideau de pluie. Une tempête est annoncée pour le lendemain. Le Parc de Saint-Cloud sera fermé. Dommage parce qu'avec certains du club nous y serions bien allés puisque le semi-marathon de Paris a été dans l'après-midi annulé. 

Juste après est tombée aussi la nouvelle de l'usage du 49.3 pour faire passer en force la réforme des retraites. 

J'ai du coup peu fait la sieste, je regardais l'info se faire. Et les gens réagir. Une manif s'est aussitôt formée devant l'Assemblée Nationale. Certaines personnes sont courageuses. Je l'avais tellement vu venir (1) que je n'étais pas en colère, c'était une étape déjà dépassée. 

Les matchs de foot en Italie, qui tout d'abord devaient se jouer à stades fermés sont finalement repoussés. 

Erdogan qui ne s'estime plus assez soutenu a ouvert les frontières du pays qu'il dirige pour que les réfugiés filent vers l'Europe. 

1er décès de #Covid_19 aux USA.

Les bourses mondiales ont perdu en une semaine l'équivalent du PIB japonais. 

Le virus a plusieurs noms : Covid-19 ou SRAS-CoV-2

 

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86 008 cas dont 2941 morts et 39778 guéris 

 

(1) Capture d’écran 2020-03-01 à 00.01.18 Capture d’écran 2020-03-01 à 00.01.18

 


Les artisans de demain

Je crois que j'ai déjà relayé certaines de leurs videos : ces voyageurs, qui ne sont pas les artisans, les artisans de demain ce sont les personnes qu'ils rencontrent et qui donnent de l'espoir pour un monde survivant, sont depuis plusieurs mois mon bonheur et mon petit courage du dimanche.

Ils sont partis d'Afrique du Sud, semblent jober quand nécessaire, et ne consommer que ce qu'il faut. Leur carnet de voyage video est clairement centré sur les autres, s'ils se mettent en scène c'est pour mieux témoigner d'un état du monde souvent surprenant. Mais je ne suis pas surprise qu'il le soit.
Ils font part de leurs erreurs aussi, ne prétendent pas tout savoir, s'efforcent de ne pas jouer aux touristes et d'ailleurs leur véhicule est une bagnole pratique aménagée plutôt qu'un camping car. Grâce à eux j'apprends plein de trucs, j'ai l'impression de rencontrer une foule de gens bien, ils m'apporte et sans doute à tou·te·s leurs autres "followers" des connaissances et de l'espoir.

Au fil des semaines, je pense à eux deux comme si nous nous connaissions vraiment - il faut dire que j'ai aussi eu dans ma vie des ami·e·s qui voyageaient, ce qui fait que j'ai l'habitude de "suivre" -. J'aime beaucoup leur discrétion et leur tact, ce que je crois deviner (d'après les expériences d'autres personnes que je connais) dans ce qu'ils préfèrent taire : elle et lui sont là pour attraper des moments de partages surtout, et de la beauté.

Ce dimanche, il s'agissait de ski dans une station au Pakistan. Les bouilles réjouies des gamines et gamins qu'ils croisent en bas de la piste valent tout l'or du monde ; la jeune patineuse artistique prometteuse.
La guerre, le pire, ne sont pas toujours obligés de l'emporter.

Merci à ces voyageurs du partage. Gratitude. Respect.

PS : Sans compter que la qualité des vidéos est impressionnante. Le travail que ça représente, en plus de toute l'intendance à assurer pour voyager m'impressionne.


Alors maintenant c'est COVID-19 et l'épidémie mondiale est lancée


    Je ne prétends en rien faire une recension exhaustive de l'épidémie de coronavirus qui secoue actuellement le monde, simplement tenter un témoignage de comment les infos qui arrivent peuvent être perçues vu de Paris par une personne de la vie moyenne. Je ne prétends pas non plus être un exemple particulièrement significatif, entre autre parce que plusieurs d'entre nous dans la famille sont atteints par une maladie chronique qui peut être grave et que j'ai plus d'une fois accompagné des proches, malades dans leurs dernier mois ou dernières années. Ça me rend sans doute plus fataliste et calme que la plupart des gens qui ne vivent pas dans l'imminence possible de la mort. Si vient le moment où des précautions seront à prendre, je le ferai scrupuleusement, afin de ne pas courir de risques inutiles, mais j'espère pouvoir continuer à mener ma vie sans inflexions particulières le plus longtemps possible.

Pendant plusieurs jours cette semaine, je n'ai pas trop suivi les derniers développements. L'épidémie semblait se répandre moins vite en Chine où les mesures de confinements semblaient devenues sévères quoi qu'un brin anarchiques. De mon côté j'avais beaucoup à faire, je n'ai donc pas suivi à quel moment précis, par exemple 2019-nCov était devenu COVID-19.

À ce soir le tableau "by John Hopkins CSSE" donne 77968 cas, 2362 morts et 21 259 guéris. Emma Turner d'Online Freedom Safety m'a indiqué par mail un lien alternatif qui donne le même ordre de grandeur (mais hélas sans prendre en compte les guérisons) ; qu'un site concernant les antivirus informatiques établisse des statistiques de progressions d'un virus est probablement assez logique quand on y pense. 

Entre temps j'ai vécu une étrange expérience de retrouvailles avec la télévision. Nous disposons d'un vieux téléviseur, dans le salon, là où Le Fiston avait pris ses quartiers sur le bureau qui anciennement me servait. À son départ, cette semaine, j'ai réinvesti le bureau (meuble). Et aujourd'hui, rallumé la télé, ce qu'à l'exception de quelques matchs de foot de coupe du monde regardés en famille, ou films vus en DVD via le home cinema que j'avais gagné en ... 2003 ? 2004 ?, je n'avais guère fait depuis 12 ou 13 ans. Bien sûr, j'ai filé regarder les chaînes italiennes (1). J'avais entendu un flash d'info sur France Cul au matin, et qui parlait d'un bond soudain de l'épidémie en Italie. Je savais donc à quoi m'attendre. Seulement la réalité quand elle est moche dépasse (presque) toujours ce à quoi on s'attendait : je suis arrivée (entre autre sur Rai News 24) en plein direct quasi non-stop sur le coronavirus, comme s'il y avait eu un attentat. 

Le contraste avec les chaînes d'infos française qui tartinaient à loisir sur le thème de Président Macron est depuis 9h au salon de l'agriculture porte de Versailles à Paris, était saisissant. J'en ai fait un petit LT 

 

Capture d’écran 2020-02-22 à 23.37.08

Capture d’écran 2020-02-22 à 23.37.19 Capture d’écran 2020-02-22 à 23.37.29 Capture d’écran 2020-02-22 à 23.37.46 Capture d’écran 2020-02-22 à 23.37.57 Capture d’écran 2020-02-22 à 23.38.15 Capture d’écran 2020-02-22 à 23.38.31 Capture d’écran 2020-02-22 à 23.38.40 Capture d’écran 2020-02-22 à 23.38.52Quand ça a commencé à complètement boucler - ce truc des télés en direct absolu qui fait qu'à un moment l'antenne est donnée à des journalistes qui n'ont plus rien de nouveau à dire ; ou que le même petit reportage est rediffusé x fois -, je suis retournée à mon travail en cours (un dossier pour Pôle Emploi car mon CDD de deux mois effectué après le 1er novembre ne m'a pas réouvert de droits (nouvelles dispositions depuis cette date précise)).

En fin de journée en France, des articles sur les médias qui se lisent (2) relataient bien la force soudaine (quoique prévisible) de l'épidémie en Italie, en Iran et en Corée du Sud mais les télévisés continuaient avant tout sur notre actualité politique nationale, comme si de rien n'était. 

Je suis curieuse de voir, puisque ça semble inéluctable, comment se passera en France le développement de l'épidémie. Il me semble que les conséquences économiques sont tout autant à craindre que celles sur la santé.
Concrètement, en cas de confinement, comment seront payés les salariés ? Que deviendront les petites entreprises dont la trésorerie ne saurait résister à 15 jours voire un mois d'inactivité (3), sans parler de chalands absents ?

On pourra plus tard considérer ce samedi 22 février comme le jour où l'illusion de pouvoir enrayer l'épidémie est tombée. Ça y est elle est mondialement lancée avec des patients dont le chemin de contamination ne peut plus être tracé avec certitude.

Je commence à penser très sérieusement à "La constellation du chien" et "Station Eleven". Keep calm and stay alive.  


(1) qui doivent passer par le décodeur couplé à la livebox : je ne peux les regarder sur l'ordi.

(2) par exemple cet article du Monde

(3) Une autre nouvelle peu rassurante de cette journée fut que le délai d'incubation considéré jusqu'à présent comme maximal de 14 jours pouvait aller jusqu'à 27 jours. 

 


Un petit bon souvenir suivi d'une stupéfaction atterrée (le monde se gorafise)

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Réveillée ce matin par le flash d'infos de 7h sur France Cul, et la voix de Marina Foïs qui tenait des propos clairs et fort justifiés sur le jury des Césars, lequel a pris acte des critiques qui lui était adressé et a démissionné collectivement. 

Ceci m'a permis un réveil sur un petit bon souvenir, cette figuration familiale dans le film "À boire" grâce à une impulsion de ma fille et au talent du fiston enfant, une belle journée pour nous (et rémunératrice et instructive) qui n'en connûmes pas tant, la plupart de nos moments heureux étant entachés par ailleurs de tracas pesant (santé des uns ou des autres, travail, fins de mois ...). Là, ce fut un vrai bon moment heureux, une respiration au milieu des journées de boulot bancaire tendues et pour moi l'occasion fabuleuse de commencer à gagner des sous en lisant. Je suis vraiment heureuse de disposer de ce souvenir qui me ressemble tant.

Peu après, probablement après un rendors sans en avoir conscience, ma spécialité, et donc au vrai réveil pour la journée, ce fut un touite de Momo qui a achevé de bien me réveiller, dans le même temps de ce que je découvrais sur des fils d'actualité.

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"Qu'est-ce que vous avez encore fichu ?" était l'exacte expression de mes pensées, en lisant l'info de l'abandon de candidature à la mairie de Paris de Benjamin Griveaux comme suite à la diffusion d'une sextape, et après la sorte d'orage d'infos nawak dans tous les sens dont je parlais en fin de billet la veille, et déjà en tendance forte tous ces temps derniers. 

Je n'éprouve pas de compassion particulière pour cet homme qui était dans sa campagne électorale pris dans une spirale délirante, seulement j'en tiens que pour que sa candidature tombe sur ce prétexte plutôt que pour des raisons de compétences politiques qu'il n'a pas, c'est que notre démocratie a vraiment du plomb dans l'aile. Et ça n'est pas bon signe, pour qui que ce soit. Ce sont des méthodes fascisantes qui auront précipité sa chute. C'est inquiétant qu'on en soit là.

 

 

Sur le front du 2019-nCov, outre des comptages mouvants (un peu comme le nombre de chômeurs en France, mais dans l'autre sens), une intéressante réflexion de The runner sur les conséquences potentielles sur les jeux olympiques prévus cet été à Tokyo. Je n'ai pas d'avis précis, car j'ai ce biais inexpliqué de pensée qu'une épidémie mortelle ne peut pas concerner l'été (c'est absurde, je le sais, d'autant plus qu'il y a deux hémisphère et différents climats), il n'empêche que son point de vue mérite d'être entendu.

addenda de la nuit : Comme nous nous sommes retrouvés à l'heure du dîner à tenter de trouver en vain impromptu un restaurant à Bayeux, car tous étaient réservés complets pour la Saint Valentin, on est tenté de croire : 
1/ que la situation économique de pas mal de gens est plutôt pas si mauvaise que ça ;
2/ que dans cette région il n'existe pour l'instant aucune psychose de type peur du virus : les gens sortent et pas qu'un peu ;
3/ que le marketing pour imposer une fête qui n'avait aucune tradition locale il n'y a encore pas si longtemps, ça marche.

À propos de situation économique, on a vu des gilets jaunes à un rond-point. Là aussi en bons parisiens moyens, malgré qu'on a pourtant des échos des manifs qui perdurent le samedi, nous avons été tout surpris.



Curiosité locale ; la petite échoppe qui faisait des pizzas à emporter (attente en ce soir particulier : 45 à 50 minutes) pratiquait en ce soir de fête l'offre suivante : pour deux pizzas achetées, une gratuite. Je me suis demandée quel était l'implicite de cette offre qui m'aurait semblé plus adaptées pour des soirées football. Cela dit, nous qui avions plutôt décidé de fêter enfin Noël en famille, avec la bûche et tout, ça nous arrangeait. Fullsizeoutput_1aa5

 

Autre curiosité locale : ici les librairies (et les autres commerces aussi, mais disons qu'à Paris où le montant de la prune est sévère dès que deux cartons même bien pliés dépassent de la poubelle jaune des recyclables) ont le droit de laisser leurs cartons sur le trottoir au soir du ramassage. Et tels quels !

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PS : Beau texte "Ventre à terre" lu chez Antonin Crenn.


On peut être au chômage et travailler sérieusement

 

    Ce fut mon cas aujourd'hui (et les autres jours de cette semaine aussi, si j'y réfléchis, mais plus particulièrement aujourd'hui) : même si je suis partie à la BNF plus tard que je ne l'aurais voulu (passer à la banque, ce genre de choses ...), j'y aurais passé l'essentiel de la journée à différentes choses bien studieuses, sérieuses et qu'il fallait faire.

En travail personnel, j'ai avancé dans ma préparation de l'émission de mercredi prochain sur Cause Commune. La lecture de l'ouvrage de mes invités n'est pas la même que celle que j'effectue pour une sélection en librairie ou en vue d'un article à rédiger ou d'une émission à assurer seule, et ne ressemble pas tout à fait à une lecture personnelle sans travail ultérieur déterminé. C'est une lecture avec réflexions sur la structure et les thèmes, les connexions, les possibilités de questions avec développements qui pourraient éclairer les lectrices et lecteurs potentiel·le·s et leur donner envie.

Je relis d'anciens billets de blogs aussi. L'idée étant d'établir des liens ou au moins de mieux comprendre certains éléments, des enchaînements. 

C'est stimulant, ça me redonne de l'énergie, même si cela n'empêchera pas un gros coup de pompe de m'assommer en fin d'après-midi. Comme le vent semble à nouveau fort et un brin tempétueux, je me demande si une chute des pressions n'est pas en cours, qui expliquerait mon surcroît soudain de fatigue forte. 

Alors je m'accorde du temps personnel : regarde un très intéressant documentaire sur Vilmos Zsigmond qui fut dans les années 60 et 70 à Hollywood le chef op' des plus grands. Son travail sur la lumière était impressionnant et poursuis grâce aux Archives de l'internet où il eut le privilège d'être référencé, la reconstitution de mon fotolog disparu (1). J'avais effectué des sauvegardes à marches forcées lorsque j'avais appris sa disparition prochaine, seulement par manque de temps n'avais pas tout bien récupéré (2). Alors méticuleusement j'entreprends de combler les cases manquantes. Sans y prêter attention j'arrive au mois de février 2006, ce moment pour moi du plus grand déchirement affectif vécu jusqu'à ce jour, une rupture subie d'une très forte amitié.
D'autres duretés de la vie ont mis celle-ci à distance, j'apprécie toujours le travail de la disparue et ses engagements politiques, je suis parvenue à faire la part des choses. 

Il n'empêche que pendant longtemps je devais me préparer à la croiser (la personne ou son travail ou des souvenirs personnels la concernant) sorte d'équivalent mental au fait de contracter ses muscles en vue d'un effort physique. Or là je ne me méfiais pas, je n'avais pas vu que j'arrivais aux jours fatidiques et voilà que c'est passé, pas de cœur serré ni de larmes aux yeux, seulement la tristesse d'un malheureux gâchis, et peut-être davantage pour elle, finalement, que pour moi, aussi curieux que cela puisse sembler de penser ça. Je me suis sentie infiniment légère d'être enfin hors d'atteinte de celui-ci de mes chagrins.

L'autre réconfort du jour fut d'avoir pu remettre mes semelles orthopédiques que j'avais cru volées, toujours avec mon sac d'ordi le 17 octobre 2017. En fait celles que j'y avais glissées ce soir là n'étaient pas les toutes nouvelles, contrairement à ce que je croyais, mais la paire de secours. Et les nouvelles, intactes, étaient restées dans une paire de souliers que je porte rarement, et particulièrement en cas de très mauvais temps. La tempête Ciara aura eu le mérite de me les faire retrouver. Leur réapparition en plus qu'elle m'est fort utile me réchauffe le cœur fort exagérément.  

Un de mes bracelets c'est cassé (pas la première fois) j'ai heureusement pu le reprendre avant qu'il ne tombe et ne disparaisse à jamais. Juste après, alors que j'allais aux toilettes, j'en ai trouvé un, posé à l'endroit des grands accès désert où trône un téléphone à l'ancienne sur une sorte de bureau que j'ai toujours vu vide. Je l'ai déposé aux objets trouvés au vestiaire Est en remontant. La personne qui l'a pris n'a même pas pris le temps de noter quoi que ce soit dans le registre. Ça n'était un bracelet fantaisie, une sorte de ressort doré, mais quand même, quelle désinvolture !

Soirée crêperie offerte par Le Fiston pour fêter sa toute prochaine nouvelle vie. C'est classe de sa part. Et intelligent : nous en avons profité pour réfléchir ensemble à quelques points logistiques et d'intendance.

Je travaille encore un peu une fois rentrée, écris ici.

 

Sur le front du 2019-nCov : 60364 cas toujours essentiellement en Chine, dont 1370 morts et 6292 guéris. Des articles ici ou là sur les conséquences politiques en Chine, certaines mesures drastiques, certaines conséquences économiques - les articles tendant à minimiser nos problèmes d'approvisionnements -. Des personnes que j'ai croisées aujourd'hui, des conversations entendues, personne n'en parlait. Paris draine moins de touristes, à vue de nez, seulement février est rarement la période la plus propice de l'année.

Les nouvelles générales du pays partent dans tous les sens, le gouvernement dit tout et son contraire, notamment sur l'écologie, le débat parlementaire sur la réforme des retraites se noie dans la plus totale confusion, les épreuves de contrôle continu comptant depuis cette année pour le bac réformé semblent un casse-tête sans nom pour professeurs et chefs d'établissements (sans même parler des mouvements de protestation, des annulations, des gardes à vue de jeunes pour de simples manifs locales) et le maire de Levallois- Perret sorti hier de prison comme à l'article de la mort s'est offert un marathon médiatique, ce qui a déclenché indignation et sarcasmes. Comme je n'y ai regardé de près que le matin avant de partir et le soir après le dîner, j'ai eu un effet de cumul qui donnait la certitude que le Grand N'Importe Quoi l'avait définitivement emporté.

Ça pourrait être drôle, la façon dont tout part dans tous les sens, si ça n'était pas diablement inquiétant. 

Petite surprise du soir : alors que ma lecture filée dans "Côté papier" concerne les conséquences du coup d'état du 17 octobre 1987 au Burkina Faso, j'apprends ce soir par un article sur Médiapart, qu'une reconstitution de l'assassinat de Thomas Sankara vient d'avoir lieu. Le sujet serait donc encore brûlant.

 

(1) Parce que fotolog lui-même, après une première résurrection, semble avoir disparu complètement. 

(2) Sans doute aussi qu'une partie n'était que sur le disque dur que je m'étais fait voler avec l'ordinateur dans mon sac en octobre 2017. Et en copies sur Flickr mais sans indexation.