Un week-end vif, à tous points de vue

 

    Alors le gars arrêté n'était pas le bon et tous les journaux mainstream sont tombés dans le panneau. Curieusement dans ces cas-là les journaux avec la Une fautive continuent à être vendus, j'aurais plutôt pensé, naïve, qu'on s'empressait de les retirer, oubliant que le but est de vendre avant d'informer.  

Du coup le midi du samedi, à la pause déjeuner, ce fut une nouvelle session de bien rigoler, non sans pensées pour l'homme victime de l'erreur et ses proches. Ce touite de Franck Noir m'a fait rire et me semble significatif.

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Dans le même temps avait lieu le record du monde de distance marathon d'Eliud Kipchoge

Accaparée par le travail, je n'ai pu que constater le résultat samedi midi. Et il m'aura fallu une soirée (en tombant de sommeil) et une après-midi (en tombant de sommeil et de jambes douloureuses, au moins j'étais en phase avec ce que je voyais), pour voir l'ensemble avec les relais des frères Ingebrigtsen, ce plaisir. 

Il y aura aussi eu un grand record, dans un vrai marathon, celui de Chicago, et avec seulement deux meneurs d'allure, Brigid Kosgei a battu le record du monde de marathon pour les dames, en 2h14mn04s . C'est très très très impressionnant - hélas ce fut éclipsé par le record masculin, même si ce dernier n'était pas dans des conditions normales de course (ce qui n'enlève pas que c'est un exploit) - (1).

Je le mesure d'autant mieux que le lendemain j'ai couru moitié moins de kilomètres en beaucoup plus de temps - réel de parcours 2h38, avec deux escales techniques, dont une avec attente devant la porte, 2h46, un des avantages des hommes c'est sans doute ça -. La grande fatigue due au travail, l'emploi que j'ai trouvé en septembre est trop exigeant physiquement pour moi, cette course aura eu le mérite de me le confirmer, m'aura bien gâché le plaisir, passé les 10 premiers kilomètres je n'avais plus de jus, je courais, certes, mais n'avançais plus. Et les jambes n'obéissaient plus que par habitude. Il n'empêche que le temps était merveilleux, la ville belle aux couleurs de l'automne, les rues et avenues vraiment dégagées pour la course, sans automobilistes pour donner l'impression qu'ils vont soudain nous redémarrer sous le nez. 

Je suis rentrée lentement, après massages nécessaires, en RER C et j'ai finis l'après-midi devant des images de l'épreuve à la télé (puisqu'étant dedans et dans le lot des lents, je n'en avais presque rien vu), puis, ô bonheur, Team Ingebrigtsen saison 3.

Pendant ce temps il se passait des événements terribles au Rojava - mais les puissances du monde détournent les yeux, ou participent au massacre -, en Équateur - rien vu pour l'instant que sur les réseaux sociaux, des images terrifiantes, impossibles à recouper sans temps libre pour l'instant et la situation est très confuse côté Catalogne (les dirigeants indépendantistes ont été condamnés à de lourdes peines de prison, au point que j'ai cru avoir manqué qu'ils avaient entrepris des actions violentes mais il semblerait que non).

J'aimerais faire quelque chose pour le Rojava mais ne disposant ni de temps libre, ni de pouvoir, ni d'argent, quoi ? 

 

(1) Bel article du Guardian au sujet du record particulier d'Eliud Kipchoge.  

 

 


Des enfants qui jouent et des cigarettes qui changent [de nom]

 

    Ce matin des enfants du voisinage ont joué sur leur balcon. Comme j'avais la fenêtre ouverte, j'entendais des bribes de leur scénario. Rassurée qu'à l'heure d'une époque où l'on veut que chaque activité soit intentionnelle, la performance permanente et les jeux vidéos le loisir principal des jeunes, il reste encore des mômes pour trouver plaisir à s'imaginer des histoires et les incarner. 

Je me suis demandée, tentant de rassembler mes propres souvenir, d'à quel moment on perdait généralement cette faculté d'imaginer des petites histoires et de (physiquement) s'y projeter. Il me semble qu'être romancière ou romancier, c'est ne pas renoncer à cette capacité. Il n'empêche qu'on la met en mots au lieu de la vivre. 

Reste que certains adultes (relativement fortunés ?) se livrent aux GN et c'est peut-être une façon de prolonger ou retrouver cette capacité.

 

*                                   *                                    *

Je découvre ces jours-ci le métier de buraliste. La réponse à ma question des horreurs photographiques sur les paquets m'est donc parvenue en direct : on s'arrange pour que dans le stockage elles ne soient pas visibles et par la suite lorsqu'on les manipules comme on s'efforce de servir vite le client, on fait la mise au point visuelle sur le nom du produit. Il est évident que le métier devait être infiniment plus facile lorsque les paquets étaient identifiables.

Comme je ne fume pas et n'ai jamais fumé et vis dans un entourage non-fumeur, je suis d'une grande ignorance quant au nom des produits. Je me sens presque un peu comme le héros de Epépé , ou carrément comme Bill Murray dans Lost in translation,  arrivée dans un monde au langage qui ressemble à d'autres que je connais sans pour autant être rien de connu. 

Un des éléments les plus surprenants pour le ou la novice, est que les consommateurs énoncent des noms, le plus souvent anglais qui ne correspondent pas aux noms, le plus souvent anglais, figurant sur les paquets. J'ai fini par capter une bribe d'explication : il y a un paquet de temps les cigarettes surtout celles produites par les fabricants anglo-saxon avaient des noms très chics en anglais. Puis il y eu en France un décret qui obligea à vendre les produits avec un nom français. Alors ils se sont mis avec plus ou moins de bonheur à rebaptiser leurs paquets. Les consommateurs, pour leur part s'en tenaient à l'ancien nom. Par la suite les fabricants durent se plier à la contrainte du paquet unique avec photo pour faire peur mais libérés de la contrainte anti-anglophone. Alors ils ont remis des noms en anglais. Mais pas forcément les mêmes. Quant aux consommateurs, à part les nouveaux candidats à l'encrassage personnalisé de poumons, ils s'en sont toujours tenus à la première dénomination, celle de leurs débuts. Du coup voilà les buralistes devenus champions interprètes, pour lesquels il va de soit qu'une Machin Blue est une Machin Gold, qu'une Bidule Extra est une Bidule Slim. Quand tu débarques là-dedans, il y a de quoi se sentir un tantinet largué·e.

Il n'y a presque plus de fumeurs de pipes. Et pas mal de gens qui prisent. Ce que j'ignorais complètement, croyant cette coutume fixée aux temps des très anciennes chansons. Je n'ai pas osé poser pour l'instant la question du tabac à chiquer. J'ai découvert l'existence des tubes et des machines à intuber (j'ignore si c'est le bon terme), étrange intermédiaire entre les clopes prêtes à porter et celles que l'on roule.

Je serais fort curieuse de voir ce que ça donnerait si la légalisation du cannabis intervenait soudain durant ma période dans ce travail. Voir le côté En direct sur le terrain.

Globalement, je suis surprise par les budgets que l'ensemble des gens parvient à consacrer à fumer, jouer aux jeux d'argent et boire des coups dans les cafés. Comme j'ai toujours gagné par un dur labeur - fors quelques périodes malencontreusement chômées - tout juste de quoi boucler le budget familial au mois le mois, je me demande vraiment comment les autres font. 


Fin du capitalisme, de Jacques Chirac et des tickets de métro

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 Ce fut un jour avec fins : 

celle espérée du capitalisme telle que souhaitée dans le métro par quelqu'un qui a habilement détourné une campagne de matraquage publicitaire : sous la bulle 14 à Satin Lazare la question Qu'est-ce qui vous ferait plaisir se répétait à l'envie.

celle de Jacques Chirac. Quelqu'un, peut-être le patron, s'est soudain exclamé à la boutique, sur un ton avant tout surpris Tiens, Chirac est mort !

 

En fait c'était curieux au vu des nouvelles qui filtraient de sa santé qu'il ne le fut pas déjà. C'était pourtant une surprise quand même, et qui marquait la fin d'une époque.

Ce décès aura eu pour conséquence immédiate de faire passer au second plan l'incendie de la société Lubrizol à Rouen et qui en tant que calamité écologique (en plus que sans doute un certain nombre de victimes ?) promet bien. Je pense que les pouvoirs publics et à tout le moins le gouvernement ont été soulagés par la diversion offerte malgré lui par l'ancien président. 

celle du ticket de métro ; un ami non navigoté, pour venir au rendez-vous du collectif l'aiR Nu dont je fais désormais partie, a voulu prendre des tickets de métro. Le carnet de 10 se présente désormais sous la forme d'une carte rechargeable. 

Je me suis hâtée de prendre en photo un vrai de vrai de ticket afin de conserver une trace de comme ils étaient. Il n'en demeure pas moins que pour les personnes de ma génération ou d'avant, le ticket restera en mémoire comme jaune avec une bande sombre correspondant à la partie magnétique.

 

C'est peut-être aussi la fin pour moi d'autre chose. Si tout se passe bien, le travail rémunéré va pour un moment occuper l'essentiel de ma vie. Ma situation familiale, mon compte en banque et la réforme actuelle des retraites qui fait que pour les personnes de mon âge celle-ci va foutre le camp au delà de 65 ans (voire 67 puisque je suis "bac + 5" comme ils disent) (1), le réclament et il se trouve que j'ai trouvé un emploi qui semble enfin d'une bonne stabilité.

 

(1) Sans doute que partir vers 63 ans demeurera possible mais la décote du non taux plein risque de faire ressembler ma pension très fort au minimum vieillesse. 


La position du cycliste

 

    Ce matin alors que je découvrais une video de plus sur les automobilistes au comportement dangereux qui en rajoutaient de façons très menaçante après que le cycliste ait signalé son mécontentement, j'ai émis les touites suivants, pas trop certaine de la pertinence de l'idée que j'en avais 

 

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J'ai alors reçu une belle réponse de la part de Colin Leroy-Mira, 

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dont voici donc le lien vers le billet de blog, qui mérite d'être lu : il dit bien mieux que moi ce dont j'avais confusément l'intuition. 

Du mauvais côté de la barrière : ma seule expérience de la minorité

Merci encore à lui.


Du (fait d'être au) chômage

 

    J'ai donc retrouvé du travail, un joli défi qui me ravit, près de la zone de vélotaf de Sacrip'Anne, ce qui me réjouit - ça m'autorise a croire qu'elle a un pouvoir magique, je l'accompagne une fois et hop une proposition stimulante apparaît -. 

Du coup et avant de quitter, le mois prochain et j'espère pour longtemps, le statut d'inscrite à Pôle Emploi - en fait grâce aux remplacements dans le cadre des Libraires Volants, je n'aurais pas tant eu à en bénéficier, seulement il fallait continuer à s'actualiser, fournir des documents, répondre à des propositions parfois étranges -, et comme nous vivons sous un gouvernement qui plus encore que d'autres semble considérer les chômeurs comme des fainéants, je voulais faire un point sur ce que ça peut faire d'en être. 

J'ai connu quatre périodes de chômage dont une seule fut longue (plus d'un an). La première correspondait à une nécessité de reconversion car l'emploi en cours avait perdu tout son sens ; je savais que j'allais partir, des contraintes financières m'en empêchaient, un événement subi m'aura finalement permis d'avancer l'appel de 2 ans 1/2. J'étais épuisée par les années passées à tenir le coup malgré tout. Et je pense que les huit à neuf premiers mois de chômage ont été nécessaire comme une convalescence, à retrouver de l'énergie, et la force et la capacité à nouveau de se projeter vers l'avenir. J'ai retrouvé du travail grâce à mes amies libraires et mes amies tout court et d'être très réactive : une piste, aller voir aussitôt, rencontrer les gens. Accepté des conditions humbles au départ et de la précarité, prouver sa capacité à bosser, et stabiliser les choses, jusqu'à ce que les conditions économiques générales ne nous rattrapent. 

Ce chômage-là ainsi que celui que je m'apprête à quitter est dû aux difficultés économiques de l'entreprise qui m'employait. À ce titre je tiens à signaler à nouveau que la rupture conventionnelle de contrat si elle vient réellement d'un accord entre l'employeur qui ne parvient plus à payer les salaires (ou anticipe de ne plus y parvenir) et le salarié qui a bien compris qu'il ne servait plus à rien de s'échiner malgré une conjoncture générale qui s'assombrissait, est une bonne solution. Une seule fois j'ai démissionné et même si c'était essentiellement dû à un problème physique lié à des conditions de travail (très lourds chariots à pousser), comme je n'avais pas compris ou compris trop tard, d'où me venait une étrange douleur qui me gênait à marcher, ce fut du chômage non indemnisé. J'avais en vue une reconversion concernant un autre domaine de mes centres d'intérêts (photographie ; apprendre à les retraiter), mais les attentats du 13 novembre 2015 l'ont escamotée.

Alors je peux témoigner pour avoir connu l'une et l'autre et dans des conditions "moyennes" d'urgence c'est-à-dire qu'un conjoint est là qui perçoit encore un salaire pendant ce temps là mais dont le salaire ne suffit pas à assurer la totalité des dépenses quotidiennes d'une famille de quatre personnes, que le chômage indemnisé n'est pas un luxe. Il permet vraiment et simplement de tenir le coup en attendant qu'une proposition d'emploi ne corresponde à nos compétences, d'éviter que l'on se retrouve contraint·e de prendre n'importe quelle opportunité de gagner quelque argent, voire parfois illégalement (1). 

Je sais que c'est encore plus crucial lorsque la personne au chômage représente le seul revenu pour un lot de personnes, ou est seule et risque très vite de ne pouvoir payer un loyer. Ça va très vite d'aller très mal financièrement, et je salue au passage "Le quai de Ouistreham" de Florence Aubenas en témoignage et "Feel good" de Thomas Gunzig en fiction mais très réaliste sur ce point, qui nous font comprendre combien chacun d'entre nous fors à être issu·e·s d'une lignée fortunée où quelqu'un pourra toujours proposer une porte de sortie ou à défaut un lit, peut être vite rendu à compter chaque sous. Ça va très vite de ne plus pouvoir payer un loyer.

De la même façon et sachant que je suis dans une configuration relativement privilégiée, je ne craignais pas de perdre mon logis, je peux attester que les mois passés sans travail rémunéré sont tout sauf des vacances. On est en permanence à l'affût, ou en train d'échafauder des projets d'entreprenariat, ce qui demande un temps fou et une énergie forte. Autant si on a un travail au niveau de stress raisonnable, on peut se permettre au soir de début de week-end de souffler un grand coup et se consacrer à sa propre vie et à sa condition physique (2) jusqu'à la reprise en début de semaine suivante, autant au chômage il est difficile de se dire "pause". Parce que l'on craint de manquer l'offre qui nous en sortirait, parce qu'on se met à gamberger sur ce que l'on pourrait faire d'autre, comme activité, quand notre domaine de compétences s'avère exténué (3). Sur l'ensemble de cet été, où j'étais concentrée sur ma recherche d'emploi au besoin en tentant de le créer, je n'aurais pris comme "vacances" que trois week-ends prolongés et, j'espère, la semaine prochaine, à présent que je sais avoir retrouvé [du travail].

Quand on est une femme s'ajoute au chômage la force de la charge mentale et ménagère de la maisonnée que tout le monde trouve du coup parfaitement normal qu'on assume intégralement, c'est logique en partie, puisqu'effectivement on dispose de davantage de temps pour s'y coller et de présences possibles par exemple pour attendre des livraisons ou des artisans pour des travaux. Il n'empêche que si l'on n'y prend garde on se trouve vite requises, et avec d'autant moins de temps pour chercher un nouvel emploi et ainsi de suite. 

Être au chômage ou dans des emplois précaires, c'est ne pas pouvoir prévoir un minimum d'activités sociales ou sportives. Or notre société requiert de plus en plus que l'on puisse réserver ou s'inscrire à l'avance, parfois un an plus tôt (4). On se retrouve vite éloignés de celleux que l'on aimait, et ce que l'ont aimait, d'activités qui nous donnaient du courage. 

J'enfonce des portes ouvertes, certes, mais y penser est une chose, le vivre une autre, et le mépris qui semble devenu la norme est insupportable quand on sait réellement ce que c'est que de s'y retrouver confrontés, devoir pointer à Pôle Emploi. 

 

 

(1) Moins que les premières fois mais de façon persistante, j'ai reçu des offres étranges après mon inscription à Pôle Emploi. Dont des propositions pour travailler à du recouvrement de créances.   

(2) Oui je sais certains en profitent précisément pour se la bousiller. Mais pour la plupart des femmes ça n'est pas le cas.

(3) Les jeunes, si vous lisez ce billet et "aimez lire", ne cherchez pas à devenir libraires, c'est tout autre chose comme métier et surtout les postes de qualité proposés se réduisent d'années en années. Ça ne peut fonctionner que si vous créez votre propre boutique, ce qui veut dire du 60 h/semaine facile et surtout une mise de fonds initiale souhaitable d'au moins 80 000 €. Sinon vous ne tiendrez pas au delà des premières années pour lesquelles la fiscalité sur l'entreprise est allégée. Et il convient si possible d'adosser la librairie à autre chose, par exemple un café, ou une laverie livre-service, ou un espace de co-working. 

(4) C'est le cas pour certains hébergements lors de festivals ou pour certaines compétitions (je pense au triathlon, ou à des marathons). 


En traversant Paris aujourd'hui

 

    Depuis que je suis parvenue à prendre le temps de refaire enfin reconnaître mon pass navigo par les nouveaux vélibs, j'en ai retrouvé l'usage. Ils sont quand même bien dégradés globalement, et les stations moins nombreuses qu'avec le système précédent. Mais ça me manquait réellement des vélos en libre service car j'ai un usage vélo + métro important.

Parmi l'offre de free-floating que le ratage du changement de concession avait multipliée, les Mobike n'étaient pas si mal et je m'en étais un temps contentée, avant qu'ils ne décident soudain que ma ville était hors zone - alors qu'à côté Levallois restait admise, à même distance de Paris -, entraînant une facturation de 10 € puis 50 € si jamais un de leur vélo y était laissé. J'en vois moins à présent. Je suppose qu'un nombre non négligeables d'abonnés dans le même cas que moi n'ont pas renouvelé un abonnement qui ne leur permettait plus de rentrer chez eux.

Les vélibs, anciens comme nouveaux, disposent de stations proches de chez moi, pas souvent très remplies mais permettant au moins le retour, c'est déjà ça.

Près de Port Royal j'ai vu des agents de police à vélo (je ne sais s'ils sont de police nationale ou municipale) enregistrer au moyen d'une sorte de téléphone tous les véhicules en free-floating, trottinettes électriques et vélos qui avaient été déposés alentours. J'avoue que je ne serai pas contre un brin de régulation. Les trottinettes électriques présentent un réel danger, trop silencieuses et roulant souvent sur le trottoir elles sont sources d'accidents (ou de splendides tressautements) pour les piétons, et elles sont déposées absolument n'importe où n'importe comment. Les vélos en free-floating sont moins gênants en circulation mais posent également un problème de place. D'accord ce sont des déplacements moins polluants que l'automobile en terme de gaz d'échappements, seulement ça ne sont pas non plus des solutions de rêves d'un point de vue écologique. Fullsizeoutput_1883

Comme un chèque déjeuner m'avait été confié, j'ai pu m'accorder un repas complet dans un charmant restaurant café. 20190807_125146

Il faut désormais veiller aux dépenses, chômage oblige et incertitude sur la suite, donc je n'y retournerai sans doute pas rapidement, mais je note ainsi la bonne adresse. De plus en plus fréquemment et face à l'invasion généralisée du hamburger sous toutes ses formes - je n'ai rien contre un très bon de temps en temps, mais le hamburger frites ne me fait pas saliver -, je goûte des plats végétariens voire végétaliens et constate qu'ils sont souvent bons. C'était le cas aujourd'hui au Débonnaire.

J'ai croisé une belle voiture de collection mais j'ai raté sa photo 

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Oui parce que je fais partie de celles et ceux qui rêvent d'un usage minimal de la voiture mais j'apprécie les modèles de collection. Je l'écrivais il y a quelques jours dans le Petit Journal. Les êtres humains moyens sont fort bien équipés en contradictions.

Ce Paris vide et calme du mois d'août me ravit, même si je m'inquiète d'une éventuelle absence totale de vacances si l'homme de la maison prend les siennes trop tard alors que je peux avoir du travail ou poursuivre un projet qui m'en créerait. Je n'ai pas non plus envie de partir maintenant sans lui. Ni envie qu'il parte début septembre en me délaissant. Même si elle a été heureusement infiniment moins triste que l'année 2016/2017 et moins surmenée que l'année 2017/2018 (entre le travail salarié prenant et le déménagement complet de la maison de mes parents), l'année 2018/2019 aura été intense, j'ai vraiment consacré du temps et de l'énergie à une reprise de librairie qui finalement ne s'est pas faite pour des raisons financières, mais ce fut du travail, j'ai effectué auparavant de nombreux remplacements, et tenir une émission littéraire hebdomadaire sur une radio associative ne se fait pas sans la préparer, bref, il y a un moment où des vacances, même les plus simples, feraient du bien. 

En attendant, je fréquente la BNF avec assiduité. 


Moi aussi (J'ai décidé de reprendre la photo)


Capture d’écran 2019-07-17 à 16.06.24   C'est un besoin qui est venu alors que j'effectuais ma recherche d'un couple (texte, photo) perdu et que je constatais la disparition entière de fotolog (1) : l'envie de me remettre au journal photo, avec le côté "une photo par jour" auquel je ne saurais dire exactement pourquoi, Instagram pour moi ne correspond pas - plus dans le phénomène de réseau, d'instantanés partagés, moins travaillé, sans tri préalable, des choses comme ça ? -. Alors j'ai réactivé mes Clandestines sardines puisque ma suite du fotolog je l'avais déjà. 

Il convient d'effectuer ce petit travail quotidien le soir tard ou tôt le lendemain, c'est peut-être la contrainte même qui me manque, un micro-barrage illusoire de plus face à la vitesse de défilement du temps. 

Voici donc pour hier : L'herbe grillée du tramway

L'amusant de l'affaire c'est que la même recherche d'un billet photographique d'il y a dix ans, m'a conduit ce matin à découvrir de François Bon avait repris le fil de son Petit Journal, que c'était tout récent et que même si ses photos, lui les travaille sans doute alors que moi très peu ou non (2), c'était dans l'air du temps de reprendre à effectuer et partager des images quotidiennes avec un bref texte associé.

J'éprouve aussi grand besoin de témoigner au jour le jour de ma ville de mon quartier en pleine mutation.

 

(1) Heureusement anticipée ; je dispose de sauvegardes, car j'avais pris soin de les doubler, voire tripler (l'ordi volé en 2017, le disque dur externe spécial photos qu'hélas j'avais dans mon sac ce jour-là, flickr). Il n'empêche qu'à un moment donné fotolog avait semblé bénéficier d'une résurrection de bonne tenue, respectueuse de nos historiques et que je suis triste qu'elle ait hélas aussi disparu.  

(2) Manque de compétences et manque de temps, je me contente parfois d'un recadrage ou d'une très légère retouche mais je ne sais (plus) rien des finesses, de l'élimination du bruit, des rééquilibrages, de l'usage des calques. En fait j'avais photoshop sur l'ordi que l'on m'a volé et je ne l'ai pas racheté / réinstallé. C'est aussi que fin 2015 j'avais failli me professionnaliser dans cette direction et qu'à cause de l'attentat au Bataclan et de ses conséquences pour la personne que j'aurais pu assister, la porte s'est refermée. En réaction, comme pour me préserver, je me suis désintéressée du domaine au complet. 
Heureusement, pas de la prise d'images, pas des instantanés. 

    


Portiques en service

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On se souviendra qu'il fut un temps où dans les gares on passait libres comme des êtres humains dotés de sens civique, qu'on prenait nos tickets à des guichets, généralement assez nombreux et l'on attendait peu. Parfois dans le train même, on croisait un contrôleur, lequel vérifiait qu'on avait bien un ticket et qui nous le marquait du jour avec un petit appareil.

Qu'ensuite étaient apparues des machines dans lesquelles il fallait avancer le ticket, l'usager debout devant. Oublier ou n'avoir pas eu le temps de le faire, ou l'avoir mal fait sans s'en être rendu compte c'était s'exposer à une amende, même le billet payé. Ça s'appelait composter.

Lorsque l'on avait un abonnement mensuel ou annuel, nous étions libre : plus besoin de devoir penser à accomplir ce geste supplémentaire. 

Et puis à un moment, la course à l'équipement et la décision de considérer tout passant comme fraudeur potentiel, a fait apparaître les portiques qui compliquent la vie des honnêtes gens sans empêcher la fraude, les malins parvenant toujours à trouver un moyen.  

Les gares de banlieue ont été progressivement équipées. À Clichy Levallois, quand on vient de Clichy, la disposition des portiques oblige à faire un crochet alors qu'auparavant on passait sur le côté de la gare qui nous correspondait, et que c'était fluide sans le moindre arrêt.

Désormais, c'est la gare Satin Lazare qui est affublée de ces filtres à humains. C'est en soi assez désagréable. Ils ont été mis en service ces jours-ci. C'est l'été, la foule est moindre. On peut passer sans trop devoir patienter. 

Je n'ose imaginer le zbeul que ça sera en septembre quand tout le monde sera rentré, et qu'aux heures de pointe déjà en l'absence de tout dispositif de contrôle ça bouchonnait. En plus qu'en cas de mouvement de foule ça sera l'horreur.

Enfin, dans le sens des départs, nous n'avons pas fini de rater des trains parce qu'au lieu de pouvoir accéder directement au quai il nous aura fallu aux portiques dûment patienter. 

Bref, comme on ne m'a pas demandé mon avis, et que je n'y peux rien, je clame ici bien inutilement mon mécontentement.

 

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Ce monde qui favorise la triche (ça vaut pour la politique (et les affaires) aussi)

 

    Regardant le tour de France et ses reportages associés, dont un émouvant sur Marco Pantani, certes dopé mais qui a pris pour tout le monde et que ceux qui l'avaient poussé à le faire ont lâché, j'ai jeté un œil sur certaines fiches wikipédia. 

Un grand dopé devant l'éternel, qui s'est octroyé un palmarès de fou avant qu'on ne le lui retire, mais il avait eu le temps d'acquérir la fortune, la notoriété, les femmes qu'aiment avoir les hommes qui ont du succès pour donner envie aux autres hommes probablement plus que pour les bien aimer, toutes sortes de pistes de reconversion possibles. 

Et d'ailleurs le voilà son palmarès : 

Capture d’écran 2019-07-15 à 20.48.24Certes c'est barré, et il a perdu beaucoup d'argent, subi beaucoup de procès, dû passer quelques sales quart d'heures à la télé, mais à présent il va sa vie, et même commente le sport dont il fut banni.

Pendant ce temps parmi les plus méritants des lanceurs d'alertes, voici Christophe Bassons, dont il fut dit à l'époque des scandales par ses camarades tricheurs mêmes, non, non, lui, il ne prenait rien. Et qui bien sûr ne gagna plus grand chose une fois passé chez les pros - je suppose qu'il se trouvait dans une situation équivalente à moi avec ma thalassémie mineure quand je prends le départ d'un triathlon plein de gens aux globules conformes -.

Sa bio, du coup, donne ça : 

 

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et il a même eu des ennuis, en mode Cherchons-lui des poux dans la tête, longtemps après, comme cet article du Monde en atteste. 

Il faut dire qu'avec les sommes folles en jeux dans les paris sportifs, au delà même des gains directs pour les sportifs et ceux qui les font travailler, plus grand chose ne doit être laissé au pur hasard. Alors on dope les humains comme des chevaux de course, et je suppose que soit tu acceptes, soit tu perds toutes chances d'être sélectionné (pour une équipe pro, pour une compétition donnée) puisque de toutes façons les autres, ceux qui ont obéi sans trop se faire prier mettent de facto la barre des performances très haut. 
Et en cas de problème, le sportif est seul, avec parfois un médecin "préparateur" (mais eux même s'ils perdent un procès, leur intégrité physique n'est pas en danger, pas d'effets secondaires ni d'addiction), à faire face à l'opprobre, comme s'il avait tout décidé de son propre chef. 

Cette société nous dit clairement : Trichez, trichez, mais allez jusqu'à gagner. Il en restera toujours quelque chose sur le plan de ce à quoi l'argent et la notoriété vous auront donné accès. Les ennuis principaux sont pour les lanceurs d'alerte.

On remarquera que c'est le même phénomène qu'on a pu observer pour la vague de #Metoo . Certes, certains hommes ont eu des ennuis, mais ils restent à la tête de ce qu'ils ont pu construire pendant leurs années de puissances et d'impunité, tandis que leurs victimes et plus encore celles qui ont eu le courage inouï de parler font face à toutes sortes de conséquences négatives et peuvent rarement rester dans ce qui était leur domaine professionnel d'avant qu'elles osent dénoncer ce qui s'y pratiquait. 

J'aimerais que ça change. Je ne vois (hélas) pas comment.

Concernant les sports tels que le cyclisme, la plus grande hypocrisie reste de mise, disons que le dopage chimique est peut-être un peu moindre, au profit d'un dopage mécanique de plus en plus performant, mais ceux qui feignent de croire que les affaires du tournant du siècle ont assaini la situation m'agacent. Quelques-uns ont payé les pots cassés et les méthodes ont évolué, mais rien n'a vraiment changé. 

 


Après la coupe

 

    Je m'en doutais : les jours après un événement sportif auquel j'ai participé ou que j'ai suivi à fond me laissent une sensation de vide assez rude et curieuse ; ça ressemble à la fin de lecture d'un long roman prenant (1), à la différence que ce qui manque ce sont plutôt des gestes, des rendez-vous horaires, une énergie et une intensité que des gens (2).

Pour la première fois, me manque en plus du rythme de vie et des bouffées d'enthousiasme apportées par les épreuves sportives, une activité associée : j'ai adoré commenter les matchs pour la radio Cause Commune, j'aimerais même faire ça pour gagner ma vie. Seulement voilà, par où passer pour avoir accès quand on n'est pas du sérail ni ancienne sportive de haut niveau ? Il faudrait que je me trouve un service en anglais qui aurait envie d'une dame pour commenter le football (ou le cyclisme, le triathlon, l'athlétisme, le tennis, la natation ...) avec charmant accent français. Anybody ?

  20190708_164550  Pour l'heure j'ai combattu le blues en tentant de faire avancer mon avenir en tant que libraire - rendez-vous instructif ; sera-t-il décisif ? -, puisque tel est depuis une dizaine d'années mon métier et que j'aime à le pratiquer, et en bossant mon émission Côté papier de mercredi qui vient. Ça et une visite chez le médecin pour essentiellement les sacro-saints certificats médicaux réclamés pour la pratique sportive (monde absurde, c'est uniquement pour satisfaire les assurances et la guéguerre entre les fédérations d'athlétisme et de triathlon pousse depuis un an cette absurdité à son comble, comme si la pratique du triathlon n'incluait pas une part de course à pied) et les examens préventifs usuels, ainsi qu'à la tombe de Paul Verlaine pour relire un poème puis lire un peu (pour l'émission de radio, du sérieux) au calme du cimetière (3) ont suffi à remplir une journée.

Le blues de fin de belle période s'est donc trouvé plutôt bien maîtrisé.

PS : J'avance sur cette nouvelle présentation de Traces et trajets, et découvre au passage avec joie que certains blogs ont perduré. Ce billet chez Marloute me touche particulièrement. Il y a qu’il faut, encore, encore, encore, abandonner l’écriture.

PS' : J'ignore combien de temps la video sera en ligne, mais un but stupéfiant au Japon de Yuta Koike

 

(1) souvenir de la dure descente d'après Les Thibault

(2) Cela dit, il y a quelques femmes remarquables de cette coupe du monde dont j'aimerais avoir des nouvelles. Elles ont pris une place de qualité dans les pensées. J'avais oublié que l'on pouvait avoir mettons, pour se donner du cœur à l'ouvrage aux entraînements des modèles, des exemples à suivre, féminins. 

(3) Les cimetières sont de merveilleux endroits pour lire sans être dérangées et du moins à Paris en bonnes compagnies littéraires du passé (ma part d'esprit enfantin imagine les fantômes illustres venir lire par dessus mon épaule et ne pas s'empêcher de donner leur avis). Le Paul Verlaine de mon imagination juvénile n'est pas insensible à l'écriture contemporaine même s'il estime qu'ils exagèrent parfois. Il semble curieux de nos tournures.