En traversant Paris aujourd'hui

 

    Depuis que je suis parvenue à prendre le temps de refaire enfin reconnaître mon pass navigo par les nouveaux vélibs, j'en ai retrouvé l'usage. Ils sont quand même bien dégradés globalement, et les stations moins nombreuses qu'avec le système précédent. Mais ça me manquait réellement des vélos en libre service car j'ai un usage vélo + métro important.

Parmi l'offre de free-floating que le ratage du changement de concession avait multipliée, les Mobike n'étaient pas si mal et je m'en étais un temps contentée, avant qu'ils ne décident soudain que ma ville était hors zone - alors qu'à côté Levallois restait admise, à même distance de Paris -, entraînant une facturation de 10 € puis 50 € si jamais un de leur vélo y était laissé. J'en vois moins à présent. Je suppose qu'un nombre non négligeables d'abonnés dans le même cas que moi n'ont pas renouvelé un abonnement qui ne leur permettait plus de rentrer chez eux.

Les vélibs, anciens comme nouveaux, disposent de stations proches de chez moi, pas souvent très remplies mais permettant au moins le retour, c'est déjà ça.

Près de Port Royal j'ai vu des agents de police à vélo (je ne sais s'ils sont de police nationale ou municipale) enregistrer au moyen d'une sorte de téléphone tous les véhicules en free-floating, trottinettes électriques et vélos qui avaient été déposés alentours. J'avoue que je ne serai pas contre un brin de régulation. Les trottinettes électriques présentent un réel danger, trop silencieuses et roulant souvent sur le trottoir elles sont sources d'accidents (ou de splendides tressautements) pour les piétons, et elles sont déposées absolument n'importe où n'importe comment. Les vélos en free-floating sont moins gênants en circulation mais posent également un problème de place. D'accord ce sont des déplacements moins polluants que l'automobile en terme de gaz d'échappements, seulement ça ne sont pas non plus des solutions de rêves d'un point de vue écologique. Fullsizeoutput_1883

Comme un chèque déjeuner m'avait été confié, j'ai pu m'accorder un repas complet dans un charmant restaurant café. 20190807_125146

Il faut désormais veiller aux dépenses, chômage oblige et incertitude sur la suite, donc je n'y retournerai sans doute pas rapidement, mais je note ainsi la bonne adresse. De plus en plus fréquemment et face à l'invasion généralisée du hamburger sous toutes ses formes - je n'ai rien contre un très bon de temps en temps, mais le hamburger frites ne me fait pas saliver -, je goûte des plats végétariens voire végétaliens et constate qu'ils sont souvent bons. C'était le cas aujourd'hui au Débonnaire.

J'ai croisé une belle voiture de collection mais j'ai raté sa photo 

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Oui parce que je fais partie de celles et ceux qui rêvent d'un usage minimal de la voiture mais j'apprécie les modèles de collection. Je l'écrivais il y a quelques jours dans le Petit Journal. Les êtres humains moyens sont fort bien équipés en contradictions.

Ce Paris vide et calme du mois d'août me ravit, même si je m'inquiète d'une éventuelle absence totale de vacances si l'homme de la maison prend les siennes trop tard alors que je peux avoir du travail ou poursuivre un projet qui m'en créerait. Je n'ai pas non plus envie de partir maintenant sans lui. Ni envie qu'il parte début septembre en me délaissant. Même si elle a été heureusement infiniment moins triste que l'année 2016/2017 et moins surmenée que l'année 2017/2018 (entre le travail salarié prenant et le déménagement complet de la maison de mes parents), l'année 2018/2019 aura été intense, j'ai vraiment consacré du temps et de l'énergie à une reprise de librairie qui finalement ne s'est pas faite pour des raisons financières, mais ce fut du travail, j'ai effectué auparavant de nombreux remplacements, et tenir une émission littéraire hebdomadaire sur une radio associative ne se fait pas sans la préparer, bref, il y a un moment où des vacances, même les plus simples, feraient du bien. 

En attendant, je fréquente la BNF avec assiduité. 


Moi aussi (J'ai décidé de reprendre la photo)


Capture d’écran 2019-07-17 à 16.06.24   C'est un besoin qui est venu alors que j'effectuais ma recherche d'un couple (texte, photo) perdu et que je constatais la disparition entière de fotolog (1) : l'envie de me remettre au journal photo, avec le côté "une photo par jour" auquel je ne saurais dire exactement pourquoi, Instagram pour moi ne correspond pas - plus dans le phénomène de réseau, d'instantanés partagés, moins travaillé, sans tri préalable, des choses comme ça ? -. Alors j'ai réactivé mes Clandestines sardines puisque ma suite du fotolog je l'avais déjà. 

Il convient d'effectuer ce petit travail quotidien le soir tard ou tôt le lendemain, c'est peut-être la contrainte même qui me manque, un micro-barrage illusoire de plus face à la vitesse de défilement du temps. 

Voici donc pour hier : L'herbe grillée du tramway

L'amusant de l'affaire c'est que la même recherche d'un billet photographique d'il y a dix ans, m'a conduit ce matin à découvrir de François Bon avait repris le fil de son Petit Journal, que c'était tout récent et que même si ses photos, lui les travaille sans doute alors que moi très peu ou non (2), c'était dans l'air du temps de reprendre à effectuer et partager des images quotidiennes avec un bref texte associé.

J'éprouve aussi grand besoin de témoigner au jour le jour de ma ville de mon quartier en pleine mutation.

 

(1) Heureusement anticipée ; je dispose de sauvegardes, car j'avais pris soin de les doubler, voire tripler (l'ordi volé en 2017, le disque dur externe spécial photos qu'hélas j'avais dans mon sac ce jour-là, flickr). Il n'empêche qu'à un moment donné fotolog avait semblé bénéficier d'une résurrection de bonne tenue, respectueuse de nos historiques et que je suis triste qu'elle ait hélas aussi disparu.  

(2) Manque de compétences et manque de temps, je me contente parfois d'un recadrage ou d'une très légère retouche mais je ne sais (plus) rien des finesses, de l'élimination du bruit, des rééquilibrages, de l'usage des calques. En fait j'avais photoshop sur l'ordi que l'on m'a volé et je ne l'ai pas racheté / réinstallé. C'est aussi que fin 2015 j'avais failli me professionnaliser dans cette direction et qu'à cause de l'attentat au Bataclan et de ses conséquences pour la personne que j'aurais pu assister, la porte s'est refermée. En réaction, comme pour me préserver, je me suis désintéressée du domaine au complet. 
Heureusement, pas de la prise d'images, pas des instantanés. 

    


Portiques en service

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On se souviendra qu'il fut un temps où dans les gares on passait libres comme des êtres humains dotés de sens civique, qu'on prenait nos tickets à des guichets, généralement assez nombreux et l'on attendait peu. Parfois dans le train même, on croisait un contrôleur, lequel vérifiait qu'on avait bien un ticket et qui nous le marquait du jour avec un petit appareil.

Qu'ensuite étaient apparues des machines dans lesquelles il fallait avancer le ticket, l'usager debout devant. Oublier ou n'avoir pas eu le temps de le faire, ou l'avoir mal fait sans s'en être rendu compte c'était s'exposer à une amende, même le billet payé. Ça s'appelait composter.

Lorsque l'on avait un abonnement mensuel ou annuel, nous étions libre : plus besoin de devoir penser à accomplir ce geste supplémentaire. 

Et puis à un moment, la course à l'équipement et la décision de considérer tout passant comme fraudeur potentiel, a fait apparaître les portiques qui compliquent la vie des honnêtes gens sans empêcher la fraude, les malins parvenant toujours à trouver un moyen.  

Les gares de banlieue ont été progressivement équipées. À Clichy Levallois, quand on vient de Clichy, la disposition des portiques oblige à faire un crochet alors qu'auparavant on passait sur le côté de la gare qui nous correspondait, et que c'était fluide sans le moindre arrêt.

Désormais, c'est la gare Satin Lazare qui est affublée de ces filtres à humains. C'est en soi assez désagréable. Ils ont été mis en service ces jours-ci. C'est l'été, la foule est moindre. On peut passer sans trop devoir patienter. 

Je n'ose imaginer le zbeul que ça sera en septembre quand tout le monde sera rentré, et qu'aux heures de pointe déjà en l'absence de tout dispositif de contrôle ça bouchonnait. En plus qu'en cas de mouvement de foule ça sera l'horreur.

Enfin, dans le sens des départs, nous n'avons pas fini de rater des trains parce qu'au lieu de pouvoir accéder directement au quai il nous aura fallu aux portiques dûment patienter. 

Bref, comme on ne m'a pas demandé mon avis, et que je n'y peux rien, je clame ici bien inutilement mon mécontentement.

 

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Ce monde qui favorise la triche (ça vaut pour la politique (et les affaires) aussi)

 

    Regardant le tour de France et ses reportages associés, dont un émouvant sur Marco Pantani, certes dopé mais qui a pris pour tout le monde et que ceux qui l'avaient poussé à le faire ont lâché, j'ai jeté un œil sur certaines fiches wikipédia. 

Un grand dopé devant l'éternel, qui s'est octroyé un palmarès de fou avant qu'on ne le lui retire, mais il avait eu le temps d'acquérir la fortune, la notoriété, les femmes qu'aiment avoir les hommes qui ont du succès pour donner envie aux autres hommes probablement plus que pour les bien aimer, toutes sortes de pistes de reconversion possibles. 

Et d'ailleurs le voilà son palmarès : 

Capture d’écran 2019-07-15 à 20.48.24Certes c'est barré, et il a perdu beaucoup d'argent, subi beaucoup de procès, dû passer quelques sales quart d'heures à la télé, mais à présent il va sa vie, et même commente le sport dont il fut banni.

Pendant ce temps parmi les plus méritants des lanceurs d'alertes, voici Christophe Bassons, dont il fut dit à l'époque des scandales par ses camarades tricheurs mêmes, non, non, lui, il ne prenait rien. Et qui bien sûr ne gagna plus grand chose une fois passé chez les pros - je suppose qu'il se trouvait dans une situation équivalente à moi avec ma thalassémie mineure quand je prends le départ d'un triathlon plein de gens aux globules conformes -.

Sa bio, du coup, donne ça : 

 

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et il a même eu des ennuis, en mode Cherchons-lui des poux dans la tête, longtemps après, comme cet article du Monde en atteste. 

Il faut dire qu'avec les sommes folles en jeux dans les paris sportifs, au delà même des gains directs pour les sportifs et ceux qui les font travailler, plus grand chose ne doit être laissé au pur hasard. Alors on dope les humains comme des chevaux de course, et je suppose que soit tu acceptes, soit tu perds toutes chances d'être sélectionné (pour une équipe pro, pour une compétition donnée) puisque de toutes façons les autres, ceux qui ont obéi sans trop se faire prier mettent de facto la barre des performances très haut. 
Et en cas de problème, le sportif est seul, avec parfois un médecin "préparateur" (mais eux même s'ils perdent un procès, leur intégrité physique n'est pas en danger, pas d'effets secondaires ni d'addiction), à faire face à l'opprobre, comme s'il avait tout décidé de son propre chef. 

Cette société nous dit clairement : Trichez, trichez, mais allez jusqu'à gagner. Il en restera toujours quelque chose sur le plan de ce à quoi l'argent et la notoriété vous auront donné accès. Les ennuis principaux sont pour les lanceurs d'alerte.

On remarquera que c'est le même phénomène qu'on a pu observer pour la vague de #Metoo . Certes, certains hommes ont eu des ennuis, mais ils restent à la tête de ce qu'ils ont pu construire pendant leurs années de puissances et d'impunité, tandis que leurs victimes et plus encore celles qui ont eu le courage inouï de parler font face à toutes sortes de conséquences négatives et peuvent rarement rester dans ce qui était leur domaine professionnel d'avant qu'elles osent dénoncer ce qui s'y pratiquait. 

J'aimerais que ça change. Je ne vois (hélas) pas comment.

Concernant les sports tels que le cyclisme, la plus grande hypocrisie reste de mise, disons que le dopage chimique est peut-être un peu moindre, au profit d'un dopage mécanique de plus en plus performant, mais ceux qui feignent de croire que les affaires du tournant du siècle ont assaini la situation m'agacent. Quelques-uns ont payé les pots cassés et les méthodes ont évolué, mais rien n'a vraiment changé. 

 


Après la coupe

 

    Je m'en doutais : les jours après un événement sportif auquel j'ai participé ou que j'ai suivi à fond me laissent une sensation de vide assez rude et curieuse ; ça ressemble à la fin de lecture d'un long roman prenant (1), à la différence que ce qui manque ce sont plutôt des gestes, des rendez-vous horaires, une énergie et une intensité que des gens (2).

Pour la première fois, me manque en plus du rythme de vie et des bouffées d'enthousiasme apportées par les épreuves sportives, une activité associée : j'ai adoré commenter les matchs pour la radio Cause Commune, j'aimerais même faire ça pour gagner ma vie. Seulement voilà, par où passer pour avoir accès quand on n'est pas du sérail ni ancienne sportive de haut niveau ? Il faudrait que je me trouve un service en anglais qui aurait envie d'une dame pour commenter le football (ou le cyclisme, le triathlon, l'athlétisme, le tennis, la natation ...) avec charmant accent français. Anybody ?

  20190708_164550  Pour l'heure j'ai combattu le blues en tentant de faire avancer mon avenir en tant que libraire - rendez-vous instructif ; sera-t-il décisif ? -, puisque tel est depuis une dizaine d'années mon métier et que j'aime à le pratiquer, et en bossant mon émission Côté papier de mercredi qui vient. Ça et une visite chez le médecin pour essentiellement les sacro-saints certificats médicaux réclamés pour la pratique sportive (monde absurde, c'est uniquement pour satisfaire les assurances et la guéguerre entre les fédérations d'athlétisme et de triathlon pousse depuis un an cette absurdité à son comble, comme si la pratique du triathlon n'incluait pas une part de course à pied) et les examens préventifs usuels, ainsi qu'à la tombe de Paul Verlaine pour relire un poème puis lire un peu (pour l'émission de radio, du sérieux) au calme du cimetière (3) ont suffi à remplir une journée.

Le blues de fin de belle période s'est donc trouvé plutôt bien maîtrisé.

PS : J'avance sur cette nouvelle présentation de Traces et trajets, et découvre au passage avec joie que certains blogs ont perduré. Ce billet chez Marloute me touche particulièrement. Il y a qu’il faut, encore, encore, encore, abandonner l’écriture.

PS' : J'ignore combien de temps la video sera en ligne, mais un but stupéfiant au Japon de Yuta Koike

 

(1) souvenir de la dure descente d'après Les Thibault

(2) Cela dit, il y a quelques femmes remarquables de cette coupe du monde dont j'aimerais avoir des nouvelles. Elles ont pris une place de qualité dans les pensées. J'avais oublié que l'on pouvait avoir mettons, pour se donner du cœur à l'ouvrage aux entraînements des modèles, des exemples à suivre, féminins. 

(3) Les cimetières sont de merveilleux endroits pour lire sans être dérangées et du moins à Paris en bonnes compagnies littéraires du passé (ma part d'esprit enfantin imagine les fantômes illustres venir lire par dessus mon épaule et ne pas s'empêcher de donner leur avis). Le Paul Verlaine de mon imagination juvénile n'est pas insensible à l'écriture contemporaine même s'il estime qu'ils exagèrent parfois. Il semble curieux de nos tournures.


Such a perfect day (pour Megan Rapinoe)

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    J'eusse préféré un match plus disputé pour cette finale USA Pays-Bas, il n'empêche que sur l'ensemble du tournoi l'équipe des États-Unis était bien la plus forte avec une supériorité athlétique incontestable : les meilleures des autres équipes tenaient un temps en se haussant au dessus de leur rythme habituel puis finissaient, souvent à l'occasion d'une décision d'arbitrage qui les coupaient dans leur élan (1°, qu'elle soit justifiée ou non, par ne plus parvenir à tenir le sur-régime. 

Parmi cette équipe victorieuse, il est une joueuse qui l'a emportée sur toute les autres, parce qu'elle est charismatique, et aussi forte sur le terrain qu'en communication, avec une capacité à ne pas mâcher ses mots sans dépasser les limites et à faire de l'humour qui ne soit pas lourd, ni source de malentendus. Il s'agit de Megan Rapinoe.

Elle a emporté au passage le soulier d'or, ce qui semble amplement mérité.

Voilà quelqu'un qui fait du bien. Puisse-t-elle ne pas s'attirer trop d'ennuis : ce monde n'aime pas les personnes trop intelligentes et trop fortes dans un domaine donné, particulièrement s'il s'agit d'une femme et qui plus est qui assume sa liberté.

En attendant, ça fait plaisir de penser qu'elle a pu vivre such a perfect day. Merci à elle dont la qualité de jeu nous aura enchanté·e·s.

À part ça, un agacement : lorsque l'on voit les matchs des messieurs, de nombreux plans de coupes sont consacrés à leurs conjointes, généralement des femmes reconnues pour leur beauté. Lors des matchs de haut niveau des équipes de femmes, on consacre les mêmes plans aux footballeurs masculins célèbres venus les voir. D'accord, il s'agit de montrer que puisqu'un David Beckham ou Killian Mbappé ne méprisent pas le football joué par les dames, toi le supporter masculin moyen, tu dois aussi pouvoir t'y intéresser, et ça peut effectivement être favorable. Il n'empêche que le diable est dans ce genre de détails qui montre qu'on est hélas encore loin de considérer le sport pratiqué par les femmes avec la considération accordée aux garçons.

Et un grand bonheur : celui d'avoir pu participer aux #777match (7 juin - 7 juillet - 7 matchs) sur Cause Commune avec Les Joyeux Pingouins en Famille et commenter en très léger différé (raisons techniques) certains des matchs de cette coupe du monde 2019 à la radio. Si je pouvais entamer une reconversion professionnelle vers le commentaire sportif, je le ferais volontiers (vocation tardive découverte grâce à eux).

 

(1) Ce fut clairement le cas aujourd'hui. 

 

PS : une vidéo ici consultable probablement de façon temporaire.

Et la belle conférence de presse d'après match : (FIFA TV), sans Mega Rapinoe au début, prise par un contrôle anti-dopage ; il fallait bien qu'elle ait un truc déplaisant à accomplir dans cette journée ! 

PS' : J'ignore qui a pris cette photo de la footballeuse qui a circulé partout. Si elle pose problème je l'enlèverai


C'est l'été !

La météo prévue pour cette semaine qui s'annonce 

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Je fais partie des personnes sensibles (et depuis longtemps) à l'urgence climatique (1), et qui tente de ne pas (trop) aggraver les choses par son comportement quotidien et par des voyages de pur agrément. 

Il n'empêche que je suis incapable de considérer comme un problème ou source d'inquiétude le fait qu'il fasse beau et chaud l'été. 

Je me demande à quel moment on s'est mis à trouver dangereux ce qui était normal : quelques jours de fortes chaleurs l'été ou de grands froids l'hiver. Je parle bien de quelques jours car j'entends bien, par exemple, qu'une canicule prolongée comme en 1976 et qui avait engendré une forte sécheresse pose effectivement un problème. 

Si vous souffrez, vous pouvez peut-être aller au ciné, non sans oublier d'emporter une petite laine : il y a "Parasite" en ce moment qui est un genre de chef d'œuvre, un film marquant dont on se souvient longtemps longtemps longtemps et qui peut ravir à la fois le grand public (une bonne histoire avec des rebondissements), ceux qui aiment qu'au delà du divertissement il y ait une réflexion (le point sur la lutte des classes au XXIème siècle) et les cinéphiles (bon sang, quelle maestria ! montage, angles, scènes impossibles (orage diluvien, mêlées humaines, (rares (mais intenses)) scènes d'action)).

Source de l'image : ce site météo norvégien qui est l'un des plus fiables que je connaisse et que m'avait fait connaître Franck Paul.

(1) Article d'Aude Massiot, équilibré me semble-t-il, sur la question paru dans Libé 


S'imposer (du foot pour les filles)

 

    À l'occasion de cette coupe du monde qui rend enfin justice au fait que les femmes peuvent jouer au foot aussi bien ou mal que les hommes, en courant juste un peu moins vite et en étant un peu moins brutales globalement, ce qui rend le jeu plus fluide et beau, je lis et j'entends beaucoup parler de filles qui voulaient jouer, par exemple dans la cour de récréation, et que les petits gars rejetaient (1).

De mon expérience personnelle qui date des early seventies du siècle dernier je peux témoigner que jusque vers 13 ans et que les gars nous mettent généralement 15 à 20 cm dans la vue, courent plus vite, sautent plus haut, deviennent plus brutaux ou peuvent être plus tentés par des gestes déplacés, on peut parfaitement faire jeu égal, en compensant par une technique plus fine la pointe de vitesse que l'on possède plus basse.

Je jouais beaucoup avec les copains du quartier. Avec eux zéro tracas : on jouait ensemble depuis nos 5 ans, sur la placette devant les pavillons de nos parents puis plus tard au terrain de foot de la cité, j'avais ma place égale dans la bande, et à part quand ils se battaient, car je n'avais aucun goût pour ça - souvent je ne comprenais pas ce besoin irrépressible qui leur venait de se foutre sur la gueule -, ou quand ils se montraient trop bêtes (2), je partageais leurs jeux, et dans une moindre mesure eux les miens (3). 

Jouer avec un ballon avec les pieds, c'est simple, ça allait de soi. 

Alors c'est certain, j'avais un atout : si dans des équipes qui se formaient pour jouer ailleurs figuraient certains de mes potes, ils disaient Elle joue bien et la question que j'étais une fille était mise de côté. 

Mais il m'est arrivé plus d'une fois de devoir m'imposer. Il est vrai que l'époque se prêtait moins à des formes de harcèlement et d'exclusion d'un groupe que maintenant, vrai aussi que je n'en avais rien à carré que l'on me traite de ou considère comme un garçon manqué, j'ai pigé très très jeune que de toutes façons si l'on veut avoir une belle vie il faut se contre-foutre de ce que racontent les gens, de toutes façons ils trouvent toujours à redire. Je crois que sans l'analyser je percevais la somme infinies d'injonctions contradictoires auxquelles les filles un peu plus que les garçons (mais eux aussi) sont soumises et que j'avais décidé une fois pour toute que pour exister mieux valait faire selon sa propre inclinaison dans les limites du respect d'autrui.

Donc, voilà, filles de maintenant, si vous sentez qu'en pratiquant un peu, le foot vous pourriez aimer, ne laissez pas les garçons vous dissuader. Les premiers temps seront rudes, ils ne vous fileront pas le ballon ça sera à vous d'aller le chercher, donnez du jeu collectif, soyez bien placées pour sauver les ballons, offrir des solutions à un coéquipier, n'ayez pas peur des éventuels chocs on s'en remet, hors des terrains et des jeux organisés passez du temps balle au pied. À partir du moment où vous serez meilleures que les garçons qui jouent sans trop aimer ça, ça sera gagné. Soyez au dessus des insultes et des remarques à la con. Un jour, elles cesseront.

Vous aimez les sports co, courir, taper dans un ballon, il n'y a pas de raison de vous laisser confisquer ce plaisir par les garçons.

(Et si vous n'aimez pas, vous pourrez toujours savourer le fait qu'aucune injonction de genre ne vous oblige à vous y intéresser)

 

(1) Par exemple ici dans cette émission de France Culture. Mais aussi le jeune père triathlète d'une gamine de maintenant. 

(2) Les défis stupides qu'ils aimaient se lancer. J'ai toujours été la résistance à l'effet de groupe incarnée.

(3) Ils se joignaient volontiers à une marelle ou à des jeux de cordes à sauter quand elle était collective et assez physique (celle longue que l'on faisait tourner à deux quand une troisième et parfois une quatrième personne sautait). Bon, on n'avait pas encore inventé le double dutch, c'était déjà le bout du monde d'avoir une seule corde assez longue assez lourde. 


Toi aussi ta planète


    Sérendipité du net, d'un moment libre inattendu (un entraînement reporté que je n'ai pas eu la force de transformer en séance pour un autre sport), et d'une curiosité, voilà que ce matin, regardant une video de l'émission Blow up (1), je me suis interrogée sur Brad Pitt dont c'était le tour d'y être évoqué. 

Je me suis aperçue en effet que je n'avais pour ainsi dire vu aucun film dans lequel il tournait, ou très peu. Pour moi il était surtout le souvenir d'une affiche de ciné-club l'année où les bureaux donnaient rue Grétry et où je l'avais accrochée derrière mon bureau d'une sorte de semi-open space et les gens venaient me voir volontiers. Un jour j'avais pigé que la belle affiche y était peut-être pour quelque chose. Il m'en reste une sympathie pour lui.

Du coup j'ai jeté un œil à sa page wikipédia, je savais (fort) peu de choses, à part que oui, il avait été un moment le compagnon d'Angelina Jolie, qu'ils avaient eu des enfants et en avaient adoptés d'autres, mais qu'ensuite c'était parti dans un divorce compliqué. En fait j'en savais quelques trucs via l'histoire d'une entrepreneuse (décoratrice ? architecte d'intérieur ?) qui avait travaillée en leur chateau français mais qui pour cause de séparation en cours n'avait jamais été payée (2), ce qui avait mis sa petite entreprise en difficulté. Curieusement, je ne me souviens pas si je connaissais cette histoire pour avoir vu un documentaire, entendu une émission à la radio ou écouté une personne qui m'avait raconté ses mésaventures pendant une soirée ou un événement social rassemblant des personnes que je ne connaissais pas toutes. Si tel est le cas, et si cette dame venait à passer, qu'elle ne m'en veuille pas de ne plus rien me souvenir d'autre que la structure de l'histoire : le travail fourni, les clients soudain en séparation, et plus personne pour payer les factures et ce déséquilibre entre une petite entreprise pour laquelle c'est vital et une sorte d'entreprise familiale qui évolue dans une tout autre sphère, où l'argent se brasse avec deux (ou trois) zéros de plus dans les sommes concernées. C'est souvent surprenant, lorsque l'on ne suit pas un certain type d'œuvres ou d'actualités, ce qui parvient jusqu'à soi et de quelles façons.

Puis j'ai repéré cette petite phrase, "On June 2, 2015, the minor planet 29132 Bradpitt was named in his honor" et de là j'ai suivi quelques liens, le temps de comprendre que depuis longtemps on nommait de toutes petites planètes, voire des astéroïdes, d'après des gens (présomptueuse humanité), ce que j'avais peut-être su mais solidement oublié, et qu'il y en avait une liste.

Après, c'était un peu foutu pour ma productivité. Les catégories elles-mêmes sont fascinantes, il y a même un peu de place pour les personnages de fiction. Capture d’écran 2019-05-21 à 15.02.23

 

 

 

 

 

 

 

(1) J'apprécie particulièrement celles de Luc Lagier, son humour, sa voix, sa façon de présenter me donnent de l'énergie.

(2) Ça s'est peut-être arrangé depuis.


Voter sans savoir ce qu'ils ont programmé ?

 

    Force est de constater qu'à une semaine des élections européennes à un tour, nous (Île de France et quelques provinces) n'avons toujours pas reçu l'ombre d'une profession de foi. Or on nous a annoncé 33 listes, en tout cas les panneaux électoraux, pour l'instant peu garnis, sont prévu pour ça. 

Comment faire un choix citoyen et réfléchi si l'on ne dispose pas des programmes des partis, pardon mouvements ?

De plus les débats dans les médias mainstreams ne portent pas sur le fond, mais sur des fights et des buzz, Untel a dit ci, Machin a dit ça, et l'extrême droite dit C'est la faute aux immigrés islamisés (le C'est portant sur à peu près tout). Ils se font bien l'écho aussi des querelles de personnes. 

Pour le reste ? Rien, rien de construit. En gros : Votez pour moi pour que je passe la fameuse barre des 5 %.

Les candidats au concours de l'Eurovision avaient dans leur paroles presque davantage de programmes militants.