Droit à l'image : des questions

 

    Je me suis retrouvée cette après-midi pour une raison de voisinage de mon lieu de travail avec un autre lieu, à regarder des documentaires concernant le droit à l'image pour la photographie de rue. C'est un sujet qui m'intéresse étant donné que même si je ne commercialise rien, et m'efforce de ne rien publier sans l'acquiescement des gens (1), je ne sais plus ce qu'on peut faire ou pas et au concret du quotidien j'ai un peu tout croisé : des personnes qui se mettent en colère alors qu'on ne les photographiait même pas (voire : que le fait qu'elles déboulent soudain nous gâchait la photo), à celles qui réclamait et d'être photographiées et de se voir quelque part. Et j'ai perdu une amie proche du fait qu'elle savait que j'avais les outils pour éventuellement mettre en ligne des photos où elle figurerait (2).

Le plus récent article en termes non purement juridiques, que j'ai trouvé est celui-ci. Et j'en retiens ceci : "Il est licite de prendre des photographies, dans un lieu public, de plusieurs personnes identifiables. L’autorisation ne devient nécessaire que lorsque l’image de la personne est isolée, prise pour elle-même [...]".
J'ai trouvé également un documentaire québecois de 2004, résolument du côté des photographes. On y voit au passage Willy Ronis, très classe (3).

Je n'ai pas personnellement d'avis. Au delà du cas des gens qui espèrent un gain d'argent facile en réclamant dédommagement, et, à l'opposé, de certains cas où des profits ont été tirés de l'image des gens sans leur accord, je sais pour avoir eu quelques emplois où il fallait faire gaffe, qu'on peut avoir des ennuis du simple fait de figurer sur une photo qui a circulé du simple fait que c'est mal vu. Alors je peux aussi comprendre le point de vue de personnes qui ne veulent pas que leur image circule, même si aux yeux de qui l'a saisie elle semble anodine et peu compromettante. 

 

 

(1) Il m'est arrivé assez souvent, du temps de Fotolog d'y publier des photos à leur demande.
(2) C'était si étrange de se voir reprocher non seulement une intention mais en plus une intention que l'on n'avait pas eue, qui n'avait même jamais effleuré. Ça n'était pas quelqu'un qui avait de la notoriété, ce qui aurait pu expliquer qu'elle tenait à pouvoir monnayer par ailleurs son droit à l'image. J'ai supposé à l'époque que comme elle était prof et que c'était le temps de l'explosion de l'usage des réseaux sociaux avec des élèves qui abusaient de cette toute nouvelle liberté non encore bornée, qu'elle avait soit été victime d'un agissement irrespectueux, soit craignait que ses élèves puissent trouver sa trace. Dans l'un ou l'autre cas, pourquoi m'avoir écrit pour me reprocher vertement d'être de ces personnes qui risquaient de mettre en ligne une photo où elle figurait, plutôt que de m'avoir calmement demandé S'il te plaît ne mets jamais de photo de moi en ligne - auquel cas j'aurais répondu que je n'en avais pas l'intention - ? 
(3) et aussi un homme qui depuis a hélas mal tourné, comme atteint d'une forme de délire de la persécution ; à l'époque il ne semblait pas raciste ni fou


Ta montre de sport rançonnée (si l'on peut dire)

 

    J'ai aperçu les premiers symptômes jeudi matin vers 7h. Il se trouve que j'utilise ma montre de sport pour mesurer mon sommeil, et que sauf qu'il n'est pour l'instant pas possible d'activer une mesure des siestes, ça n'était pas du tout une utilisation que j'avais prévu d'en avoir mais qu'elle me rend de grands services (1). J'ai donc voulu comme chaque matin de jour ouvré relever la trace de ma nuit (2) et ça ne fonctionnait pas ("difficultés de communication avec nos serveurs"). J'ai pensé à une connexion défaillante de mon côté, à une mise-à-jour qui s'était mal faite, tenté une fois d'éteindre et rallumer (l'ordi, la montre, leur connexion filaire), ça ne fonctionnait toujours pas, je n'ai pas demandé mon reste j'ai filé bosser.

Ce n'est qu'en rentrant du travail, bien au soir, et en tentant de relever mes parcours #Vélotaf (3) que j'ai pigé qu'il y avait un problème, un vrai. 

Le message était le suivant : 

Capture d’écran 2020-07-23 à 20.09.34 Puis il y a eu quelques échanges avec mes camarades de triathlon (4) et il est apparu assez vite que la panne (la "maintenance") allait perdurer. 

Plus de 48h après le premier signe de dysfonctionnement que j'avais constaté, toujours rien. 

Grâce à mes co-touiteuses, j'ai pu creuser un peu le sujet. L'entreprise aurait donc été victime d'un piratage avec demande de rançon. 

C'est tout bien expliqué : 

- dans cet article chez Nakan.ch
- dans celui-ci chez Bleeping Computer
- et pour les implications, dans un thread chez Jake Williams;
- un autre article en français qui a le mérite d'employer le terme rançongiciel (qui me plaît beaucoup, c'est tout) (5). 

Je n'ai pas un niveau tel que la perte de l'historique de mes données puisse vraiment m'affecter et la plupart du temps, pour les parcours ou les moments particulièrement intéressant, j'effectuais des copies d'écran afin de conserver une trace. 

Il n'empêche que je pense aux sportives et sportifs pro ou d'un certain niveau et qui doivent commencer à s'inquiéter. Je pense aussi aux informaticien·ne·s de l'entreprise qui doivent être sur le pont en train de tenter de sauver ce qui peut l'être, et aussi aux juristes, dans une moindre mesure (encore que, de nos jours, les enjeux sont souvent déplacés de la production (de l'objet ?), vers la surcouche sociétale). 

Et j'aimerais bien pouvoir récupérer les traces de mes #Vélotafs de fin de semaine, il y avait certains points qui m'intéressaient. 

La suite sans doute pas avant dimanche soir. En attendant, c'est un phénomène symptômatique de #NotreÉpoque et en faire un billet, même incomplet (et qui risque de le rester, avec la semaine de boulot qui se profile, je n'aurais probablement pas le temps d'y revenir, me semblait nécessaire.

 

(1) entre autre pour tenter de dormir assez malgré un emploi à temps plein et de solides temps de trajets, d'éviter de tomber de sommeil par moment dans la journée, de savoir quand je risque de le faire et de tenter de m'organiser pour pouvoir bosser quand même etc. 

(2) La montre permet de mesurer les temps de sommeil profond. Et c'est pas mal fiable. 

(3) J'aime beaucoup, c'est mon plaisir, procéder par essais-erreurs. Je règle donc ma montre pour enregistrer mon trajet vélo, improvise en fonction des portions qui semblent accueillantes aux cyclistes et de l'état ponctuel de la circulation, et ensuite relève le parcours, via le site du fabriquant de la montre, afin de repérer les portions que j'estime digne d'intérêt et pour tenter d'affiner de jours en jours les trajets. Ce que je recherce : éviter les zones particulièrement risquées, passer par des portions qui sont des moments de plaisir vélocypédiques sans toutefois rallonger trop la distance. Je m'appuie aussi sur les vidéos de celleux qui partagent leurs trajets et leurs essais dont Bilook Le Cycliste à qui je dois de chouettes parcours (ça tombe que plusieurs de mes tafs ont été sur ses zones depuis qu'il est à Bezon), gratitude envers lui.

(4) Ce type de montre, très fonctionnelles, est particulièrement répandu chez les multisportifs. 

(5) À propos voisin, j'ai remarqué lors de mes retrouvailles avec le monde de la vie de bureau que le terme courriel était bel et bien entré dans les usages. Ce qui me conforte dans l'idée que lorsqu'il se prononce bien et dit bien ce qu'il veut dire, un mot fabriqué peu passer dans l'usage en lieu et place d'un mot étranger mal utilisé (mail comme parking et quelques autres sont des faux-usages pour les anglo-saxons).


Chroniques du déconfinement jour 6 : La première fois dans les transports en commun depuis avant le confinement

Déconfinement officiel 1 jour 33

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Journée de travail, avec un faux rythme un peu délicat à tenir - car je suis en formation pour l'instant et pas déjà en charge, alors c'est difficile de maintenir l'énergie lorsque les demandes (effet de fin de semaine) s'apaisent. J'apprends beaucoup, mais comme je connais déjà une partie du sujet je ne suis pas larguée. Ça bosse.

Bizarrerie de l'époque : même à travers le masque, un baillement est communicatif.
Des personnes appellent, pour des questions de travail et dans le cadre de celui-ci, et voilà qu'on se retrouve à leur demander "Vous êtes chez vous ?". Car encore ces jours-ci, la norme est de travailler de son chez soi. 

Je suis nulle en people et gens de télé. Ça devrait moins me gêner dans ce nouveau travail qu'en étant en librairie dans Paris. Encore que

J'obtiens des nouvelles de la radio, en soirée. Il va falloir que je reprenne l'antenne. Mais quand ? Comment ? De quelle façon ?

 

Toute la journée les nuages auront filé en venant du Sud Est. Comme il pleuvait au matin, je comptais prendre les transports en commun. Mais JF voulais "faire rouler la 205" et des courses pour son club - dont le club house est pourtant toujours officiellement fermé (ça finira mal ces conneries de mecs qui se croient au dessus des contraintes du commun des mortels) -, alors il a proposé de m'amener en voiture. Comme ça ne bouchonnait pas trop et que j'ai refusé de décaler mon heure de départ prévue de plus d'un quart d'heure, son projet de me mettre en retard a échoué et au bout du compte j'ai eu un trajet certes fatiguant mais différemment. Et au sec.

Au retour : je marche jusqu'au terminus de la ligne 13 mais n'optimise pas franchement les directions et mets 25 mn. À ajouter aux 30 mn de trajet de métro - station Place de Clichy fermée "pour raisons de sécurité sanitaire" -. Et aux 10 à 13 minutes à l'arrivée. Bon, ça ira mieux quand je pourrai faire ligne 14 + ligne 4. Et sinon, Vive le vélo !
Il y a donc des autocollants partout : sur une place sur deux (et tant qu'il n'y a pas foule, les gens respectent, c'est sidérant. Et respect aussi pour le casque. Et zéro personne pour faire la manche dans les rames, ce qui fait du bien - mais où sont-elles ? -) et sur les quais là où l'on est censés se placer pour attendre. Des annonces audio, également.  

Le midi, parce que le temps que j'aille aux toilettes il n'y a plus personne, je choisis la solution "flemme & pas cher" et vais à la boulangerie. Puis poursuis une mini exploration du quartier entamée les jours précédents - sauf celui de la crêperie -.

Je découvre par ricochet d'un échange, Hugh Coltman (Who's happy ?) et regarde aussi les pseudo-Bislett games. C'est assez fascinant ce simulacre de compétition d'athlétisme. Vertigineux de monde d'Après qui veut terriblement faire semblant d'être d'Avant. 

Chez Prof en scène, il est question de ces élèves qui ne disposent de presque rien et se battent pour tenter de suivre quand même. Je pense à elles et eux presque chaque jour, me souvenant des familles dont je voyais des membres en maison de la presse et qui n'avaient rien d'internet chez eux, se contentant de leurs téléfonini. Elle était à ce point plus nombreuses que je ne le croyais, avant ce travail où on les dépannait pour différentes démarches pour lesquelles une connexion était nécessaire.  

Il évoque aussi, dans un autre billet, les élèves qui avaient su garder l'élan jusqu'à présent mais finissent par caler. C'est vrai que pour qui n'a pas encore repris son activité dans des conditions normales (et pour les élèves les conditions normales jusqu'à très récemment c'était aller en cours), on est dans le en gros passage des 33 km si difficile d'un marathon. 

JF rentre de sa pétanque peu après moi du travail. Notre fille était là. 

PS : J'ai appris le mot glottophobie

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
7 709 523 cas (dont : 427 210 morts (116 731 morts aux USA) et 3 907 497 guéris)


L'hymne du déconfinement ?

À peine deux ou trois bricoles à modifier dans les paroles et le "Non, non, rien n'a changé" de 1971 des Poppys pourrait hélas devenir l'hymne parfait du déconfinement.

Idée venue via le #JukeBoxFou de dedans ma tête après avoir vu des images de personnes faisant de longues longues longues files d'attente devant des magasins de choses absolument pas nécessaires dans l'urgence (non, ce n'est pas du mépris de classe, ce sont des objets qui pouvaient bien attendre trois ou quatre jours de plus, objectivement ; à quel moment le conditionnement à la sur-consommation et à l'apparence avant toute chose, nous a-t-elle rendus tous aussi stupides ?), dès le premier matin de sortie possible. Même chose pour des types qui ont mis un point d'honneur à aller chez le coiffeur ou le barbier dans la nuit de dimanche à lundi dès minuit passées.

Pourquoi s'amuser à prendre des risques inutiles quand il y en a déjà tant que l'on doit prendre parce qu'on le doit ? 


Les photos de sport d'il y a un ou deux ans paraissent surréalistes

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Même si les autorités nous concèdent, pour l'instant encore, un droit léger à la course à pied avec dans l'autorisation dérogatoire de déplacement cette case à cocher : 

⊠ Déplacements brefs, dans la limite d'une heure quotidienne et dans un rayon maximal d'un kilomètre autour du domicile, liés soit à l'activité physique individuelle des personnes, à l'exclusion de toute pratique sportive collective et de toute proximité avec d'autres personnes, soit à la promenade avec les seules personnes regroupées dans un même domicile, soit aux besoins des animaux de compagnie.

ç'en est fini pour un bon moment de la natation, du vélo et des vrais entraînement de course à pied.

Lorsque je tombe, à l'occasion d'un ménage urgent sur mon disque dur où je dois accueillir une nouvelle appli afin de retrouver en ligne mes ami·e·s, sur des images de courses passées, en pleine ville, alors sans se douter que ça puisse être menacé par autre chose que mes propres capacités physiques que des effets d'âges ou de maladie pourraient venir entamer, j'ai donc un mouvement d'étonnement, le cœur un peu serré, avec une dominante de stupéfaction et d'impression d'un autre temps.

Voici donc une image du dimanche 18 mars 2018, prise par quelqu'un de mon club, lors des 10 km de Clichy et courus sans avoir l'impression de rien d'extraordinaire. 
Désormais une course groupée en ville est un mirage. 
Et d'accord, on peut courir 10 km en moins d'une heure en tournant à moins d'1 km de chez soi, mais avouez que ça devient limite, pas forcément dans l'esprit du confinement, et bien un peu compliqué. 

(Nous ne sommes plus en quarantaine et il nous est possible de faire en 20 à 25 minutes (je cours lentement) un mini-circuit de 3,44 ou 3,46 km en passant par un chemin arrière voisin rarement fréquenté, surtout à 8h du matin, c'est un peu un grand max', du moins à l'heure actuelle)

PS : Un lien fort utile vers la carte de la zone de sortie à 1 km (et le formulaire officiel tel qu'il est encore aujourd'hui)
PS', au lecteur du futur : ceci n'est pas un poisson d'avril, en 2020 lors de l'épidémie de Covid-19 nous eûmes bien des autorisations dérogatoires de sortie à remplir pour certains cas précis (travail pour qui continuait de devoir y aller, courses pour les choses indispensables, rendez-vous médicaux, garde partagée d'éventuels enfants etc.) dont nous devions nous munir pendant la période de confinement lors de chaque sortie. Les forces de l'ordre pouvaient contrôler, et de fortes amendes être réclamées (135 € puis 200 €, et bien davantage en cas de récidives, à l'heure où j'écris ce billet). Il y eut même des abus. L'ami Éric D. s'efforça même de les recenser.  

 


Chroniques du confinement jour 7 : Où sont passés les lombrics ?

 

   J'ai failli écrire : "le train-train", ce qui semble fou, bête, injurieux pour qui est sur le pont en ces jours difficiles mais voilà, nous sommes un vieux couple confiné dans un endroit agréable où j'ai beaucoup à faire pour réinstaller les choses après des travaux, alors voilà, oui, je me suis fixée un programme et même si je sais qu'il peut être interrompu d'un jour à l'autre par la maladie, je m'y tiens. 

Alors il y a le défi abdos - squats - pompes qui occupe un peu le matin, puis quelques petites écritures et ce qui est devant être fait - d'ailleurs je me rends compte en l'écrivant que j'ai oublié une légère corvée administrative -, de la lecture, une sieste, le soir à 23h les infos puis la revue de presse sur Rai News 24 tout en les Livetouitant ; les repas à des heures presque civilisées - un peu plus tard qu'un jour de travail -, et la tenue de ce blog.
Un jour sur trois ou quatre, une lessive. 

Des lectures "pour le travail", et d'autres "pour le plaisir personnel". Je traîne un peu sur l'une des premières ces jours-ci.

Des messages et un ou deux appels téléphoniques. J'ai appelé ma sœur, nous avons bien parlé, ça faisait du bien. Et eu mes deux enfants, selon des canaux différents, chacun sa préférence. J'ai appris que l'un faisait les courses pour l'autre et j'en ai été heureuse, rassurée et émue.

Il faisait un temps sublime de printemps alors j'ai passé l'essentiel de mon temps disponible de la journée à débroussailler le jardin. L'espace au centre commence à être libre pour circuler (plus tard : jouer à la pétanque ?). Il faut bien l'avouer : ce fut un plaisir. 
Mais j'ai une question : alors que la terre, que j'ai dû creuser à la bêche en plusieurs endroits pour ôter les racines, est riche et grasse, pas un seul lombric en vue. Serait-ce trop tôt en saison ou bien qu'ils ont été un peu trop bien éradiqués [pas par moi, zéro pesticide, tout à la mano] ?
L'Homme est un peu venu m'aider en fin de matinée. Il est toujours dans la lecture des romans de Modiano. Grâce lui soit rendue (formulation volontairement ambigüe).

Une de mes amies de l'internet a, sur Instagram, écrit ceci "Ce qui me rend doucement zinzin je crois, c'est le décalage entre notre quotidien feutré, calfeutré, ralenti, et les drames petits et grands qui se jouent chez les autres au même moment. Et je suppose que ça doit faire mal aussi dans l'autre sens, quand on va au feu de gré ou de force en sachant que pour d'autres le confinement est une parenthèse douce et bucolique. Comment faire tenir tout ça ensemble, cognitivement ? Quel sens, quelle cohésion trouver à cette histoire ?
Vous me direz, pas besoin d'un virus pour constater l'absurdité et la disparité de nos existences. Certes. Je suppose que le virus rend simplement tout ça plus aigu." suivi de liens vers des textes qu'elle a lus et appréciés.
Je ne peux qu'y souscrire. 

En France une polémique est née d'expérimentation d'un traitement ... dont l'utilisation sauvage prive dès lors, tous les patients qui en avaient vraiment besoin pour le traitement de leur maladie de celui-ci. 
En Italie on se félicite avec prudence de la baisse de rythme de l'augmentation des morts. Oui, on en est là.

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com

374 921 cas (dont : 16 411 morts et 100 927 guéris)


Chroniques du confinement jour 6 : première séance de Tabata (grâce à Romain Pourrat) et un chouette coup de fil

 

    Un peu d'exercice physique en ce dimanche, pendant lequel j'avais décidé de ne pas travailler ; ce qui en la période signifiait : rien pour le comité de lecture, ni pour la radio, ni de boulot administratif (s'occuper de l'absence de sous, en particulier, mais régler quelques factures) : au matin, dont le défi interne au club avec constitution d'une cagnotte pour un apéro géant quand nous serons vivants et au soir avec pour moi la première séance de Tabata grâce à Romain Pourrat, un des jeunes du club qui fera plus tard un excellent entraîneur, prof, coach.

Nous avions donc 6 exercices, des classiques pour travailler les abdos, à effectuer par séquences de 4 minutes comportants des séries 20 secondes du mouvement, 10 secondes de récup. Avec les explications, concises et efficaces, ça prenait 30 minutes en tout. Les voir à l'écran - toute la famille fait partie du club de triathlon -, faisait un bien fou. Ils sont, nous sommes, ils seront, nous serons bien vivants. 

Quant au défi interne il s'agit d'effectuer chaque jour : 

30 abdos
20 squats
10 pompes

Et nous rajouterons un mouvement de plus à chaque série chaque semaine du confinement. Si ça dure 10 ou 15 semaines j'aurais des abdos sculptés mais un peu de mal avec les pompes. 

Pas mal de lecture, aussi. Et une sieste somptueuse. Si nous ne tombons pas malades, ce qui serait une bonne surprise, vu nos vies citadines et ses trajets en transports en commun, il se peut que je sorte du confinement enfin défatiguée. Pouvoir dormir quand mon corps le réclame me fait tellement de bien. Au fond la thalassémie n'est handicapante que parce que dans la plupart des emplois on ne peut s'accorder de faire des pauses dormies de 15 à 20 minutes quand la carcasse le réclame. 

J'ai reçu un coup de fil pour mon émission de radio. Je n'ai pas le matériel, ni surtout la connexion pérenne, pour pouvoir la maintenir pendant cette période et ils souhaitent utiliser mon créneau horaire pour une antenne libre spéciale confinement, mais je devrais pouvoir y intervenir par téléphone. Cet appel m'a fait du bien au moral (merci Valentin). Mon interview de samedi a été diffusée ce matin. J'ai reçu par ses soins le lien pour télécharger l'émission.

Le travail des jours prochains sera, outre de préparer une brève intervention au sujet d'un bouquin bien à lire par ces temps particuliers, de bien nettoyer après sauvegardes et tri mon ordi des photos les plus anciennes afin de pouvoir ensuite télécharger les applis de communications collectives. Trois groupes au moins que je fréquente appellent à rejoindre se causer. Si c'est ponctuel et bien délimité dans le temps, ça peut être bien.

Je n'ai pas le cœur ce soir de relayer les infos générales sur l'épidémie. Malgré une politique en France de peu de tests faits, seulement dans certains cas, leur nombre s'envole et aussi celui des décès. Des Ephad sont atteints et ça commence une catastrophe pour les plus âgés, qui ne sera correctement chiffrée (puisque beaucoup vont mourir sans passer par la case "hôpital") que si le gouvernement souhaite nous voler, comme en 2003, un jour férié.

Nouvelles réconfortantes échangées avec les enfants. Jusqu'ici tout va bien. 

Un rituel se dessine de plus en plus nettement : sport tôt le matin, mission de la journée (jardinage, bricolage, rangement pour la maison) le matin après le petit déjeuner et les écritures du quotidien ; sieste - lecture après le déjeuner, puis du temps pour une activité effectuée sans enjeux, sport encore, un jour sur deux (merci Romain et certains jours Vivien), dîner, échanges de nouvelles avec les proches, infos et revue de presse sur RaiNews24 livetouitées ce qui en fait un bel exercice, et écriture du billet de cette chronique du confinement. Si nos santés se maintiennent et que l'approvisionnement reste possible pour l'essentiel, et que les communications continuent de fonctionner, je devrais être capable de tenir très longtemps, malgré le fort manque de "vrai" sport (faire du vélo, courir dehors, nager) et de voir celles et ceux que j'aime, famille et ami·e·s.

Il n'y a presque aucun passage sur la rue pourtant habituellement fréquentée. Je ne parviens pas à trouver ça angoissant, du moins pour l'instant. Je suis plutôt fascinée. Il m'arrive de rester un moment à écouter le silence. Et le savourer. 

J'ai répondu à une étude américaine en ligne sur la perception individuelle de la situation. Je nous sais en danger, suis sans illusion sur ce qu'il advient si ça dégénère, sais aussi que le confinement va durer, que l'après sera un combat, même si nous sommes tous les quatre dans un globalement moins pire des cas. Pour autant, d'avoir vécu depuis l'enfance dans l'imminence de ma propre mort me fait rester calme : ce risque est pour moi perpétuel et quotidien. L'épidémie précise la nature du danger et le rend plus probable et plus proche. C'est tout. Et mes lectures m'ont déjà préparée à vivre ce que nous vivons, certes par identifications à des personnages, mais il n'empêche que voilà, quand d'autres sont sous le choc, je n'éprouve qu'un terrible sense-of-deja-vu et j'ai à ma disposition tout un lot de choses auxquelles les personnages m'aident à penser. Et pour l'instant, même si tout peut voler en éclat du jour au lendemain, ça fonctionne, et plutôt bien. 

Enfin, avoir la lecture pour addiction et une bonne petite bibliothèque à disposition est une bénédiction en cas de confinement. 

 

PS : Le petit réconfort du jour : parmi les quelques CD présents en ces lieux, un best off d'Abba acheté il y a quelques années lors d'un lot de soldes au Carrefour market (je crois qu'ils liquidaient leur rayon CD en se disant que tout le monde désormais écoutait sur fichiers). Nous l'avons écouté, tout réjouis, comme sauvés. 

 

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Liens vers des statistiques :
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Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com

329 862 cas (dont : 14 378 morts et 97 846 guéris)


Chroniques du confinement - jour 3 : Une salle de gym


    J'ai peu suivi les infos : j'étais occupée, et j'ai fait ce que je pouvais en commentant celles d'Italie, à présent la France est tout autant concernée, ce n'est qu'une question de quelques jours de décalages. 

Et d'ailleurs, l'Italie a désormais davantage de victimes que la Chine. 

La grande affaire de la journée était de s'installer un semblant de salle de gym en bas avant l'heure de la séance de PPG avec Vivien. Il s'agissait donc de descendre le vieux tapis de Taverny, celui dont les franges, désormais disparues, m'ont valu tant d'engueulades. 

Ce fut fait et à temps et j'eus même un bon moment pour faire une sieste. J'ai été en forme à la faire, cette séance. Pourvu que ça dure !

Il n'empêche que la matinée a été donnée à cette reconfiguration des lieux, un tout petit peu d'éclaircissement (propreté). 

La séance fut top, malgré un peu de laggage. 

 

Par ailleurs : le silence de la route (sans voiture ou presque, alors que passante habituellement) était impressionnant ; et des oiseaux les champs, les entendre si bien. 

En un clin d'œil il fut cette heure tardive. 

Brèves nouvelles des enfants, qui par SMS qui sur WhatsApp au cours de la journée.

Les journées filent, que ç'en est impressionnant. 

PS : Reçu trois coups de fil ce jour-ci : une grande amie, une relation de longue date et un autre du domaine professionnel. 

 

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Liens vers des statistiques :
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Oragnization via safetydectetives.com

242 714 cas (dont :  9 867 morts et 84 962 guéris)


Première journée de réel confinement, quoi que non encore obligatoire

 

    Je ne suis donc pas sortie, descendant tout au plus les poubelles et vérifiant le courrier. Tout le reste : à la maison.

L'Homme en avait décidé autrement, faire de multiples courses, une démarche pour le club, une autre stupidement physique à la mairie quand un coup de fil aurait suffit, et surtout rester au club le laisser ouvert. 

Nous avons sévèrement discuté. Ma fille, de son côté, s'est finalement laissée dissuader d'aller voir des amis et aller au café. 

Pour autant, à part de bons échanges sur Twitter entre ami·e·s - nous tentons pour l'instant de trouver l'énergie de rire - et suivre les infos via l'Italie, je n'ai rien su faire d'utile. J'ai beaucoup et longuement dormi comme si mon corps disait Chic alors on a le droit d'hiberner. 

À 20h Édouard Philippe a annoncé la fermeture de tout lieu public non indispensable et les boutiques aussi, fors produits de première nécessité. Je me suis sentie triste pour toutes les librairies, mais soulagée. 

Voilà, lockdown

Tard le soir un regain d'énergie. Poubelles, lessives, suivre les infos italiennes en faisant les LT. 

Les infos italiennes me font me poser des questions sur le voyage en Normandie. Si seulement nous pouvions faire le test avant tout déplacement. Quant à mon rendez-vous pour le futur travail je crains fort qu'il ne soit repoussé aux calendes grecques. 

Je me sens étrangement calme. 

Trump, entouré de plusieurs cas contacts ou en ayant croisés vient d'être testé négatif. Y a de la chance que pour la crapule comme disait la grand-mère de mon amie Anne (ou quelque chose d'approchant). 

Il est question des Eroi per caso, les salariés des usines qui se trouvent être devenues stratégiques soudain, parce que le matériel qu'elles fournissent est devenu primordial, et qui doivent aller bosser malgré les risques #Covid19Italia


Une journée merveilleuse à titre personnel ... sauf que sur fond d'épidémie le merveilleux s'émiette

    Comme c'est étrange : j'ai passé une journée merveilleuse en chemin vers la possibilité de concrétisation d'un projet personnel sage, prévoyant mais un peu fou. J'avais lancé en novembre des éléments de veille sur les éventuelles opportunités, ça n'avait rien de rien donné et puis voilà, soudain une proposition.

Et qui me convient.

J'ai fait un déplacement juste au bord de la période probable de confinement, c'était une prise de risque (je me suis efforcée de le rendre faible, et j'ai été très prudente vis-à-vis des autres, il n'empêche). Seulement si je tombe malade, outre mon potentiel nouveau travail - si la période épidémique ne le remet pas en question -, j'aurais cette perspective pour me donner le petit supplément d'envie de se raccrocher à la vie et qui parfois fait la différence. 
De toutes façons j'ai pris des risques aussi pour ma recherche d'emploi. J'étais bien obligée. Alors pourquoi pas un risque, mesuré, pour un projet de vie d'après ?

J'ai pu constater que pour l'instant la vie continuait. Les boutiques sont ouvertes, il y avait encore des scolaires, curieusement, pas si réjouis qu'on aurait pu le croire. J'ai assisté à des au-revoir emprunts de gravité et d'émotions. Le monde du travail est encore actif. Les gens circulent (dans leurs voitures (j'étais en Province)). Les gens promènent leur chien. La médiathèque est ouverte et peu fréquentée mais un peu quand même. Les élections se préparent. Les professionnels, tous métiers, s'accrochent à leur professionnalisme. 

Un jeune croise une personne de son entourage, une adulte mais avec laquelle il ne semble pas avoir de lien parental, au moment où je passe près d'eux (mais pas trop près, j'ai hyper respecté mes distances), après qu'ils avaient hésité de façon touchante à se faire ou non la bise, j'entends qu'il explique : - Avec "école en ligne", on nous a donné un lien internet. Et j'en souris parce qu'à une inflexion de sa voix je perçois qu'il doute que ça fonctionne.

La plupart des adultes que je croise pendus à leur téléphone parlent de garde d'enfants. La plupart des conversations que j'entends, au restaurant le midi, au café d'avant le train du retour, concernent aussi cette question. C'est un coup de génie politique : ainsi fixée sur ce tracas concret, les gens en oublie le sujet principal de panique potentielle : l'épidémie.

J'ai choisi le restaurant parce que je le savais délicieux, certes, mais spacieux, le café après avoir vu que là aussi on n'était pas trop entassés, de voyager en première, OK parce que ça n'était pas trop plus cher mais aussi dans l'espoir d'être moins collée à un éventuel voisin. Pour aller de chez moi à la gare du nord, j'ai choisi aussi le trajet de transports à moindre densité.  

Raté pour l'embarquement à Paris, les gens ne pensant pas un seul instant à tenir leur distance. Du coup comme j'étais la seule à le faire, je me suis fait allègrement passer devant. 

Personne ne semble remettre en cause le bien fondé des mesures (1), pour autant beaucoup de gens semblent n'être pas du tout conscients de la gravité de la situation, de la contagiosité forte, du fait que déjà et presque inévitablement ils connaissent des personnes malades - sans forcément le savoir déjà -.
Il y a cependant depuis la veille (jeudi 12 mars) une nervosité dans l'air, un silence dans les transports - sauf enfants -, attestant que le message est enfin passé, que ça n'est pas juste une méchante grippe et les raisonnables des froussards. Comme les masques manquent la plupart des gens (dont je fais à demi partie, seulement quand la foule se densifie) se met le nez dans des écharpes ou autres tours de cou.

Tension aussi à la pharmacie où je suis allée faire quelques achats en prévision d'un éventuel confinement : cotons, pastilles pour la gorge, paracétamol, un thermomètre pour que l'Homme de la maison n'ait plus aucun prétexte de ne pas prendre sa température quand il se plaint d'être fiévreux. Les gens parlaient du Leclerc, l'hypermarché tout proche dans lequel tôt le matin il n'avait été possible d'entrer qu'à nombre compté. La pharmacienne à ma question des plus courtoise (j'y avais vraiment mis les formes, "Je me doute que ... ") concernant le gel hydro-alcoolique m'a vendu de quoi le faire moi-même avec la recette tout en m'offrant le flacon. Ça n'était pas très cher, j'ai apprécié. Elle semblait épuisée.

Il y avait sur les terrains de sports encore des jeunes qui pratiquaient. Et tous les commerces ouverts. 

En Italie une nouvelle bouffée épidémique est attendue correspondant aux comportements encore insouciants du week-end précédent. C'est annoncé, calmement.

Trump prend enfin l'épidémie au sérieux, dit seulement un peu de bullshit pour tenter de s'exonérer d'erreurs que lui-même / son administration ont commises, mais pour l'essentiel revient dans les clous de ce qu'on attend d'un président. C'est dire si la fin du monde est proche. 

Boris Johnson s'en tient à pas de comptage pas de mesure, rendons la population immunisée. Il va surtout réussir à la rendre morte, mais bon. Officiellement 3 cas recensés au Royaume Unis. Les comptages iraniens sont pipés, les témoignages et les images satellites de charniers le prouvent. Ça n'est peut-être même plus volontaire en fait, mais parce qu'il n'y a plus assez de personnes pour s'y coller.

Bolsonaro serait coronovirus-positif. Quelques jours après s'être moqué de la panique générale.

Kozlika m'a fait remarquer que les lectrices et lecteurs de SF avaient réagi plus vite aux signes révélateurs du début de l'épidémie. Oui, ça joue. J'ai l'impression de vivre quelque chose de déjà traversé par le passé alors que c'étaient les personnages de roman qui l'avaient fait. 

Je dois annuler un billet de train, seulement les liens recommandés tombent dans des pompes à rien, sans doute développés dans l'urgence, sans avoir été correctement testés. 

 

 

(1) Les protestations viennent plutôt pour leur reprocher d'être insuffisantes et de faire courir des risques inutiles par exemple pour les transports ou les élections. 

Lien vers le site de la santé publique en France lequel ne répond plus (les infos n'étaient plus mises à jour depuis le 7 mars)

Liens vers des statistiques :

Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Oragnization via safetydectetives.com

142 557 cas dont (chiffres de la veille : 5 359 morts et 70 174 guéris)