Diminution de la diversité des langues

 

    Un des rares algo que je laisse faire est celui de youtube, qui est à la fois farfelu et terriblement logique. Il a donc repéré que je suivais du sport, des musiques lentes (celles qui aident à garder le fil pour écrire par exemple, mon problème perpétuel étant d'éviter de tomber dans le sommeil), et des documentaires.
J'ai depuis longtemps constaté que plus je me sens enfermée dans ma vie quotidienne par des temps contraints, plus j'éprouve le besoin d'apprendre des trucs d'apparence inutiles dès que je dispose d'un instant. Le cerveau a besoin de se sentir vivant.

Alors ce dispositif qui fait que je m'endors en suivant une compétition sportive et me réveille devant l'histoire (récente) de la Bretagne, me convient parfaitement.

De fil en aiguille, j'en suis venue à regarder (vive les jours de RTT) une série de sujets de France 3 Bretagne sur le gallo, cette langue parlée à l'est de la région.
J'ai découvert ou redécouvert (1) récemment l'existence de cette langue, trop proche du français pour avoir su se revendiquer comme telle et qui, selon toutes probabilité était celle de naissance de mon grand-père maternel.
Je suis persuadée, de l'avoir déjà entendu marmonner en patois, mais que je prenais pour du patois normand puisqu'il s'était établi en Normandie dans le Cotentin. Voilà que plus de quarante ans plus tard, je me demande s'il ne se parlait pas à lui-même en gallo.
Je crains fort que plus personne ne puisse me le dire.

Je m'aperçois que je connais peu les langues natives de mes grands-parents. Mes parents étaient d'une génération où l'important était d'avoir de bonnes notes à l'école, eux qui avaient été privés d'études par une combinaison de la guerre et de leur milieu social d'origine. Et ils étaient de ce temps où l'on considérait qu'une langue risquait d'en brouiller l'autre, alors pas question de parler autre chose que le français le plus académique possible et élégant.

Il n'empêche.

Ma grand-mère maternelle était normande avec de probables origines vers le Maine et Loire. Elle a donc sans doute connu le patois angevin et comme elle a grandi en Normandie c'était sans doute le patois normand qui prévalait. Mais ma mère m'a plusieurs fois parlé de l'importance du français et que le patois c'était pour les ploucs (en ce temps-là). Parler patois était mal vu.
Mon grand-père maternel a probablement grandi dans le gallo, je crois qu'il est né à Lamballe. 

Mes grands-parents paternels étaient originaires des Pouilles, dont je m'aperçois que les dialectes sont multiples.  Impossible de savoir s'ils en parlaient un, il ne reste plus aucun survivant de leur génération ou de la génération intermédiaire.
Je sais en revanche qu'arrivés encore enfants ou pour l'aîné adolescent, dans le Piémont, mon père et ses frères avaient adopté le Piémontais. Jeune, j'étais capable de le piger, s'il n'était pas dit trop vite, et de tenir une conversation élémentaire (2).

Une génération plus tard c'était devenu Français d'un côté et Italien de l'autre.
Et je n'ai pas su transmettre l'Italien à mes enfants, faute d'avoir eu le temps et de disposer d'assez d'argent pour aller en vacances au pays.

Du côté de mon époux, existaient pour la génération des grands-parents, le Ch'ti et le Polonais. Là aussi les parents avaient dans l'idée qu'il fallait pour s'en sortir dans la vie parler le meilleur français possible et donc le français au quotidien prévalait, du moins en classe et dans le cercle familial. Lui est capable de parler et comprendre le Ch'ti.
Je suis capable de le piger, mais pas de le parler.
Nos enfants, ne le connaissent pas.

Celleux de notre génération en plus du français se débrouillent tous en anglais (plus ou moins bien, mais assez pour comprendre et se faire comprendre dans les moments de la vie courante). 
Celleux de la génération de nos enfants sont pratiquement tous au moins presque bilingue Français Anglais ou Italien Anglais. L'anglais s'est imposé partout à l'école, au collège.

Les filles, souvent, pratique une ou deux langues de plus mais apprises par un choix volontaire. De la même façon Le Joueur de Pétanque a appris l'Italien.

Il n'empêche qu'en langue "de naissance", en deux générations on a assisté à une forte réduction.
Nos grands-parents parlaient cinq langues ou patois, nos parents les comprenaient mais s'étaient limités dans leur parler quotidien à deux, officielles. Et nous-mêmes n'avons grandi que dans les langues officielles et en pratique une seule.

Si nous en parlons davantage, c'est par apprentissage "extérieur".

Il me semble que c'est assez typique d'une évolution européenne générale. 
Je n'ai pas d'opinion particulière, méfiante envers les potentiels replis identitaires, mais pour autant triste devant une perte de diversité qui n'est pas bon signe. Ce que je sais de par mon expérience, c'est en revanche que les apprentissages de langues et langages s'enrichissent et se facilitent. Et que donc en rajouter une est plus aisé quand on en maîtrise déjà trois ou davantage.
Et qu'aussi on perd vite le "parler" dès lors qu'on ne pratique plus.


(1) Effet de l'âge : ne plus savoir si on a su quelque chose puis oublié ou si tout simplement on ne l'a jamais su.
(2) Super souvenir de ma rencontre lors d'un ancien salon du livre avec Hector Bianciotti qui le parlait.

PS : Une page wikipédia sur la frontière linguistique bretonne
PS' : En complément, ce sujet sur le site de France Info "sur les 7000 langues parlées sur notre planète, 50 % pourraient cesser d'exister d'ici la fin du siècle" avec au passage cet étonnement : une des causes de ses disparitions pourrait être le dérèglement climatique "parce que les régions qui ont la plus grande diversité linguistique au monde sont également celles qui sont le plus menacé par le changement climatique"

 


Enfin les femmes !

 

    Il se trouve que cette année à la fois dans mon milieu sportif et dans mon milieu professionnel, les présidents (de club ou PDG d'entreprise), hommes d'expérience et reconnus dans leur poste, vont laisser la place à des femmes, dans les deux cas travaillant déjà à des rôles d'envergure et connaissant fort bien l'entité concernée, ayant le bon bouquet de compétences requis, et l'âge qui va bien. 

Je suis pour ma part suffisamment âgée pour savoir qu'il y a ne serait-ce qu'une décennie, les mêmes configurations auraient abouti à ce qu'elles soient désignées soutien d'un homme probablement moins adapté pour le poste, voire parachuté et qu'elles auraient été sommées de mettre à son service toute la connaissance de terrain dont elles disposaient.

Ici et là, ici et ailleurs, il est enfin considéré qu'être une femme n'est pas un défaut pour des fonctions de direction. Et un nombre non négligeable d'hommes préfèrent être dirigés par quelqu'un de compétent que par quelqu'un qui l'est moins, peu leur chaut qu'il s'agisse d'un homme ou d'une femme.

Pour ma part, j'espère seulement qu'elles ne seront pas amenées à se montrer plus dures et intransigeantes que leurs prédécesseurs, comme c'était le cas auparavant dès lors qu'une femme accédait à des responsabilités. Elle devait se montrer plus inflexible afin de se faire respecter comme les gens l'auraient fait d'emblée avec un homme sans qu'il ait nécessité de se départir de sa coolitude naturelle.
Il serait toutefois illusoire de croire qu'on leur pardonnera autant qu'à leur prédécesseurs masculins. 
D'un homme qui ne parvient pas à bien tenir son poste on dira qu'il a un coup de moins bien, qu'il était mieux avant, qu'il ira mieux après. D'une femme (1), on étendra l'échec à toute sa catégorie. On dira qu'on n'aurait pas dû placer une femme à ce niveau là.

Les mentalités ont assez évolué pour que la chance de faire ses preuves soit accordée, pas encore assez pour qu'on ne les ramène pas à leur condition dès lors que ça ne marche pas aussi bien qu'attendu.

Elles auront à faire face à cette pression supplémentaire.
Dans les deux cas précis, je n'ai aucun doute quant à leur capacités à y faire face. Il est simplement clair qu'un homme n'aurait pas à s'en soucier.

Reste que mon élan de réjouissance face à une évolution qui va dans le bon sens, enfin, enfin !, est terni par une petite voix intérieure qui ne peut s'empêcher de me souffler que si les hommes cèdent élégamment le pas, c'est qu'ils savent (pas dans ces cas particuliers où ce sont une belle association et une entreprise saine qui sont confiées, mais au global général) que la situation est lourdement plombée et l'avenir fort sombre. La planète est à bout de souffle, l'humanité bien mal barrée, les guerres à nos portes, mesdames à vous de jouer !

(quant à moi, mon ambition s'est déplacée dans une façon de survie : tenir jusqu'à la retraite qui est à nouveau en train de reculer d'un cran, après m'être gentiment laissée piéger dans la répartition des rôles qui dès ma première maternité a fait que le salaire de l'époux est devenu nettement notre principale source de revenus, alors quand il a fallu s'occuper des enfants, à moi le temps partiel et les moindres espérances, ou carrément dans un domaine décalé sans retour financier, ce qui fait qu'il n'est que temps de tenter de sauver mes revenus de vieille dame, si je ne veux pas peser sur mes proches in fine).

(1) Et / ou de quelqu'un issu d'une immigration, d'une minorité ... 

 


Le jour de la mort du Roi Pelé


    (giovedi)

Curieusement c'est au moment où, au lit parce que rendue patraque par la 4ème dose de vaccin anti-covid_19, je lisais des infos et disais au Joueur de Pétanque, On dit que le Roi Pelé serait au plus mal, qu'est passé un touite de Mbappé, qui annonçait le décès de son aîné de légende.

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C'était assez beau de l'apprendre ainsi, même si cela m'a équipée d'un coup de vieux intersidéral : il n'y a plus ni Reine d'Angleterre ni Roi Pelé, plus personne ne reste des points d'ancrage des temps de mon enfance, qui étaient déjà révolus, oui, mais il n'y a plus de ces témoins généraux.

Je me souviens de l'enthousiasme de mon père lorsqu'un match était retransmis dans lequel jouait le Brésilien (1).

De cette journée traversée patraque, à laquelle j'ai survécu grâce au télétravail, lequel comportait une session de formation qui m'a bien aidée, il restera donc cela : c'était le jour de la mort du Roi Pelé et j'étais en pleine fièvre de ma 4ème dose de vaccin.

Le chagrin a un temps tenu en respect la tête qui donnait l'impression que j'étais dans un grand huit ou en train de parcourir un circuit automobile dans une voiture de course, quand j'étais allongée dans mon lit. 38,2°c, tout s'expliquait ; même si je n'avais pas de symptômes de température trop chaude ou trop froide et pas non plus de frisson.

J'espère que demain ça pourra aller. Même s'il y aura une tristesse diffuse, qui, je le sais, va perdurer.

 

(1) À l'époque pas d'internet, pas de magnétoscope, des Mondovisions relativement rares (une coupe du Monde, des J.O.), il convenait de ne pas louper ces rendez-vous si l'on souhaitait voir à l'œuvre celui que l'on admirait.

 


Lendemain de (presque) rien

(lunedi)

Avoir superbement ignoré cette compétition de football qui avait lieu malgré l'aberration écologique qu'elle représentait et le coût humain de la construction de ses lieux présentait en ce lundi l'ineffable avantage que je n'étais pas du tout en mode "lendemain de défaite". Au travail, même les collègues qui jusqu'alors ne s'étaient pas trop laissés embarquer dans le mode enthousiasme footballistique, étaient intarissables sur leur dimanche fin d'après-midi, les émotions, tout ça.
(je peux comprendre, en temps normal, j'aime le football, mais pas cette fois).

L'inconvénient, fut le retour. Accaparée par le travail, je n'avais rien suivi des informations (1) et hop suis repartie à Vélib dans l'idée de traverser tout Paris, mon chemin habituel.
Heureusement, j'ai eu l'envie comme suite à un documentaire vu récemment, de passer par la rue Verdier, ce qui m'a naturellement menée à la bidir de la Porte de Vanves et de là à un abord de la traversée des Champs Élysées via la rue du théâtre du Rond Point. Heureusement. Car l'un de mes itinéraires passe par un abord direct de la place de la Concorde.
La circulation dès la Rive Gauche était infernale que traversaient de nombreux véhicules de forces de l'ordre toutes sirènes hurlantes. J'ai eu peur qu'un attentat soit survenu, puis je me suis souvenue : il y avait peut-être là une question de retour des héros. 
C'était le cas.

Je m'en suis sortie en passant à plusieurs reprise façon piéton, et d'ailleurs passés le niveau du Boulevard Haussmann tout soudain, plus personne, ou presque, plus rien ou du moins beaucoup moins de monde qu'à l'ordinaire.

Qu'on le veuille ou non, les grands événements populaires, lorsque l'on vit dans une capitale, nous rattrapent forcément.  



(1) Dommage car un touite de Didier le gardien et vélotafeur invétéré m'en aurait avertie. 


Jour de congé, de récupération et d'une mauvaise nouvelle

 

    Je bénéficiais d'un jour de RTT non demandé - en général mes jours de RTT sont comme les voyages que j'effectue, c'est toujours parce qu'il y a quelque chose de particulier à faire -, et j'espérais bien en profiter pour, au moins, ranger.

Au bout du compte, j'ai dormi, effectué une bonne séance de course à pied, et dormi ou somnolé.

Mes jours de congés, à part le sport que je parviens encore à sauver, mes jours de congés, week-ends inclus ressemblent de plus en plus à des jours de maladie, sauf qu'il n'y aurait pas de souffrance particulière, juste un immense et inextinguible besoin de sommeil et d'être en position allongée.

J'ai enfin pu suivre les conseils des uns et des autres et un peu l'information sans arriver au soir en me demandant ce qui avait bien pu survenir pendant que le travail m'engloutissait.

Alors d'abord une pépite, un régal, que je dois à une suggestion pertinente de mon kiné : 

La véritable histoire de d'Artagnan

J'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois car je dormais c'était plus fort que moi, mais il est fort bien documenté, bien raconté, et il y a une historienne dont les yeux pétillent à l'évocation de son sujet qui fait du bien à écouter. Et puis, on y voyage un peu.

J'ai pu lire un peu de blogs, oh comme ça fait du bien, et sur l'un d'eux une question philosophique d'un enfant et un lien proposé m'a emmené jusqu'aux articles de Robert Mcliam Wilson au sujet du procès de l'attentat de Nice en juillet 2016. Je me suis rendue compte au passage que j'avais zappé le fait que le procès avait lieu à Paris.

Bien sûr j'ai retrouvé, Rhys, Syblo et les Artisans de demain.

J'ai apprécié (oui, vraiment) un article du Parisien : Pourquoi cette année encore le Père Noël sera une femme débordée

ainsi que les conseils de la DGSI pour éviter d'être espionnés à l'étranger. Le

  • Mémoriser si possible le niveau de la batterie qui ne doit pas normalement baisser de plus de 5%...ni remonter !

aura fait ma soirée (merci Momo le Mamouth qui avait partagé ce lien)

Une date malicieusement (ou malencontreusement) choisie m'a fait bien rire.

Certaines infos concernant les interpellations liées à l'après-match de coupe du monde de foot de la veille, en revanche, beaucoup moins. Des groupuscules d'extrême-droite ont profité de l'occasion pour propager leur violence, et d'autres ont failli le faire, mais, à Paris, ont été interceptés à temps. On en est là. Les actions semblaient concertées. 

En regardant des infos normandes, je suis tombée sur un jeune Griezmann, qui faisait des débuts en sélection U19, en chaussettes et timidement quand un certain Gaël Kakuta, promis à un brillant avenir, aura finalement eu une vie footballistique faite de prêts, blessures, relances, puis déceptions. C'est intéressant car on peut y suivre le parcours qu'ont tant de footballeurs qui déjà peuvent être fiers d'être devenus pros et d'avoir fait de leur passion un gagne-pain. Il ne faut jamais perdre de vue qu'en sport de haut niveau ceux que l'on voit lors des grandes compétitions sont pour les meilleurs des meilleurs des meilleurs et qui ont su s'imposer malgré une concurrence folle. On peut aussi y voir que côté hommes, dans les clubs de niveau international, un salaire de 60000 €/mois est un montant pour ceux qui peinent à trouver leur place.

Un de mes TIL fut de découvrir que Charles Conrad, que tout le monde appelait Pete, un des astronautes oubliés parce que faisant partie de la mission Apollo 12, alors lui et ses collègues sont passés à l'oubli plutôt qu'à la postérité, était mort dans un accident de moto. Il ne faut jamais sous-estimer la force de l'ironie du sort.

J'ai aussi appris (ou ré-appris) ce qu'était un bathos, cette figure de style qui consiste à partir dans une envolée lyrique puis lui retirer le tapis sous les pieds.

En toute fin de journée j'ai appris le décès de ma dernière tante d'Italie, zia Mariuccia, femme de feu mon parrain zio Michele, et même si elle était depuis longtemps clouée sur un lit en maison médicalisée et ne reconnaissait plus personne, c'était une triste nouvelle. Les souvenirs de bons moments reviennent. Ceux de mon cousins Pierrino, son fils, aussi, mort à 11 ans dans un accident de rue, alors que ma petite sœur venait de naître. Conjonction de grand malheur et grand bonheur qui au fil de la vie n'aura cessé de m'accompagner.
Avait-elle encore des amies ? Quelqu'un d'autres que nous les nièces, dont moi lointaine, pour la pleurer ?

Travailler demain sera difficile, alors que j'avais tout fait pour bien récupérer. C'est ainsi. 

 

 

 


dans l'air du temps (les mots abîmés qui sont)

    

Capture d’écran 2022-12-10 à 21.06.01    Une question de Nordy sur Twitter a permis de créer dans les réponses une sorte de catalogue des mots qui sont soit directement laids (tout ce vocabulaire entrepreneurial, par exemple) soit étaient beaux mais se sont faits abîmer parce qu'ils ont été pourris par les usages managériaux ou politiques (bienveillance, humanisme ...).

Au passage, j'ai appris un mot nouveau (pour moi), moraline qui, si j'ai bien compris, a à avoir avec Nietzsche et la moral judéo-chrétienne.

Capture d’écran 2022-12-10 à 21.00.41


Se tenir au courant


    Il est beaucoup question des coupures de courant inévitables à venir car du fait de tout un cumul d'éléments que la guerre en Ukraine, et les restrictions d'importation de gaz russe associées, aura fait monter en mayonnaise, et de nos modes de vie de plus en plus consommateurs d'énergie électrique, ce qui nous pendait déjà au nez lors des hivers d'avant la pandémie va probablement se concrétiser.

Ça fait un paquet d'années que je me suis efforcée de réduire notre consommation familiale autant que faire ce peut. Nous n'avons pour l'appartement que la machine à laver le linge, le ballon d'eau chaude, le réfrigérateur et ce qui concerne nos moyens de travail et de communication (ordi, box, téléphones). J'ai été jusqu'à supprimer congélateur et compartiment à glaçon. Ce qui fut jugé un peu extrême par ma petite famille mais on se passe très bien de ce sur-froid. Pendant le premier confinement, je me suis entraînée à revenir au mécanique pour plein de petits gestes quotidiens. Oui c'est possible et pas si difficile de battre des œufs en neige au fouet.
Alors pour notre cercle familial, je suis peu inquiète, sans compter que j'ai connu bien des années où les coupures de courant étaient quelque chose de fréquent.

En revanche je sais que ça posera de sérieux problèmes dans nos boulots respectifs, totalement dépendants des ordinateurs et de la téléphonie. Du moins si des coupures se prolongent. On devrait pouvoir faire un peu de télétravail sur batteries. Mais ça aura ses limites.

Et je suis surtout terriblement inquiète pour tous les malades qui à leur domicile dépendent d'un appareillage électrique. Ils sont d'autant plus nombreux que depuis deux dizaines d'années au moins les hôpitaux renvoient le plus possible les gens à domicile.
Visiblement les décideurs peinent à s'en préoccuper. Il y a des annonces contradictoires à ce sujet.

À part me dire, j'éteins la box lorsqu'on est au boulot et je lancerai une lessive un autre soir, je vois mal ce que je pourrais diminuer dans ma consommation d'électricité ; nos habitudes d'enfants d'une époque lointaine et peu fortunée font de nous des gens économes. Ah si : arrêter de bosser ( #MauvaisEsprit, bien sûr).

David Madore a écrit au sujet de l'énergie et des probable coupures de courant à venir, un billet pédagogique passionnant :

Quelques réflexions sur l'électricité, la pénurie et les probables coupures à venir

N'hésitez pas à y aller voir, si vous disposez d'un peu de temps et d'au moins un neurone encore frétillant.

 


Comment on apprend (les mauvaises nouvelles)


    Il y aurait quelque chose à écrire (mais je ne vais pas en avoir le temps) sur la façon dont les mauvaises nouvelles nous parviennent. 
Elles disent beaucoup des façons de vivre et de l'air du temps.

Je me souviens d'avoir appris la mort de George Harrison par une Une du Monde affichée en début d'après-midi en chevalet devant un marchand de journaux, alors qu'à La Défense où je travaillais alors, je retournais bosser après la pause déjeuner. Je m'étais précisément dit : C'est sans doute une des dernières fois où j'apprendrais de cette façon là le décès de quelqu'un de connu dont la disparition m'émeut.

L'an passé j'ai appris la mort par un blog ami de quelqu'un qui avait beaucoup compté pour moi et c'était particulièrement triste - mais un peu moins que de l'avoir appris par des médias généraux -. 

Pendant un paquet d'années, concernant les personnes que je connaissais mais dont je n'étais pas suffisamment proche pour être avertie par personnellement, Twitter aura été la source d'information principale.
À présent, Instagram a pris le relais.

C'est donc sur Instagram que j'ai appris la mort de Christian Bobin, d'abord par des citations inhabituellement nombreuses puis par un hommage et la confirmation est venue par France Culture
Son travail était délicat et ténu, à une époque j'aimais beaucoup puis j'avais décroché car j'avais besoin pour ma vie de lire des choses qui donnaient de l'énergie. J'éprouve à cette annonce une tristesse qui l'est aussi, pas violente mais qui, je le sais, persistera. Une petite musique qui désormais ne sera plus là, ou du moins ne se renouvellera pas.


Test qui confirme ce que je craignais (les colis)


D'ordinaire en tant qu'ancienne libraire d'encore il n'y a pas si longtemps, je fuis l'usage du géant de la commande en ligne devenu quasi-monopolistique pour certaines choses (mais pas les livres, pas en France, pas pour l'instant).
Je connais le circuit de distribution professionnel en ce pays et sais attendre mes commandes de livres patiemment.

Seulement voilà, Le Fiston, ô miracle, se met à la lecture. Comme il voyage un peu, du moins ces temps derniers, le voilà avec des requêtes d'ouvrages jointes à des délais - il a cherché lundi un livre précis pour ce vendredi qu'il souhaitait emporter lors d'un trajet -. Comme l'ouvrage me disait bien pour découvrir moi aussi, qu'il existait en poche et qu'il était de ceux semi classiques dans leur genre qui ne sont ni introuvables ni disponibles partout, j'ai décidé d'en profiter pour faire un test.

J'ai écarté (pardon les amies) l'achat en librairie : si je le leur commandais lundi soir, la commande aurait lieu mardi matin, l'ouvrage arriverait jeudi ou vendredi et ça aurait pu être jouable sauf qu'en raison de mon emploi je n'allais pas disposer du temps matériel de passer à la boutique lors de leurs heures d'ouverture. Je n'ai pas un job où l'on peut se dire, je pars plus tôt un jour, je rattraperai après, ou bien j'arrive plus tard un matin. On peut bien sûr en obtenir l'autorisation, nos responsables sont compréhensifs mais il faut quémander, justifier, et que le motif soit jugé digne de faveur accordée.

Alors j'ai passé trois commandes : une chez le grand machin honnis, une chez un moyen gros machin mais parisien avec ses entrepôts en banlieue et la dernière d'occasion.
Force est de constater que le grand machin en terme de délais l'a emporté haut la main malgré ma non disponibilité à la réception et ensuite la non disponibilité du voisin au même moment que moi (lequel voisin avait gentiment récupéré le petit colis). J + 2 en pratique (qui aurait fait du J + 1 si j'avais été en télétravail par exemple). Le moyen gros machin m'a servie en J + 4 (via un Colissimo, expédié à J + 2) et à l'heure où j'écris je n'ai pas reçu l'exemplaire d'occasion.

C'est un peu triste, j'ai ce sentiment qu'on ne peut pas lutter et que plus nos emplois sont lourds et nos contraintes précises, plus on participe qu'on le veuille ou non, au quasi-monopole déjà présent.
Il est clair que le fait que la poste ne soit plus un service public dont on pouvait vanter l'excellence (avant que les restrictions de budget et les obligations de profitabilité de s'en mêlent, ainsi que la fin de métiers avec une tradition de conscience professionnelle) y contribue.
Il est à noter que les systèmes de relais colis, s'ils sont économiques, ne sont pas nécessairement les plus efficaces et à moins de pick-up stations accessibles à larges horaires, présentent les mêmes contraintes qu'aller commander en boutique. Ça manque un peu de relais colis où l'on aurait plaisir à aller, il y a peut-être un créneau à prendre, le relais colis chic avec accueil aux petits oignons et colis qui donnent l'impression d'avoir été choyés et non balancés, entassés, jetés.

 


Et c'est comme ça

 

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Au fur et à mesure des prévisions de pluies sont remplacées par du gris, du simple gris sans une goutte.

Et c'est comme ça qu'à la fin ... non, rien.

Il serait peut-être temps que je cesse de glisser dans mon sac un K-Way. 
Dans le temps, quand on en avait marre de se faire dracher on disait Si tu le prends il n'y aura pas d'averse. Alors il faudrait peut-être ne plus le prendre. 

Et qu'enfin il pleuve.

(en partant du principe d'une causalité réelle (ha ha ha) et bien sûr qu'il s'agisse d'une condition nécessaire et suffisante)