un village peuplé d'irréductibles gaulois (Il se prépare)

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Ça me fait sourire depuis que je vois la tendance enclenchée, parce que tentée par moi-même dès le premier jour, mais alors noyée dans les ennuis financiers, il était totalement exclu que je puisse faire quoi que ce soit d'un tantinet patrimonial, j'ai vu venir le mouvement gros comme une maison (c'est le cas de le dire).

Mais voilà qu'au fil des ans toute la bande que mon cerveau appelle "de l'hôtel des Blogueurs" (1), au lieu d'Houlgate colonise gentiment un village breton : qui se rapproche de la retraite ou y est enfin, qui a décidé de quitter Paris et de télétravailler à fond, qui a fait un petit héritage qui sera ainsi pour le mieux employé ...

Je sens que quand la France aura basculé au main d'un pouvoir politique de haine officielle, il restera comme dans les Astérix un village peuplé d'irréductibles Gaulois, qui ne revendiqueront surtout pas leur appartenance à un clan car ils sont au contraire de grand cœur et larges d'esprits.

La vie comme souvent me placera un peu à la marge (2) puisque mon héritage s'est trouvé normand et lié à l'origine de ma mère. Donc je serai dans la bonne direction,  mais pas tout à fait tout près, cinq heures de route en gros, et pas de liaison en train. Si j'avais de la fortune et pas le mal de mer ça serait jouable par bateau. Il est probable que si la santé me reste, je me la jouerais un jour "rando vélo".

Quoi qu'il en soit, je n'ai ni le temps disponible ni la surface financière pour assumer deux logis à l'ouest en plus de celui d'à Paris liés à nos emplois et à proximité de nos enfants, pour sans doute un moment encore. En attendant, j'apprécie le mouvement et souris largement. L'idée d'un havre de paix possible, même si je n'y serai pas, me plaît. Me voilà rassurée.

 

 

(1) Même si c'est approximatif, d'autres sont venus par après.
(2) C'est assez impressionnant je ne peux jamais faire partie d'un groupe complètement, et ça n'est pas par choix, il y a toujours un élément de différence, qui m'empêche d'être là à 100 % et de ne pouvoir participer à tout à fond (très souvent c'est l'emploi et ses contraintes, depuis quelques temps l'âge et ses limites, pendant longtemps le manque d'argent ...)


TIL rigolo du dimanche

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    Le dimanche plus encore que les autres jours, j'adore apprendre des choses totalement inutiles, mais que je trouve marrantes. Aujourd'hui c'est donc grâce à un touite d'Ali Arikan, que j'apprends que le chanteur du groupe The Offspring qui eut son heure de gloire quand mes enfants, à présent adultes, étaient petits c'est dire si ça date, Dexter Holland est aussi un scientifique qui participe ou a participé à la recherche pour lutter contre le SIDA (1).

Si c'est pas beau, ça ! 

En passant, quelques mots sur leur tube Pretty fly (for a white guy) qui prend en dérision bien des clichés. Et des nouvelles du groupe. (article paru le 15 avril 2021 dans The Rolling Stones).

Dans la foulée et par une bouffée d'optimisme que je trouve assez osée, je nous ai prévu d'aller à un concert, mais pas d'eux, rien à voir sauf qu'il s'agit de musique, le 14 août 2022. J'ai clairement la sensation de participer à un délire collectif, mais mon côté technophile a pris le dessus et une solide envie de se projeter, comme un vœu pieu, post-pandémie.

 

 

(1) Extrait de son article Wikipédia 
"Holland and co-authors published a paper in PLoS One regarding microRNA in HIV genomes,[15] titled "Identification of Human MicroRNA-Like Sequences Embedded within the Protein-Encoding Genes of the Human Immunodeficiency Virus". The original academic paper describes the use of computational molecular biological (in silico) approaches to identify microRNA-like sequences in HIV. These sequences are suggested to have evolved to self-regulate survival of the virus in the host by evading its immune responses and thus influence the persistence, replication, and pathogenicity of HIV'' 


Quelques liens en passant

Dans un moment certains d'entre eux seront des clics sans issues, seulement j'ai envie de garder une idée de ce que je lisais en ce mois de mai froid, englouti par les heures de boulot et sans grandes activités en dehors à part le sport pratiqué seule ou à deux, mais pas encore en groupe.

Why procrastination is about managing emotions, not time (je connais peu la procrastination, c'est comme l'insomnie, mes conditions et aptitudes ou inaptitudes physiques font que ça n'est pas pour moi (1), du coup ça m'intrigue)

Un de ces événements auxquels on aimerait aller si l'on avait du temps et de l'argent :
Les rendez-vous de l'Histoire

Qu'est-ce qui nous rend fou ? 
C'est vrai que l'on voit de plus en plus de personnes perdre les pédales avec cette pandémie et ses conséquences qui perdurent. 

Un article sur Mary Ann Vecchio la jeune fille que l'on voyait sur une des photos iconiques du 4 mai 1970 lorsque les forces de l'ordre sur le campus de l'université de Kent dans l'Ohio avaient tiré à balles réelles sur les manifestants. J'ai appris quelque chose via cet article : j'étais persuadée que la personne était une étudiante, parmi les manifestants et que c'était son amoureux qui était mort. Il n'en était rien : elle n'avait pas 15 ans (ce qui surprend, au vu de l'image), et était alors plus ou moins en fugue et passait ou vivotait dans le campus et venait tout juste de faire connaissance avec celui-ci des victimes. La photo de plus a changé sa vie, puisque reconnue elle avait été arrêtée puis ramenée aux siens. Ce qui ne semble pas avoir été une chance pour elle. 

I Basilischi un film de Lina Wertmüller que j'aimerais voir (mais où, mais quand ?)

Un documentaire d'Arte sur David Bowie (vérifier que bien en V.O.)
Un sujet de 6 minutes sur la tragedia di Superga en mai 1949
 Une chaîne de coaching sur laquelle je suis tombée par la grâce des algo de youtube et j'ai eu la curiosité d'écouter un bout et contre toute attente ça n'était pas totalement ridicule
Le mystère des deux charniers rennais enfin résolu, article du Monde sur lequel je suis arrivée par mégarde et qui est en fait fort intéressant.
Un sujet de The Runner sur une des victoires de Jakob Ingebrigtsen alors qu'il avait 17 ans. J'ai des doutes quant au droit du youtubeur de réutiliser des images venues d'ailleurs comme il le fait, mais en attendant ses commentaires sont souvent pertinents.



Mes lectures ou admirations de photos du soir : 
Les articles de Florence Aubenas pour Le Monde
Les photos de Thomas Pesquet prises de l'ISS

Les feuilletons que je regardais au moment de m'endormir ce qui fait que bien souvent il me fallait une semaine entière pour voir un seul épisode : 
Les enquêtes du Commissaire Maigret via Madelen de l'INA

 

(1) Quand on sait ne pouvoir compter que modérément sur le fait d'être en forme, on fait tout ce qu'on peut faire sans tarder en prévision du moment où on sera trop mal ou trop crevé pour le faire.


Liens du dimanche soir

Durant la semaine au soir, je vois passer des billets ou des articles ou des textes qui m'intéressent. Seulement si je veux éviter de me coucher après minuit, afin d'éviter que la journée du lendemain ou celle du surlendemain ne ressemblent à des tortures de conséquences de privations de sommeil, je n'ai pas le temps matériel de les lire.

Vient le week-end et je me dis Chic alors je vais pouvoir. Sauf qu'en ce moment un grand bout du samedi est consacré à des petites choses que le couvre-feu rend désormais impossible en semaine après le boulot, entre petites courses et entraînements sportifs en extérieur. Et que la fatigue en ce début de printemps après une année de pandémie est puissante, ce qui oblige à dormir.

Bref, bien de ces liens sont restés sans être tout à fait lus jusqu'au bout, et ça fait plusieurs week-end que ça dure. Alors je vais tenter d'en sauver quelques-uns pour la prochaine fois où j'aurais des heures perdues (un jour de récup ? de RTT ?). 

Vivre avec une thalassémie, même mineure, c'est savoir devoir laisser un article intéressant lu aux 2/3. On doit sans arrêt forcer sur la fatigue pour tenir un poste normal en entreprise alors il faut apprendre à renoncer sur les choses qui nous intéressent à titre personnel. 

Ce qu'on s'amusait (1951) ;
- Conversations avec Keith Richards (je n'ai pas renoncé, j'avance peu à peu, mais j'enrage de mon manque de temps libre) ; 
- Les œuvres du peintre Valérius de Saedeleer ;
- Constance : The tragic and scandalous life of Mrs Oscar Wilde by Franny Moyle (review) ;
- Interstices : le chaos c'est la vie (lu en entier mais j'étais si fatiguée que j'aimerais le relire) ;
- La nuit du journal intime sur France Culture ; (à écouter, en fait)
- Gloire et chute de Sébastien Feller, le prodige des échecs français devenu roi de la triche découvert grâce à Joachim Sene et que je voudrais relire à un moment où je peux paisiblement penser à son potentiel romanesque ;
- plusieurs billets sur Le Kawa Littéraire (et tenter de savoir pourquoi l'interruption) ; 
- une recherche à terminer sur The Beatles Bible rapport à The Beatles Tune In que je suis toujours en train de lire, triste d'être obligée de tant morceler.

 

Ceux-ci pas pour les lire, c'est fait, mais pour penser à en parler à quelques personnes en particulier (je sens que je vais oublier)

- Isère : Un patron abandonne son employé sur l'autoroute après une dispute
- Au rêve : le café mythique de Montmartre va être vendu aux enchères

 


The moment I knew (en réponse à une question posée par Dr Caso)

 

    Dr Caso a publié ce billet dans lequel elle nous interroge sur Quand on a su, à quel moment on s'est rendu compte que le Covid_19 allait changer nos vies.

Je m'apprêtais à répondre en commentaires puis je me suis rendue compte que ce commentaire n'en finirait pas. Ça serait plus courtois d'écrire un billet.

D'abord, comme je lis beaucoup d'une façon générale, et qu'il y avait déjà eu un certain nombre d'alertes (comme le SARS de 2003), je savais qu'un jour ou l'autre ça adviendrait. En particulier "La constellation du chien" de Peter Heller, et "Station Eleven" d'Emily St. John Mandel. Je suis certaine que les amateurs et amatrices de SF ou romans d'anticipation connaissent bien d'autres exemples peut-être plus frappants. En tout cas grâce au héros de Peter Heller j'avais déjà mentalement vécu au temps d'une épidémie qui atteint des gens que l'on aime. Je m'étais suffisamment identifiée à lui pour avoir déjà une trace mentale de l'effet que ça fait. Joint à quelques paroles rares de mes parents évoquant les temps durant lesquels la poliommyélite et la tuberculose faisaient des ravages, j'étais en quelque sorte "préparée" à ce qui est advenu.


Ce n'est pas forcément confortable parce qu'on aborde le cas réel sans la petite besace d'illusions initiales qui au départ protège l'esprit humain de se manger frontalement l'ampleur du problème. Ainsi, je savais déjà pertinemment qu'un virus n'a pas d'état d'âmes : il s'attaque à tous les organismes dès lors qu'il les croise. C'est après qu'il peut réagir différemment (ou plutôt : engendrer une réaction différente selon l'organisme attaqué). Mais il n'a ni âme ni indulgence et il ne se montrera pas plus clément envers un bouquet de joueurs de pétanque du dimanche qui n'auront pas su différer leur sacro-sainte partie, ou des croyants qui se rassemblent pour prier, même si le dieu invoqué trouve cet effort méritoire, qu'envers des gens qui iront danser entassés en boîte de nuit (du moins avant qu'elles ne ferment).

Le moment où j'ai compris que c'était du lourd, était en janvier, en suivant les infos internationales, et j'avais pensé, leur sorte de pneumonie, à Wuhan, ça a l'air sévère. Mais j'avais l'illusion que si on contrôlait la circulation des gens, en particulier les passagers des avions, qu'ils soient testés, ça resterait en Asie, un peu comme le SRAS l'avait fait. 

Le moment où j'ai compris que l'humanité était dans son ensemble mal barrée c'est le jour de l'annonce de la mort du docteur Li Wenliang, le 8 février 2020.
(extrait de mon billet)

D'un point de vue rationnel il me semble évident : 

Que pour l'instant du moins (ça peut changer très vite, je m'en doute) en France le risque de chopper la grippe classique est bien plus élevé (2) que d'attraper le 2019-nCov ;

Que si l'épidémie se répand à Paris, on aura beau faire, nous risquons d'être en contact avec le virus que nous le voulions ou non ; et tant que nous devrons les uns ou les autres aller travailler, nous n'aurons pas la possibilité de rester confinés. Sans même parler des courses à faire. Dès lors est vaine toute stratégie d'évitement. Qui vivra verra (3).

Il me semble que cette approche calme aura peut-être pris fin ce matin.

 

Dès le 11 février, dans un billet dont ce n'est pas le sujet principal - la vie suivait son cours, je cherchais du travail et en attendant me débatais avec Pôle Emploi afin de faire reconnaître mon plus récent CDD qui suivait un CDI dont j'avais démissionné en période d'essai -, conscience des perspectives d'un confinement, je notais ceci :

Des personnes sont en quarantaine dans des paquebots géants où quelques cas se sont déclarés - dont un au Japon, tout le monde confiné dans sa cabine et des tours de promenade réglementés pour ceux qui en ont des toutes petites sans hublots -.

Conséquences sur lesquelles j'avais lu des articles mais qui commencent à concerner des gens que je connais : toutes nos belles industries, dont celles du luxe, qui avaient délocalisé tout ou partie de leur production en Chine, commencent à sentir la pénurie. Dans certains cas pour des éléments précis, mais dont l'absence est bloquante. 

Et les mêmes industries habiles à délocaliser sont aussi celles qui ont recours aux prestataires extérieurs : chute du chiffre d'affaires ou de la production, résiliation immédiate des contrats. Un ami m'a parlé de connaissances qui s'étaient vu notifier par SMS, de ne pas revenir pour l'instant et que le contrat était suspendu en attendant retour à jours meilleurs. 

J'avoue que je ne pensais pas que les conséquences économiques se feraient si vite ressentir. Je supposais encore à l'ancienne, qu'elles ne précéderaient pas la vague épidémique par chez nous.

Ma difficulté à me projeter dans le futur, trop d'éléments barrant la route, dont mon absence de perspectives rémunératrices immédiates, et la conscience que des tas d'autres problèmes de santé peuvent survenir avant ça, font que je ne parviens pas à m'inquiéter plus que ça. La perspective d'un confinement général ne m'effraie même pas : j'ai de quoi m'occuper avec tout le travail de rangement de l'appartement pendant des mois. Et puis, dans la série À quelque chose malheur est bon, ça pourrait être l'occasion d'écrire à bride abattue.


Les implications de la pandémie jusqu'en France ne me semblent encore ni inévitables ni si directement périlleuses. Je crois que j'ai encore l'illusion d'une possible traçabilité, d'un isolement efficace des cas contacts. 


C'est le 21 et le 22 février 2020 qu'en regardant Rai News 24 dont je viens de m'offrir l'accès avec quelques autres chaînes italiennes qui chez notre opérateur internet constitue un "bouquet" payant, et qui passe un temps en mode "couverture d'une actualité brûlante en direct permanent", que je comprends que ça y est les carottes sont cuites et c'est la fin des haricots, que nos vies, en France aussi, seront menacées et bouleversées.
Un foyer d'infection fait des ravages à Codogno, une petite ville italienne sans histoire et dont le possiblement patient zéro n'a rien à voir d'immédiat avec la Chine, ce qui signifie que ça y est le virus a pris pied en Europe, on ne peut plus faire semblant de croire qu'en interrompant les échanges aériens et en imposant une quarantaine aux voyageurs on passera entre les gouttes.

Voici ce que je notais le 22 février 2020 :

J'avais entendu un flash d'info sur France Cul au matin, et qui parlait d'un bond soudain de l'épidémie en Italie. Je savais donc à quoi m'attendre. Seulement la réalité quand elle est moche dépasse (presque) toujours ce à quoi on s'attendait : je suis arrivée (entre autre sur Rai News 24) en plein direct quasi non-stop sur le coronavirus, comme s'il y avait eu un attentat. 

Le contraste avec les chaînes d'infos française qui tartinaient à loisir sur le thème de Président Macron est depuis 9h au salon de l'agriculture porte de Versailles à Paris, était saisissant.

J'en ai fait sur le moment un petit LT. Et puis comme en France on faisait toujours un peu semblant de Oh mais ça ne nous concerne pas, le virus se détournera de notre beau pays comme l'avait fait le nuage de Tchernobyl, je me suis attelée à la tâche de touiter la partie la plus importante des infos italiennes que désormais chaque soir je suivais. 

C'est donc le vendredi 21 février 2020 que j'ai su que non seulement nos vies seraient impactées mais que nous allions être toutes, tous et chacun d'entre nous en danger et que notre quotidien allait être pour un long moment bizarre, risqué et compliqué, et qu'une fois l'expansion du virus maîtrisée ou des vaccins ou des protocoles de soins efficaces mis au point, il y aurait une longue et terrible crise économique qui s'ensuivrait, laquelle, couplée avec les conséquences de plus en plus menaçantes du réchauffement climatique, risquait de marquer le début d'une époque très sombre pour l'ensemble de l'humanité.

Et à ma petite échelle, j'ai enclenchée le mode Faisons ce qu'on peut et sauve que pourra ... et commandé quelques masques en tissus.

Ce blog est alors devenu une sorte de journal d'une vie quelconque quotidienne au temps d'une pandémie, car j'obéissais désormais à aux mêmes motivations que celles décrites par Dr Caso dans son billet Il faudrait écrire ce qu'on vit ; une impérieuse nécessité de témoigner et partager pour s'entraider à tenir.

 

 

 

 
  



Droit à l'image : des questions

 

    Je me suis retrouvée cette après-midi pour une raison de voisinage de mon lieu de travail avec un autre lieu, à regarder des documentaires concernant le droit à l'image pour la photographie de rue. C'est un sujet qui m'intéresse étant donné que même si je ne commercialise rien, et m'efforce de ne rien publier sans l'acquiescement des gens (1), je ne sais plus ce qu'on peut faire ou pas et au concret du quotidien j'ai un peu tout croisé : des personnes qui se mettent en colère alors qu'on ne les photographiait même pas (voire : que le fait qu'elles déboulent soudain nous gâchait la photo), à celles qui réclamait et d'être photographiées et de se voir quelque part. Et j'ai perdu une amie proche du fait qu'elle savait que j'avais les outils pour éventuellement mettre en ligne des photos où elle figurerait (2).

Le plus récent article en termes non purement juridiques, que j'ai trouvé est celui-ci. Et j'en retiens ceci : "Il est licite de prendre des photographies, dans un lieu public, de plusieurs personnes identifiables. L’autorisation ne devient nécessaire que lorsque l’image de la personne est isolée, prise pour elle-même [...]".
J'ai trouvé également un documentaire québecois de 2004, résolument du côté des photographes. On y voit au passage Willy Ronis, très classe (3).

Je n'ai pas personnellement d'avis. Au delà du cas des gens qui espèrent un gain d'argent facile en réclamant dédommagement, et, à l'opposé, de certains cas où des profits ont été tirés de l'image des gens sans leur accord, je sais pour avoir eu quelques emplois où il fallait faire gaffe, qu'on peut avoir des ennuis du simple fait de figurer sur une photo qui a circulé du simple fait que c'est mal vu. Alors je peux aussi comprendre le point de vue de personnes qui ne veulent pas que leur image circule, même si aux yeux de qui l'a saisie elle semble anodine et peu compromettante. 

 

 

(1) Il m'est arrivé assez souvent, du temps de Fotolog d'y publier des photos à leur demande.
(2) C'était si étrange de se voir reprocher non seulement une intention mais en plus une intention que l'on n'avait pas eue, qui n'avait même jamais effleuré. Ça n'était pas quelqu'un qui avait de la notoriété, ce qui aurait pu expliquer qu'elle tenait à pouvoir monnayer par ailleurs son droit à l'image. J'ai supposé à l'époque que comme elle était prof et que c'était le temps de l'explosion de l'usage des réseaux sociaux avec des élèves qui abusaient de cette toute nouvelle liberté non encore bornée, qu'elle avait soit été victime d'un agissement irrespectueux, soit craignait que ses élèves puissent trouver sa trace. Dans l'un ou l'autre cas, pourquoi m'avoir écrit pour me reprocher vertement d'être de ces personnes qui risquaient de mettre en ligne une photo où elle figurait, plutôt que de m'avoir calmement demandé S'il te plaît ne mets jamais de photo de moi en ligne - auquel cas j'aurais répondu que je n'en avais pas l'intention - ? 
(3) et aussi un homme qui depuis a hélas mal tourné, comme atteint d'une forme de délire de la persécution ; à l'époque il ne semblait pas raciste ni fou


Ta montre de sport rançonnée (si l'on peut dire)

 

    J'ai aperçu les premiers symptômes jeudi matin vers 7h. Il se trouve que j'utilise ma montre de sport pour mesurer mon sommeil, et que sauf qu'il n'est pour l'instant pas possible d'activer une mesure des siestes, ça n'était pas du tout une utilisation que j'avais prévu d'en avoir mais qu'elle me rend de grands services (1). J'ai donc voulu comme chaque matin de jour ouvré relever la trace de ma nuit (2) et ça ne fonctionnait pas ("difficultés de communication avec nos serveurs"). J'ai pensé à une connexion défaillante de mon côté, à une mise-à-jour qui s'était mal faite, tenté une fois d'éteindre et rallumer (l'ordi, la montre, leur connexion filaire), ça ne fonctionnait toujours pas, je n'ai pas demandé mon reste j'ai filé bosser.

Ce n'est qu'en rentrant du travail, bien au soir, et en tentant de relever mes parcours #Vélotaf (3) que j'ai pigé qu'il y avait un problème, un vrai. 

Le message était le suivant : 

Capture d’écran 2020-07-23 à 20.09.34 Puis il y a eu quelques échanges avec mes camarades de triathlon (4) et il est apparu assez vite que la panne (la "maintenance") allait perdurer. 

Plus de 48h après le premier signe de dysfonctionnement que j'avais constaté, toujours rien. 

Grâce à mes co-touiteuses, j'ai pu creuser un peu le sujet. L'entreprise aurait donc été victime d'un piratage avec demande de rançon. 

C'est tout bien expliqué : 

- dans cet article chez Nakan.ch
- dans celui-ci chez Bleeping Computer
- et pour les implications, dans un thread chez Jake Williams;
- un autre article en français qui a le mérite d'employer le terme rançongiciel (qui me plaît beaucoup, c'est tout) (5). 

Je n'ai pas un niveau tel que la perte de l'historique de mes données puisse vraiment m'affecter et la plupart du temps, pour les parcours ou les moments particulièrement intéressant, j'effectuais des copies d'écran afin de conserver une trace. 

Il n'empêche que je pense aux sportives et sportifs pro ou d'un certain niveau et qui doivent commencer à s'inquiéter. Je pense aussi aux informaticien·ne·s de l'entreprise qui doivent être sur le pont en train de tenter de sauver ce qui peut l'être, et aussi aux juristes, dans une moindre mesure (encore que, de nos jours, les enjeux sont souvent déplacés de la production (de l'objet ?), vers la surcouche sociétale). 

Et j'aimerais bien pouvoir récupérer les traces de mes #Vélotafs de fin de semaine, il y avait certains points qui m'intéressaient. 

La suite sans doute pas avant dimanche soir. En attendant, c'est un phénomène symptômatique de #NotreÉpoque et en faire un billet, même incomplet (et qui risque de le rester, avec la semaine de boulot qui se profile, je n'aurais probablement pas le temps d'y revenir, me semblait nécessaire.

 

(1) entre autre pour tenter de dormir assez malgré un emploi à temps plein et de solides temps de trajets, d'éviter de tomber de sommeil par moment dans la journée, de savoir quand je risque de le faire et de tenter de m'organiser pour pouvoir bosser quand même etc. 

(2) La montre permet de mesurer les temps de sommeil profond. Et c'est pas mal fiable. 

(3) J'aime beaucoup, c'est mon plaisir, procéder par essais-erreurs. Je règle donc ma montre pour enregistrer mon trajet vélo, improvise en fonction des portions qui semblent accueillantes aux cyclistes et de l'état ponctuel de la circulation, et ensuite relève le parcours, via le site du fabriquant de la montre, afin de repérer les portions que j'estime digne d'intérêt et pour tenter d'affiner de jours en jours les trajets. Ce que je recherce : éviter les zones particulièrement risquées, passer par des portions qui sont des moments de plaisir vélocypédiques sans toutefois rallonger trop la distance. Je m'appuie aussi sur les vidéos de celleux qui partagent leurs trajets et leurs essais dont Bilook Le Cycliste à qui je dois de chouettes parcours (ça tombe que plusieurs de mes tafs ont été sur ses zones depuis qu'il est à Bezon), gratitude envers lui.

(4) Ce type de montre, très fonctionnelles, est particulièrement répandu chez les multisportifs. 

(5) À propos voisin, j'ai remarqué lors de mes retrouvailles avec le monde de la vie de bureau que le terme courriel était bel et bien entré dans les usages. Ce qui me conforte dans l'idée que lorsqu'il se prononce bien et dit bien ce qu'il veut dire, un mot fabriqué peu passer dans l'usage en lieu et place d'un mot étranger mal utilisé (mail comme parking et quelques autres sont des faux-usages pour les anglo-saxons).


Chroniques du déconfinement jour 6 : La première fois dans les transports en commun depuis avant le confinement

Déconfinement officiel 1 jour 33

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Journée de travail, avec un faux rythme un peu délicat à tenir - car je suis en formation pour l'instant et pas déjà en charge, alors c'est difficile de maintenir l'énergie lorsque les demandes (effet de fin de semaine) s'apaisent. J'apprends beaucoup, mais comme je connais déjà une partie du sujet je ne suis pas larguée. Ça bosse.

Bizarrerie de l'époque : même à travers le masque, un baillement est communicatif.
Des personnes appellent, pour des questions de travail et dans le cadre de celui-ci, et voilà qu'on se retrouve à leur demander "Vous êtes chez vous ?". Car encore ces jours-ci, la norme est de travailler de son chez soi. 

Je suis nulle en people et gens de télé. Ça devrait moins me gêner dans ce nouveau travail qu'en étant en librairie dans Paris. Encore que

J'obtiens des nouvelles de la radio, en soirée. Il va falloir que je reprenne l'antenne. Mais quand ? Comment ? De quelle façon ?

 

Toute la journée les nuages auront filé en venant du Sud Est. Comme il pleuvait au matin, je comptais prendre les transports en commun. Mais JF voulais "faire rouler la 205" et des courses pour son club - dont le club house est pourtant toujours officiellement fermé (ça finira mal ces conneries de mecs qui se croient au dessus des contraintes du commun des mortels) -, alors il a proposé de m'amener en voiture. Comme ça ne bouchonnait pas trop et que j'ai refusé de décaler mon heure de départ prévue de plus d'un quart d'heure, son projet de me mettre en retard a échoué et au bout du compte j'ai eu un trajet certes fatiguant mais différemment. Et au sec.

Au retour : je marche jusqu'au terminus de la ligne 13 mais n'optimise pas franchement les directions et mets 25 mn. À ajouter aux 30 mn de trajet de métro - station Place de Clichy fermée "pour raisons de sécurité sanitaire" -. Et aux 10 à 13 minutes à l'arrivée. Bon, ça ira mieux quand je pourrai faire ligne 14 + ligne 4. Et sinon, Vive le vélo !
Il y a donc des autocollants partout : sur une place sur deux (et tant qu'il n'y a pas foule, les gens respectent, c'est sidérant. Et respect aussi pour le casque. Et zéro personne pour faire la manche dans les rames, ce qui fait du bien - mais où sont-elles ? -) et sur les quais là où l'on est censés se placer pour attendre. Des annonces audio, également.  

Le midi, parce que le temps que j'aille aux toilettes il n'y a plus personne, je choisis la solution "flemme & pas cher" et vais à la boulangerie. Puis poursuis une mini exploration du quartier entamée les jours précédents - sauf celui de la crêperie -.

Je découvre par ricochet d'un échange, Hugh Coltman (Who's happy ?) et regarde aussi les pseudo-Bislett games. C'est assez fascinant ce simulacre de compétition d'athlétisme. Vertigineux de monde d'Après qui veut terriblement faire semblant d'être d'Avant. 

Chez Prof en scène, il est question de ces élèves qui ne disposent de presque rien et se battent pour tenter de suivre quand même. Je pense à elles et eux presque chaque jour, me souvenant des familles dont je voyais des membres en maison de la presse et qui n'avaient rien d'internet chez eux, se contentant de leurs téléfonini. Elle était à ce point plus nombreuses que je ne le croyais, avant ce travail où on les dépannait pour différentes démarches pour lesquelles une connexion était nécessaire.  

Il évoque aussi, dans un autre billet, les élèves qui avaient su garder l'élan jusqu'à présent mais finissent par caler. C'est vrai que pour qui n'a pas encore repris son activité dans des conditions normales (et pour les élèves les conditions normales jusqu'à très récemment c'était aller en cours), on est dans le en gros passage des 33 km si difficile d'un marathon. 

JF rentre de sa pétanque peu après moi du travail. Notre fille était là. 

PS : J'ai appris le mot glottophobie

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
7 709 523 cas (dont : 427 210 morts (116 731 morts aux USA) et 3 907 497 guéris)


L'hymne du déconfinement ?

À peine deux ou trois bricoles à modifier dans les paroles et le "Non, non, rien n'a changé" de 1971 des Poppys pourrait hélas devenir l'hymne parfait du déconfinement.

Idée venue via le #JukeBoxFou de dedans ma tête après avoir vu des images de personnes faisant de longues longues longues files d'attente devant des magasins de choses absolument pas nécessaires dans l'urgence (non, ce n'est pas du mépris de classe, ce sont des objets qui pouvaient bien attendre trois ou quatre jours de plus, objectivement ; à quel moment le conditionnement à la sur-consommation et à l'apparence avant toute chose, nous a-t-elle rendus tous aussi stupides ?), dès le premier matin de sortie possible. Même chose pour des types qui ont mis un point d'honneur à aller chez le coiffeur ou le barbier dans la nuit de dimanche à lundi dès minuit passées.

Pourquoi s'amuser à prendre des risques inutiles quand il y en a déjà tant que l'on doit prendre parce qu'on le doit ? 


Les photos de sport d'il y a un ou deux ans paraissent surréalistes

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Même si les autorités nous concèdent, pour l'instant encore, un droit léger à la course à pied avec dans l'autorisation dérogatoire de déplacement cette case à cocher : 

⊠ Déplacements brefs, dans la limite d'une heure quotidienne et dans un rayon maximal d'un kilomètre autour du domicile, liés soit à l'activité physique individuelle des personnes, à l'exclusion de toute pratique sportive collective et de toute proximité avec d'autres personnes, soit à la promenade avec les seules personnes regroupées dans un même domicile, soit aux besoins des animaux de compagnie.

ç'en est fini pour un bon moment de la natation, du vélo et des vrais entraînement de course à pied.

Lorsque je tombe, à l'occasion d'un ménage urgent sur mon disque dur où je dois accueillir une nouvelle appli afin de retrouver en ligne mes ami·e·s, sur des images de courses passées, en pleine ville, alors sans se douter que ça puisse être menacé par autre chose que mes propres capacités physiques que des effets d'âges ou de maladie pourraient venir entamer, j'ai donc un mouvement d'étonnement, le cœur un peu serré, avec une dominante de stupéfaction et d'impression d'un autre temps.

Voici donc une image du dimanche 18 mars 2018, prise par quelqu'un de mon club, lors des 10 km de Clichy et courus sans avoir l'impression de rien d'extraordinaire. 
Désormais une course groupée en ville est un mirage. 
Et d'accord, on peut courir 10 km en moins d'une heure en tournant à moins d'1 km de chez soi, mais avouez que ça devient limite, pas forcément dans l'esprit du confinement, et bien un peu compliqué. 

(Nous ne sommes plus en quarantaine et il nous est possible de faire en 20 à 25 minutes (je cours lentement) un mini-circuit de 3,44 ou 3,46 km en passant par un chemin arrière voisin rarement fréquenté, surtout à 8h du matin, c'est un peu un grand max', du moins à l'heure actuelle)

PS : Un lien fort utile vers la carte de la zone de sortie à 1 km (et le formulaire officiel tel qu'il est encore aujourd'hui)
PS', au lecteur du futur : ceci n'est pas un poisson d'avril, en 2020 lors de l'épidémie de Covid-19 nous eûmes bien des autorisations dérogatoires de sortie à remplir pour certains cas précis (travail pour qui continuait de devoir y aller, courses pour les choses indispensables, rendez-vous médicaux, garde partagée d'éventuels enfants etc.) dont nous devions nous munir pendant la période de confinement lors de chaque sortie. Les forces de l'ordre pouvaient contrôler, et de fortes amendes être réclamées (135 € puis 200 €, et bien davantage en cas de récidives, à l'heure où j'écris ce billet). Il y eut même des abus. L'ami Éric D. s'efforça même de les recenser.