Chroniques du confinement jour 62 : Les pieds dans l'eau ! (comme une victoire)

Déconfinement officiel 1 jour 7

Alors un peu de sport : courir jusqu'à la barrière 4 et noter que ça fait 7 km. Comme nous ne nous étions pas levés si tôt que ça, la fin de matinée est arrivée très vite après. 

Il faisait un temps merveilleux. Longtemps plus tard on se rappellera ça, du moins si l'on y survit : pendant l'épidémie de #Covid_19 il faisait beau presque tout le temps, et puis sinon un peu de vent et à Paris un gros orage, très ponctuellement. 

Après la sieste, comme j'avais lu sur le site de La Haye du Puits que les plages de la communauté de communes de La Haye avait réouvert au public, nous sommes allés à Surville. Il n'y avait presque personne et nous avons marché un bon moment. J'avais prévu le coup : j'étais en short et sandales que j'ai ôtées pour pouvoir marcher les pieds dans l'eau et alors c'était une solide bouffée de bonheur d'être arrivée jusque-là - même s'il y a une frustration de la non-baignade, d'autant plus qu'en arrivant nous avions croisé quelqu'un qui en sortait (avec combi) -. 
Je me sentais heureuse comme on peut l'être grand enfant : capable de ressentir les choses en les analysant mais pas encore bouffé par les désirs qui compliquent plus tard les choses, ni en charge mentale de lourdes responsabilités (du moins quand tout va bien). Après tout ça correspond à ma situation actuelle, puisque j'ai la chance d'être entre deux boulots, et que je suis suffisamment âgée pour que le corps désormais me laisse en paix - une paix heureuse puisque de la tendresse y est -. 

C'était comme une victoire d'avoir tenu le coup jusque là. 

Restait que ce bonheur parfait était enchassé dans un malheur collectif immense. Pour une fois je suis parvenue à me dire que n'y pouvant rien et ayant fait de mon mieux pour avertir les autres d'informations qui n'étaient alors pas suffisamment partager, je pouvais peut-être m'autoriser le temps de quelques kilomètres de marche à pied, à n'y plus tant penser. Il faut bien qu'il y ait quelques compensations au fait de n'avoir ni forte fortune ni pouvoir, ni même responsabilités agissantes potentielles. 

La sieste avait été tardive car la taille de la haie côté rue nous avait occupés entre 12h et 14h (un peu moins en fait). Très volontairement effectuée un dimanche, jour de moindre circulation. Un piéton peut désormais normalement passer. Reste le risque car le trottoir, haie ou pas, est étroit, qu'un fou du volant frôle quelqu'un et le mette en danger. 

En fin de soirée un brin de tracas pour Le Fiston qu'une tique a piqué m'aura accaparée un moment (j'essayais de retrouver une photo vue sur la TL de Doc Arnica pour identifier un érythème migrant et par ailleurs de lui envoyer quelques liens). Il semblait avoir fait ce qu'il fallait. 
Je n'ai alors pas suivi les infos italiennes ni même écrit directement ici (rattrapage ultérieur), car le sommeil déboulait. Il faut dire qu'il était quand même 0:45.

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
(pas eu le temps de noter les comptage de cette journée)


Chroniques du confinement jour 45 : préparer l'après et tenter de se ménager un long week-end calme


    C'est jour de sport : le legal short morning run du matin à 8h, ce qui fait que nous n'avons croisé qu'un homme pressé et l'homme au petit chien blanc, avec pour moi à nouveau une séance Moneghetti, c'est à présent bien au point pour moi (1), le défi abdos - squats - pompes (35 - 25 -15 ; ça commence à devenir rude pour les abdos) et au soir une belle séance de Tabata orientée abdos, sans défi (j'aime autant) et que nous sommes parvenus à suivre entièrement. Même si certains mouvements pour moi faisaient mal aux poignets (2). Ça fait un bien fou, la famille Pourrat met une bonne ambiance et Romain est bon pédagogue, pratiquant l'humour, la bienveillance (3) et les encouragements.

La matinée est sérieuse : j'envoie les quelques messages destinés à préparer l'Après, avertis que je ne rentrerai a priori pas avant le 8 juin, garde le contact pour mon petit projet atrebate, renonce aux emplois que j'avais eu en vue, mais qui risquaient de ne pas pouvoir se concrétiser, tandis que j'en ai un prévu qui se voit confirmé sauf à ce que l'épidémie vire encore plus à la catastrophe ou que j'y laisse à mon tour la santé. Et présente une part de défi, de relance, de nouveauté, qui me plaît. 

Beaucoup de personnes poussent à déconfiner, désormais, y compris certaines qui ne sont pas dans l'urgence économique directe. Je crois qu'une partie de ça vient d'une obscure croyance - ni plus ni moins rationnelle que celle qui me tient selon laquelle le virus devrait être moins meurtrier une fois atteint l'été (intellectuellement je sais que c'est faux, des pays chauds sont en pleine pandémie eux aussi ; mais mon cerveau est conditionné par les grippes, gros rhumes et autres angines dont j'ai souffert au fil des années) - qu'ils ont que Non, pas eux, qu'en faisant bien attention, ou par un effort de leur volonté ou que sais-je, ils passeront à côté. Un peu la même chose que : d'accord j'ai bien compris qu'il fallait rester chez soi, mais bon quand même, si on prend l'apéro avec Jean-Mi, ça ne peut pas faire de mal (variante : oui mais il faut que je voie mes parents). 
À l'autre bout du spectre de pensées, je sais avec calme et lucidité que la contagion peut toucher n'importe qui et que les ravages que fera ou non la maladie n'ont rien à voir avec qui l'on était. Tout au plus y a-t-il des facteurs aggravants (de co-morbidité comme disent les soignants), et tout au plus quelqu'un qui a un fort statut social peut espérer en retirer quelque avantage en cas d'embouteillage et de places de soins intensifs limitées. Mais c'est tout. Quelqu'un peut ne prendre aucune précautions et n'être pas atteint, quelqu'un d'autre l'être sans savoir par quel biais. Il y a seulement des pourcentages de risques plus ou moins élevés. Et cette éternelle condition nécessaire mais pas suffisante : il est presque certain qu'une conduite à risque mènera à tomber malade. Mais une conduite de toute prudence ne garantit en rien de ne l'être pas. 

S'y ajoute que bien des gens refusent de voir leur aliénation à la société telle qu'elle est. Ils réclament la levée des confinements comme s'ils étaient une atteinte à leur liberté. C'est simplement une limitation temporaire de leur opportunité de jouer leur rôle social habituel. Lequel pour beaucoup d'entre eux, n'est que de faire le pantin pour d'autres qui tirent les ficelles. 
Je ne suis pas riche, n'ai su devenir ni artiste reconnue, ni cheffe d'entreprise, je dois donc louer mon temps, et ma force de travail, pour gagner ma subsistance. Enfant et adolescente puis étudiante, je devais suivre les rythmes scolaires, même si c'était pour mon bien, une contrainte qui ferait de moins un bon futur pantin mais me permettait et m'a permis d'avoir accès aux savoirs. Jamais de ma vie je n'ai été aussi libre qu'en ce moment. Certes pas géographiquement. Mais pour la première fois je dispose de mon temps sur un nombre consécutif de journées conséquent. Jamais de ma vie je n'ai été aussi efficace dans ce que j'avais à faire et pour autant aussi peu fatiguée : ce que c'est que d'avoir le choix du rythme, des tâches et de leur organisation.
Il est évident que je n'en dirais pas autant si j'étais astreinte au télétravail ; d'autant plus que pour une partie d'entre les personnes concernées, notamment les enseignants ou ceux dont les employeurs par panique d'absence de contrôle direct possible en rajoutent, il est harassant.  

 Sur l'un des blogs de Médiapart, je lis "De moindre mal en moindre mal" qui relate comment une vieille dame s'est trouvée séparée de son mari, coupée d'avoir même des nouvelles de lui du fait qu'il était en Ehpad et tombé malade. Ce qui est particulièrement intéressant c'est la description d'une descente aux enfers par petites étapes, jusqu'au moment où tout est fini ; avec justice rendue aux différentes personnes qui auront tenté à leur niveau d'humaniser les choses mais les unes après les autres, dépassées - dont une des soignantes qui prenait sur elle de faire le lien, mais ne le peut plus, une fois tombée malade à son tour -. 

Il y a aussi ce texte de Fatoumata Sissi Ngom : "Quand le coronavirus entrera dans le champ de nos souvenirs", impressionnant de lucidité - concernant l'Afrique, et toute l'humanité -.

À mesure qu'en France le déconfinement se rapproche, avec cette date du 11 mai choisie pour des critères qui ne sont pas ou fort peu liés à l'évolution de l'épidémie, on voit à quel point tout cela n'a pas été vraiment pensé. Les questions fusent. Les gens de bonne volonté ne savent pas à quels saints se vouer. En Italie c'est le bazar aussi mais de façon plus logique : le gouvernement suit une ligne  1/ la santé d'abord 2/ tenter de sauver économiquement ce qui peut l'être et propose des mesures qui ne sont pas sans cohérence. Les régions et l'opposition et tous les gens qui sont dans des situations financières difficiles protestent, agissent, ne respectent pas. Le bazar vient des difficultés financières et de la vivacité de la démocratie. En France le bazar vient de l'incompétence gouvernementale et d'une assez faible capacité d'obéissance des gens (ainsi que des difficultés aussi, d'accord). 
Si j'étais parent d'enfants d'âge scolaire, je serais très paniquée à l'idée de les remettre à l'école dès maintenant sauf à ce que dans la famille nous ayons déjà tous été malades puis guéris. 

Beaucoup d'amis, surtout en région parisienne où le déconfinement n'est pratiquement pas possible dans des conditions de sécurité sanitaire minimales, souhaitent poursuivre en télétravail. C'est intéressant de constater qu'il y eut une époque où l'on a regroupé les gens dans des bureaux, certes parce que ça permettait de contrôler leur travail et garder tout pouvoir mais aussi pour qu'étant dans de meilleures conditions de travail que sur un coin de table chez eux, ils soient plus (+) productifs. Puis est venu le temps des open space, dont presque tout le monde se plaint pour se qui est de bosser bien, celui aussi des entreprises où les personnes n'ont pas vraiment d'emplacements fixe. Voilà qu'on en est revenu au point de départ : sauf à avoir un minot à surveiller en même temps la plupart des salariés du tertiaire est mieux installée chez elle pour bosser que dans l'entreprise et s'y trouve plus efficace. Et préférerait donc, toute fatigue des transports épargnée, choisir de rester chez elle pour bosser.

Moment amusant et un peu troublant : deux anciens collègues et amis dont j'avais rêvé vers le matin, ce qui n'est pas habituel - en gros on bossait ensemble comme au "bon vieux temps" (je mets des guillemets parce qu'en dehors du fait de bosser ensemble et qu'on s'entendait bien il n'était pas si bon que ça, ce temps-là) - m'ont donné de leurs nouvelles alors que ça n'est pas si fréquent. L'un d'eux m'annonçait qu'il était officiellement en retraite alors qu'en théorie c'était prévu dans quelques mois ; seulement voilà, risques pour sa santé, et s'était compliqué de lui organiser du télétravail, la grande entreprise qui l'emploie a préféré lui payer les quelques mois sans obligation de travail effectif et voilà. Pour lui, l'épidémie, à condition de n'en être pas victime, aura été un bienfait. Je le note car je ne me lasse pas des à-côtés qui surprennent. 

Visiblement les services postaux ont repris, ou du moins tournent moins au ralenti. Et les gens commandent des objets et des denrées sans plus de soucis pour qui est amené à bosser en prenant des risques. Ça se comprend, grosse pression commerciale et les services de livraisons sont disponibles, donc ça pousse à y avoir recours. La date du déconfinement est proche et encore tant de personnes semblent croire que ça rimera avec Bon alors il n'y a plus tant de danger que ça.

Pour ma part sauf nécessité vraiment particulière, pas de commandes avant la mi-juin, voire fin juin. Ni regroupements collectifs.

La nouvelle est tombée en soirée que la piscine de Clichy ne rouvrirait pas avant septembre. Ça me semblait évident. Seulement de la même façon, le gouvernement ayant dit, Le 11 mai la France redémarre, il y a de la part des sportifs de l'incompréhension. Comment ça, retourner au travail, prendre les transports en commun on nous dit C'est bon vous pouvez et il faut y aller, et les activités sportives collectives restent dangereuses ? Où se trouve la vérité ? (question rhétorique, on a tous bien l'impression qu'on nous prend pour des cons).

Il aura fait un temps très beau (à voir) bien tempétueux avec des moments de sombres et d'autres extrêmement lumineux. C'était un bonheur que d'observer ces variations.

J'ai poursuivi avec délectation lecture de "The Beatles tune in" de Mark Lewisohn. Avec un thé. Dans le lit au moment de la sieste. Dans le fauteuil vert ensuite. Tandis que mon co-confiné prenait des paris avec lui-même quant au(x) coupable(s) de l'Agatha Christie qu'il lisait. 

Bonnes nouvelles de notre fille qui nous propose une très louable participation aux frais. Je le note car je pense aux familles, tant pour qui le confinement aura signifié des frais en plus, quand pour d'autres ç'aura été des frais en moins. 
(dans notre cas : plutôt en moins : économie des frais de repas du midi à l'extérieur)

Nous avons regardé la deuxième partie de cette magnifique série de documentaires de Stan Neumann sur Arte : Le temps des ouvriers . C'est un régal. 

Vers 22h un hélicoptère est passé vers l'est, bien proche, bien grondant, inquiétant. En période d'épidémie on se demande toujours s'il ne s'agit pas d'un transport urgent de personne gravement atteinte. 
(en période générale ça me rappelle Genova 2001, même si je n'y étais pas, et ça me fait flipper également) 

Je suis sur Rai News 24 les infos de minuit

Comme j'ai bien bossé au matin et bien avancé mes lectures pour le comité de lecture auquel je participais avant le confinement, je pourrais m'accorder un vrai premier mai non travaillé (y compris travail personnel) et un week-end sans tracas particulier concernant ce qui dépend de moi, ce que j'ai à faire. 

 

(1) 4,44 km et une moyenne entre les intervalles à ma vitesse "vite" et ceux à ma vitesse "semi" de 7'15'' au km. J'aimerais atteindre le 6'30'' sur des 10 km à terme. 
(2) Mes bras sont désormais raisonnablement musclés, seulement mes poignets restent tout petits, j'ai les attaches fines, et arrive un moment où mécaniquement la charge n'est pas répartie sur une surface suffisante, surtout si la pression s'effectue en appui, poignet plié.
(3) Je sais, ce terme est désormais galvaudé mais par quoi le remplacer lorsqu'il s'agit vraiment de ça. 

 

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Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
3 295 880 cas (dont : 233 411 morts (63 535 aux USA, soit semblerait-il bientôt autant que d'Américaines morts lors de la guerre du Vietnam) et 1 034 773 guéris) 


Chroniques du confinement jour 38 : chaise longue et pas de Tabata

 

    Ça devait être une journée de sport et ça avait commencé comme ça. Seulement la séance de Tabata du soir a été reportée : notre jeune coach doit préparer son avenir  et oui, cette période n'est pas de totale liberté, y compris pour les personnes que leur travail ou ce qu'il reste de leurs études n'obligent pas à n'être pas confinées. La façon dont nous nous sommes sentis brièvement désemparés prouvait à quel point ces séances nous font du bien. Elles structurent clairement une de nos soirées sur deux, la transformant en un moment actif et récréatif qui rompt l'isolement. L'horaire choisi (19h10 à 20h, un peu avant) permet de ne pas engloutir toute la soirée. Et à ceux qui travaillent de rentrer du boulot. 

Dès lors, je suis pour ma part passée en mode, lecture à fond, d'autant plus que l'ouvrage en cours me captive (1) et que j'ai sorti une chaise longue étrangement neuve, venue (aux scotchs qui la maintenaient, toujours présents deux ans après) du déménagement de Taverny. Elle remplaçait avantageusement, car possédant ce dispositif pour reposer les pieds que l'ancienne n'avait pas, celle que le voisin voleur nous avait subtilisée, et dont j'ai encore la nostalgie pour sa toile à rayures vertes, classique et simple. Celle-ci semble moins solide, seulement elle a le mérite d'être là. 

Il aura fait un temps divin toute la journée et j'en ai profité (short et tee-shirt) pour prendre le soleil : le risque de brûler ma peau (déjà un peu amarinée par la course à pied) m'a semblé inférieur à celui de manquer de vitamine D en cette étrange sortie d'hiver. Le troglodyte mignon s'en donnait à cœur joie, les mésanges semblent ne plus craindre ma présence (si je ne fais ni geste brusque ni mouvement de rapprochement), j'étais dans un petit paradis. Lire ainsi au jardin durant la matinée puis en lever de sieste aura été un grand moment qui faisait du bien.

Il en fallait, les nouvelles semi-générales, j'entends par là, celles qui concernent des personnes que je connais mais sont liées à l'actualité (et en l'occurrence, la pandémie de #Covid_19 ), n'étaient pas très bonnes. Après un début de semaine qui vu de ma lorgnette pouvait donner l'illusion que l'épidémie s'était bien tassée, c'est reparti d'apprendre qu'un père vient de mourir, qu'une amie sort à peine de la phase où la maladie met HS (y compris les cas censés être les plus légers ne nécessitants pas hospitalisation) et survit grâce aux bons soins de ses voisins, que la mère d'une amie proche a été testée Covid + (2). Bref, le pire est peut-être passé mais rien n'est résolu. 

Le gouvernement en France semble vraiment dépassé. Tandis qu'en Allemagne Angela Merkel dit les choses clairement, qu'en Belgique une jeune femme, Sophie Wilmès, qui se retrouvait au pouvoir le temps de gérer les affaires courantes, parce que ces messieurs n'étaient pas parvenus à se mettre d'accord, semble faire face correctement, qu'en Nouvelle Zélande, Jacinda Ardern, est en passe de réussir à ce que son pays soit le plus épargné possible, et qu'en Italie le tandem Conte - Mattarella limitent les dégâts en donnant le meilleur d'eux-mêmes (3), en France, on nous ment ouvertement (l'exemple des masques "qui ne servent à rien"), on nous parle comme à des enfants immatures, une porte-parole dit des choses absurdes à répétition, et les ministres donnent l'impression qu'il n'y a aucune concertation. Ainsi le ministre de l'éducation nationale avait annoncé des dispositions pour le déconfinement scolaire annoncé par Président Macron au 11 mai, mais il a été démenti aujourd'hui par le premier ministre en mode On se calme ce ne sont que des hypothèses de travail.
À différents échanges au fil de la journée je me rends compte qu'alors que le confinement est en place depuis plus d'un mois, les personnes de bonnes volontés qui souhaitent le respecter sont encore perplexes quant à ce qui est ou non autorisé. Il faut dire que selon les localités et les contrôleurs des interprétations fort différentes semblent en être faites. 

Bref, ce pays devra probablement faire face à une sévère deuxième vague tant tout part dans tous les sens. 

Mon T.I.L. (Today I Learned) concerne les vaches : je sais à présent, grâce à Antoine Thibault,  ce que sont ces sortes de cloches qui n'en sont plus, autour de leur cou. 

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Et j'ai aussi compris grâce à lui pourquoi les six vaches du champ derrière le jardin ne sont apparues que tout récemment.  

La fin de journée, j'entends après la sieste, est passée à toute allure encore plus qu'à l'ordinaire. Quelques échanges familiaux, mais qui ne prirent pas tant de temps. Un peu d'observation au jardin, mais pas si longues non plus. 

Soudain il fut 22h30. 
Je crois que j'ai été victime de l'illusion que Oh il n'y a pas de séance de Tabata, j'ai du temps.

Mon bonheur de ce soir, cette conversation matheuse, que je ne suis plus capable de comprendre pleinement mais dont la survenance me ravit. 

 

Comme dab Lt partial et incomplet des infos italiennes sur Rai News 24

 

(1) Toujours "Feu de tout bois" d'Élisabeth Horem à présent à Doha avec quelques voyages et la présence grave de la guerre civile en Syrie.
(2) Même si elle est asymptômatique pour l'instant et peut tout à fait s'en sortir ainsi et en plus immunisée, c'est une forte inquiétude. 
(3) Je ne crois pas que l'on pourra leur reprocher grand-chose, l'Italie a eu du retard à l'allumage et comme la France partait d'une situation hospitalière dégradée, mais ensuite ils ont souqué ferme. Et zéro mépris de leur peuple, des encouragements et de la pédagogie. Des remerciements. 

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Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
2 709 949 cas (dont : 190 098 morts (49 648 aux USA) et 742 255 guéris) 
Ce qui me tracasse c'est que le palier observé en Italie (l'Espagne et la France suivant de peu) s'éternise. Il y a toujours entre 400 et 500 morts par jour. Alors bien sûr, rien à voir avec l'horreur du pic mais doit-on s'habituer à avoir comme ça dans nos pays 400 morts par jour dont soudain nous ou nos proches pouvons faire partie. 


Chroniques du confinement jour 37 : On peut être très actives à ne sembler rien faire


    Je suis frappée d'à quel point vu de l'extérieur et du monde économique nous sommes considérés comme ne faisant rien en ce moment alors que nous sommes très actifs en réalité. Mais sur nos propres activités, effectivement non marchandes et pas rémunérées. 

Les journées sans sport du matin, que je crois toujours au bord d'être plus productives de ce point de vue, le sont en fait moins : moins de rythme, et plus de temps pour faire chaque chose des temps physiologiques (la toilette, le petit-déjeuner ...).

Je me régale de la lecture du blog de confinement d' @SandG . Je le lisais par extraits via son compte Insta mais en lecture calme (je n'ai vu le lien que ce matin) c'est encore mieux. J'apprécie infiniment son humour à toute épreuve.

Si le confinement se prolonge, les journées seront consacrées à écrire nos blogs de confinement et lire ceux des autres. 

Mon co-confiné fait les courses - il a vraiment fait des progrès, n'y va qu'une à deux fois par semaines et je veille à ne pas lui mettre la pression sur ce qu'il a manqué (ou acheté d'incongru, ça lui arrive parfois) - ; chez nous quelqu'un est en panne d'ordi de télétravail et savoure la pause obligée. L'entreprise fait les choses bien : un coursier viendra déposer le nouvel appareil. 

Il faudra se souvenir que certaines entreprises auront traité correctement leurs salariés : aménagements des façons de travailler, salaires maintenues, conditions de travail respectueuses des consignes de sécurité sanitaire. Dommage que ça ne semble pas être la majorité. 

La reprise des classes théorique au 11 mai se prépare dans le plus grand des bazars. Il aurait été si simple de faire comme en Italie (ou c'est bien un peu le bazar concernant le bac, mais tout le reste est renvoyé prudemment à la rentrée de septembre). Je crois que le gouvernement s'est laissé manœuvré par le monde de l'entreprise : l'éducation nationale comme système de garderie pour que l'on puisse plus facilement envoyer à nouveau les parents au travail. La cause des familles pauvres avait aussi été avancée, certains enfants n'ont pas de vrais repas durant ce confinement ; seulement à présent que ça discute ré-ouverture, il semblerait que dans la plupart des établissements, les cantines dont l'approvisionnement se fait ailleurs en fait (les repas n'étant en local que finalisés), ne seront pas remise en route aussi tôt. 

Je crois que je suis à l'aise dans le confinement parce que j'y suis prête depuis fin février, que je n'ai pas de soucis professionnels lourds en cours (pas de librairie qui serait en voie de déposer le bilan, par exemple ; pas d'emprunt que je ne pourrais rembourser), et mes lectures m'ont déjà fait vivre même si c'était par procuration de fiction, ces situations. Nous avons eu la chance de n'être pas malades ou peut-être si (des doutes solides, et notre fille l'a été) mais pas gravement. Dans nos deux familles respectives, la génération pour laquelle nous pourrions avoir peur est déjà quasiment intégralement disparue. Nos conditions matérielles sont simples mais rien ne manque (1). Alors c'est le moment où jamais de nous consacrer à ce qu'à l'ordinaire nous ne pouvons pas faire. Ainsi j'ai dégagé le jardin. Je remets en ordre de marche la petite maison. 
J'écoute les oiseaux et pour la première fois depuis des années nous avons pu assister à la poussée du printemps - c'est spectaculaire, vraiment -. Ça n'empêche pas une profonde tristesse pour la tragédie en train de se jouer. Et la conscience que les lendemains ne vont vraiment pas chanter. L'objectif dans l'immédiat est de ne pas faire partie des victimes de la seconde vague de contaminations qui au vu du bazar de déconfinement trop précoce qui se profile et que ça part dans tous les sens et que les gens sont trop impatients, ne manquera pas d'être redoutable. 

Encore une belle grande journée de lecture. Je suis captivée par "Feu de tout bois" que la vie normale, trop remplie, ne m'avait pas permis de le lire en entier, et surtout de lire avec attention et en prenant des notes - en particulier sur tout ce qui concerne l'écriture et qui me parle tant -. Ce qui est curieux c'est que je me sens happée comme si ce journal présentait un suspens. Il n'y en a aucun, je connais la personne qui l'a écrit je sais comment les choses se sont passées et j'ai des nouvelles plus récentes. Mais le journal, ce journal, possède une forme de tension narrative qualitative. Je ne parviens qu'avec difficultés à le reposer, allez, encore une entrée, allez, je lis jusqu'au déménagement, allez, je lis jusqu'à la fin de l'année en cours. Je savoure de pouvoir, après tout, m'autoriser à le faire. Je crois que le dosage de moments de vie confinée, de voyages auxquels personnellement je sais qu'il m'est inutile de rêver, et de travaux d'écriture et de questionnements sur celle-ci, est l'exact équilibre dont j'ai besoin pour faire face à cette période-ci. 

Je parviens toutefois, en fin de journée et malgré une sieste tardive splendide à effectuer quelques rangements. Il va falloir que je reprenne le rythme des travaux de la maison sinon nous serons priés de rentrer que je n'aurais pas terminé ce que j'ai l'occasion unique de parvenir à dépoter. 

Le déconfinement pour mi-mai m'inquiète, le pays a dépassé les 21000 morts et encore plus de 500 décès aujourd'hui et de l'ordre de 1800 nouveaux cas, sachant qu'on continue à fort peu tester par rapport aux pays voisins. Nous sommes trop loin d'une décrue pour reprendre. 
Il y a hélas une pression générale des gens. Il est beaucoup question d'une file d'attente monstrueuse au drive d'un fast-food ré-ouvert. Et tant de mes ami·e·s se précipitent à passer commande de ci ou ça parce que Oh, c'est cool, les expéditions ont repris. 

Ce n'est pas pareil d'exercer un métier pour lequel on sait qu'un jour où l'autre on risque d'aller au casse-pipe mais ça fait partie du rôle assumé (soignants, pompiers, secours d'une façon générale) et d'être envoyé au casse-pipe pour un job dont ça n'était pas du tout au départ l'objet (livreuses ou livreurs, vendeuses ou vendeurs, factrices ou facteurs, et les métiers de l'enseignement), surtout dans ce second cas, si c'est pour un nombre certains de tâches qui ne présentent pas de réelles urgences. Ce qui est fascinant c'est de constater à quel point pas mal de gens sont tout contents d'aller jouer les petits soldats. Peut-être parce que ça donne un sens à leur travail, qu'on leur fasse croire qu'il est indispensable. Peut-être que c'est moi, aussi, de mon côté, qui ai passé l'âge d'être héroïque. Il me reste statistiquement trop peu d'années pour devancer l'appel au prétexte d'un sacrifice collectif. 
Je ne sais que trop que je peux, que n'importe qui peut, être l'une des prochaines victimes. 

Des personnes de ma belle-famille se sont pris une amende : ils allaient ensemble faire des courses ou rendre visite à quelqu'un de leur famille. En mode, bah, ça n'est rien, nous ne sommes pas malades de toutes façons. Ce petit Ça n'arrive qu'aux autres, si français. Pour ce qui est de se prendre une prune comme pour ce qui est d'être contaminés. 
Les joueurs de pétanque, qui étaient en mode, Non mais ça va, on n'est que quatre. Ou : allez, une dernière partie avant d'être confinés. Sans mesurer un seul instant que précisément, le risque de contamination était peut-être tapit là, dans cette "petite dernière". Car le virus s'en fout, et d'ailleurs ne s'en fout même pas, il n'a zéro intention, zéro état d'âme, il ne sait même pas qu'il tue, il est là ou pas, et contamine ou non. Il n'y a aucune morale dans tout ça.

Je pense fréquemment ces jours-ci à mes amis Padawan et EricLM toujours détenus dans un hôtel des environs de chez eux, en compagnie des personnes qui arrivaient en Nouvelle Calédonie par le même avion, sous prétexte d'une quarantaine qu'ils auraient vraiment tout aussi bien pu accomplir à domicile. 

Échanges de nouvelles avec Claude et les enfants, même si Le Fiston se montre peu locace. J'ai moi-même du mal à répondre aux messages que je reçois et j'ai raté un apéro virtuel avec les ami·e·s du triathlon. OK pour cause d'ordi saturé et de connexion que ça consomme trop fort, mais sans doute aussi au fond parce que je pressens qu'il faut que certaines activités et présences nous manquent afin que le déconfinement ne soit pas qu'une épreuve. Je savoure d'être en retrait, puisque c'est ce qui est nécessaire. Je savourerais d'autant mieux les retrouvailles, qu'on n'aura pas trop eu recours à quelques ersatz de revoyures. 

J'ai cuisiné ce soir un chouette risotto à base de ma préparation de la veille + quelques gousses d'ail noir délicieux (rapportées de la maison il y a plus d'un mois et gardées au réfrigérateur à défaut de mieux).

 

(1) Sauf de la levure : je souhaitais faire un gâteau c'est raté. On voit à quel point la situation est grave (je plaisante).

 

LT du soir des infos sur Rai News 24 

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Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
2 621 436 cas (dont : 182 989 morts (46 771 aux USA) et 714 319 guéris) 

PS : Un cadeau d'Alice, ce lien

Chroniques du confinement jour 29 : Le terrain de pétanque et les factures et remboursements

 

    Nous avons couru ce matin le short legal morning run que la tempête la veille nous avait empêchés de faire. Il faisait un temps radieux mais bien frais et l'ensemble de la journée était une illustration parfaite de la so french sentence "Le fond de l'air est frais". 

Je me sentais en pleine forme et pour la première fois depuis une telle éternité que je ne sais l'évaluer je n'ai aucunement éprouvé le besoin d'une sieste. Simplement après le déjeuner un moment à lire au soleil au jardin. 
Les personnes de pleine santé n'imaginent sans doute pas le degré immense de bonheur que c'est. 

Même si, comme l'écrit si bien Antonin Crenn dans son carnet quotidien

"Tout ce qui peut arriver de bon en ce moment, à cause de l’épidémie, serait meilleur si ça arrivait pour de bonnes raisons."

 

Je dois avoir que je disposais d'une motivation particulière : depuis notre arrivée, un projet sous-tendait celui de débroussailler le jardin : il s'agissait de créer un couloir qui permettrait à mon joueur de pétanque carabiné de conjoint de pouvoir à défaut de jouer avec de vrais partenaires, s'entraîner. J'y étais presque, il manquait les fameux 15 à 20 % du boulot qui tardent toujours à être fignolés. Or j'avais perçu son désarroi la veille au soir quand il avait pris conscience de la durée minimale de la suite du confinement. Ce n'est pas faute de l'en avoir averti mais cet homme commet presque toujours l'erreur de ne pas me croire quand j'avance calmement quelque chose. 

Je m'y suis collée pendant deux bonnes heures et vers 17h, le joueur pouvait enfin s'adonner à son art. Avec le tas de petit bois pile placé pour amortir les boules tirées - car on ne peut le nier, notre terrain manque singulièrement de longueur -. 

Ensuite sur l'élan j'ai poursuivi quelques tâches entamées le matin même, en plus des menues écritures quotidiennes : banque (tout va bien, sur mon relevé de carte bancaire alors que nous approchons le 15 du mois : 0 € de dépenses), factures diverses de copropriété et pour la Normandie d'eau. Mail pour tenter de trouver une solution de paiement sans déplacement. 
Et puis j'ai entamé mon petit lot de demandes de remboursement et annulations. Je suppose qu'il me fallait une indication de date minimale de reprise pour trouver la force d'entreprendre ces démarches tristes. 
Un certain nombre de ces annulations seront ou sont gérées (c'est le mot) par mon club de triathlon, deux seulement me reviennent et plusieurs sont des annulations de dedans ma tête puisque par un étrange mécanisme, j'avais omis d'exécuter les démarches. 

  • - le train pour venir en Normandie, que j'aurais dû prendre le samedi précédant le lockdown ; 
    - le séjour à Oslo pour l'écotrail prévu ; 
    - les 10 km de Clichy ; 
    - le Frenchman ;
    - le stage d'entraînement de triathlon (lequel était censé avoir lieu cette semaine) ; 
    - le No Finish Line au pied de la Tour Eiffel ;
    - le trail de La Chouffe.

    et quelques autres compétitions plus légères en prévisions - celles en Île de France, celles pour lesquelles on peut remplacer quelqu'un au pied levé ou s'inscrire en dernière minutes parce qu'il suffit d'y aller sans avoir de long trajet ni d'hébergement à prévoir -. Ainsi que des week-ends de ciné-club.

    Risque de disparaître également le championnat d'Europe d'Athlétisme pour lequel je m'étais offert un double abonnement grand luxe. La question des manifestations sportives est multiple : il y a le fait qu'elles puissent avoir lieu ou non, avec des spectateurs ou à huis clos mais également celui de savoir si les athlètes pourront s'être suffisamment préparés tout en restant confinés. 

    De la pluie est annoncée en fin de semaine, je vais pouvoir m'occuper de mes différents engagements (comité de lecture et radio), ainsi que de ma participation à Ce qui nous empêche

Je continue mon LT vespéral des infos italiennes. C'est une belle pagaille sur quels commerces ouvrent ou non et où. Et toujours la bagarre pour les financement. Avec l'Europe il semblerait que la question des Eurobonds que j'ai cru plusieurs fois résolue, ne l'était toujours pas. Ce qui reste clair c'est que les citoyens italiens au moins ne sont pas pris pour des imbéciles par leurs dirigeants. 
Il y a une belle initiative avec des coupons, via une appli de téléfonino pour soutenir les petits commerces locaux : les clients par ce biais prépayent les achats qu'ils pourront faire après le confinement. 


Mon amie Kozlika signale une bonne décision de Président Macron. Elle concerne la réouverture des pistes cyclables. Parce que bien sûr en ces temps de distanciation sociale le vélo est le meilleur des moyens de locomotion. 

Lu un témoignage d'une employée de magasin alimentaire aux USA. C'est terriblement juste. 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
1 963 441 cas (dont : 123 506 morts (24 641 aux USA) et 463 594 guéris) (chiffres vers 19h)
La Belgique, l'Espagne et l'Italie sont parmi les pays qui ont le plus fort taux de morts par millions d'habitants (350 à 390), sachant que bien des pays ne sont pas d'une transparence inouïe (je pense à l'Iran bien des morts n'ont pas été comptés "Covid-19" et à la Chine aussi. C'est San Marin qui a le plus fort taux, du fait d'être tout petit et d'avoir été frappé par l'épidémie. Andore est un peu à la même enseigne. Globalement les pays les plus testeurs (et qu'on peut supposer imposants aux malades même asymptômatiques des quarantaines strictes) ont la moindre proportion de cas mortels. 

 

 


Chroniques du confinement jour 27 : C'est terrible à dire mais quel bon dimanche (dans notre coin) !


    Les jours se suivent et l'écart se creuse entre notre vie pour le moment comme d'un étrange été, avec les corps reposés et détendus comme jamais et le monde extérieur, des personnes malades, des ami·e·s dont meurent les parents ou grands-parents. Je finis par vivre dans deux états séparés simultanés, un chagrin général perpétuel et une sorte de complétude absolue quant à ma toute petite vie tant qu'elle dure ainsi. Jamais je n'avais eu droit à vivre à mon rythme physique idéal si longtemps, jamais je n'avais eu le droit de me sentir de ce fait, en forme, jamais je n'avais été aussi peu stressée (1). Fallait-il un malheur collectif immense pour que la vie ait à mon égard quelques sollicitudes ? J'ai du mal avec ça ; je m'en calme avec la pensée lucide des difficultés qui suivront, le risque aussi que nous tombions malades après coup, victimes ultimes d'un déconfinement trop hâtif que l'économie réclamera (2).

Alors ce dimanche dans notre petit coin a ressemblé à un dimanche parfait. D'abord un temps d'été, qui devrait sans doute nous inquiéter mais que je suis incapable, tellement il me met en forme, de ne pas apprécier. Ensuite puisque c'est encore autorisé, un petit morning run sur la voie verte déserte. Pas un vrai entraînement, nous sommes limités par le kilomètre requis, et nous avions déjà couru la veille, mais un bon petit décrassage. J'ai enchaîné sur le défi abdos - squats -pompes et la journée était lancée. 

Comme c'était dimanche, pause au jardin et c'était bien. J'en ai profité pour répondre enfin à mes messages en souffrances, certains depuis le soir de l'accident devant chez nous. C'était comme si ceux auxquels je m'apprêtais à répondre à ce moment là étaient tombés dans une fente du temps, l'intention coupée dans son élan, l'élan plus jamais retrouvé.

JF s'est occupé des repas, tâche allégée par la réouverture du traiteur et les courses qu'il y avait faites la veille, mais cependant il a eu ce mérite que je n'ai pas eu à m'en soucier, et que j'ai pu vaquer à mes propres tâches jusqu'au dernier moment. 

Nous avons lu un moment au jardin en fin d'après-midi. Les vieux "Match" et "Miroirs du sprint" de mon grand-père font notre régal. D'une certaine façon il est bon pendant une pandémie (comment est-ce que tout cela va finir ?) de lire ce qui était écrit pendant une guerre mondiale (comment est-ce que tout cela va finir ?), même si tant de choses sont si différentes, et que non, quoi qu'essaie de nous en faire accroire les mâles politiciens, il ne s'agit pas d'une guerre, là, en ce moment. 

J'ai fait une sieste absolument somptueuse, en trois temps, lisant entre chaque moment de sommeil gagnant, n'ayant en rien besoin de lui résister puisque J'avais le temps. J'en suis sortie, toute fatigue bue. C'est quelque chose qui ne m'arrive presque jamais. J'en éprouvais un bonheur incommensurable. 

Pour l'heure je n'ai utilisé l'énergie que pour arroser délicatement les myosotis - car pour la Normandie cette période de beau temps que nous traversons n'est ni plus ni moins qu'une sécheresse -, et trier les journaux anciens par ordre chronologique inversé. J'ai aussi enregistré, après le dîner les chants d'oiseaux côté rue, ce truc absolument dingue quand on y pense.

Comme nous avons vécu fenêtres ouvertes et par moment au jardin nous entendions des bruits de conversation (pas de voisins immédiat mais deux maisons et deux autres maisons plus loin) et c'était presque une illusion de vie normale, d'un dimanche de vacances d'été sans la saison touristique assortie. 

À 19h j'ai suivi en direct sur Youtube le concert d'Andrea Boccelli donné au Duomo de Milan. Tout seul avec un organiste (et vaguement une silhouette (pour surveiller ?) dans un coin). C'était d'une grandiose irréalité. La voix n'était plus ce qu'elle a été, mais le moment méritait le détour. Il y avait des inserts avec des images des villes désertes. Celles d'Italie les plus touchées et aussi Paris, Londres et New-York. Il a chanté Amazing grace a cappella devant la cathédrale et c'était émouvant, on ne pouvait le nier. 

Boris Johnson est donc sorti d'hôpital et a tenu un discours qui est presque comme je l'avais rêvé, le gars qui prend conscience de certaines choses. J'en riais en me souvenant de nos discussions amicales en début de semaine, avec les amies qui me charriaient quand je disais, j'aimerais qu'il s'en sorte mais qu'il en sorte changé. Samantdi aussi doit être bien amusée qui me disait que notre Bécassine béatitude l'emporterait. 

Des intégristes catholiques ont tenu une messe clandestine à Saint Nicolas du Chardonnet. Les cons. Il n'y a pas d'autres mots. Et (what a surprise) les forces de l'ordre qui ces jours-ci sont capables de verbaliser les personnes qui vont travailler à vélo parce que normalement Vous devez circuler en voiture, ont laissé les gens repartir chez eux et n'ont discuté qu'avec le prêtre, ou quelque chose de cet ordre. Une amende pour la forme. 

On approche des 15 000 morts recensés en France, et désormais, France ou Italie on en est à se féliciter qu'il n'y ait "que" 413 morts par exemple. C'est fou d'en être arrivés là. 
Un ami de Twitter qui devait nous faire une balade guidée virtuelle de Montmartre a son père qui est mort la nuit dernière. Je ne sais pas considérer les chiffres des malades graves et des morts comme seulement des statistiques et nous ça va alors tant mieux.  

Capture d’écran 2020-04-12 à 22.05.39 L'ami Xave m'a fait sourire. Dans le triste, comme presque toujours de nos blagues respectives depuis l'épidémie.

 

 

(1) Il faut dire que je bénéficie d'un concours de circonstances, ou plutôt d'un enchaînement calendaire des choses, particulièrement étrange d'un point de vue professionnel. Après, che sera sera car il y a bien trop d'inconnues quant à la sortie du confinement. Peut-être que tout sera à refaire. Mais au moins j'aurais pris des forces. 

(2) Je tiens cette crainte solide du sort de ma grand-mère maternelle morte peu après la Libération, des conséquences indirectes de tout ce qui avait précédé, et qu'elle avait pourtant surmonté. Elle avait su mener une grossesse à son terme en plein pendant ces mois du Débarquement, et accoucher, et le bébé se portait bien. Seulement voilà, elle n'a pas pu bénéficier des conditions d'hygiène qui auraient été nécessaires et leur mort à elle, puis à lui, s'en est suivie. 

 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
1 837 767 cas (dont : 113 312 morts (21 667 aux USA) et 421 508 guéris)


Des accidents potentiels mais un plaisir inentamé

 

    Les trajets de #Vélotaf étaient très tranquilles aujourd'hui : pas ou peu de circulation et ce matin un bon soleil. Il n'empêche que par deux fois des accidents ont failli avoir lieu juste derrière moi.

Le premier était dans une rue moyenne à double sens de circulation et sans piste cyclable. Il y avait des travaux qui rétrecissaient la chaussée du côté opposé au mien. Deux voitures du coup ne pouvaient plus se croiser et une voiture face à un vélo si mais si la voiture venant en face serrait bien sa droite le long des palissades de chantier. Je vois un taxi arriver face à moi, bien pressé. Par prudence je ralentis : ça va passer mais juste. Et c'est alors qu'une trottinette électrique qui me suivait sans que je le sache (silencieuse) trouvant que je n'allais plus assez vite a décidé de me doubler. Le taxi a ralenti et s'est mis à serrer sa droite, mais il ne s'en est pas fallu de beaucoup.

Le second était à un carrefour entre Neuilly et Boulogne qui combine feux rouges et rond point. Le feu était rouge d'où je venais, une voiture me suivait bien arrêtée comme moi. Une cycliste est passée venant de l'arrière, sans même ralentir, hop dans le rond-point avec quelques véhicules qui y circulaient, heureusement à vitesse si modérée qu'ils ont pu freiner. Elle disposait d'un vélo de ville, ça n'était pas quelqu'un en mode sport qui, j'en connais, parviennent à se faufiler dans une tête d'épingle et peuvent parfois tenter des trucs qui aux autres ne pardonneraient pas. Elle semblait simplement parfaitement inconsciente du danger, voire même de l'existence d'un carrefour. Je précise qu'elle ne tournait pas à droite et qu'il n'y avait pas non plus un tout droit possible sans danger. Elle a vraiment tout grillé et traversé pour aller en face vers la gauche en se comportant comme si elle était un véhicule prioritaire avec la sirène activée.

Sinon, bien sûr kyrielle de véhicules en arrêts avec warning sur les pistes cyclables ; certains les considèrent vraiment comme des sortes de bandes d'arrêts temporaires. Je suis suffisamment aguerrie pour me glisser dans le flux des véhicules qui déboîtent, mais il n'empêche qu'au lieu de pouvoir rouler à bonne vitesse sur une piste cyclable dégagée on doit ralentir, se méfier, relancer après.
Et toujours beaucoup d'automobilistes qui semblent avoir peur d'user leurs clignotants. Mais ce comportement gêne aussi leurs congénères. 

Plusieurs voitures à l'aller comme au retour m'ont accordé des Allez-y passez, de courtoisie ce qui fait toujours plaisir (par exemple aux endroits de priorités à droite mais la voiture voit qu'on est sur notre élan alors la conductrice ou le conducteur fait signe). Et un scooter qui a reculé pour me laisser accès à un tourne-à-droite (il était lui-même gêné par une voiture mal garée sauf que j'avais la place s'il se poussait de passer). Je suis toujours très sensible à ses signes encourageants.

Je me suis aperçue que j'ai franchi la barre de me préoccuper des grèves. Je vais bosser à vélo et puis c'est tout. 

C'est particulièrement appréciable le soir, j'arrive à la maison la journée de boulot déjà loin (même si c'est un bon travail, il requiert de l'attention et de la concentration et de la force physique), concentrée sur tout autre chose, les jambes défatiguées (le pédalage détend bien de la station debout et des piétinements), fin prête pour apprécier pleinement mon petit bout de soirée.

 


Vélotaf - Je ne suis pas la seule -

 

    Je comptais bien vélotafer pour ce nouveau boulot (1), seulement peut-être pas tous les jours, ne serait-ce que pour pouvoir lire ; ce que les transports en commun autorisent lorsqu'ils sont empruntés dans de bonnes conditions, mais pas le vélo, pas très bien.

Voilà qu'avec la grève générale et des transports en communs parisiens en particulier, j'ai parcouru chaque jour environ 25 km. En deux fois sur un parcours presque plat, c'est très faisable, dès lors que l'on n'a pas d'ennui de santé particulier. J'en suis donc à 350 km environ cumulés et ma foi, si l'absence de possibilité de pointes sérieuses de vitesse empêchent que ça vaille pour entraînement de triathlon, c'est beaucoup mieux que rien.

Grâce à cet effort quotidien, je me sens en meilleure forme pour assurer le boulot, c'est particulièrement flagrant sur les début de journées de travail : j'arrive bien réveillée, bien échauffée, prête à soulever ce qu'il faut de cartons.

Je pense que bien des personnes que les grèves ont contraintes au vélo, si elles n'ont pas trop subi de mésaventures liées aux comportements des automobilistes pressés (2) et de certains 2RM, vont constater une réelle amélioration de leur condition physique et donc de leur quotidien et vont rester adeptes de cette belle façon de circuler.

Un billet de blog de Tristan Nitot rassemble bien les enjeux, n'hésitez pas à aller y lire : 

Le possible succès du vélo

 

Il n'y manque que la mention des petits bonheurs : le co-vélotaf, qu'il m'est arrivé de pratiquer (par exemple Coucou Sacrip'Anne) et les rencontres et retrouvailles.

Ainsi ce matin en allant bosser, j'ai croisé une belle petite bande de camarades de mon club de triathlon lesquels venaient de s'entraîner en course à pied, et même si je n'ai pas pu m'arrêter car arriver en retard au bureau peut se négocier mais arriver en retard pour tenir boutique signifie laisser des clients mal servis, nos saluts joyeux ont ensoleillé ma journée.

Il m'ont donné l'impression que la vie était belle, classe et facile comme dans les méthodes de langues ou les comédie musicale.

 

(1) À la librairie Les Mots et Les Choses, donc

(2) Not all automobilistes, il y a vraiment globalement un progrès. Seulement il suffit d'un gougnafier pour se retrouver en danger. 


Arras Film Festival, les jours suivants

 

    Il fait plutôt beau ou du moins pas trop froid, mettre le nez dehors en sortant des séances n'est pas une épreuve en tout cas, on mange bien - d'années en années l'offre de restauration s'affine et s'agrandit -, en revanche on croise peu les ami·e·s, sans doute parce que nous sommes à présents des festivaliers aguerris capables de voir quatre films par jour sans épuisement ni saturation ; ce qui laisse peu de temps de battements. 

Plus de détails sur mon blog Vacances et cinéma, dont la forme n'est pas encore fixée : je comptais faire des billets de type Journal de bord et d'autres de type Chroniques de films, seulement par manque de temps pour l'instant tout est mélangé. 

Arras Film Festival jour 3 

Arras Film Festival jour 4 

Arras Film Festival jour 5 

Arras Film Festival jour 6 

Je voulais par ailleurs rédiger ici un billet sur comment on ressentait, comment on commémorait les attentats du 13 novembre 2015 quatre ans après ; et aussi sur les anniversaires devenus difficiles à fêter.

Mais je n'en ai pas eu le temps, ni les pensées suffisamment articulées. Ce que je peux dire c'est que même en n'ayant perdu aucun proche, le chagrin demeure là, une peine qui ne s'efface pas. Je ne parviens pas à le formuler proprement mais c'est un peu comme si nous n'étions encore là que grâce à leur sacrifice (pas vraiment ce que je voulais dire, il faudra que j'y réfléchisse ; quelque chose comme : un sentiment d'être redevable envers les victimes de ces attentats-là). 

Je voulais également témoigner sur le fait que chacune et chacun d'entre nous se souvient précisément de ce qu'il ou elle était en train de faire au moment où la nouvelle des attentats du Bataclan et des cafés et restaurants de quartiers voisins l'a atteint·e.

 


La Corée près de chez toi

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Depuis que la nouvelle rue est ouverte qui va de Pont Cardinet au Tribunal de Paris, je l'emprunte à la moindre occasion. D'abord parce qu'elle me permet de rentrer agréablement à pied - contrairement à l'avenue de Clichy qui est très chargée de circulation et pas très accueillante -, ensuite parce que je savoure ces nouveaux quartiers pour moi sans souvenirs.

C'est l'un des poids de vivre très longtemps dans la même ville : chaque pas fait surgir foison de souvenirs, et si ça n'est pas désagréable en soi, c'est fatigant à la longue. Je dois faire en permanence un effort pour me dire Je suis maintenant. 

Dans ce nouveau quartier du XVIIème, c'est relâche : il n'était pas accessible avant, il s'agissait d'un domaine de la SNCF je crois, et pas ouvert au public en tout cas. 

De plus cette rue en particulier avec les architectures moderne et variées de ces immeubles, bureaux et logements mêlés me rappelle irrésistiblement quelques quartiers entrevus dans des films de Corée du Sud. Même pas tant l'extraordinaire "Parasites" que d'autres, vus au fil des ans aux Festivals de La Rochelle ou d'Arras et qui m'ont laissée cette impression.

D'où que lorsque je reviens de quelque part dans Paris et décide de au moins finir à pied en passant par ce chemin et comme ce fut le cas ce soir, en rentrant de la fête de départ à la retraite d'une amie 

C'est l'un des poids de vivre très longtemps dans la même ville : chaque pas fait surgir foison de flashs back, et si ça n'est pas désagréable en soi, c'est fatigant à la longue. Je dois faire en permanence un effort pour me dire Je suis maintenant. 

Dans ce nouveau quartier du XVIIème, c'est relâche : il n'était pas accessible avant, il s'agissait d'un domaine de la SNCF je crois, et pas ouvert au public en tout cas. 

De plus cette rue en particulier avec les architectures modernes et variées de ces immeubles, bureaux et logements mêlés me rappelle irrésistiblement quelques quartiers entrevus dans des films de Corée du Sud. Même pas tant l'extraordinaire "Parasites" que d'autres, vus au fil des ans aux Festivals de La Rochelle ou d'Arras et qui m'ont laissée cette impression.

D'où que lorsque je reviens de quelque part dans Paris et décide de au moins finir à pied en passant par ce chemin, appeler en mon fort intérieur ce mode de retour  Passer par la Corée pour rentrer.  Ce fut le cas ce soir, en revenant de la fête de départ à la retraite d'une amie, je suis descendue métro Rome - lycée Chaptal souvenirs de classes prépa 1981 - 1983 ; rue Boursault, chambre d'étudiante de mon amie Françoise, mêmes années ; Notre Dame des Batignolles, mariage de mes parents ; square des Batignolles ancienne collègue et amie qui logeait près d'ici, un restaurant où nous étions allés en bande un soir après une signature avec mon ami François, celui qui habite loin de Paris, départ traditionnel des 10 km du XVIIème, souvenirs avec les potes du triathlon et puis je traverse près de la gare de Pont Cardinet, et hop, presque plus de claques mémorielles, et je suis en Corée, un quartier familier, près de mon hôtel peut-être, ça y est j'ai mes marques, mais aucun souvenir marquant. Et puis à chaque fois je remarque de nouvelles choses (1), vraiment comme une touriste qui découvrirait une ville. Me voilà en sensation de congés. Ma fin de soirée se déroule en vacances.

Et puis soudain voici qu'apparaît ... Un restaurant coréen avec une partie de l'enseigne dans la langue.

Je crois que j'ai inventé le voyage loin zéro carbone instantané. 

(et j'en riais encore en arrivant chez moi)

 

 

(1) En réalité parce qu'en ce moment à chaque fois, quelque chose à ouvert, un morceau de chantier s'est terminé, un passage est accessible ou alors était ouvert mais désormais sous code d'accès.