Réappropriations


    Je poursuis méthodiquement la mise à jour de la liste des blogs que j'aime aller lire du moins ceux qui ont survécu à la fin de l'époque pionnière où nous étions libres et plutôt bienveillants, communiquant via les commentaires et pas encore par les réseaux sociaux. 

Il me semblait avoir déjà croisé la plus #WTF des réappropriations de noms de domaines sur des blogs avec l'adresse qui fut celle de La République des Livres de Pierre Assouline, seulement en poursuivant aujourd'hui la liste j'ai constaté que La boîte à images d'Alain Korkos première version était devenue un blog de déco d'appartements

Les corps empêchés qui fut le blog d'Emmanuel Pagano est désormais un site d'accessoires de modes.

J'admets fort bien que les temps changent. Il n'empêche que c'est un brin troublant. Et qu'il est triste que des contenus de qualités disparaissent (même si pour deux des exemples particuliers, heureusement, de nouveaux sites et une part d'archives peuvent encore se consulter). 

Concernant La boîte à images, la nouvelle adresse est ici.


La palme du changement (le plus spectaculaire)

 

    Comme je m'y attendais, depuis la dernière fois que j'avais entrepris de remettre à jour mes listes de blogs suivis et de sites, essentiellement littéraires, un certain nombre est en déshérence, plusieurs sont passés en mode privé - ce qui n'est pas étonnant, une forme d'entre-nous qui exista dans les années 90 et le début des années 2000 n'est plus de mise et par ailleurs pour travailler il convient désormais d'être un être parfait, tout dévoilement peut se retourner contre soi, du coup la liberté n'est plus possible qu'avec une certaine confidentialité -. 

Et quelques-uns ont été repris : un petit malin a attrapé le nom de domaine, s'il n'avait pas été renouvelé et zou. 

J'ai donc eu la surprise de constater que les centres d'intérêts de Pierre Assouline avaient beaucoup changé ;-) . C'est probablement la palme du changement le plus spectaculaire. 

Au passage merci à celles et ceux qui même en cessant d'écrire permettent de revenir lire, retrouver un commentaire, relire un billet. Avec une reconnaissance particulière pour qui maintient lisible le blog de La Fille Aux Craies. J'aime à retourner y relire un de ses billets. Elle avait le don pour me redonner courage.

Merci aussi à celles et ceux qui bloguent encore envers et contre tout. Certain·e·s s'y sont remis récemment, car si les réseaux sociaux permettent l'échange, ils ne suffisent pas pour écrire ou (inclusif) conserver traces, et c'est chouette de les retrouver. 

C'est beau aussi de voir à quel point certains sont entre-temps de leurs débuts de blogs devenus des spécialistes d'un domaine donné. Salut à toi, Joël, devenu fin connaisseur en danses indiennes.

 

PS : La République des Livres est lisible ici


Tracas technique (des idées ?)

 

Depuis une semaine, plus moyen de connecter ma montre de triathlon Garmin Forerunner 735XT au MacBook Air (sous MacOS High Sierra 10.13.6) via le cordon USB.

Avant il suffisait que je la branche pour qu'elle apparaisse dans le Finder. Et puis soudain dimanche dernier impossible de la voir même en passant par Finder / Aller à / Ordinateur ou par certaines rubriques systèmes qui permettent de voir les connexions USB.

J'ai essayé tous les classiques : autre cordon qui marche bien autre Garmin autre ordi (le PC du conjoint), l'autre port USB du MacBook Air, vérifié que les ports USB fonctionnaient bien avec d'autres appareils. Et bien sûr, éteindre, rallumer, recharger Garmin Express.

Rien n'y fait au moment de "Connecter votre appareil" rien n'est détecté 

Capture d’écran 2019-05-20 à 01.56.07

J'en suis rendue au stade ou toute idée est la bienvenue. D'autant plus que j'ai un triathlon qui approche.

Remarque : La connexion fonctionne parfaitement, exactement comme avant le dimanche fatidique, pour ce qui est de recharger la montre. Et la montre elle même fonctionne tout comme avant, aucun problème apparent.

addenda de début juin : en fait et finalement, je m'en suis sortie en désistallant puis réinstallant complètement le logiciel Garmin Express sur l'ordi et en réinitialisant la montre. Je ne sais laquelle des deux manips aura été déterminante. 

 

 

 

Mes cyber-frères et cousins

 

    C'est parti d'un touite de @Celinextenso qui répondant à une question sur ce qu'on pouvait regretter n'avoir pas eu dans notre éducation, écrivait qu'elle aurait aimé avoir internet petite. Dans un premier temps je me suis dit Oh oui, c'est exactement ce qui m'a manqué. Puis je me suis souvenue qu'en fait je suis très heureuse d'avoir pu bénéficier des temps un peu pionniers et de l'émerveillement que fut son arrivée, pour la citoyenne quelconque que j'étais, une révolution : pouvoir communiquer d'un seul coup sans entraves avec des personnes du monde entier.

J'ai dû déjà l'avoir écrit cent fois, j'ai eu cette chance pimentée d'éléments logiques (des centres d'intérêts communs) de croiser via l'internet des personnes formidables. Et aussi d'une certaine façon de me constituer une famille élargie avec de très solides affinités ou (inclusif) de ma part des admirations pour ses membres. Dresser une liste exhaustive prendrait trop de temps, je n'ai pas encore trouvé celui de mettre à jour ma blogroll, j'espère je ne sais quand y parvenir. Mais en attendant et en ces temps où les blogs actifs se font plus rares qu'avant les réseaux sociaux, je souhaite prendre note dans un billet de ceux que j'ai tendance à considérer comme mes cyber-frères ou cousins. Parce que je ressens que nous pourrions être de la même famille quand les personnes qui la compose s'entendent bien. 



Matoo , que je connais depuis un bon moment maintenant, et qui est comme le petit frère que je n'ai pas eu. Nos vies sont géographiquement proches - ce qui renforce à n'en pas douter cette impression de lien de parenté que j'éprouve -, d'un quotidien différent - ce qui fait que certains de ses textes sont pour moi comme ceux d'Alice lorsqu'elle parle de théologie, sources de perplexités et en même temps de s'ouvrir l'esprit -, et on se rejoint sur plein de sujets, avec un écart générationnel que je ressens personnellement comme bien moindre que le nombre strict des années que j'ai de plus. 

- David Madore qui me rappelle qu'il fut un temps où mon cerveau fonctionnait à fond (en gros avant mes 19 ans, lorsqu'un chagrin de ceux dont on ne se remet jamais tout à fait, m'a cramé bien des neurones) et où j'appliquais en toutes choses une logique sans faille. Je ne prends pas le temps de comprendre chacun de ses billets, mais ils me font du bien. Je lui dois l'effet Zahir, entre autre, et comme ça fait du bien de pouvoir mettre un nom sympathique sur quelque chose qui nous arrive souvent. Par exemple ce billet, Exilé hors du royaume magique , correspond exactement à quelque chose que je ressens mais n'aurais su formuler aussi bien.

- Virgile qui m'amène souvent dans ses billets à réfléchir sur des sujets qui n'avaient fait que m'effleurer. Il m'arrive aussi, avant d'écrire ici certains billets dans lesquels je sens que je vais me laisser embarquer sur un sujet de société d'aller vérifier chez lui s'il ne l'a pas déjà abordé, analysant dans le même sens que moi, mais plus finement, ce que je souhaitais exprimer. Comme à l'"Usine" je faisais un travail par époques relativement proche de son domaine professionnel, je me sens fréquemment très en phase avec ce qu'il en écrit. Splendide exemple ici (Start up fiction

 

Je leur suis très reconnaissante de ne pas avoir cessé d'écrire, même si le rythme est moins soutenu que "du temps des blogs". Ils m'aident à conserver l'esprit encore (un peu) agile, malgré les fatigues qui le rendent moins disponible aux réflexions posées, et les années qui nous poussent à cheminer suivant les mêmes canaux de pensées. 

PS : Xave fait au départ aussi parti de la liste, plutôt comme grand copain, ou co-national (de mes rêves car je ne suis pas passée à la réalité de la chose ;-) ), seulement il ne blogue presque plus. 

 

 

nb : L'appellation cyber-lien de parenté est un usage que je dois @samantdi 

 


Bug

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Ce touite d'Atlas Obscura a été pépié pile à l'instant où je me délectais de la lecture du Nouveau dictionnaire Marabout de la Micro Informatique.

Je me suis donc fait un plaisir d'aller voir sa définition.

 

Bug 
en français Insecte ou vermine

C'est une erreur dans la programmation (tout programme au départ comporte toujours un certain nombre d'erreurs). Ce terme, devenu une interjection, vient des premiers "âges" de l'informatique où les ordinateurs étaient alimentés par des lampes qui attiraient les insectes. Ceux-ci engendraient des courts-circuits et des erreurs de programmation.
Ainsi, débugger est l'opération qui consiste à reprendre un programme pour en enlever les erreurs de programmation. On a proposé également les néologismes déboguer, déverminer, et plus récemment (Seymourt Papert) : désosser. Le plus français serait encore de chercher la bulle !
(voir aussi bogue)

Marrant ce qu'on en disait en 1991 (Il ne faudrait jamais inscrire "nouveau" sur la couverture d'un dictionnaire en papier)

 


Dans la série je comprends vite mais je mets longtemps

 

    Deux ans que je dispose d'un très agréable smartphone, dûment proposé par mon opérateur, ce qui tombait bien, mon téléfonino précédent flanchait.

Je regrettais seulement que les sonneries fussent identiques pour toutes applications, or si les SMS sont encore porteurs généralement de messages personnels, et donc demandent qu'on y jette un œil si possible pas trop tardivement après leur arrivée, les notifications des différents réseaux sociaux sont trop nombreuses pour être suivies à la minute près. J'avais du coup réglé l'ensemble sur un bip discret. Ce qui me faisait louper bien des SMS du moins d'y répondre dans la foulée (1). Sans compter que tant que ma mère n'était pas malade et si je n'attendais rien de particulier, je basculais en mode silencieux pour les heures de bibliothèque et de travail en librairie.

Il aura fallu l'arrivée de Mastodon et que je souhaite pouvoir distinguer les notifications de ce réseau des autres, du moins tant qu'il reste en config, réunion des amis (un peu le twitter des débuts, quoi) pour que je me penche sur la question et m'aperçoive aussitôt qu'il convenait de régler les sons appli par appli et que le "par défaut" général ne s'appliquait que si l'on ne précisait rien de particulier (2). 

Deux ans ! (et vingt secondes, le temps de se poser vraiment la question)

Je pense que mon incommensurable capacité à "faire avec" toute situation, jusques dans ce genre de détails, vient de générations et générations qui avant moi n'ont fait que bosser en espérant survivre et sans avoir de choix, fors la révolte quand vraiment ils n'en pouvaient plus.

 

(1) Sans parler de bizarreries par périodes, des SMS reçus ou envoyés plusieurs jours ou heures après (non je n'envoie pas, sauf extrême urgence de SMS, en pleine nuit) - ce qui tient  sans doute des opérateurs et non des téléphones -.

(2) À ma décharge mon téléfonino précédent n'étant pas un smartphone tout se réglait via les paramètre de l'appareil (son de SMS, son de messagerie ...) en centralisé. 


Nouvelle cour (de récré)


    Ça fait un moment qu'avec les amis on ne se sentait plus chez nous sur Twitter qui tendait à ressembler à FB et puis la pub, non mais.  Alors bien sûr, pour peu que l'on ait un boulot qui demande quand même un tantinet de communiquer (au hasard, libraire, avec des rencontres organisées), on reste sur ces gros réseaux. Et je pense que niveau infos, Twitter restera le plus (ré)actif un moment encore, d'autant plus qu'au fil du temps j'ai les bons fils à suivre - hier encore, hélas, pour Stockholm, bien qu'étant au boulot, et pas à consulter mon téléfonino, j'ai su très vite -. 

Je suis très heureuse d'être sur Framasphere, mais ce quartier s'est révélé être davantage celui de photographes avertis - ça me va aussi -. Seulement force était de constater que la plupart des potes n'avait pas suivi.

Voilà que cette semaine, influence d'un article des Inrocks ?, ou que sais-je, mes ami-e-s des blogs se sont comme une seule femme inscrit sur Mastodon, via une instance qui m'a fait aussitôt me sentir chez moi.

La mayonnaise a pris et je pense que cette fois-ci on tient notre nouvelle cour de récré. Avant qu'elle ne soit gâchée par les réactionnaires, les publicitaires et les néo-fachos peut-être qu'on pourra s'y amuser un brin.

Grand merci à Alda 

Welcome to Mastodon

ainsi qu'à Kozlika qui m'a inscrite car mes horaires étaient peu compatibles avec les fenêtres d'inscriptions et qui comme au bon vieux temps, a écrit LE tuto pour les débutants : 

Mastodon, premiers pas

Longue vie (sans publicité) aux chouettes instances et à tous les mastonautes. 

 

PS : JK, please, attends un peu, les serveurs sont (pour l'instant) fragiles ;-)

  


Sometimes two of my worlds meet

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C'était vendredi soir, à l'Attrape-Cœurs, soudain j'aperçois une belle pile du livre d'un ami, très bien fait sur un sujet qui mérite que soit fait beaucoup de pédagogie : s'il est en effet un domaine où lorsqu'on s' y connaît on oublie combien la plupart des gens est larguée, c'est bien celui des outils numériques, des données, des ordis (1).

Alors l'amie qui tient la librairie m'annonce qu'il y aura une conférence-débat mardi et que peut-être s'il y a des désistements, une place sera possible. Je me mets sur les rangs. 

Finalement après un de ces raccourcis de rencontres dont Twitter a le secret, je croiserai par ailleurs l'une des organisatrices, qu'en fait je connaissais, et j'ai pu bénéficier d'une absence annoncée.

Ce fut sans doute trop court pour approfondir les sujets, sur lesquels les deux intervenants Tristan Nitot et Philippe Vion-Dury, partageaient bien des vues il s'agissait davantage d'une mise en alerte, d'attirer l'attention d'un public qui pouvait n'être pas totalement averti, sur ce qui tient quasiment du piratage institutionnalisé. 

Quoi qu'il en soit ce fut la (l'une des) première(s) fois où deux de mes mondes habituels, celui des blogueurs et geeks et celui des livres côté librairie se croisaient. Je souffre parfois de ma vie trop disjointe entre des mondes cloisonnés (2) et j'avoue que ça m'a fait un bien fou d'être pour une fois réunifiée. En plus que parmi les présents j'ai rencontré un habitué de chez Charybde, ce qui m'a fait bien plaisir.

Dommage que la soirée ait été ternie par un double vol, sale coup pour les organisateurs qui avaient utilisé leur matériel personnel et s'en sont trouvé dépouillés - apparemment il aura suffit d'un instant, alors qu'ils nous escortaient vers la salle où les dédicaces se tenaient -. C'est toujours rageant. 

Les deux livres étaient donc : 
La nouvelle servitude volontaire de Philippe Vion Dury ;
- Surveillance de Tristan Nitot 


Quant à l'association elle s'appelle Le Mouton Numérique

(1) Sans doute parce qu'une fois qu'on sait, ça semble simple.
(2) D'autres fois c'est un atout : ainsi avoir pu conserver des compartiments étanches ou quasi lors des deux vagues d'attentats de 2015 m'a beaucoup aidé, d'être aussi de Paris et du monde des blogs m'a été d'un grand secours lorsque la librairie Livre Sterling fermait et Bruxelles s'éloignait, et cet hiver, avoir une partie de ma vie ailleurs qu'au niveau familial, dans de tout autres milieux m'a aidé à faire face. Quand tout va bien, en revanche on aimerait que les uns et les autres se connaissent et s'apprécient.

 

[photo en attendant mieux (les photos de mon appareil photo, par exemple)]


Une certaine absence d'étanchéité (petit mystère de fonctionnement des réseaux sociaux)

Capture d’écran 2017-03-16 à 10.11.32

Souvent je lis pendant mes trajets des nouvelles des amis ou des infos sur les réseaux sociaux. Je suis donc sur mon smartphone, modèle de ceux "offerts" par les opérateur, écran de taille raisonnable. 

Du coup je tape parfois à côté de l'option visée, sans parler des fantaisies que me rajoute l'autocorrect qui est assez imaginatif pour un outil.

Hier, il s'est passé un petit truc que je n'ai pas compris, même en admettant la fausse manip. 

Sur FB je vois cette photo de Didier da Silva qui me touche : c'est le genre d'image que j'aime à tenter. Et je suis le genre de personne capable d'attendre avec mon appareil en main que la lune soit pile dans l'axe. Il a réussi la photo parfaite. 

Je like et crois cliquer sur partager. Normalement s'affiche alors sur le mur FB de qui a ainsi cliqué l'image ou le lien avec la mention "a partagé la publication de". Et d'ailleurs ça a bien fonctionné.

Seulement peu après j'ai vu passer dans mes mentions twitter, donc sur un autre réseau, un commentaire d'un de mes amis,  Capture d’écran 2017-03-16 à 10.34.22

et il m'a fallu un temps pour comprendre qu'il se référait à la photo que j'avais cru partager sur FB. J'ai été encore plus surprise de constater que non seulement elle apparaissait sur Twitter, sans que je n'aie rien fait de volontaire pour qu'elle bascule d'un réseau l'autre, mais qu'en plus elle y apparaissait comme si je l'y avais directement publié comme l'une des miennes 

Capture d’écran 2017-03-16 à 10.38.29Je n'ai pas compris comment ça avait été possible (1).  J'étais en mouvement, me suis dit, Je regarderai ça de plus près une fois au calme.

On est le lendemain, je suis enfin tranquille, j'ai pris le temps de regarder la mémoire de mon téléphone (pas trace de la photo donc l'hypothèse téléchargement involontaire, touitage par le biais d'automatismes / galerie du téléphone, est à exclure), de faire différentes "fausses" manips volontaires pour voir jusqu'où elles conduisent, je n'ai pas trouvé le moyen de reperdre l'étanchéité entre les deux réseaux (sur tél. : les deux applis). J'ai même regardé ce que ça donnait sur l'ordi mais rien.

J'ai aussitôt émis un correctif, et présente toutes mes excuses à Didier. Il n'empêche que j'aimerais bien piger comment ça a pu se passer.

Si quelqu'un a l'ombre du début d'une explication je suis preneuse. Y aurait-il quelque part une option par défaut à décocher ? Suis-je tombée dans un bug insoupçonné ?
Et donc je répète : ce que j'ai cru, voulu faire et fait (ça s'est bien effectué), c'était liker une photo d'un ami sur FB et la partager sur mon mur avec toutes les indications de sa provenance. Ce que je ne comprends pas : comment elle s'est retrouvée sur ma TL twitter et de plus sans plus aucune mention de qui l'avait faite et publiée.

Ça a beau n'avoir rien à voir, je trouve ça un peu flippant, un peu comme quand le virus de la grippe aviaire bondit des oiseaux aux humains. Je sais qu'il existe des options de publications simultanées mais comme je n'aime pas ça - pour moi les différents réseaux correspondent à différentes communications - je ne les ai pas activées. Alors ce manque d'étanchéité entre eux me semble inquiétant. Et qu'aussi on puisse si facilement involontairement publier quelque part quelque chose à notre insu.

Si l'ami Joachim n'avait eu la bonne idée de commenter l'image, jamais je ne me serais rendue compte de cette publication qui semble directe. Ce qui rajoute un cran dans ce qui semble inquiétant : n'est-ce pas déjà à nouveau survenu ?

Merci à lui en tout cas.

 

(1) Au passage, charmante mention Translate from french 


"On a commencé à comprendre que le monde allait basculer" (François Bon)

Ça faisait donc vingt ans aujourd'hui.

Voire un peu plus pour une amie !

 

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Alors pour moi c'est plus compliqué. De part mon boulot à l'"Usine" j'étais connectée depuis 1986 mais il s'agissait de réseaux internes, par exemple j'avais été la cheville ouvrière de l'équipement du service recrutement en réseau local sur des ordi Goupil G5. C'était une innovation de fous pour ce temps là.

On utilisait des modems, les sons de la video de François me sont familier. J'avais enfin eu un ordi à la maison - privé et équipé de logiciels à mes frais - entre 1988 et 1990. Aucune connexion, c'était comme une sorte de machine à écrire électronique hyper-perfectionnée.

Au boulot une grosse partie du taf se faisait par connexions sur gros systèmes, les ordinateurs n'étaient pour certains d'entre eux que des terminaux, pas de mémoire locale, des sortes de gros minitels si l'on veut simplifier.

Vers 1993 ou 1994 on passe aux OI (Ordinateurs Individuels) et il y a une messagerie mais elle est à l'intérieur du progiciel qui nous sert à programmer. Autant dire qu'à part un Bon anniversaire ! ou une invitation à un pot (en ce temps-là le boulot c'est aussi de la vraie convivialité sans autres objectifs sauf pour les rusés, que se détendre après avoir trimé), rien n'y est trop personnel

En 1997, l'entreprise c'était enfin mise à la messagerie interne, une vraie, dédiée. C'est sous MXMS et miraculeusement la trace d'un tout premier message d'essai, le 12 septembre 1997 à 15h50 est restée dans mes archives (1), le texte étant aussi peu compromettant et confidentiel qu'un "Bonsoir ! C'était juste pour essayer notre nouvelle messagerie", je le partage ici.

Mais ce n'est toujours pas le vrai internet.

Je suis au courant : un jour au Palais de la Découverte [(souvenir d'y être seule un jour de semaine sans enfants, peut-être au temps où nous avions les "horaires variables" et pouvions récupérer en temps libre une partie de nos heures sup). Avant 1996 donc. Ma mémoire semble se rappeler de mai 1994. Mais rien d'autre n'y est rattaché. Ai-je conservé quelque part une trace ?] il y a une animation "internet", venez vous connecter, essayez. Et comme j'ai l'habitude des ordinateurs je m'avance et fais un peu office de cobaye avec l'aide de quelqu'un de la maison à côté d'autres qui s'y essayent et devant quelques personnes intriguées mais qui n'osaient pas.

Je suis un peu déçue : c'est peu ou prou la presque même chose que nos connexions internes dans l'entreprise. Mais j'entrevois qu'on peut aller visiter des sites du bout du monde, que des gens par exemple publient des photos. Je pense je vais peut-être grâce à ça, quand je l'aurais chez moi retrouver Lucia (2). Le temps est limité, il faut laisser d'autres personnes essayer. Je me promets de m'équiper dès que ça sera possible.

Je ne me souviens plus de quand ça le fut : l'argent s'est toujours fait rare, nous avions deux bons salaires mais aussi deux enfants et de lourds frais de garde car nos horaires étaient étendus, et un appartement à rembourser et même à une époque une maison de retraite à payer. Et donc pour mon équipement personnel : beaucoup plus tard que je ne l'aurais voulu. 

Mes premiers amis de l'internet remontant à début 2003 je dirais, 2002 peut-être pour mon premier ordi à la maison connecté. Et c'était chez France Télécom, vite rebaptisé Wanadoo, et le premier abonnement n'était que pour 10 heures par mois qui très très vite ne suffirent pas. Ça faisait bien quatre à cinq ans que je rongeais mon frein (3).

Un facteur déterminant fut la publication de certains des livres de Martin Winckler par épisodes ("Plumes d'Ange" typiquement) via P.O.L. Tant que je n'étais pas équipée chez moi, j'en étais réduite à donner mon adresse professionnelle. J'arrivais plus tôt pour imprimer la ou les pages du jour, et les lire ensuite généralement à la pause déjeuner. Or ce que je voulais, que j'estimais n'être pas trop demander, c'était de pouvoir les recevoir et les lire chez moi, en paix, sans que personne ne puisse éventuellement me le reprocher. Il me restera des souvenirs d'arriver tôt dans le bureau, celui qui avait à La Défense une vue imprenable sur Paris, la lumière douce du matin, et la petite joie en constatant que le message était bien là. Ça donnait du courage pour tenir la journée.

Le souvenir reste vif du bonheur infini de comprendre immédiatement la portée révolutionnaire du truc, le fait de pouvoir instantanément se connecter avec le reste de la planète, n'importe qui pouvait proposer du contenu que pourrait lire ou voir ou écouter n'importe qui d'autre à l'autre bout du monde. Personne (alors) pour dire, Non, pas toi, personne à convaincre, pas de barrage dès lors qu'on disposait de l'équipement et de la connexion.

En revanche je n'imaginais pas à quel point formidable ça aller changer ma vie (je veux dire : la mienne en particulier) et l'élargir, me donner ma chance. Je n'imaginais pas la qualité des rencontres que j'y ferais. Ni la profusion de bonnes et belles lectures qu'il y aurait. 

Malgré les difficultés, levées dès qu'on sort du conventionnel où la société veut nous cantonner, je ne regrette rien. Je suis très reconnaissante envers les pionniers qui m'ont accompagnée sur ce chemin, qu'ils avaient déjà défriché. 

 

addenda du 25/08/16 00:03 : 

La petite révolution technologique de Christine Simon 

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(1) De ce qu'il y avait avant il ne me reste rien ou uniquement ce qui pouvait se trouver chez moi par inadvertance : tout a brûlé en mai 1996

(2) Ce qui advint grâce à Facebook en 2012 je crois. 

(3) Une constante dans une vie de peu de moyens : chaque fois que je souhaite entreprendre quelque chose qui nécessite un peu de financement et de temps à rendre disponible, c'est le délai qu'il me faut avant de pouvoir tenter ma chance concrètement. J'ai intérêt à vivre centenaire. Force est de constater que je finis toujours par réaliser une mise en œuvre (laquelle n'est pas nécessairement couronnée de succès, sans doute car elle arrive (trop) tard et que toute mon énergie a déjà été dépensée pour arriver jusqu'à la possibilité, mais n'empêche, je parviens jusqu'à l'essai et suis rarement déçue). J'ai presque toujours à vaincre des réticences familiales.