OK c'est une réclame pour une chaîne de télé et un produit de parapharmacie

 

    Elle est donc hyper préparée, fut selon toutes probabilités largement financée, et est conçue pour nous tirer des émotions et nous faire consommer. Seulement en la revoyant aujourd'hui (elle date du printemps dernier et m'avait déjà touchée), grâce à quelqu'un que je lis depuis une quinzaine d'années, et peut-être aussi parce qu'elle nous parle d'un monde perdu, même si ça n'est que temporaire, je dois le reconnaître, ça fonctionne, je suis émue.

Et elle fait appel à ce qu'il y a de bon en nous. Ce qui est devenu méprisé (1).

 

 

(1) Lors d'une manifestation récente aux USA en faveur d'un déconfinement sans attendre ne serait-ce qu'un tassement de l'épidémie, des gens arboraient une pancarte, "Sacrifions les faibles, pas l'économie" et je crains qu'ils ne soient représentatif d'un mouvement assez large.


Chroniques du confinement jour 21 : Lazy day

 

    C'était un jour sans trop de sport, mais du coup je me suis levée plus tard et ai tout fait au ralenti. Encore du travail au jardin, j'en vois le bout, ne me hâtais pas : JF tentait une sauce marchand de vin et je savourais d'être à l'extérieur mais avec les bonnes odeurs de cuisine. Un petit crachin plus tôt le matin s'était transformé en soleil avec légère brise.

J'ai eu un de mes cousins au téléphone et c'était bien. En fin de journée aussi quelques SMS avec une amie. Pour autant je suis peu capable de communiquer (radio, projets professionnels ...) comme si le fait d'être confinée signifiait également se mettre en retrait. Pour la même obscure raison, en plus de ma connexion qui est fragile liée au petit téléphone, je n'ai pas grand goût à participer aux réunions et apéritifs à distances. Tant qu'à être confinés, qu'il s'agisse de calme (se dit une part de mon cerveau). 

J'ai enfin trouvé du temps pour lire. Les échos avec le journal d'un autre confinement (pour une vraie guerre, celle-là) dans "Feu de tout bois" sont nombreux. Et étrangement réconfortants. 
Et aussi pour écouter et regarder les oiseaux. Ranger un peu (retrouver un vieux survêtement). C'était une journée paresseuse, ça n'est pas si souvent qu'on peut se l'accorder. Il y a un poids de la peine générale qui prend sa quantité d'énergie : il est impossible d'oublier toutes celles et ceux qui souffrent. Une part de mes pensées est en permanence vers eux comme si de loin mon énergie pouvait quoi que ce soit (belle illusion). 

La nouvelle du jour était le placement en thérapie intensive de Boris Johnson, comme un coup de boomerang qui lui revenait après avoir joué les bravaches et averti au début son pays que oui, des vieux et des faibles allaient mourir ou être en danger. Si seulement il pouvait s'en sortir mais en ayant réfléchi ! 

La ministre de l'éducation d'Italie a présenté des excuses publiques pour n'avoir pas su anticiper et équiper toutes les écoles, les scuole medie et les lycées de façon à ce que l'enseignement puisse se poursuivre à distance. Et que toutes les familles puissent suivre. Elle annonçait un effort pour que ça devienne possible et que l'on ne soit plus jamais réduit à cette impuissance. 

C'est fou : nous avons désormais l'habitude des comptages quotidiens en ouverture de journaux. Comme si c'était une forme de météo. Les chiffres pour Torino sont inquiétants. 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
1 340 455 cas (dont : 74 442 morts (10 764 aux USA) et 278 156 guéris) 


Chroniques du confinement jour 9 : débroussaillage, exploration intérieure et bref retour de la radio


    Début de journée sportif. Lors du défi abdos - squats - pompes le temps que je me place au bon endroit pour me compter parmi celles et ceux qui l'avaient fait, je suis passée de 7ème à 11ème : même confinés les triathlètes sont matinaux. 

Encore du grand beau temps, alors encore une partie de la matinée au jardin. Rejointe par l'Homme de la maison après un moment de crise - notre sujet de discorde étant : ne sors pas faire les courses, nous sommes censés être en quarantaine et de toutes façons c'est risqué, donc on attend les plus strictes nécessités ; il est hélas indéprogrammable, c'est impressionnant une telle capacité de résistance au changement -. 

Dans l'après-midi, à un moment donné, je regarde par la fenêtre en me disant qu'entre l'activité du Aldi (OK il y a un vigile depuis la veille ou l'avant-veille, OK il y a moins de véhicules au même moment sur le parking qu'en temps normal, mais cependant) et la circulation sur la route, beaucoup de gens semblant aller et venir du travail normalement, on aurait pu croire à une période habituelle. Et puis passe une voiture, le conducteur masqué. 

En bons ingénieurs, nous avons fini par ... mesurer le jardin. Il fait donc aux imprécisions dues au moyens du bord près : 7,83 m x 5,20 m avec tout un angle occupé par une jolie mais dangereuse (fibro-ciment donc amiante) cabane à outils. Par les temps qui courent, disposer d'une telle superficie est un luxe incroyable. Merci ma grand-mère, merci mes parents (et merci ma sœur qui m'a permis de racheter sa part). Comme après le décès de mon père, les ronciers avaient pris possession des lieux, je les croyais beaucoup plus petits. 

Je prépare paisiblement une brève intervention lors de l'émission de Libre Antenne spéciale tenir bon au temps du confinement qui est prévue sur Cause Commune au créneau horaire habituel de Côté Papier. Je me demande ce que ça donnera techniquement. Mais finalement, avec le téléfonino, c'est bien passé. 

La sieste est brève grâce au boss de mon confiné qui l'appelle même s'il n'y pas pour le moment pas de travail effectuable. L'appel dont j'ignore la teneur, lui a plutôt remonté le moral. Peut-être la confirmation du chômage partiel qui permettrait de toucher un salaire pour cette fin de mois.

J'en profite pour amorcer quelques rangements et dans un carton qui, pourquoi celui-là, était ici et non dans un des box de stockage, je retrouve d'anciens films super 8 - pourrais-je un jour les revoir ? - et ô joie, une revue de presse ... des années 1984 à 1986. Étrange situation du confinement soit dit en passant : les box de stockage avec les cartons du déménagement sont à 1 km environ, peut-être un peu moins. Seulement avec le confinement y aller est exclu. Pour la mer (10 km), on n'y pense même pas.

Ça y est, le cap de devenir prudents quant à la fréquentation des réseaux sociaux car les annonces de tomber malades s'y succèdent sans que l'on puisse y faire quoi que ce soit, est franchi. Même si la plupart des malades que je connais sont dans les catégories symptômes légers à costauds mais soutenables, c'est difficile. Et avant tout pour les principaux intéressés. L'Homme se pose vraiment la question de quelques soirées où il s'est senti mal il y a deux semaines - je me console de l'absence de tests disponibles au niveau national pour son cas précis : même s'ils l'avaient été il ne serait pas allé se faire tester, préférant jouer les drama queens as usual, à se poser de façon lancinante la question de Et si ? -.

Le Prince Charles est atteint. Ce virus n'épargne décidément personne. La reine irait bien.

Belle séance au parlement ... italien.

Vers 22h une scène étrange à laquelle j'assiste par la fenêtre arrière : une voiture de gendarme qui en poursuit une autre, vers le quartier des maisons préfa. gyrophares. Des cris : Arrête-toi ! Mais arrête-toi ! et j'ai le temps de me demander s'il s'agit d'une sommation. Puis je vois quelqu'un en uniforme arriver en courant et remonter dans le véhicule à gyrophares. Je ne saurais sans doute jamais ce qu'il s'est passé. Quelque chose d'inhabituel, oui, une course-poursuite. Mais sinon, quoi ? 

À 19h30 les cloches ont sonné. Pendant dix minutes d'affilée. J'ai heureusement trouvé facilement l'explication car j'ai beau être mécréante, j'avais pigé que quelque chose d'inhabituel se tramait.

Bonnes nouvelles des enfants. Notre fille devait aller à l'hôpital (prévu de longue date, traitement chronique indispensable) que la forte fréquentation du métro a impressionnée. Ainsi qu'une longue longue longue file d'attente devant la poste. 

 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com

451 355 cas (dont : 20 499 morts et 112 982 guéris)


Parfois le marketing conduit à des trucs pas mal (si on a les bons amis)

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Tout aura commencé par un touite de @Celinextenso

ou plutôt un touite à elle en réponse à un touite du CM d'Interflora qui semblait proposer d'envoyer des fleurs à qui des twittos ou twittas que nous connaissions le méritait. 

Il se trouve que l'une de nos camarades @kinkybambou est en bagarre contre un cancer, qui ces jours derniers s'est révélé être du genre starteupeur au trop rapide développement. Alors on a suivi Céline, le hashtag #DesFleursPourXanax (Xanax La Guerrière, désormais La Fougère étant l'un des pseudos de notre amie sur le réseau), et les fleurs ont bien été livrées.

Nous ne sommes pas dupes, c'est pour la chaîne de fleuristes une belle opération de com à pas cher. Il n'empêche que le résultat est doux, et qu'il a permis une médiatisation locale qui pourrait se révéler utile à un moment ou à un autre, ne serait-ce que parce que le monde étant ce qu'il est on est parfois mieux traité·e·s si nos interlocuteurs savent que l'on dispose d'une petite notoriété. 

On peut donc se dire que c'est du marketing intelligent (et que Céline Extenso est quelqu'un de formidable, mais ça, on le savait).

PS : À propos de twittas formidables, je dois un somptueux fou-rire de ce soir à Norden Gail  

 

 


Un petit bon souvenir suivi d'une stupéfaction atterrée (le monde se gorafise)

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Réveillée ce matin par le flash d'infos de 7h sur France Cul, et la voix de Marina Foïs qui tenait des propos clairs et fort justifiés sur le jury des Césars, lequel a pris acte des critiques qui lui était adressé et a démissionné collectivement. 

Ceci m'a permis un réveil sur un petit bon souvenir, cette figuration familiale dans le film "À boire" grâce à une impulsion de ma fille et au talent du fiston enfant, une belle journée pour nous (et rémunératrice et instructive) qui n'en connûmes pas tant, la plupart de nos moments heureux étant entachés par ailleurs de tracas pesant (santé des uns ou des autres, travail, fins de mois ...). Là, ce fut un vrai bon moment heureux, une respiration au milieu des journées de boulot bancaire tendues et pour moi l'occasion fabuleuse de commencer à gagner des sous en lisant. Je suis vraiment heureuse de disposer de ce souvenir qui me ressemble tant.

Peu après, probablement après un rendors sans en avoir conscience, ma spécialité, et donc au vrai réveil pour la journée, ce fut un touite de Momo qui a achevé de bien me réveiller, dans le même temps de ce que je découvrais sur des fils d'actualité.

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"Qu'est-ce que vous avez encore fichu ?" était l'exacte expression de mes pensées, en lisant l'info de l'abandon de candidature à la mairie de Paris de Benjamin Griveaux comme suite à la diffusion d'une sextape, et après la sorte d'orage d'infos nawak dans tous les sens dont je parlais en fin de billet la veille, et déjà en tendance forte tous ces temps derniers. 

Je n'éprouve pas de compassion particulière pour cet homme qui était dans sa campagne électorale pris dans une spirale délirante, seulement j'en tiens que pour que sa candidature tombe sur ce prétexte plutôt que pour des raisons de compétences politiques qu'il n'a pas, c'est que notre démocratie a vraiment du plomb dans l'aile. Et ça n'est pas bon signe, pour qui que ce soit. Ce sont des méthodes fascisantes qui auront précipité sa chute. C'est inquiétant qu'on en soit là.

 

 

Sur le front du 2019-nCov, outre des comptages mouvants (un peu comme le nombre de chômeurs en France, mais dans l'autre sens), une intéressante réflexion de The runner sur les conséquences potentielles sur les jeux olympiques prévus cet été à Tokyo. Je n'ai pas d'avis précis, car j'ai ce biais inexpliqué de pensée qu'une épidémie mortelle ne peut pas concerner l'été (c'est absurde, je le sais, d'autant plus qu'il y a deux hémisphère et différents climats), il n'empêche que son point de vue mérite d'être entendu.

addenda de la nuit : Comme nous nous sommes retrouvés à l'heure du dîner à tenter de trouver en vain impromptu un restaurant à Bayeux, car tous étaient réservés complets pour la Saint Valentin, on est tenté de croire : 
1/ que la situation économique de pas mal de gens est plutôt pas si mauvaise que ça ;
2/ que dans cette région il n'existe pour l'instant aucune psychose de type peur du virus : les gens sortent et pas qu'un peu ;
3/ que le marketing pour imposer une fête qui n'avait aucune tradition locale il n'y a encore pas si longtemps, ça marche.

À propos de situation économique, on a vu des gilets jaunes à un rond-point. Là aussi en bons parisiens moyens, malgré qu'on a pourtant des échos des manifs qui perdurent le samedi, nous avons été tout surpris.



Curiosité locale ; la petite échoppe qui faisait des pizzas à emporter (attente en ce soir particulier : 45 à 50 minutes) pratiquait en ce soir de fête l'offre suivante : pour deux pizzas achetées, une gratuite. Je me suis demandée quel était l'implicite de cette offre qui m'aurait semblé plus adaptées pour des soirées football. Cela dit, nous qui avions plutôt décidé de fêter enfin Noël en famille, avec la bûche et tout, ça nous arrangeait. Fullsizeoutput_1aa5

 

Autre curiosité locale : ici les librairies (et les autres commerces aussi, mais disons qu'à Paris où le montant de la prune est sévère dès que deux cartons même bien pliés dépassent de la poubelle jaune des recyclables) ont le droit de laisser leurs cartons sur le trottoir au soir du ramassage. Et tels quels !

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PS : Beau texte "Ventre à terre" lu chez Antonin Crenn.


On peut être au chômage et travailler sérieusement

 

    Ce fut mon cas aujourd'hui (et les autres jours de cette semaine aussi, si j'y réfléchis, mais plus particulièrement aujourd'hui) : même si je suis partie à la BNF plus tard que je ne l'aurais voulu (passer à la banque, ce genre de choses ...), j'y aurais passé l'essentiel de la journée à différentes choses bien studieuses, sérieuses et qu'il fallait faire.

En travail personnel, j'ai avancé dans ma préparation de l'émission de mercredi prochain sur Cause Commune. La lecture de l'ouvrage de mes invités n'est pas la même que celle que j'effectue pour une sélection en librairie ou en vue d'un article à rédiger ou d'une émission à assurer seule, et ne ressemble pas tout à fait à une lecture personnelle sans travail ultérieur déterminé. C'est une lecture avec réflexions sur la structure et les thèmes, les connexions, les possibilités de questions avec développements qui pourraient éclairer les lectrices et lecteurs potentiel·le·s et leur donner envie.

Je relis d'anciens billets de blogs aussi. L'idée étant d'établir des liens ou au moins de mieux comprendre certains éléments, des enchaînements. 

C'est stimulant, ça me redonne de l'énergie, même si cela n'empêchera pas un gros coup de pompe de m'assommer en fin d'après-midi. Comme le vent semble à nouveau fort et un brin tempétueux, je me demande si une chute des pressions n'est pas en cours, qui expliquerait mon surcroît soudain de fatigue forte. 

Alors je m'accorde du temps personnel : regarde un très intéressant documentaire sur Vilmos Zsigmond qui fut dans les années 60 et 70 à Hollywood le chef op' des plus grands. Son travail sur la lumière était impressionnant et poursuis grâce aux Archives de l'internet où il eut le privilège d'être référencé, la reconstitution de mon fotolog disparu (1). J'avais effectué des sauvegardes à marches forcées lorsque j'avais appris sa disparition prochaine, seulement par manque de temps n'avais pas tout bien récupéré (2). Alors méticuleusement j'entreprends de combler les cases manquantes. Sans y prêter attention j'arrive au mois de février 2006, ce moment pour moi du plus grand déchirement affectif vécu jusqu'à ce jour, une rupture subie d'une très forte amitié.
D'autres duretés de la vie ont mis celle-ci à distance, j'apprécie toujours le travail de la disparue et ses engagements politiques, je suis parvenue à faire la part des choses. 

Il n'empêche que pendant longtemps je devais me préparer à la croiser (la personne ou son travail ou des souvenirs personnels la concernant) sorte d'équivalent mental au fait de contracter ses muscles en vue d'un effort physique. Or là je ne me méfiais pas, je n'avais pas vu que j'arrivais aux jours fatidiques et voilà que c'est passé, pas de cœur serré ni de larmes aux yeux, seulement la tristesse d'un malheureux gâchis, et peut-être davantage pour elle, finalement, que pour moi, aussi curieux que cela puisse sembler de penser ça. Je me suis sentie infiniment légère d'être enfin hors d'atteinte de celui-ci de mes chagrins.

L'autre réconfort du jour fut d'avoir pu remettre mes semelles orthopédiques que j'avais cru volées, toujours avec mon sac d'ordi le 17 octobre 2017. En fait celles que j'y avais glissées ce soir là n'étaient pas les toutes nouvelles, contrairement à ce que je croyais, mais la paire de secours. Et les nouvelles, intactes, étaient restées dans une paire de souliers que je porte rarement, et particulièrement en cas de très mauvais temps. La tempête Ciara aura eu le mérite de me les faire retrouver. Leur réapparition en plus qu'elle m'est fort utile me réchauffe le cœur fort exagérément.  

Un de mes bracelets c'est cassé (pas la première fois) j'ai heureusement pu le reprendre avant qu'il ne tombe et ne disparaisse à jamais. Juste après, alors que j'allais aux toilettes, j'en ai trouvé un, posé à l'endroit des grands accès désert où trône un téléphone à l'ancienne sur une sorte de bureau que j'ai toujours vu vide. Je l'ai déposé aux objets trouvés au vestiaire Est en remontant. La personne qui l'a pris n'a même pas pris le temps de noter quoi que ce soit dans le registre. Ça n'était un bracelet fantaisie, une sorte de ressort doré, mais quand même, quelle désinvolture !

Soirée crêperie offerte par Le Fiston pour fêter sa toute prochaine nouvelle vie. C'est classe de sa part. Et intelligent : nous en avons profité pour réfléchir ensemble à quelques points logistiques et d'intendance.

Je travaille encore un peu une fois rentrée, écris ici.

 

Sur le front du 2019-nCov : 60364 cas toujours essentiellement en Chine, dont 1370 morts et 6292 guéris. Des articles ici ou là sur les conséquences politiques en Chine, certaines mesures drastiques, certaines conséquences économiques - les articles tendant à minimiser nos problèmes d'approvisionnements -. Des personnes que j'ai croisées aujourd'hui, des conversations entendues, personne n'en parlait. Paris draine moins de touristes, à vue de nez, seulement février est rarement la période la plus propice de l'année.

Les nouvelles générales du pays partent dans tous les sens, le gouvernement dit tout et son contraire, notamment sur l'écologie, le débat parlementaire sur la réforme des retraites se noie dans la plus totale confusion, les épreuves de contrôle continu comptant depuis cette année pour le bac réformé semblent un casse-tête sans nom pour professeurs et chefs d'établissements (sans même parler des mouvements de protestation, des annulations, des gardes à vue de jeunes pour de simples manifs locales) et le maire de Levallois- Perret sorti hier de prison comme à l'article de la mort s'est offert un marathon médiatique, ce qui a déclenché indignation et sarcasmes. Comme je n'y ai regardé de près que le matin avant de partir et le soir après le dîner, j'ai eu un effet de cumul qui donnait la certitude que le Grand N'Importe Quoi l'avait définitivement emporté.

Ça pourrait être drôle, la façon dont tout part dans tous les sens, si ça n'était pas diablement inquiétant. 

Petite surprise du soir : alors que ma lecture filée dans "Côté papier" concerne les conséquences du coup d'état du 17 octobre 1987 au Burkina Faso, j'apprends ce soir par un article sur Médiapart, qu'une reconstitution de l'assassinat de Thomas Sankara vient d'avoir lieu. Le sujet serait donc encore brûlant.

 

(1) Parce que fotolog lui-même, après une première résurrection, semble avoir disparu complètement. 

(2) Sans doute aussi qu'une partie n'était que sur le disque dur que je m'étais fait voler avec l'ordinateur dans mon sac en octobre 2017. Et en copies sur Flickr mais sans indexation.

 


"Coureur" de Kenneth Mercken ou comment commencer l'année par une claque de cinéma

 

C'est un film âpre et violent. Sur la réalité du monde du sport, the dark side. J'y suis venue via Koen de Graeve, exceptionnel dans le film de Felix van Groeningen "La merditude des choses" ("De helaasheid der dinge"), déjà dans un rôle de père dérivant. Le film ne semble pas avoir été distribué ni diffusé en France, je me suis donc procurée le DVD. Lequel est arrivé pile le 31/12 alors que je croyais le colis perdu.

Je ne savais rien, ou ne me souvenais plus, concernant son réalisateur, Kenneth Mercken. 

Le film lui-même n'était pas si facile à retrouver en raison de plusieurs homonymies, du moins en titres français : ainsi "4 minutes mile" a-t-il été exploité par ici sous le titre de "The runner" (1), du coup en cherchant "Coureur" on tombe sur celui-ci en premier (et il s'agit de course à pied). Ou par exemple "Le coureur" film iranien de 1984 d'Amir Naderi, là aussi pour la course à pied.

C'est dommage. On est dans du grand cinéma, dans le domaine des films que l'on n'oublie pas, même si le sujet peut être réducteur - je me vois mal conseiller cette œuvre à quelqu'un que le sport ennuie -. Il y a une patte, une maestria dans la façon de filmer, une interprétation parfaite - fors une scène de corruption manquée (la corruption), qui pour une raison qui m'échappe m'a semblée surjouée, quoi que parfaitement crédible -, une manière de laisser du champ au spectateur pour se faire sa propre idée et comprendre ce qu'il peut ou pas ou au moins s'interroger. 

Les scènes de cyclisme et de dopage (puisque c'est bien de ça dont il s'agit) sont filmées d'une façon rarement vue aussi juste. Ce n'est qu'ensuite, après avoir vu le film que j'ai pigé : le réalisateur est un ancien cycliste reconverti. Et il a choisi un jeune acteur qui je le crois pratique le vélo, et est très crédible dans ses placements (2)

Le film constitue non pas une charge - il tendrait plutôt à prouver que quoi que l'on tente de faire pour endiguer c'est foutu par avance -, mais un témoignage fort contre le dopage et au delà du fait même de tricher (3), la forte mise en danger de la vie des pratiquants. Bel article de Mark Gallagher dans The Irish Mail à ce sujet.

L'histoire elle-même est simple et semble typique : Félix, champion national espoirs en Belgique, choisi malgré les conseils et les dispositions prises par son père, un bon coureur qui n'avait pas vraiment percé pro, mais gagné bien des courses, d'aller signer dans une équipe semi-pro en Italie. La concurrence est féroce et l'organisation sans pitié ni considération pour la santé des postulants. Le gars se tourne alors à nouveau vers son père pour tenter grâce à d'autres combines, celles d'un vieux briscard et pas juste l'EPO [le film semble se passer dans les années 90 ou début des 2000], de tenir le coup dans le lot. 

Tout est réussi, on voit l'engrenage se mettre en place, la dureté des entraînements, les enjeux de rôles au sein de l'équipe, la façon de pousser les gars à bout et d'éliminer ceux qui craquent, la façon de leur mettre la pression sur leur poids, les comportements mafieux. Excellentes idées : mettre en scène un gars plutôt costaud, tough kid, sans état d'âmes ni fortes déviances (l'un des personnages est un coureur russe, bien azimuthé, plus haut en couleur que ce courageux Belge qui cherche surtout à sauver sa peau, et c'est ça qui est réussi, mettre le centre d'intérêt sur un coureur doué mais pas extravagant) ; éviter de "faire du cinéma" : pas de temps perdu avec de la romance ou une dramatisation puérile, mais les gestes, le quotidien, les moments clefs, sans chichis.

Quelques scènes de bagarres ou de chahuts sont parfaites, du même niveau que les scènes agités du film Belgica (de Félix van Groeningen, toujours lui).

C'est un film pour spectatrices et spectateurs courageuses et courageux : on en ressort avec une vague nausée, et sans note d'espoir si ce n'est dans une prise de conscience générale et réelle (qui me semble assez utopique mais y croire ne coûte rien). On en ressort moins bêtes aussi, mieux averti·e·s. ; et si l'on est cinéphile, avec cette joie particulière d'avoir vu quelque chose qui se rapproche bien du chef d'œuvre. Ne lui manque qu'une sorte d'universalisme partageable dans le sujet, ce qu'on ne saurait lui reprocher puisque le sujet et son traitement en font également l'intérêt. Bravo à Kenneth Mercken et à ses équipiers.

J'espère qu'il sera visible en 2020 en France, malgré que le pays soit celui d'une des courses par étapes les plus renommées et que l'intérêt financier soit de continuer à faire semblant que depuis l'EPO le cyclisme est propre.

 

Attention : à éviter si l'on ne supporte pas la vue du sang, des aiguilles et du fait de se piquer. C'est filmé sans complaisance perverse, mais sans rien chercher à cacher. 

PS : Soit dit en passant, il est aussi question des effets nocifs possibles du sur-entraînement surtout chez les jeunes. 

PS' : Une intéressante recension chez Lanterne Rouge quant aux performances trop remarquables pour être crédibles, ainsi qu'un article sur le cas de Ricardo Ricco lequel avait failli mourir de ses propres pratiques, dont l'une que l'on voit dans le film. Et quelques nouvelles de Floyd Landis pendant qu'on y est.

PS'' : Son sujet est bien plus vaste mais "L'ombre du coureur", livre d'Olivier Haralambon mérite le détour.

 

(1) Cette absurdité de coller des titres anglais qui ne sont pas les vrais a le don de m'exaspérer.

(2) C'est un souci des films aux personnages principaux de sportifs ou musiciens : l'écart entre le geste appris pour le film et le geste accompli longuement lors d'années de pratique est criant. Et pour le sport, un corps sportif ou non, ça se voit. Ou alors il faut un montage particulièrement habile (Il campione très réussi de ce point de vue-là, le joueur le plus souvent en vêtements longs ou en plan assez éloignés, lorsque qu'un plan ne peut être coupé avec le physique d'un pro ; je ne crois pas, je peux me tromper, qu'Andrea Carpenzano ait un passé de sportif de haut niveau (ou plutôt d'espoir sportif, vu son jeune âge), belle ITW ici)

 

(3) À mon humble avis c'est le système capitaliste dans son ensemble qui en favorisant la glorification de la performance en toute chose et l'individualisation même au sein de sports collectifs pousse tout le monde au dopage, y compris des employés de bureaux cherchant à sauver leur poste. 


Que sont-ils devenus ? (the double-deckers)

 

C'est l'ami François qui avec en publiant ce statut m'a remis en mémoire ce feuilleton que je suivais enfant.

Et comme je suis en jour de récupération, ça m'a pris soudainement de perdre délicatement mon temps en tentant de voir ce qu'elles et ils étaient devenu·e·s. Dans mon souvenir, tou·te·s jouaient très mal, mais c'était sans doute un effet du doublage.

Dans l'ordre d'apparition du générique : 

Peter Firth est devenu un acteur confirmé ; il avait même connu la reconnaissance avec son rôle dans Equus et continue encore à jouer (mais plutôt pour la télé)

Brinsley Forde est resté un temps acteur mais s'est surtout fait connaître par le biais d'un groupe de reggae, Aswad. Il a récolté des Grammy Awards avec celui-ci et par ailleurs fait de la radio. Un joli résumé de sa vie peut à l'heure où j'écris ce billet être vu par ici.  

Gillian Bailey est restée un peu actrice, elle semble avoir pu en vivre et peut-être est-elle connue en Angleterre, mais ça n'a pas vraiment décollé. Alors elle est devenue enseignante (pour le théâtre). Il y a une ITW d'elle sur le site de la série.

Michael Audreson, passé les âges d'enfant et de jeune acteur, est passé à la réalisation puis à la production. Il avait fondé en 1996 un centre de soins pour les personnes atteintes d'addictions aux drogues et alcool. On l'entend ici dans une ITW radio postée sur Youtube en 2007 

Douglas Simmonds est mort en 2011. Il n'était pas resté acteur mais avait fait de la recherche en médecine et physique. Lui qui jouait le rôle du bêta sympa était en fait l'intellectuel du lot. Sur le site de la série, un hommage lui est rendu.

Bruce Clark n'est pas resté visible, on trouve simplement une trace de ses participations comme acteur sur IMDB. Il possède de nombreux homonymes ce qui ne facilite pas les recherches. Je découvre au passage qu'il est Américain alors que tous les autres enfants étaient anglais. Même sur le site de la série, il y a peu sur lui. On peut cependant l'entendre ici toujours sur Youtube dans la série d'entretiens publiés en 2007. L'enregistrement ressemble à un long distance call d'autrefois.

Debbie Russ qui interprétait Tigrette n'est pas restée enfant actrice longtemps. Elle est devenue présentatrice de radio pour la BBC.

 

Je pensais que les un·e·s et les autres avaient mon âge mais en fait le temps que le feuilleton traverse la Manche, ils avaient déjà cessé d'y jouer. Et donc même Debbie au personnage de laquelle je m'intéressais peu puisqu'elle était "la petite" est plus âgée que moi. Mon souvenir est que ce feuilleton lors de sa probablement première diffusion présentait un jalon dans mes mercredi après-midi studieux. Je regardais ça me faisait une pause, ça me redonnait la pêche. J'adorais le mécanisme d'ouverture de la porte. Il y avait un épisode avec un de leurs amis coincé dans une armure qui m'avait tant fait marrer que son souvenir m'en est resté. 

Merci François, de m'avoir fourni une très agréable activité procrastinatoire. 

Bonus Track : The cool cavalier


Devenir "clients" c'est mauvais signe (dans certains cas)

 

    Pas mal de points m'ont marquée du nouveau film de Ken Loach "Sorry we missed you", outre qu'il montre la vie de tant de gens comme elle est, des gens de bonne volonté qui n'ont rien à se reprocher mais que le capitalisme mondial, sans contre-poids désormais, est en train de dévorer - moi comprise si la retraite n'arrive pas à temps -, mais des dialogues aussi, des détails du diable.

Ainsi cette phrase glissée discrètement parmi les remerciements, en générique de fin : 

"Thanks to the drivers and carers who shared the informations with us but did not want to leave their names"

Ainsi la mère de famille alors qu'elle tente de négocier auprès de l'agence de placement de personnel d'assistance à domicile dont elle dépend, qui proteste du fait de devoir appeler ses patients "clients". Elle a raison, il s'agit de personnes qui ont besoin de soins et il ne sont en rien libres de choisir comme le font de vrais clients d'un produit de consommation. C'est la même chose pour les usagers des transports en commun. On ne peut être clients que d'un truc que l'on choisit et dont on peut éventuellement se passer sans trop de dommages.

Cette phrase que le personnage d'Abbie Turner prononce, faisait écho de quelque chose. 

J'ai trouvé aujourd'hui. C'est dans "Le quai de Ouistreham" de Florence Aubenas page 31 de l'édition initiale chez l'Olivier, en 2010. 

Entre collègues, on parle d'abattage, tout le monde renacle à assurer le poste (1), mais les directives sont claires : "Vous n'êtes plus là pour faire du social, cette époque est finie. Il faut du chiffre. Apprenez à appeler "client" le demandeur d'emploi." C'est officiel, ça vient d'en haut. 

Décidément, de nos jours, devenir "clients", c'est mauvais signe, dès lors que l'on n'achète pas.

(1) celui qui nécessite d'assurer le premier rendez-vous avec celleux qui viennent s'inscrire, inscription initiale avec sa kyrielle de documents nécessaires, et orientation


Des hommes si différents


    Je ne sais pourquoi ça me revient à l'esprit alors que je prépare mon émission de radio de mercredi soir avec un choix de livres qui n'a rien à voir, ou peut-être est-ce d'avoir repensé à ce blogueur ami disparu corps et âme et même pour partie écrits alors qu'il semblait être quelqu'un de fiable et pas du genre à faire ça, peut-être aussi est-ce ce billet chez Carl Vanwelde, au demeurant comme souvent fort réconfortant, mais j'ai soudain songé à nouveau aux hommes (1) qui sont si différents parfois face à leurs amis, autres hommes, ou dans leur comportement face aux femmes. Et du coup leurs homologues ne tarissent pas d'éloges sur des qualités professionnelles, ou de paroles tenues, et de longues fidélités, de C'est quelqu'un sur qui l'on peut compter, quand les femmes entendant cela lèveront les yeux au ciel, car le même envers elles n'est fiable qu'en période de séduction, ment fréquemment, et ne reste pas longtemps proche de l'une ou l'autre, dès lors qu'une plus belle sera passée par là.

Et je ne parle même pas de ceux qui ont des attitudes contestables et une sexualité abusive.

Parfois l'ami commun, qui persiste à admirer l'importun, aura un éclair de lucidité, osera une question, Qu'est-ce qui se passe avec Machin, j'ai l'impression que vous ne l'aimez pas. 

Et il faudra tenter de trouver sans blesser les mots pour dire "Il n'est pas le même avec nous et avec toi". 

Dans un tout autre registre mais avec un point commun, celui des différentes facettes d'une personne, je me demande si mon camarade de triathlon si brillant, qui vient de remporter à Chamonix l'Evergreen, est connu à sa hauteur d'excellent triathlète par ses collègues de travail. Le connaissant, il est très probable qu'il n'ait mentionné sa pratique que dans la mesure où elle nécessite quelques jours de congés pour se rendre sur les lieux des différentes courses, en plus que d'y participer. Mais pas pour indiquer qu'il tutoyait le niveau pro.

 

(1) des femmes le sont sans doute aussi probablement, je n'en ai pas l'expérience en tout cas.