Si je gagne au loto

... un vrai gain pas une simple ristourne sur le jeu suivant, je me laisserai sans doute  tenter par un tirage de la Galerie du Cabestan du Capitaine Laurent, de ceux qu'il réalisera d'ici-là à la commande (1), à partir de vieux tirages d'un alors jeune homme en soldat de la guerre de 14, d'une Mamma italienne si typique qu'on n'en fait plus, d'un homme à l'air Mitterrandien, d'une petite blondinette devenue rousse (2) après une guerre, et de quelques tirages maladroits en noir et blanc des années 70 mais dont l'artiste saura tirer ce que le regard avait vu capter.

En attendant, vous qui passez, rien ne vous empêche d'aller admirer une sélection déjà fournie, et à votre bonne fortune de vous laisser tenter.

Le site est ici :

Galerie du Cabestan

 

(1) Je crains fort que mon gros lot ne soit pas pour demain, donc le 3ème volet de son projet dont parle si bien Kozlika aura eu le temps de se mettre en place.

(2) Sans recours à aucune coloration

 


Je vais à peu près bien, ne t'en fais pas tant que ça

Ce matin, ces jours-ci, ici

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Depuis cette nouvelle de "Passer l'hiver" où j'avais eu le sentiment pour une des nouvelles qu'Olivier Adam avait écrit directement à partir des confidences que je ne lui avais pas faites sur ma vie professionnelle, et même un cran avant, ses livres et ma vie sont étrangement apparentés.

Nous ne nous connaissons pas assez pour qu'il y ait (volontaire) concordance, je pense qu'il est très fort à capter cet air du temps dont je suis un petit élément subissant, mais c'est quand même troublant.

J'ai repris un entraînement sportif assidu l'année de "Poids Léger", perdu un de mes parents au moment de "Falaises", milité comme une malade quand s'écrivait "À l'abri de rien", et été ravagée par une disparition subite au temps de l'écriture "Des vents contraires".

Ça fait un petit moment que "Le cœur régulier" est sur ma table de chevet (1). Je n'ose pas trop l'ouvrir. C'est irrationnel mais j'appréhende un peu, d'autant que les circonstances m'attirent déjà vers un pays voisin (2).

Je souhaiterais que la similitude soit avec Natsume Dombori, celui qui dit "Attends une minute" avec efficacité, ou qu'il "ne" s'agisse "que" de changer de vie - opportunité qui m'a été violemment présentée l'an passé et que j'ai saisie de toutes les forces qui me restaient -.

Quand "Le cœur régulier" s'écrivait ?

[sourire]


(1) Autant dire un emplacement hautement privilégié, la plupart des livres même bien-aimés s'empilent en piles à portée de main de moi dans le lit, comme un malade ses médicaments.

(2) Le Japon qu'il ne me déplairait pas de découvrir étant inenvisageable avec mes moyens.

[photo : table de cuisine à l'heure de commencer]

PS : Si ça n'est pas déjà dans cet opus-là, une belle histoire d'amour qui ne finit pas immédiatement mal, serait-elle envisageable pour le prochain, s'il te plaît Olivier ? ;-)

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Twilight zone

et éclat de rire

23082010(001) PS : boutade à part : "La belle Adèle" sans être le chef d'œuvre du siècle ni du niveau d'écriture (1) du plus sérieux Séraphine, est un joli plaisir de lecture, en tout cas pour les vieilles aux filles adolescentes.

Comment ça, ça n'était pas le cœur de cible ? ;-)

(1) En même temps c'est un peu normal, la contrainte était d'écrire pour les téléphones portables (et pas seulement les i-muchins contrairement à ce que l'édition papier stipule, mais tout téléphone connectable à l'internet), il fallait donc phrases courtes, vocabulaire bref et découpage en chapitres calibrés.

[photo : Fnac Satin Lazare, this very morning, en attendant mes photos justement]


Quand une amie de mon cousin est une amie d'une amie - billet du 14 avril 3/3

ce mercredi,

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Il y avait concordance/se sur ce coup-là : j'étais prévenue, et parce que je suis l'actualité de ce festival découvert en 2008 grâce à une amie, et parce que je suis celle des rencontres de cette librairie,  et parce qu'il m'arrive encore de lire un blog fermé , le genre d'activités à laquelle on se livre en plein chagrin d'amour qui rend parfois machinal pour l'internaute qui en est atteint, de cliquer sur des liens d'avant, des liens anciens, des liens de quand on allait tout à fait bien et qu'on n'avait pas dans la peau quelqu'un pour qui on s'est avéré(e)s de trop.

J'avais donc décidé de me déplacer, les passages d'Emmanuelle à Paris ne sont pas si fréquents, et j'aime la danse que je pratique (1) assidument dès que je suis en forme et en fonds.

Peu avant l'heure de bouger, je vérifie l'horaire, puis je ne sais plus quoi, et c'est seulement à ce moment-là que le nom de la danseuse et chorégraphe me saute aux yeux : Laura de Nercy.

Elle était du spectacle, "Le creux poplité", qui m'avait ravie en 1987 et que j'avais découvert grâce à mon cousin Christophe. Il en avait fait la musique, ce qui nous avait donné l'élan d'y aller. C'était un temps laborieux de ma vie, où les sorties étaient rares et d'autant plus comptaient.

L'arrêt de "l'usine" m'a permis de retrouver peu à peu de ma mémoire personnelle, à mesure que les scories du monde professionnel pour moi étranger dans lequel j'évoluais s'effacent. Et c'était un plaisir de pouvoir à la lecture de son nom retrouver d'où le souvenir venait.

J'ai passé en leur compagnie une soirée chaleureuse - malgré la température extérieure qui nous rend vite grelotants, sauf à garder le manteau de l'hiver - et si réjouie par ces liens croisés ; une capacité que ma période noire au moins ne m'a pas ôtée.

Deux seuls regrets : n'avoir pu prévenir que trop tard mon cousin, et ne pouvoir ni vendredi, ni samedi car d'autres sorties l'étaient déjà et que par principe sauf cas très particulier (2) je ne me dédis pas, venir au Colombier de Bagnolet.

C'est amusant qu'en moins d'un mois, l'Atout livre ait invité deux artistes (3) dont le travail pour moi il y a une vingtaine d'année a compté, et qu'ainsi grâce à eux j'ai pu si longtemps après remercier.


(1) à mon niveau (ce qui n'est pas comparable, mais l'intérêt y est)

(2) quelqu'un que j'aime, qui déboule du bout du monde et qui ne restera pas.

(3) L'autre était Sandrine Bonnaire, dont en plus de l'admiration que je lui porte pour son film sur sa sœur Sabine et ses compositions dans "Sans toit ni loi" et "La captive du désert" (4), j'avais profondément aimé l'incarnation dans "La bonne âme du Setchuan" en 1990 (année précise à vérifier) au théâtre de Gennevilliers. Le genre d'événements qui m'aidaient à tenir quelques jours moins pénibles pendant mes heures de job alimentaire.

(4) découvert en 2005 à retardement, lors des séances de ciné pour soutien le dimanche matin du MK2 quai de Seine en faveur de Florence Aubenas et Hussein Hanoun. Ce qu'en présentant son film avait dit Raymond Depardon ce matin-là m'était resté longtemps.

Le monde est moyennement grand, dirait le père de mes enfants.

[photo : à Atout Livre ce soir là]

170410 16.45

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Plus fort encore que l'effet Zahir (il faudrait là trouver un nom)

à l'instant, lisant

Il y a une personne dont vous aimez le travail, et que vous appréciez, qui pourrait peut-être être une (grande) amie si vous ne vous sentiez à ce point l'éternelle "fille de trop" et qui vient d'un trop loin social qu'aucune géographie ne pourra secourir.

Il y a une amie qui fait un boulot formidable.

Vous aviez su a posteriori qu'elles s'étaient au moins croisées puisque l'une avait participé au travail de l'autre. Vous l'aviez fait aussi, ainsi que le fiston, et c'était doux de se découvrir après coup ce point commun supplémentaire.

Et puis voilà que l'une figure dans le livre de l'autre, même si les contraintes empêchent alors une vraie rencontre, et que c'est comme une magie, un clin d'œil, un signe, un bonheur du jour.

Me vient alors une bouffée bourgeoise, si je pouvais convier les uns et les autres chez moi autour d'un bon dîner, quelque chose d'heureux pourrait se partager. Je peux compter sur Stéphanot qui avait aimé lire, pour rendre joyeuse la soirée.

Et puis la réalité me rattrape : la maison est un taudis encombré où la paperasse l'a emporté et où poussent les livres à même le plancher, la cuisine mon bureau désordonné, il n'y a pas (n'y a eu jamais) de salle à manger, depuis que j'ai capitulé le ménage n'est plus fait, sais-je encore cuisiner ? J'ai peur soudain de devoir attendre pour ce projet (et quelques autres) encore une vie d'après.

PS : petit rappel, perles rares recherchées.




De l'effet Zahir étendu (une variante sonore)

Jeudi après-midi, La Défense et plus loin

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Afin de surseoir au coup de blues inévitable qui du fait de solitude me saisit désormais après chaque heureux moment entre amis, j'avais décidé après un doux déjeuner joyeux et bien accompagné, d'explorer la zone vers Nanterre préfecture et qui est depuis un moment en chantiers.

Il pleuvait mais j'étais équipée et dès lors que le froid est supportable, la pluie ne me dérange pas. Je me suis donc accordée une bonne chasse photos, malgré la météo défavorable. Je tentais en vain de me souvenir de ce qu'il y avait là avant.

Certains immeubles de bureaux montraient des signes tangibles d'occupation. Lumières aux étages. Grappes de fumeurs malheureux à leurs pieds. Ici ou là un point de restauration plus ou moins rapide. Rues désertes et droites. Seuls les véhicules qui passaient rapidement sous l'averse semblaient vraiment vivants. Perdus dans les zones en travaux, quelques relativement vieux immeubles tentaient de surnager. J'ignore si on peut le dire encore de leurs habitants auxquels je trouve bien du mérite d'ainsi résister. Je suppose qu'ils n'ont pas le choix. Me souviens des temps où Nanterre était constituée pour partie de bidonvilles pour les abrités desquels une HLM toute récente était un progrès social et quotidien immense.

Je retrouvai sans l'avoir voulu  le bâtiment sinistre et très préfectoral où j'avais fin 2005 croisé Wytejczk pour l'une des dernières fois avant qu'il ne sorte entièrement de ma vie. Cette étrange réponse qu'il avait eue "Je n'y peux rien" quand je lui avais donné des nouvelles de mon aînée alors malade et que sur le moment je n'avais pas comprise mais 6 ou 7 mois plus tard lors d'un déjeuner avec une amie qui m'avait rapporté les mêmes propos tenus par quelqu'un d'autre sur un problème de boulot. Et combien j'avais été à Nanterre ce jour-là si préoccupée que je n'avais pas su prendre en compte cette petite alerte ou au moins lui demander ce qu'il entendait par là.

Ce qui était à présent curieux était que tout, tout autour, avait totalement changé. D'anciennes friches étaient devenues d'orgueilleux immeubles. Des chantiers mettaient de la vie dans tout ce gris. La démolition d'un vieil immeuble pièces par pièce ajoutait de la mort.

Et c'était un peu à l'image de ma vie, l'élément de tristesse qui avait peu bougé, ou s'était trouvé substitué, et le reste, tout le reste sauf mon lieu d'habitation qui s'était trouvé bouleversé. Et les travaux, tant de travaux, en cours. 

À un moment donné, la pluie qui commençait à travers mon manteau à percer eût raison de ma résistance. Je me mis donc en quête d'un endroit où prendre un café et autre escale technique.

Dans mon sac le livre "Feu" de Régine Vandamme que je relis en vue d'une chronique que je souhaite rédiger. Il m'a profondément touchée et j'aimerais le partager. Le temps de boire un café je repris ma relecture d'où elle en était.

La radio du vague mais accueillant estaminet où j'avais trouvé refuge distillait d'anciens tubes des années 80, et pratiquement à l'instant même où je reconnus d'Eurythmics "Here comes the rain again", si particulièrement adapté à la météo du jour, je tombais sur cette page  : P2250027

Et l'on a beau se dire qu'il s'agit des fruits d'un malicieux hasard, ça reste très troublant, comme si l'esprit des lieux avait quelque chose à me communiquer.

La lecture, hélas, n'en a apporté aucune clef.

Plus tard il fut temps de rentrer sans plus s'attarder.

[photos : in situ]

PS : sur l'effet Zahir, voir David Madore son inventeur.





Leurs livres se tissent et se sertissent

hier et aujourd'hui,

PICT0002 Deux personnes que j'apprécie ont publié chacune un livre au Seuil ces jours-ci.

Effet de formatage ou hasards d'écritures, ils font environ le même nombre de pages.

Souvent je lis au lit. La chambre est proche de l'entrée. La cuisine où je m'active par ailleurs aux fourneaux, au clavier est à l'autre bout de l'appartement.

Quand je dois sortir, généralement dans une relative précipitation car concentrée j'ai laissée l'heure filer, je passe par la chambre et attrape l'un des livres en cours, très vite fait.

Ces deux-là se ressemblent tant que ce n'est généralement qu'en arrivant au métro et au moment d'ouvrir celui que j'ai en main que je prends conscience duquel c'est.

Les deux livres amis sont donc lus dans un désordre joyeux, ils s'entretissent et se sertissent.

Et ça leur va très bien.

[photo : in situ, hier]

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Manque d'amour, cœur de gloire et relative absence (personnelle de beauté)

lecture de ces jours derniers sous ma couette quand je pouvais

Alors voilà tout les Noël c'est pareil, vos parents rassemblent toute la smala, les frères et sœurs encore ça va mais il y a toujours une pièce rapportée qui est Sarkozyste, une vieille tante homophobe à laquelle vous n'avez jamais osé avouer votre homosexualité, un oncle qui a fait l'Algérie et une cousine épouse d'un gars de sa banlieue de chez nous qu'il regarde d'un sale œil alors qu'il est français. Les mômes encore petits sont tout fous de Noël et dès lors intenables, et minuit c'est loin, quant à l'adolescente de service en pleine crise mystique elle tient à aller à la messe de minuit, mais il faut quelqu'un pour l'accompagner.

Il vous faudrait une bonne excuse pour prendre un peu de champ sans sembler trop d'un ours ou d'un snob intello qui rejette ses bases. Difficile de prétexter que vous devez toutes affaires cessantes achever la lecture de La recherche proustienne, j'en ai pour une demi-heure, commencez l'apéro sans moi. Personne ne vous croira.

En revanche un bon petit policier policé de derrière les fagots, que tout le monde ensuite pourra vous piquer y compris les plus jeunes (1), option Il y a trop de suspens, je peux pas le poser, ma foi, comme on disait, ça le fait.

Je vous propose donc un petit Cœur-de-gloire, pour ceux qui suivent c'est l'Arcamonde 3, d'Hervé Picart avec le bientôt célèbre Frans Bogaert.

Et c'est moderne, il y a même un jeu.

(1) J'ai découvert récemment à mon grand dam que Conan Doyle était d'une langue terriblement datée que les moins de 20 ans ont dû mal à apprécier. Moi qui à leur âge lisait ça comme un veau bio boit son lait, je me suis sentie tout aussi terriblement âgée.

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