Comment font ?

 

Ces derniers temps, entre les difficultés financières malgré le travail salarié retrouvé et les tracas physiques induits par le boulot - bossant davantage pour dépanner pour août, je me réveille la nuit d'avoir mal aux jambes -, et aussi les chagrins affectifs et pour partie leurs conséquences physiques, je passe une partie non négligeable de mon temps à me demander Comment font les autres (pour l'amour, pour l'argent, pour tenir le coup physiquement - tant d'amies bossent en librairie à temps plein et qui n'ont pas l'air que leur principal souci soit de tenir debout -) ? Comment ont fait mes aïeux dont les conditions de vie étaient autrement plus rudes ? Et puis la question qui me taraude le plus : comment font tous ceux qui écrivent (et publient, et pas rien) tout en tenant par ailleurs un job à temps plein ? 

Ce mois d'août j'aurais vraiment mené une vie dépouillée, pas de sorties, pas même celles liées au travail (1), tout au plus à l'extérieur deux brefs dîners (sans prolongations pour refaire le monde), une bière avec une amie, un soir un ciné. Pauses déjeuners frugales et sur place (2). Moins de sport pour cause de pause estivale des cours et entraînements, ce qui mécaniquement aurait dû me libérer du temps. Hé bien non, rien, travailler et dormir, lire bien trop peu pour moi. Le sommeil me tombe dessus dès après le dîner comme si on m'assommait et les douleurs des jambes me réveillent quelques heures après, j'attends que ça se calme, me recouche, me rendors aussitôt. Pourtant, pour la récupération, ça ne suffit pas.

Bien sûr ce n'était pas un hasard si j'avais cherché avant tout un emploi à temps partiel, je voulais tout concilier, je me savais loin d'être une wonderwoman comme il conviendrait, et sans doute qu'une fois retrouvé mon rythme normal, au moins les douleurs aux jambes devraient regagner une intensité supportable qui ne me réveilleront plus la nuit en cran d'arrêt. Il n'empêche, se sentir au bord d'être inapte à gagner pleinement sa vie, et alors même qu'on aime ce qu'on fait, commence à devenir sérieusement flippant. 

 

(1) par exemple en mai et juin il y eu un certain nombre de soirées de présentation de rentrée littéraire.

(2) Les premiers temps je profitais de mes pauses déjeuner pour explorer le quartier, cette contrée exotique qu'est l'arrondissement chic. 

PS : En plus pour quelqu'un qui vit en région parisienne j'ai un temps de transport vraiment supportable voire carrément privilégié ; si le temps (météo) le permet je rentre même en vélib, tranquillement, une trentaine de minutes, le meilleur moment de la journée.


À 50 ans elle découvre enfin quel est son super-pouvoir

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Nous avons tous au moins une addiction et un super pouvoir. Proserpine, habitante de Clichy la Garenne savait depuis l'âge de 8 ans que son addiction était la lecture. Ce qu'elle n'a découvert qu'à 50 c'est que son super pouvoir était de passer commande à la rue de ce qui lui manquait comme objets courants de la vie quotidienne. Il y avait déjà eu plus d'une fois quelques jolies fortunes d'encombrant. Ainsi ce siège pour poste de travail informatique trouvé 2 jours après s'être fait la remarque que celui du fiston était vraiment trop usé. Une chaise trouvé au surlendemain d'avoir usé jusqu'au vide la paille de la sienne. Un carton plein d'enveloppe à la veille de devoir effectuer un envoi en nombre - pas tout à fait au bon format les enveloppes mais néanmoins utilisables -. Mais la confirmation qu'il ne s'agissait pas simplement de hasard est arrivée en ce 31 juillet.

Elle avait en effet perdu ou égaré son porte-monnaie quelques temps plus tôt. Leur dernier moment commun identifié fut lors que l'affranchissement d'un courrier destiné à la Sécurité Sociale et qu'elle avait cru pouvoir déposer dans la boîte à lettre de cette administration. Cette dernière venait hélas d'être condamnée et il avait fallu filer à la poste afin d'affranchir la lettre. Les derniers centimes du porte-monnaie y étaient passé. Peut-être parce que si vide et devenu trop léger, il avait disparu dans la foulée (tombé sans faire de bruit ?). Il convenait donc d'en racheter un. Comme il n'y avait rien ou peu à mettre dedans dans l'immédiat, elle avait décidé d'attendre le début d'août.

Par ailleurs ayant entrepris quelques rangements et une collection de documents officiels récents à classer elle avait noté la nécessité d'acquérir des pochettes transparentes perforées. L'urgence n'était pas telle qu'il fût impossible d'attendre le début du mois suivant pour engager cette dépense.

Il s'est trouvé que dans une petite poubelle des beaux quartiers, soigneusement déposé près d'une poubelle officielle, un de ces sacs cartonnés de restauration rapide (dans lequel restait aussi canettes et paquets de gâteaux vides et quelques autres vrais déchets, mais propres, de ceux que selon les villes on peut ou non recycler), elle a dégoté très exactement un porte-monnaie (aussi vide que celui enfui, il ne faut pas (trop) rêver, et un sachet au 3/4 pleine de ces pochettes transparentes perforées. Comme si un ange de Wim s'était chargé de la liste de courses et sans attendre le 1er. Le porte-monnaie était usé ce qui pouvait expliquer sa disgrâce mais les pochettes neuves et propres. Qu'est-ce qui peut pousser quelqu'un à jeter dans cet état prêt à l'emploi un tel article de papeterie ?

En attendant de pouvoir résoudre cette épineuse question, Proserpine sait désormais que son super pouvoir est de pouvoir par une simple pensée de bonne ménagère contacter un père noël secret de la cité et le faire en dehors de toute saisonnalité.

 

PS : Le prénom a été modifié

 

*            *             *

 

PS' : Pour un peu je regretterais de n'avoir pas eu de d'achat différé plus ambitieux

Boutade à part, j'ai vraiment trouvé ces deux éléments à la veille d'entreprendre de les acheter car ils manquaient.

Et par ailleurs jeté dans un sac près des poubelles de l'immeuble du lieu de travail, un sac à main, lui aussi légèrement usé mais encore très correct, et qui ressemble de façon troublante à celui que dans un douloureux rêve récurrent de ces denier temps j'hérite avec une sorte de mission de devoir faire bon usage de ce qui est dedans. Celui trouvé ne contenait rien (pas même un carnet rouge), mais c'est vraiment LE sac de ces songes à répétition, par ailleurs assez violents. Si seulement l'avoir trouvé permettait leur disparition ça serait un soulagement. Même de façon onirique, je ne tiens pas tant à me venger du mal qu'on m'a fait. Les états belligérants du moment nous montrent suffisamment quelle spirale infernale s'enclenche dès qu'on s'y laisse aller.

 


15/ 397 - Ah l'amour l'amour !

 

J'avoue n'être pas très d'accord avec le "lourd" de la chanson, mais il rime avec court alors que plombant, non. Sur ce sujet je suis plus sensible à ce qu'en dit Simone (Signoret) dans "La nostalgie n'est plus ce qu'elle était", ce qu'elle en dit vers la fin : que les femmes vieillissent quand les hommes mûrissent. Je n'aurai pas même eu le temps de vieillir vraiment, on a décrété de façon anticipée ma date de péremption. Les hommes peut-être aussi n'étaient pas très vaillants et moi si fatiguée, flirtant perpétuellement avec l'épuisement.


La fatigue ne rend pas attirant.

J'attends de pouvoir me dire tranquillement, l'amour, je n'y pense plus tellement 
(mais c'est pas drôle, en attendant).

 

La chanson d'Anne Sylvestre : Ah l'amour l'amour !

Participation aux 397 chansons à prise rapide proposées par Franck Paul : 
explications collégiales par ici (par exemple) 
liste des chansons par là.

 


Flouée

   

C'est bien le sentiment dominant qui me restera de cette année 2013 (après confirmation toute récente de quelque chose de plus dont je me doutais, mais comme souvent, pas au point que les choses en était).

Après, on me dira que c'est à moi enfin de cesser d'être so gullible. Généralement je pige un peu (oui ce voyage à Paris sans trouver le temps de me voir, oui ces deux missions que tu me confies sans même proposer qu'on se voie, oui ce soudain regain d'intérêt pour l'italien au point d'en parler au cœur de la nuit, oui ce cadeau d'anniversaire qui est un cadeau tout autant pour toi, d'autant plus qu'in fine, c'est moi qui l'organise, oui cette absence de nouvelles parce que finalement c'est autre chose qui s'est passé et puis que quelqu'un d'autre - le "tu" n'es pas forcément le même à chaque fois -), généralement trop tard et puis de toutes façons que faire.

Je lis ces jours-ci l'excellent "Avant de disparaître" de Sylvain Pattieu sur les ouvrier de PSA Aulnay, que j'avais croisés un jour dans le métro à Champs-Élysées Clémenceau à l'automne 2012, alors que j'avais encore un emploi. Et j'éprouve un sentiment d'impuissance mâtinée d'écœurement qui doit être assez proche du leur. Sauf qu'ils se battaient collectivement contre quelque chose qui est de l'ordre du système, même s'il a ses représentants séculiers. Et qu'en ce qui me concerne ce sont des personnes à titre individuel qui m'ont déçue.

Heureusement il y a les amis, vraiment, et qui dans la débine se montrent secourables. 

Avec cette absurdité (1) que je finirais presque par me demander s'ils ont à ce point fiables et de confiance précisément parce qu'ils ne sont pas trop proches, et donc peuvent se permettre ce luxe d'être formidables et de m'épargner leur part sombre, entre petits mensonges et autres lâchetés. Après tout c'est sans doute moi qui suis sous-équipée, à toujours dire les choses, à ne jamais tricher.

Bref, par la faute de trois hommes (2) ma confiance en les autres a très grièvement morflé. Once and again.

Heureusement aussi que trois amies à titres divers ont redressé la barre, relevé le niveau. De façon assez classique : alors que je n'attendais rien de particulier de leur part ; ou en tout les cas pas à cette hauteur là. La vraie aide concrète qui permet de ne pas se noyer. Et qui au vu de ce qui est encaissé par ailleurs permet de ne pas désespérer de toute l'humanité. Continuer pour le 5% qui ne te repousseront que s'ils sont en train de mourir de faim ou physiquement menacés et que c'est soi ou l'autre, mais qui en l'absence de disette et en temps de paix, resteront respectueux, quand bien même un raccourci un peu brutal dont vous seriez les victimes les aura tenté.

Heureusement aussi qu'il reste (mais pour combien de temps ?) en ce pays un filet social qui permet du moins de tenir quelques temps si les choses tardent à s'arranger. Est-ce qu'on se rend compte à quel point c'est précieux tant qu'on n'y a pas soi-même été confronté ? (3)

Heureusement qu'il reste des potes pour passer un coup de fil, envoyer un message, un texto et dire, Tiens au fait, tu (ou vous) fai(te)s quoi ce soir ? Passe(z) donc à la maison.

Mais on aimerait tant qu'il n'y ait rien à réparer, et personne qui n'ait agi à notre égard de manière à dormir moins bien la nuit. Souvent il ne s'en faudrait que d'un gramme de courage, d'un renoncement à la menterie, faire face franchement et avant pourrissement de la situation, d'un minimum de cohérence dans le comportement et de ne pas se dire (je suppose que c'est ça qu'ils se disent), allez, ça n'est pas grave, elle s'en remettra. Alors que si, c'est grave, dès lors que ça a une incidence sur des éléments essentiels de l'existence (4) ; même si précisément tu t'arranges pour que ça ne soit plus ton existence à toi (5).

Et que oui, je m'en remettrai, d'ailleurs tu vois, c'est presque fait ; mais pas l'estime que j'avais pour toi.

 

(1) C'est une variante du Mauvais Sort du Cheminot Non Gréviste : on s'en prend à qui est là de ce qu'on reproche aux autres mais comme ils brillent par leur absence c'est le collègue qui trinque qui précisément des absents, n'en est pas.

(2) et d'une femme, mais il y a huit ans de cela. Et j'ai appris plus tard qu'elle se comportait comme une sorte de serial killeuse affective. N'étant ni de son milieu social ni (alors) professionnel, j'étais une nouvelle proie parfaite, tout ignorante de ses antécédents.

(3) Même chose pour la prise en charge, même incomplète des dépenses de santé.

(4) OK, pour la fausse blonde, disons qu'on oubliera que tu as pu te montrer zéro-neurones à ce point-là. Mais pour les autres "tu" et le reste, ça va être un peu plus difficile que ça.

(5) Stratégie bien connue du Je déconne puis je déconnecte (et comme ça je fais même au fond de moi comme si rien ne s'était passé puisque j'ai effacé le survivant à ma connerie, c'est sans doute qu'elle n'a pas eu lieu. Du tout. Rien. Nada)


Comme tout change (tandis qu'au fond rien n'a changé)

 

 

Partie au festival d'Arras puis requise par différentes contraintes, occupée aussi à déposer ici ou là mon CV - très difficile de chercher un emploi après une rupture subie, cette sensation profonde que de toute façon on n'est plus LA bonne personne pour personne -, je n'étais pas venue à la BNF depuis le 7 novembre. Entre-temps l'accès Est est ouvert à nouveau. Deux ascenseurs et des escaliers remplacent les rampes glissantes et malcommodes qui n'étaient pas tout à fait assez larges pour que deux personnes de front puissent passer. 

Ça sera mieux. 

On dirait cependant qu'une sorte de malédiction préside à tous les choix systématiquement : l'escalier est fait de grilles métalliques c'est transparent on voit le sol. Je ne suis pas concernée sauf aux jours de tension vraiment trop basse, mais je plains ceux et celles qui sont sujets au  vertige. Les portiques de contrôle pour l'instant ne sont pas bien réglés. Trop sensibles ils sonnent on ignore bien pourquoi. J'ai eu beau vider mes poches, les retourner, je faisais sonner d'alarme. Un jeune homme avant moi connut le même tracas. De guerre lasse et parce que d'autres attendaient, il a bien fallu nous laisser passer. Peut-être y aurait-il une part métallique au chagrin et que lui aussi (il avait l'air triste) en serait atteint ?

Le nouveau système de réservation s'est débarrassé du bug qui obligeait à s'y reprendre à deux fois pour les postes audiovisuels. Finalement pouvoir en arrivant choisir une place dont l'internet est disponible (puisque que le wi-fi n'y est pas et qu'un poste sur deux seulement est équipé) se révèle plutôt pratique même si devoir demander une place en arrivant fait perdre un peu de temps.

Étrange de retrouver ces lieux qu'il y a encore quelques mois j'occupais entre mes journées salariées et dûment accompagnée de la lointainte présence d'un correspondant bien-aimé. Les commentaires de films qu'on pouvait s'échanger. À présent, un grand vide, même si même sans guide je ne manque pas d'idées de classiques à rattraper.

Comme tout change ! Ce n'est plus la même façon d'habiter ces lieux. Comme rien n'a changé ! Je retrouve les places habituelles, la connexion filaire, mes documents en cours d'étude que je n'ai pas lâchés. Depuis ce sombre été, j'ai tout continué sur ma lancée, mais l'élan n'y est plus. Vis ta vie a écrit celui que j'ai aussi soutenu. Je suis une femme jetable, qui aide les autres à aller mieux, dont on se débarrasse après. Que puis-je changer ?

J'aimerais pouvoir venir tous les jours sans avoir sur d'autres tâches à me disperser (1). J'aimerais au moins pouvoir écrire en paix.

 

(1) Bon, éplucher les haricots verts comme la veille je veux bien et même les cuisiner. Mais devoir me rendre à d'inutiles convocations, ou traverser la ville pour remettre un CV dont j'ignore à cette heure s'il a seulement été regardé ou bien directement jeté (réponse obtenue mais en insistant), c'est absurde. La période est pour moi suffisamment pénible, je n'ai pas besoin que l'on vienne me charger d'autres contraintes et corvées, d'efforts non reconnus.

 


Privée de vélib

Aujourd'hui

 

Alors voilà, ma carte bancaire arrive à échéance. Mon abonnement vélib pas du tout : il est annuel et prend date en mars ou février. 

Mais voilà, il y a la caution. Appuyée sur mon numéro de CB.

La fin de mois est financièrement sur le fil du rasoir de ce découvert autorisé qu'on utilise trop tout le temps - sans pour autant faire de folies, c'est ça qui est rageant -. 

Je dois attendre que les paies soient arrivées pour aller chercher ma nouvelle carte, sinon il faudra négocier et je préfère user d'éventuelles faveurs pour des moments bien plus désespérés (1), et en attendant ne pas trop me faire remarquer. Et puis il faut trouver un moment où l'emploi du temps est compatible avec les heures d'ouvertures de l'agence bancaire.
Peut-être jeudi ?

Tenir trois jours sans carte de crédit devrait être faisable, de toutes façons je ne compte faire que travailler, aller voir mon kiné (chèque), n'acheter rien d'autre que le pain éventuellement, un journal, mais sans doute qu'on ira pour moi, un ou deux cafés. Le plus dur sera de ne pas pouvoir payer mon coup si je vois des amis (2). Rien de catastrophique par rapport aux situations de certains d'entre eux auxquels je pense souvent, peinée et impuissante.

Seulement vélib n'est pas d'accord, qui deux jours avant l'échéance m'informe que puisque je n'ai pas saisi les numéros et code de sécurité de ma nouvelle carte de crédit, mon abonnement, quoique payé pour l'année, est suspendu jusqu'à nouvel avis.

Ce qui fait que si je souhaite aujourd'hui en emprunter un, il faudra que je fasse une location à l'heure, cautionnée par ma carte qui est encore valable jusqu'à dimanche inclus.

Être privée de vélib plus tôt que prévu à moins de re-payer par ailleurs pour ce que j'ai déjà payé, me paraît un brin absurde et abusif.

 


(La semaine prochaine, sauf si résolution entre temps de la question, je vous parlerai de l'inscription au club de natation dont le tarif semble aléatoire. Comment ça, je ne pense qu'à l'argent ? Ce qui manque oriente péniblement nos préoccupations)

 

(1) Du type panne de ballon d'eau chaude en plein hiver par -4°C dehors (déjà testé). Ou gros appel de fonds de la part du syndic de copropriété pile le même mois qu'on aura engagé des frais dentaires ou d'optique (grand classique).

(2) Cher éditeur, je n'ai pas oublié que je te dois une bière :-)