L'hospitalisation à domicile en pratique (billet à compléter)


    Ça fera deux semaines jeudi que ma mère, âgée et en fin de vie. est chez elle dans le cadre d'une hospitalisation à domicile.

L'hôpital n'avait plus vocation à l'y garder : pas de soins possibles pour la soigner, son mal est incurable, dûment diagnostiqué, et elle refuse certains soins qu'ils pourraient faire pour tenter de ralentir le processus. Elle consent à quelques autres pour lesquels elle est censée passer toutes les deux ou trois semaines une journée à l'hôpital.

Elle refusait de partir en maison de retraite médicalisée. Il est vrai aussi que le coût de celles qui furent par ma sœur (1) contactées était bien supérieur à celle de la pension de réversion de ma mère (2).

Elle voulait rentrer chez elle. L'hôpital poussait en ce sens, je pense parce que le nombre de lits est limité et qu'un patient qui refuse les soins ne fait qu'encombrer. Peut-être aussi qu'il y a des contraintes de gestion que l'on ignore : par exemple qu'un tel patient compte dans leurs "résultats" (x patients traités par tel service) tout en ne prenant pas une place de lit, alors ça doit être bien pour la logique comptable à laquelle les établissements de soins sont soumis.
Il se trouve que la patiente ne réclamait que ça, de tout ce qui lui restait d'énergie.

De mon côté, je reste vieux jeu : il me semble que laisser seul-e dans un logement une personne qui est clouée au lit, ne peut en sortir, peut à peine boire seul-e et n'a pas la force nécessaire pour téléphoner, même si on laisse un combiné à sa portée, c'est mettre sa vie en danger.

Tout le monde ou presque m'a dit (le médecin à l'hôpital, l'assistante sociale de l'hôpital qui organise ce type de prise en charge, la patiente qui disait Je veux rentrer chez moi, je vous assure ça ira, et l'homme de la maison, qui puisqu'il est en ce moment sans emploi est celui sur qui la plus grosse partie de la charge de travail et de veille est retombée) : mais non.

Il y a des passages de soignants : deux ou trois par jour.
Il y a des passages d'auxiliaires de vie : deux ou trois par jour aussi.

La part hôpital est prise en charge par la sécurité sociale et la mutuelle.
La part assistance est payante à la charge du patient ou de sa famille. Il y a une aide forte les trois premiers mois. Puis différents dispositifs possibles (on a rempli un dossier APA) et si l'on doit payer sans aide ça sera 1900 € / mois. À nous de fournir tout le matériel (sauf le lit d'hôpital qu'il a fallu installer) et faire la blanchisserie.

Le lit d'hôpital prend beaucoup de place mais il faut savoir qu'il est monté sur place comme un meuble de l'enseigne suédoise. Donc peu importe que l'accès soit compliqué. En revanche il faut une pièce assez grande. Les chambres du petit pavillon ne l'étaient pas. Le lit trône en plein milieu de la salle-à-manger salon, tous meubles repoussés.

Alors pour l'instant il faut reconnaître que les engagements promis semblent tenus. La grande majorité des personnes que nous avons croisées semblent bien formées à leurs tâches et dévouées. Certain-e-s laissent des mots précis dans une sorte de carnet de bord prévu à cet effet. Nous sommes rapidement contactés en cas d'ennuis - par exemple le dysfonctionnement d'un boîtier -. 

Plusieurs des personnes croisées pour la part non médicale sont des personnes qui ont déjà eu d'autres expériences professionnelles et se sont reconverties là afin d'être utiles plutôt qu'en chômage et fins de droit. Je suppose que les associations qui les emploient bénéficient d'aides, sinon comment seraient-elles remboursées de leurs frais de déplacements qui en grande banlieue doivent être conséquents ? C'est un travail difficile et fort peu payé. Je ne suis pas certaine d'être capable, si j'étais en fin de possibilités professionnelles, de l'effectuer. Au passage : cette solution est un désastre en terme de bilan carbone et contribution à la pollution. 

Ma mère a une voisine dévouée et formidable, et sans doute quelques autres qui passent parfois. C'est rassurant pour nous d'avoir un éventuel relais sur place, mais en même temps ça n'est pas son travail, elle peut très bien ne pas être là, ou être fatiguée, et c'est dur de côtoyer quelqu'un qui n'est plus que son ombre avec la mort qui volette autour. De plus tout le monde n'a pas la chance d'avoir à proximité quelqu'un comme ça.

Il y a en cas d'urgence une téléalarme que peut déclencher le ou la malade à partir d'une sorte de bracelet fixé à l'un de ses poignets.

Malgré les points positifs, la solution d'hospitalisation à domicile continue de me paraître peu adaptée pour un-e malade qui vit seul-e, ne peut se lever, et dont la famille la plus proche est à plus de 45 minutes de trajet et dont les membres ont un travail salarié. 

Il faut vraiment que quelqu'un soit disponible. Compte tenu de la partie qui est à assurer par la famille, il faut au moins une visite tous les deux jours, linge à nettoyer / rapporter, courses à faire (repas, affaires de toilettes), une part du ménage, les poubelles à sortir, rentrer, le courrier à traiter - et la situation elle-même est génératrice de paperasse -. Ça s'ajoute à tout ce qu'il faut faire (payer les factures, les impôts ...) lorsque la personne est hospitalisée. 

Il y a de la coordination à effectuer, tenter jour après jours d'harmoniser les horaires de visites des professionnels afin d'éviter d'inutiles embouteillages et de longues plages horaires sans personne. Les nuits sont longues. Même si un dernier passage est tardif, et sauf organisation particulière, le ou la patiente reste seul-e de 21h à 9h le lendemain matin.

Le moindre dysfonctionnement prend des allures dramatiques : en effet, en cas de coupure d'eau, d'électricité ou de panne de chauffage l'hiver, il devient immédiatement urgent d'y remédier. Le hic étant que la personne malade, clouée au lit ne peut s'en rendre compte par elle-même, c'est donc une des aides qui s'en apercevra et nous alertera et il faudra le temps qu'on parvienne à faire quelque chose. Un hôpital ou autre établissement de soin possède au moins un groupe électrogène et une organisation pour remédier rapidement à ces problèmes. 

La téléalarme est un dispositif qui se veut rassurant mais qui in fine est très éprouvant pour les nerfs : le protocole veut que le patient soit rappelé puis s'il ne répond pas (3) que nous soyons les premiers avertis afin que nous puissions passer voir et confirmer ou non l'urgence, afin d'envoyer ou non les pompiers. OK si tu habites le même patelin, que tu es disponible, que les distances sont brèves à parcourir. Mais en l'occurrence, et même s'il n'y avait pas d'embouteillages et que j'avais la voiture en bas de l'immeuble, je mettrais 40 minutes pour aller voir (4). Ce soir, ma mère peut-être par un faux-mouvement a déclenché l'alarme et comme je n'ai pas entendu sonner mon téléphone (j'étais en vélib puis en train, je rentrais chez moi) et que de toutes façons je leur aurais répondu par le temps qu'il me fallait pour arriver, ils ont fait venir les pompiers. C'était semble-t-il une fausse alerte, ce qu'on m'a dit lorsque j'ai rappelé dès que j'ai eu le message (5). 
Si la patiente était hospitalisée, elle déclenche par mégarde le bouton d'appel d'un-e soignant-e qui passe voir, constate que c'est pour rien. 
Qui paie pour ce genre de surcoût ? Et combien ?

Je persiste à ne pas comprendre - sans doute parce que je ne suis pas moi-même malade ? - l'intérêt d'être chez soi sans y être. Elle ne profite en rien de sa maison. Sa maison ne ressemble déjà plus à sa maison. De son lit elle voit quelques meubles poussés. Elle peut voir le ciel et rien du paysage (c'est au premier étage), au mieux quelques branches d'arbre. Elle ne peut plus lire. Ne semble pas souhaiter de musique. Refuse la télé (6). 

Le système de boîtier mis en place pour les clefs, s'il est fonctionnel et part d'une bonne logique, correspond à un monde bienveillant dans lequel il y aurait assez peu de gens malfaisants. Il me semble trop peu difficile à "craquer" en plus que le voisinage désormais accoutumé à des va-et-vient de personnes différentes ne s'inquiéterait pas de voir quelqu'un trifouiller le système puis entrer. Après, il n'y a rien de valeur marchande à voler et si ma mère entendait du danger elle actionnerait la téléalarme. Il n'empêche, ça n'est pas rassurant. 

C'est l'hiver. Je ne sais pas comment ça se passerait en cas d'intempéries qui rendraient ne serait-ce que 24 heures les venues difficiles. L'autre soir, près de mon travail c'était pluies verglaçantes au programme. J'étais en transports en commun qui pouvaient circuler (les suivants je ne sais), et n'avais pas prévu de passer voir ma mère ce soir-là, il n'empêche que je me suis posée la question de comment faire dans ces cas-là. 

Quand nous passons voir la malade, ça n'est jamais sans appréhension. J'avoue n'avoir pas le courage de m'y rendre seule. J'avais infiniment apprécié la façon dont la fin de vie de mon père s'était déroulée à la Maison Médicale Jeanne Garnier : non seulement les patients semblaient bien traités mais il y avait un soin particulier mis dans l'accompagnement des familles. Les derniers instants étaient le moins éprouvants possibles. Là, nous savons qu'une personne ou l'autre de qui passe, et nous peut-être, viendra un jour proche ou lointain et constatera que c'est fini. Ça fait un peu monter l'escalier avec des semelles de plomb. 

Bilan provisoire : L'hospitalisation à domicile c'est bien lorsqu'une personne ne vit pas seule ou qu'elle a ses proches à portée de pâté de maisons. Et disponibles. Et capables d'intervenir sur toutes sortes de problèmes, en particulier bricolages urgents. 
Pour les proches qui ne sont pas sur place, c'est particulièrement angoissant. On n'est jamais tranquilles. Sur un qui-vive permanent. Recevoir des appels est flippants, n'en pas recevoir tout autant. 

Je persiste à penser que ça n'est pas la solution la mieux adaptée lorsque quelqu'un est seul et à plus d'une demi-heure ou trois- quart d'heures de route de ses géographiquement plus proches parents.

 

 

(1) autour de Paris si tu n'es pas CSP +, la maison de retraite pour quelqu'un de cloué au lit, nécessitant des soins complets, tu oublies. Ma sœur habite dans une région où les choses sont plus abordables. 

(2) sort ô combien classique de tant de femmes pour lesquelles le travail consistait à s'occuper de toute l'intendance familiale tandis que les enfants étaient à l'école et que l'époux travaillait à l'extérieur. Et encore, mon père, en homme prévoyant, avait sur-souscrit dans ses dernières années de travail afin qu'une assurance vienne compléter le faible montant mensuel de la réversion "brute de décoffrage". Malgré ça, elle touche juste de quoi vivre et payer les charges de ce qui fut leur pavillon. 

(3) Ce qui est forcément le cas de ma mère qui n'en est plus capable même dans ses moments de bien. Et qui refuse toujours l'usage d'un téléphone portable (et qui se planterait, j'avais tenté il y a plusieurs années, elle était rétive au point de tout manquer).

(4) Et 1h20 à 1h30 en transports en commun, si tout va pour le mieux et qu'on n'est pas la nuit.

(5) J'ai compté pas moins de trois "Tapez [numéro]" plus une musique d'attente avant d'avoir un être humain (au demeurant parfaitement efficace) et c'était le cas "Vous rappelez suite à un déclenchement" donc censé être traité rapidement. L'appel a duré 2 minutes 22 et dès que j'ai eu une personne elle m'a dit en substance Pour votre maman c'était une fausse alerte elle avait déclenché le bracelet par erreur. J'ai dit merci et nous nous sommes saluées. Autant dire que ce fut bref. Et que donc il y a bien 1 minute 30 de préliminaires.

(6) De toutes façons il n'y a qu'une vieille télé qui n'a pas passé le cap des nouveaux dispositifs.  


Config canicule

 

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Touchée par le mal-être du fiston et malgré que je n'aime rien tant que le chaud et la lumière, je passe en rentrant l'appartement en configuration canicule, volets fermés - pas en plastique, c'est parfait, laisse le chaud dehors sans devenir brûlant (ni fondre) - fenêtre ouvertes ou entrebaillées ) l'ancienne afin d'éviter qu'elle ne claque sous l'effet du courant d'air créé. Fenêtre ouverte dans la salle de bain, qui donne sur le puits intérieur entre les immeubles. 

Ils datent d'un temps où l'on ne comptait pas sur l'énergie fournie afin de tenir le coup en toutes circonstances. La cuisine dispose d'ailleurs d'un garde-manger intégré. 

Il y a des cheminées. 

Ces jours derniers l'hiver paraît un concept imaginaire, abstrait. 

J'aime ça. Je quitte l'inquiétude sourde de passer le suivant. L'été me protège en se prolongeant.

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On sent pourtant son temps compté. Les arbres déjà perdent leurs feuilles par brassées, 20160827_212522 la nuit a cessé de tomber après l'arrivée des premiers sommeils, et le matin un réveil à la lumière précède de peu la radio enclenchée des jours obligés. Nous sommes sortis dîner, j'ai mis ma robe de 30°C que ma fille a cru neuve, tant il est rare que j'ai l'occasion climatique de pouvoir l'enfiler.

J'aimerais disposer de quelques jours encore afin de pouvoir parfaire ma santé.

Seulement je me doute que les orages ne vont pas tarder et les matins redevenir frais et la grisaille reprendre cette sorte de droit d'aînesse qu'elle détient sur Paris.


Tellement c'est mieux sang, j'y pensais même plus


    C'est une nageuse chinoise, Fu Yuanhui, qui en expliquant simplement qu'elle n'était pas au mieux de sa forme lors des finales parce qu'elle avait ses règles, a porté la question sur la place publique, et je pense que c'est franchement bien. Rien qu'en étant une sportive amateure ou plus simplement en menant une vie quotidienne classique on peut s'en trouver gênées, y compris pour qui n'a pas de syndromes menstruels compliqués, il est bon qu'enfin on puisse avouer que certains jours malgré nous ça n'est pas tout à fait ça.

Après, il paraît que ça peut être un atout dans certains sports, ce que j'ai du mal à croire, n'ayant pour ma part pas connu l'aspect "sautes d'humeur", ou uniquement la part, déprime de fatigue (et vraiment dans ce sens : le fait d'être encore plus fatiguée qu'à l'ordinaire et donc peu capable de faire ce qui était devant être fait induisant un découragement, un sentiment d'injustice aussi). Et puis, dans les jours suivants on peut bénéficier d'un regain d'énergie, comme toute personne qui sort d'avoir été moins bien (ça le fait aussi après un rhume, ou n'importe quelle bricole de santé qui met patraque mais pas totalement hors jeu). 

Il n'empêche qu'aux jours mêmes ou aux 24 heures avant, il y a ce "moins bien", un manque d'allant certain. Et je crois bien que c'est général, que peu de femmes y échappent.

À titre personnel je suis reconnaissante envers cette jeune femme de m'avoir fait prendre consciente d'à quel point c'est un soulagement quand vient la fin de ces temps rythmés plus ou moins irrégulièrement par des tracas de saignements. J'en suis sortie depuis deux ans et c'est devenu si agréable si vite (malgré une sorte de rechute après le 7 janvier 2015, le corps lui-même était déboussolé) de n'avoir plus à se préoccuper de ça du tout et d'être soi-même au fil du temps sans oscillations périodiques, que j'avais complètement oublié tout ça, le côté matériel (devoir se pourvoir en protections (1)), les moments de déceptions - on aimerait tellement pouvoir être au mieux de sa forme, au moment de tels examens, telles compétitions, telles retrouvailles et vlan ça tombe à ces jours précis -, ceux d'inquiétudes quand du retard imprévu survient (2). Et que le mieux ressenti, malgré pas mal de fatigues dues à un job trop exigeant pour moi physiquement, était tel que de nouvelles ambitions sportives m'avaient saisies et très sérieusement, que je compte pouvoir concrétiser prochainement. Que le temps (tic-tac), lui aussi, paraît plus grand, qui n'est plus morcelés en jours avec et jours sans, chaque période d'insouciance et de ventre sans douleur n'étant plus le répit avant un nouveau lot de cinq jours d'amoindrissement. Le "en forme" est devenu l'état permanent, sauf problème (autres et inattendus). Le "pas en forme" ayant disparu des prévisions, des obligations de se préparer mentalement à devoir accomplir telle ou telle chose malgré la gêne. Et je parle en temps que privilégiée qui déjà n'avait pas trop à se plaindre de conséquences réellement invalidantes. Je ne peux qu'imaginer l'ampleur du soulagement pour mes consœurs qui souffrent ou ont souffert chaque mois pendant toute la durée de leur fertilité.

Grand merci donc à Fu Yuanhui et pour les femmes encore jeunes qui grâce à sa déclaration se sentent moins seules à se être régulièrement amoindries et pour celles de mon âge ou plus grand qui grâce à elle prennent conscience d'à quel point, c'est vrai, on se sent mieux ... sans ce sang.

 

 

(1) Il paraît que les coupelles sont une bonne solution, c'était déjà un peu tard pour moi pour m'y mettre alors que je trouvais déjà les progrès effectués depuis mon adolescence en solutions jetables déjà remarquables. Du coup jusqu'au bout j'aurais connu la corvée de devoir faire au bon moment les courses qu'il fallait.
(2) Pour ma part j'ai peu connu, je suis de la génération qui est devenue femme alors que la contraception était légale et répandue et que même dans un milieu non favorisé à demi immigré on pouvait sans problème demander à aller voir un médecin qui pouvait conseiller. C'était avant le Sida, le préservatif ne faisait plus guère partie de la panoplie. Et le fait que l'avortement soit légal et possible offrait soudain à toutes un filet de sécurité. Des cousines et des sœurs aînées étaient là pour nous confier et nous faire prendre conscience d'à quel point c'était une chance et une sécurité. Pour la plupart d'entre nous, il était peu possible de savoir si nous étions des enfants subis ou souhaités, ce confort rassurant qu'ont pu connaître les générations d'après, même si c'est semble-t-il redevenu compliqué.


Plus tard nous nous demanderons

 

    Plus tard nous nous demanderons comment nous avons pu ainsi nous laisser voler d'une part devenue si importante de notre vie privée, comment nous n'avions pas vu ce hold-up généralisé.

Quelques éléments de réponses sont donnés ici : 

Internet, applis mobiles : Tenons-nous encore à nos données ?

Et grand merci à Adrienne Charmet Alix qui explique les choses avec tant de clarté (et de détermination)


Impressions olympiques


     Capture d’écran 2016-08-09 à 01.12.34Depuis que j'ai retrouvé comme en 2012 un canal pour voir des retransmissions à la carte et sans commentaires ni réclames, je me régale de J.O. 

Ça tombe bien, le travail à temps plein, finalement assez intense car il y a des clients au lieu de l'étiage qu'on me prévoyait, et pas mal de boulot déjà sur les commandes scolaires même si je n'interviens qu'en complément, suffit à pomper toute l'énergie que j'ai. Ce qui fait qu'en rentrant ou comme ce week-end je ne pourrais pas ou peu écrire. 

Par ailleurs je sors de la lecture d'un roman très prenant, qui m'a touchée (1) et je peine à enchaîner sur autre chose qui forcément me semblerait décevant.

Alors je regarde le sport, me réjouis de voir de si beaux gestes, des instants de grâce (ah les Chinois et Chinoises en plongeon synchronisé), leur exultation pour ceux qui l'emportent. Ça fait du bien d'oublier un moment la pente fatale qui semble entraîner le monde, les violences et les horreurs. 

J'avoue que je ne savoure pas sans arrière-pensées, les menaces sont pesantes et je suis assez âgée pour conserver des souvenirs d'enfance de 1972, alors étant donné le contexte actuel je me dis qu'il faut profiter de chaque jour passé sans drame ni tourment.

Ces retransmissions en sons réels permettent de jouer à rêver d'être sur place, dans le public mais bien placé ; de voir aux temps d'interstice des détails techniques ou touchants (oh le geste de la gymnaste chinoise qui a délicatement remis en place la queue de cheval de sa coéquipière que la médaille coinçait), de mieux comprendre (par soi-même) que lorsqu'on nous assène des explications.

Le public c'est le seul regret : il semble composé uniquement de supporters de l'un ou l'autre athlète ou équipe qui ont fait le déplacement. Les places ont dû être vendues à des prix prohibitifs. Le peuple n'y est pas. Ou alors un peu, à la marge, par exemple sur le bord des routes du cyclisme sur routes, quoi qu'assez clairsemé. 

La peine de ceux qui perdent ne me laisse pas indifférente, je crois savoir ce que c'est que de se donner du mal pendant des années pour quelque chose ou quelqu'un et que soudain tout se résume à plus rien. Reste le parcours et d'avoir quand même atteint le niveau qui permettait de prétendre à ce qu'on croyait possible.

Et puis j'apprécie tout mieux que je ne l'aurais fait plus jeune et je sais bien pourquoi : au fil de la vie, j'ai à peu près tout essayé des sports qui me rendaient curieuse - bon allez, pas le saut à la perche, et des sports de combats seulement le karaté -. Mais j'ai pratiqué un peu d'équitation, j'ai aussi sauté (plongé, même pas, trop difficile pour moi de si haut) d'un tremplin élevé (2), essayé tous les sports de balles ou ballons. Bref, je regarde désormais comme quelqu'un qui sait quels miracles se cachent derrière l'apparence de facilité de ces athlètes de haut niveaux. Et puis ceux qui concourent ont désormais l'âge de mes enfants. Peut-être que ça rend à mes yeux leurs exploits encore plus émouvants que lorsqu'ils auraient pu être mes cousines ou mes frères aînés, puis mes copains de classe, plus tard d'éventuels frères ou sœurs plus jeunes et à un moment donné d'éventuels amis ou petits-cousins plus jeunes. 

J'espère que des olympiades existeront encore dans un monde pas trop cassé lorsque les concourants seront en âge d'être mes petits-enfants et que je serai encore là pour admirer et pleurer de beauté devant certains gestes parfaits.

 

(1) "Vie prolongée d'Arthur Rimbaud" par Thierry Beinstingel
(2) du temps où la piscine municipale possédait une fosse et des plongeoirs


Se faire sortir après avoir tout donné

OK ce n'est qu'un jeu avec un ballon - même si des sommes d'argent colossales sont en jeu, quelque chose me dit que l'homme interviewé à cet instant, Andrea Barzagli, n'y songe pas, mais plutôt au fait que c'était sa dernière chance, à 35 ans (1) -,
mais les paroles qu'il prononce, le fait qu'il essaie de tenir bon mais n'y parvienne pas, me concernent. Par deux fois dans ma vie, le 17 février 2006 et le 9 juin 2013, quelque chose de similaire m'est arrivé : quel que soit le domaine concerné, il s'agit d'une seule et même chose si humaine : se faire sortir après avoir tout donné et n'avoir pas grand chose de moins que la personne ou l'entité qui est parvenue à passer. 

Il est intéressant de constater combien ses mots, d'ailleurs sont généraux, Une immense désillusion, nous avons tout donné, ce qui reste c'est la défaite, tout ce que nous avons fait de beau il n'en restera rien, dans quelques années personne [d'autre] ne se souviendra de ce que nous avions constitué (c'est le seul moment de son champ sémantique spécifique football, il parle de Quella nazionale).

Dans le cas affectif, s'y ajoute le manque immense de la personne disparue (2), mais ça se joue peut-être là aussi pour une équipe, ils ont vécu en collectif et inévitablement des moments d'aller ensemble au bout de soi, de se dépasser, émulation et entraide. Forcément, après, rentrer chez soi sans avoir rien obtenu, ça met du vide. Je me souviens n'avoir été sauvée de l'après Comité de soutien (pourtant "victorieux" si l'on peut dire), que par la grâce de l'Hôtel des Blogueurs qui m'avait fait vivre à 300 à l'heure (je travaillais encore comme ingénieure en ce temps).

Me voilà avec une sorte de lointain petit frère de tristesse, un genre de petit-cousin. Do not worry, on survit, gamin.
Mais on met des mois, voire des années à refaire surface.
Et si l'on passe à autres choses, normalement on y parvient, elles auront longtemps un goût de moins bien. Il y aura moins d'énergie disponible, elle mettra longtemps à revenir à un niveau acceptable, alors que l'enjeu qui nous motivait permettait de disposer de réserves insoupçonnées.
C'est ainsi.
Mais contrairement à ce que tu crois, il reste toujours quelque chose des moments formidables, des activités partagées et des plus beaux combats, même perdus. Et parfois, l'emporter est le début d'une malédiction, un pas vers une fin prochaine, quand perdre oblige à emprunter de nouvelles voies qui peut-être auront une meilleure issue.  

Grazie Barzagli, (e anche per il calcio che non dimenticheremo) 

 

(1) à moins que ce soit ma bécassine béatitude qui ne me fasse penser ainsi et que le gars soit simplement désespéré parce qu'il s'est ruiné en paris clandestins sur leur propre victoire. C'est une hypothèse que la #viemoderne ne peut permettre de totalement écarter. Mais aujourd'hui ça me fait du bien de croire que la détresse de cet homme est sincère et sans arrière-motifs piteux.

(2) qu'il s'agisse d'un deuil (disparition générale) ou d'une rupture subie (disparition relative)

[video : l'interview d'après match d'Andrea Barzagli à la Rai 2 juillet 2016]

PS : pour info pour les non-amateurs, Andrea Barzabli c'est cet arrière capable de sauver des situations désespérées en évitant généralement de massacrer l'attaquant. Exemples ici.


S'il pleut à la Saint Médard

    Le beau temps se tourna en pluies, de l'abondance et de la continuité desquelles personne de l'armée n'avait vu d'exemple, et qui donnèrent une grande réputation à saint Médard, dont la fête est au 8 juin. Il plut tout ce jour-là à verse, et on prétend que le temps qu'il fait ce jour-là dure quarante jours de suite.

Saint-Simon, mémoires, chapitre 1er 1692

Je connaissais le diction "S'il pleut à la Saint Médard, il pleut quarante jours plus tard", j'ignorais qu'il fut un temps où l'on entendait plutôt s'il pleut à la Saint Médard il pleuvra quarante jours de rang. 


Chamade (battre la)

 

    Lancée sur les traces de cette expression par Jean-Yves Jouannais et son encyclopédie des guerres, voilà que je la retrouve chez Saint-Simon que François Bon évoque régulièrement : 

 

"Il n'y eut rien de grande remarque pendant les dix jours que ce siège dura. Le onzième de tranchée ouverte, la chamade fut battue, et la capitulation telle, à peu près, que les assiégés la désirèrent."

Saint-Simon, mémoires, chapitre 1er 1692

Le signe d'une capitulation est devenu le battement [du cœur] sous l'effet d'une vive émotion. Sans doute aussi que l'amour est une forme de capitulation.

J'aime suivre la façon dont une langue vit, ce qu'elle nous apprend de nous-mêmes. Merci les amis.

 

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Le temps du rangement


    L'état de l'appartement est clairement dû à l'épuisement des deux plus âgés habitants, au fait que je lis énormément et souvent des livres que j'achète ou que l'on m'envoie donc ensuite ils restent, et à une première époque de dérangement lorsqu'il avait fallu récupérer les papiers, les dossiers, d'un père seul tombé gravement malade (1), deux ans plus tard le siège social de l'entreprise pour laquelle je travaillais brûlait et j'ai perdu toutes mes affaires, ce qui parce que je faisais office d'archiviste pour mon hiérarchique direct ("Au moins dans ton bureau c'est rangé") dont le bureau fit partie des zones épargnées m'a un temps rendue incapable de rangements. 

À partir de là les choses ont empiré à chaque coup dur, maladies, ruptures, ou périodes trop intenses pour mes capacités, reconversion professionnelle incluse. Sans parler des fuites d'eau qui engendrent des déplacements d'affaires dans l'urgence et font perdre le fil des emplacements. En particulier les recherches pour la fuite d'eau invisible nous ont fait bouger pas mal de choses de façon tout à fait désordonnée afin de chercher d'où diable ça venait (2).

Depuis le 7 janvier, je n'ai su faire qu'un minimum vital - le linge, les livres en cours et les documents administratifs d'usage immédiat -, je suis miraculeusement parvenue à payer à temps les factures, déclarer et payer à temps les impôts, nous n'avons eu d'incidents bancaires que par la suite d'ennuis dentaires dispendieux. Je comptais reprendre les choses en main lors de mes congés que je passais à la maison puisque les dates n'en étaient pas favorables pour partir (3), à quelque chose malheur est bon. Mais un pied blessé m'a gênée pour entreprendre quoi que ce soit. 

C'est seulement à présent, que je parviens à dégager du temps et enfin ranger malgré l'épuisement. 

Il se trouve que la dernière rupture subie remonte désormais à un an et demi. En retombant, lors du tri, inévitablement sur des livres dédicacés ou des copies de messages conservées car à l'époque ils me rendaient heureuse ou sur des vêtements achetés sur place (4), j'ai compris que sans l'avoir cherché, d'attendre j'avais bien fait.

La blessure est légèrement cicatrisée, suffisamment pour me permettre de reconsidérer les choses avec indulgence, même si la perplexité ne m'a pas quittée, accéder à nouveau à l'illusion, beaucoup moins difficile à accepter que l'idée d'une manipulation délibérée de sa part, qu'il a effectivement un temps cru à quelque chose et seulement plus tard, finalement non. Qu'il n'avait pas menti sur ses problèmes de santé, qu'il est allé mieux après ; la cruauté du sort a voulu qu'une autre en profite.

J'ai donc pu faire place nette, archiver ce qui le concernait, regrouper ses livres sans plus être tentée ni d'y replonger (souffrance inutile), ni de pleurer (le pire est passé), sans plus de ressentiment - non, il ne m'a pas volé cinq ou six ans de ma vie, d'abord parce qu'il ne l'occupait pas seul, ensuite parce qu'au vu des échanges que j'ai retrouvés, sans trop les relire d'ailleurs, simplement le nécessaire pour trier, quelque chose de très beau s'était noué. Il n'était alors ni fou ni niais. L'homme que je connaissais n'aurait pas commis d'auto-promotion égocentrée au lendemain d'un attentat majeur, et avec moi il n'aurait pas été poussé à produire quoi que ce soit de niais. Les circonstances, l'amour, l'auront changé. Je n'ai pas à souhaiter d'oublier ces années ni d'avoir eu un tendre ami. Il m'a fait du mal mais pas détruit ma vie. Je n'ai pas besoin de chercher à l'effacer, de chercher à effacer toute trace de ce qu'il fut, qui vaut mieux que ce qu'il est. Il convient désormais sauver de bons souvenirs et passer à la suite, qui de toutes façons ne devrait pas permettre le luxe des états d'âmes : financièrement on va en baver, il faudra que je travaille très vite si je veux que l'on ait une chance de s'en tirer ; que je sois au meilleur de ma forme. Encore une épreuve pour le vieil amour que les ans consolident.
Étonnante loterie que celle de la vie.

Le seul puissant chagrin est désormais la mort de l'ami Honoré.

 

(1) pas le mien (je précise pour le cas où des personnes qui connaissent ma famille d'origine liraient)

(2) Le moins qu'on puisse dire c'est que nos efforts furent doublement vains puisque le voisin a cru qu'on n'avait rien fait.

(3) Je n'avais pas envie de partir seule et les dates ne coïncidaient pas du tout avec celles de mon conjoint qui pour cause de fermeture générale de l'entreprise en août, n'avait pas le choix des siennes. Nous aurions pu partir une semaine début juillet mais elle ne me fut pas accordée.

(4) Généralement pas tant par élégance que pour faire face à une surprise climatique.


... et dites-le leur avec respect lorsque vous ne les aimez plus (réflexions induites par un autre billet)


Capture d’écran 2015-04-27 à 11.13.56Très beau billet chez Zythom qui a infiniment raison et le dit mieux que je ne saurais l'exprimer. On ne dit pas assez à ceux auxquels on tient qu'on les apprécie.

Le mal-être, quant à lui, n'est pas toujours visible et je crois que Zythom se fait sans doute à lui-même un reproche qu'il ne mérite pas.
Un de mes amis, quelqu'un qui a compté, s'est suicidé il y a vingt ans. Il avait tout prévu, organisé, planifié. Au point de nous faire croire à tous à un projet professionnel de reconversion, qui convenait à ses compétences et qui l'enthousiasmait. Il avait en fait bâti une fiction. Personne n'avait rien vu, pas même son compagnon, pas même un collègue qui l'avait croisé dans la rue sans doute moins d'une heure avant, habituelles salutations. C'était un lundi. Le jeudi suivant un salarié du même service mais qui n'avait pas connu celui qui avait choisi de s'arrêter là, dépressif en retour au travail mais sans qu'on nous en ai avertis, posait à la cantine quelques questions sur ce qui s'était joué pour ce premier collègue et partait se jeter sous le RER A. Mon amour des livres m'a sauvée des remords : j'avais mangé vite fait pour filer ensuite chez Del Duca, ma librairie d'alors (ou bien à la bibli : en l'écrivant j'ai un doute). Je n'avais donc pas participé à la conversation qui avait concouru à l'ultime impulsion. Mais ça aurait pu. Et je ne me serais pas plus doutée de quoi que ce soit que mes autres collègues, à moins d'une bouffée subite d'intuition, je ne crois pas.

Voilà pourquoi je crois que percevoir le mal-être est le plus souvent bien plus compliqué qu'on ne croit.

Il y a autre chose. 

Je commence à atteindre une respectable longévité. J'ai eu cette chance inouïe de naître équipée d'un naturel heureux, si rien de particulier ne va concrètement mal, je vais bien. Ou si les choses qui vont mal restent dans une proportion supportable. J'ai été une gamine maladive et précoce, poussée dans un pays aux conditions économiques alors favorables et en paix.

Ça m'a rendue paisible et philosophe, apte à savourer ce qui se présente de bon. Je n'y ai aucun mérite, c'est un don du ciel, dont aucun de mes parents n'était équipé (à moins que la guerre qu'ils ont connu enfants ne le leur ai volé).

Il n'empêche que par trois fois j'ai été en danger et une fois pas menacée mais très mal. Du plus violent de ces coups durs, quelqu'un d'attentif m'a sauvée. Et que j'ai pu à chaque fois compter sur de très bons amis, sur la famille un peu aussi. Sur des projets personnels auxquels je tenais.
Ça a toujours été lorsqu'on m'a dit, ou fait comprendre qu'à la suite d'une meilleure rencontre j'étais devenue celle de trop. À chaque fois ça a été une explosion en vol car de mon côté tout semblait aller pour le mieux, aucune dégradation partagée de la relation, jusqu'à un ou deux symptômes de l'autre à mes yeux inexplicables (des colères subites et sans causes compréhensibles, dans d'autres cas un silence prolongé, ou encore un voyage à Paris sans qu'on puisse se voir, un week-end pas trop loin sans proposition de se retrouver ou un débat virulent sur les méfaits du numérique qui était en fait celui qui n'était pas osé avec l'autre qu'on séduisait) précédant de très peu un aveu. J'ai à peu près compris d'où ça venait : en amour parce que je ne suis pas séduisante et donc sers bien à consoler mais quand ça va mieux les bien-aimés filent vers la fausse blonde de leurs rêves, globalement parce que sans doute par un mécanisme un peu semblable à celui qui joue de mauvais tours à l'ami Xave je suis ennuyeuse sur le long terme. Sans compter que perpétuellement fatiguée j'ai besoin de repos plus que la moyenne des gens. Je suis une moche au bois dormant. Ça ne reste pas très longtemps attirant. Donc OK ce n'est pas moi que l'on souhaite garder et quand il y a un besoin d'exclusivité je suis celle qu'on éjecte.

Seulement voilà, il y a différentes façons de procéder. Et c'est très dangereux de le faire sans respect.

Le respect ? Le dire au moins sans trop tarder (1). Venir le dire en face, quelle que soit la difficulté. Avoir au moins ce courage (2). À défaut écrire un courrier, une lettre, quelque chose qui dit que même si c'est fini quelque chose a compté. Éviter le silence sans explications. Éviter le texto (3), et le vague coin d'un mail (4). Ne pas jeter les gens comme des mouchoirs en papier usagés.
Les traiter comme des objets périmés, surtout s'ils n'ont rien d'autre à se reprocher que de n'être qu'eux-mêmes, et le moins-bien d'une nouveauté, c'est leur faire courir un danger.

Ce qu'écrit Zythom est le plus important : Dites leur que vous les aimez.

Mais sachez aussi, lorsque quelqu'un n'est plus l'objet de votre affection, le lui dire avec respect.

 

 

(1) Et non pas quinze ans après comme c'est arrivé. Ou après l'annonce d'un prochain chômage et donc d'une période probable d'inefficacité dans l'aide professionnelle apportée.

(2) Mon premier amour pourtant un tout jeune homme en ce temps-là, et peu fortuné alors que ça nécessitait un long trajet, l'avait fait. Trente-deux ans après nous sommes toujours amis. Et j'ai mis le temps qu'il fallait mais j'ai très proprement guéri.

(3) J'ai dû échapper de peu à "T'es pas une bombasse, l'autre si. Adieu. Lol"

(4) Sur le mode Au fait j'oubliais j'ai rencontré quelqu'un mais tu peux rester, y pas de soucis, cesse simplement de m'envoyer des mots trop affectueux, j'ai bénéficié d'un exemplaire merveilleux. Je serais Sophie Calle j'en ferais une expo