Ibrahim !

 

    Ce matin un enfant, de la rue a appelé Ibrahim ! longtemps, avec ténacité et patience, sans crier, très calmement, sans doute dans l'espoir que réponde l'un des gamins des habitants du deuxième étage de notre immeuble d'habitation et dont il souhaitait la présence pour jouer au jardin d'en face.

Ça m'a rappelé ma propre enfance du temps avant les téléphones personnels et où l'on jouait dehors tout naturellement sans avoir trop le droit de sonner chez les gens.

Je ne sais si Ibrahim l'a rejoint, s'il était réveillé, si ses parents ont consenti à ce qu'il sorte (1) ou si celui qui appelait s'est lassé ; le fait est qu'à un moment les appels ont cessé.

Entre temps, l'enfant m'avait offert un réveil souriant.

 

(1) Normalement oui, nous nous croisons assez souvent. Et déjà plus d'une fois ils m'ont donnée un coup de main (monter quelques courses, charger des cartons dans la voiture lors de rangements, tenir la porte quand je suis chargée, tout simplement). Ils jouent au foot. Font probablement à l'occasion des bêtises comme tous les enfants vifs et en bonne santé, mais avec moi, ils sont sympas.


"ont annoncé que les structures du pays cesseraient d'exister avant la fin de l'année"

(un auto-gag, mais fait-il rire ?)

 

Au terme d'une après-midi d'avoir suivi via Twitter et les LT d'amies et d'amis et de journalistes, traité•e•s mal eux aussi, j'écoutais pour me détendre enfin l'émission Juke Box sur France Culture. Il était ce soir question des groupes rocks dans l'URSS de la fin, et ça me rappelait l'un des films les plus intéressants vus au festival d'Arras, Leto, qui comptait l'ascension du musicien Viktor Tsoi.

Mais comme ça m'arrive encore très souvent, quoi qu'un peu moins ces derniers temps (j'ai quand même pris un peu de vacances en novembre, et c'était nécessaire), je me suis endormie sans même m'en rendre compte, d'un seul coup, tout en croyant encore être en train d'écouter.

Et voilà que soudain alors que mon cerveau pensait être encore en train d'entendre le début de l'émission, mais qu'en fait on en était à 57 minutes de diffusion, cette fin de phrase dite par une voix de journaliste d'information traverse mon sommeil : 

" ont annoncé que les structures du pays cesseraient d'exister avant la fin de l'année".

Ça m'a provoqué un réveil en sursaut simultané à cette pensée, un peu surprise, mais pas tant que ça : 

- Ah ouais quand même !

Puis il y a d'autres phrases et du rock, mon cerveau se réactive en entier et je comprends que ce n'est pas un flash d'informations de ce 8 décembre que je viens d'entendre mais un extrait d'un journal télévisé du temps de la fin de l'URSS et que c'était la chute de cette entité qui était ainsi annoncée ; décision prise d'un commun accord par Gorbatchev et Yeltsin de la dislocation de l'URSS en décembre 1991. 

Bien sûr ça m'a valu un joli fou-rire. Mais pour que j'aie pu y croire, même en sortie de sommeil, même un seul quart de seconde, et après une journée de manifestations généralisées, c'est quand même bien que quelque chose dans ce pays (1) ne va pas, vraiment pas.

 

(1) Et hélas pas que celui-ci : la Belgique à nouveau en passe d'être sans gouvernement, l'Italie avec une manif de la Lega pas franchement rassurante, le Brésil sous le joug de l'extrême droite, l'Angleterre suicidaire, Merkel qui semblait être la seule personne un peu digne encore au pouvoir quelque part qui s'en va et Trump qui touite des trucs de plus en plus hallucinés, on a bien l'impression qu'un vent de folie fatale souffle sur la seule planète pour l'instant habitable
Capture d’écran 2018-12-09 à 01.04.44


À trente ans, c'est là tu te dis


    Je pars poser deux caisses de livres au box de stockage, profitant d'un imprévu (activité annulée) et du fait qu'il fasse doux ce qui m'accorde de l'énergie ; croise deux hommes en pleine conversation. Concentrée sur mon chargement - sur le diable -, je ne vois pas leur aspect, mais ils parlent forts et rient, alors j'entends.

- Ne t'en fais pas après, les années, on les remarque même pas.
- Oui, n'empêche t'arrive à trente ans, c'est là tu te dis, j'ai raté ma vie !  

(et ils éclatent de rire).

Pour ma part j'ai un peu l'impression d'être passée directement de 40 à 55 ans alors que ce furent les années jusqu'ici les plus intenses (et difficiles, mais pour le coup vraiment "vivantes") de ma vie.


Une émission qui aura bien fait d'insister

 

    La radio de la voiture s'allume sur France Inter par défaut, l'habituel conducteur aime bien y écouter les infos.

Nous nous rendions à une fête chez des amis dans le Val d'Oise.

C'était très embouteillé au départ de Clichy. 

Il a allumé la radio et voilà que s'est élevée la voix de Laure Adler. Ça n'était pas pour me déplaire. J'aime la façon qu'elle a d'interviewer les gens. Son invité était Michaël Ferrier pour son livre "François, portrait d'un absent". Le titre me rappelait quelque chose.

Concentrée sur le trajet, itinéraire tenté afin d'échapper à la A15 bloquée, je n'ai pas écouté avec une totale attention. 

La voix du François du livre, François Christophe m'a rappelée quelque chose et le texte qu'elle disait. 

Il fut question d'une bande de gamins à Paris dans le XVIIème arrondissement il y avait un peu longtemps.

J'ai pensé immédiatement à ce documentaire (1) que je venais de revoir grâce aux algro d'autoreplay de Youtube dont les choix sont parfois d'une pertinence troublante et d'autres fois dans des à-côté-de-la-plaque quasiment vexants. 

Puis nous sommes arrivés et nous avons passé une bonne joyeuse soirée.

Au retour vers 1h ou 2h du matin, la radio s'est trouvée à nouveau allumée. Il se trouve qu'elle rediffusait l'émission de l'aller. Que j'ai pu cette fois écouter dans son intégralité.

Et j'ai compris que François Christophe avait été le réalisateur du documentaire "Thierry, portrait d'un absent" qui m'avait tant émue, en raison de son respect pour quelqu'un de la rue et par ailleurs pour un certain nombre d'échos et de connections (2).

J'ai résolu de le revoir, comme si l'insistance de la radio avait été l'effet d'une volonté. Il s'est trouvé à me croiser à différentes époques de ma vie trois garçons qui ressemblaient à Thierry, de révolte, d'énergie, d'addiction et de dérive. L'un est mort à 25 ans, d'une overdose, l'autre ne fut qu'un passant, il logeait à Châlon sur Saone en 1984, je l'ai croisé le temps d'un stage sur chantier que j'y faisais, le troisième dérive encore et parfois se reprend, j'ai d'indirectes nouvelles par quelqu'un qui l'aima, mais a dû s'éloigner pour se protéger. Ces garçons sont vivants, attachants, intelligents mais terriblement destructeurs, comme si impuissants à bouger les lignes de la société ils ne pouvaient que retourner leur rage contre eux-mêmes et qui leur est proche.

Profiter du premier novembre pour les revoir un peu avait sans doute un sens. 

 

(1) La bande du square 1972, Bernard Bouthier pour "Du côté des enfants" (Éliane Victor)
(2) Billet du dimanche 5 janvier 2017 sur Fenêtres Open Space d'Anne Savelli.

 


Ce qui n'est pas si anodin (une chronique de Guillaume Erner sur France Culture ce matin)

 

    C'est une chronique de Guillaume Erner entendue au radio-réveil et que j'ai trouvé d'une justesse remarquable : la peopolisation des politicien-ne-s, et le mélange des genres vie publique - vie privée, n'est pas qu'une petite faiblesse de notre société de la télé-réalité, c'est un signe de mauvaise santé de nos démocraties. Il le dit bien mieux que moi donc ça vaut le coup d'écouter.

Et il termine sur une mention d'un propos d'Hannah Arendt, rappelant que pour elle "la confusion entre vie publique et vie privée était l’un des signes de l’affaissement de la vie démocratique", qui mérite d'être médité.


Une daronne, la bière, la chaleur, Kaaris et Booba

 

    J'arrive par ce qui reste de jardin malgré le parking qui empiète sur cet espace vert autrefois accueillant. Sur un banc vers lequel s'avance le chemin, une grappe de garçons du coin, sans doute en pause de tenir le mur ou de jouer au basket (non loin de là un terrain). Ils sirotent des cannettes. Il fait beau et bien chaud. Un vrai bel été.

Avançant dans ma direction et se rapprochant d'eux, une daronne encore jeune avec sa fille, une enfant. Je vois que la mère adresse la parole aux gaillards et que tout le monde sourit. 

Arrive vite l'instant où je suis assez proche d'eux, poursuivant mon trajet, pour entendre.

Je comprends que des rappeurs se sont frittés et que la dame s'est amusée à leur demander, comme s'il s'agissait d'un match de football, Et alors vous, vous êtes pour qui ? 

Je capte Booba et je me dis, Tiens avec Comment-il-s'appelle-déjà ? ça a encore frité 

En fait c'est bien tombé, ils ne sont trop pour personne, les gars, ils aiment bien un truc de l'un, d'autres trucs de l'autre et ça les enjaille bien qu'il y ait eu une belle marave. Je crois entendre un argument comme quoi c'était dans un aéroport et donc cool comme ça personne n'était armé. 

Je me dis on dirait des cailleras d'autrefois, un vestige du code de l'honneur du siècle d'avant. 

Et c'est alors que dans mon dos j'entends la voix de la mère de famille qui après avoir salué, elle va faire ses courses et la petite commence à s'éloigner, elle doit la surveiller, dit Quand même, la bière, par cette chaleur vous devriez faire attention. 

Et les gars de se récrier en mode sage écolier pour une fois participant à un chahut et pris sur le fait, C'est juste une et il commence à faire plus frais.

D'elle qui souhaitait aider, à eux qui sont respectueux, en tout cas au moins encore quand on l'est avec eux, tous m'ont fait chaud au cœur. On a encore dans ce coin une vie de quartier, avec ses petites solidarités.

 

PS : Une fois rentrée, j'ai vu qu'il s'agissait d'une rixe entre Booba, Kaaris et leurs entourages respectifs à l'aéroport d'Orly. Et que les réseaux sociaux s'en donnaient à cœur joie, dans la mesure où rien de trop grave, pas de grands blessés, ou s'il y en avait eu on l'ignorait.    Capture d’écran 2018-08-04 à 21.37.27

(Je dépose une capture d'écran, pour le cas où le lien se perdrait)

Comme j'ai une belle TL sur twitter, chaque événement pas trop dramatique reste l'occasion de beaux traits d'humour. C'est une façon comme une autre de résister.

20180804 2143


Le colocataire birman

    "Si ça se trouve, il est en Birmanie en colocation !" s'écrie une jeune femme lors d'une conversation animée avec une autre, et dont je ne percevrais que cette bribe puisque nous nous sommes seulement croisées les unes et les autres marchant à bon pas.

Je garde la phrase ; si je devais animer des ateliers d'écriture je trouve qu'elle ferait une parfaite amorce pour un exercice de type : Inventez les circonstances.

(Et d'ailleurs si quelqu'un de ma connaissance en a besoin pour un atelier, elle est à votre disposition, si elle vous plaît)


Tu les attires, mon pauvre lapin !

 

    C'était hier en quittant la BNF, vers le RER, en chemin. Même trottoir, me précédant, un homme d'allure jeune et une femme qui l'accompagne, vêtements neutres, air alerte, elle peut être jeune ou moins, sa compagne, une amie ou sa mère. Soudain surgit un des types, jeune marginal, vif, qui fait habituellement la manche dans ce coin, il se colle pratiquement au jeune homme et réclame d'un ton mi-enjôleur, mi-suppliant, en le tutoyant, Me laisse pas comme ça, Aide-moi, Dépanne-moi, Allez. 

J'ai juste le temps de me dire Heureusement qu'il ne m'a pas fait ça à moi, perdue dans mes pensées, je serais capable par réflexe de défense de lui coller un direct du gauche digne de Zio Enzo, avant même d'avoir compris ce qui se passait. 

Et d'ailleurs le jeune homme bousculé n'a pas vraiment eu le temps lui non plus de piger, ni d'esquisser un geste, pas même d'émettre un son, c'est la femme qui l'accompagne qui a réagi, disant avec énergie, détermination,

- Mais foutez-lui la paix !

 Le mendiant recule d'un pas, lève les yeux, tout se passe comme s'il n'avait absolument pas calculé la femme au début, pas vu que celui qu'il avait accosté était accompagné. alors oui, il recule d'un pas, lève les yeux, voit la femme et lui lance :

- Hé mais t'es belle, toi !

Alors celle-ci d'un ton las, d'un ton On ne me la fait plus, d'un ton Ça suffit c'est bon, rétorque :

- T'es belle aussi, va !

Et le type, soudain semble s'être effacé, comme si la réplique l'avait désintégré.

En fait il a dû se replier vers le carton au sol où auprès d'un autre gars il s'était au départ installé. 

Le champ est libre, mes deux piétons poursuivent leur chemin, moi le mien. J'entends alors qu'ils s'apprêtent à entrer dans la poste ou le Monoprix et que je poursuis droit, la femme dire au jeune homme : 

- Tu les attires, mon pauvre lapin !

Et le jeune homme, toujours, ne répond rien.




                                        *                         *                      *                                               

 


Si sa conclusion reste un peu surprenante, et je l'avoue, m'a amusée, cette scène a quelque chose de très typique du Paris d'aujourd'hui, à tous points de vue (la manche agressive, la stupeur de celui qui n'en a pas l'habitude, la femme qui ne se laisse pas faire, le type qui tente une apostrophe de séduction, la femme qui ne se laisse pas davantage faire, un côté : la femme et l'homme qui quêtait connaissent les règles d'un même jeu, je ne suis pas de passage, je ne suis pas quelqu'un que tu peux duper).

Je reviens d'une semaine en Normandie et si la ville m'a manquée, comme souvent après une période là-bas, une fois écarté le danger du voisin voleur et potentiellement violent dont la présence avait inversé les rôles - la grande ville apparaissant alors comme le refuge calme et la petite ville le lieux de multiples dangers -, certainement pas cet état de société qui conduit tant et tant d'êtres humains à mendier, et les proportions que ça a pris ces dix dernières années. N'ayant pas l'habitude d'avoir de l'argent, j'ai pris celle de faire abstraction, même s'ils se font de plus en plus insistants - peut-être parce que les détresses sont de plus en plus fortes, ou la pressions des chefs mafieux dans certains cas -. Quand ce ne sont pas ceux qui réclament de l'aide, les sollicitations sont publicitaires ou caritatives. Citadines et citadins passent donc une partie non négligeable de leur temps à distribuer de la monnaie - pour les généreux des moins impécunieux - ou à refuser des interactions qu'ils n'ont pas souhaitées. Ça n'était pas comme ça il y a encore une quinzaine, une vingtaine d'années.  


Ce que les femmes s'infligent (pression sociale)


    C'était un jour après le sport, celui en club, avec une partie sauna et hammam en plus de simples douches. Après l'effort, les soins du corps. 
J'y vais sans autre but que d'éviter ou d'atténuer des courbatures ultérieures et de savourer le plaisir d'avoir chaud. Et puis en période de deuil ce sont des endroits très bien pour pleurer peinardes, sans inquiéter qui que ce soit. On se réchauffe à la chaleur et ensuite ça va. 
Quand j'ai le temps, ce qui n'est pas si fréquent, je m'accorde une semi sieste ensuite dans quelques sortes de chaises-longues d'un endroit de lumière tamisée qui jouxte les lieux prévus pour suer.

Ce jour-là alors que je somnolais, m'efforçant de songer à des livres et non à des tracas, j'ai entendu distinctement deux jeunes femmes qui devisaient dans le petit hammam voisin. Elles semblaient se donner mutuellement des conseils de beauté. Mais ils semblaient étranges. Je ne connaissais aucun des produits évoqués. Ce qu'elles en disaient des précautions d'usage semblait inquiétant. J'ai bêtement songé qu'en matière de cosmétiques j'étais d'une remarquable inculture. 

Puis elles sont sorties. L'unes comme l'autre avaient la peau de couleur noire. 
Alors j'ai compris.
Leurs conseils c'était pour tenter de se blanchir.

J'ai eu de la peine pour elles. 
Et de la honte pour ce monde qu'on fait ou des femmes sont prêtes à mettre en danger leur santé, pour séduire, parce qu'on leur a fait croire qu'elle seraient plus jolies de telle ou telle façon, ou simplement se protéger de certaines réactions de mépris ou rejets.


L'arme compassionnelle (crapule, va)


    Ils marchaient derrière mais plus vite que moi. Juste un peu. Ce qui fait que le temps qu'ils s'approchent, me dépassent et s'éloignent, j'ai entendu sans l'avoir voulu, ni souhaité, un grand pan de leur conversation. 

Il s'agissait d'un homme jeune et d'une jeune femme. Elle écoutait, marquant son attention, posant parfois une brève question, il parlait.

La première phrase que j'ai entendue concernait la séparation de ses parents, 

Mes parents ont divorcé, ça s'est très mal passé. Enfin pour ma mère. Elle ne s'en est pas remise, même maintenant douze ans après. Elle était encore folle amoureuse de lui. A fait une tentative de suicide. Puis six mois d'HP.

Comme j'ai un trop bon petit cœur j'ai eu le temps de penser Pauvre garçon, comment s'en remet-on, avant de tiquer sur son ton de voix trop neutre, trop calme, trop égal ce qui combiné avec mon expérience de la vie, m'a ramené vers de plus prosaïques pensées : Mais pourquoi lui raconte-t-il ça ?

Assez vite il a expliqué qu'il n'avait pas été si affecté, qu'il s'était créé sa propre bulle, fier d'avoir su être aussi fort (1). Que lui ne souhaitait pas commettre la même erreur que son père.

Là ma part de gentillesse naïve a commencé à songer : Oh, il va lui annoncer qu'il ne la plantera pas dès qu'il se sera un peu lassé ? mais ma part d'expérience lui a soufflé Attends la suite, tu la connais.

Il avait bien compris que son père avait eu besoin passé 45 ans de vivre enfin sa vie, qu'il s'était enfermé trop jeune - là, ma naïveté avait battu en retraite et mon mauvais esprit prenait ses aises : - Hé, mec, s'il ne l'avait pas fait tu ne serais pas là devant moi -, que vraiment non c'était une erreur à ne pas faire.

Ils étaient à présent juste devant moi, selon la façon de certains piétons qui te doublent puis comme ils ne vont pas vraiment plus vite et que le trottoir ou le chemin n'est pas si large, te font en pratique, une queue de poisson. La jeune femme était une jolie ex enfant blonde pas retrafiquée, silhouette élancée, classe.

Et que d'ailleurs, il ne ferait pas comme son père, pour commencer il allait voyager, beaucoup, qu'il fallait profiter de faire certaines choses tant qu'on était jeunes et qu'à 27 ans, il devait bouger.

Alors j'ai ralenti.

Je ne souhaitais pas entendre la suite. Cet air international et immémorial trop bien connu.

Il l'avait séduite parce qu'elle était belle, et peut-être qu'une relation suivie s'était mise en place, mais il refusait de s'engager. 

Plus jeune, j'eusse probablement pensé Pauvre garçon ça a dû être pour lui enfant si rude qu'il est normal qu'il se sente incapable de se stabiliser. À l'âge qui est le mien et vu de l'expérience accumulée,  j'ai principalement songé qu'utiliser le suicide manqué que sa daronne comme départ d'argument pour dire à une femme, Je t'aime bien mais guère plus et d'ailleurs je pars voyager, était très très très moyen comme procédé.

J'espère que c'est la jeune femme qui en fait a filé.

 

(1) d'ailleurs il ne parlait pas du tout sur le ton de la confidence