Cher Onze

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"J'apprécie beaucoup votre magazine. En effet je suis une passionnée de football ; mais je trouve qu'il n'y a pas assez de filles qui s'y intéressent. C'est pourquoi, chez moi, à Taverny, il n'y a pas d'équipes féminines. Heureusement, j'ai la chance d'avoir dans mon quartier un terrain sur lequel assez régulièrement, je peux aller faire du foot avec des camarades. Je ne suis pas très "calée", mais j'aime ça. Bien sûr je suis une fervente supporter des Verts ; cette année ils n'ont pas eu de chance mais l'année prochaine, j'en suis sûre, ils gagneront." 

Gilda, Taverny

Onze, numéro 6, juin 1976

(le texte initial avait été simplifié et privé de quelques nuances, reproches et revendications ; la dernière phrase est d'un optimisme qui n'est pas le mien, j'avais, je crois, écrit "j'espère qu'ils gagneront")

Réponse du journal : "De nombreuses filles nous écrivent. Tant mieux ! La preuve est faite : le football n'est pas un sport uniquement réservé aux hommes".

Hé oui, dans les années 70 on encourageait les filles à s'émanciper.

 

 


Vieux billet

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Je me demande, de nos jours, combien l'équivalent coûterait. Match de qualification pour la coupe du monde.

Une baguette valait (à confirmer) 1,65 F

Le SMIC valait en brut dans les 2320 F.

 

addenda de 18h26 : Grâce @PabloNSN et via cet outil, je sais que les 60 F de 1980 vaudraient en suivant simplement l'inflation officielle environ 25 € aujourd'hui.

Or les places de catégories intermédiaires pour les premiers tours de l'Euro 2012 sont affichées sur le site de la FFF à 70 €. Même s'il ne s'agit pas tout à fait de la même compétition, il me semble bien que c'est la tendance générale pour tout ce qui concerne les loisirs possibles des gens des classes moyennes (livres, ciné, concerts ...).   


Je sens que je vais décevoir Samantdi

Hier soir tard, en (re)lisant

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Toujours dans le cadre de mon archéologie personnelle en vue d'une nouvelle que j'ai promise au moins à un ami, et donc de ce mardi 28 octobre 1980 qui m'avait propulsée au Parc des Princes comme spectatrice d'un match France / Irlande, puis permis de rencontrer Dominique Dropsy et sa femme (je ne sais pas bien comment transposer pour faire comprendre à ceux de maintenant l'honneur ressenti que c'était), j'ai retrouvé ces lignes, écrites dans la marge de mon journal de l'époque, alors que je n'avais pas tout à fait 17 ans :

"Rude condition de femme de footballeur, madame Dropsy (1) n'a pas vu son mari depuis vendredi et là il va repartir à Nancy). Catherine (2), fûtée, dit "Moi j'aime mieux être la femme d'un restaurateur"."

J'ai un peu peur trente et quelques ans plus tard, de contribuer à l'effondrement d'une illusion. ;-)

 

(1) Apparemment elle m'avait fait grande impression. Je pense à me relire qu'elle s'était montrée attentive envers la gamine mal dégrossie que j'étais, et je n'étais pas habituée.

(2) La fille, d'une douzaine d'année de celui grâce à qui j'avais été invitée


L'indulgence de Stéphanot pour sa mère philomathe

Dimanche soir, dans la maison

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C'était le 28 octobre 1980. Avait lieu au Parc des Princes un match France - Irlande qualificatif pour la coupe du monde de football.

Il n'était pas envisagé que j'y aille. Mon père et moi, on se passionnait pour le foot mais se procurer des billets semblait inconcevable.

En rentrant du lycée vers 17h30, j'apprends par ma mère que je suis conviée à aller au match tout soudain le soir même en compagnie du mari d'une de ses amies et d'une des filles de ceux-ci. Ils viendront me chercher à 18h30. 

C'est mieux qu'un "dream-come-true" puisque le rêve semblait si inaccessible qu'il n'avait pas été fait.

Je suis donc dans un état d'excitation, de joie, d'exaltation qui rendent tout travail (scolaire) illusoire, de même que la lecture. Mais reste une heure à passer.

"Pour passer le temps, je cherchais très et près dans le dictionnaire car je ne me souvenais plus de l'accent".

À Stéphanot qui me voit hilare - j'ai toujours été un peu dingue d'apprendre, mais à ce point et au point de prendre le temps de l'écrire après en précisant les mots même faut-il être givrée -, j'explique le contexte, ne sais pas comment rendre compréhensible à un jeune de maintenant, dis quelque chose comme Imagine qu'on t'offre soudain des places pour un concert trop génial auquel tu n'espérais même pas aller, et comme il y a une heure en attendant d'y aller, tu regarderais des mots dans le dico ?!

Et lui, amusé, Ben nous on ferait un statut facebook, Oh trop cool je vais au concert et puis il y aurait tous les "amis" qui cliquerait sur "OOOOoooh J'aime" (il fait les gestes en se moquant des usages internautiques de maintenant). Toi, au moins, tu avais appris un truc en attendant.

Je n'ai pas su lui dire à quel point était pour moi réconfortante sa réaction. 

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