Le beau gosse (version Titi Parisien)

Mais pour le film ce fut sans la casquette. Février 2004, il y a belle lurette qu'il ne ressemble plus à cela. C'était du temps du relatif bonheur, avant les grands tourments, qu'un grand-père ne meure, qu'une mère ne sombre définitivement dans l'écriture, qu'une sœur ne déclare une maladie chronique ... 

C'était au temps d'une relative insouciance, au moins par périodes, et qu'on s'amuse à faire un peu de cinéma.

Titi clichois_février 2004


My own private Dalaï Lama mystery - QCDSM #2

En Normandie, ces jours-ci

 

C'était au cœur de mes longues vacances (5 jours), avec Stéphanot nous avons compulsés de vieux Match des années 1938 à 1944, sauvés par mes soins de la benne lors du vidage de la maison de mon grand-père maternel, celui qui avait fait Verdun. Génération qui connut, en gros, une guerre à 20 ans et l'autre à 40.

(Quand j'y pense j'ai honte de me plaindre de mes confortables chagrins)

Je n'ai hélas pas noté avec précision les dates, juste fait une ou deux photos car avec tous les jeteurs potentiels dont je suis entourée, je sens bien qu'un jour ou l'autre quelqu'un décrètera que ces vieux journaux sont sans doute plein de germes, de champignons, pas hygièniques et que l'on m'en privera (ainsi que le fiston, qui s'y intéresse)

Mais voilà dans l'un d'eux il y avait cette photo, 

P8198870

 

 

 

 

 

 

 

 

 

dûment pourvue de cette légende : 

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Il y est dit que le tout nouveau Dalaï Lama s'appelle Ling-Ehr-La-Mu-Fancha . Ce qui semble assez loin du Tenzin Gyatso que l'on connaît, lequel aurait été intronisé en février 1940 ce qui en revanche correspondrait bien au journal.

 

Et dans un autre, antérieur mais d'assez peu, celle qui suit : 

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On peut sur celle-ci croire qu'effectivement il s'agit du Dalaï Lama actuel alors petit enfant. Mais l'autre, je trouve, ne lui ressemble guère. 

Je m'y perds donc un peu. Y aurait-il eu un Dalaï Lama intérimaire, entre le XIIIème et le XIVème ? Un Dalaï Lama dissident pour cause de guerre mondiale, chaque camp ayant désigné le sien ? Ou bien du même mais dont la photo au jour de l'ordination aurait été plus retouchée qu'un portrait de Christ Espagnol

Comme je suis très timide, je n'ose pas aller sur Twitter lui poser directement la question.

 

PS : une recherche effectuée sur "Ling Erh La Mu Fancha" avec ou sans tirets n'a pas donné grand-chose.

 

 


De quoi l'humanité va-t-elle crever en premier ? (billet joyeux du dimanche matin)

  • Les grandes religions monothéistes (et sans doute d'autres aussi) n'ayant pas changé un iota de leur mantra "croissez et multipliez", le capitalisme étant un système économique qui ne tient que dans un "toujours plus" effréné, l'humanité est en train de bousiller la planète sur laquelle elle est hébergée, dont les ressources sont limitées.

    On en a pris conscience depuis un moment, mais entre impuissance individuelle - à part en se gardant d'avoir trop d'enfants -, fatalisme et urgences du moment, nous nous sommes collectivement longtemps dit qu'on verrait plus tard, qu'on trouverait des solutions, qu'on ramasserait quelques miracles. Mais voilà que l'échéance se rapproche (1), et que si j'ai une bonne chance de mourir de ma vraie mort personnelle avant, et sans doute mes enfants - puisque nés au siècle dernier - il n'en est pas de même d'éventuels petits-enfants. Voilà qui rend soudain le péril concret.
  • La guerre froide aura été une forme glaçante de succès : pas de grand conflit mondial depuis 1945, des guerres toujours, beaucoup, meurtrières, mais localisées. Reste qu'ici, là, ailleurs, presque partout, dort un arsenal nucléaire qui tel un vieux volcan pourra entrer en activité soudainement. Les prétextes ne manquent pas, il peut suffire d'un dirigeant qui fond un fusible, se prend pour un émissaire de son dieu et par réactions en chaîne d'alliances et de ripostes, on peut se retrouver comme dix mille Hiroshima.

 

 

En arrière-plan une tendance qui pourrait presque faire sourire mais qu'on paiera plus tard : les cerveaux les plus puissants, ceux pourvus des meilleures capacités de travail s'orientent du moins en occident, vers droit et commerce, quand les mêmes quelques décennies plus tôt se seraient jetés dans la recherche scientifique. Des mathématiciens de haut niveau ont cédé aux rémunératrices sirènes de la modélisation financière, alimentant d'outils les dérives les plus délirantes des traders les plus fous.

En corollaires, certaines malversations qui mettent en péril le bien commun et ne sont pas pour rien dans les effondrements en cours ou prévus deviennent si techniques que malgré leur ampleur elles sont peu perceptibles du grand public. Qui se rend vraiment compte que celui qui lui porte le plus préjudice n'est pas le cambrioleur qui l'a dévalisé récemment d'une partie de ses biens concrets (et dont des politiciens en quête de voix auront tôt fait de souligner qu'il vient d'ailleurs) mais cette équipe de banquiers londoniens qui a tripoté un taux dont on ne comprend pas très bien à quoi il sert quand on n'a d'épargne que sur un livret A au contenu anémique (5) ?

 

Sauf réaction générale déterminée - mais vers quoi et en faveur de qui ? -, nous sommes proches d'une zone de chaos totalitaire et de pénuries. De quoi l'humanité va-t-elle crever en premier ?

Reste que l'internet, tant que son accès reste à peu près libre, est une révolution porteuse d'espoir, on peut se causer, discuter, s'entraider, se révolter plus efficacement que lorsqu'on était chacun seuls dans nos coins.

Et que les efforts scientifiques, s'ils ne sont pas détournés pour des usages répressifs ou de contrôles des vies, peuvent encore ouvrir des voies de survies. La découverte du Boson de Higgs (6), est plus importante et porteuse d'espoir (7), qu'il n'y paraît.

 

(1) "La fin de la planète en 2100" d'Audrey Garric (Le Monde)

(2) cf. entre autre "Solutions locales pour un désordre global" de Coline Serreau, qui est plus large dans son propos 

(3) "La disparition des biens communs cognitifs annonce une société totalitaire" de Jérémie Nestel, lu grâce @Calimaq qui traitait plus précisément des dérives observées à l'occasion des JO de Londres : Comment la propriété intellectuelle a transformé les Jeux olympiques en cauchemar cyberpunk

(4) "Les semences de variété traditionnelles ne peuvent plus être commercialisées" de "JFH avec Pascale Bollekens" (?) pour RTBF Infos

(5) "Les clefs pour comprendre le scandale du Libor" d'Anne Driff (Les Échos)

(6) article de François de Rose (Le Monde), orienté sur le côté volonté politique, mais pour cela intéressant : sans décisions des pouvoirs en présence, la recherche n'aura pas les moyens d'avancer. Est révolu le temps du type qui trouve une loi de la physique parce qu'il faisait la sieste sous un pommier ou de ceux qui complétaient le tableau physique des éléments par des manipulations effectuées dans le hangar près de la maison. 

(7) Rappel : Lire et faire lire ce billet de Florence Porcel qui explique tout bien et en nous faisant sourire. 

Comment j'ai failli être plagiste à l'insu de mon plein gré (mais heureusement j'ai des amis qui sont cultivés)

Non, pas plagiste, plagiaire

 

Tout a commencé avec la constatation qu'il y a vraiment certaines températures, hélas trop peu fréquentes, là où je vis voire là où j'aimerais, qui me vont mieux que d'autres. Ainsi depuis deux jours nous dépassons 25°C et je me sens vive et allègre (1).

Le contraste était si fort avec par exemple l'état amoindri dans lequel je me trouvais vendredi, gris, pull, pluie, que j'en ai éprouvé l'envie d'en faire un court récit, une nouvelle qui mettrait en scène ensemble quelqu'un de normal quant aux températures supportables par son corps sans souci et quelqu'un qui ne l'était pas. 

Inspirée par l'étrange machine que j'ai croisée dans les vestiaires du cours de danse samedi et peu désireuse de raconter ma propre vie, j'ai donc décidé de prendre au casting un personnage qui ne serait bien que lorsqu'il fait froid. Par exemple vers 0°C.

Il se trouve que ma journée était bien remplie, impossible de me jeter sur l'écriture sur le moment, pas même pour poser un hâtif bâti. Je craignais qu'entre ce qui pouvait survenir au cours de celle-ci et ma fatigue potentielle du soir, je laisse filer ma bouffée d'idées. Conséquemment, j'ai donc touité - si en plus ça pouvait inspirer quelqu'un, tant mieux -.

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Ça a effectivement inspiré quelqu'un, mais pas comme je le croyais :

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et qui ce soir, parce que je ne voyais pas de laquelle il s'agissait, et n'avais pas le temps de chercher, m'a même trouvé son titre, "Cool air", et un article complet à son sujet. 

L'article précise que "Lovecraft himself [...] was abnormally sensitive to cold". C'est sans doute un réflexe logique, lorsqu'on écrit et que le froid nous rend épuisés, de s'inventer un personnage qui au contraire en éprouve la nécessité.

En attendant, si je n'avais pas eu l'idée ou la nécessité de touiter, si par exemple j'avais écrit d'une traite un premier jet, si je n'avais pas eu parmi mes amis quelqu'un de présent et de cultivé, je me serais retrouvée avec un travail qui n'aurait été qu'une sorte de pâle doublure d'un beau boulot (2) fait par un autre 86 ans plus tôt.

Ça tient parfois à si peu de choses. L'idée étant du genre un tantinet farfelue, ne m'avait pas effleuré que je puisse être sur un chemin déjà emprunté.

Bladsurb, grand merci.

 

(1) En vrai pas tout à fait : une part de mon cerveau est à Alep, il serait temps que j'arrête la téléempathie (ou que j'apprenne à maîtriser vraiment).

(2) Je n'imagine pas que Lovecraft fasse quoi que ce soit de mauvais.


La tragedia di Superga - 4 maggio 1949 -

 

Celle-là (de nouvelle, d'histoire) je n'aurai sans doute pas le temps de l'écrire, ni de toutes façons pour le moment le niveau qu'il faut. 

Mais un jour, si j'ai assez de temps et de santé, je le ferai. 

Parce que c'est un deuil collectif qui a si fort frappé mon père, que je le porte aussi. De la même façon que certaines choses intérieures de leur guerre, celle qui concerna mes parents alors enfants ou si jeunes, sont passées en moi. Si on apprenait un jour que lorsqu'un humain a été en grand état de choc à un moment précis avant d'être parent et a ensuite donné la vie, celle-ci par je ne sais quelle variation de l'ADN ou passerelle chimique ou tout autre élément organique, peut s'en trouver modifiée en conséquence, je ne serai pas surprise et, si peu plausible que ce soit, j'y croirai. 

Mes parents parlaient peu de leurs expériences passées. On parlait peu de soi en ce temps-là. Et surtout pas aux enfants.

Pourtant j'ai hérité.

Entre autre de l'immense et inconsolable chagrin du 4 mai

 


La tragedia di Superga - 4 maggio 1949 par flo34mtp


Cher Onze

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"J'apprécie beaucoup votre magazine. En effet je suis une passionnée de football ; mais je trouve qu'il n'y a pas assez de filles qui s'y intéressent. C'est pourquoi, chez moi, à Taverny, il n'y a pas d'équipes féminines. Heureusement, j'ai la chance d'avoir dans mon quartier un terrain sur lequel assez régulièrement, je peux aller faire du foot avec des camarades. Je ne suis pas très "calée", mais j'aime ça. Bien sûr je suis une fervente supporter des Verts ; cette année ils n'ont pas eu de chance mais l'année prochaine, j'en suis sûre, ils gagneront." 

Gilda, Taverny

Onze, numéro 6, juin 1976

(le texte initial avait été simplifié et privé de quelques nuances, reproches et revendications ; la dernière phrase est d'un optimisme qui n'est pas le mien, j'avais, je crois, écrit "j'espère qu'ils gagneront")

Réponse du journal : "De nombreuses filles nous écrivent. Tant mieux ! La preuve est faite : le football n'est pas un sport uniquement réservé aux hommes".

Hé oui, dans les années 70 on encourageait les filles à s'émanciper.