Chroniques du confinement jour 21 : Lazy day

 

    C'était un jour sans trop de sport, mais du coup je me suis levée plus tard et ai tout fait au ralenti. Encore du travail au jardin, j'en vois le bout, ne me hâtais pas : JF tentait une sauce marchand de vin et je savourais d'être à l'extérieur mais avec les bonnes odeurs de cuisine. Un petit crachin plus tôt le matin s'était transformé en soleil avec légère brise.

J'ai eu un de mes cousins au téléphone et c'était bien. En fin de journée aussi quelques SMS avec une amie. Pour autant je suis peu capable de communiquer (radio, projets professionnels ...) comme si le fait d'être confinée signifiait également se mettre en retrait. Pour la même obscure raison, en plus de ma connexion qui est fragile liée au petit téléphone, je n'ai pas grand goût à participer aux réunions et apéritifs à distances. Tant qu'à être confinés, qu'il s'agisse de calme (se dit une part de mon cerveau). 

J'ai enfin trouvé du temps pour lire. Les échos avec le journal d'un autre confinement (pour une vraie guerre, celle-là) dans "Feu de tout bois" sont nombreux. Et étrangement réconfortants. 
Et aussi pour écouter et regarder les oiseaux. Ranger un peu (retrouver un vieux survêtement). C'était une journée paresseuse, ça n'est pas si souvent qu'on peut se l'accorder. Il y a un poids de la peine générale qui prend sa quantité d'énergie : il est impossible d'oublier toutes celles et ceux qui souffrent. Une part de mes pensées est en permanence vers eux comme si de loin mon énergie pouvait quoi que ce soit (belle illusion). 

La nouvelle du jour était le placement en thérapie intensive de Boris Johnson, comme un coup de boomerang qui lui revenait après avoir joué les bravaches et averti au début son pays que oui, des vieux et des faibles allaient mourir ou être en danger. Si seulement il pouvait s'en sortir mais en ayant réfléchi ! 

La ministre de l'éducation d'Italie a présenté des excuses publiques pour n'avoir pas su anticiper et équiper toutes les écoles, les scuole medie et les lycées de façon à ce que l'enseignement puisse se poursuivre à distance. Et que toutes les familles puissent suivre. Elle annonçait un effort pour que ça devienne possible et que l'on ne soit plus jamais réduit à cette impuissance. 

C'est fou : nous avons désormais l'habitude des comptages quotidiens en ouverture de journaux. Comme si c'était une forme de météo. Les chiffres pour Torino sont inquiétants. 

 

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Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
1 340 455 cas (dont : 74 442 morts (10 764 aux USA) et 278 156 guéris) 


Chroniques du confinement jour 20 : Some kind of a true morning run (and, what a sunny day !)

 

    Vrai morning run ce matin, à l'intérieur du kilomètre de rayon et de l'heure autorisée, soit 6 km en 43 minutes en allers-retours dans un sens puis dans l'autre sur l'ancienne voie de chemin de fer. J'eusse souhaité partir à 8h afin de ne croiser personne. Nous sommes partis à 8h20, parce que l'Homme avait du mal à émerger et n'avons croisé qu'un couple plus âgé, paisibles marcheurs qui se sont mis l'un derrière l'autre tandis que nous serrions notre droite et que je mettais mon tour de cou en mode masque de fortune, et un promeneur de chien, plutôt peu amène mais répondant néanmoins à notre bonjour. 

Échange de Bonne journée avec Le Fiston. Ça fait toujours du bien. 

Je m'installe pour écrire au petit bureau de mon enfance, placé idéalement perpendiculaire à la fenêtre arrière. Regarder par la fenêtre c'est voir la campagne, paisible, des arbres dont un très beau et quelques maisons. Les oiseaux donnent leur meilleur concert. Il y a une petite brise délicieuse. On entend des bruits de vie : enfants qui jouent non loin, rumeurs diffuses de conversations, chiens qui aboient mais pas trop souvent, circulation très légère (1). On pourrait croire un dimanche normal de printemps. 

Je pense de plus en plus à la série "Le Prisonnier", cette apparence de super douce normalité, le parfum du jour est fraise, un éternel beau temps, des gens en balade, et par en dessous, l'oppression.

En attendant, obéissants, relativement à l'abri après une quarantaine qui nous a laissé en forme (2), nous menons la vie la plus douce de notre vie. 

Et au même moment où je m'installe pour écrire fenêtre ouverte, je lis ceci : 

"538 - 7 février 2004 - Un samedi matin. Il fait froid dans la maison mais il y a du soleil. J'ai ouvert la fenêtre et je m'aperçois que l'air est printanier. Ces petites choses dont on se déshabitue : ouvrir sa fenêtre. Et écrire, comme ça, face à une fenêtre ouverte me paraît audacieux ..."

("Feu de tout bois" Elisabeth Horem, éditions Bernard Campiche, tome 1 p 349) 
OK je ne suis pas à Bagdad, ça n'est pas une vraie guerre dehors mais la lutte de l'humanité contre une pandémie, on est dimanche, il ne fait pas froid dans la maison et la fenêtre est à ma droite. Il n'empêche que je me sens enfin moi aussi dans les conditions matérielles idéales pour travailler. Moralement c'est autre chose. Comment faire abstraction de toutes les personnes en deuil, en grande difficultés économiques, ou souffrantes, si nombreuses, bien plus qu'à l'ordinaire de ce monde tel qu'il était.

Je (re)lis un article de Marie et Julien datant de 2016 et oublié depuis. Les ami·e·s de dotclear, outil utilisé pour ce blog, comme pourrait l'être wordpress ou typepad, sont depuis quelques jours pris à parti par le starteupeur dont il est question dans le billet, comme s'ils étaient responsables de son contenu. Et il semble refuser de comprendre qu'ils n'ont pas de lien, et pas de moyen de pression à tout le moins, sur ses auteurs. C'est comme si l'on venait reprocher à l'entreprise de BTP qui a bâti une route les incidents ou accidents qui y auront éventuellement lieu (analogie imparfaite : une route peut se dégrader et n'être plus entretenue ou avoir des défauts de conception accidentogènes ; il n'empêche ça n'est pas la faute des bâtisseurs premiers si l'usage qui en est fait ensuite n'est pas sans danger ; et surtout le constructeur n'a aucun pouvoir sur les automobilistes).

J'avais décidé au début du confinement de respecter un repos le dimanche, au sens de : ne pas avancer dans les travaux et l'entretien à faire, mais prendre par exemple le temps pour lire. En fait, entre écrire ici et là, répondre à quelques messages (ou insuffisamment, comme aujourd'hui encore), lancer et étendre une lessive, la journée file file file. 
J'ai pu seulement m'accorder une sieste, fenêtre arrière ouverte (écouter le vent dans le grand arbre du champ, bonheur ultime d'un dimanche presque sans bruits de circulation (gaudemus)), et passer un petit moment au jardin à l'heure du thé ; tenter de rappeler l'un de mes cousins qui m'avait laissé un message dans la matinée. 

La séance de Tabata demande un gros effort mais quel bonheur et comme ça donne la pêche. Je me suis sentie en pleine forme (je pèse mes mots ; il faut savoir que la pleine forme est très rare chez moi, quel que soit le contexte) toute la soirée grâce à ça. Les séances de Tabata par Romain Pourrat me manqueront lorsque le confinement s'achèvera.

Soirée classique ensuite : suivre et LT les nouvelles d'Italie, tellement rude mais pourtant moins pénible que celles d'en France car les informations sont moins muselées et que le gouvernement tout imparfait qu'il puisse être assure un max face à cette crise, fait vraiment ce qu'il peut. Puis écrire ici et lire un peu avant que le sommeil ne tombe.

Les nouvelles étaient encourageantes côté italien : enfin la décrue qui s'amorce ; catastrophiques aux USA et toujours dramatiques en Espagne. La reine Elizabeth a fait une allocution à son pays, et c'était totalement impressionnant. Si on m'avait dit qu'un jour je serais émue en écoutant la reine d'Angleterre j'aurais ricané. Hé bien j'aurais ricané à tort. Alex Taylor a tout bien résumé.

Capture d’écran 2020-04-05 à 23.49.43

En 4 minutes elle a dit tout ce qu'il y avait à dire, rien de trop, rien de pas assez, elle a été réconfortante, encourageante, reconnaissante et émouvante (avec son rappel de 1940). Du grand art. Mes amies aussi (Nawal, Samantdi) ont exprimé leur admiration.

Pendant ce temps Boris Johnson, testé positif au coronavirus il y a dix jours était hospitalisé, officiellement pour des examens. Quand on pense à sa politique du début du Laissons faire le virus, les plus faibles mourront mais ça sera pour le bien du pays qui se relèvera plus fort, et puis ses vantardises de type, Je serre les mains moi, malgré l'épidémie, on aurait presque l'illusion d'une justice immanente. Si seulement tous les hommes de pouvoir qui ont mis leurs peuples en danger en commençant par faire les malins pouvaient un peu se manger une leçon, disons jusqu'à la bonne petite frayeur, l'épidémie n'aura pas été qu'un immense drame (3). 

Les coureurs norvégiens affichent promenades et de rares mais existants entraînements à l'extérieur (dans des lieux désertiques). Est-ce que le confinement est plus souple par chez eux ? 

 

(1) Contrairement à la fin de semaine où elle était très active. S'ils se sont réellement confinés durant les quinze premiers jours, les gens sont à présent retourné travailler. Volontairement ou obligés ? 

(2) Mais solides soupçons d'avoir subi l'Homme très clairement, moi de façon plus diffuse, une attaque virale en début de mois. 

(3) À nouveau des décès parmi les proches de personnes que je fréquente (IRL ou RS (mais avec échanges chaleureux depuis longtemps)).

 

 

 

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1 204 246 cas (dont : 64 806 morts (8454 aux USA) et 247 340 guéris) (à 11h30)


Chroniques du confinement jour 19 : voir l'ISS passer


    C'était une journée relâche de sports, seulement le défi du club (abdos - squats - pompes). Il a fait un temps magnifique et j'en ai profité pour travailler encore au jardin. Celui que nous appelons "L'arbre aux oiseaux" est désormais libre de tout roncier qui l'étouffaient. 
L'Homme pendant que je terminais nous cuisinait des spaghetti carbonara. Et c'était bien et tellement détendant de passer directement du jardin à les manger, et du déjeuner à la sieste, et de la sieste à un moment de lecture avec un bon thé, en plein soleil de fin d'après-midi sur le canapé remonté. 

C'est terrible de devoir ces moments de paix et de bonheur à un terrifiant immense et général malheur. Ça n'a pas de sens. C'est quand même très curieux dans la distribution de l'effort collectif d'avoir tiré la carte : assignés à résidence dans de bonnes conditions et sans autre travail à faire que ce que vous voulez et pouvez faire pour votre maison. En même temps nous avons l'un comme l'autre presque l'âge qui était celui de la retraite lorsque nous avons commencé à travailler. Et nous sommes au bord d'être considérés comme des victimes potentielles privilégiées du virus. Ça n'est sans doute pas illogique d'être dans cette situation-là.

Notre fille semble aller mieux qui s'attaque avec courage à l'état lamentable de l'appartement que nous lui avons laissé le temps du confinement. 

Ça faisait ce soir une semaine qu'un homme dont nous ne connaissons que l'âge (46 ans) d'après la presse locale, s'est tué en voiture presque devant chez nous. Je pense à lui, à ses proches. Au mystère de ce décès (la voiture qui fonçait comme un boulet de canon, aucun freinage et juste ce pan de mur précis qui faisait à peine la taille - une voiture était garée le long du mur aussi, celle de l'accident est venue s'encastrer pile à côté -). 

Capture d’écran 2020-04-05 à 00.38.35 Heureusement un touite de Vélomagus (en ce moment Confinomagus) lu la veille m'avait mise sur une piste d'un moment de beauté potentielle. J'avais tenté de voir l'ISS la veille, mais en vain. L'appli que j'avais téléchargée n'était pas très claire pour "lire" le ciel. J'ai suivi le conseil d'un de ses lecteurs et téléchargé Heavens Above. Ça a très bien fonctionné. 

J'ai vu l'ISS arriver, l'ai suivi d'un côté puis de l'autre de la maison. Émue aux larmes. Ce genre de détails auxquels on peut remarquer que l'épreuve actuelle, même si son terre-à-terre quotidien est des plus agréables (dans notre petit cas) nous met les nerfs en pelote. De façon assez évidente, voir la station spaciale m'a redonné une certaine confiance en l'humanité. #AndraTuttoBene 
Si on est capables collectivement de concevoir un tel outil de progrès, on arrivera bien à surpasser une pandémie. Même si individuellement nous risquons de morfler. 

Dans la journée j'avais aussi commencé mon observation des oiseaux pour "oiseaux des jardins" seulement les petits-enfants de la voisine du 10 sont sortis dans leur jardin pile à ce moment-là. Ils étaient joyeux et agréables à entendre, seulement seules deux ou trois mésanges n'en ont pas été effrayées. 

On entend souvent aussi en fin de journée, vers le bord du soir, des cris joyeux de jeux comme venant d'un jardin des petits pavillons de préfa blancs. Un adulte (on entend souvent héler "Maman !" comme pour dire "À toi de jouer") au moins participe. 
Un autre jour c'était dans le jardin des voisins d'en face, que leurs enfants jouaient. Les entendre fait un bien fou. Pour eux ce n'est qu'une parenthèse dans une petite vie dont pour la suite ils ne doutent de rien. Ils ont raison.

J'ai terminé la journée par les TG de Rai News 24 et de les LT. Trump et ses déclarations, son aplomb à mentir et à se foutre du monde, me donnent la nausée. 
Heureusement il y a eu une jolie séquence sur le Commandant Crozier, quittant le navire parce qu'on l'a limogé, mais sous les acclamation de ses troupes. Je l'avais déjà vue la veille sur les réseaux, mais la prise de position ouvertement en sa faveur de la journaliste de la Rai et de son invités faisaient du bien.
Le Saint-Suaire sera exposé en direct à la télé. Plus ou moins pour compenser que les célébrations religieuses pasquales auront lieu à huis clos. J'avais envie de rire puis je me suis rappelée la ferveur des files d'attente à Torino lors des temps d'exposition. Certaines personnes pouvoir se recueillir devant leur écran, ça va les aider de ouf. Alors c'est toujours ça.

Il est 1h08 et une moto vient de passer, allant vers Lessay. Je crois qu'il y a dans le confinement, du laisser-aller. 

Dans la journée j'ai compté 5 avions : deux qui pouvaient être de vols commerciaux, deux d'avions de chasse et un d'un petit avion qui pourrait être privé.  Ça déconfine d'un peu partout. Et l'épidémie en France n'a même pas passé son pic. 

 

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1 187 798 cas (dont : 64 084 morts (8 344 aux USA) et 245 949 guéris)


Chroniques du confinement jour 18 : la "dépollution" du jardin s'achève, bonnes nouvelles de mon entourage, mauvaises du monde

    

    C'était désormais la routine d'une journée sports et jardin et franchement, notre contribution personnelle à l'élan national puisque tel est ce qui nous échoie : restez chez vous, ressemble à la dolce vita tant que nous allons bien et que nos proches ne sont pas gravement malades (apparemment, ça va).

La phase de dépollution du jardin est terminée. Il ne me reste plus que quelques ronces à enlever et bien ratisser tous les branchages. Couper les dernières branches mortes du sureau. Mais à présent ça semble bon : plus un seul sac en plastique ou bâche, plus (au sens de = 0) de déchets venus de chez les voisins (une bouteille de lait vide par exemple, emballage encore intact, récente). Pour fêter cet accomplissement et sur une indication de Sylvie, j'ai inscrit le jardin à Oiseaux des Jardins et je compte bien faire mes petites observations. Dix minutes de calme et d'attention, peut-être une fois tous les deux jours, par exemple. 

Pour le sport : short morning run (notre petit circuit de 3,44 km en 24 minutes dans la mesure de la légalité et à 8 h du matin afin de ne croiser personne ou seulement de loin, un promeneur de chien), le défi abdos - squats - pompes et au soir la séance Tabata qui nous secoue mais nous met en joie. Aujourd'hui c'était abdos - fessiers. Je ne serais jamais assez reconnaissante à la famille Pourrat en général et à Romain en particulier pour cet effort qu'ils font et qui nous permet de rester sans se perdre totalement, et en bonne forme. Il explique bien, il encourage joliment, c'est un bonheur.

Le temps du travail au jardin, le temps de l'effort physique intense, l'épidémie est tenue en respect. Elle n'occupe pas toute la place mentale. 
Suivre les informations sur les journaux et les chaînes italiennes permet aussi de garder un certain moral. Contrairement à la France on a l'impression qu'ils essaient de sauver les gens, y compris de la dèche induite. Et que vraiment le gouvernement ne se moque pas du monde. Ça n'empêche pas l'horreur d'être horrible. Seulement ça évite d'y ajouter la colère. 
Et un ministre de l'économie qui met en place une aide pour les familles dont la principale source de revenue arrivait par du travail au noir, en expliquant Ça n'est pas bien que ça existe mais puisque ça existe et que ces personnes, confinées, n'ont plus aucun revenu ni filet de sécurité, il faut les aider, hé bien je trouve ça beau. On se rappellera qu'en Italie ils avaient tenté de traiter le peuple avec humanité. 
Le Pape François fait un sans-faute, se comporte en expert de la com' (images inoubliables, et il fait ce qu'il faut pour ; réseaux sociaux à présent) et de la prise de parole sociale. 

Il ne faut pas se voiler la face, même si de ma petite maison de confinement j'ai depuis deux jours la nette impression que les gens circulent presque normalement (1). Le chemin est encore long, très long, et la mort rode en permanence. Je commence à connaître non seulement énormément de malades - la plupart guérissant en ce moment d'ailleurs, après des jours vraiment de souffrances mais chez eux -, mais beaucoup de personnes qui ont perdu qui des grands-parents, qui un parent, qui un oncle et qui un frère ou une sœur. Ces deux catégories familiales étant apparues récemment, signe que le virus élargit son champ d'action. Comme il fallait s'y attendre, les échanges de blagues en mode Tenons bon ont diminué devant ceux de condoléances et signes d'amitiés et de soutiens. 

J'avais pour la première fois depuis l'épidémie fait des cauchemars la nuit dernière (peur pour ma mère, réveil, ouf elle est morte depuis un moment ; peur pour mon fils réquisitionné ...) j'espère passer une meilleure nuit. L'accident mortel de samedi continue de peser son poids, même si je reste au cours de la journée plus longtemps sans y songer. Je ne sais en tout cas regarder par la fenêtre avant sans y penser.  

J'oubliais : un salaire a été versé à l'Homme de la maison pour mars ; certes inférieur à ces émoluments habituels mais vraiment rien d'inquiétant. Grand soulagement. Et pensées pour les personnes dont le confinement réduit gravement voire éteint, les revenus. Nous ne sommes pas à plaindre, vraiment. 

 

(1) Parking du Aldi garni et circulation sur la départementale.

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1 083 084 cas (dont : 58 243 morts (6946 aux USA) et 225 422 guéris)


Chroniques du confinement jour 17 : fin de l'archéologie du pot de fleur (et un bel espoir quant à la thalassémie)


    Journée de repos sportif, juste les abdos - squats - pompes du matin. Elle est passée bien trop vite, malgré l'inquiétude pour ma fille (quelques nouvelles en soirée, ouf). J'ai terminé l'archéologie du pot de fleur du jardin et déposé de fait un petit quizz sur Insta, car je me demande bien ce que peut être cet objet parmi ceux que j'ai exhumés. Il m'a aussi fallu déplacer l'un des tas de bois que j'avais constitué car j'ai découvert encore une bâche en imputrescible plastique. Mais pour l'heure bien coincée sous une couche de végétation pile dans l'endroit où j'avais entreposé certaines planches.

Il se confirme (merci "Mémé" Colette) que l'arbre du fond, celui qui s'est fait massacrer entre octobre et février est un sureau.

J'ai encore reçu de très bons et beaux messages. Il faut vraiment que je prenne le temps d'y répondre. 

Seulement la journée, de relative relâche, est passée en coup de vent : un peu de travail pour le jardin (1), un peu de petites écritures du quotidien, un peu de lecture, une sieste pas si longue et hop, la journée est presque pliée. 

L'Homme a préparé un vrai plat le midi. C'était bon, même si les légumes verts étaient de bocal. 

Je suis enfin parvenue à faire fonctionner zoom, qui devait ne pas obliger un téléchargement mais finalement si quand même : un écran à un moment qui devait soit disant se charger automatiquement, sinon cliquer ici, et le ici télécharge bien une appli. J'ai pu rejoindre à temps mes ami·e·s du cercle de lecture de l'Attrape-Cœurs. Ça m'a fait plaisir de les voir mais vraiment ça ne vaut pas d'être ensemble en pour de vrai. Et c'est assez fatigant. 


 

 

(1) On ne peut pas vraiment parler de jardinage, c'est presque davantage de la dépollution manuelle artisanale.

 

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1 007 977 cas (dont : 52 771 morts (5 810 aux USA) et 210 055 guéris)


Chroniques du confinement jour 17 : fin de l'archéologie du pot de fleur (et un bel espoir quant à la thalassémie)


    Journée de repos sportif, juste les abdos - squats - pompes du matin. Elle est passée bien trop vite, malgré l'inquiétude pour ma fille (quelques nouvelles en soirée, ouf). J'ai terminé l'archéologie du pot de fleur du jardin et déposé de fait un petit quizz sur Insta, car je me demande bien ce que peut être cet objet parmi ceux que j'ai exhumés. Il m'a aussi fallu déplacer l'un des tas de bois que j'avais constitué car j'ai découvert encore une bâche en imputrescible plastique. Mais pour l'heure bien coincée sous une couche de végétation pile dans l'endroit où j'avais entreposé certaines planches.

Il se confirme (merci "Mémé" Colette) que l'arbre du fond, celui qui s'est fait massacrer entre octobre et février est un sureau.

J'ai encore reçu de très bons et beaux messages. Il faut vraiment que je prenne le temps d'y répondre. 
Un nombre impressionnant d'ami·e·s écrivent à présent qu'elles et ils vont mieux. J'apprécie leur élégance de n'avoir pas voulu inquiéter ; et me dit qu'en France nous devons avoir énormément plus de cas que ceux décomptés. La plupart d'entre eux n'a pas vu de médecin puisque les symptômes restaient contrôlables et qu'ils ou elles ne voulaient pas déranger les médecins surchargés. 

Seulement la journée, de relative relâche, est passée en coup de vent : un peu de travail pour le jardin (1), un peu de petites écritures du quotidien, un peu de lecture, une sieste pas si longue et hop, la journée est presque pliée. 

L'Homme a préparé un vrai plat le midi. C'était bon, même si les légumes verts étaient de bocal. 

Solide découvert à la banque : son chômage partiel n'est pas arrivé. En revanche mon chômage tout court permet d'atténuer les dégâts qui a été versé à temps. Je suis impressionnée que Pôle Emploi ait pu faire ça.

Je suis enfin parvenue à faire fonctionner zoom, qui devait ne pas obliger un téléchargement mais finalement si quand même : un écran à un moment qui devait soit disant se charger automatiquement, sinon cliquer ici, et le ici télécharge bien une appli. J'ai pu rejoindre à temps mes ami·e·s du cercle de lecture de l'Attrape-Cœurs. Ça m'a fait plaisir de les voir mais vraiment ça ne vaut pas d'être ensemble en pour de vrai. Et c'est assez fatigant. 

Nous avons après cette "réunion" du coup dîné un peu tard, pas avant 21h. J'ignore où l'heure entre 20h et 21h a filé.

Ensuite c'était l'heure des infos italiennes. Quelque chose frémis, dans les réclames comme dans les infos, de la préparation de l'après. Les dates ne sont pas encore dites mais l'on sent la fin possible du confinement. 
En Normandie, j'ai eu l'impression que de nombreuses personnes avaient repris le travail aujourd'hui : forte circulation sur la départementale devant la maison. À la réflexion peut-être s'agissait-il aussi de personnes ayant enfin touché un revenu pour mars et qui en profitaient pour sortir faire des courses. 

L'infirmière de la photo emblématique de la lutte jusqu'à l'épuisement contre la maladie, et qui était tombée malade est guérie et dans l'attente de pouvoir reprendre du service, c'était la belle nouvelle du jour.

L'autre bonne nouvelle et qui corroborait quelque chose concernant les zones avec malaria entendu au vol lors du TG de 23h, est que la thalassémie pourrait éventuellement protéger. Merci à Alice qui m'a fait suivre l'article. Si tel est bien le cas, il se pourrait donc que les petites bizarreries que j'ai ressenties peu après les jours où l'Homme de la maison a eu des symptômes atténués qui ressemblent à ceux que donnent le Covid-19, aient correspondu à une forme très atténuée. 
Ça serait rudement bien que l'on puisse tester si l'on a ou pas les anticorps - une amie qui bosse dans le milieu médical disait que ça avançait vite sur ce point -. 

En attendant, entendre aux infos, plus d'un million de contaminés dans le monde et plus de 50000 morts dus au Covid-19 restait totalement terrifiant, que l'on ait ou non peur pour soi ou l'un des sien directement.  

Je vais tenter de m'endormir en pensant à cet instant de grâce en début de soirée, à la belle lumière de fin d'après-midi, quand dans cette petite maison je me suis sentie profondément chez moi. Sensation très inédite pour moi qui ai si peu le sens de la propriété ou d'une appartenance strictement géo-localisée. Reconnaissance éperdue envers ma grand-mère maternelle qui l'acheta un an avant le Débarquement, un an et demi avant sa mort (et bien sûr aux personnes qui ont rendu dans l'intervalle la transmission possible). 
Dans le même ordre d'idée j'ai appris ou réappris aujourd'hui que mon grand-père Marie-François était né à Lourmais (pays Dolois) le 30 août 1895. Cent ans avant Le Fiston, à peu de choses près.

(1) On ne peut pas vraiment parler de jardinage, c'est presque davantage de la dépollution manuelle artisanale.

PS : Une conversation intéressante que nous avons eue sur l'Après 

 

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1 007 977 cas (dont : 52 771 morts (5 810 aux USA) et 210 055 guéris)


Chroniques du confinement jour 16 : journée (particulièrement) bien remplie

    

Journée sportive : petit morning run dans les limites imparties - c'est vraiment peu mais ça fait un bien fou, et quel risque ? nous n'avons croisé, et encore soigneusement à distance, qu'un seul passant -, le défi quotidien, des activités au jardin, et séance de Tabata bien costaud avec des burpees et des new burpees et des squats suivis d'extensions. Le vieux tapis n'a plus un gramme de poussière.  

Journée sérieuse : je fais du ménage sur le disque dur de l'ordi afin de télécharger l'appli zoom que j'avais cru comprendre nécessaire au rendez-vous Paris Carnet prévu le soir même (1). En fait je n'y parviens pas vraiment, il m'est indiqué un code à saisir sur une tablette, j'ai dû suivre une fausse piste.  Ce n'est qu'après que j'apprends qu'il n'y avait rien à télécharger, simplement me connecter là. Ça servira pour une autre fois. Et le ménage était de toutes façons nécessaire (et loin d'être terminé).

À la même heure, quelqu'un a tenté de me joindre pour un projet de reprise de librairie, qui m'avait déjà contactée avant que l'épidémie n'atteigne l'Europe de plein fouet. Il faudra que je le rappelle. Je crois qu'après l'épidémie, je ne serai plus capable d'un aussi grand engagement physique pour un emploi que celui nécessaire au métier de libraire, du moins pas au point que je ne l'étais. J'espère me tromper. Tout le paysage des activités économiques sera de toutes façons bouleversé. Quelque chose en moi, refuse de se tracasser à l'avance ; le présent et de tenter de sortir vivants de l'épidémie me demandent bien assez d'énergie.

Celle pour qui nous nous inquiétons souhaite qu'on la laisse en paix, à prendre de ses nouvelles et tenter à distance d'aider, nous sommes pour elle un poids. Espérons donc que sa capacité intacte de se mettre en colère est signe de ne pas trop mal aller. 
Le dialogue est doux, par petites bribes au fil de l'eau, en revanche, avec le fiston qui semble vivre sa meilleure vie - le confinement fait le bonheur du geek -. 

Il aura fait tout le jour un temps magnifique comme lors de journées très ensoleillées de la semaine passée. C'est curieux comme le fait d'être confinés rend plus attentive à la météo, paradoxe apparent. Mais au matin à l'heure d'aller courir, la température était de 3°c.

L'Homme de la maison est sorti enfin faire longuement les courses, tentant sa chance en voiture à l'Intermarché, de façon remarquablement improductive en vrai. Il aura pu discuter au gré de ses déplacement avec le patron du garage devant lequel a eu lieu l'accident de samedi soir - lequel avait sa propre voiture toute voisine de là où l'impact a eu lieu - et le voisin cordial qui lui a parlé d'un foyer de contamination dans une entreprise de peinture des environs (info non recoupée, pas eu le temps). Et (roulements de tambour) il aura fait le plein d'essence. À mon objection que si une dépense était totalement sans urgence aucune c'était bien de mettre du carburant dans un véhicule destiné à ne pas nous servir avant au moins un mois, il a répondu avec un soupir d'aise : - Mais son prix avait tellement baissé !
Je mesure avec ses réactions combien certaines personnes sont incapables de changer de schémas mentaux face à une réalité qui elle, s'est brutalement modifiée. Ce qui était une conduite sage et adaptée dans le monde d'hier (faire des courses par petites fractions, se permettre d'acheter telle chose à tel endroit et telle autre à un autre parce qu'elle y est moins chère ; faire le plein d'essence vite vite maintenant parce que le prix a baissé), n'est plus du tout adapté dans le monde du jour même. Et les attitudes adaptées d'aujourd'hui, seront sans doute inadéquates demain. Les hommes seraient-ils dans leur majorité moins aptes que les femmes à se "déprogrammer" ? Au vu de témoignages d'amies (effet de biais : nous en parlons parce qu'ils nous fatiguent à être ainsi à la ramasse ; celles qui ont un compagnon alerte et adaptable trouvent ça parfaitement normal et ne pensent pas à s'en vanter) j'en aurais presque l'impression. 

Avantage de son aptitude à faire les courses comme si de rien n'était (ou presque) : j'ai pu avoir et lire (avec des gants de latex) Le Canard Enchaîné, version de quatre pages, allégée. 
C'est à de tels détails que l'on peut mesurer le bouleversement du confinement sur la vie générale. Sinon, de ce que nous en voyons de notre petite maison, ça ne semblerait pas grand-chose : les voitures circulent aux heures traditionnelles de travail, les tracteurs aussi et les camions de livraisons. J'ai même entendu les sabots d'un cheval, tirant probablement une charrette (je vous assure je n'avais ni fumé ni bu). Les gens font leurs courses - notre vue imprenable sur le parking d'Aldi en atteste -. Nous entendons des bruits d'activités humaines. Quant à nous, libres l'un comme l'autre de travail pour une entreprise (l'un au chômage technique, l'autre (bibi) au chômage tout court en attendant la reprise), nous pourrions, puisque nous allons bien pour l'instant, jouer à imaginer que nous sommes en congés - chaque pensée pour des personnes malades que nous connaissons nous indique bien que non -. Sauf aux moments où ma concentration sur une activité est intense (merci encore, Romain, pour les séances Tabata), je ne sais pas ne pas songer aux morts de chaque instants, si nombreux, et à leurs proches, qui pour beaucoup ne peuvent même pas leur accorder un dernier hommage qui peut rasséréner. En plus que dans les cérémonies ultra-réduites qui semblent être de mise dans chaque pays atteint par la pandémie, les familles ne peuvent venir au complet, ainsi s'escamotent les ami·e·s. 

Je n'étais pas trop d'humeur à me marrer des Poissons d'Avril. J'ai eu l'impression qu'il y en avait moins que les autres années, selon le même phénomène qui fait que de nos jours les sites parodiques ont dû mal à survivre à une réalité qui marche de plus en plus sur leurs plate-bandes. Comme l'écrit Sand_G sur Insta Capture d’écran 2020-04-02 à 00.52.23

Pas d'appel de la part de Cause Commune, j'ignore s'ils ont pu faire la soirée de Libre antenne ou non. Pour parer à toute éventualité j'avais préparé un petit texte de l'Instagram d'une amie. 

Je commence en revanche à recevoir des nouvelles des uns et des autres, entre autre : des malades guérissent. En début de semaine je m'étais dit qu'il y aurait bien une journée pluvieuse que je serais ravie de passer devant l'ordi et (entre autre) à répondre aux différents messages, seulement je crois qu'il va falloir que je m'y colle avant. 

L'épidémie s'envole, comme il fallait s'y attendre, aux USA. L'Italie semble avoir passé le sommet du pic, mais toujours de grandes disparités régionales. Les mesures y sont toutes officiellement prolongées jusqu'au 13 avril et Giuseppe Conte commence à parler des phases 2 et 3 de la reprise (progressive) de l'activité du pays. Il y avait un joli moment avec Sting à la fin du TG sur Rai News 24, que je continue de LT tous les soirs. J'espère que je pourrai continuer : message d'indication de limite des données de connexion mobile bientôt atteinte. 
En France la video d'un maire d'une petite bourgade, Hervé Féron, décrit (hélas) fort bien la situation générale de terrain, alors qu'il exprime sa colère. Des échos me sont parvenus d'une prise de parole qui semblait un peu moins langue de bois qu'à l'ordinaire, de la part du premier ministre français. Comme l'Italie, nous ne sortirons pas avant mi-avril du confinement, et la reprise sera progressive, sans doute par régions (je me demande, si la régionalisation se confirme, ce que nous serons censés faire, en tant que transfuges).

 

(1) Ce qui m'a induite en erreur c'est un touite qui parlait d'une place nécessaire de 87 Mo sur le disque

mots clefs : Covid-19 

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Liens vers des statistiques :
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com

926 095 cas (dont : 46 413 morts (4 076 aux USA) et 193 031 guéris)
Il paraît de plus en plus évident qu'énormément de cas ne sont pas comptés : personnes malades, non hospitalisées (vont mal mais pas au point de nécessiter un tel secours), et qui ne seront (en tout cas dans un pays comme la France) jamais testées. Sans parler de "cas soupçons" comme l'Homme de la maison qui a eu des symptômes étranges début mars pendant quelques jours (dont la fameuse perte de l'odorat) et le temps qu'il s'en inquiète réellement (suées, grosse fatigue), c'était passé. 


Chroniques du confinement jour 15 : L'inquiétude gagne ; la vieille structure métallique du jardin est enfin dégagée

    

    Pas de sport prévu si ce n'était le défi quotidien auquel un mouvement de plus s'est ajouté depuis la semaine passée : 

31 abdos - 21 squats - 11 pompes.

Long moment au jardin et ça y est : la structure métallique qui autrefois protégeait le bois pour la cheminée mais ne protégeait plus rien depuis fort longtemps, au point de virer petite tourbière, est enlevée. L'Homme m'a bien aidée une fois que je l'avais dégagée. Puis il a continué à couper les ronciers. 

Pendant ce temps, ayant trouvé un pot de fleur rempli de vieux morceaux métalliques (boulons, anciens frein de vélos, clefs, vieille serrure démontée et une pièce de dix centimes, semblerait-il de 1896), je m'exerçais à l'archéologie.

Notre fille, malade comme pour une rhinopharyngite carabinée allait quant à elle chez notre médecin de famille qui confirmait que ça n'était peut-être "que" ça, mais qu'il fallait surveiller de près l'évolution car il pouvait s'agit du Covid-19 (elle est persuadée que non). 

Échange serrés de messages (SMS) tout au long de la journée. 
Dans un pays évolué, le médecin demanderait alors qu'un test soit effectué, et s'il était positif elle serait prise en charge dans un établissement dédié ne serait-ce que pour respecter une quarantaine stricte et qu'elle n'ait pas à s'occuper de la moindre intendance. Pour qu'aussi en cas de difficultés respiratoires elle soit prise en charge immédiatement dans un établissement équipé. Mais là on est en France, on n'a pas assez de tests donc rentrez chez vous et on verra bien.
Elle a un arrêt maladie de trois jours (parce que bon pour pouvoir télétravailler il faut être en forme) et son frère fera les courses pour sa coloc et pour elle. Heureusement les deux appartements sont dans le même quartier. 

Au soir alors que je regardais par la fenêtre de devant, en prise à l'inquiétude jointe à un sentiment oppressant depuis l'accident de samedi soir, j'ai échangé quelques mots avec la voisine d'en face qui fermait ses volets et ça m'a fait un bien fou. En tant normal, sur cette rue qui est donc une départementale, il y a une circulation qui fait que l'on n'aurait pas pu se parler ainsi à moins de crier. Ils vont bien. C'était bon d'entendre quelqu'un dire Nous allons bien. J'étais contente aussi qu'elle ne semble pas nous tenir rigueur d'être venus avec le risque d'apporter le virus dans nos valises. 
Cela dit, déjà des cas locaux bien avant notre venue. Ça suit son cours, hélas. 

Aujourd'hui était, quoi qu'il en soit, notre dernier jour de quarantaine de précaution pour les "réfugiés" d'une autre région. J'espère que nous n'aurons pas de mauvaise surprise à retardement. 

Nous avons préparé les poubelles avec un soin particuliers, les mouchoirs et gants de protections dans un petit sac à part dans le grand. Bien sûr l'Homme trouvait cette précaution superflue. 

L'accident de samedi l'a marqué aussi. Nous nous sommes faits un petit débriefing au cours du dîner. Lui dit qu'il a su que c'était la voiture qui venait de frôler la haie qui avait fait ce bruit. Alors que moi, pas du tout : du fait d'une rafale de vent au même moment et de l'absence de freinage, et du son impossible à relier à quoi que ça soit d'autre comme expérience identifiable. Quoi qu'il en soit, en parler m'a (nous a ?) fait un peu de bien. À la nuit tombée je sens mon cœur qui s'accélère dès qu'un véhicule passe un peu vite en allant du sud vers le nord comme ce fut le cas pour la voiture accidenté. J'ai cherché des informations nouvelles en vain sur la presse quotidienne régionale. Le fait que cet accident fût incompréhensible ajoute au côté traumatisant. 



Article formidable de Florence Aubenas pour Le Monde qui l'emploie. Elle s'est confiné dans un EHPAD. Son texte fait froid dans le dos et chaud au cœur. Les amies l'on partagé sans que je n'aie initialiser le mouvement, sur notre groupe WhatsApp. Je me suis sentie une fierté, probablement illégitime mais néanmoins profonde. Et j'ai ressorti mon tee-shirt du Comité de Soutien que je mets désormais pour me donner courage (et peu me chaut que ça soit ridicule, étant donné que ça fonctionne de me faire bon effet). 

 

 

 

 

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846 156 cas (dont : 41 654 morts et 176 171 guéris)


Chroniques du confinement jour 14 : En forme !

Je me sentais si en forme aujourd'hui que j'ai modifié ma routine : pas de sieste ! mais le travail pour la réhabilitation du jardin à la place. 

Le matin course à pied (25 minutes seulement, histoire d'être parfaitement dans les clous), le soir une séance d'étirements (toujours par Romain (en lieu et place des Tabata)). Une partie de la matinée, les petites écritures. Et la communication familiale. Je m'inquiète pour la santé de notre fille.

Comme nous sommes à J 14, l'Homme s'est fait un plaisir d'aller (très tôt, à l'heure de personne) chez Aldi. 

J'ai testé en soirée le #ConfiQuizz d'un ami d'Abie. C'était amusant mais bien trop lent. Et puis reconnaître les musiques fredonnées ça n'est pas mon truc, même si globalement ils ne chantent pas (trop) faux.

Pas mal de lectures aussi, et une lessive.

Bref, c'est bizarre à dire par les temps qui courent, seulement si je fais abstraction des nouvelles accablantes du monde extérieur, sur ma petite barque de maison normande, c'était objectivement une délicieuse journée.

Le vent était tombé, il faisait plutôt froid, mais par moment un bon soleil.  

Aux infos italiennes, une récap en mode "journal (diario) de l'épidémie". C'est sidérant à quelle vitesse celle-ci s'est abattue sur l'Italie. On a beau le savoir, quand on a sous les yeux le date-à-date des événements, c'est impressionnant. Terrifiant. So "Station eleven". 

Je pense toujours à l'accident de samedi. Une tension qui subsiste. Rien trouvé comme infos autre que la brève de départ (l'accident, ses lieux et heures et qu'il fut mortel). J'aimerais tellement avoir un début d'explication. Et qui était cet homme, de son vivant ?

PS : vol d'un des premiers tableaux de Van Gogh dans un musée néerlandais. 

 

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777 286 cas (dont : 37 140 morts et 164 446 guéris)


Chroniques du confinement jour 13 : un dimanche sans énergie, l'onde de choc de la veille

    Jour venteux avec dans l'après-midi de splendides giboulées de grêles ; j'en ai compté cinq avec le grand jeu : la lumière qui change, grand soleil et puis très sombre, la grêle qui claque sur les vitres.  Nous avions envisagé d'aller courir dans le cadre de l'autorisation officielle limitée - notre quarantaine tire sur sa fin et sur le chemin de l'arrière, peu de risque de croiser qui que ce soit -, mais la météo nous aura obligé à rester chez nous. Pas même au jardin : froid et vent fort. 

De toutes façons j'avais décidé que puisque c'était dimanche je pouvais ne rien faire.

Ce à quoi je me suis consacrée avec un grand succès. J'ai lu (toujours "Feu de tout bois" de l'amie Elisabeth, ainsi que de vieux journaux de l'année 1939, que mon grand-père maternel conserva et que j'avais à sa mort sauvés in-extremis de la benne. 

Il n'est resté d'actif que les abdos - squats - pompes du matin, les petites écritures du quotidiens, des heures de repas à peu près civilisées, et une sieste à l'heure de la sieste - interrompue par un appel de R. le beau-frère de l'Homme de la maison, mon co-confiné.

Un appel téléphonique du fiston a ensoleillé ma matinée, des messages échangés avec notre fille m'ont inquiétés (elle dit avoir pris froid et me demandait l'autorisation de rallumer les radiateurs alors que j'avais en vain tenter de la dissuader d'éteindre la semaine passée). 

Je suis restée, que je le veuille ou non, marquée par l'accident de la veille, dont j'ai parlé via SMS avec ma sœur ; ce qui m'a fait du bien. Seulement je n'ai pu m'empêcher dans la soirée de guetter avec le cœur battant plus fort, chaque voiture qui passait (pas de chances, il y en eut, malgré que rien ne soit officiellement allégé dans le confinement) ; ni non plus de retarder l'heure du dîner - comme si un accident risquait de se reproduire alors que nous allions passer à table -. Le son du choc, ce bruit métallique sec, bref, fort, impossible sur l'instant à cataloguer, m'est resté en tête et est revenu à mes oreilles plusieurs fois dans la journée.

Parmi les ami·e·s et connaissances : beaucoup de malades en condition de rester encore chez eux, pas mal de guéris mais qui évoquent toutes et tous une forte fatigue résiduelle, une litanie d'annonces de décès de grands-parents. Quelques survivants, également. 

La France est encore minée par cette polémique au sujet d'un médecin qui prône un traitement particulier (à base d'un anti-paludéen, si j'ai bien compris), et ça continue. Au plus grand mépris de patients qui avaient besoin du traitement pour une tout autre pathologie et se retrouvent en danger. 

Tom Hanks et sa compagne vont mieux et sont de retour aux USA. Le chanteur Christophe est en réanimation. 

Je ne parviens déjà plus à répondre aux messages que je reçois. Pour la première fois, la multiplicité des canaux (qui m'écrit via messenger, qui sur WhatsApp, qui par mail, qui via Twitter ou Insta, qui par SMS) me semble présenter une difficulté, mi da fastidio. Le marrant de l'histoire étant qu'au début du confinement j'avais eu la naïveté de penser que c'était le moment ou jamais d'écluser mon retard en la matière.  

En fin de journée grâce @MGZALLP , je me souviens mais un peu tard, que je voulais regarder le piano de plus près, histoire de voir si je pouvais faire quelque chose en vue de le réaccorder. L'énergie m'aura manquée.  

 

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713 171 cas (dont : 33 551 morts et 148 900 guéris)