Là où l'on a grandi

Ça faisait bien longtemps que je ne m'étais pas livrée à l'une de mes activités favorites, la découverte de talents confirmés. 

En fait et compte tenu du destin difficile des librairies en notre époque, c'est simple : je travaille à fond, d'où qu'il ne me reste guère de temps pour explorer, écouter, flâner. Plein de choses se passent dont j'ignore tout. Puis j'ai un temps plus ou moins long avant de retrouver du travail. Et je rattrape alors mon retard d'avoir vécu en ce pays [sans avoir le temps matériel ni l'énergie d'y prêter attention]. 

Ce matin grâce @DocArnica et @Tartinetino je découvre le travail d'Antoine Elie, sans doute après la France entière moins quelques personnes. Chanson française classique, des airs qui en rappellent d'autres, mais adaptés de maintenant, une présence, une voix. 

J'écoute peu de chanson en français en écrivant, à part des classiques dont les paroles me sont si connues qu'elles en décollent du sens, et n'ai en temps normal pas tant de loisirs que je puisse écouter de la musique par pure attention longtemps, il n'empêche que j'apprécie le travail.

Ainsi, j'écoute quelques morceaux. Puis je tombe sur une video tournée dans la rue, dans laquelle l'artiste répond à des questions d'internautes, passage (presque) obligé de la notoriété. Il s'en acquitte avec bonhommie. Seulement ce qui me saute aux yeux en tout premier lieu c'est précisément ça, le lieu, l'endroit. Il s'agit de "ma" banlieue, une ville toute voisine de celle où j'ai grandi.

Et avant même tout autre considération, ce qui a envahi mon esprit était "Hé, mais c'est chez moi !". Capture d’écran 2020-01-25 à 12.13.52

Un peu le même effet fait lorsque je suis allée mercredi passer un entretien d'embauche dans ma banlieue de petite enfance.

C'est impressionnant d'à quel point, qu'on le veuille ou non, de quelques origines que soient nos parents et grands-parents, on est de là où l'on a vécu nos premières années, là où les apprentissages essentiels se sont faits ; en tout cas lorsque l'on a séjourné un temps assez long sur place (1). Plus rien de matériel ne me rattache à ma banlieue du Val d'Oise, ce que ma sœur et moi avons pu sauvegarder est en Normandie, terre d'origine de ma mère. Nous avons agi selon la pente de ce qui était économiquement raisonnable et préservait une part affective qui avait du sens.
Par ailleurs je me sens chez moi en Belgique, d'une façon que je ne m'explique pas. J'ai un ami qui peut comprendre, au point d'en avoir obtenu la nationalité. Mais il y vit, sauf périodes précises, depuis de longues années, quand je n'ai connu que des bribes. Chaque déplacement coûte de l'argent.

Et l'Italie est aussi pour partie mon pays, lequel me manque puisque par manque de moyens, j'ai pratiquement cessé de le fréquenter (2).

Il n'empêche, la reconnaissance instantanée d'un "chez moi" alors que je regarde des images sans m'attendre à une localisation particulière, me donne un exemple, parmi d'autres (3), de combien on est de là où l'on a grandi, peu importe d'où nos aînés venaient.

Pour finir, voici L'armure et la rose , qui semble être la chanson qui a fait connaître Antoine Élie. 

 

(1) C'est peut-être vrai aussi dans le cas contraire. Il se trouve que comme mes parents ont été d'une grande stabilité, je n'ai connu qu'une croissance dans un point fixe. Je ne peux témoigner que de ce que je connais.

(2) Et c'est sans doute assez typique de la baisse de niveau de vie des classes moyennes combinée avec l'âpreté croissante du monde du travail : mes parents sur le seul salaire de mon père pour une famille de quatre parvenaient à maintenir possible 3 semaines à un mois de vacances en Italie. L'homme de la maison et moi, deux salaires qui pendant un paquet d'années furent deux salaires de cadres, deux enfants, n'avons que très rarement pu nous payer de "vraies" vacances, combinaison de manque d'argent et de périodes de congés sans cesse plus difficiles à obtenir, ou obtenues au dernier moment ou en décalé. Du coup les vacances c'était en Normandie dans la petite maison prêtée par ma mère, laquelle m'appartient désormais. De vacances au ski il ne fut jamais question, hors de portée, hors de prix.

(3) En particulier quand j'ai travaillé dans le Val d'Oise en 2016/2017. Je retrouvais des façons d'être et de parler familières. Alors que j'aurais été incapable de caractériser une culture, un style (un patois ;-) ?) val d'oisien.


Comme une sorte de blague à retardement (Jacky Schwarzmann, "Pension complète")

 

Fullsizeoutput_1799  Persuadée que tel était le cas, j'ai commencé à lire "Pension complète" de Jacky Schwarzmann, comme un polar luxembourgeois qu'une amie m'aurait conseillé.

Seulement à la fin du chapitre 4, le narrateur se retrouve envoyé sur la Côte d'Azur pour cause d'ennuis qui lui pendent au nez et de personne de son très proche entourage qui peut lui permettre de se réfugier dans un yacht à Saint Tropez.

C'est alors que sa voiture tombe en panne et qu'il se trouve obligé de se loger à côté du garage où elle doit être réparée.

Le voilà donc qui page 46, débarque au camping précis où mon club de triathlon avait son stage en avril, tous les détails y sont et j'ai tellement ri (1) que j'ai dû interrompre ma lecture. 

Remise de l'effet bonne blague, j'ai poursuivi ma lecture, très facilement car dans la catégorie polar déjanté et drôle quoiqu'assez pertinent sur ce qu'il dit de la société, ce roman tient la route, et voilà que page 117 deux des protagonistes se mettent à causer triathlon et par n'importe lequel, le Xterra en France dans lequel l'un des coachs de notre club s'est illustré récemment et qui présente la particularité de consister en un parcours VTT pour le vélo et trail pour la CAP.

Arrivée à ce stade, j'ai cru que Jacky Schwarzmann était le pseudo de quelqu'un du club qui aurait participé au stage, ainsi qu'au Xterra, de l'année passé. La qualité de certains compte-rendus de courses rédigés au sein du club rendait l'affaire plausible. 

Une fois de retour devant l'ordinateur j'ai pu constater que ça n'était pas le cas, Jacky Schwarzmann est un écrivain de l'est de la France et qui vit à Lyon, si j'ai bien compris. Par ailleurs je suis parvenue à retrouver l'article qui m'avait menée jusqu'à la lecture de ce livre : non pas un conseil d'ami·e mais un billet sur l'excellent blog Encore du noir.

Je me suis donc une fois de plus fait une blague à moi-même puisque l'info des lieux et du camping y était. Mais tout simplement lors de ma lecture de la chronique, je n'avais pas percuté - au stage j'étais simple participante et je ne me suis préoccupée du lieu qu'au moment de m'y rendre, son nom ni la région ne m'étaient familiers -.

En attendant j'ai découvert le travail réjouissant d'un auteur que je ne connaissais pas, mais dont j'ai l'impression qu'il s'est appliqué à me faire une bonne blague personnellement à moi. Merci pour le grand éclat de rire et le chouette moment de lecture, en tout cas.

 

(1) Parce que l'environnement me rappelait tellement le village dans Le Prisonnier que je n'avais pas pu m'empêcher de jouer à imaginer quelques intrigues polardeuses pendant que lors des différents entraînements je courais. 

PS : Un blog à présent abandonné, une émission sur France Culture, une balade littéraire sur Radio Nova : j'aurais pu lire ce roman plus tôt, mais ç'eût été moins rigolo. Et peut-être que j'eusse été moins détendue au camping pendant le stage si ma lecture avait précédé le séjour ;-) :-) . Parfois la vie se goupille bien. 


Courage Kevin !


     19424225_10211140613204256_787983641398322188_nJ'ai assisté le 24 juin (2017) à la victoire de Kevin Maurel au triathlon de Deauville. Il avait surclassé les autres concurrents parmi lesquels certains de haut niveau.

Il se trouve que je prenais des photos près de l'arrivée, pour les camarades de mon club (1).  34790038773_274ecab7ca_o

Alors bien sûr il y avait la joie de la victoire, il s'agissait d'un L (2) finir n'est pas à la portée du premier venu, finir dans les premiers est vraiment gratifiant, mais j'ai perçu quelque chose de plus, dans sa manière élégante de la savourer, dans l'ampleur de l'écart avec qui le suivait, j'ai songé Tiens, c'est quelqu'un qui s'autorise enfin [et développe son talent]. Presque aussitôt je me suis dit qu'il serait temps que j'arrête d'inventer des et les histoires de chaque personne croisée, que ça suffisait de se faire des films, qu'on imagine mal des parents dire à un enfant grandissant, Ne fais pas de triathlon et passe ton bac d'abord.

Il en est simplement resté que j'étais contente pour lui, un peu comme s'il avait été un camarade du club qu'aux entraînements je n'aurais pas beaucoup croisé mais avec lequel il y aurait eu ce lien de même appartenance.

Voilà qu'aujourd'hui, par la grâce d'un lien relayé par une amie, je tombe sur cette interview de l'athlète.

Il y déclare entre autre : 

"Je ne me suis jamais vraiment investi dans le triathlon. J’étais très irrégulier dans mes entrainements et j’avais d’autres préoccupations professionnelles. Pour moi le sport restait un moyen de retrouver mes amis pour passer de bons moments à l’entraînement et m’aérer la tête avant de rentrer à la maison.[...] En juillet 2016 je me suis séparé de mon employeur pour diverses raisons. C’est à ce moment que je me suis investi dans le triathlon. Je me suis laissé 3 mois d’entraînement pour « performer » sur le 70.3 de Vichy. J’y ai pris la 2e place (course réservée aux AG) au scratch. J’ai enchaîné 1 semaine après avec les Trigames, un triathlon LD avec 2000mD+ dont Anthony Pannier et Marcel Zamora étaient les têtes d’affiche. À ma grande surprise, j’ai remporté la course. [...] Après ces 2 résultats, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à tenter et 2017 était  l’année ou jamais. J’ai décidé de me laisser une année pour voir jusqu’où le triathlon pouvait me mener."

Me voilà donc d'autant plus admirative. Mon expérience d'existence m'a rendue d'autant plus sensible aux trajectoires non linéaires et aux succès de ceux qui n'ont pas toujours eu les vents favorables dans leur navigation. 

Je lui souhaite de tout cœur de pouvoir continuer un bon moment au plus haut niveau. J'imagine que comme dans d'autres sports loin du football pour les hommes, être professionnel signifie seulement avoir un emploi aménagé, mais qu'il convient de tenir quand même, et que ça ne doit pas être simple vu l'intensité et la régularité des entraînements requis. 

 

 

(1) que selon ma mauvaise habitude, je n'ai pas encore trouvé le temps de partager entièrement. En fait la plupart des membres du club utilise FB mais ça me gêne toujours autant, au vu de la politique de récupération des données de ce réseau social, d'y partager trop d'images (et aussi parce que les albums importants ne sont pas pratiques à consulter). Une dropbox semble s'être égarée. Je vais sans doute utiliser flickr.

(2) 1,9 km de natation, 85 km de vélo, 21 km de course à pied.


Retrouvailles avec Paris (et découverte de l'existence de Shawn Mendes)

 

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C'est curieux alors que je me sentais pourtant tout près de Paris à Montmorency comme une fois revenue intra-muros pour le travail, j'ai l'impression de rentrer d'être partie loin longtemps. 

Le fait de bosser dans un lieu qui m'est extrêmement familier, dans lequel je me sens comme chez moi, me donne l'impression d'être entrée de plain pied dans l'une de mes vies parallèles - une autre a lieu à Bruxelles, je n'en ai pas fini avec cette ville -. Et si finalement l'année et demi vécue dans le XVIème arrondissement n'était qu'un songe fastidieux et malencontreux ? L'année dans le Val d'Oise une façon d'accompagner la fin de vie de ma mère ?

Il y a beaucoup de travail, en particulier à cause d'un changement dans la législation (1) qui ne sera pas sans conséquences. Quelle que soit la solution choisie, elle engendrera un surcroît de travail par rapport à la gestion courante.

Les amis viennent déjà me déposer des SP, un premier courrier d'éditeur est arrivé à mon nom, c'est comme si j'étais là depuis longtemps. 

Lors d'une pause entre journée de travail et soirée de présence (2), j'ai pu faire un tour dans le quartier. Que je connais à la fois très bien et pas tout à fait puisqu'il me reste des rues à découvrir. 

Je suis passée voir la gare secondaire (3), dans mon souvenir vaste et déserte, dans la réalité d'aujourd'hui petite et très peuplée.

Moi qui étais toute légère d'être concentrée sur mon nouveau travail - ce qui fait du bien, j'aime mon métier -, voilà que j'ai découvert que les OuiBus, selon une logique qui m'échappe, pour Bruxelles partaient de là.

À Bercy qui ne s'appelle plus ainsi, d'énormes files d'attentes se tenaient partant de chaque entrées. Probablement des contrôles encore renforcés après l'attentat de Manchester et le même genre de spectacle, au vu de l'âge des jeunes ou très jeunes accompagnés, qui attendaient (4).

On m'a distribué un prospectus de lutte contre l'alcool, qualifié de drogue, ce qui m'a semblé un peu excessif. Je me suis demandée si j'avais l'air concernée. On m'a aussi passé un flyer pour Shawn Mendes, dont je n'avais jamais entendu parlé, pas même de nom, malgré paraît-il un très grand succès,  et qui je l'appris de retour à la librairie, était en fait l'artiste de la soirée. Je m'endormirai moins ignare. Au moins ce garçon dispose d'une vraie voix. 

Et c'était rassurant de constater que les gens ne cédaient à aucune panique du fait du tout récent attentat dans un endroit équivalent. 

J'ai aimé découvrir longeant les voies ferrées des rues neuves, jusqu'alors de moi inconnues ; échangé quelques mots avec un père et son fils (ou un oncle et son neveu) qui étaient sortis jouer un peu au foot, faire quelques passes en bas de leur immeuble.

L'homme était bien arrivé en Normandie. La vie avance. Demain j'irai dans la maison de ma mère poursuivre la descente des affaires du grenier. 

Pour la première fois depuis des années, moins une parenthèse chaleureuse l'an passé, alors que je découvrais la belle petite librairie du haut de la colline, que ma mère n'était pas encore malade, ni l'homme enchômagé, et que j'avais eu l'illusion d'un plateau calme, enfin, je suis curieuse des mois à venir, lesquels ont peut-être une chance de déboucher vers du bon, et d'être, à traverser, fort stimulants. 

 

(1) obligation d'un logiciel de caisse certifié à partir de janvier 2018.
(2) Ça n'était pas moi qui organisais
(3) Celle de Paris Bercy
(4) Je comprends l'intention mais quel danger encore plus grand pour les gens qui de fait constitueraient les proies d'autant plus faciles pour des passants mal intentionnés. Notre société dans sa structure fait que l'on prend les précautions pour l'intérieur en se fichant de ce qui peut advenir dehors devant - en cas d'horreur la responsabilité vis-à-vis des assurances n'incomberait pas aux mêmes -. 


Une bonne adresse (réparations Mac - Paris)

(enfin si ça n'a pas changé depuis une année) (les réparateurs sont comme les médecins on est plutôt contents quand on les voit moins)

Il se trouve qu'en triant des photos (pour changer) je suis tombées sur celles d'un jour du printemps passé où inquiète parce que mon petit Mac ne se rechargeait plus bien j'étais allée un peu en urgence chez un vendeur réparateur près de mon travail d'alors. Le gars peut-être pour une fois pas trop condescendant ou moins que je ne m'y attendais, du coup je m'étais moins méfiée, m'avait calmement fait croire qu'il fallait changer non seulement le chargeur mais tout le bloc de l'alim. - il avait branché l'ordi sur un dispositif qui semblait-il testait, mais dont le résultat n'était pas visible à la clientèle (je n'y ai pensé qu'après) -. Entre la réparation elle-même et ses compléments et la TVA, il m'aurait fallu débourser 500 €, c'était vite vu je ne les avais pas. J'ai demandé à payer en plusieurs fois, ou un morceau par CB le reste en chèque à encaisser plus tard, l'homme a dit non, probablement afin de me mettre la pression, comme j'étais vêtue sérieusement pour le travail (c'est-à-dire avec de la récup chic) il m'avait peut-être prise pour quelqu'un de la région version démodée. J'étais repartie la mort dans l'âme en laissant tomber et en me disant comment faire.

J'ai finalement racheté un cordon + chargeur, et puis bien nettoyé l'ordi et la prise, ça marchouillait.

En retrouvant les photos d'un jour où je m'étais sentie bien alourdie par le trop-pas-de-chance, je prends conscience que près d'un an s'est écoulé et que tout fonctionne fort bien, le remplacement général et coûteux était inutile, l'homme avait tenté de m'arnaquer.

La règle d'or si on le peut : en cas de réparation à faire qu'on ne peut soi-même effectuer toujours aller à deux pour la consultation du véhicule ou de l'objet ou accueillir la personne qui doit réparer et si possible se faire accompagner par une personne qui est crédible dans le rôle de qui s'y connaît. Pas besoin qu'elle s'y connaisse réellement, sa présence peut être efficace, en mode témoin silencieux, il suffit d'avoir l'air entendu aux bons moments.
Mais une petite dame seule aux cheveux grisonnants pour une panne d'ordi, si tu ne montres pas les dents, tu prends cher.  

Un ami du coup me demandait : où aller ?

Il se trouve que pour d'autres tracas dans des périodes moins bousculées où je pouvais dans Paris aller "consulter" là où bon me semblait, j'ai eu plusieurs fois recours à :

Cyber Jay

Je ne les connais pas personnellement, je n'ai rien perçu pour le dire, mais par contraste avec l'autre arnaqueur, eux ont su se montrer fiables, pas trop gourmands (je n'ai qu'un très léger doute sur une fois de trois où j'ai eu besoin de leurs services, et quand bien même, ça marchait vraiment mieux après donc OK), à l'époque au moins (j'espère que ça n'a pas changé devant le succès) arrangeants sur les paiements, et très efficaces dans la récup de ce qui peut l'être de données. J'ai le souvenir (pour l'ordi n-1) d'une appréciable ponctualité dans les délais annoncés : le devis à tel moment (assez rapide) et une fois l'accord donné, respect de la date (assez rapprochée) annoncée. Et d'une autre fois pour un truc que je croyais sévère et pour lequel une solution radicale mais rapide était possible, ils m'ont juste suggéré d'aller au café du coin (un vrai café de quartier, il en survit encore) et voilà c'était fait.

Par dessus le marché, j'avais consenti à une suggestion commerciale (de logiciels classiques dont je pensais pouvoir me passer) mais qui m'a (hélas) été fort utile au moment de ma récente recherche d'emploi laquelle était plus simple avec des documents standards (1) du coup je leur en suis presque un peu reconnaissante d'avoir joué les vendeurs à objectifs commerciaux.

Leur site semble parfaitement à jour, ma recommandation est donc peut-être toujours d'actualité.
(En toute honnêteté je ne suis pas pressée d'aller vérifier).

 

(1) Cela dit dès que j'aurai un peu d'argent je m'offrirai avec plaisir Nisus writer pro que, sur les conseils avisés d'un ami, j'avais commencé à tester en gratuit avec un grand confort d'utilisation. Or c'est ce que je demande à un traitement de texte quand j'écris : que je puisse l'oublier et que sans se casser la tête ça accorde un premier jet assez clairement présenté.

 


Eco-experte

    J'en ferai peut-être mon bonheur du jour (1) mais voir une amie parlant italien doublée en brésilien improviser (vu le délai) quelques mots pour redetv au sujet d'Umberto Eco a pour moi quelque chose de totalement jubilatoire (2).

L'expression "bon vivant" en français dans le texte n'y est peut-être pas pour rien.

En plus que d'être admirative de la façon dont elle se sort de l'exercice. Libraire, en auriez-vous douté, est un (sacré) métier.

 

(1) J'attends pour savoir, la fin de celui-ci.

(2) Ce qui, lié à un décès qui [nous] attriste, [me] surprend. L'autre chose amusante aura été ce bref dialogue : 

Capture d’écran 2016-02-21 à 15.01.36En fait c'est ça la grande classe : que notre mort soit une occasion pour ceux que l'on laisse sur la planète  de sourire aussi.


"C'était hier" c'était hier


     20160212_212338Fréquenter assidûment depuis de longues années le théâtre du Rond-Point me rend dramatiquement exigeante. C'est peut-être pour cela que j'ai trouvé la pièce "bien" au lieu de "très bien". 

L'idée bizarre m'est venue que la mise en scène était trop lente, que je n'aurais pas fait comme ça (oui carrément, je me prends pour une metteuse en scène de théâtre, rien que ça). J'aurais accentué le côté un peu énigmatique de la pièce (1), par des moments accélérés et d'autres hiératiques. Or là tout était piano piano et en diction d'une lenteur surfaite, ça collait à certains passages, peut-être, pas à tout. Et je n'ai pas aimé l'interprétation du garçon - ça pouvait venir du personnage, de la direction d'acteur, il faudrait que je vois l'acteur dans un autre rôle pour savoir si c'est sa façon à lui qui ne me correspond pas -, ce qui fait que je décrochais dès qu'il prenait la parole un peu longuement.

En l'occurrence il était souvent question du film "Odd man out" (2) que grâce au festival d'Arras (qui le programmait sans que je ne puisse y aller) et à la BNF (où j'ai pu le voir car ma curiosité avait été aiguisée), qui est une œuvre prenante, ça n'est pas illogique que les personnages de la pièce en soient marqués et dès lors je pensais au film, ça m'a déconcentrée.

Cela dit, concernant l'amie que je venais voir jouer, l'enthousiasme est total. Je n'en doutais pas un seul instant, l'ayant vue si souvent danser (même si le plus souvent trop prise par mes propres difficultés je ne vois que de vagues silhouettes autour de moi), et c'était surprenant au début de l'entendre aussi parler, mais elle a de la présence, une générosité. Rien que pour cette confirmation et cet enchantement (3), et même si j'avais l'esprit un tantinet dispersé, je ne regrette pas ma soirée.

 

(1) C'était hier (Old Times) d'Harold Pinter (que j'ai brièvement confondu avec Ibsen ce qui m'a permis de constater que je préfère Ibsen, et de loin)

(2) Bizarrement (ou peut-être à cause du film bien ultérieur de Roman Polanski qui porte le même titre) j'ai trouvé la trace du film entier (1947) et non sa bande annonce. Le lien risque d'être périssable.

(3) Pour moi c'est l'un des meilleurs bonheurs de la vie que de voir que malgré le monde tel qu'il est des personnes de qualité parviennent à trouver leur bonne place, leur activité, ce vers quoi elles tendaient. Et l'un des meilleurs bonheurs de ces meilleurs bonheurs est d'assister à la phase de progrès. Sans doute parce que je sais, au delà d'une étincelle particulière initiale avec laquelle on nait, tout le travail nécessaire et l'environnement plus ou moins favorable avec lequel il faut composer. Quelque chose d'hautement réconfortant pour moi est par exemple d'avoir pu suivre Julien Cavard dans ses premières années et du temps du Fontenoy cette bande de jeunes musiciens qui d'une session à l'autre avançaient avançaient, avec une formidable vitalité. 


Le déprestige de l'uniforme

 

KM en uniforme

Alors je ne sais pas ce qui vous arrive les gars, mais il y a eu déjà Nicolas qui déboule comme gendarme dans Vincent n'a pas d'écailles ; le bougre avait bien signalé qu'il y tenait un petit rôle, mais le voir en force de l'ordre, plein écran d'un seul coup, m'a fait un choc.

Puis c'est Jean-Yves qui agrémente un message pour l'encyclopédie des guerres d'une photo de lui en lieutenant-colonel incomplet (il manquait les ornements il paraît) et heureusement que cette photo a été l'occasion d'une sympathique découverte de nos passés respectifs sinon elle me serait restée comme un élément sinistre. Alors qu'il l'envoyait pour faire sourire.

Ce n'est pas qu'ils le portent mal, l'uniforme, c'est que les voir dans un habit censé faire passer la fonction avant l'homme me met terriblement mal à l'aise. Autant je trouve souvent seyant les vêtements de travail lorsqu'ils sont d'un équipement nécessaire - par exemple pour les sportifs leur tenue et que tous ceux d'une même équipe aient le même maillot - autant les habits liés à des usages armés me mettent à distance. 

C'est peut-être d'avoir grandi en banlieue. 

En tout cas il y a chez moi un déprestige de l'uniforme qui fait qu'ainsi vêtus je trouve les gens moins beaux. 

J'aimerais autant que cette mode s'arrête-là. Faites du cinéma les amis, ne vous en privez pas, mais tenez plutôt d'autres rôles que ceux-là.

(et voilà que même mon acteur contemporain préféré s'y met ... #plog)

[photo pêchée sur l'internet pour une fois]


Des Jambes Interminables on ne se méfie jamais assez


""Pour la énième fois depuis qu'elle était montée à bord, Gina croisa ses jambes, des jambes galbées et qui semblaient interminables. Le crissement soyeux des bas nylon mit John au supplice.""

avec quelques lignes plus tard le, de fait inévitable, "turgescent" (le taux de corrélation entre interminabilité des jambes et turgescence du membre étant, sauf chez certain auteur belge, proche de 1) : 

"" Gina glissa une main experte dans le pantalon de John à la recherche du sexe turgescent.""

"Le lecteur du 6h27" de Jean-Paul Didierlaurent (Au Diable Vauvert p 109) 

 

On pourra au lire de ces extraits se dire que dans le genre, c'est terrifiant et qu'il s'agit d'un mauvais roman

MAIS ATTENTION :

le passage cité est extrait d'une lecture à voix haute qu'effectue l'un des personnages à partir des feuilles sauvées hasardeusement du pilon. La scène est drôle : il se trouve à lire devant un parterre de personnes âgées, mais comme la façon de faire consiste à prendre dans le désordre et sans tri les extraits sauvés, voilà qu'il tombe sur celui-ci, qui enchaîne à tire larigot tous les clichés de scènes sexuelles vulgaires et sans sensualité ; et songe à en interrompre la lecture (en plus à ce moment-là faite par une tierce personne fort respectable) avant de constater à quel point l'audience est subjuguée.

Il s'agit donc de citation d'une citation. L'auteur s'en est visiblement donné à cœur joie pour en rajouter et je ne serais pas loin de le soupçonner d'avoir travaillé un jour comme relecteur pour un éditeur, on pressent qu'il sait.

Ce sont donc des Jambes Interminables, mais au second degré. On ne se méfie jamais assez.

 

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