Chroniques du déconfinement jour 2 : reprise partielle, journée active

Déconfinement officiel 1 jour 29

 

    Grand soulagement matinal : le pneu arrière de mon vélo trouvé complètement à plat samedi soir en rentrant et regonflé la veille est intact. J'aurais donc été la victime d'un mauvais plaisant. C'est tellement stupide, il y en a vraiment qui ne savent pas quoi faire de leur temps, peut-être était-ce à cause du confinement. En attendant, pour le #Vélotaf du lendemain, c'était toujours ça de moins d'énergie et de temps à dépenser.

Capture d’écran 2020-06-08 à 14.20.08 Je lis ici ou , par exemple chez Pierrot pour Ce qui nous empêche, des expressions de n'en plus pouvoir (ou : de n'en plus avoir pu) du fait de la privation de liberté collective que nous avons vécu. C'est impressionnant le contraste avec mon ressenti de quelqu'un qui savait au moment même de le vivre qu'elle regretterait cette parenthèse de calme général (sauf pour les malades et les soignants et toutes les personnes dont les emplois étaient liés à la survie générale). 
Il y avait pour qui n'était pas tenu à du télétravail ou à faire l'école des mômes à la maison, une entière liberté de disposer de son temps sur une période longue. C'est quelque chose que je n'avais jamais eu le privilège de connaître sauf périodes de grossesses, maternité ou de maladies, qui étaient cause de non-liberté, en fait. C'était alors du faux temps libre, du temps rapté par la méforme ou ce qui était en cours. Peut-être parce que je suis une femme - qu'on le veuille ou non, nous héritons d'une assignation à la part domestique de l'existence ; même en étant féministe on a intégré depuis des siècles et des siècles que la place de base c'est le chez soi, dont on sort par moment par un effet de volonté ou de nécessité - et que je n'ai jamais eu de fort revenus, ce qui m'a toujours énormément limitée dans mes déplacements - oui j'ai pu un peu voyager, mais c'était toujours un trou dans le budget familial ; entre manque d'argent et conscience écologique, je n'ai fait comme voyage de pur tourisme que mon voyage de noces -, me priver d'une liberté de déplacements n'était somme toute qu'une expression un peu plus restreinte (1 km c'est vraiment peu) d'un état de fait courant implicite de ma vie (au fond mon degré ordinaire de liberté n'est guère plus grand la limite des zones navigo et encore dimanche et jours fériés ; au delà il faut que ça soit prévu, et financé). Alors que toutes ces belles grandes journées entièrement à ma main, durant lesquelles j'étais libre de m'organiser pour des menus travaux qui s'étendaient sur plusieurs jours (le débroussaillage - dépolluage du jardin ; l'accrochage et ré-accrochage des cadres, miroirs, tringles à rideau ; la restauration de la petite fenêtre du haut ; la remise en état de certains meubles à l'aide de baume des antiquaires ; le début de traitement des contenus déménagés venant de la maison de mes parents ) et c'était une liberté que je n'avais pas connue. Jusqu'à présent il s'agissait toujours de : débuter une tâche et devoir tout remballer, en plein élan pour cause de fin de vacances ou de week-ends, devoir attendre au moins cinq jours pour s'y remettre, ou faire ça le soir mais le payer ensuite en épuisement d'avoir cumulé travail nourricier et travail pour chez soi. 
C'est pourquoi je garderai du confinement, avant tout autre chose une grande impression de liberté.

Ensuite il y aura eu la vie conjugale : 37 ans de vie de couple et au bout du compte en journées réellement partagées, combien ? Fort peu, même pas l'intégralité des vacances puisque je suis une pétanque widow et par ailleurs passionnée par beaucoup de choses qui font que je suis souvent moi-même occupée, ou le suis devenue puisque précisément, passée les années où les enfants petits me requerraient, j'étais seule. Ces deux mois et demi auront constitué ma première expérience de vie conjugale. Et fors quelques énervements, notamment au début lorsque l'Homme voulait sortir sans arrêt au prétexte de faire des courses (1), alors que nous étions en quarantaine d'avoir changé de région, c'était quand même une chouette expérience, la vie à deux. Vivement la retraite ! Si nous y parvenons avec des revenus décents, nous pourrions fort y être heureux.

Enfin, et gros Last but not least : l'absence de circulation motorisée pendant les 15 premiers jours - trois semaines, le vrai de vrai de lockdown, mais quel bonheur ! Comme c'était doux ce silence que rompaient les chants d'oiseaux ! La petite ville déserte ou presque et si calme. Je rêve d'un monde aux moteurs silencieux (2).

 Donc voilà, j'aimerais bien à l'avenir qu'il puisse y avoir une sorte de commémoration : quinze jours par an de vie retirée pour tous. Sans les tristesses et les angoisses de la pandémie et l'épuisement de qui était sur le pont à fournir des vivres, de la propreté ou des soins. Un confinement pour les bienfaits du calme et de la lenteur. 

(je sais bien que notre société de sur-production et de placements produits, nous-mêmes inclus, n'en veut surtout pas)

Sinon j'ai profité de ma dernière journée de liberté pour lire chez les ami·e·s : 

"La crainte du danger devient le danger." phrase qui m'est restée de ce billet chez Carl Vanwelde

La malédiction du printemps 2020 chez Alice, alors que je me faisais avant de quitter la Normandie cette même réflexion : un temps estival de rêve (enfin de rêve d'estivant, pas de paysan ou ça dépend à quelle étape il est de la nourriture des bêtes en plein champs ou des foins) et dès lors que c'est fini qu'on reprend sorties et boulot voilà que viennent le temps incertain, les orages et la pluie.

Premier billet lu à l'Auberge des blogueurs, avec un peu d'avance sur le démarrage officiel annoncé. 

Billet en saine colère de la part de monsieur Samovar : bien des profs se sont démenés encore plus qu'à l'ordinaire durant le confinement, et qui ont dû se démerder, pas d'autres mots, pour proposer des cours malgré tout, et visiblement d'aucuns considèrent que puisqu'ils n'étaient pas physiquement devant les élèves, ils n'ont fait que glander.

Et j'ai encore dormi en fin d'après-midi avec un étrange réveil en sursaut, croyant au retour de JF assez tôt (fausse joie).

Non sans avoir hésité : dois-je savourer une dernière sieste ou bien au contraire commencer dès à présent à m'habituer au rythme d'une journée sans disposer d'un temps pour souffler ? Et puis poursuivre ma lecture de The Beatles Tune In aura été plus fort et le sommeil toujours fort, m'a rattrapée. 
Je dois à cet ouvrage mon #TIL du jour : The Toddlers' Truce une interruption des programmes télé entre 18h et 19h afin que les parents puissent coucher les enfants (3). Particularité qui prit fin le 16 février 1957

La soirée, ma dernière soirée de vie de liberté avant longtemps, a passé bien trop vite. 
L'Homme est rentré vers 20h30, tout défrisé, sans perspective précise de reprise du travail : il y a passé la journée pour régler certaines choses et se remettre au courant mais en l'absence de nouveaux chantiers et nouveaux clients pour le bureau d'études, c'est encore le chômage partiel qui l'attend.

J'ai pris le temps d'écrire un billet à part sur l'effet Pompéi, qui me tient depuis notre retour samedi soir tard. Et qu'un billet d'Alice m'a en quelque sorte rendu légitime - non, ce n'est pas moi qui suis folle, ça le fait à d'autres -. 

 

(1) Son agitation s'est calmée d'un coup dès lors que ça ne posait plus de problème. Il y entrait sans doute une forme de panique de l'enfermement.
(2) sans moteur, ça serait trop demander, je crois.
(3) Oui, on couchait tôt les enfants en ce temps. Pour ma sœur et moi ce fut longtemps 20h. J'avais bataillé pour 20h30 (ce qui fait que j'entrevoyais parfois le générique de début des Dossiers de l'écran le mardi soir mais ne pouvait voir le film) et longtemps des matchs de foot ne put voir qu'une mi-temps.

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE

7 182 912 cas (dont : 408 012 morts (dont 113 044 morts aux USA) et 3 506 328 guéris) 

 


Chroniques du déconfinement jour 1 : boring back time

Déconfinement officiel 1 jour 28


    D'un point de vue personnel ça n'est pas une journée à marquer d'un grand souvenir. 

Réveil très tardif après un coucher qui l'était aussi, compte tenu de tout ce qu'il y a à faire, aller courir est exclu. Et de toutes façons mon sparing partner dort dort dort et n'émergera que peu avant midi.

Nous sommes dans un état de réadaptation, et comme dab c'est moi qui sauve les meubles, démarches d'assurance (le pare-brise remplacé ; des documents manquants), de banque (tout va bien de ce côté là, c'est exceptionnel, finalement si on ne consommait qu'à manger et deux ou trois ingrédient de bricolage, nous bouclerions nos fins de mois), de factures (énergie et copropriété), bref, retour fort peu exaltant et très peu surprenant. Poubelles, lessives, début de rangements. 

Je m'occupe du vélo avec une bouffée d'optimisme : le nettoie et le chouchoute un peu et lui regonfle les pneus car celui que j'ai retrouvé à plat était neuf et ne porte aucune trace de blessure. Un con l'aurait-il simplement dégonflé ? On verra demain matin, si le pneu est re à plat ou s'il tient.

En fin de matinée je vais jeter les bouteilles en verre, et faire une boucle en ville vérifier une toute nouvelle adresse de réparateur vélo. Seulement la petite boutique possède un rideau de fer total ce qui fait qu'on ne voit rien, pas les horaires, pas ce qu'elle propose à la vente ou comme services, rien.
Je m'y attendais mais pas tant : estomaquée par les changements dans la ville, comme si les chantiers n'avaient pas été interrompus mais bien accélérés. Une amie de Twitter me répond à la question que je me posais publiquement sur ce réseau social, que c'est plutôt parce qu'ils ont mis les bouchées doubles une fois déconfinés. Sinon, pas mal de gens portent un masque et nombreux sont celles mais surtout ceux qui semblent s'en foutre royalement alors que la majorité avec ou sans masque semble veiller à ne pas croiser les autres de trop près. Ce qui n'est pas toujours possible. J'avais choisi un moyen terme en utilisant un de mes tours de cou mis devant nez et bouche. J'aime assez sortir couverte en fait, on se sent un peu invisible - un peu comme les petits enfants qui croient qu'on ne les voit pas parce qu'ils se sont cachés les yeux avec leurs mains -. 

Dans l'après-midi, je consacre un peu de temps à mes petits travaux d'écritures personnels, à parler avec ma fille (nous étions quand même restées presque trois mois sans nous voir, même si nous avions communiqué en continu), à un projet collectif prochain, et m'apprête à m'occuper de celui auquel j'aurais déjà dû consacrer bien du temps quand une sieste me devient méchamment nécessaire. Après tout, j'estime que j'ai le droit de consacrer à mes propres activités (sommeil inclus) autant de temps que mon conjoint en consacre à la pétanque. En pratique je finis toujours par n'y penser qu'au bout d'un bon moment après son départ, donc j'y consacre moitié moins de temps. 

Capture d’écran 2020-06-08 à 01.49.28 Une question (peut-être stupide) que je me suis posée pendant mon LT des infos italiennes et qui me trottait déjà en tête mais qu'une image m'a permis de définir plus clairement.

Riccardo Cavaliere qui se soir présentait, a, plus tard relayé une video de la manifestation à Roma avec les personnes qui en solidarité avec George Lloyd ont posé un genou à terre pendant 8 minutes et 46 secondes, la durée de son calvaire.

 

J'aurais à part ça peu suivi les informations générales, mais via Kozlika j'apprends la démission de James Bennet. Et puis je creuse un peu car c'est intéressant. 

Annonce de la démission de James Bennet et la note qui désormais accompagne la tribune contestée (1) et contestable (appel au meurtre, rien moins) de Tom Cotton sénateur républicain : 

"Editors’ Note, June 5, 2020:

After publication, this essay met strong criticism from many readers (and many Times colleagues), prompting editors to review the piece and the editing process. Based on that review, we have concluded that the essay fell short of our standards and should not have been published.

The basic arguments advanced by Senator Cotton — however objectionable people may find them — represent a newsworthy part of the current debate. But given the life-and-death importance of the topic, the senator’s influential position and the gravity of the steps he advocates, the essay should have undergone the highest level of scrutiny. Instead, the editing process was rushed and flawed, and senior editors were not sufficiently involved. While Senator Cotton and his staff cooperated fully in our editing process, the Op-Ed should have been subject to further substantial revisions — as is frequently the case with such essays — or rejected.

For example, the published piece presents as facts assertions about the role of “cadres of left-wing radicals like antifa”; in fact, those allegations have not been substantiated and have been widely questioned. Editors should have sought further corroboration of those assertions, or removed them from the piece. The assertion that police officers “bore the brunt” of the violence is an overstatement that should have been challenged. The essay also includes a reference to a “constitutional duty” that was intended as a paraphrase; it should not have been rendered as a quotation.

Beyond those factual questions, the tone of the essay in places is needlessly harsh and falls short of the thoughtful approach that advances useful debate. Editors should have offered suggestions to address those problems. The headline — which was written by The Times, not Senator Cotton — was incendiary and should not have been used.

Finally, we failed to offer appropriate additional context — either in the text or the presentation — that could have helped readers place Senator Cotton’s views within a larger framework of debate."

Je cite la note en entier (en espérant que ça ne pose pas de problème), car par envie de relayer l'édito du raciste et qu'elle est très intéressante - et par ailleurs une belle réussite en terme de com' de crise -. C'est donc la vague de protestation suite à cette tribune et son appel au crime qui auront eu raison du poste du rédac' chef. Peut-être eusse été jouable si la publication avait été précédée d'un avertissement clair et net de désolidarisation avec les opinions avancées voire de condamnation pour la partie "appel à une répression sanglante". Trump, quant à lui, y est allé de son touite de félicitation envers Cotton, ce qui fait peur (mais n'est pas surprenant). Ce qui fait encore plus peur est bien sûr de penser que ce faisant il flatte une part non négligeable de son électorat. Des gens qui pensent que c'est bien d'assassiner qui a la "mauvaise" (à leurs yeux) couleur de peau et qui proteste en demandant que qui l'a fait l'a puni.

Par là-dessus j'ai l'impression que ceux des dirigeants occidentaux qui ont mal géré l'épidémie, sont rudement contents que les protestations qui ont lieu dans leur pays concernent une histoire dont ils peuvent faire semblant qu'elle ne les concerne pas. C'est autant d'indignation et de colère populaire qui est canalisée vers autre chose que leurs propres manquements.
(cela dit, je trouve louables ses protestations, que les choses soient claires).

  

Il y aura eu quand même deux éclats de rire dans cette plutôt morne journée, qui donne vraiment l'impression d'avoir quitté un pays en couleur pour un endroit tout gris.  Je les dois tous les deux à Kozlika que je remercie.

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Celui ci-contre, dont voici le lien pour voir la brève video.

Et celui-ci qui tient du private joke mais j'ai vraiment éclaté de rire. Il faut dire, un bug débusqué au bout de ... 17 ans, c'est grand.

En toute fin de journée le fiston m'a avertie via WhatsApp qu'il était bien rentré de Lille, ça m'a fait chaud au cœur qu'il pense à le faire.

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(1) Une Op-Ed je ne connais pas l'équivalent en français et qui est un article de journal  qui exprime les opinions d'une personne généralement de position politique opposée à celle de comité de rédaction du journal.

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE

7 080 561 cas (dont : 405 051 morts (dont 112 469 morts aux USA) et 3 453 566 guéris) 


Quelques photos d'il y a deux ans

 

    Ce soir l'ordi m'a rappelée à l'ordre - depuis le début du confinement je me disais Dès que j'en aurai fini avec le jardin, je m'occuperai des photos ; et puis j'ai enchaîné sur d'autres menus rangements -, sa mémoire est saturée, je dois faire du ménage. C'est facile et simple : j'ai trop de photos. Me voilà donc ce soir astreinte à reprendre la tâche de Sisyphe, du moins lorsque l'on prend des photos quotidiennes, qui est d'en faire le tri, les copies (sur disque dur et un autre lieu) puis le ménage. 

J'aime bien le faire à la main, pour partie, ce qui me permet de revisiter mes jours. C'est particulièrement utile sur la période que j'aborde à présent : le printemps d'il y a deux ans. Je travaillais alors pour la librairie Charybde tout en passant mes week-ends à préparer la maison de mes parents pour sa vente ; encore épuisée par le déménagement des affaires qui m'avait pris (là aussi, tri, jetages, sauvegardes, rangements) un an de week-ends chargés. Sans compter le deuil principal et deux autres sortes de deuils pour moi annexes mais non négligeables : un beau-frère et un cousin par alliance, partis brutalement, l'un comme l'autre, de la vie de celle qui avait été leur compagne. Il faut s'habituer, même si on ne se voyait pas si fréquemment, à ce qu'ils ne soient plus là. Plus du tout là. Et qu'on n'ait même pas pu leur dire au revoir, car les ruptures furent brutales. On se retrouve quittées, de façon secondaire et collatérale. C'est assez étrange comme effet. D'autant plus qu'il s'accompagne d'une perte d'estime très forte envers eux, qui ont tant menti.
Dès lors de ce printemps 2018 qui comporta néanmoins d'excellents moment, à la librairie notamment, il me reste du fait de l'écrasante fatigue peu de souvenirs. Ou plutôt ils sont présents mais comme entassés, non datés. Ils manquent d'indexation. En trier les photos m'offre l'apaisement de reprendre pied dans ma mémoire. 

 

Accessoirement, je retrouve traces d'endroits qui n'existent plus, ou plutôt de bâtiments qui n'existent plus dans des endroits qui ont totalement changé. 

Ainsi ces bâtiments à Clichy, près du parc des Impressionnistes et qui récemment encore n'étaient plus qu'un immense trou de fondations à construire (1). Dommage, en leur temps ils ne manquaient pas de charmes 

(photos prises le dimanche 1er avril 2018, jour de Pâques, en revenant de notre habituel sunday morning run)

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Le 4 avril (2018, donc), chez Charybde il y avait eu à la fois un tournage dans la journée et une soirée en compagnie d'Alan Parks, et de son traducteur Olivier Deparis, de celles qui font bonheur à se rappeler plus tard. 

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Le tournage était pour un court métrage que devaient présenter ensuite à leurs enseignants des élèves d'une école de cinéma. 

C'est terrible, vu du confinement, on sursaute à les voir, à nous voir, les uns des autres si rapprochés, sans masques ni rien de tout ce qui s'est installé qu'on doivent les mettre ou qu'on en manque, dans notre quotidien et pour un long moment. 

Que sont-ils devenus ? Que deviendront-ils dans le monde de l'Après, et sa crise économique qui ne manquera pas de heurter de plein fouet tout ce qui concerne la culture ? 

Je m'aperçois que l'épidémie (et ma recherche d'emploi) m'ont fait rater la parution de "L'enfant de février" que pourtant j'attendais. 
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Un livre de plus à ajouter à la liste des lectures souhaitées après le déconfinement. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Il y avait eu une autre soirée le 5 (je devais être trop épuisée pour en conserver un souvenir précis) et le 6 avril nous avions reçu Marc Voltenauer, d'abord à la librairie puis principalement dans un café du XIIème où il avait ses habitudes et bien des amis. Ce fut l'une des soirées les plus réussie. Avec des habitués du café restés à écouter, alors que la lecture n'était pas forcément leur occupation préférée. 

Rétrospectivement, je me demande comment j'ai fait, comment nous faisions tous (de la librairie) pour tenir le coup avec un tel rythme. 

Quoi qu'il advienne après cette période de confinement, je pourrais me souvenir que j'aurais connu dix années fort vivantes d'un point de vue professionnel, et fait de magnifiques rencontres.  

Voir les photos du monde dans le café, paraît tellement étrange à présent. Connaîtrons-nous un jour de tels moments à nouveau ?  IMG_1619

 

 

 

 

 

(1) C'est peut-être encore le cas. Le confinement a fait que je ne suis plus repassée par là depuis un mois et demi.


Heureux ceux qui n'apprennent qu'après [qu'une catastrophe a eu lieu]


    Au lendemain d'un incendie qui a soufflé l'un des derniers garages qui restait dans le quartier (1), les gens se parlent dans les magasins. Une jeune femme confie sa confusion : elle habite dans une petite impasse presque en face du garage, était chez elle tout l'après-midi et ne s'est rendu compte de rien, d'où une absolue stupéfaction en débouchant de l'impasse au matin et de constater que le garage d'en face n'existait plus.

Il est vrai qu'il y a en ce moment un important chantier tout près, elle dit avoir perçu des bruits forts, mais supposé qu'ils y étaient liés. 

Je reste surprise qu'elle n'ait rien senti de la chaleur (les volets roulants en plastique des immeubles voisins ont tout bonnement fondu) ni de l'air acre, asphyxiant ; mais c'est une chance pour elle, alors tant mieux. 

Je me souviens que lors de l'incendie sur siège du Crédit Lyonnais en 1996, un collègue qui était parti en week-end et n'avait pas du tout écouté les infos, rentrant tard le dimanche, se réveillant le lundi juste pour aller travailler, et c'était un temps de peu de téléphones portables (2), de peu d'internet perso, il n'avait strictement rien su. Et donc était arrivé dans l'une des rues d'accès, avait franchi sans le savoir plusieurs barrières de sécurité - bien vêtu, l'air décidé, il avait dû passer pour l'un des experts venus expertiser -. Ce n'était qu'aux pieds de l'immeuble qu'il avait levé les yeux et ...

Une autre collègue partie en vacances à l'étranger, rentrée un dimanche soir une semaine plus tard, avait trouvé parmi tout son courrier d'en papier, encore abondant à l'époque, une lettre générale du PDG d'alors, laquelle commençait en substance par quelque chose comme : "Après l'événement grave qui nous a frappés". Et elle avait cru, ça y était, que l'entreprise avait été mise en liquidation judiciaire (3). Elle avait téléphoné à quelque autre collègue et amie et appris la vérité. Non sans avoir eu le temps de se faire un tout autre film.

Dans un roman lu récemment, un fils meurt accidentellement, sa famille en est avertie mais le père, cycliste amateur, est en entraînement ou randonnée, c'est une époque de peu de téléphones portables et de toutes façons il n'y a plus rien d'autre à faire que de au mieux se rendre sur place au pire attendre que le corps ne soit rapatrié, alors voilà, l'homme a ce dernier parcours d'avant la tragédie qui lui est accordé quand elle a déjà eu lieu.

À ceci près que le "après coup" rend le choc plus violent, il me semble que les retardataires d'une info malheureuse sont comme des bienheureux provisoires, détenteurs pour peu de temps d'une innocence préservée. Il ne sauront qu'après qu'ils l'avaient été.

Bon courage à la jeune femme du voisinage pour digérer sa surprise absolue du matin.

 

 

(1) Moins qu'à Levallois mais cependant, les garages étaient nombreux à Clichy jusqu'aux années 1990. Puis ils ont commencé à se raréfier. 

(2) En Italie les gens étaient déjà beaucoup équipés mais en France seulement ceux qui en étaient dotés de par leur travail ou qui étaient à la fois technophiles et très aisés.

(3) Ça n'était pas stupide, en 1994, le sort de la banque s'était retrouvé suspendu à une décision d'un conseiller européen, Karel van Miert.


Un incendie à Clichy

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Il était environ 15h45 quand nous avons quitté les locaux du tout début de la rue de Paris où j'ai peut-être une chance de créer enfin ma librairie. J'étais en la compagnie de l'entrepreneur qui ferait les travaux si mon dossier est accepté.

Alors que nous cheminions rue des Cailloux, nous avons vu un léger panache de fumé gris clair vers le nord. 

On venait de dire C'est plutôt calme comme quartier.

On a remarqué le signe d'incendie, très vite des sirènes de pompiers. Comme d'où nous étions on ne pouvait déterminer d'où ça venait et que les choses semblaient sous contrôle, nous avons poursuivi notre chemin. Son véhicule était garé près de l'entrée de la rue Chance Milly, nous nous sommes salués et il est reparti vers la suite de sa journée de travail. 

Je me suis dit qu'avant de rentrer chez moi envoyer un message à mes interlocuteurs pour l'éventuelle location du local, j'allais passer dans l'un des libres-services du quartier faire quelques courses (des fruits, du lait, des yaourts ...) et puis j'éprouvais le besoin de savoir d'où exactement venait la fumée. 

J'ai traversé les jardins Bic, remonté l'avenue Anatole France dans l'idée d'aller rue Henri Barbusse et de là soit vers le magasin bio (si pas le courage d'affronter le bruit et la foule), soit vers un Franprix, soit un Intermarché. J'hésitais. Et puis j'ai croisé une femme accompagnée de deux enfants et au même moment où quelque chose me mettait en alerte, ce truc un peu du fond des âges qui nous fait nous retrouver sur le qui-vive sans que le cerveau pensant n'ait identifié pourquoi, elle s'arrêtait, disait aux enfants quelque chose comme Regardez ça brûle. Et effectivement, par le passage ouvert vers un parking de l'immeuble devant lequel nous passions, on voyait des flammes, nettement.  IMG_20190723_162855_013

Ça n'était pas extrêmement rassurant et pour le coup j'avais besoin de comprendre où c'était exactement ne serait-ce si c'était près que pour avertir ma fille (1), restée dans l'appartement. Sans aller jusqu'à un risque de propagation - je voyais arriver au bout de la rue pompiers nombreux, véhicules de police qui organisait barrage -, je craignais que le quartier ne fût bouclé et que nous ne puissions plus entrer ou sortir.

Je suis donc allée jusqu'à l'intersection Barbusse Castérès Anatole France.

C'est au moment à 15:53 (2) quand je prenais la photo du haut du billet qu'a retenti une explosion. Et le panache de fumée est devenu noir et plus fort. Elle n'avait pas fait vibrer le sol, de là où j'étais le souffle n'était pas perceptible, pas de bruits de verres brisés et pas d'air étouffant ni d'odeur pour l'instant, le nuage noir filait vers le nord / nord - ouest 

Des gens se rassemblaient dans la rue, des policiers s'apprêtaient à fermer les accès sur la rue Henri Barbusse, le plus sage était de vite rentrer, avertir ma fille, et voir de mon balcon arrière si la situation semblait dégénérer davantage ou passer sous contrôle. 

Je me méfiais de la toxicité éventuelles des fumées : quelqu'un sur Twitter avait suggéré (ou vu ailleurs) qu'il s'agissait d'un garage, je pensais du coup au garage autonemo, l'orientation coïncidait. À partir de ce moment-là et jusqu'à la lecture d'un article qui indiquait 6 blessés légers (de type incommodés par les fumées) et que le propriétaire du garage était en état de choc (on le serait à moins), la pensée "J'espère qu'il n'y a pas de morts ou de blessés graves" ne m'a pas quittée. 

L'explosion, même si j'avais été assez loin pour ne rien ressentir à part de me trouver encore plus en éveil, avait accru mes craintes, il s'agissait d'un incendie de grande ampleur et qu'il fallait se méfier de suites encore plus dangereuses. Je n'en ai pas entendu d'autre. Rentrée j'ai averti les différents membres de ma famille, celle qui était présente, par WhatsApp ceux qui étaient à leur travail. Suivi les choses de notre balcon collectif du côté des cuisines : il faisait de toutes façons trop chaud pour se calfeutrer alors autant savoir comment les choses évoluaient. 20190723_160515À 16h05 c'était encore inquiétant, avec notamment un hélicoptère qui survolait la zone ; à 16h14, l'incendie semblait circonscrit 

20190723_161409J'ai tenté alors, de rassurer qui je pouvais et de reprendre le cours de ma journée. 

Seulement le quartier pour la circulation était encore bouclé et c'était l'heure de pointe qui commençait. 

La rue des Cailloux était interdite à la circulation à hauteur du croisement avec Anatole France, la rue Barbusse sans doute toujours autant. Alors les véhicules s'entassait avenue Anatole France, dans tous les sens (ceux qui arrivés au bout constatataient qu'ils ne pouvaient pas contourner par la rue des Cailloux, et tentaient le demi-tour). Tous les moteurs qui tournaient dans la chaleur rendaient l'air irrespirable - et pourtant nous sommes à un étage légèrement élevé -.

Soulagée d'apprendre, par un article d'actu Île de France,  qu'il n'y aurait que des blessés légers, je suis parvenue à aller faire quelques courses. Les dégâts que j'ai entrevus en passant à proximité étaient vraiment très importants. Du garage il ne restait plus qu'un pan de mur. Les piétons étaient encore filtrés à la hauteur du sinistre (qui habitait là pouvait passer).

Un camion de pompiers assez imposant présentait l'inscription "Reconditionnement des personnels". Des pompiers semblaient attendre (leur tour ?) à proximité. 

Les enfants avaient des sorties de prévues, j'ai rejoint l'homme de la maison à la gare et nous nous sommes réfugiés à Levallois. J'ai repris mon souffle (que je sentais acre, et les yeux qui piquaient) au parc de La Planchette. Puis nous avons trouvé un restau à la terrasse loin des rues à voitures.

En rentrant vers 22h nous avons pu mesurer l'étendue du sinistre. D'autres résidents se tenaient en silence de l'autre côté du trottoir. Recueillis. Répétant, Ça aurait pu être bien pire. Louant les pompiers. Une ancienne inscription avait été rendue à nouveau visible par l'éclatement de la façade isolante qui l'avait un temps recouverte. Elle disait "Pneumatiques, parallélisme, équilibrage". Cruelle ironie du sort. Fullsizeoutput_1817

La façade de l'immeuble d'en face n'était pas noircie mais bien un peu déglinguée. Les habitants ont dû avoir très peur, ou un grand choc en rentrant du boulot.

Il était temps pour nous de rentrer. Les rues étaient pratiquement vidées de toute circulation. Un gamin allait et venait à vélo. 

Les restaurants du bout de l'avenue [Anatole France] semblaient mener leur activité normale. Le #Hashtag, quant à lui, était resté fermé. 

 

nb : un Touite des pompiers de Paris 

 

(1) adulte, mais quand même
(2) horodatage de la photo


Après la coupe

 

    Je m'en doutais : les jours après un événement sportif auquel j'ai participé ou que j'ai suivi à fond me laissent une sensation de vide assez rude et curieuse ; ça ressemble à la fin de lecture d'un long roman prenant (1), à la différence que ce qui manque ce sont plutôt des gestes, des rendez-vous horaires, une énergie et une intensité que des gens (2).

Pour la première fois, me manque en plus du rythme de vie et des bouffées d'enthousiasme apportées par les épreuves sportives, une activité associée : j'ai adoré commenter les matchs pour la radio Cause Commune, j'aimerais même faire ça pour gagner ma vie. Seulement voilà, par où passer pour avoir accès quand on n'est pas du sérail ni ancienne sportive de haut niveau ? Il faudrait que je me trouve un service en anglais qui aurait envie d'une dame pour commenter le football (ou le cyclisme, le triathlon, l'athlétisme, le tennis, la natation ...) avec charmant accent français. Anybody ?

  20190708_164550  Pour l'heure j'ai combattu le blues en tentant de faire avancer mon avenir en tant que libraire - rendez-vous instructif ; sera-t-il décisif ? -, puisque tel est depuis une dizaine d'années mon métier et que j'aime à le pratiquer, et en bossant mon émission Côté papier de mercredi qui vient. Ça et une visite chez le médecin pour essentiellement les sacro-saints certificats médicaux réclamés pour la pratique sportive (monde absurde, c'est uniquement pour satisfaire les assurances et la guéguerre entre les fédérations d'athlétisme et de triathlon pousse depuis un an cette absurdité à son comble, comme si la pratique du triathlon n'incluait pas une part de course à pied) et les examens préventifs usuels, ainsi qu'à la tombe de Paul Verlaine pour relire un poème puis lire un peu (pour l'émission de radio, du sérieux) au calme du cimetière (3) ont suffi à remplir une journée.

Le blues de fin de belle période s'est donc trouvé plutôt bien maîtrisé.

PS : J'avance sur cette nouvelle présentation de Traces et trajets, et découvre au passage avec joie que certains blogs ont perduré. Ce billet chez Marloute me touche particulièrement. Il y a qu’il faut, encore, encore, encore, abandonner l’écriture.

PS' : J'ignore combien de temps la video sera en ligne, mais un but stupéfiant au Japon de Yuta Koike

 

(1) souvenir de la dure descente d'après Les Thibault

(2) Cela dit, il y a quelques femmes remarquables de cette coupe du monde dont j'aimerais avoir des nouvelles. Elles ont pris une place de qualité dans les pensées. J'avais oublié que l'on pouvait avoir mettons, pour se donner du cœur à l'ouvrage aux entraînements des modèles, des exemples à suivre, féminins. 

(3) Les cimetières sont de merveilleux endroits pour lire sans être dérangées et du moins à Paris en bonnes compagnies littéraires du passé (ma part d'esprit enfantin imagine les fantômes illustres venir lire par dessus mon épaule et ne pas s'empêcher de donner leur avis). Le Paul Verlaine de mon imagination juvénile n'est pas insensible à l'écriture contemporaine même s'il estime qu'ils exagèrent parfois. Il semble curieux de nos tournures.


En direct d'à deux pas

    D'un moment en librairie je rentrais à pied, via le jardin Martin Luther King, il faisait si beau un bonheur.

Devant le Tribunal se tenait, conversant avec un confrère, Maître Dupond-Moretti. C'était curieux je venais de regarder sur Twitter où ça en était le procès Balkany. Et il y a eu comme ça un effet d'hyper-réalité, ce qui venait d'être lu - un temps de suspension - se matérialisant par une présence réelle, au même instant, en passant.

Ça n'est pas la première fois, qu'on se sent soudain au cœur de l'actualité, par simple effet de voisinage. Mais c'était un exemple parfait.

Il y aurait une expérience d'écriture intéressante à faire qui pourrait consister à se poster alentour, observer et imaginer les événements d'après ce qu'on en voit là. Puis rentrer et confronter la version écrite à ce qui se dit dans l'actualité concernant comparutions et procès.

La présence de ce tribunal, outre les sons de sirènes incessant, modifie l'ambiance du quartier, au gré de l'actualité. C'est impressionnant. 

 

 


Une petite déception (CAP) et une curieuse discrimination

C'était donc les 10 km de Clichy et nous étions du club de triathlon un bon petit lot à y participer. Je visais 1h05, ce qui est un temps long, me suis efforcée d'y parvenir en prenant entre autre la peine de me lever tôt pour prendre un petit déjeuner bien avant, de venir dès l'échauffement collectif - très bien, vraiment - et d'avoir suivi du mieux que je le pouvais les entraînements. 

Il faisait gris, pas trop de vent, pas chaud mais pas glacial comme l'an passé, j'ai suivi aussi longtemps que je l'ai pu les meneurs d'allures 1h, fait seulement une brève pause au ravito, mais voilà, ça n'a pas fonctionné. J'ai même couru en 20'' de plus que l'an passé ; ce qui était d'autant plus décevant que ça ne correspondait pas à mon ressenti. 

 

Capture d’écran 2019-03-24 à 11.49.59 Capture d’écran 2019-03-24 à 11.49.59

En particulier j'avais l'impression surtout durant la seconde boucle de n'avoir pas pu accélérer car mon cœur battait déjà à un rythme soutenu alors qu'en fait ma montre me disait en Z4.

Sinon super ambiance, et bonne organisation ; ne manquaient que des quartiers d'orange aux ravitos. 

Quitté l'immeuble en compagnie soudaine d'une jeune femme qui participait aussi. Croisé pas mal de gens qui encourageaient. 

Il y avait un stand de tests de dépistage, c'était bien.

 

Sinon, me voici avec une curieuse discrimination : au club nous achetons nos tenues dûment floquées à nos couleurs chaque année via une commande collective. Entre autre élément utile, nous acquérons une trifonction qui nous permet d'enchaîner nage, vélo et course à pied sans avoir à nous changer. 

C'est le vêtement d'un seul tenant que portent la plupart des personnes sur cette image, prise (j'ignore par qui) au triathlon de Paris l'an passé : 

Image1

Or ma peau étant fragile et ma lenteur n'ayant en rien diminué, j'avais décidé d'acheter pour cette année une tri-fonction avec des manches, certes courtes, mais permettant d'avoir les épaules abritées. Seulement voilà qu'à la distribution j'ai trouvé pour mon nom une tri-fonction modèle homme. Curieusement la taille convenait.

Pour autant les inconvénients ne manquaient pas : - le rembourage vélo n'est pas calé au même endroit et du coup pour une fille, ça baille horriblement devant ; - il n'y a pas de doublure pour la poitrine, et comme le tissus technique est ultra-léger, il est presque transparent. 
Bref, s'il y a bien des choses qu'on pourrait s'abstenir de genrer inutilement dans nos sociétés, l'habit technique de triathlète n'en fait pas partie.

J'ai cru à une erreur mais j'ai appris que non par le camarade qui bénévolement et sur son temps personnel fait tout cet énorme boulot de commande : en fait la marque à laquelle nous nous sommes adressés cette année ne fait tout simplement pas ou plus de tri-fonction avec manches pour femmes. Les hommes ont le choix entre avec ou sans manches et les femmes doivent forcément y aller épaules nues. 

Curieuse discrimination. 
(Et me voilà avec un petit tracas vestimentaire dont je me serais bien passée)

 


Samedi non travaillé

 

    Fullsizeoutput_12f4J'ai hâte de pouvoir reprendre une librairie et donc inévitablement retravailler le samedi, il n'empêche qu'en attendant je savoure ceux pour lesquels il n'est pas prévu pour moi de remplacements. 

Ça commence le vendredi soir, pouvoir souffler, moins regarder l'heure, un peu comme le nageur en piscine atteignant le bord du bassin, l'entraînement n'est pas fini mais 20 secondes de récup' et ça fait du bien.

Puis le samedi, lorsqu'on a une pratique sportive, c'est le plaisir de pouvoir prévoir de rejoindre ses camarades d'entraînements, au lieu de l'habituel, Non, j'peux pas, j'travaille. Sachant que précisément pas mal de choses sont prévues le samedi puisque le dimanche est souvent réservé aux familles ou aux compétitions ou à quelques séances courtes. Et c'est frustrant à la longue de ne jamais en être.

C'est aussi le petit plaisir simple d'aller soi-même chercher son dossard, si justement une course est prévue le dimanche ; ce faisant pouvoir discuter un brin avec les organisateurs, souvent des bénévoles, repérer un peu le parcours, s'enquérir de points d'intendance ou d'organisation. Comme je suis quelqu'un de très lent, c'est aussi un moment où je peux croiser d'autres coureuses et coureurs ou triathlètes qu'au moment de la course je perdrai vite de vue. Le moment où je peux m'accorder l'illusion d'être comme tout le monde, dans les temps.

Et en attendant, c'est l'infini plaisir de pouvoir s'accorder le luxe de pour une fois, ne pas se presser mais faire calmement ce qui est devant être fait (et même une sieste si l'on se sent fatigué'e)