n'importe quoi au cinéma (C'est chouette d'aller voir)


    La petite ville de #MaNormandie possède un cinéma. Longtemps y fut projeté du tout venant familial en V.F. et avec les enfants enfants nous nous partagions entre des séances au cinéma de Carteret et celui-ci. J'ai ainsi un excellent souvenir de Chicken Run, enfants avec le bon âge, et nous les adultes également enchantés. Ainsi qu'Un indien dans la ville. 

Souvenirs diffus de comédies à la française avec les acteurs toujours les mêmes. Une histoire avec des pères de famille qui galéraient un 15 août, une autre avec Miou Miou qui tricotait des pulls aux hommes de sa vie. D'autres encore que je ne serais jamais allée voir si ça n'avait pas été les vacances et dans une idée de soutenir le fait que des cinémas survivent là. 

Souvenir aussi de m'être profondément endormie devant Apocalypse Now, car j'ai un problème avec les films de guerre, une tendance à m'endormir quand ça canarde. 

Puis le ciné avait fermé, pas assez rentable et de gros travaux de mises aux normes, je crois qu'il se disait. 

Depuis quelques années il a réouvert et ce sont des bénévoles qui en assurent l'accueil, dans une ambiance joyeuse, c'est vraiment sympathique. Je suppose que pour tenir financièrement il s'agit d'un cinéma municipalisé. 

Et voilà qu'ils ont eu la merveilleuse idée, non seulement de proposer quelques films un peu exigeants - tout en restant grand public familial pour l'essentiel - mais aussi de proposer une fois par semaine une séance en V.O. 

J'attendais ça depuis toujours, je n'ai jamais supporté les doublages à la française avec toujours les mêmes voix caricaturales et dont les paroles sont si décalées par rapport aux mouvements des lèvres lorsque le film est en anglais. 

Dès lors, par souci de cohérence j'ai décidé d'aller voir tout film de leur séance en V.O. si celle-ci tombe un jour de présence.

Du coup : je revois des films que j'ai déjà vus (1), je vois des films que je n'avais pas envie de voir, je vois des films que je suis contente de pouvoir voir pendant des vacances parce que je comptais les voir et que j'aurais galéré en période de travail, et je vois des films auxquels je n'aurais pas pensé.

Et en fait, c'est bien à chaque fois. Je l'avais déjà constaté lors des festivals de cinéma, il peut être intéressant d'aller voir en dehors des réalisateurs ou sujets qui nous intéressent. Parfois parce que ça conforte dans notre indifférence ou détestation, souvent parce qu'on y apprend des choses, et entre autre qu'un réalisateur excellent emporte le morceau même si l'on ne se sent pas en phase avec le centre d'intérêt ou le propos.  

Aujourd'hui par exemple nous nous sommes retrouvés à voir un gros western qui tache (2), création contemporaine d'archi-classique facture, on dirait un exercice d'admiration. Je ne suis pas fan du genre, même si Ennio Morricone m'en a rendu certains attirants, et que je ne déteste pas les très anciens (John Ford par exemple), je n'aime pas l'ultra-violence qu'ils contiennent et la complaisance parfois envers celle-ci. 

Hé bien voilà, ça n'était pas tout à fait un bon moment, trop brutal, pas mon style, il n'empêche que je suis contente de l'avoir vu, que c'était instructif, que j'ai admiré le travail - les décors, la lumière, le rythme, l'ambiance de pluie et boue comme dans "Les saisons" -, que j'ai apprécié que les hommes soient bêtes ou violents et les femmes intelligentes et que le mélange de classicisme et de cette modernité mérite le détour. 

C'est chouette d'aller voir n'importe quoi au cinéma. Pour le plaisir de ce cinéma-là.

 

(1) Comme par exemple Maradona d'Asif Kapadia ; et chose surprenante j'ai été captivée les deux fois

(2) Never grow old de Ivan Kavanagh

PS : Je crois que le plaisir de ne pas choisir remonte à l'enfance du temps où il n'y avait que deux puis trois chaînes de télévision et que l'on regardait le soir un film ou non, seulement quand le programme ou les tâches ménagères étaient effectuées ou résolus ; et que le choix du film revenait à la chaîne.

 

 


Top gay

 

    Grâce @gro-tsen je suis retombée sur la video qui démontrait que Top gun était indéniablement un film gay. Une fois qu'on la voit, le doute n'est plus permis.

À l'époque de la sortie du film, du temps d'avant les internets et les fréquentations élargies qu'il m'aura permises, vivant dans un monde où l'homosexualité semblait ne pas exister, ayant tout juste croisé quelques lesbiennes - au foyer des lycéennes où j'étais hébergée durant une partie de mes classes prépas - qui ne s'en cachaient pas et ne sachant rien de l'homosexualité des garçons qui l'étaient - vaguement que oui, ça existait, peut-être seulement dans les milieux aisés ? (1) -, je n'avais rien, mais alors rien vu. Tout au plus m'étais-je dit que ces garçons ne me paraissaient pas très séduisants et qu'ils prenaient de drôles de poses en jouant au volley. Globalement j'avais un peu passé le film à me demander moi qui n'aimais déjà pas les blockbusters et encore moins s'ils étaient guerriers, ce qui nous avait pris d'y aller. Peut-être le besoin de chercher de l'énergie dans le positivisme obstiné à l'américaine. Peut-être que je l'aurais trouvé plus intéressant si j'en avais eu les clefs, ou si j'avais été moins #BécassineBéate 

 

 

(1) Je faisais cette confusion entre le fait de pouvoir plus ou moins ouvertement vivre son orientation sexuelle selon le milieu où l'on vit et la fréquence de son occurrence lorsqu'elle était différente de celle de la majorité.


Annonce apeçue en fin de journée du décès de Jean-Pierre Mocky

 

    La journée ne s'est pas du tout déroulée comme je me l'étais figurée : aller courir, aller au ciné, m'accorder une sieste, avancer la part de rédaction personnelle sur mon projet, ranger tant que j'étais seule, écrire en soirée.

Je me suis levée trop tard pour courir, j'ai été au ciné mais finalement pas pour voir le film que j'avais en vue (documentaire sur le travail de Thomas Pesquet, éventuellement celui sur la chute de Weinstein : les deux ne sortiront que plus tard) mais un autre quoique documentaire également (celui sur Diego Maradona), je n'ai pas fait de sieste immédiatement, mais j'ai cherché des compléments d'informations, et quand je me suis accordée la sieste prévue ce fut pour être réveillée par un appel téléphonique. Quant à la soirée elle aura été curieusement bouleversée par l'annonce du décès de Jean-Pierre Mocky. 

Capture d’écran 2019-08-09 à 00.32.55 C'est je crois un touite de Virgile qui m'a alertée en même temps que me parvenait une alerte du Monde .

La filmographie du cinéaste ne m'est pas très connue, je l'avoue et j'ignorais (ou j'avais complètement oublié) qu'acteur fut son premier métier. 

Il se trouve que je l'avais croisé à Livre Sterling où il était venu tourner une scène pendant une journée, que mon patron le connaissait alors du coup par ricochet de souvenirs (plus que par connaissance de cinéphile) sa mort ne me laissait pas indifférente. 

Et qui accessoirement aura ouvert pour moi, engloutissant ma soirée, la trappe d'un trou de mémoire abyssal - même pas l'impression que "Ça va me revenir" - : quel était donc le film dont une scène fut tournée à Livre Sterling par un frais jour du printemps 2012 ?

Rien ne me venait.

Alors j'ai entrepris des fouilles archéologiques dans mes propres blogs, hélas pas le fotolog même si j'ai pu vérifier mes copies générales d'écran. 

Au passage j'ai retrouvé, une jolie photo de Yéti 6a00d8345227dd69e201a73d7ce956970d-500wi

, un billet de blog qui m'a fait rire (ô temps insouciants où l'on pouvait reprocher à un président de la République sont inconséquence sentimentale plutôt que la violence de la répression commise en son nom), d'autres qui m'ont émue et que je ne relierai pas ici, beaucoup de nostalgie - toujours eu ce sentiment contrairement à mes expériences ultérieures, que mon temps à cet endroit n'était pas parvenu jusqu'à son terme, de même que ma relation avec FDK, alors que bien d'autres choses vécues depuis ont eu lieu, se sont achevées et font calmement partie de mon passé -, et enfin le billet qui me permettait de retrouver sinon le titre du film du moins la date à partir de laquelle il serait plus aisé de le retrouver. 

Je le reproduis ici, puisque ça concerne le souvenir du défunt cinéaste : 

366 - action éclair

 

J'arrive au travail, tombe face à face et amoureuse d'une camera, rencontrée il y a 5 ou 6 ans dans mes rêves, sur le champ un monde fou, le contre-champ pas mieux, mon patron me fait malgré tout signe d'entrer, j'aime le spot qui éclaire fort, il me réchauffe la moëlle des os, sous la foule le petit chien affectueux me fait la fête, reconnaissant parmi le peuple humain qui a envahi son univers diurne un élément ami, tandis qu'au dessus de nos têtes grommelle Jean-Pierre Mocky.

Puis tout soudain, les lieux se vident, la librairie redevient ce qu'elle est : une boutique où se pourvoir en lectures ; seulement entre-temps les clients ont regagné leurs bureaux et qui pour la plupart ne repasseront qu'au soir.

Heureusement arrive une amie dont la présence m'accorde une transition douce entre le tourbillon du tournage et le tout-venant de l'après-midi.

L'intermède cinématographique n'était pas prévu. C'est le patron qui a intercepté le réalisateur, sensible à l'offre (bénévole). 


366 réels à prise rapide - le projet
 

 366 réels à prise rapide - les consignes.

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C'était dans le cadre d'une participation à un jeu d'écriture ; mais la présence de l'équipe du tournage avait été réelle. 

Je peux me coucher en (relative) paix avec mon trou de mémoire : il ne me restera que trois films à visionner. Le gag serait que la séquence à la librairie n'ait au montage pas été conservée.


Toi aussi ta planète


    Sérendipité du net, d'un moment libre inattendu (un entraînement reporté que je n'ai pas eu la force de transformer en séance pour un autre sport), et d'une curiosité, voilà que ce matin, regardant une video de l'émission Blow up (1), je me suis interrogée sur Brad Pitt dont c'était le tour d'y être évoqué. 

Je me suis aperçue en effet que je n'avais pour ainsi dire vu aucun film dans lequel il tournait, ou très peu. Pour moi il était surtout le souvenir d'une affiche de ciné-club l'année où les bureaux donnaient rue Grétry et où je l'avais accrochée derrière mon bureau d'une sorte de semi-open space et les gens venaient me voir volontiers. Un jour j'avais pigé que la belle affiche y était peut-être pour quelque chose. Il m'en reste une sympathie pour lui.

Du coup j'ai jeté un œil à sa page wikipédia, je savais (fort) peu de choses, à part que oui, il avait été un moment le compagnon d'Angelina Jolie, qu'ils avaient eu des enfants et en avaient adoptés d'autres, mais qu'ensuite c'était parti dans un divorce compliqué. En fait j'en savais quelques trucs via l'histoire d'une entrepreneuse (décoratrice ? architecte d'intérieur ?) qui avait travaillée en leur chateau français mais qui pour cause de séparation en cours n'avait jamais été payée (2), ce qui avait mis sa petite entreprise en difficulté. Curieusement, je ne me souviens pas si je connaissais cette histoire pour avoir vu un documentaire, entendu une émission à la radio ou écouté une personne qui m'avait raconté ses mésaventures pendant une soirée ou un événement social rassemblant des personnes que je ne connaissais pas toutes. Si tel est le cas, et si cette dame venait à passer, qu'elle ne m'en veuille pas de ne plus rien me souvenir d'autre que la structure de l'histoire : le travail fourni, les clients soudain en séparation, et plus personne pour payer les factures et ce déséquilibre entre une petite entreprise pour laquelle c'est vital et une sorte d'entreprise familiale qui évolue dans une tout autre sphère, où l'argent se brasse avec deux (ou trois) zéros de plus dans les sommes concernées. C'est souvent surprenant, lorsque l'on ne suit pas un certain type d'œuvres ou d'actualités, ce qui parvient jusqu'à soi et de quelles façons.

Puis j'ai repéré cette petite phrase, "On June 2, 2015, the minor planet 29132 Bradpitt was named in his honor" et de là j'ai suivi quelques liens, le temps de comprendre que depuis longtemps on nommait de toutes petites planètes, voire des astéroïdes, d'après des gens (présomptueuse humanité), ce que j'avais peut-être su mais solidement oublié, et qu'il y en avait une liste.

Après, c'était un peu foutu pour ma productivité. Les catégories elles-mêmes sont fascinantes, il y a même un peu de place pour les personnages de fiction. Capture d’écran 2019-05-21 à 15.02.23

 

 

 

 

 

 

 

(1) J'apprécie particulièrement celles de Luc Lagier, son humour, sa voix, sa façon de présenter me donnent de l'énergie.

(2) Ça s'est peut-être arrangé depuis.


Où je parle d'un film que je ne verrai peut-être pas

(120 battements par minutes)

 

Que les choses soient claires : c'est essentiellement parce que j'ai trop pas le temps en cette période de rentrée d'aller au cinéma. Et aussi parce qu'il a un tel succès que j'ai l'illusion qu'il passera en salle encore longtemps (c'est comme ça qu'on rate les meilleurs films oui je sais)

Mais je trouve passionnant ce qu'en dise les ami-e-s, par exemple Matoo, Virgile ou Le Roncier

(pas le temps de glisser tous les liens, si je peux j'y reviendrai le week-end prochain)

Il se trouve que j'ai le même "background" (comment le dire en français sans perdre des morceaux du sens ?) que Virgile. Banlieue loin, milieu ouvrier ; il n'y avait pas à proprement parler d'homophobie c'était plutôt un parfait déni. Ou plus exactement, Un truc des riches qui s'emmerdaient là bas en centre ville et qui s'inventaient des complications pour avoir l'impression de vivre tellement ils avaient tout trop facile sinon. D'une certaine façon c'était un peu comme la psychanalyse : on en entendait parler au détours d'un cours au lycée (parce qu'on était des gosses de français moyens studieux et qu'en ce temps-là, l'intégration par l'école ça fonctionnait), mais c'était évident que c'était un truc de bourgeois trop religieux frustrés. 

Et soudain je me rends compte que mon prof de français du lycée, qui était remarquable (1), nous avait tranquillement dit la vérité sur Rimbaud et Verlaine, sur Gide, sur Cocteau  (mais pas Yourcenar, dont on n'imaginait pas qu'elle eût une sexualité (2)). Et il nous l'avait dit comme il convient c'est à dire sans en faire toute une histoire, il faut simplement en parler sinon on ne comprend pas bien leurs œuvres, mais leur travail ne se résume pas à ça, et sur Rimbaud et Verlaine ça compte parce qu'ils se sont réellement aimés mais la société surtout en ce temps-là n'était pas d'accord. 

Je me souviens d'avoir été un brin admirative d'un professeur qui en savait plus que le Lagarde et Michard (j'avais bêtement imaginé que leur formulation "Rimbaud et son ami Verlaine" était de l'ignorance ; je ne savais pas que c'était "mal" d'être "pédé", je pensais que ça fâchait seulement les très catho pour lesquels il ne fallait baiser que pour procréer et alors forcément deux hommes ensemble techniquement, ça pouvait pas donc pour eux ça devait être un péché, mais en même temps on est dans les années 70 et les vieux monothéismes, tout ça, c'est du passé, sauf pour les juifs qui ont tellement souffert pendant la seconde guerre mondiale qu'ils ne peuvent pas abandonner leurs croyances comme ça). En fait l'ignorance et l'air du temps qui était à briser les chaînes, de 68 il restait ça, nous rendait tolérants et progressistes assez naturellement.

Je ne me souviens pas de réactions particulières dans la classe. Mais peut-être ai-je oublié.

 

Pour les début du SIDA, on a mis, petits hétéros jeunes adultes un moment avant de se dire que ça pourrait nous arriver à nous aussi. Je me souviens des premiers articles lus en 1982 ou 1983, qui signalaient une maladie bizarre, inconnue jusqu'alors et qui attaquait les défenses immunitaires ce qui rendait les personnes atteintes malades de plein de trucs en même temps. Je crois me rappeler qu'au début on donnait un autre nom (en tout cas en France) (3) et que comme on n'avait pas le recul du temps on pensait que certains était des "porteurs sains" et que seulement un petit pourcentage déclarait la maladie. En fait c'était tout simplement que chez certains les symptômes apparaissaient nettement plus tard, et qu'au "plus tard" on n'y était pas encore.

En ce temps-là, LA drogue c'était l'héroïne (plus tard ce fut la cocaïne, plus tard encore l'ecstazy) qui avait détrônée le LSD trop gentillet. L'herbe n'était pas considérée comme une drogue, c'était juste un truc qui faisait rigoler, les effets euphorisants de l'alcool mais en fumant au lieu de boire. Du coup les jeunes hétéros ont commencé à se sentir concernés via ceux parmi eux qui étaient toxicos.
J'étais déjà la tête dans les livres, cinéphile, appréciant la musique et je me souviens de mon effarement devant l'hécatombe. C'était un peu comme en 2016 où toutes sortes de grands artistes semblaient s'être concertés pour mourir la même année, mais à la différence que pour le SIDA tous (ou presque) mourraient tout jeunes. Je me souviens d'avoir pensé Mais bon sang, à quand une maladie qui s'attaquerait exclusivement aux gros cons. 
Je me souviens qu'on se posait des questions : assez vite il était clair que ça se passait par le sexe ou le sang. Mais pourquoi diable les hétérosexuels semblaient-ils moins concernés ?

Je me souviens du film Les nuits fauves, vu sur le tard, mais saisissant. 

Je me souviens de m'être inquiétée pour mon prof d'anglais de l'ESTP. Un type avec un humour inoubliable, de fin du fin de l'understatement. Il est mort quelques années plus tard mais peut-être d'autre chose (4). J'étais allée à sa crémation. Il m'arrive encore d'aller au Père Lachaise me recueillir sur sa stèle. 

Je me souviens de n'avoir jamais été inquiétée par ce qui se racontait des contaminations possibles - dans les débuts, on a tout eu : on pouvait l'attraper chez le coiffeur ou le dentiste ou à la caisse des supermarché ou que sais-je -. Je me souviens qu'avec mon amoureux on s'était promis de prendre des précautions pour le cas où, afin de pouvoir continuer à n'en pas prendre entre nous. Le délai entre la prise de risque et d'être sûr en faisant un test qu'on n'avait pas été contaminé à un moment (1987 ou 1988) était de plusieurs mois (3 ? 6 ?). J'ai aussi le souvenir d'avoir pensé qu'Act Up ils en faisaient un peu trop, mais qu'en même temps faire qu'on en parle pour débloquer des situations, faire que des décisions soient prises pour aider les malades à obtenir des traitements, n'était pas une mauvaise solution. Et je me disais, un peu admirative, exactement comme avec les Femen aujourd'hui, Ils sont gonflés. 
Je n'avais qu'un seul ami concerné. Et peut-être pas lui directement - nous étions collègues, jamais il n'en aurait rien dit -, mais son (un de ses ?) petit frère. Qui mourut au tout début des années 90 je crois bien. Eussé-je été un homme et homosexuel, j'avais pile l'âge pour tomber concerné. Sur ce coup-là c'était une vraie chance d'être une femme et hétérote. Tout au plus ai-je regretté de n'avoir pas eu une vie sexuelle assez précoce et débridée pour pouvoir profiter pleinement de la période avant-capotes. 

Je crois bien qu'il aura fallu attendre qu'éclate l'affaire du sang contaminé pour que l'ensemble des hétéros se sente concerné.

C'était une tout autre époque mais ça semble étrange, vraiment, que ça soit à distance de cinéma, je veux dire déjà historique au point de mériter reconstitution. 

Quoiqu'il en soit, quelles que soient ses qualités et ses défauts, j'ai l'impression que ce film est en train de faire un sacré bon boulot pédagogique. 

 

(1) Il l'est toujours et sa femme aussi, mais plus comme prof ;-)
(2) Elle semblait appartenir à la catégorie "vieille dame" depuis toujours. 
(3) Je viens de retrouver, c'était L.A.V. 
(4) C'est aussi vers les années 90 que les cancers ont semblé prendre un virage épidémique. Qu'il est devenu rare de n'avoir pas au moins un membre de sa famille au sens large, ou de son cercle de fréquentation qui n'en soit atteint. Dans le même temps certains des cancers devenaient curables. Dans mes souvenirs d'enfance, cancers = maladie mortelle (je connaissais deux exceptions mais c'était justement des exceptions)


Des casques au chant et puis un très beau billet chez un ami

 

    Mes journées de travail sont intenses et belles (sauf celle du mois où je dois faire la déclaration de TVA, je me sens totalement en erreur de casting sur ce coup-là, même si, si c'est bien ce que j'ai compris qu'on fait, ça n'est en rien compliqué), je ne vois pas le temps passer, à la radio je mets FIP et ses brefs flashs d'infos à tous les 50 d'une heure et j'ai toujours l'impression que je viens d'en entendre un quand le suivant survient.

Du coup lors d'un des trajets - pour certains éditeurs on est aussi un peu nos propres coursiers -, j'ai eu un petit endormissement de métro, avec un rêve, ce qui est rare, comme une sorte de vision.

Les dangers d'attentats venaient désormais dans les grandes villes des cieux (1) : les types mettaient des sortes de grenades à retardement sur des drones bon marché et larguaient ça n'importe où. Alors on avait pris l'habitude de ne jamais sortir dans Paris sans sur la tête un casque de vélo. On avait aussi pris le pli de se balader avec des ballons à hélium, comme des ballons d'enfants, auxquels étaient attachés des coussins (2) ; ça rendait la ville curieuse, tout le monde ressemblait à des enfants dont les parents auraient été des paranoïaques de la prudence (3). Et puis très vite il y avait eu de la fantaisie, et dans les casques et dans les coussins-ballons ce qui mettait plein de touches de couleurs. La ville n'avait jamais été si dangereuse fors en temps de guerres ouvertes, mais n'avait jamais eu l'air si insouciante (4).
De cette évolution des risques il ressortait que le métro était devenu le mode de transport le plus sûr. On s'y bousculait (5). 

J'arrivais, je me suis réveillée, je n'en saurai donc pas davantage.

Mais ce rêve, même s'il n'y ressemblait pas, en fait, m'a rappelé celui du billet Le chant du canari qu'avait écrit en février l'ami Le Roncier, durant cette campagne électorale affolante et affligeante que nous avons traversée. 
Je crois que c'est parce qu'il tente aussi, ce micro-songe, d'avertir de quelque chose qui ne sera pas entendu (et d'ailleurs, par qui ?)

*            *            *

J'ai lu sur le même blog dès lors de plus récents billets que ma vie trop chargée m'avait fait manquer.

Parmi eux, celui-ci : L'ïle des Morts.

Je ne sais rien dire de plus que Allez voir, lisez. Il part de la sortie d'un film qui se passe à Paris au début des années 90 et fait revivre cette période durant laquelle Act-up tentait de secouer l'inertie de la société.

Je ne pense pas que j'irai le voir : la mise en fiction de périodes et lieux que j'ai connus ou événement que j'ai vécus (6) me pèse, il y a donc un grand risque d'être exaspérée, désespérée, horripilée - et encore je ne fais pas partie de ceux qui ont connu le mouvement d'au plus près -. Néanmoins ce film, s'il a du succès, pourra avoir un bon rôle pédagogique auprès des populations qui ne se croient pas concernées et pourraient de fait sans l'existence de telles passerelles pour eux accessibles, se laisser séduire par les fausses affirmations des groupes réactionnaires qui sont si frétillants depuis plusieurs années. 

Wait and see (or not)

En attendant et une nouvelle fois, toute ma gratitude envers Le Roncier pour ce qu'il écrit.

 

(1) Probablement car la circulation de véhicules particuliers était interdite intramuros sauf cas particuliers. Et que toute zone piétonne était protégée par des plots, des murets. 
(2) Une fois sortie du rêve je ne comprends pas trop ce que ça empêchait - mais sur le moment ça semblait imparable et parfaitement cohérent -.
(3) J'ai eu une amie comme ça autrefois, faire une balade avec ses enfants petits et elle était épuisant. Elle était sans arrêt en train de leur crier des appels de prudence (alors qu'ils étaient plutôt du modèle enfants sages et raisonnables).
(4) J'ai dû lire trop d'articles sur Paris 2024 et les J.O. (sujet au sujet duquel je ne parviens pas à me forger une opinion).
(5) Ça, ça vient tout droit de "L'étoile jaune de Sadorski" de Romain Slocombe, lu pour la rentrée, avec (entre autre) ses scènes de métro surchargé pendant l'occupation
(6) Je me dis que ça nous pend au nez qu'un réalisateur se saisisse du sujet formidable que ferait l'aventure du comité de soutien à Florence Aubenas et Hussein Hanoun, que c'est l'affaire d'une petite poignée d'années avant que ça fasse un truc super bankable, genre belle aventure humaine qui en plus fini bien, avec des tractations en hauts lieux et ce que font les petites gens. Et je sais que sauf si c'est [Bip] ou [Bip bip] ou Félix van Groeningen, qui revenu de ses (més)aventures hollywoodiennes voudra renouer avec le "vrai" ciné, ça va m'horripiler. 
En revanche si quelqu'un de respectueux et d'honnête décide de faire un documentaire, je serais ravie d'y contribuer. Elles ne sont pas si fréquentes en ce début de XXIème siècle les luttes collectives victorieuses.


BDJ - Les toilettes rénovées


    Ça remontait à avant l'été. Les toilettes au dessous de la tour T2 à la BNF en rez de jardin étaient fermés pour réparations. Quand on arrivait par le long escalator étroit de l'entrée Est, plus moyen d'aller aux toilettes avant de s'installer dans une des salles d'études, il fallait se rendre à celles du dessous d'une autre tour (aller-retour : 10 à 15 minutes).

J'avais tellement pris l'habitude de voir le panneau qui dissuadait de s'avancer dans le hall haut qui menait aux toilettes que j'ai failli ne pas remarquer son absence ; avant de songer : le gardien doit être un nouveau, on aura oublié de lui signaler qu'il fallait avant de s'assoir à son poste de surveillance préparer le panneau.

Puis j'ai vu une femme qui visiblement revenait des "lavatories". Alors je me suis empressée d'y aller voir.

Ça valait la peine d'attendre six mois : l'équipement était tout beau tout neuf. Il y a moins de cabinets ce qui fait qu'ils sont plus spacieux (mais qu'à certaines heures on fera la queue). Les chasse d'eau automatiques qui se déclenchaient au petit bonheur la chance ont été remplacées par des vraies qui nécessitent qu'on appuie sur un bouton, puissent-elles se révéler assez solides pour durer. Les lavabos sont également moins nombreux et il n'y a plus la place de poser quoi que ce soit sur le rebord (je pense à quelqu'un qui voudrait remettre des lentilles de contact en se regardant dans la glace), mais ça semble plus rationnel, et les séchoirs à mains, qu'en pratique je n'utilisais plus car il fallait 10 minutes pour commencer à les sentir moins humides sont remplacés par des souffleurs ultra-rapides.

Je vais à nouveau pouvoir quitter le rez-de-jardin en quinze minutes au lieu de vingt à vingt-cinq.

Le seul défaut que j'ai remarqué, concerne les PMR (selon jargon de la sécurité) : le lave-mains des toilettes handicapés du moins côté femmes a été mis en face des toilettes même (il était avant sur le côté ce qui laissait toute la place pour s'en rapprocher). Résultat : dans la glace on se voit pisser, ce qui j'ignore ce qu'il en est pour les autres, mais personnellement ne me passionne pas et surtout pour quelqu'un avec un fauteuil roulant ne doit pas être très pratique puisqu'il n'est plus possible d'approcher un fauteuil du lavabo sauf sur le petit côté de ce dernier. Je pense que quelqu'un quelque part a cru bon de faire des économies de tuyaux et que parmi ceux qui ont inspecté les travaux avant de donner le feu vert, aucun n'avait l'expérience du handicap. Vous me direz, moi non plus. Mais j'observe et quand je peux j'aide et puis on ne m'a pas demandé de faire des installations à moindre coût. 

 

Les autres bonheurs du jour étaient nettement moins glamour, d'où que je n'en ai pas fait le cœur du billet : 

  • J'ai découvert moi qui me crois peu physionomiste que si je vivais en Chine je le serais ; ça m'a permis de poser une question moins bête qu'elle n'en avait l'air à Pengfei Song (jeune réalisateur chinois).
  • Son film "Beijing stories" était un vrai grand "petit bonheur" et j'en suis repartie avec une belle  énergie. Sans doute grâce à ses jeunes personnages : ils sont calmes, parlent peu mais agissent avec détermination. La situation n'est pas satisfaisante, pas à pas on tente de s'en sortir. C'est un film qui sans rien de spectaculaire donne du courage, du courage de fond.
     

 

billet publié dans le cadre des Bonheurs du Jour.
Trois générations de gourmètes chez l'amie Kozlika qui a lancé le mouvement et le lien vers tous les bonheurs (pour s'inscrire c'est par ici- grand merci à Tomek qui s'est chargé du boulot -) 

billet également publié sur Bella Cosa


Fred, Cyd et moi (rien que ça)

(Je croyais être réveillée mais je m'étais rendormie)

Alors je regardais à la télévision ou plutôt sur un Home Cinéma, un vrai (1), et c'était un Fred Astaire - Cyd Charisse que je ne connaissais pas, son titre : "Moustaches" et par moment au court même de danser l'un ou l'autre changeait de tenue, de coiffure, d'aspect. Fred avait différentes sortes de moustaches - d'où sans doute le titre -, mais on le reconnaissait.

Je me dis alors, c'est merveilleux, dans les rêves je retrouve des inédits de vieux films hollywoodiens, il faudrait que je puisse les transmettre à Lobster. Une part de mon cerveau qui est probablement en train de se réveiller, me souffle que je ne pourrai pas car il s'agit de film que je vois dans un rêve.

Alors le neurone actif, me fait me dire, Mais s'il s'agit et d'un rêve et d'un film de Fred et Cyd que je n'ai jamais vu, c'est que je l'invente. Si je l'invente, c'est donc que je suis en train de créer pour eux une chorégraphie.

Et me voilà partie à affiner celle du songe avec une absolue jubilation : rendez-vous compte créer une chorégraphie pour Fred et Cyd !

Pour autant, les rêves étant quantiques par essence, je reste celle qui est en train de regarder le film, d'admiration bouche bée.

Mais la chorégraphe qui cohabite avec la spectatrice extasiée, jubile : avec de tels danseurs aucune limite à se mettre, la technique est de très haute volée et parfaitement maîtrisée. 

Une fois le générique de fin envoyé, le rêve hélas a pris une tout autre tournure, très terre-à-terre, un peu chargée d'inquiétude. 

Il n'empêche qu'au réveil, j'étais tout soutenue par la sensation persistante d'un haut moment de création.

 

 

(1) Sans doute inspiré par celui qu'a chez ses parents un pote de #lefiston qui, ébloui, me l'a décrit.  

 


Le gag personnel du film islandais

 

    Tu vois donc un film islandais, un genre de comédie triste, assez lent. Tu le vois après ta mini-semaine de travail, mais quand même 2x8 heures dans les pattes et une soirée entre les deux qui fut festive, autant dire que tu es crevée. Alors par moment tu oublies de lire les sous-titres, non que tu n'aies pas le courage de lire mais que la fatigue te fait oublier que tu ne comprends pas l'islandais, et d'ailleurs à un moment tu te dis, tiens, ça vient, tu commences à piger, chic alors. Et puis justement puisque tu piges tu comprends que le personnage principal est au téléphone avec le nouveau de son ex, laquelle est au Portugal et que d'ailleurs avec cet inconnu, il parle ... en Portugais.

J'ai bien ri (intérieurement). C'est chouette cette capacité à rajouter des gags personnels aux films qui n'en comportent que peu.

Tu auras donc au moins appris de cette projection que tu comprends moins pas le portugais que l'islandais (1).

 

(1) Ah, et puis aussi un usage inattendu d'un élastique, mais si ça tombe c'est encore un truc du genre que tout le monde savait sauf moi #bécassinebéate #léducationparlecinéma #troptard 

 

 


Trois bandes sons

Il a dit "rêver, espérer"

 

1982, Oxford 1983, Paris 2012 entre Paris et Bruxelles  

Au fond, on ne choisit pas. Tout dépend de l'époque et de l'endroit où l'on est né, qui nous fait croiser ce qui fait pulser le (moment,lieu) où l'on est réceptifs. L'amour donne une dimension autre à tout ce qu'on perçoit.