Annonce apeçue en fin de journée du décès de Jean-Pierre Mocky

 

    La journée ne s'est pas du tout déroulée comme je me l'étais figurée : aller courir, aller au ciné, m'accorder une sieste, avancer la part de rédaction personnelle sur mon projet, ranger tant que j'étais seule, écrire en soirée.

Je me suis levée trop tard pour courir, j'ai été au ciné mais finalement pas pour voir le film que j'avais en vue (documentaire sur le travail de Thomas Pesquet, éventuellement celui sur la chute de Weinstein : les deux ne sortiront que plus tard) mais un autre quoique documentaire également (celui sur Diego Maradona), je n'ai pas fait de sieste immédiatement, mais j'ai cherché des compléments d'informations, et quand je me suis accordée la sieste prévue ce fut pour être réveillée par un appel téléphonique. Quant à la soirée elle aura été curieusement bouleversée par l'annonce du décès de Jean-Pierre Mocky. 

Capture d’écran 2019-08-09 à 00.32.55 C'est je crois un touite de Virgile qui m'a alertée en même temps que me parvenait une alerte du Monde .

La filmographie du cinéaste ne m'est pas très connue, je l'avoue et j'ignorais (ou j'avais complètement oublié) qu'acteur fut son premier métier. 

Il se trouve que je l'avais croisé à Livre Sterling où il était venu tourner une scène pendant une journée, que mon patron le connaissait alors du coup par ricochet de souvenirs (plus que par connaissance de cinéphile) sa mort ne me laissait pas indifférente. 

Et qui accessoirement aura ouvert pour moi, engloutissant ma soirée, la trappe d'un trou de mémoire abyssal - même pas l'impression que "Ça va me revenir" - : quel était donc le film dont une scène fut tournée à Livre Sterling par un frais jour du printemps 2012 ?

Rien ne me venait.

Alors j'ai entrepris des fouilles archéologiques dans mes propres blogs, hélas pas le fotolog même si j'ai pu vérifier mes copies générales d'écran. 

Au passage j'ai retrouvé, une jolie photo de Yéti 6a00d8345227dd69e201a73d7ce956970d-500wi

, un billet de blog qui m'a fait rire (ô temps insouciants où l'on pouvait reprocher à un président de la République sont inconséquence sentimentale plutôt que la violence de la répression commise en son nom), d'autres qui m'ont émue et que je ne relierai pas ici, beaucoup de nostalgie - toujours eu ce sentiment contrairement à mes expériences ultérieures, que mon temps à cet endroit n'était pas parvenu jusqu'à son terme, de même que ma relation avec FDK, alors que bien d'autres choses vécues depuis ont eu lieu, se sont achevées et font calmement partie de mon passé -, et enfin le billet qui me permettait de retrouver sinon le titre du film du moins la date à partir de laquelle il serait plus aisé de le retrouver. 

Je le reproduis ici, puisque ça concerne le souvenir du défunt cinéaste : 

366 - action éclair

 

J'arrive au travail, tombe face à face et amoureuse d'une camera, rencontrée il y a 5 ou 6 ans dans mes rêves, sur le champ un monde fou, le contre-champ pas mieux, mon patron me fait malgré tout signe d'entrer, j'aime le spot qui éclaire fort, il me réchauffe la moëlle des os, sous la foule le petit chien affectueux me fait la fête, reconnaissant parmi le peuple humain qui a envahi son univers diurne un élément ami, tandis qu'au dessus de nos têtes grommelle Jean-Pierre Mocky.

Puis tout soudain, les lieux se vident, la librairie redevient ce qu'elle est : une boutique où se pourvoir en lectures ; seulement entre-temps les clients ont regagné leurs bureaux et qui pour la plupart ne repasseront qu'au soir.

Heureusement arrive une amie dont la présence m'accorde une transition douce entre le tourbillon du tournage et le tout-venant de l'après-midi.

L'intermède cinématographique n'était pas prévu. C'est le patron qui a intercepté le réalisateur, sensible à l'offre (bénévole). 


366 réels à prise rapide - le projet
 

 366 réels à prise rapide - les consignes.

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C'était dans le cadre d'une participation à un jeu d'écriture ; mais la présence de l'équipe du tournage avait été réelle. 

Je peux me coucher en (relative) paix avec mon trou de mémoire : il ne me restera que trois films à visionner. Le gag serait que la séquence à la librairie n'ait au montage pas été conservée.


Toi aussi ta planète


    Sérendipité du net, d'un moment libre inattendu (un entraînement reporté que je n'ai pas eu la force de transformer en séance pour un autre sport), et d'une curiosité, voilà que ce matin, regardant une video de l'émission Blow up (1), je me suis interrogée sur Brad Pitt dont c'était le tour d'y être évoqué. 

Je me suis aperçue en effet que je n'avais pour ainsi dire vu aucun film dans lequel il tournait, ou très peu. Pour moi il était surtout le souvenir d'une affiche de ciné-club l'année où les bureaux donnaient rue Grétry et où je l'avais accrochée derrière mon bureau d'une sorte de semi-open space et les gens venaient me voir volontiers. Un jour j'avais pigé que la belle affiche y était peut-être pour quelque chose. Il m'en reste une sympathie pour lui.

Du coup j'ai jeté un œil à sa page wikipédia, je savais (fort) peu de choses, à part que oui, il avait été un moment le compagnon d'Angelina Jolie, qu'ils avaient eu des enfants et en avaient adoptés d'autres, mais qu'ensuite c'était parti dans un divorce compliqué. En fait j'en savais quelques trucs via l'histoire d'une entrepreneuse (décoratrice ? architecte d'intérieur ?) qui avait travaillée en leur chateau français mais qui pour cause de séparation en cours n'avait jamais été payée (2), ce qui avait mis sa petite entreprise en difficulté. Curieusement, je ne me souviens pas si je connaissais cette histoire pour avoir vu un documentaire, entendu une émission à la radio ou écouté une personne qui m'avait raconté ses mésaventures pendant une soirée ou un événement social rassemblant des personnes que je ne connaissais pas toutes. Si tel est le cas, et si cette dame venait à passer, qu'elle ne m'en veuille pas de ne plus rien me souvenir d'autre que la structure de l'histoire : le travail fourni, les clients soudain en séparation, et plus personne pour payer les factures et ce déséquilibre entre une petite entreprise pour laquelle c'est vital et une sorte d'entreprise familiale qui évolue dans une tout autre sphère, où l'argent se brasse avec deux (ou trois) zéros de plus dans les sommes concernées. C'est souvent surprenant, lorsque l'on ne suit pas un certain type d'œuvres ou d'actualités, ce qui parvient jusqu'à soi et de quelles façons.

Puis j'ai repéré cette petite phrase, "On June 2, 2015, the minor planet 29132 Bradpitt was named in his honor" et de là j'ai suivi quelques liens, le temps de comprendre que depuis longtemps on nommait de toutes petites planètes, voire des astéroïdes, d'après des gens (présomptueuse humanité), ce que j'avais peut-être su mais solidement oublié, et qu'il y en avait une liste.

Après, c'était un peu foutu pour ma productivité. Les catégories elles-mêmes sont fascinantes, il y a même un peu de place pour les personnages de fiction. Capture d’écran 2019-05-21 à 15.02.23

 

 

 

 

 

 

 

(1) J'apprécie particulièrement celles de Luc Lagier, son humour, sa voix, sa façon de présenter me donnent de l'énergie.

(2) Ça s'est peut-être arrangé depuis.


Agnès et les patates

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La mort d'Agnès Varda me laisse triste à plus d'un titre. Il y a bien sûr des souvenirs de cinéma dont Visages villages vu à Pirou avec dans la salle des personnes qui avaient participé au tournage pour la séquence concernant leur ville, une inauguration de salle au Méliès de Montreuil, les liens entre "Décor Daguerre" livre d'Anne Savelli et "Daguerréotypes" le film d'Agnès Varda (1975), revu grâce au livre, l'inoubliable "Sans toit ni loi", "Documenteur" qui m'a marquée, et "Les plages d'Agnès" pour ne parler que de peu d'entre eux. Une expo à la fondation Cartier, dont je me souviens avec précision mais pas de la date, de l'année.

Mais voilà, d'Agnès Varda j'ai également un souvenir personnel de ... patates. C'était lors du festival de La Rochelle en 2012, elle était venue (entre autre) pour présenter une installation "Patatutopia", et au petit matin de la Nuit Blanche qui clôturait le festival, les patates nous furent distribuées. 

Je me souviens de m'être ensuite régalée, tout comme quelques temp plus tard avec le poireau de Yolande Moreau. 

C'est un élément de gratitude particulier, en plus des films, du féminisme, des courages quotidiens qu'elle nous transmettait.

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8445499048_aaf4228bae_o(photos prises à La Rochelle le 29 juin 2012)

PS : Une belle interview de Sandrine Bonnaire sur Libé à son sujet.

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Grâce à dieu (le film)


    Aujourd'hui je ne travaillais pas en librairie, et avec le gros effort d'hier - journée de libraire + première émission de radio avec des invités -, je devais me reposer.

C'est une chose que le sport pratiqué (presque) quotidiennement m'a appris : il faut s'obliger à des périodes de récupération, si on le peut.

L'esprit, lui, s'est senti assez vaillant pour affronter le rude sujet du film de François Ozon "Grâce à dieu". 


Je ne fais pas partie du public conquis par les films du réalisateur. Il m'est arrivé d'en voir sans déplaisir quelques-uns, mais je ne me les rappelle pas très bien ; je reconnais la maîtrise, les qualités indéniables de direction d'acteurs, seulement ils me laissent de côté. Quelque chose en moi estime qu'ils ne me concernent pas.

Par ailleurs je déteste généralement les réalités fictionnées, narrations partant de faits réels mais romancés. Je trouve que c'est peu respectueux des personnes qui se retrouvent en personnages et si les faits sont récents je me dis qu'une œuvre (livre ou film) peut influer le cours des choses, et que c'est dangereux.

Et puis là : au contraire. J'ai envie de les remercier, toutes et tous pour avoir fait le job, et semble-t-il de façon respectueuse pour les victimes - et aussi pour les présumés coupables, au fond, une part d'humanité leur est accordée -. Je m'aperçois en découvrant un documentaire encore disponible de "Complément d'enquête" que le film de François Ozon a poussé le respect des choses jusqu'à suivre les apparences des membres de l'association "La parole libérée". L'acteur Bernard Verley en vieux prêtre pédophile certes contrit et assumant ses actes, mais qui ne mesure absolument pas l'ampleur des dégâts qu'il a causé à autrui est sidérant de justesse. Je crois qu'on ressent face à son interprétation une sidération qui nous (simples spectateurs) nous donne à entrevoir une petite part de ce que peuvent ressentir les victimes, longtemps plus tard, et c'est déjà beaucoup.

Ce film est un travail remarquable. Il n'y a pas de voyeurisme, les quelques flash-backs des victimes font comprendre plus qu'ils ne montrent. Ils laissent surtout à voir l'emprise exercée par l'adulte sur l'enfant et d'autant plus qu'il a un rôle éducatif et est à ce titre habilité à donner des ordres.

Au delà des graves problèmes de l'appareil ecclésiastique catholique (et de sans doute toutes religions dont les prêtres sont des hommes condamnés à une théorique abstinence), on voit à l'œuvre la difficulté d'être un lanceur d'alertes, l'importance de faire groupe, la volonté générale de toute société de ne surtout pas bousculer l'ordre établi fût-il foireux. Par le biais d'un des personnages, le film pose aussi brièvement la question des victimes d'agresseurs isolés et qui sont encore plus démunies : qui peut croire que ce charmant ami des parents ou voisin est un prédateur, comment identifier d'autres victimes pour s'unir dans une protestation commune et moins contestable ? 

Voir ce film aujourd'hui alors qu'un des responsables qui aurait dû réagir alors et ne l'a pas fait a été condamné à de la prison (avec sursis, certes, mais face à une omerta séculaire, c'est un début), prenait tout son sens. Puissent d'autres victimes d'autres prêtres trouver, grâce à ce film, la force de se rassembler et créer des groupes pour se défendre en commun.


Trop vieille pour Sergio ?

 

    Voilà que je disposais d'une entrée offerte pour l'expo Sergio Leone à la cinémathèque et d'un peu de temps aujourd'hui - week-ends dimanche / lundi sur ma mission actuelle et, hélas fins des cours de danse du lundi (j'en pleurerais) -. Par ailleurs comme elle s'achève le 27 janvier et qu'un somptueux cadeau d'anniversaire me rend mon programme d'expositions à aller voir allègrement chargé - j'adore apprendre et visiter et d'autant plus que ma condition physique actuelle me permet de le faire avec facilité quand jadis je souffrais (1) -, c'était en gros aujourd'hui ou jamais.

L'accueil fut bizarre : un événement d'importance, sans doute une avant-première avec invités de marque se préparait concernant le film Glass, et tout un staff était sur les dents, avec des ordres et des contre-ordres et de la confusion. Le gag étant qu'alors qu'on me questionnait (j'allais voir l'expo, moi, tranquille, sachant où elle était, munie de mon billet) un peu en mode que faites-vous là, j'ai dit que je venais pour l'expo Ennio Morricone et la personne n'a pas relevé, 5ème étage. Lapsus révélateur, de ma part, ô combien.

Ensuite, l'avantage fut que sans doute pas mal de visiteurs potentiels avaient su éviter cette journée particulière, et qu'une fois à l'intérieur on pouvait bien visiter. J'ai pris mon temps pour regarder chaque extrait, écouter chaque morceau. L'expo est plutôt bien faite.

Seulement voilà : j'en savais déjà trop. À part des éléments concernant ses parents, j'ignorais que le père de Sergio Leone avait été lui-même un réalisateur reconnu, du temps du muet. J'ai adoré la photo de classe où figurent les deux comparses - je pense que la moitié du succès des films de Sergio tient à la musique d'Ennio  (2) -. 

Foto_classeSinon, j'ai également appris que l'usage particulier et systématique de la musique sur flash-backs venait de cette équipe. Et que Sergio Leone avait des tableaux remarquables chez lui. 
Je ne savais pas à quel point "Pour une poignée de dollars" était en fait une adaptation western de Kurosawa. Au fond Lance Armstrong n'avait pas tort qui disait que ma foi le dopage s'il n'y avait pas eu recours, il serait resté dans le lot, du coup même s'il a essuyé un revers de fortune, la fortune il l'a. 
Le plagiat c'est le dopage de l'artiste (3). 

La seule vraie révélation pour moi aura été d'apprendre que pour le film Il était une fois l'Amérique, Norman Mailer avait bossé sur une première version et qu'au bout du compte c'était Stuart M Kaminsky mais oui, le "père" de Rostnikov que Pierrot et moi avions tant aimé, qui avait bouclé ce boulot de fou et il y avait même une belle petite interview de lui, avec un air sympa comme tout (no surprise).

Voilà, ce fut tout. Le reste était bien fait, je ne veux pas dire, mais plutôt à conseiller à qui a ce cinéma à découvrir, plutôt qu'à celleux qui ont grandi avec. Par dessus le marché, et même si quand je le ai vus j'ai su admirer le travail, revoir des bribes - pas nécessairement les bonnes, et d'ailleurs pas tant que ça - m'a donné l'impression d'un cinéma de vieux mâles blancs somme toutes assez daté, et combien les héros de ce genre d'affaires étaient ridicules avec leurs postures pan pan j'te tire dessus.  Les chevaux et les grands espaces, j'étais bon public, mais les règlements de comptes à n'en plus finir et les flingues à tout va (westerns ou mafia), ça va cinq minutes.  
Je reste reconnaissante envers ces messieurs d'avoir su divertir mon père, dont la vie n'était pas si facile, regarder "un bon cow-boy" lui mettait du baume au cœur. 

Pour l'expo, j'étais donc un peu "vieille". J'ai en quelque sorte connu ou croisé ces films "de leur vivant" alors qu'ils étaient contemporains, actuels du moment, pas encore muséifiés et érigés au rang d'œuvres ayant marqué leur temps. Elle s'adresse plutôt à ceux qui souhaitent découvrir le cinéma de leurs (grands-)parents. 

Pour finir, la sortie fut encore plus compliquée que l'entrée. Avec un couple âgé de mon âge, nous nous sommes trouvés piégés en suivant les indications du personnel mis ici ou là pour canaliser les petits groupes diffus que nous formions qui repartaient, heureusement un des types de la sécurité a pris l'initiative d'arrêter les absurdités, et nous avions l'air sans doute assez inoffensifs pour n'être pas venus foutre le bazar dans leur méga-événement nécessitant privatisation et service d'ordre à cran. Il a levé une barrière et nous avons pu accéder à une sortie.
Ce serait sympa, même si des personnes très importantes sont attendues pour après, de ne pas considérer les visiteurs paisibles comme des fauteurs de troubles. 

Je suis repartie avec des souvenirs de mon père. Ceux paisibles, où il regardait un western à sa télé. Et où j'entendais de ma chambre adjacente la musique d'Ennio Morricone en faisant mes devoirs. 

 

(1) Si on m'avait dit qu'un jour que :

1/ le froid ne serait plus une torture juste une sensation pas très agréable à l'extérieur de la peau 
2/ la station debout prolongée ne me poserait plus aucun problème de tête qui tourne et risque de tomber dans les vappes
3/ le piétinement nécessaire à une visite de musée ne me ferait plus mal nulle part, que je n'y penserais même pas.

jamais je ne l'aurais cru. Et puis voilà, beaucoup de sports, d'entraînements, un nouveau métier physique, un corps qui s'est musclé et pour le froid un état de choc émotionnel il y a quatre ans qui a modifié quelque chose dans mon métabolisme joint aux effets bénéfiques de la ménopause sur l'anémie chronique et incurable qui est la mienne, et ma vie quotidienne est devenue plus facile.
Je ne dis pas que ce fut une partie de plaisir, par exemple les touts premiers mois de librairie j'avais de fortes douleurs aux jambes et lors de la reprise de la natation en 2004 j'ai eu toute une période où je souffrais tant de crampes que je terminais chaque entraînement au pull-buoy, mais bon rien (ou presque) ne résiste au travail et les efforts entrepris ont été un gain formidable de confort dans ma vie, sans même parler de participer à des courses et autres événements frétillants.  

(2) Et que d'avoir pu passer mon bac dans un état de coolitude absolue était due en grande partie à la diffusion de Mon nom est personne à la télé le dimanche après-midi précédent (et donc à la musique d'Ennio aussi) et à la diffusion de grands films cette semaine-là dont Rebels without a cause le jeudi matin juste avant l'épreuve de physique, que j'ai traversée en la compagnie persistante de James Dean, Natalie Wood et Sal Mineo. 

(3) Après, et comme c'était semble-t-il totalement assumé, il s'agit autant d'inspiration ou d'adaptation que de plagiat. 

compléments : un article sur l'enfance d'Ennio Morricone
une belle émission de France Culture préparatoire à l'exposition avec elle-même d'autres liens dedans.


Au cinéma ("Ni juge ni soumise" en particulier)

Je ne sais comment ou plutôt si : grande fatigue physique et grand besoin de décompression, je suis allée trois fois au cinéma dernièrement.

Le jour du déménagement, en fin de journée. Parce que c'était dans Ma Normandie, que j'y étais délicieusement seule, ce qui permet d'être plus active, que je tiens à soutenir le cinéma de la petite ville qui a réouvert et fait l'effort une fois par semaine de proposer une séance en V.O. 
Alors parce que c'était au bon moment et peut-être pas trop nul je me suis retrouvée à aller voir "La Douleur", honnête film, bons acteurs, sans doute une bonne incitation à découvrir l'œuvre de Marguerite Duras pour qui ne la connais pas. 
N'arrive pas à la cheville du livre pour qui l'a lu : on y voit un homme au prise avec la mort, le travail de ceux et celle qui l'accompagnent dans son combat, de sa lecture, years ago, c'est ce qui  me reste. Le film lui, ne traite que de l'attente et de la femme écartelée moralement entre l'inquiétude pour son mari dont elle n'est plus amoureuse mais auquel la lie un profond attachement et son nouvel amoureux, lui-même un peu empêtré dans ses sentiments car il estime l'homme dont il désire la femme.
Bon, comme toujours dans les biopics concernant des contemporains ou qui le furent jusqu'à peu, j'ai été agacée (1), mes souvenirs directs, par exemple d'ITW de Duras lorsqu'elle était présente, interfèrent et je trouve systématiquement la reconstitution un peu bêtasse, et comme toujours dans les films français, les acteurs étants des acteurs français connus, m'empêchent de croire à leur personnage, même quand ils l'interprètent parfaitement. Benjamin Biolay est formidable dans son rôle mais pas un seul instant on ne peut oublier qu'il est qui il est. Benoît Magimel est parfait d'ambiguïté dans celui du salaud qui n'est pas dépourvu de cœur mais est salaud quand même et l'assume, mais je revoyais le petit Maurice de La vie est un long fleuve tranquille à travers lui, pas moyen de croire plus que ça à l'adulte collabo qu'il serait devenu.

 

(1) Je ne me souviens plus : dans le livre aussi, François Mitterrand n'apparaissait pas sous son vrai nom ?

Dimanche en rentrant du Val d'Oise munie d'un blues féroce : il restait un tour de déménagement à effectuer alors que je croyais, naïve, que tout avait été fait, j'ai vu qu'au cinéma de ma ville passait Three Bilboards en V.O. 
Numéro d'acteurs. La jubilation de voir une femme en personnage transgressif motivé. Quelques scènes d'anthologie. Le truc troublant avec la biche, moi qui en ai croisé une il n'y a pas si longtemps. Mais globalement : j'ai passé l'âge des films américains. L'impression qu'ils s'adressent à des ados. Tout y est souligné pour que l'on comprenne bien. Et ces ficelles ...

Et aujourd'hui voilà que les retraités du ciné-club proposaient d'aller voir Ni juge ni soumise, dont le titre ne me donnait pas envie (2), mais une appréciation de Stéphane Goudet que j'avais vue passer, si.

Et là, bonheur. Un film qui ne ressemble qu'à lui-même, avec une femme qui y va. Peur de rien. Professionnalisme. Et des morceaux de vie qui sont une captation incroyable de l'air du temps. En prime Bruxelles qui me manque à en pleurer. Dès que j'ai terminé mes affaires de succession ou du moins un peu stabilisé tout ça, je dois m'organiser pour revenir d'exil (3). Des conversations qui tiennent de dialogues à la Audiard. Pas mal de moments fort instructifs - dont l'interrogatoire d'une femme péripatécienne qui l'âge venant s'est spécialisée dans le BDSM, et ne manque pas d'humour pour décrire son travail ; ou une exhumation pour prélèvement d'ADN (4) - et un moment insoutenable // spoïler alert // : une jeune femme atteinte d'une forme de folie qui l'a conduite à assassiner l'un de ses enfants qui était devenu à ses yeux l'incarnation de Satan (ou du fils de Satan) et qui explique son geste avec un calme, une maîtrise (elle attend que la juge ait fini de noter avant d'avancer), une cohérence dans le délire, absolument glaçants. 
Bref, âmes sensible s'abstenir mais sinon grand bol de courage communicatif et d'humour de "chez moi".

Je me sens d'attaque pour reprendre mon rythme de vie, semaine chargée. Elles le sont toutes, ne serait-ce que par le boulot. Grand merci à Anne Gruwez.

 

 

(2) Grosse méfiance envers les titres clin d'œil ; un bon titre ne doit pas nécessité que le lecteur ou le spectateur potentiel ait un pré-requis culturel. À moins qu'il soit d'une absolue universalité (les pièces de Shakespeare par exemple, et encore, procéder par clin d'œil pour attirer l'attention c'est risquer de donner l'impression qu'on avait le souffle court niveau inspiration)

(3) Bruxelles est la ville qui me fait me sentir en exil quand je n'y suis pas tout en n'y ayant jamais vraiment vécu, c'est fou (mais c'est comme ça).

(4) Hé les mecs, si vous avez des trucs à vous reprocher et que vous mourrez sans qu'ils soient découverts, n'oubliez pas de vous faire incinérer.

PS : une émission sur France Cul ici et une autre sur Arte

 

 


En souvenir de Jeanne Moreau

 

    C'est dans le métro de retour des obsèques d'une vieille amie du ciné-club (1) que nous avons appris la mort de Jeanne Moreau, pour ma part via ce statut de Stéphane Goudet : 

 

Capture d’écran 2017-07-31 à 12.56.15

Je me souvenais très précisément de cette soirée et d'avoir écrit quelques mots sur mon blog cinéma juste après. J'ai retrouvé le billet, dans sa présentation actuelle du blog (et du coup : pas tel qu'il fut) Capture d’écran 2017-07-31 à 13.01.49 Ce souvenir est très émouvant. Le fait qu'il date déjà d'il y a douze ans surprend.

Voilà donc une grande dame de plus en moins. C'est moins spectaculaire qu'en 2016 mais 2017 est aussi une année féroce en termes de disparitions.

 

(1) pour ceux qui la connaissaient : Marie-Geneviève Rousseau


"À voix haute"

film documentaire de Stéphane de Freitas co réalisé par Ladj 

 

Stéphane de Freitas a suivi en 2015 un groupe de candidat du concours éloquentia, concours d'éloquence à Paris VIII en Scène Seins de Nids de leur préparation intensive (en 6 semaine avec différents cours, de l'écriture d'un argumentaire à des improvisaitions théâtrales en passant par du slam) jusqu'au concours lui-même. 

Il se trouve que l'un des candidats EST un acteur, un potentiel futur grand, que le montage, très subtil, intelligent, n'insiste pas sur lui particulièrement, mais qu'on se surprend à guetter ses apparitions. Et que parmi ses camarades beaucoup sont excellents. 

J'avais eu mon attention attirée sur ce film par un touite de Grand Corps Malade , pourtant en pleine promo de son propre film "Patients"

Capture d’écran 2017-05-10 à 00.36.54

Je sais que je peux lui faire une confiance aveugle dans bien des domaines, dont celui-ci, et j'ai attendu qu'il passe à l'Eden de Montmorency qui est mon deuxième cinéma après le Méliès de Montreuil pour pouvoir le voir. 

Après ces élections éprouvantes, ça tombait à pic puisqu'il s'agit de la jeunesse de ce pays, et cette vitalité qu'elle a et combien grâce à eux on peut croire à de meilleurs lendemains. On en sort avec une pêche pas possible, la sensation que la relève est assurée, que la France grâce à eux pourra s'en tirer.

On rit beaucoup, le montage est formidable qui permet de passer de l'un à l'autre sans temps morts ni essoufflement. On y apprend (ou réapprend) au passage le martyr d'Ibrahim Qachouch poète syrien que le régime d'Assad fit enlever et assassiner en juillet 2011, et que la parole est un moyen de résister [on le sait mais c'est bon de mesurer à quel point], et qu'il est possible d'en parler, mais compliqué d'en rire.

Attention, la vitalité de ces jeunes est contagieuse. 
Très.

Et puis, Eddy Moniot, retenez son nom. Si la vie ne lui fait pas trop de saloperies, il deviendra un des grands. Et commencez par écouter ses conseils (qui valent d'ailleurs pour l'écriture aussi, pour certains). 

Merci Fabien. 

 

PS : Par ici une belle critique sur France Inter, mais qui attention est plutôt à lire après car il me semble qu'elle en dit un peu trop.

Par là un excellent sujet d'une émission télé sur ce film avec des ITW éclairantes de quelques-uns de ses protagonistes et du réalisateur : 

 Enfin un court sujet sur le cru 2017 

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