Vrac un lundi, vite

 

    Ce n'est un paradoxe qu'apparent, mais quand on a bossé sans vraiment de temps morts depuis en réalité plus d'un an et demi, période précédée de deux années presque non-stop (côté familial et côté professionnel), on se retrouve lorsque le travail salarié vient à manqué, totalement sur-occupée : tout ce qui n'avait pas été fait rapplique et l'on s'y attaque enfin et l'on n'a à nouveau plus trop de temps personnel. 

La différence est simplement de pouvoir l'organiser à sa guise, ce qui n'est pas rien. 

Donc voilà, vite fait, parce que je n'ai pas le temps, notes de ce lundi : 

Je veux depuis jeudi soir écrire un billet sur le logo de Beaubourg ; je le note ici afin d'y repenser dès que ça pourra.

Madonna donne une série de concerts au Grand Rex à Paris. Les fans viennent de loin. À cette occasion les téléphones portables sont interdits et pour obliger les gens à respecter l'interdiction sans qu'ils ne se sentent dépossédés de leur doudou électronique pour autant, un recours à des pochettes verrouillables à eu lieu. Exemple ici. Ça n'est pas la première fois, les prods d'autres artistes y ont eu recours, seulement c'est Madonna donc la démarche est beaucoup diffusée. Je trouve ça intéressant, au moins sur ce que ça dit de l'air du temps.

J'ai déposé mon dossier de demande de retour dans l'indemnisation auprès de Pôle Emploi. Déposé dans la boîte à lettre de l'agence de ma ville, car elle semblait fermée. Agence locale car c'est ce qui m'avait été indiqué par une réponse personnalisée via mon "espace personnel" sur le site.
Il fut un temps où toute interruption d'un contrat de travail pendant la période d'essai même s'il s'agissait d'une démission, ne coupait pas les droits à indemnisation. Puis il y eut une condition de "après moins de 60 jours" dans l'emploi en question. Mon départ du poste en maison de la presse correspondait à ces deux critères. Hélas de nos jours et malgré un travail de com' gouvernemental pour dire le contraire (1), démissionner d'un emploi coupe les droits à indemnisation si une période indemnisée était en cours. C'est la raison pour laquelle les abandons de postes se multiplient, souvent avec accord de l'employeur quitté : ça fait un départ pour licenciement, sans indemnité à payer pour ce dernier et sans fin anticipé d'indemnisation pour l'ex-chômeur bientôt ex-salarié.
Peu me chaulait dans la mesure où j'ai ensuite enchaîné sur un CDD. Seulement voilà : les deux mois de durée de ce dernier ne permettent plus de revenir dans les clous de l'indemnisation alors que c'était le cas avant le 1er novembre 2019. Je ne crois pas que les personnes qui ne sont pas concernées par le chômage aient mesuré l'impact de la restriction des mesures prises à partir de cette date. Seulement qui est hélas dans ces situations a pu vite se rendre compte d'à quel point sont fortes les nouvelles restrictions. 
Je n'écris pas ce qui précède pour me plaindre. Je cherche activement. J'ai quelques pistes. J'écris pour témoigner de ce que c'est en vrai. Pour une personne lambda qui a par deux fois perdu son travail parce que l'entreprise fermait ou changeait d'objet, qui a quitté trois postes pour de nouvelles expériences, parfois appelée par les employeurs suivants, et subi des concours de circonstances qui ont écourté les nouveaux contrats - voire volatilisé dans un cas (2). J'ai également tenté de créer ma propre entreprise, seulement mon apport personnel était insuffisant pour la viabilité du projet devant l'endettement nécessaire pour le compléter (3). De plus de nos jours les contrats salariés sont en concurrence plus que jamais avec les stages, l'apprentissage et  l'auto-entreprenariat comme salariat déguisé - pas mal d'employeurs et d'"auto-entrepreneurs" s'assoient sur l'obligation de diversité des "clients" -. 

Petit rappel avec la complicité d'Isidark Poireau

Capture d’écran 2020-02-24 à 18.16.00

 

 

 

 

 

Je prépare mon émission de radio de mercredi soir. Lire, alors, est un travail (certes, des plus agréables, il n'empêche, j'ai une obligation de résultat).

 

Sur le front du Covid-19 avant qu'il ne change encore de nom : 

Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Oragnization via safetydectetives.com

À l'heure où j'écris ce billet le premier lien n'est plus accessible, on dirait qu'il nécessite désormais une connexion autorisée : 79553 cas dont 2628 morts et 25215 guéris. Les responsables français semblent depuis ce matin se rendre compte (mieux vaut tard) que Ah ben oui peut-être l'épidémie peut arriver jusqu'ici. Parviennent jusqu'à moi des infos fragmentaires (je ne suis pas en permanence à suivre, je suis occupée à poser ma candidature ici ou là pour un emploi (voir paragraphe précédent)) : un train arrêté 4h à la frontière Italo-Autrichienne, un bus bloqué à Lyon Perrache en provenance d'Italie, le commissariat du XIIIème un temps bouclé parce qu'une touriste chinoise y aurait fait un malaise. Je reçois un message en mode Évite le XIIIème, ce qui dans la mesure où l'hôpital Bichat n'est pas loin (où furent pris en charge les premiers cas recensés sur le sol français), me semble un peu vain.

Pour la première fois des personnes parmi mes ami·e·s de vers Paris sont concernées par les mesures restrictives de précaution ou leurs enfants (retours de séjours en Italie). Iels sont dans des situations où iels pourront s'adapter ; il n'empêche que d'un point de vue général pour les personnes concernées au même titre, ça risque d'être assez chaotique du point de vue pratique : quelle est ta situation vis-à-vis d'un employeur quand tu reviens de congés et ... que tu es bien rentré et en apparente bonne santé mais que tu ne peux pas aller travailler parce que telles sont les consignes ?

 

(1) Ça n'est vrai que dans le cas d'un départ pour suivre certaines formations et avec accord préalable de l'employeur et d'une instance qui semble remplacer l'ancien FONGECIF. Autant dire qu'il s'agit davantage d'un départ en congé de formation que de démissions. 

(2) Bataclan, 13 novembre 2015, la personne pour laquelle j'aurais dû travailler y était, s'en est sortie mais a changé de vie. Le poste envisagé a purement et simplement disparu.

(3) Oui des aides existent, surtout pour une librairie. Seulement en pratique et dans le meilleur des cas (elles sont accordées) il faut déjà avoir de quoi assurer les premiers mois, tout ce qu'il faut dépenser avant même que la première vente ait lieu.


Quelques photos d'il y a deux ans

P5291837

Je poursuis mon tri, sauvegarde, ménage de photos à grandes enjambées, car j'ai vraiment besoin le plus rapidement possible que mes appareils cessent d'être saturés.

Voici quelques photos du printemps 2017 dont j'ai peu de souvenirs du point de vue des petits événements et pensées personnel·le·s : je suis accablée par un deuil (ma mère après une sorte d'agonie de plusieurs mois), le poids que le voisin voleur fait poser sur nos vies pile à ce moment-là et un changement d'emploi. Le nouveau étant particulièrement prometteur j'espère pouvoir m'y donner à fond, être heureuse du résultat, avoir un niveau gratifiant de liberté de décision. Je vais vers mon premier triathlon et ainsi n'ai pas une minute à moi. 

De ce fait les photos que j'ai prises en cette période se sont détachées de ma mémoire : je n'ai que peu de souvenirs sur leur prise de vue, ni mes intentions. Comme si une autre personne les avait prises, quelqu'un dont le travail sur les images me serait familier, mais qui ne serait pas moi-même. 20170530_145104(0)

 

Ponctuellement une intention me revient, par exemple pour qui suit, prise du RER C, je souhaitais que la Tour Eiffel soit cachée, je m'étais amusée à viser l'instant précis

20170530_143559


Dans la série je comprends vite mais je mets longtemps

 

    Deux ans que je dispose d'un très agréable smartphone, dûment proposé par mon opérateur, ce qui tombait bien, mon téléfonino précédent flanchait.

Je regrettais seulement que les sonneries fussent identiques pour toutes applications, or si les SMS sont encore porteurs généralement de messages personnels, et donc demandent qu'on y jette un œil si possible pas trop tardivement après leur arrivée, les notifications des différents réseaux sociaux sont trop nombreuses pour être suivies à la minute près. J'avais du coup réglé l'ensemble sur un bip discret. Ce qui me faisait louper bien des SMS du moins d'y répondre dans la foulée (1). Sans compter que tant que ma mère n'était pas malade et si je n'attendais rien de particulier, je basculais en mode silencieux pour les heures de bibliothèque et de travail en librairie.

Il aura fallu l'arrivée de Mastodon et que je souhaite pouvoir distinguer les notifications de ce réseau des autres, du moins tant qu'il reste en config, réunion des amis (un peu le twitter des débuts, quoi) pour que je me penche sur la question et m'aperçoive aussitôt qu'il convenait de régler les sons appli par appli et que le "par défaut" général ne s'appliquait que si l'on ne précisait rien de particulier (2). 

Deux ans ! (et vingt secondes, le temps de se poser vraiment la question)

Je pense que mon incommensurable capacité à "faire avec" toute situation, jusques dans ce genre de détails, vient de générations et générations qui avant moi n'ont fait que bosser en espérant survivre et sans avoir de choix, fors la révolte quand vraiment ils n'en pouvaient plus.

 

(1) Sans parler de bizarreries par périodes, des SMS reçus ou envoyés plusieurs jours ou heures après (non je n'envoie pas, sauf extrême urgence de SMS, en pleine nuit) - ce qui tient  sans doute des opérateurs et non des téléphones -.

(2) À ma décharge mon téléfonino précédent n'étant pas un smartphone tout se réglait via les paramètre de l'appareil (son de SMS, son de messagerie ...) en centralisé. 


Un si beau jour d'été

 

     20160824_200404

C'était un si beau jour d'été : du boulot, pas mal, mais partagé, et agréable - j'aime la part physique de mon travail, je me demande parfois par quelle erreur d'aiguillage (en fait non, je le sais) j'avais terminé coincée dans un bureau -, une vraie de vraie de belle journée d'été, pas même un orage en soirée, ça me met en forme, je me sens libre.

En rentrant j'ai compris pourquoi : l'affichage alterné horloge - thermomètre de bord de périph oscillait entre 36 et 37°C. La poignée de jours par an où c'est le cas à Paris c'est le repos de ma peau : aucun boulot thermique à assurer, d'un côté comme de l'autre c'est la même chose. Et, à condition d'avoir à boire assez, le fait de n'avoir pas cette régulation à effectuer m'offre un regain d'énergie, comme si l'économie faite de laisser le corps poreux, de n'avoir plus comme job que de le délimiter, permettait de redistribuer une force.

Le hic c'est qu'on respire mal (depuis de nombreuses années en ville chaleur = pollution de l'air renforcée), que les hommes se traînent, que là aussi depuis de nombreuses années, la chaleur estivale semble désormais considérée comme une catastrophe naturelle (1). J'en suis réduite à une jubilation solitaire.

Et puis il se trouve que ce jour aura été assombri par une catastrophe naturelle, une vraie, un fort tremblement de terre en Italie, des pires : en pleine nuit. Les gens dans leur sommeil meurent ensevelis. 

J'étais légèrement inquiète pour une amie - pas nécessairement pile sur zone mais savait-on jamais, parfois on rayonne un peu, lors de villégiatures -, fus finalement rassurée. Ma famille vit plus au nord. Et pour l'instant les uns et les autres semblent à la mer, en Sicile par exemple, voire même en Chine. Pour autant, même sans être directement concernée, je me sens concernée quand même, de tant d'années passée un mois durant au pays, il me reste une proximité, un sentiment de fraternité, plus qu'un cousinage.

Il n'y a rien pour l'instant que je puisse faire, ni aider physiquement, impossible de quitter le travail et à quoi pourrais-je être utile ?, ni financièrement car notre situation actuelle, même sans inquiétude immédiate, est sans visibilité. Il n'y a aucun dieu que je puisse prier. Je pense à eux. Peut-être que quelque chose se dessinera dans les jours à venir, des propositions, des possibilités d'envois. Au moins s'en faire l'écho.

Des pensées sans doute bizarres, alors que ma TL sur Twitter a fait se voisiner des images de villes syriennes fraîchement bombardées et de villages italiens effondrés : à quel point une fois écroulées nos lieux de logements humains se ressemblaient. Peu de couleurs vives (à se demander où passent nos objets en plastique lors tout s'éboule), pas de signe de modernité. La différence : l'absence de femmes dans l'un des deux cas, alors que dans l'autre on en voit parmi les secouristes mêmes. Et puis cette autre, totalement incongrue, et mal venue - pourquoi penser à ça, pourquoi penser à moi dans un moment pareil ? -, mais qui s'est faufilée : les deux personnes qui m'ont quittée avec brutalité, repensent-elles à moi lorsque survient quelque chose qui ramène mon deuxième pays dans l'actualité, ce pays qu'elles semblaient aimer (2). Quelle place occupe encore dans celui qui l'efface, la personne effacée ? J'ai beau traîner mes guêtres sur cette planète depuis un demi siècle, je n'en ai aucune idée. Il est grand temps que mes ami-e-s reviennent. Je pense un peu trop aux absents.

Plus tard je me rappellerai sans doute de ce jour comme étant également celui où des photos ont fait le tour des réseaux qui montraient ce que donnaient au concret ses décrets interdisants les vêtements tout habillés pour les femmes sur les plages, au prétexte de lutter contre l'islamisation - comme si le terrorisme tenait à ça -. J'avais mal compris, n'ayant suivi que de loin les débats, et cru qu'il s'agissait de ces tenues dans lesquelles les femmes sont entièrement camouflées, parfois même les yeux derrière une sorte de grillage de tissus. Pour moi, question de sécurité générale, personne, homme ou femme ne doit sur l'espace public circuler masqué à moins de forces armées casquées ou forces de protections en interventions - ou cas médicaux très particuliers -. Il faut qu'on voie le visage de qui on a en face. C'est du bon sens élémentaire. Mais pour le reste, on en serait donc là : dicter aux gens et aux femmes particulièrement comment s'habiller ?
Et quelle violence, ces hommes armés en train de demander à une femme qu'elle se dévête ne serait-ce qu'un peu. En plein soleil, alors que sa tenue, au fond, y est adaptée et que ce sont les gens dévêtus (attention : je ne réprouve en rien la nudité, c'est notre état naturel, c'est simplement souvent moche et pas des masses pratique) qui s'exposent à un danger qu'on semble persister à ignorer (3). 

Enfin, on se souviendra peut-être qu'il y avait l'annonce de la découverte d'une exoplanète potentiellement habitable. L'impression que ça n'est pas la première fois qu'on nous parle de quelque chose comme ça. Et que peut-être ça ne serait pas un cadeau pour cet endroit de l'univers si une part de nos représentants futurs s'y établissaient. 
Et d'ailleurs, comment devraient-ils et elles s'habiller ? (pour commencer).

Tant qu'on en est dans la vêture, noter pour en sourire plus tard ou au dur de l'hiver tenter de garder la mémoire de l'été, que j'ai revêtu pour dormir ma chemise de nuit de Californie. Photo du 24-08-2016 à 23.47 

En fait un très très long tee-shirt acheté sur place en novembre 1989, coton de qualité qui en vingt-sept ans n'a pas bougé, et que je ne mets (j'ai conservé mes habitudes du temps où j'avais froid) que les nuits des jours où même la nuit est chaude. Le coton confortable absorbe la transpiration.

Le souvenir de notre dernier grand voyage (rendu possible par mon amie Carole et sa famille), juste quelques mois avant que naisse notre premier enfant, ce si beau moment de nos vies, ajoute au bonheur des temps chaleureux.

 

 

(1) Mes souvenirs de 1976 sont qu'on ne se paniquait pas de la chaleur qui semblait normale (c'était l'été) mais bien de la sécheresse : les cultures dépérissaient, il y eut un impôt pour financer des indemnisations et aussi des rationnements d'eau ; plus le droit d'arroser son gazon, ni de nettoyer sa voiture, du moins dans quelques régions. Mais les habitants étaient encore considérés comme des adultes responsables capables de boire et se mettre à l'ombre sans qu'on n'ait à le leur dire.  

(2) Au point pour l'un d'y faire s'achever un de ses derniers romans, le dernier avant l'effacement.

(3) Ou du moins on croit que des produits à étaler sur la peau en protège alors qu'ils sont certainement porteurs d'autres toxicités.


À l'orée d'un nouveau Salon


(mercredi 16 mars 2016) À l'orée d'un nouveau Salon, je reste une partie de la matinée à la maison, il y a beaucoup à faire et je sais qu'avant lundi je n'y serai guère. C'est le temps des lessives, des factures et des poubelles, d'un peu de correspondance administrative ou professionnelle.

Malgré moi je suis inquiète pour les événements bruxellois récents, j'y ai encore de bons amis, je perçois encore cette ville, ainsi que Torino, comme un autre "chez moi" - alors que ça fait des années que je n'y suis pas retournée pour cause de persistante impécuniosité, du coup je regarde la conférence de presse accordée par les autorités et que la RTBF retransmet. Le retard transforme tout d'abord l'exercice en un sketch de caméra cachée dans lequel des gens se rajustent, téléphonent, selfisent, et rajoutent sans arrêt de nouveaux micros, testent ceux qui sont installés. Buster Keaton n'aurait pas renié. La conférence est efficace et sobre, glaçante en cela même. Un type est mort d'une trentaine d'année et alors que je n'éprouve pour lui aucune compassion si ce n'est celle pour ceux qui mal nés ont emprunté The wrong way, croyant se sauver, ou être héroïques, crédules, je songe qu'il y a peut-être quelque part une femme, sa mère, qui a dans les années 80 du siècle passé été fière de donner naissance à un garçon, s'en est occupé, le nourrir, le tenir propre, accompagner ses premiers progrès et qui si encore en vie désormais pleure, peut-être fière si elle a été contaminé par les mêmes convictions assassines, peut-être écrasée de stupéfaction et se demandant sans fin où ça a donc bien pu foirer, à quel moment il s'est fait confisquer aux siens et à lui-même. Je pense aussi aux policiers qui s'attendaient sans doute à devoir faire face à autre chose qu'à de la facilité mais probablement pas à se faire flinguer et semble-t-il d'assez près. Même si l'on est entraîné, ça doit un brin secouer.

Je reste encore sous l'emprise d'un dernier rêve de la nuit, directement issu des infos lues hélas avant de me coucher ; quelqu'un, un passant, s'était fait tuer dans des échanges de tirs consécutifs. Je l'avais bien connu. Me rendais à ses obsèques.
Charmant !

Traverser Paris en milieu de journée du lendemain d'une chasse à l'homme terroriste bruxelloise, c'est observer l'expression "La police est sur les dents" parfaitement incarnée. Je pense que même des fous amoureux fous effectuant le même trajet s'en seraient rendu compte. Je suppose que c'est autant pour donner l'illusion à la population d'être protégée que par réel souci d'efficacité.

La BNF est un havre de paix, malgré ses contrôles depuis 2015 renforcés. Une fois installés en salle de travail on peut s'accorder le luxe d'oublier.

Je m'amuse à effectuer sur mon propre blog la recherche par mot clef qu'Anne (Savelli) aujourd'hui a choisi : "salon". Curieusement c'est sur un billet évoquant le Salon du Livre jeunesse de Montreuil que je tombe en premier. Puis effectivement on part au Salon du Livre de Paris avec l'histoire en 2008 d'une alerte à la bombe (dont le changement d'habillage du blog a rétroactivement rendu la mise en page hasardeuse) ; en ce temps-là on pouvait encore se permettre de plaisanter devant l'annonce d'un potentiel danger. Il est aussi brièvement question d'Alain Bashung, d'autres salons (dont celui aux Jardins d'Eole où il m'arriva d'aider), d'un souvenir ému avec Daniel Pennac, d'une virée à Draveil, et de l'annonce sidérante de la mort d'une jeune amie, en plein salon 2009 - pas besoin de retrouver une trace écrite, je me le rappelle avec une précision extrême -. Je retrouve une photo retrouvée, liée d'une façon déjà alors mystérieuse au Salon du livre de Genève. Je retrouve également d'anciens Instantanés, qui me font encore sourire (pour certains). Un billet cryptique mais dont j'ai encore les clefs (sourire triste, j'y ai cru, j'y croyais). Il est même question de mes cheveux, toujours hirsutes pas encore blancs il y a cinq ans. Parce que salon ... de coiffure.
Rien sur le salon du livre de Bruxelles qui a la bonne idée de s'appeler Foire. À quoi ça tient, les choses.

Lorsqu'on atteint ce point où la mémoire du blog est supérieure à la nôtre, bloguer prend tout son sens. Merci, Anne, de me l'avoir ainsi rappelé.

Il est plus que temps de retourner à l'écriture longue. Ce soir ce sera l'inauguration. Il sera sans doute curieux de m'y rendre en étant entre deux boulots, libraire sans librairie, à quelques lots de jours près. Mais au moins j'aurais cette bonne nouvelle du travail bientôt repris à annoncer aux amis.


Guillevic retrouvé

Capture d’écran 2016-01-31 à 20.12.45

Toujours en rangeant, retrouvé copie d'un message de juillet 2003. 

On se l'était envoyé pour s'encourager.