L'écart parfois long entre le dernier jour avec et le premier jour sans

 

C'était donc aujourd'hui depuis 32 ans mon premier jour vraiment sans - il y eut à deux périodes une dizaine de mois sans, très volontairement, mais il n'y avait jamais eu d'autres interruptions. Et peut-être une seule fois (ou deux ?) un oubli, qui correspondait (allo Dr Freud ?) à une journée bruxelloise (hélas ?) sans aucun risque.

Le dernier jour avec fut la semaine d'avant et c'était fort curieux, précisément ce décalage. Car finalement le dernier jour avec ne marque pas une fin alors que le premier jour sans, si.

Le premier jour sans fait bizarre, je n'ai pas encore l'habitude de l'insouciance absolue. En fait et en l'absence de symptômes, je n'y crois pas vraiment. J'ai l'impression d'avoir atteint un nouveau niveau dans le jeu de la vie. Un niveau où plus grand chose ne devient très risqué, ni n'a vraiment d'importance - le risque que le désir créé un indésirable tend désormais vers zéro -, mais où l'espoir de faire l'amour n'existe plus trop non plus.

Je remarque alors que bien d'autres couples (dernier jour avec, premier jour sans) fonctionnent dans une existence (et plus particulièrement une vie de femme) avec des écarts de temps.

Le dernier jour avec le bien-aimé fut de plusieurs mois loin du premier sans lui lequel précédait de très peu des retrouvailles prévues. D'où qu'il s'est sans doute résolu avant qu'un paparazzo ne le saisisse en scooter sortant de chez sa nouvelle conquête quand il a su que je perdais l'emploi qui me rendait utile à son travail, à me prévenir à ce moment précis. Il se doutait que je ne ferais pas défaut pour un petit boulot que j'effectuais pour lui à titre affectueux la semaine suivante, parce qu'il concernait deux autres personnes qui n'étaient pour rien dans son comportement. Et que je suis du genre qui ne fait pas faux bon.

Le dernier jour de mon boulot d'"Usine" précéda de trois mois mon premier jour officiellement sans - un 1er avril, ça ne s'inventait pas -. Mon dernier jour avec l'amie qui tant comptait précéda de huit mois le premier jour sans elle dans ma vie - "Je n'imagine pas la vie sans [Biiiip]" a déclaré plus tard celle qui m'avait succédée et à laquelle je devais, sans qu'elle n'en sache rien, mon éviction ; je n'imaginais pas plus qu'elle, j'ai été en danger -. Elle n'était déjà plus là, la grande amie, la presque sœur, que je la croyais toujours proche, et simplement trop prise par tout le boulot qui l'accaparaît.

Le dernier jour avec mon père précéda d'au moins trois mois d'une terrifiante agonie le premier jour vraiment sans lui. Il n'était plus lui-même, tout cerveau dévoré.

Je pourrais continuer cette liste plutôt triste encore longtemps. Même s'il doit bien y avoir en particulier dans les moments de convalescence, un tel écart possible de façon positive.

Je me demande ce que la suite me réserve. Je ne parviens pas à croire que je ne vais plus saigner. Qu'un certain nombre de petits tracas physiques périodiques me seront désormais épargnés.

Au moins cette fois, le premier jour sans n'était pas une accablante surprise, puisqu'au dernier jour avec je le savais prévu. 

Mon premier geste du matin est désormais d'ouvrir "La Recherche" et d'y lire environ deux pages et demi. Rituel que j'avais mis en place avant de savoir que celui de la chimie protectrice allait prendre fin. Cette chance du "juste avant" qui m'aura sauvée si souvent. Puisse-t-elle perdurer. 


L'un des (trois, non quatre) moments où tu envies aux hommes de pouvoir pisser debout


Il faisait trop beau ce matin et je n'aime rien tant, quand je pratique la course à pied, que de tenter d'explorer. Ce que je cherche à faire c'est d'améliorer ma condition physique, contrecarrer l'anémie (dont je me débrouille moins bien que Zidane, c'est un fait), au mieux me fixer une distance mais globalement je suis peu capable de courir en surveillant des tas de trucs. Je cours à l'ancienne en surveillant mon souffle et les signaux du corps sans appareil ni musique autre que celle de mon juke box fou intérieur (1). En revanche j'aime tenter de nouveaux endroits. 

L'ami Julien qui nous avait conseillé l'Île de la Jatte, parcours désormais maîtrisé, nous a susurré que pousser jusqu'à celle de Puteaux c'était bien aussi.

Ce matin, on n'a pas su résister, alors que j'avais décidé pour cause de semaines de librairie chargées de ne pas trop forcer (j'ai mal aux jambes entre tout le temps et sans arrêt) et que l'homme de la maison avait en Normandie mercredi un peu trop forcé sur (vitesse, kilométrage) de faire un entraînement léger, on s'est finalement laissés embarquer dans un parcours supérieur à ce qu'on prévoyait. Si la santé et l'existence nous est favorable, il nous faudra sans doute encore une année pour devenir capables d'un semi-marathon. En ce moment on se contente de 10 à 12 bornes, raisonnablement.

Du coup on s'est régalés d'un nouveau bel endroit,  Photo809

avec ce petit plaisir au passage d'un tour de piste (quel confort) mais on a parcouru une quinzaine de kilomètres (15,5 a dit la montre du champion mais qui ne s'est déclenchée qu'à hauteur du parc des Impressionnistes à l'aller, et puis il court en revenant me chercher alors c'est imprécis), ce qui pour mes gambettes de la période fait un peu beaucoup.

Alors ce soir j'ai mal.

[camarades marathoniens, soyez sympas ne riez pas] 

Et ce qui est stupide c'est qu'aller faire pipi devient soudain un gros effort, s'asseoir et se relever tient d'une lutte fastidieuse contre la douleur (2). J'avoue alors envier les hommes qui peuvent tranquillement rester debout pisser.

Je me suis dit que c'était vrai aussi l'hiver, pas tant pour être debout que pour ne pas devoir se dévêtir beaucoup, ni avoir froid (les toilettes sont souvent des pièces glaciales, il y a toujours quelqu'un même s'il fait -4°C qui ouvre pour aérer) ; que c'était vrai aussi après une soirée bière, lorsqu'il faut parvenir à rentrer avant l'envie pressante inévitable induite - quand l'homme peut discrètement soulager une urgence contre un mur (3) -. Que c'était vrai enfin, lors des derniers mois d'une grossesse et juste après un accouchement. 

Et là je me suis dit que la nature parfois est mal faite puisque que ce sont les non-concernés qui détiennent la facilité. Camarade garçons, vous êtes privilégiés (4), mais peut-être que vous n'en étiez pas si conscients.

En attendant j'appréhende ma journée de travail du lendemain. Assez peu intimement persuadée que soigner le mal par le mal soit une bonne idée. En plus que pour aller aux toilettes on a ... des escaliers à monter. Just my luck, as Adrian would say.

 

(1)Ce qui me fait penser que dans l'un des parcs nous avons croisé un homme qui méditait, position du lotus, torse nu, air concentré ... avec son petit appareil à musique à côté et qui ne passait pas de sons spécialement calmes, de la pop plutôt. Certaines pratiques me laissent perplexe.

(2) Ces moments où l'on prend conscience de l'immense cadeau qu'est la (en temps normal) bonne santé. Pouvoir aller faire pipi sans que ça soit compliqué, machinalement, sans y penser.

(3) Je ne dis pas que c'est bien, mais il est arrivé plus d'une fois que ça m'eût arrangée de pouvoir user de cette solution d'urgence. Je parle de retours de soirées ce qui fait que l'option entrer dans un café est exclue : ils sont pour la plupart fermés. Quant aux édicules decaux prévus à cet effet, d'une part j'ai peu confiance et de l'autre et surtout ils sont de nuit comme les taxis : quand on en cherche un, on n'en voit aucun.

(4) Du moins sur ce point

[cette photo prise le matin même est aussi une splendide "apparence trompeuse" : il s'est trouvé qu'il n'y avait personne que l'homme de la maison en cet instant sur le quart de piste cadré. Mais la piste et le terrain central étaient en fait peuplés]

addenda du 25/08/14 02:33 : on m'apprend sur twitter qu'il existe un objet, le whiz, qui permet de palier ce désavantage. Du moins pour le cas du mal aux jambes de course car pour le reste il doit falloir ne pas être maladroite et être fort peu vêtue. Et puis bon, une nouvelle fois il s'agit d'acheter

 


À quelque chose (petit) malheur est bon

 

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Deux ou trois certitudes : c'est un dimanche, en 1981, juin ou dernier jour de mai, le lendemain lundi commencent les épreuves du bac général, philo (je crois que ça commence toujours par la philo ?) et histoire géo. Je lisotais un peu de mon bouquin d'histoire. En fait mes seules révisions avaient consisté à rattraper mon retard en physique, des cours qu'en février, malade, j'avais manqués - sans pouvoir jamais vraiment les reprendre / comprendre après -. Je savais que je manquerais de temps pour viser et réviser, j'avais donc choisi de combler mes lacunes et pour le reste d'essayer d'être en forme (mon problème éternel) et de faire sur ce que je savais. Une incertitude : j'ai l'impression que le film fut diffusé en fin d'après-midi et non pas en soirée, ce qui m'étonne un peu. Parce qu'à la télé, bon, il y avait LE film du dimanche soir et puis très tard un chouette film de ciné-club mais rarement regardable à cause du lundi et que le lundi on travaille ou on étudie mais on se lève tôt.

L'autre certitude dans mon souvenir c'est que c'est la musique du début du film qui m'a sortie de ma chambre (laquelle était contre la salle où se trouvait la télé). Merci Ennio. Et qu'ayant regardé deux ou trois images, j'ai éprouvé un irrésistible besoin de laisser mes cours d'histoire de côté.

Je suis tombée amoureuse d'Henri Fonda ou plus précisément je m'étais dit : si un jour je tombe amoureuse (ce que je jugeais peu probable) sans doute que ça sera d'un homme qui lui ressemblera. Je n'ai compris pourquoi que très longtemps après : c'est la silhouette mais pas seulement ; quelque chose dans l'équilibre du visage qui m'inspire confiance. 

Et puis au delà du côté parodique du film m'est restée cette pêche du personnage de Terence Hill, sa façon de faire le clown tout en étant intelligent et très sérieux dans ce qu'il préparait me convenait. 

Je me souviens à peine de la part épique l'homme censé être seul contre un nombre impressionnant de brigands, me reste l'accord entre eux, celui qui voulait se retirer, celui qui voulait se faire un nom.

Et surtout la petite histoire du moineau, de la bouse de vache et du renard. Grâce à la seconde qui ne ressemblait pourtant pas à un cadeau, le premier sera sauvé du troisième.

J'ignorais à l'époque que tout au long de mon existence je serais amenée à vérifier la véracité de l'adage que je transcris à la mémoire (pas retrouvé l'extrait) Qui te met dans la merde peut en fait te sauver.

Pour la photo, récemment, c'est ce qui m'est arrivé. Une sorte de cadeau par ricochet d'un mal qu'on m'a fait.

Ce dont je me serais néanmoins dans la vie fort bien passé serait d'avoir également si souvent vérifié la loi inversée : Qui te traite à merveille peut ensuite te mettre dans le plus grand danger (sans forcément l'avoir souhaité). J'en suis à quatre fois d'avoir connu ça, cinq en y adjoignant le mal que m'ont fait mes parents qui pourtant ne voulaient que mon bien, mais le voulaient trop bien. 

Ça commence à me lasser. À me rendre épuisée. Désabusée. Le plus minant est d'avoir à chaque fois qu'on l'accorde en entier sa confiance abusée. Jusqu'à présent seuls les bons amis, de ceux qu'on aime beaucoup mais qu'on ne dérangera pas la nuit, ne l'ont pas massacrée : accordée raisonnable à mesure de la distance qui est. De tous les tout proches, les amours, les familiers, seuls deux ne m'ont pas déçue, m'ont toujours soutenue, n'ont en rien cherché à abuser de ma gentillesse, d'une naïveté que je ne sais éviter. C'est sans doute ça devenir âgée. Comprendre enfin que sur personne, pas même soi, on ne peut compter. 

Tentons donc d'en rester à la loi première, de supporter, stoïque, les emmerdes, savoir qu'au fond elles peuvent aider et que le train qu'on rate est peut-être celui qui s'en va dérailler. Veiller à ne pas manquer les occasions de remarquer qu'à quelque chose malheur est bon.

  

[photo que techniquement je n'aurais pas pu prendre l'an passé, sans pour autant avoir démérité]


Auto-blague de lectrice (trop) pressée

 

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Je n'avais pas à proprement parler de retard de lecture, c'est simplement que je devais à la fois avancer dans mes lectures pour le prix biblioblog, suivre celles du club des lecteurs inguérissables de l'Attrape-Cœurs, assurer des lectures et notes afférentes pour la librairie où je travaille, et ne pas oublier mon plaisir (pour une fois qu'une satisfaction ne dépend que de soi), ni mon instruction. 

La période n'était pas avare de perturbations (j'écris ce billet en avril ; avec un optimisme forcené, je suppose qu'en juin ce qui me préoccupe actuellement, les questions de santé (not mine) seront en bonne voie de résolution, que par ailleurs un an après ce qui m'a abattue je serai parvenue à refaire surface enfin, qu'au travail tout ira bien, que j'aurais repris d'écrire (pour du long) ...).

Il n'est donc pas exclu que j'ai lu son début dans les transports en commun et l'esprit ailleurs. Lequel début prenait la forme d'un préambule, procédé que je goûte assez peu, à moins d'en faire quelque chose de drôle. Or il s'agissait là d'un préambule classique destiné à appâter un peu le lecteur. S'y glissait une discrète indication temporelle que je n'ai pas retenue. Sans doute ici et là quelques autres par la suite mais le roman étant de Japon bucolique, jardins expressifs, peintures sur éventails, thés et traditions (comme je l'expliquais à qui j'ai fait sourire alors), j'étais persuadée qu'on était juste avant ou juste après la seconde guerre mondiale, plutôt avant, car on y parlait peu de retombées radioactives et autres pollutions. On y parlait peu jusque vers la page 139 où je pris soudainement conscience que ce tremblement de terre, suivi d'un fort tsunami lui-même à l'origine de sérieux tracas nucléaire n'était autre que celui de Fukushima 11 mars 2011 et que donc j'avais parcouru les deux tiers du roman dans une tout autre époque que celle qu'il décrivait.

Au demeurant cette fiction n'est pas sans charmes, je l'ai lue avec un plaisir croissant. Particulièrement touchée par une certaine rupture amoureuse, laquelle sauvera probablement la vie du supplanté et par les descriptions d'états de choc après la catastrophe qui m'ont semblée bien saisies, pour le peu que j'ai eues (de moins graves) à en traverser.

PS : Pour répondre à la question d'une amie, non, je ne crois pas que ce fût volontaire de la part de l'auteur. Simplement ses personnages mènent une vie quotidienne singulièrement filtrée de l'essentiel de la modernité. En retrait du monde. Qui les rattrapera.

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Pourquoi parfois je dis n'importe quoi

 

C'est simple : c'est parce que pire n'importe quoi m'est passé par la tête, que je ne veux surtout pas le dire (le plus souvent c'est de l'humour noir à la noix, ça peut être mal pris ou surtout peiner des personnes qui ne m'ont rien fait) alors mes neurones m'accordent en urgence un plan B, lequel est le plus souvent de piètre qualité (1).

Ainsi j'ai rendu dernièrement un petit service à un homme sympathique qui travaille pour une entreprise industrielle de biscuits. Il partait en déplacement, avait des kilomètres à avaler avant des heures probables de réunions, était donc pressé et, pris au dépourvu a néanmoins eu ces mots gentils : 

- Et je n'ai même pas une boîte de biscuits pour vous remercier, je suis désolé.

Et ce qui m'est venu tout droit très fort aussitôt c'était :

- Ah ben heureusement que vous ne bossez pas pour l'industrie de l'armement !

Mais je suis parvenue à le retenir, du coup j'ai dit je crois un truc très stupide. Et je suis vite remontée chez moi, sans kalach ni gâteaux secs.  

C'était mieux comme ça.

(mais je suis encore passée pour une idiote, même pas ravissante avec ça) (et vieille).

 

(1) À part s'il y a une vraie raison de le faire, comme avec mes collègues où ça joue un rôle sur si on ouvre ou on ferme la porte ou les bâches à sortir ou pas, ou s'il y a une particulière intempérie, on peut être certains que si je parle de météo c'est que je retiens une ânerie.


Désormais ce souvenir (impossible d'y échapper)

 

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J'avais pris cette photo une semaine plus tôt, remarquant pour la première fois, sur les quais près des salles du rez de chaussée, ces ensembles chaises et tables design, où l'on pouvait à défaut d'autres endroits plus calmes, moins fréquentés, se poser pour travailler.

J'ignorais que j'allais profiter des services de l'une d'elles, pas si longtemps après.

Pour recevoir un appel téléphonique qui m'avait fait une des plus fortes fausses-joies que j'aie pu éprouver - encore que, l'homme de la maison soit un expert, alors disons : que j'aie pu éprouver comme suite à un coup de fil -.

Je venais en effet, épuisée par les trois derniers mois (deux mois de pré-fêtes en librairie intenses puis un mois à faire l'inventaire tout en tenant boutique), et pressentant que Celui qui (1), après avoir eu quelque geste tendre lors d'une de nos rares rencontres à nouveau s'éloignait, qu'il avait sans doute une fois de plus "une amie" - mais que faut-il diable faire pour qu'il daigne honorer ? -, de poster un statut FB puéril car désespéré. Nos ennuis financiers empêchaient que je puisse me déplacer et je ne voyais pas le bout du tunnel : travailler à deux, vivre à quatre, ne plus avoir de traites à payer et pour autant ne pas boucler [les fins de mois]. J'aidais les autres très volontiers et c'était une rude période (des deuils, des chagrins, des ennuis professionnels chez les unes ou les uns), mais personne n'était là pour que je puisse parfois à mon tour poser les armes. Surchargé de travail et sans doute un peu las, mon grand frère électif n'était qu'aux abonnés intermittents.

Et voilà que j'avais pris en main mon téléphone (remisé dans un des sacs pour cause de passage au contrôle), et que comme souvent quand j'ai ce geste étrangement prémonitoire, il s'est mis à sonner. 

C'était toi. C'était lui.

J'ai eu le temps en décrochant d'éprouver une bouffée de bonheur : il avait compris aux messages de mes derniers jours, et à ce statut stupide, que j'allais mal, que j'avais besoin de lui, il appelait peut-être pour me proposer de passer enfin un week-end auprès de lui.

Las, c'était de travail qu'il s'agissait, il l'avait dit tout de suite "Je suis en réunion", un service à lui rendre, ainsi qu'à une auteure qu'il souhaitait promouvoir, rien de personnel au fond. Je m'étais alors assise à l'une de ces places songeant que j'allais avoir peut-être des infos à noter ou mon carnet d'adresses à sortir de mon sac. J'écoutais sa voix qui me servait une persuasion usuelle - le livre est exceptionnel, il faudrait une soirée littéraire -, j'écoutais ta voix sa voix, après tout assez rare, je me disais de profiter au moins de cela puisqu'au fond c'était tout ce qui m'était offert. Et puis il y eut cette phrase la condamnant à ses yeux, un "pas mon genre" vigoureux et que j'avais ressentie comme si elle me concernait moi, en quelque sorte la version habillée d'un très trivial, Pour des femmes comme vous (2) je ne banderai jamais.

Je m'étais cramponnée au positif de l'affaire, peut-être une occasion de se voir, avais indiqué quelques pistes, ne pouvant guère faire davantage : comment faire confiance à quelqu'un qui fait assez régulièrement faux bonds ?, et puis j'étais si peu pour lui, et il m'avait rendue malheureuse, ma vie sexuelle était tombée au fond d'un puits en partie à cause de lui, il n'était pas possible de trouver l'énergie pour faire des miracles et convaincre les gens. Il avait l'air content, mais j'ignorais de quoi. Peut-être parce que je n'avais pas prononcé le Vafan auquel il avait légitimement droit. De toutes façons dans aucune librairie je n'étais décisionnaire. Je ne pouvais que suggérer, tout en mettant en garde (qui diable paierait les frais ?).

 

Il m'avait fallu du temps ensuite pour m'installer au travail, être opérationnelle. Ce scénario était si courant dans ma vie : la femme qu'on néglige, qu'on ignore en tant que telle, voire qu'on blesse mais à laquelle on pense immédiatement lorsqu'il s'agit de demander un service, un travail non payé (ou très peu), celle que l'on considère trop gentille, et donc bien un peu bête, pour savoir dire non.

Sauf qu'à force d'être traitée mal, je ne pouvais plus en état d'aider quand bien même mon incurable gentillesse m'y poussait.

 

Dans l'après-midi, plus tard, j'avais pu travailler. Un "je t'embrasse" encore en tête, peu possible à enlever.

  

Les petites places de travail venaient d'être annexées par ce souvenir mitigé. Je savais parfaitement qu'en attendant le prochain amour ou la prochaine embellie de l'amour (3), ou d'être devenue trop vieille ou trop malade pour avoir envie d'y rêver, je ne pourrais plus croiser ces chaises sans penser à lui, sans entendre sa voix, les mots qu'il avait prononcés et les quintaux de non-dits qui alors subsistaient.

Heureusement, entre temps, les choses se sont (un peu) arrangées.

 

(1) Le copyright de cette appellation est il me semble pour Anne Savelli. 

(2) La personne concernée était du sud aussi.

(3) Je ne désespère jamais des amours précédents, c'est mon problème et ma qualité. 


D'un avantage inouï de la myopie (Nataliiiiiiiiiiiiie)

 

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C'est une fille qui revient tranquillou d'une belle partie de journée en librairies et entre amies, s'est résolue à contre-cœur à prendre sans tarder davantage le chemin de la maison parce qu'il y a quand même des choses à faire des écritures et des tâches ménagères. Donc tranquillou d'être plutôt heureuse, malgré le blues habituel de depuis le dernier chagrin et l'absence de perspective émoustillante potentielle pour la soirée (1), mais quand même un peu pressée sinon ce n'était pas la peine de quitter les amies. 

Elle remonte de la 14 pour prendre le train de banlieue ou la 13, hésite encore un peu, ce luxe que c'est ici de pouvoir choisir entre deux ou trois modes de locomotion dont aucun n'est la polluante voiture. Finalement c'est bien Paris. Même quand on garde de Bruxelles une sévère nostalgie.
D'ailleurs comme il fait doux, même le vélib est tentant. Mais la fille a de quoi lire. Allez, tiens, plutôt le train.

C'est en passant à hauteur de la salle de l'horloge, dans laquelle à l'aller elle avait observé quelques préparatifs de concerts, qu'elle entend une musique excellente, du jazz vocal mais du très bon. Elle a même un instant, à cause du répertoire, le cœur qui fait un bond : Et si c'était Stacey

Mais la voix de la chanteuse s'élève et ce n'est pas Stacey. C'est très différent. Plus haut dans les aigus et sa première pensée est Le micro est de trop. L'orchestre, une formation piano, batterie et harpe, a un moelleux de perfection impressionnant. Avant même d'approcher elle sait qu'elle a affaire à de vieux routiers, des très très bons.

Et cette voix, bon sang. 

Au diable les tâches ménagères, la fille décide de rester à écouter et se joint à la foule qui garnit jusqu'à l'escalier. 

Elle est un peu myope, se dit depuis quelque mois qu'il faudrait aller voir l'ophtalmo pour une correction supérieure dans la vision de loin. La dame à la belle voix est une blonde comme elle le sont toutes (2), une silhouette difficile à cerner car elle est vêtue d'une veste chaude si ce n'est un court manteau. Avec la vue insuffisante, impossible à cette distance de distinguer ses traits. Aux quelques mots en voix parlée de présentation d'un morceau, la fille se dit, Je la connais, je l'ai déjà entendue, une conférence ou une rencontre. Mais sans parvenir à mettre un nom. Ni non plus sur ce pianiste aux cheveux blancs dont la silhouette lui est familière, un peu, vaguement, et qui joue comme on survole, la classe d'un vieux briscard de haut niveau qui semble se faire plaisir avec quelques douceurs.

Elle oublie ses questions pour mieux écouter. Prend quelques photos dont une du panneau de sponsor "Ce concert vous est offert par ..." garni de quelques mots illisibles, trop petits et rouges sur fond blanc, ce qui n'est pas le fin du fin en matière d'accessibilité visuelle. Plus tard, se dit-elle, à la maison elle verra sans doute que ce groupe de qualité y est dûment annoncé.

Impossible de demander à ses voisins ("Qui c'est ?"), tout le monde écoute, subjugué, ça serait rompre une magie. D'autres passent, impavides, comme si de rien n'était. Et la fille se demande s'ils ont des bouchons d'oreille, comment peut-on être insensibles à ce point ? Comme leur vie doit être triste.

Oh et puis tant pis pour eux. 

Et elle écoute. Heureuse. Les larmes aux yeux.

C'est beau.

La beauté l'a toujours fait pleurer.

Et cette femme malgré les conditions de concert difficiles - tous ceux qui passent, pressés, prendre la ligne 14, cette salle de l'horloge qui n'est qu'un courant d'air, les annonces de service - qui possède une grâce. Une grâce tranquille. Une grâce d'après le sommet. La grâce des grands maîtres par exemple du Kung Fu, lorsqu'il savent que le seul défi restant est celui de l'âge venant, mais que le niveau qu'ils ont atteint leur permet de transmettre et encore démontrer l'existence d'un art qu'ils ont eux-même fait évoluer.

Le cœur bat plus fort. La fille a le temps de songer qu'il est bon que le cœur puisse s'emballer pour autre chose que des rendez-vous amoureux. Que c'est probablement cette capacité qui va la sauver. L'amour est très surestimé. (3)

Dans le public aussi la fille croit reconnaître des gens, parmi ceux en bas tout contre l'absence réelle de scène, au moment des applaudissements.

C'est déjà la fin.

Les meilleurs moments s'achèvent toujours trop vite.

La fille essuie ses larmes, bon alors prendre le train, parce que sur la ligne 13 on ne peut pas pleurer (4).

Dans le train qui part très vite, un peu comme s'il attendait, elle n'a pas vraiment envie de lire, finalement. Elle réécoute dans sa tête ce qu'elle vient d'entendre.

De retour elle cherche aussitôt sur l'internet "Concert gare Saint Lazare samedi 7 décembre 2013", tombe sur des concerts de la fête de la musique en juin, des choses qui concernent la gare mais pas la musique, des choses qui concernent la date mais sont des travaux. Curieux. Frustrant.

Elle "développe" ses photos de l'appareil vers l'ordinateur à l'écran plus grand. Prises volontairement sans flash elles ne permettent pas un aggrandissement suffisant pour reconnaître la chanteuse. 

Tiens, et puis il y a celle avec le nom du mécène. C'est un tour sur le site de celui-ci qui offre la réponse :

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La merveilleuse chanteuse n'était autre que Natalie Dessay, dans un répertoire différent de celui qui a fait sa notoriété, et le vieux pianiste excellent, Michel Legrand.

Alors la fille qui avait écouté Natalie Dessay sans le savoir, mais avait tant apprécié, s'est remise à pleurer. De rire.

 

Spéciale dédicace @Kozlika sans laquelle je n'aurais jamais pu ou su assister à certaines représentations d'opéras. 

Au fond je suis très contente, même si j'ai un peu honte de ne l'avoir pas reconnue, que ma petite vue ne m'ait pas permis de savoir d'emblée qui était la chanteuse, il y a eu comme ça un moment magique et le gag que c'était plus tard quand j'ai su. Être un peu myope n'est pas sans avantages si l'on parvient à s'en amuser. 

(1) Pétanques's widow usual life

(2) Je crois qu'une épidémie a atteint le mâle blanc occidental hétérosexuel, qui n'est plus capable de se sentir attiré que par cette config là. Intelligentes et malignes, certaines femelles se sont adaptées. Mais du coup tout le monde ressemble un peu à tout le monde, je ne sais pas si c'est une bonne idée.

(3) Il n'est pas interdit de cliquer sur le point. Salut Brigitte !

(4) billet que je crois avoir déjà écrit mais n'ai pas le temps de rechercher. Ligne 13 les gens interviennent s'ils vous voient pleurer (même si vous n'êtes ni jeune ni jolie)

PS : Effectivement j'avais déjà entendu Natalie Dessay lors d'une conférence (à l'Institut Culturel Italien, du temps de la présidente précédente) et aussi il y a plus longtemps pour une lecture au salon du livre de Paris (et là aussi : par hasard)


La promenade romantique

 (billet non relu)

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Ça ne date pas d'hier qu'on m'avait dit C'est beau ; qu'en passant en bagnole de l'autre côté, filant vers La Défense - par exemple quand nous étions encore fréquentables pour nos amis de Versailles ou Saint Cloud (avant que ça ne devienne trop cahotique chez nous pour que nous puissions poursuivre un cycle équitable d'invitations, entre autre) -, je disais, ça a l'air joli il faudrait aller voir, s'y balader. Puis il y a eu les enfants petits (et c'était quand même un peu loin pour un trajet en poussette), il y avait nos emplois de cadres dynamiques épuisés et requis le week-end par ce qui était devant être fait et les vacances passées ailleurs qui font qu'on ne prend pas souvent le temps d'être les touristes de nos quartiers.

Puis récemment il y a eu Julien, le camarade des entraînements de natation, lui aussi coureur à pied qui m'a dit qu'il y a avait par là un beau parcours à suivre. Mon patron aussi - même la boutique fermée, il restera, je crois, mon patron -, qui convié à des conférences littéraires sur l'île m'avait dit que ça méritait d'y faire un tour. Merci à eux d'avoir insisté.


Peut-être vaguement que je comptais faire la surprise qui devait venir puis revenir en juin mais l'a fait sans me voir, il avait certes du boulot mais j'étais devenue celle de trop. Je n'y ai pas songé au moment même, pas spécialement, mais ne peux m'empêcher d'y penser, en écrivant, après.

Peut-être que je pensais la distance un peu grande pour celui qui est là, et d'ailleurs l'a trouvé (mais en rentrant, à la fin, le périple accompli). Je commence à intégrer doucement le fait que la thalassémie, mon éducation, et un plaisir des chasses-photographiques a fait de moi une marcheuse inconsciente, infatiguable parce que fatiguée et ne se ressentant pas plus de 15 km que de 5.

Et de façon certaine : le temps beau et chaud me donne des élans formidables.

C'est donc un soir de 3 août en 2013 alors que nous habitons la ville anté-voisine depuis rien moins que 25 ans, que nous avons enfin fait le tour de cette île, certes un peu trop chic, et trop bétonnée, et probablement truffée de caméras de partout, mais qui possède encore du charme et des bords de Seine accessible.

Il m'a rarement été donné depuis 2005 d'éprouver à ce point une sensation d'être en vacances, détendue sans menace, et dans ces instants rares (pour ma vie) de découverte de nouvelles places.

Rien ne manquait, y compris l'odeur d'eau, presque maritime, et la rencontre avec un gars du coin, bavard à souhait.

Rien ne vaut un long moment heureux pour faire refluer le chagrin, même si à nos basques on sent qu'il se tient.


Si j'avais su plus tôt réviser mes classiques

 

Revu ce matin, avec grand plaisir, "Some like it hot" en entier et sur grand écran

  

.Si j'avais su plus tôt réviser mes classiques, j'aurais également su qu'un homme qui dit les larmes aux yeux à une femme "L'amour c'est fini pour moi, j'ai trop aimé, je ne peux plus" ne peut être sincère, cherche à manipuler. Émue, aimante, troublée, j'avais débranché mon cerveau et tenté fort stupidement de m'accommoder de cette incapacité. Elle était donc fictive. Mais pas mes sentiments (C'était ma rubrique, l'art et la manière de se laisser bousiller). 

(Je garde le souvenir d'un bref signal d'alerte, que tout occupée à vouloir consoler ou ne pas me mettre moi-même à pleurer j'avais congédié)


Le questionnaire de Sophie Calle - sept ans après

 

Période délétère porteuse de tant de fins, au travail comme ailleurs. Je passe du temps à préparer des caisses de livres que l'on renvoie, il n'y a plus assez de clients. Ces retours se font désormais sur un rythme impitoyable, et je m'attriste que certains ouvrages partent sans qu'on ait pu les défendre vraiment.

Ainsi ce volume pour lequel Sophie Calle, qui est quelqu'un que j'aime et dont le travail me touche, a répondu à quelques questions.

 

Par ricochet j'en suis venue à retrouver son questionnaire et me demander si aujourd'hui, sept ans après et un cycle complet dans ma vie plus tard, je répondrais de la même façon.


Il y a dix ans aujourd'hui que j'ai écrit mon premier texte. Je préparais le gâteau d'anniversaire de mon fils, tard le soir après le travail et afin qu'il fût prêt pour le dîner du lendemain. La semaine précédente, par la suite d'un joli enchaînement de circonstances dans lequel elle n'était pas pour rien, j'avais participé à un tirage au sort qui m'avait permis de gagner un home cinéma. Alors en attendant que le gâteau cuise, et dans l'idée de ne pas m'endormir et le laisser cramer, j'ai voulu envoyer à mon amie la plus proche un message pour lui raconter ce qui m'était arrivé de joli.

Ce n'est pas un message, mais un texte qui est venu.

Cinq mois plus tard, elle me mettait le pied à l'étrier. Six ans après, je parvenais à quitter le job alimentaire nécessaire à payer notre logement, toutes dettes apurées.

J'ai depuis la chance de travailler comme libraire, c'est un métier que j'aime, que je peux exercer tant qu'il existe encore.

Il n'empêche qu'il est temps désormais que je me consacre entièrement à mon travail. J'ignore si économiquement je pourrai. Je n'ai plus l'âge d'être raisonnable.

 

 

Le questionnaire de Sophie Calle

 
 
 Quand êtes-vous déjà mort ?

 - Lorsque mon amie intime, ma presque soeur, sans signe avant-coureurs ni explication m'a dit qu'il serait préférable qu'on ne se voie plus.

- Lorsqu'avenue de Clichy que je descendais en vélib, une voiture devant moi sans non plus le moindre signe avant-coureur ni regarder qui venait en face a entrepris un demi-tour soudain. J'ai eu le temps de penser "Par-dessus ça peut pas", de tenter un zig zag d'esquive de la dernière chance (tenter de freiner était inutile), d'entendre des gens sur le trottoir hurler. Je dois mon salut aux réflexes et aux bons freins du conducteur qui venait en face et a failli se manger, alors qu'il n'avait rien à se reprocher, et une voiture et un vélo. Depuis, j'ai un peu peur de n'avoir pas assez peur de la mort.
 
- Des moments de maladies ou de douleurs si intenses que l'on croit que tout est fini, qu'on va y passer. Mais j'en ai à présent traversés suffisamment pour savoir que ça n'est pas si facile ni simple de passer de l'autre côté.

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
Le livre que je n'ai pas fini (réponse 2006).
Elle reste valable avec, jusqu'à récemment, l'espoir de (re)voir quelqu'un que j'aimais.

      
Que sont devenus vos rêves d’enfant ?
 Ma vie les a pour la plupart totalement dépassés, je ne m'étais sans doute pas autorisée à en faire assez. La gosse que j'étais en est tout épatée
(mais beaucoup moins ma banquière).

         
Qu’est-ce qui vous distingue des autres ?
ma vitesse de lecture et un certain sens de l'orientation (sauf lors des enterrements qui me déboussolent). (réponse 2006 toujours d'actualité)
J'y ajouterais désormais d'avoir une condition physique qui (pourvu que ça dure) s'améliore en vieillissant.
   
   
 
Vous manque-t-il quelque chose ?
la confiance en moi (réponse 2006, toujours vraie) et en les autres (ajouterais-je quelques déceptions plus tard)
Et quelque chose de l'amour.

 
Pensez-vous que tout le monde puisse être artiste ?
Je n'en sais rien. En revanche je sais que si on l'est mais en n'étant pas né au bon endroit au bon moment ni du sexe favorable, on est mal barrée (réponse 2006, toujours OK).
J'ajouterais que je sais désormais que certaines personnes ne souhaitent surtout pas l'être, même si leurs aptitudes les y autoriseraient. C'est trop dangereux, risqué.
 
  
D’où venez-vous ?
from outer space, no doubt about it (réponse 2006, unchanged)
      
 
Jugez-vous votre sort enviable ?
Oui, malgré le chagrin
 
A quoi avez-vous renoncé ?
Il faudrait que je renonce au sexe mais, encore en forme, je n'y parviens pas.
J'ai à peu près renoncé à tout espoir de bien gagner ma vie, je compte sur la chance.
   
 
Que faites-vous de votre argent ?
 Il est dépensé avant que d'atterrir sur mon compte, essentiellement en remboursement de crédits immobiliers, impôts et charges de vie courante. (réponse 2006, inchangée)
Je pourrais sans problème dépenser mon salaire en bouquins
 Ce problème fut résolu par le fait d'être libraire et d'accéder à la BNF.         
 
Quelle tâche ménagère vous rebute le plus ?
Toutes sans exception (et ce n'est pas le père de mes enfants qui me contredira). (réponse 2006 et rien n'a changé)
 
    
Quels sont vos plaisirs favoris ?
Rire, lire, écrire, photographier, passer de bons moments avec ceux que j'aime, nager, aller au cinéma, écouter de la musique, chanter, voyager. (réponse 2006, toujours valable)
J'aurais tant aimé ajouter faire l'amour.
   
Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?
Je n'ai plus aucun rêve matériel. Du temps à ma main, de la bonne santé, de l'amour à bonne hauteur.

    
Citez trois artistes vivants que vous détestez.
J'ai du mal à détester les gens en général et les artistes (les vrais, pas les vendeurs de soupes industrielles) en particulier.
Il faudrait pour ça qu'ils aient fait du mal à quelqu'un que j'aime.
(réponse 2006, n'a pas bougé)
      
 
Que défendez-vous ?
les vieilles valeurs féministes, humanistes, démocratiques, non marchandes, de tolérance, de partage et de préservation de cette planète, si désuètes et méprisées.
(réponse 2006, n'a pas bougé mais est devenue encore plus d'actualité)
J'ajouterais en 2013 le mariage pour tous et le droit de pouvoir choisir de mourir dans la dignité.
    
 
Qu’êtes-vous capable de refuser ?
n'être qu'une amie pour un homme qui m'a donné envie de l'aimer.

      
Quelle est la partie de votre corps la plus fragile ?
Voilà qu'à présent je n'ai plus de fragilités particulières (ça alors !). Vive le sport et le fait d'exercer un métier un peu physique.
   
 
Qu’avez-vous été capable de faire par amour ?
(presque) mourir et plusieurs fois (réponse 2006, hélas toujours valable)
    
Que vous reproche-t-on ?
De ne pas tenir compte de ce qu'on ne m'a pas dit.
De ne pas laisser les autres abuser de ma gentillesse au delà d'un certain point.
(très ponctuellement : d'avoir laissé pendant 4 heures un blog confidentiel sans protection)

   
A quoi vous sert l’art ?
à être humain.
   
 
Rédigez votre épitaphe.
« C'est dommage, y a pas l'internet» (réponse 2006, mais peut-être que depuis, l'enfer s'est équipé ?)
"Profitez du bon, c'était maintenant".
    
   
Sous quelle forme aimeriez-vous revenir ?
un fantôme favorable (réponse 2006, inchangée)
   
   
addenda du 07/07/13 : à la réflexion à la question qu'aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire, je remettrais peut-être le vélo de 2006 mais d'un modèle acceptable pour faire du triathlon ou, pour rêver, des Ondes Martenot.
(je suis tombée vendredi soir amoureuse de l'instrument - hélas coûte une fortune même dans sa version numérique qui est encore abordable -)