L'importance de la voix


    Réveillée entre autre par le journal d'informations de 6h30 sur France Culture et où la voix qui doublait Trump (à partir de 6'13") bien timbrée et comme triste, de quelqu'un de cultivé, donnait presque l'impression qu'il n'enfilait pas des horreurs à l'emporte-pièce comme à son ordinaire. 

À ce point c'était impressionnant.

Dans la même journée lu / écouté ceci au sujet des règles qui gênent les chanteuses lyriques.  Je n'ai jamais pensé que ça pouvait influer comme ça. À mon faible niveau d'amateure le temps que je pratiquais (1), ça influait en terme de fatigue (les 2 jours avant et les 2 jours du début), sans doute à cause de mon anémie ; de petites maladies aussi, puisque ces jours de relative faiblesse étaient ceux de choper des rhumes, qui ne sont pas les grands amis de la voix chantée. J'ignorais qu'il y eût un effet sur la teneur de la voix elle-même. 

Et pour finir, la voix de Jacques Brel, cet affreux misogyne (2), cependant si poète, et zbeul émouvant.

 

(1) interrompue par ce que les horaires d'une #VieDeLibraire sont peu compatibles avec des répétitions de chorales et que les cours de chant classique n'étaient abordables que tant que je bossais à l'"Usine" et qu'ils étaient pour partie financés par le comité d'entreprise. 

(2) Tiens, comme Simenon, assez.


À travers la musique, une révélation

    Grosse journée en perspective : rien de tout ce qui avait été mis sous le boisseau pendant le festival de cinéma d'Arras ne s'est arrangé en mode génération spontanée, on ne s'en surprendra pas et c'était sans compter les petits tracas extérieurs qui se sont fait une joie de surgir entre temps.

Du coup j'ai regardé un petit TED pour me donner courage. Celui de Benjamin Zander sur la musique classique. C'était le bon, il contenait quelques révélations - concernant l'écriture, hélas pas au programme de la journée pour moi -. Gratitude. Et voilà le courage retrouvé.


Morts étranges de compositeurs


Capture d’écran 2018-11-20 à 22.00.40     Qui a eu cette idée folle de compiler sur France Musique les décès très SFU d'un certain nombre de compositeurs ? Le résultat est surprenant et fascinant. 

Respect à Enrique Granados, mort en tentant de sauver sa femme qui se noyait après que le bateau où ils circulaient ait été torpillé par l'armée allemande (c'était pendant la première guerre mondiale). Les photos sont très belles. 

(photo : Sergueï Prokofiev jeune, trouvée ici, j'espère qu'il n'y a pas de tracas de droits)
article de Léopold Tobisch


Dimanche soir


    (notes en vrac posées en dormant) 

J'aurais voulu aller courir en forêt puis continuer à préparer des cartons de la maison de Taverny, mais voilà, il pleuvait à verse au moment du réveil et lorsque le soleil splendide est revenu nous étions déjà dans l'optique du travail à accomplir. 

J'apprends que mon père savait depuis 1973 pour la thalassémie. Pourquoi n'a-t-il rien dit ? Pourquoi ne nous a-t-on pas alors à ma sœur et moi fait passer les examens qui auraient alors pu nous rassurer sur notre mauvaise santé ? Je sais qu'en ces années-là on ne parlait pas aux enfants de la santé de leurs parents. J'en retrouve triple confirmation. Je sais que lorsque j'étais teenager mon père a subi à la clinique d'Enghien une brève opération. À ce jour j'ignore toujours de quoi il s'agissait (je suppose : une hernie).

Je découvre que la petite maison normande n'a pas comme je le croyais été construite après la guerre, lors de la reconstruction mais ... bien avant (quand ?) et achetée par mes grands parents lors d'une vente sur folle enchère , ces ventes à la bougie. En 1943. Ça mérite un billet à part. Le document retrouvé est magnifique.

Pendant ce temps la côte sud du Texas est la proie d'un ouragan et de pluies diluviennes. Il était annoncé mais si j'ai bien compris avait été (volontairement ?) sous-évalué ce qui fait qu'aucun ordre d'évacuation n'avait été donné. Son ampleur prend les gens au piège d'inondations dignes des meilleurs cauchemars. Vu en particulier une video prise dans les locaux de la station météo, où l'eau monte à vue d'œil avec une force inouïe.

Trump s'en fout il vaque à ses usual conneries. 

Je retrouve de vieilles allumettes dans un cadeau de fête des mères. Leur odeur aussi. Il devait y avoir du souffre et plus aujourd'hui.

C'est un soir de vague à l'âme. 

Pourtant j'ai retrouvé deux lettres magnifiques de l'homme de la maison alors fou amoureux fou [de moi] à mes parents. Il était alors à faire son service militaire en temps que VSNE à Ouagadougou.

Je retrouve de mes lettres d'adolescente à mes parents et ma sœur lorsque par exemple je séjournais à Miniac-Morvan. Elles sont marrantes. Je l'avoue : je suis assez fière de l'épistolière que j'étais à douze ou quinze ans. Quant à la diariste elle était redoutable de précision. Je n'imaginais pas à quel point j'allais rendre service à la moi de plus tard en décrivant chaque journée, scrupuleusement. 

La chambre qui fut celle de ma sœur puis de mon père est à présent vidée. J'ai donné quelques jouets.
L'homme s'est attelé à des tâches de ménage. Courageusement. 

J'ai trouvé une lettre de refus (pour des poèmes de ma mère) d'une élégance folle. J'ai retrouvé aussi toutes sortes de marques de ses succès dont elle parlait peu (ou alors : étais-je à ce point inattentive ?).

Beaucoup de documents sur la petite maison [de La Haye du Puits] qui se fait cambrioler à répétition par le voisin cette année. Un des entrepreneurs qui a travaillé sur le chantier de sa remise en état demande dans un courrier à mon père s'il peut retarder d'une semaine son intervention parce qu'alors son fils sera en vacances et qu'il veut en profiter pour lui montrer le travail. 

J'apprends que là où est actuellement la salle de bain - WC se situait un sellier. Attenants à la maison il y avait des clapiers.

En soirée j'écoute des chansons françaises des années 60 et 70. Tout est parti d'une chanson de Maxime le Forestier.

Il se fait tard et je tombe de sommeil. 

 


Qui était Jean Blanzat ?

 

    Entre mes lectures personnelles de malade et ce que ma #viedelibraire m'a appris, il est rare que je tombe sur un écrivain français "classique" inconnu. Je n'ai pas tout lu et ne lirai pas, beaucoup des grands vieux messieurs morts, pas tous, au style peut-être très classe mais à la vision du monde androcentrée et portés sur les choses de gloires et de concurrence (1) ne m'intéressent guère. Je préfère infiniment les œuvres de leurs quelques consœurs à  mes yeux souvent plus intenses, subtiles et sensées. Il n'empêche que je connais leur existence, leur prénom en plus du nom, leurs œuvres principales, une idée de la période de leur vie, ce qu'ils ont traversé. Et qu'à un lecteur potentiel et curieux à leur sujet, je saurais en parler. This is my job.

Et puis de plus en plus rarement, je parle bien de ceux qui ne connurent pas ce siècle, car il y a parmi les contemporains de nombreux inconnus, le temps n'ayant pas encore fait œuvre de décantation, voilà que je découvre l'existence d'un auteur dont je ne savais rien. 

Le plus souvent il s'agit d'une femme, restée dans l'ombre du fait que la société offre davantage de lumière aux garçons. 

Hier il s'agissait d'un monsieur.

Une femme avait traversé un morceau de Paris pour trouver quelque ouvrage de lui que nous étions probablement les seuls à avoir. Elle était tout heureuse d'en trouver.

Il s'agissait de Jean Blanzat.

Soit ma mémoire me joue des tours - ce qui n'est pas exclu, les coups durs de 1983, 2006, 2013 et 2015 et le changement brutal de vie de 2009 ont laissé des traces, et quelques micro-amnésies de "juste avant" -, soit je n'avais effectivement jamais entendu parler de lui (2), ni rien lu, évidemment.

Voici donc Jean Blanzat, ce grand oublié, peut-être de peu de monde (Comment ça, tu ne connaissais pas ?) mais en tout cas de moi, connu principalement pour son roman Le faussaire, paru en avril 1964, et qui fut résistant et ami de Jean Paulhan - d'où mon étonnement de n'en avoir rien su - (3). 

Dès que je le pourrai j'irai y jeter un coup d'œil. Sa lectrice a su éveiller ma curiosité.

 

(1) J'ai dit ça le plus élégamment que je trouvais.
(2) Je connais plutôt bien le fond de la librairie dans laquelle je travaille depuis quelques semaines mais pas encore son intégralité. Nous ferons sans doute en juillet un gros travail le concernant, donc pour l'instant je me consacre plutôt à la gestion courante, mais il y aura de la belle matière.
(3) Cela dit il est souvent, sur la photo, celui qu'on ne voit pas.


Clip en 360


    C'est sans doute une découverte tardive, les amis s'exclameront, Comment tu savais pas ? Mais désireuse de me changer les idées de l'actualité (entre Trump qui se révèle être vraiment le va-t-en-guerre qu'il promettait et l'attentat à Stockholm et la campagne électorale française qui me fait peur et honte), j'ai flâné un peu sur les réseaux, et pas seulement le "nouveau".

Comme j'avais une question (bête) à lui poser sur son roman "V.I.P." dont la lecture m'a régalée - un polar à l'ancienne avec des dialogues à la tontons sauf que les femmes y ont des vrais rôles et même des désirs et qui au passage décrit fort bien les milieux dirigeants de notre pays - je suis passée par le compte twitter de Laurent Chalumeau, et j'y ai écouté ceci. J'ai trouvé le clip très intéressant, et en creusant suis tombée sur sa version en 360 : 

 

 

J'en suis restée bluffée.

PS : rien à voir mais aujourd'hui j'ai appris le mot quérulence (délire de revendication qui amène à multiplier les actions en justice)


Deux réponses à des questions triviales que je ne m'étais pas (ou à peine) posées

 

    Journées archi-pleines, salon du livre, stage de natation, lectures en retard de ce sombre hiver ... La vie m'est redevenue vive (et comment) mais le temps personnel disponible n'est pas franchement revenu pour autant. 

Au passage j'ai appris deux choses comme je les aime : d'une probable parfaite inutilité, mais qui répondent à des questions concrètes que je ne m'étais pas posées.

Ainsi :

Les nageurs de compétition de très haut niveau, passent une partie très importante de leur temps à ... manger. Je ne suis pas stupide, je me doutais que comme la plupart des sportifs de haut niveaux ils avaient besoin d'un apport calorique supérieur à la moyenne. Seulement un ancien jeune espoir qui a tâté des entraînements à doses sérieuses expliquait qu'un Phelps dans son sommet ou ses collègues, pour avaler leurs kilomètres de piscine quotidiens avaient besoin de 12500 calories / jour ce qui faisait en gros l'équivalent de cinq repas. Et qu'en période de préparation pour une compétition précise leur vie c'était nager, manger, dormir.
Depuis ce week-end je suis admirative d'eux pour une raison supplémentaire que je n'avais jamais envisagée avant : comment font-ils pour préserver leur peau du chlore ? Avec ce week-end au cours duquel j'ai (nous, les camarades de club tout autant, avons) passée (passés) 7 à 8 heures dans l'eau de différentes piscines, j'ai dû me tartiner de crèmes hydratantes pour que ça cesse d'être rouge et de tirer. Si les champions doivent s'enduirent leur grand corps à chaque fois qu'ils ont un entraînement, ça doit finir par former des heures cumulées de traitement.

Il m'est arrivé plus d'une fois de m'étonner des éditions aux couvertures en papier à peine plus épais datant des années 20 à 40 du siècle précédent. Or il s'agissait souvent de grandes maisons d'éditions. Il a fallu qu'au salon du livre j'écoute un des responsables des éditions La Pléiade pour apprendre qu'en ces temps-là on considérait que chaque acheteur de livre allait ensuite procéder lui-même à la mise en reliure de l'ouvrage. 
Tout simplement. 
Peut-être que pour tout le monde c'était évident. 

 

 

 


Respiration glosso-pharyngée

(Grand merci à Chantal, qui vient peut-être de me rendre un profond service)

Tout est parti d'un statut entrevu la veille sur le fil FB d'une amie. Il se trouve que les histoires d'apnée m'intéressent, mélange des conséquences d'une enfance passée à beaucoup tousser (et d'une facilité à être malade de ce côté-là), de mon appétence pour la nage et tout ce qui s'y rattache, du travail que j'ai fait lorsque je chantais, et d'une curiosité liée à la thalassémie - tout ce qui peut aider à mieux respirer, doit pouvoir faciliter la vie quotidienne -.

J'aime aussi beaucoup nager sans trop prendre de respirations, ça peut paraître bizarre, mais je trouve ça fatiguant. Et donc je sais comment avec palmes parcourir 25 m, je mesure combien il n'est pas évident de faire davantage. 

Alors j'y vais voir, 175 m sous la glace, ça me paraît inatteignable - même pour un homme jeune et de pleine santé et s'entraînant et ayant un cœur lent et pratiquant différentes sortes de mises en condition -. Depuis que mon corps supporte moins mal qu'autrefois le froid, le côté "glace" m'impressionne moins, alors je vais voir de plus près les records sans conditions particulières. 

 

 

Fascinée, je vais voir une V.O. en italien  

 

Il y est question d'une technique de respiration particulière, le "frog" ou respiration glosso-pharyngée, je trouve un .doc qui l'explique, au départ elle sert aux patients atteints de pathologies qui les gênent pour respirer.

Songeant à La fille aux craies - je pense à elle souvent, ce dialogue interrompu -, je poursuis mes recherches et un jeune homme qui avait 22 ans en 1973 fait une démonstration instructive mais si triste (1), puis je trouve une video technique glossopharyngeal breathing 

 

 

et je ne sais pas encore exactement en quoi, mais je viens d'apprendre quelque chose qui me servira.

C'était donc une belle journée.

 

(1) Il travaille à sa survie, le présentateur frétille devant le spectaculaire.

PS : Et le danger, je m'en doutais, c'est le blackout. Celui-ci particulièrement impressionnant car je ne sais pas à quels indices les plongeurs accompagnant le décèlent, le plongeur à mes yeux de non-connaisseuse semble continuer. L'autre, que je ne connaissais pas est le samba (perte de contrôle des muscles)


Their little China girls


Capture d’écran 2017-01-30 à 19.39.24Ce n'est pas parce que des fous sont au pouvoir (enfin surtout un) et que la mort rôde un peu trop près ces derniers mois, qu'il faut oublier de se cultiver. 

Voici donc un bel article d'Atlas Obscura (1) sur les China Girls des débuts de bobine au cinéma. 

C'est beaucoup plus qu'anecdotique. Et très porteur d'histoires et marqueurs d'époque. 

J'ignorais, je crois, leur existence, il me semble que c'est la première fois que j'en entends parler, je croyais qu'il y avait des mires avec toutes les couleurs ou toutes les nuances de gris comme celles de la télé de quand j'étais petite. J'ignorais (ou j'avais totalement oublié) qu'il y eût des visages humains. Pourtant je connaissais l'histoire des Shirley cards en photographie (et l'absence de calibrage sur des peaux autres que blanches, pendant fort longtemps). Leur nom viendrait de mannequins de porcelaine utilisés dans les tout premiers temps (ou d'un maquillage destiné à faire que les modèles y ressemblaient).

Et accessoirement, un an après la mort de l'artiste et trente-quatre ans après le succès de cette chanson, je viens seulement de piger le sens complet des paroles du China girl de David Bowie.

It was about time.
(Rigole, va)

 

[copie d'écran issue de l'article]

(1) 'The Forgotten "China Girls" Hidden at the Beginning of Old Films' by Sarah Laskow

PS : Et au passage la découverte du blog passionnant pour les cinéphiles, de la Chicago Film Society

 


S'il pleut à la Saint Médard

    Le beau temps se tourna en pluies, de l'abondance et de la continuité desquelles personne de l'armée n'avait vu d'exemple, et qui donnèrent une grande réputation à saint Médard, dont la fête est au 8 juin. Il plut tout ce jour-là à verse, et on prétend que le temps qu'il fait ce jour-là dure quarante jours de suite.

Saint-Simon, mémoires, chapitre 1er 1692

Je connaissais le diction "S'il pleut à la Saint Médard, il pleut quarante jours plus tard", j'ignorais qu'il fut un temps où l'on entendait plutôt s'il pleut à la Saint Médard il pleuvra quarante jours de rang.