Travail salarié, une séance de kiné, travail administratif et d'intendance

(lunedi)

J'ai tant travaillé que je n'ai pris aucune photo. Nada, rien. Signe aussi d'une journée métro boulot dodo (pour mémoire : nouveau CRM, ce qui oblige à davantage de concentration)
Il a fait beau et chaud.

Seule respiration : une séance de kiné prise à titre préventif mais qui au bout du compte est tombée à point pour me sauver d'un mal de dos naissant. 

Travail administratif en soirée, et aussi réserver des billets de train pour le stage de triathlon. Il faudrait également s'occuper d'autres réservations, seulement elles ne dépendent pas que de moi. 

La guerre se poursuit en succession d'horreur. Zelensky tente encore de sauver son pays. L'Europe se dote d'une unité armée.

Un reportage entrevu sur la 5 (c'est notre fille qui regardait lorsque je suis rentrée) nous informe qu'en 2030 les piscines de La Hague seront saturées.
En ce siècle encore assez neuf, un enjeu majeur grave chasse l'autre. Et ça ne semble faire que commencer.
Une partie des gens qui ne porte plus de masques alors que la pandémie ne s'est guère calmée le font en mode On n'est plus à ça près.


Bon petit samedi, bref résumé

(sabato)

 

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"[...] a-t-on le droit d'être heureux face à l'inhumanité, de nous soustraire à un désastre dont nous ne sommes pas directement responsables? Ou au contraire, faut-il plus que jamais cultiver des bulles de paix intérieure pour contrebalancer la violence et le chaos?"

écrit Carl Vanwelde dans ses carnets 

Je me pose la question chaque jour depuis un peu plus de deux années, et commençais à peine à me la poser avec moins d'intensité lorsque Poutine a décidé de lancer une guerre, comme si l'éventualité du retour à une situation relativement calme, du moins en occident, lui pesait.

Aujourd'hui, c'était pour nous l'option 2 car notre charge de travail est forte dans nos emplois respectifs alors il faut à tout crin que les week-ends nous offrent un morceau de récupération.
Alors en vrac : 

une expo un tantinet présomptueuse : une seule salle.
un film de propagande architecturale très réussie (mais nous n'étions pas venus pour ça à la base)
une balade dans Paris stupéfiés par la foule du samedi.
Nous avions oublié la foule, comment c'était.
Je garde mon masque, j'en attrape une guêpe. Même à pleine main elle ne m'a pas piquée.
Notre Dame en façade.
des militants politiques hors-sol (quelles sont leurs vies à ses gens bien mis ?) à deux pas de là où un ancien international de Rugby argentin venait de se faire assassiner par balles.
un trajet fulgurant en métro - on s'habitue mais l'admiration demeure -
une qualification au 1500 m à Belgrade (Jakob Ingebrigtsen)
une médaille d'or en pommel horse à Doha (Rhys Mclenaghan)
VPN pour les voir
tentative d'écluser la fatigue.
Nous avons vieilli, les ami·e·s aussi
soirée brièvement familial mais nous tombons de sommeil.

L'Ukraine n'était pas absente : une devanture de librairie à ses couleurs, une manifestation croisée que les forces de l'ordre pour une fois ne semblaient pas nasser.

Poutine s'est affiché avec une parka italienne qui vaut une année de SMIC (français, en gros). Au delà de tout autres considérations, je n'imaginais pas, qu'à part fait à main par une star de la haute couture un manteau puisse tant coûter.

 


La station Lucie Aubrac

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Journée engloutie par le boulot, 9h travaillées, 11h ressenties (il y a avait une formation, mais d'autant plus de taf après).

À en oublier non pas la pandémie, car depuis deux ans qu'elle est là, la voilà ancrée. Ça fera bizarre quand on n'aura plus de craintes de ce côté là (avant la suivante). Mais bien la guerre, complètement et jusqu'à l'existence de Poutine même.

Une fois sortie, l'ordi fermé, tout est revenu, bien sûr. Il n'empêche que j'ai vécu un paquet d'heures sans ce fond terrifiant qui nous (les gens de tous les jours) laisse impuissants.

Trop embrumée par la fatigue pour rentrer à vélo dans des conditions de sécurité raisonnables, j'ai marché jusqu'à la station Lucie Aubrac, par laquelle depuis son ouverture je n'étais jamais passée. 

Les voies en sont étonnament proches de la surface si l'on compare avec la station Barbara.

C'était Riccardo Cavaliere qui présentait les infos ce soir sur Rai News 24, et il fallait bien que ça soit lui pour que je puisse suivre malgré l'épuisement. 


Intéressant Vélotaf de retour

(sabato)

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Retour Vélotaf involontairement par Boulogne - une question d'accès aux ponts - d'abord dangereux puis un peu magique.

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Le travail a été légèrement moins intense. Résultat, j'ai pensé à la guerre avec continuité.

Des Ukrainien·ne·s courageu/x/ses ont manifesté contre l'enlèvement de leur maire par les troupes d'occupation russes.

Zelenski est stupéfiant dans son rôle de président courageux. D'une justesse de ton parfaite, d'un calme dans la tourmente.
La pensée insistante me revient que "Coluche aurait fait pareil". Et je ne sais que penser de cette pensée. À part rester admirative.

Macron, Poutine et Scholtz se sont téléphoné pendant 1h15 mais ça n'a rien donné. Cela dit, tant qu'ils ne cessent pas de se causer, un espoir ténu persiste.
Le Pape dit de bonnes paroles de paix, choisies avec finesse. Mais pourquoi Poutine l'écouterait-il ?

J'ai commencé à lire "L'Affaire Alaska Sanders" et inévitablement une idée d'écriture m'est venue. C'est pas sauvagement le moment. 


Un arc en ciel

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Une journée avec un arc-en-ciel ne saurait être une journée perdue.

Pourtant celle-ci n'a pas été glorieuse.

Les nouvelles de la guerre sont de pire en pire, les puissances qui pourraient aider souhaitant éviter l'escalade d'un conflit ouvert jouent la montre en agissant sur le volet financier (mais pas à 100 % car le gaz russe est devenu indispensable un peu partout) seulement en attendant que ce type de sanction fassent de l'effet, sur le terrain ça bombarde et ça tire et le froid et la faim et les maladies ne vont pas tarder à faire davantage de victimes que les affrontements eux-mêmes. Je les cueille en rentrant, après le dîner, vers 21:30, mais elles ne présentent pas de surprises.

On va assouplir les mesures pour tenter de freiner la pandémie mais hélas elle ne ralentit pas tant que ça (euphémisme).

Au boulot, je bosse a grandes goulées, et parfois sur quelques rares sujets qui me semblent me dépasser. Comme je ne suis pas en forme, car particulièrement fatiguée, ça me rappelle (de très loin) l'"Usine" jadis où l'on se retrouvait parfois désignés pour être le nom à invoquer sur un dossier au sujet duquel nous n'avions pas les clefs. Nous n'avions pas les moyens de donner satisfaction aux clients. Et quand nous transmettions leur inévitable mécontentement, nous prenions les reproches de nos hiérarchies en retour. Souvent derrière ces organisations bancales, des enjeux de pouvoir ou des conflits antérieurs qu'en étant au niveau grouillot de base nous ne connaissions guère.

À l'"Usine" c'était aussi une manière comme une autre d'éviter de verser aux gens le salaire mérité : on collait à chacun quelques dossiers sans issues et il était facile ensuite sur un bilan annuel de leur reprocher de n'avoir pas été excellents. Souvenirs d'un vieux temps, qui n'était pas de ceux qui font dire aux vieillissants que "C'était mieux avant". 

Nous avons tous été tellement occupés qu'il a donc plu sans que nous n'en sachions rien, c'est l'arc en ciel et l'état de la chaussée, plus tard, qui nous l'aura fait constater. 

J'essuie également quelques tracas bancaires avec conseillère injoignable - ça n'est pas faute d'avoir tenté ma chance à mes rares pause -. Dès 16:15 "Votre agence est fermée."
Soucis de personne qui dispose d'un emploi rémunéré et a la chance de vivre encore pour l'instant dans des lieux où la guerre ne menace pas directement. Je n'ai donc pas à me plaindre. D'autant plus que la bonne ambiance entre collègues (en toute fin de journée quand les sollicitations se sont espacées) et certains clients adorables sont sources de réconfort.

L'heure tardive de départ du bureau me fait renoncer à un retour Vélib puisque je dois travailler à nouveau le lendemain (1), et même la ligne 14 m'exaspère avec comme depuis quelques temps des messages inutiles qui nous prennent pour des cons. 
Quand je dis inutile c'est sans exagération, ainsi ce soir à 19:30 

"La ligne 14 vous souhaite une bonne journée. Et n'oubliez pas de garder le sourire"

Il ne manque plus que "The flavor of the day is strawberry" et le tableau serait complet.
Pour compléter l'ambiance, un message, fonctionnel celui-là était donné Porte de Clichy sur "un incident à la sortie cimetière des Batignolles" qui avait nécessité sa fermeture, et enfin en arrivant dans mon quartier une rue fermée à la circulation car garnie à peine plus loin par deux véhicules de pompiers et un du SAMU, 20220311_195612

et le moment vient vite où l'on se dit qu'il conviendrait de se coucher de bonne heure avant que les choses ne s'obscurcissent encore d'un ton.

Demain ne sera pas nécessairement meilleur, mais peut-être un tantinet moins fastidieux.


PS : Terminé la lecture de "L'Abolition des privilèges" de Bertrand Guillot (Les Avrils) découvert grâce à l'amie et libraire Erika. Je me passerai bien de la sur-couche narrative mais sais en apprécier les mérites pour rendre prenante la relation des moments historiques, leurs tenants et aboutissants et certaines subtilités. Il m'a donné envie de lire d'autres ouvrages du même auteur.

 

 

(1) Et donc ne pas rentrer trop tard pour ne pas me coucher trop tard pour tenir le coup le lendemain.

 

 


Deux semaines de guerre, plus de deux ans de pandémie, presque dix ans depuis la sortie d'un livre qui nous a changé quelques choses dans la vie

(giovedi)

Il ne faut pas se voiler la face, je tiens à noter quelque éléments chaque jour mais ce qui en occupe les 3/4 c'est le boulot, technique, téléphonique, sérieux.

Arthur Bauchet par sa façon au ski d'aller au delà du bout de lui-même a fissuré l'armure mentale d'impavidité que je m'étais fabriquée afin de tenir le cap au travail et sur nos projets sportifs et familiaux. J'ai pleuré en le voyant à l'arrivée, effondré et néanmoins heureux

J'ai manqué l'entraînement de natation mais pas celui de course à pied, après la journée assise à travailler.

Deux semaines que c'est la guerre, plus de deux ans la pandémie.

La publication du nouvel ouvrage de Joël Dicker dans sa propre maison d'édition (zéro trahison, la maison De Fallois ne devait pas survivre à son fondateur, tel était le souhait de ce dernier), m'apporte un réconfort, comme une promesse d'avenir.

 

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Je suis stupéfaite que la belle aventure de "La vérité sur l'affaire Harry Québert" ait déjà dix ans (presque) et me souviens du très vieil éditeur, venu à pied parler de sa découverte, avec une passion juvénile et qui semblait sincère.

 

 

Il y a en ce moment un sommet de chefs d'États européens à Versailles. Il était prévu concernant la pandémie, les mesures à prendre pour relancer l'économie. Il devient consacré à la guerre (et les mesures pour relancer l'économie aussi, finalement). 


Face à l'horreur, le boulot

(mercoledi)

Tandis que la guerre empirait en Ukraine, avec une centrale nucléaire de plus pour laquelle on peut légitimement se tracasser, et une maternité bombardée - quel soldat peut se sentir fier d'avoir largué ce qui détruit un tel endroit ? -, nous, on bossait.
Il n'y avait de place pour rien d'autre. Ou d'autres choses du même acabit : j'ai prolongé les tâches professionnelles par des démarches bancaires.
C'est une façon peu glorieuse de tenir le coup, en plus que nous n'avons pas vraiment de choix puisque salariés nous devons effectuer les tâches qui nous sont confiées.
Une collègue qui fut des Boat people évoque pour la première fois son passé. Et ce prof qui sur son temps personnel et leurs temps de déjeuner pendant le temps qu'il a fallu lui a donné des suppléments de cours de français.
Aidons tant que nous le pouvons toutes celles et tous ceux que nous pouvons aider.


travail, vélotaf et course à pied

(martedi)

La journée file dans le boulot, même si le midi une crêperie collective me fait (nous fait ?) du bien. 
Beau vélotaf de retour : comme il fait encore un peu jour je passe par le Bois de Boulogne et c'est cool, belle lumière. J'enchaîne sur la séance de CAP, il sera toujours temps de faire moins de sport si reviennent des temps de confinements (nucléaires ?).

Un leader d'extrême droite italien s'est pris une veste en Pologne où le maire de la ville où il arrivait lui a montré le tee-shirt pro-Poutine qu'il avait arboré fièrement il y a quelques années.
La Pologne propose ses avions russes aux Américains pour les pilotes ukrainiens qui savent les piloter.

La pandémie remonte, mais seuls les soignants tentent d'en parler et des personnes qui ont pigé que le prochain abandon des masques était une absurdité, bien trop prématurée. 

Les Russes sont privés de Coca, de fast-food, de cafés industriels alourdis et sucrés, la période de guerre risque d'être bonne pour leur santé (pour ceux qui seront du moins loin du front). 



Ne pas oublier

(lunedi)

 

Au terme d'une journée tout entière occupée par le travail fors quelques heures consacrée à l'intendance du corps (repas, séance de kiné) et les trajets (dont un à Vélib malgré le froid), je me dis que ça vaut peut-être malgré tout la peine de poser deux lignes ici pour dire simplement ça : quand on bosse à temps plein, on n'a le temps de rien. Et même si c'est la guerre tant que le job nous tient et que ça ne pète pas directement là où l'on est hé bien on bosse, on rentre, on se lave, on mange tant qu'il y a de quoi et l'on dort.

Pas évident d'être un élément décisif à quoi que de soit dans ces conditions là. Se tenir informer, déjà ça, relève d'un effort.


De la détente pour tenir

(domenica)

     Ce dimanche présentait un brin de fantaisie, sur la routine courir dormir de beaucoup de mes dimanche :
au soir aller assister à un meeting d'athlétisme indoor à Bercy. C'était un décalé de janvier, repoussé pour cause de Covid_19 et à présent sur fond de pandémie pas tout à fait finie et guerre. Les participant·e·s n'étaient que pour partie celleux prévu·e·s initialement. Et surtout il n'y avait pas de demi-fond, erreur à ne pas commettre à nouveau, celle de prendre des places pour un meeting à peu de sports : ce soir perche, triple saut et des 60 m avec et sans haies.
L'autre inconvénient ce sont les animations pesantes dont je me passerais tout à fait et qui gênent plus qu'autre chose. J'admire les athlètes de parvenir à se concentrer dans tout ce tintouin.

Je prends des photos ratées avec mon téléphone - il n'est pas en cause, mais le fait que je n'en maîtrise pas encore les rouages si -.

Le Joueur de Pétanque est mécontent : il aura écourté sa pétanque pour m'accompagner.

C'était pourtant une bonne façon de se défaire quelques heures de l'emprise de l'actualité. 

Quelque chose qu'un camarade de touites a, de son côté aussi, parfaitement saisi : Capture d’écran 2022-03-07 à 00.09.59