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20 billets

Les bonnes décisions


    Chez monsieur Samovar, source importante de réflexions, je lis ce soir 
"Ce qui compte, ce n'est pas de prendre les bonnes décisions, c'est de réussir à les aimer, en fin de compte."

Il ajoute "On met du temps, mais on y arrive".

Plus j'avance en âge, plus j'ai le sentiment qu'à moins d'être né·e·s dans un milieu social artiste ou aisé, on prend au fil d'une vie très peu de décisions réelles. On fait au mieux des choix face à des situations qui s'imposent. Dès qu'on tente de décider, les réalités de notre conditions sociales nous rappellent à l'ordre.
On parvient parfois splendidement à limiter les dégâts, on peut avoir des coups de chances, et un légitime sentiment de réussite.

Mais combien d'entre nous ont pu prendre des décisions absolues : ça me tente alors je veux faire ça.
Très peu, je crois.

Je n'en ai pris que quatre en bientôt soixante ans, des choix vraiment libres, des décisions qui ne dépendaient que de moi. Les autres étaient des choix à des intersections, des réactions face à des situations. Et la plupart du temps je n'ai fait que saisir les options possibles de limiter les dégâts face à différents coups durs qui s'imposaient à ma famille et moi. Il me semble que c'est assez général des classes moyennes. Que je suis sans doute représentative de ça. 

Je ne me plains pas, je m'en sors plutôt pas mal, en bossant dur, en ayant bossé dur sans arrêt. J'ai aussi eu des cadeaux et des chances. Tout tenté. fait de mon mieux, et n'ai pas de regrets.

Seulement j'en ai assez qu'on tente de nous inculquer que nous devenons ce que nous décidons, que nous sommes responsables de notre position. Oui dans le sens où l'on peut facilement tout faire foirer en faisant n'importe quoi. Mais on peut se donner un mal fou et ne pas s'en sortir. Car tout est fait pour que l'on reste en soute, à souquer.



Vrac covidé (happy Christmas anyway)

(venerdi)

 

(voix et moments divers et variés)    - Non mais si c'est Omicron, c'est 17 jours, l'isolement. 

- Mais non, seulement si tu habites sous le même toit. 
- Hé mais j'étais en télétravail, je ne savais pas. 
- Ben là tu le sais, et même ça serait bien d'aller te faire tester.
- Non, mais il n'y a que xxxx qui est vrai cas contact.
- Il faudrait que l'on avertisse yyyyy.
- Mais comment le joindre, il est parti mercredi soir à l'autre bout du monde. 
- Il avait fait un test PCR.
- Bon, alors finalement, que fait-on ?
- J'ai fait un test hier. J'en refais un aujourd'hui ?
- Mais zzzzz, il est malade ? Pas seulement cas contact ?
- Oui, tu ne savais pas ? En fait ça s'est déclaré le jour où il allait faire sa troisième dose.


* lectures collectives des documents sur le site gouvernemental officiel. séance de gloses, on n'interprète pas tout tous de la même façon *
* appels téléphoniques avec celles et ceux en télétravail, la malade qui demande qui elle doit déclarer *
* une collègue reçoit des appels de personnes de sa famille, il y a d'un autre côté des gens touchés, elle-même est cas contact officiel, même si négative pour l'instant, j'assiste en direct à l'annulation d'un repas de Noël, ou tout du moins son report.*

Toutes les questions que l'on se pose.
Finalement tout le monde ira sur son temps de déjeuner, se faire tester. 
Une personne a un autotest, comme elle comptait aller voir ses parents ou grands-parents elle avait de toutes façons prévu (au moins) une vérification.
Ça ressemble à un test de grossesse. Nous tentons d'en rire.
À la pharmacie, ce sont les mêmes tests, en fait.
Galère avec le téléfonino qui ne peut aller plus loin que la page qui s'ouvre du QR code de la pharmacie scanné. Plus tard j'arrive sur une partie de site à laquelle je n'aurais pas dû avoir accès. Je ressors puis attends un nouveau mot de passe. Mais d'autres n'auront sans doute pas mon attitude respectueuse. Tout le monde veut tripoter mon téléfonino, alors que je sais parfaitement le faire fonctionner. Et ne souhaite pas qu'il soit covidé.

Ouf, négative.
Merci à Covidliste qui m'a probablement permis d'effectuer ma troisième dose right on time.

Le Fiston et son Amoureuse de leur côté s'étaient fait tester par précaution pour tous leurs parents. J'éprouve une bouffée de reconnaissance.

Il fait doux et pluvieux. Je reviens à Vélib par moment électrique par moment pas trop, via le Bois de Boulogne, sans trace de prostitution, ce qui surprend (mais tant mieux).


Moment doux, un client dont la voix ressemble à celle qu'avait FDK, ainsi que l'accent. Me parle délicatement de la brume de mer à Saint Germain sur Ay à laquelle un jour lors de festivités du débarquement il avait assisté. Quelques minutes de trêve au sein du chaos. Je lui en sais gré.

Plus personne ne sait ce qu'il convient de faire : trop de cas contacts et de longueurs d'isolement, et tout coince, pas assez et trop de personnes risquent ensuite d'être contaminées et tout coincera encore davantage.

By the way, c'est Noël. Pour un peu, j'oubliais.



 


Alors on danse

(lunedi)

 

Une fois de plus un billet chez Carl Vanwelde est tellement bien vu que j'y repense après.

"[...] Les uns s'arc-boutent sur "une bonne hérédité" les dispensant de contraintes, les autres sur leur rassurante triple vaccination donnant accès au Pass, aux petites sauteries et aux câlins sans réserve des petits-enfants enfin rendus à leur affection. "C'est trop long docteur, on ne peut pas vivre ainsi tout le temps, et puis on est fort prudents." Alors on danse."

En plus qu'il me met en tête, je crois volontairement, une chanson si bien adaptée à notre période actuelle :

 



Covidliste m'avertit dans la matinée  qu'une dose de Moderna est disponible. Par acquis de conscience je clique sur le lien proposé. Jusqu'à présent les doses annoncées étaient systématiquement à Gagny en France et puis soudain, une dose était disponible à Paris, dans une pharmacie. 

Il a fallu obtenir l'autorisation de ma hiérarchie au déboté puisque j'étais au travail. En prenant sur mon temps de déjeuner et un peu davantage, ce fut OK.
Ça m'a permis d'aller dans un quartier de Paris auquel je suis peu accoutumée et de me reposer pendant les trajets (métro uniquement). La seule chose que je n'avais pas anticipée est que certes il n'y avait pas une longue file d'attente comme on peut le craindre dans un centre de vaccination, mais les personnes travaillant dans la pharmacie avaient aussi d'autres choses à faire, des clients à servir, des tests à effectuer. Ce qui fait qu'au bout du compte, l'attente n'était pas nulle. 

En revanche, même si j'ai dû matériellement attendre un peu que mon pass soit imprimé, je n'ai pas eu à attendre 15 minutes avant de repartir. Peut-être aussi puisque ce n'était qu'une demi-dose de Moderna après avoir déjà eu deux doses d'Astra Zeneca courant 2020.

Ce que j'ignorais c'est qu'il fallait aussi n'avoir pas de cas connus proches déclarés depuis moins de 14 jours. Personne de ma connaissance n'étant en ce moment atteint, ouf. Mais il ne faut pas tarder, dans la mesure où le variant Omicron est si rageur et vif à passer de l'un à l'autre que bientôt bien des vaccinations devront être différées pour cette simple raison.

En soirée j'étais suffisamment bien pour dépoter des travaux administratifs et même sortir et suspendre une lessive de draps - mais ça n'était pas la meilleure idée, le bras droit légèrement douloureux -. 

On verra bien la suite. En attendant, c'est fait et me voilà pourvue pour les jours à venir d'un brin ténu de sérénité.

J'ai honte parce que c'est se moquer de quelqu'un (même s'il s'est moqué de nous), mais n'empêche je suis re-partie à rire. Par les temps qui courent c'est précieux, alors je partage.

Il y a ceci aussi, dont je ne sais si mieux vaut en rire Capture d’écran 2021-12-20 à 23.44.38