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15 billets

Run Forrest, run (un semi marathon et quelques autres trucs)



Tiens, chez Fanny Chiarello, un billet de blog que j'aurais pu écrire, ce genre de choses m'arrive - du moins dans les périodes où il n'y a pas de catastrophe, collective ou individuelle en cours -. 

Au semi de Saint Denis en octobre 2018 j'avais mis 2h40'41'' ; à celui de Boulogne Billancourt en novembre 2018, 2h38''. À présent 2h33'46'' avec deux pauses pipi, ce qui fait qu'en temps réel de course j'étais sans doute vers 2h30'. Malgré la pandémie, une progression.

Seuls les trois derniers kilomètres m'ont semblé longs, sans que je ne sois plus que ça dans le dur. Pour le reste j'ai déroulé, pris un gel à 50 mn, utilisé les ravitos pour un peu d'eau et au dernier un quartier d'orange.

À l'arrivée j'ai eu une bouffée de larme, les deuils récents sous l'effet de la fatigue et du sentiment d'accomplissement re-surgissaient. Et puis Le Joueur de Pétanque m'attendait à l'arrivée, fier d'un temps plus qu'honorable (2h06), et un bisou + une jeune photographe qui nous a proposé de nous prendre ensemble et le moment compliqué était passé.

Le plus dur de l'épreuve fut le retour en métro, le froid commençait à nous gagner et le mal de jambes.

La petite bouffée de fièvre post épreuve a été légère et sans prendre le moindre médicament ni utiliser de pommade, les douleurs de fatigue aux jambes à 19:30 avaient disparu (1)

 

PS : La joueuse de tennis Peng Shuai qui avait disparu après avoir dénoncé un viol dont elle avait/aurait été victime de la part d'un dignitaire chinois, réapparaît ces jours-ci mais sans que ça ne semble très convainquant. En tout cas elle semble en vie (ou il lui ont trouvé une sosie) ; mais sa parole semble contrainte.
Source (entre autre) : un article des Décodeurs du journal Le Monde

PS' : Ici et là en Europe dont la Belgique manifestations violentes de no-vax, qui sont devenues des manifestations d'extrême-droite, ni plus ni moins. Rabia no-vax disent les journalistes italiens.
Ici et là en Europe des mesures de restriction qu'imposent la nouvelle bouffée épidémique sont prises. Mais ça ne plaît pas à tout le monde. Bizarre tout de même que des humains mettent tant d'énergie à aller contre leur santé. Leur sentiment d'invincibilité (sauf concernant les effets potentiels du vaccin, qui les effraient) est ce qui me laisse le plus perplexe.

 

(1) Après-midi passée au lit, tout de même. Récup à fond.

 

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Veille de course (et une rencontre)

(sabato)
 
C'est un bon samedi, avec une rencontre de celles qui pourraient compter, même à grande distance. 
Face à la pandémie, face aux périls environnementaux en cours et à venir, nous tentons de faire bonne figure.

Je perçois depuis un moment déjà que c'est notre monde confortable et faussement stable - quand j'étais petite le progrès et qu'il ne pouvait qu'améliorer les choses, semblait une certitude, désormais la rationalité même, la logique sont remises en cause -, qui était une illusion. L'état normal est le combat quotidien pour sa subsistance, et l'hiver se chauffer. Avoir de quoi boire (de l'eau potable, pas du whisky). L'état normal n'est hélas pas la paix.

Les trentenaires estiment qu'ils n'auront pas de retraite, qu'il n'y ait plus de monde ou plus d'argent. Un jeune collègue, le jeune auteur rencontré, mon propre fils, tous le disent. Le fait que les boomers auront enfin dégagé le terrain ne les rassure en rien. Mais je peux croire que la planète ira trop mal de toutes façons. 

J'effectue le matin un footing d'activation et de test des derniers petits équipements, prépare mes affaires, le soir, avec minutie. Je m'amuse à être sérieuse, comme si le niveau pouvait suivre. 

Un ami de mon club de triathlon (qui n'y est plus parce qu'il pratique désormais le duathlon niveau quasi pro, sauf qu'il ne gagne pas sa vie ce faisant, doit conserver un autre métier) est arrivé 25 ème aux championnats de France de cross country parcours longs, dimanche passé. Regardant l'épreuve sur Youtube en différé je le vois arriver. Et souris.

Dans l'émission de Tewfik Hakem, ils ont parlé de boxe et cinéma sans évoquer Enzo, je suis déçue.

Le soir, sur Rai Storia, je vois une partie d'un film italien de 1964, Omicron. Les œuvres d'anticipation du passé sont toujours un peu amusantes, d'une certaine façon.
 
Un ami écrit dans un texte partagé : "Ce qui se produit lorsqu'une personne meurt
– personne ne me l'avait dit –
c'est que l'histoire qui la constituait éclate.
Le récit cesse d'être univoque.
Le défunt se diffracte."
C'est profondément ce que j'éprouve concernant les trois deuils récents, mais je n'avais pas su me le formuler. Le lire ainsi, et le comprendre enfin me fait du bien.

Surtout pour celui avec lequel je n'ai pas su renouer avant qu'il ne soit trop tard, puisque j'ignorais son état dangereusement déclinant de santé. Je ne saurais pas si de son côté il n'avait pas souhaité me faire signe car il m'en voulait toujours d'avoir pris au pied de la lettre son message où il faisait semblant de ne pas tout à fait me congédier ou si c'était pour me ménager eût égard à ce qui auparavant nous unissait.
Pour le bon vieux pote mort tout récemment, c'est différent. Nous n'avons simplement pas eu le temps de boire ensemble un dernier whisky. 

Pour la première fois depuis toutes ces sombres nouvelles, c'était toutefois une bonne journée. La perspective de la course, la rencontre littéraire, les retrouvailles avec un bon ami de ce milieu des livres, où envers et contre tout certaines et certains tentent de bien bosser.

La remontée de l'épidémie a clairement sont épicentre en Europe. Pour autant on ne parle pas de nouveaux variants. Mais de personnes encore non-vaccinées, des enfants qui ne le sont pas et d'une durée d'efficacité des vaccins limitées (comme celui contre la grippe). Les différentes capitales européennes essuient des manifestations de protestation (contre les pass sanitaires, contre les vaccinations) avec des personnes qui ne prennent aucune précaution. Si seulement elles ne faisaient ainsi courir de risque supplémentaires qu'à elles-mêmes ...

Nous nous attendons toutes et tous à de nouveaux reconfinements. Pour ma part dans une sorte d'indifférence fataliste.
 
 
November 20, 2021, 22:55 GMT
257,393,136 cas dont 5,162,798 morts et 232,332,589 guéris
 
USA : +34,786 nouveaux cas ; 793,535 morts depuis le début ; + 400 morts ce jour ; soit 2,378 morts / 1 M d'habitants
France : +22,678 nouveaux cas ; 118,446 morts depuis le début ; + 23 morts ce jour ; soit 1,809 morts / 1 M d'habitants 
Italie : +11,555 nouveaux cas ; 133,131 morts depuis le début ; + 49 morts ce jour ; soit 2,206 morts / 1 M d'habitants
Belgique  +21,502 nouveaux cas ; 26,568 morts depuis le début ; + 42 mort ce jour ; soit 2,279 morts / 1 M d'habitants
Inde : +4,764 nouveaux cas ; 465,349 morts depuis le début ; nc morts ce jour ; soit 333 morts / 1 M d'habitants 
Japan : +159 nouveaux cas ; 18,342 morts depuis le début ; nc morts ce jour ; soit 146 morts / 1 M d'habitants
Royaume Uni : +40,941 nouveaux cas ; 143,866 morts depuis le début ; + 150 morts ce jour ; soit 2 104 morts / 1 M d'habitants
 

La journée efficace

(giovedi)

Il est impressionnant de constater combien d'activités permettent 2h30 à 3h00 économisées sur les trajets. 

J'ai pu : faire une séance de course à pied le matin, et une autre d'assouplissements le soir, m'occuper du linge, m'occuper de choses à payer, à commander, faire mes comptes, vider les poubelles, y compris celles de verre, lire les messages de ma messagerie personnelle, bien manger le midi (merci au Joueur de Pétanque, rentré tout exprès de son propre travail et qui a préparé le déjeuner tandis que j'étais au travail au salon), aller au soir récupérer un colis, et pour autant en effectuant 20 à 25 minutes de temps de travail en plus que l'horaire prévu et sans dételer fors le temps de passer aux toilettes vite fait. 

Après, il n'en demeure pas moins que le boulot est plus dur cloîtré en son salon, sans avoir les bénéfices de la dynamique collective, parfois sans savoir si le problème que nous soumet un de nos clients n'est pas le fait d'un dysfonctionnement général dont la communication ne nous est pas encore parvenue.

Il y a aussi que le collectif porte ses propres moments de décompression par la rigolade. Alors qu'enchaînant les appels dans mon salon, même si certains libraires ne manquent pas d'humour, ça rigole moins. 

Il y a eu un mini gag de colis inversé par un livreur entre nous et nos voisins de palier, c'était drôle, un peu comme dans une comédie.

Il est 22:35 et j'ai terminé presque tout ce que j'avais à faire sans tarder, contre 23:30 en général un jour de travail avec trajets. 
Je vais pouvoir lire ou me coucher tôt.

Reconfinement en cours dans certaines régions autrichiennes. Je me demande ce que ça va donner en France, alors que l'exécutif est désormais plus soucieux d'élections présidentielles que de santé (mais qui bien sûr ne l'avouera jamais).
En attendant nous recevons de la part des clubs de sports et des organisations de courses des injonctions à rester prudents, masqués autant de possible et disciplinés.


Le charme des réseaux sociaux

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Ce touite de Thomas Pesquet, j'en rigole encore. 

Et ça me rappelle un si bon souvenir de ma propre vie, un appel téléphonique que j'avais failli prendre pour une blague avant d'hésiter car il me semblait reconnaître la voix de la personne que j'avais failli envoyer bouler lorsqu'elle s'était annoncée, que j'ai un sourire béat depuis que je l'ai lu.

Zut, je pense soudain que l'ami récemment décédé était l'un des derniers capables de faire des blagues.

Je me souviendrais, je crois, de ce post de Baptiste Cartieaux qui, une fois n'est pas coutume, n'a pas atteint sur une course (effectuée dans des conditions climatiques qui ne faisaient pas de cadeaux, avec un gradient de températures de genre -10°c en quelques heures, je pense que ceux qui ont fait de bonnes performances ont des aptitudes d'adaptation thermique au froid hors du commun) l'objectif qu'il s'était fixé. Sagesse et maturité. C'est à ça que l'on reconnaît les champions. 
Et puis de nos jours, le fait que quelqu'un soit susceptible d'affronter des "jours sans" est plutôt bon signe, et permettent au moins de croire à une pratique du haut niveau propre possible.

La pandémie enfle à nouveau. Je ne tiens pas du tout à observer le résultat d'un carambolage entre 4ème ou 5ème vague de fortes contamination et campagne présidentielle battant son plein, mais il n'empêche qu'on risque d'y avoir droit.
Bizarrement je me sens protégée par la combinaison vaccin + rhume féroce le mois précédent (1). Je n'en reste pas moins la plus précautionneuse possible. FFP2 dans les transports en commun. Masques chirurgicaux partout à l'intérieur en compagnie, sauf pour boire et manger. Et aussi dehors en ville. D'autant plus que l'hiver ça tient chaud ce qui n'est pas un défaut.
Et bien sûr usage du gel dès que je touche des objets d'usage collectifs, précaution qui de toutes façons, du fait de la thalassémie et de ma propension en raison de l'anémie à choper tout ce qui traîne, m'était familière.

Si c'est possible j'essaierai d'effectuer un rappel de vaccination en janvier ou février, peut-être avec le Pfizer, puisque je me suis contenté du plus rustique (2) Astra Zeneca jusque là


(1) Dûment testé non covidien, mais c'est comme si le fait que j'en remonte et de la fatigue écrasante aussi m'avait redonné confiance en mes défenses immunitaires.
(2) Et risqué pour qui est pourvu d'une béta thalassémie, semblerait-il peut-être.


Toute ma vie j'ai eu cette impression d'être du dernier passage avant que le chemin ne s'effondre

(lunedi)

    J'en prends conscience en lisant le blog d'un ami, ses difficultés en tant qu'éditeur (et auteur), comme si les objectifs de rentabilités étant devenus absolument dominants, plus rien d'organisations logique et saines ne pouvaient perdurer. Car le sous-effectif (1) et la vente à outrance sont les seules façons de rendre rentable une activité.

J'ai connu le milieu bancaire qui comportait un sens du service - plutôt que devoir systématiquement refourguer des produits à des gens qui n'étaient pas demandeurs ni concernés -, j'ai connu le travail en librairie avec une once de liberté sur les retours (et dès lors des possibilités de prises de risques aux nouveautés), avec aussi une marge de manœuvre consentie aux employées (bon sang comme elle s'est réduite, sous des dehors tartuffes, revenant à dire, mais c'est ton rayon tu es libre et puis des exigences, derrière, de rotations efficaces et rentabilité), et dans mon boulot actuel les collègues légèrement plus ancien témoignent de temps où l'on avait le temps d'effectuer par soi-même des recherches ou bien de nouer des relations pas juste bonjour, bonsoir quel est votre souci, avec certain·e·s client·e·s.
J'aurais connu in extremis des triathlons ou compétitions de course à pied à la bonne franquette à présent, on en est à demander une faveur pour envoyer quelqu'un chercher un dossard à notre place si l'on travaille pour notre employeur aux jours et heures des retraits proposés.

La pandémie a accéléré le mouvement. Tout ce qui pouvait être pour le plaisir ou par humanité voire pourquoi pas bonté d'âme a été dégagé plus encore qu'avant. Il faut faire vite, ne pas prendre de risques, prononcer les mots clefs.

Le festival de cinéma tente encore de résister qui pourtant désormais doit proposer beaucoup d'avant-premières de films français - je n'ai rien contre eux, mais ils sortiront en salle quoi qu'il advienne, sont déjà dans les circuits -, pour pouvoir conserver leurs interstices de films plus originaux, innovants, expérimentaux, et venant de pays où le cinéma n'est pas encore ou pas toujours une industrie.

 

(1) ou le recours à de l'hyper précarité sous-payée ou au bénévolat.