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11 billets

Regarder courir, puis courir : marathon de Paris 2021

(domenica)

Ce qui est fou c'est que celleux que nous encouragions aux km 37 et 40,5 et qui semblaient si lents étaient quand même dans les 3h00 à 3h30 ce qui est déjà en soi formidable. 

Un de mes camarades s'est amusé à accompagner certains des nôtres sur un bout de chemin, il m'a semblé que c'était une bonne idée.

Chacun cherche ses potes.
J'ai manqué Goon, bien trop rapide, le coach Vivien (bientôt ex-coach), trop rapide alors qu'il se la jouait cool, et Running Addict et sa bande (suis passée avant là où ils étaient après).

Un gars courait en "Où est Charlie ?". J'en ris encore en plus que l'idée est jolie. 

J'ai calculé que si je pouvais courir un marathon sans faiblir par rapport à mon allure semi, ça donnerait dans les 5h35. Et ça c'est l'hypothèse "tout se passe fort bien".

J'en connais deux qui ont transformé familialement ce marathon en relai. Comme il n'y avait aucun podium en jeu j'estime que ça n'est pas tricher mais combler une lacune dans les propositions de l'organisation.

J'étais contente d'avoir récupéré un vélo opérationnel mais j'ai des doutes sur ma roue avant, d'autant plus qu'une de mes loupiotes a été sabotée. 

Nous sommes allés courir en fin d'après-midi, puisque Le Joueur de Pétanque était rentré d'un déplacement avec son club, et c'était pas mal comme horaire. Parfait pour tenir en respect le sunday evening five o'clock blues.

Le monde d'avant revient au galop, y compris au sens littéral : la patrouille à cheval a repris au Parc des Chanteraines. 
Il y avait aussi : le fait que le marathon ait lieu, le fait que personne ne portait de masque, le fait que plein d'avions dans le ciel à Gennevilliers, le fait que le petit train du parc a repris ...
J'ai eu cette pensée enfantine : si le monde d'avant revient, retrouverons-nous vivants les morts de la période ?

J'avais trois bricoles administratives à faire, j'ai trouvé au soir l'énergie pour une seule (la licence de triathlon). 
Enfin, je le note pour moi, en point de repère : ça va mieux du rhume mais ça racle encore. L'effort sportif me le fait sentir. Et le réveil, au matin.

 

 


Julie (en douze chapitres)

 

    Pour la première fois depuis fort longtemps j'ai pris le temps d'aller au cinéma. Je suis les films de Joachim Trier et y étais allée sans même m'enquérir du scénario (j'aime bien faire des découvertes). Je suis désormais si vieille que certaines scènes ou situations me laissent de marbre, en revanche c'est peu dire que la fin m'a touchée au cœur, ce qui concerne le fait de connaître quelqu'un de gravement malade.

Au cinéma le pass sanitaire est requis.
(je le note pour que l'on sache, plus tard). 
Dans la salle un peu plus de la moitié des gens (dont moi) gardaient le masque, même si je crois qu'il n'est plus obligatoire du fait du premier contrôle - ce que je trouve assez absurde en fait : être vacciné limite les risques mais n'empêche pas d'être porteurs -. Il y avait un petit monde mais la salle était grande nous étions bien répartis.

Le plaisir d'aller au cinéma à pied en passant par un parc où les gens se baladent ou s'activent. Et que c'est samedi, et que je ne dois pas aller travailler. J'avais oublié.

J'avais eu la force d'une séance de CAP assez costaud le matin (1h20) mais je n'ai pas eu celle d'aller nager : je m'étais tout bonnement assoupie. Mes affaires étaient prêtes.

J'écoute les bruits de la ville et ça m'apaise.
Lu, horrifiée, l'enquête des Jours sur les fausses victimes du 13 novembre.

J'oubliais : être réveillée au matin par les voix de Tewfik Hakem et Romain Slocombe, ce bonheur.


La journée oblige à bouger

(martedi)

Il est impossible de s'appesantir. Perspectives de travail pour l'un, boulot dense pour moi après un début de matinée calme (une panne, seul moyen pour nous de nous mettre à jour).
Comme chantait Souchon On avance, on avance, on avance.
Ma mémoire fait seule la route dans l'autre sens, comme si la fin l'autorisait à rediffuser des images à présent qu'elles ne sont plus porteuses du moindre danger. J'avais fort bien tourné la page.
Mais je dois bosser, puis m'entraîner. Malgré un ticket de dernière minute j'y parviens, un test de 5 minutes est couru à 6'08'' comme allure, ce qui est extrêmement lent pour le commun des mortels mais pas mal du tout pour moi en sortie de rhume.

Le regain d'énergie me donne droit à une soirée que de fait, je mets à profit pour une kyrielles de petites choses à faire (dont le paiement d'un reliquat d'impôts locaux, la vie passionnante, n'est-ce pas ?).

Il y a une potentielle perspective d'un retour à la vie semi lyonnaise, et même si la séparation induite me navre, le côté stimulant m'en plaît, qui tomberait à pic. 
Je dois faire face à un afflux inhabituel d'idées de roman, comme si elles m'avaient été transmises dans une ultime tentative que quelqu'un prenne la relève. La retraite, hélas, est trop loin. 

Les pass sont moins souvent scrutés. On dirait qu'on s'est habitués à perdre en ce pays une cinquantaine de personnes par jour, comme si bon voilà, il faut s'y faire, c'est comme ça. Je n'aime pas ça. 

 


Le chauffage, peu de choses

(lunedi)

    Toute la journée, dès que l'intensité de ce qu'il y avait à faire baissait, j'écrivais mentalement ce billet que j'espérais d'hommage ; quelques considérations plus générales aussi sur les tours que nous joue la mémoire. Le poids de l'absence, même si l'absence déjà précédait.

Et puis en rentrant, tard, j'ai trouvé à l'appartement du chauffage. 
Nous dépendons du chauffage urbain et ses modalités de fonctionnement sont pour nous un mystère, que nous n'avons jamais eu le courage de tenter d'éclaircir.
La semaine passée, à l'intérieur, j'avais froid.
Et voilà que c'est terminé de devoir endurer.

J'en ai oublié les considérations sensibles qui occupaient mon cœur et mon esprit. Le soulagement physique a submergé la fatigue professionnelle, ainsi que toutes les peines qui me préoccupaient ; du moins pour le restant de soirée.

Nous sommes peu de choses, fragiles humains.