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Devoir se faire à l'évidence


    Je parviens à assumer le boulot, à tenir le cap et le rythme, par moment plus difficilement mais je pense décemment.
Je parviens à assumer une partie des entraînements nécessaires à ma vie de triathlète. Sans celle-ci je ne serais de toutes façons pas en état d'assurer au travail.

Je suis en bonne voie de parvenir à refaire mon retard en terme de suivis de santé et actes nécessaires (des soins dentaires actuellement).

Je peux, si ça n'est pas trop souvent, m'accorder une activité de soirée : réunion d'une association dont je fais partie, rencontre à laquelle j'assiste en librairie ...

Mais si un soir je sors, il devient impensable de trouver en rentrant l'énergie, plus que le temps, d'écrire ici. C'est illusoire.
L'âge c'est : devoir se coucher au plus tard à minuit afin de pouvoir tenir la journée de labeur qui suit.

L'écriture en prend un coup, la radio, de facto, c'est fini (et j'en suis si triste), la BNF me manque terriblement (mais je ne désespère pas d'y retourner). Et bien sûr les ami·e·s.

Je m'aperçois que de façon insensible mais visible à présent j'ai quasiment renoncé à l'alcool et aux viandes. Je n'en consomme plus guère que lorsque je fais partie d'un groupe, invitée ou au restaurant et parfois en Normandie, et nous y sommes, fors confinement, rarement.

Plus que trois jours et ma semaine de boulot sera finie. J'ai un entraînement de CAP demain matin, une séance de natation vendredi, une soirée samedi. Les choses, désormais, se décomptent ainsi.


un village peuplé d'irréductibles gaulois (Il se prépare)

Capture d’écran 2021-09-13 à 13.05.47

Ça me fait sourire depuis que je vois la tendance enclenchée, parce que tentée par moi-même dès le premier jour, mais alors noyée dans les ennuis financiers, il était totalement exclu que je puisse faire quoi que ce soit d'un tantinet patrimonial, j'ai vu venir le mouvement gros comme une maison (c'est le cas de le dire).

Mais voilà qu'au fil des ans toute la bande que mon cerveau appelle "de l'hôtel des Blogueurs" (1), au lieu d'Houlgate colonise gentiment un village breton : qui se rapproche de la retraite ou y est enfin, qui a décidé de quitter Paris et de télétravailler à fond, qui a fait un petit héritage qui sera ainsi pour le mieux employé ...

Je sens que quand la France aura basculé au main d'un pouvoir politique de haine officielle, il restera comme dans les Astérix un village peuplé d'irréductibles Gaulois, qui ne revendiqueront surtout pas leur appartenance à un clan car ils sont au contraire de grand cœur et larges d'esprits.

La vie comme souvent me placera un peu à la marge (2) puisque mon héritage s'est trouvé normand et lié à l'origine de ma mère. Donc je serai dans la bonne direction,  mais pas tout à fait tout près, cinq heures de route en gros, et pas de liaison en train. Si j'avais de la fortune et pas le mal de mer ça serait jouable par bateau. Il est probable que si la santé me reste, je me la jouerais un jour "rando vélo".

Quoi qu'il en soit, je n'ai ni le temps disponible ni la surface financière pour assumer deux logis à l'ouest en plus de celui d'à Paris liés à nos emplois et à proximité de nos enfants, pour sans doute un moment encore. En attendant, j'apprécie le mouvement et souris largement. L'idée d'un havre de paix possible, même si je n'y serai pas, me plaît. Me voilà rassurée.

 

 

(1) Même si c'est approximatif, d'autres sont venus par après.
(2) C'est assez impressionnant je ne peux jamais faire partie d'un groupe complètement, et ça n'est pas par choix, il y a toujours un élément de différence, qui m'empêche d'être là à 100 % et de ne pouvoir participer à tout à fond (très souvent c'est l'emploi et ses contraintes, depuis quelques temps l'âge et ses limites, pendant longtemps le manque d'argent ...)


L'objet de ma vie - préparation

 

    Dans le cadre d'un projet de L'aiR Nu, L'objet de ma vie, j'ai ce week-end tenté de réfléchir au sujet d’un objet qui compte (ou a compté) dans mon existence, à partir duquel je pourrais évoquer un moment de ma vie.

Quand le sujet avait été une première fois dans un message en juin évoqué, j'avais pensé quelque chose comme Oh la jolie idée et puis je m'étais replongée dans mon rythme métro ou vélo, boulot, dodo. J'avais en juillet deux semaines de congés. Mais la première a filé de choses et d'autres, dont des rendez-vous médicaux pour surveiller que tout va bien ou réparer quelques petits bobos mécaniques, de l'intendance domestique et du sommeil nécessaire, et la seconde en Normandie a été trop courte pour tout. Il nous a aussi fallu encaisser le choc de la fin brutale de notre période semi-lyonnaise, liée à l'emploi du Joueur de Pétanque. Ç'avait été un premier truc à encaisser de savoir qu'il devait partir loin alors que nous étions confinés (1), puis un autre d'apprendre que la période qu'il m'avait annoncée prévue pour un trimestre, deux au max, devrait se prolonger jusqu'à fin décembre, parce que la vie quotidienne n'était pas si simple du fait d'être séparés. Comme suite à la pandémie en Inde et parce qu'un bureau d'études y était qui ne pouvait plus fournir de plans dans les délais, et que dès lors le projet pour lequel sa présence était requise avait été redistribué, il n'était plus question que de fin août, ce qui augurait de bons week-ends partagés (2) passés à explorer la ville. Et, soudain, à la veille ou peu s'en fallait de partir en congé il apprenait que sa présence n'était plus souhaitée, le contrat terminé. 
L'incessant changement de perspectives, de rythme auquel il avait fallu s'adapter, nous a mis un grand coup de fatigue. À lui d'abord, à moi aussi, par ricochet.
Aucun répit pour songer à la moindre petite expérience littéraire, si sympathique fût-elle.

Puis le 15 août j'ai fait une chute, sans réelle gravité mais qui m'a mise KO au sens littéral et d'une fatigue renforcée sur la quinzaine d'après. Je ne parvenais à assurer, bon an mal an que le travail pour l'employeur. 

Il aura donc fallu attendre ce week-end pour que je puisse enfin penser à l'objet et rencontrer ... aucune idée.

Rien. Nada

Ce fut ma surprise. 
Puis j'ai compris qu'une succession d'événements m'avait conduite à un extrême détachement : il y a eu l'épisode du voisin voleur en Normandie et de la petite maison dépouillée au fil des mois de ce qu'elle contenait, le fait qu'en 2017/2018 j'ai dû trier, jeter, garder, déménager, toutes les affaires de mes parents, ce qui a eu dans mon cerveau un fort effet d'archivage : convoqués à la vue de tel ou tel objet, les souvenirs sont revenus puis se sont soigneusement remisés dans des boîtes dûment étiquetées par années, aux accès désormais mesurés (3), dans les années précédentes je m'étais fait voler un appareil photo et en 2017 subtiliser mon téléfonino (sans doute tombé de ma poche mais dans un amphi, l'honnêteté aurait pu conduire à ce qu'il me fût restitué, je l'ai cherché tout de suite après), en 2017 toujours voler mon sac à dos d'ordi avec hélas non seulement l'ordi (le moins grave j'avais toutes sauvegardes), mais le précieux vieux carnet d'adresses de papier, et des carnets de notes, car j'étais allée travailler à la BNF avant de prendre mon poste à la librairie où je travaillais alors. 
Au fil des ans nous avons par ailleurs souvent été victimes de vols : une voiture (retrouvée ensuite), un vélo, un violon ...
Quelques deuils et ruptures subies, pour faire bonne mesure et voilà qu'en 2021, je n'arrive plus à penser à un objet précis, est-ce que je tiens encore à quelque chose, est-ce que je n'ai pas déjà intégré le fait que rien ne m'appartient tout à fait, qu'on ne fait que passer et avoir avec certains objets, un temps un bon usage. Puis il se casse, il disparaît, nous changeons d'usage, il se transmet, ce n'est plus "notre" objet.

Je remarque (les écrits restent) qu'il y a quatorze ans j'avais su répondre sans sourciller à une question voisine qui circulait de blogs en blogs : 
Citez sept objets auxquels vous tenez et racontez pourquoi. 

J'ai vieilli, je crois.
Il va falloir que je réfléchisse, il doit bien y avoir quelque chose qui me rappelle quelque chose qui fait sens. À défaut d'y tenir qu'un souvenir y soit raccroché; 

 

 

(1) Je ne pouvais aller le rejoindre. Lui seul avait le droit de rentrer certains week-ends.
(2) Je pouvais le rejoindre après ma semaine de travail et rentrer le dimanche soir, les trains fonctionnaient et le droit d'y être.
(3) Finis les flashs intempestifs, désormais ils sont comme des albums photos que l'on feuillette au moment où l'on a décidé que l'on feuilletait un album photo.