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9 billets

Cahier du jour, déconfinement 2 jour 102 - déconfinement 2 étape 6 jour 6 : Ce grand mélange entre pandémie et vie comme avant

(sabato)

 

    J'avais deux choses à faire en ce samedi : réparation de mon vélo de vélotaf et possiblement une course d'affaire de sports dans Paris.

Comme j'ai eu droit à un réveil moustique à 05:30 et que j'en ai profité pour lire, avant de sombrer à nouveau dans le sommeil jusqu'à une heure avancée de la matinée, il n'en est pas resté assez pour entreprendre de grands bricolages. C'est donc la quête de matériel sportif qui l'a emportée. Effet pervers du travail trop prenant et des confinements ou couvre-feux successif : je tends à dépenser davantage en matériel de sport (des petits consommables tels que les gels, aux chaussures) comme si la peur de nous trouver à nouveau confinés sans possibilité de se ré-équiper me poussait à faire des provisions. C'est d'autant plus ridicule qu'il y a moins de courses et moins d'entraînements, même si pour la course à pied je suis parvenue à maintenir un rythme de sorties satisfaisant.

Comme un camarade de touites bienveillant m'a expliqué l'usage des Vélibs électriques, j'en ai profité pour plus sérieusement tester la différence - effectivement quand ils sont bien chargés, elle est réelle et très pratique pour les carrefours, car au redémarrage on peut très vite se retrouver de l'autre côté, sans avoir eu le temps qu'un automobiliste qui nous estime trop lent ne nous coupe la route (par exemple) -. À ne pas faire tous les jours car c'est un peu coûteux.

Je n'avais pas revu Paris en ville touristique, c'est fait. Belle foule estivale dans les quartiers centraux, essentiellement piétons - circulations douces. Pas mal de personnes avec les masques chirurgicaux standards, alors que rien ne les y oblige. Beaucoup de personnes agglutinées à certains endroits, des files d'attente de glaciers, certaines terrasses de cafés.
Bref, curieux mélanges d'attitudes "safe", masques et gel dans les boutiques avec sérieux et sans embrouilles et d'attitudes "comme avant", c'est très bizarre. Il y avait du monde aux grands magasins dont c'était le début des contrôles de pass rendus obligatoires. Visiblement les touristes arrivés jusqu'ici ont déjà, ne serait-ce que pour l'entrée en France, tous les documents qu'il fallait.
J'ai pu voir la nouvelle Samaritaine de l'extérieur (n'avais pas de temps à perdre pour entrer, ni l'envie de prendre des risques "lieux fermés" en plus de ceux que m'offrent déjà travail salarié et transports en commun), un peu sidérée car j'étais persuadée que l'intérieur avait été vidé mais les façades conservées. Persuadée aussi que les vieux bâtiments au moins pour leur extérieur étaient classés in some way. 

Et puis soudain, grosse concentration de forces de l'ordre et il me revient à l'esprit que c'est jour de contestations anti-pass sanitaire et ce n'est qu'en rentrant que je m'aperçois qu'il n'y avait pas moins de trois cortèges dans Paris. Ce qui est surprenant c'est que je ne suis pas passée beaucoup plus tard et qu'à part un point précis où des véhicules de polices étaient garés en enfilade, il n'y en avait plus aucune trace, rien qui laissait à penser que des manifs avaient eu lieu. 

J'ai eu un peu de mal à trouver un emplacement pour rendre le Vélib. Ils étaient dans le centre de Paris tous blindés (1). Beaucoup de touristes circulaient avec. 
Au bout du compte une très belle balade et un seul saut au cœur de circulation lorsqu'en rentrant par la rue Rostropovitch j'ai vu une camionnette se déporter en zigzagant et m'arriver en plein en face ... tout ça pour éviter un dos d'âne de ralentissement. 

Je m'étais accordée en somme une belle journée de femme de footballeur (2) au sein d'une étrange période dans laquelle la poussée forte vers les besoins de vies normales agglutinées est en train de prendre le pas sur les précautions encore nécessaires afin que l'épidémie ne reparte pas trop fort. 

C'était aussi une belle journée estivale ce qui en cet été 2021 pour l'instant à Paris aura été rare.

Pendant ce temps, tremblement de terre à Haïti juste avant une tempête tropicale, tout va bien (non), évacuation du personnel des ambassades en Afghanistan en mode panique à bord - je ne comprends pas, c'était si clair que les soldats américains partis les Talibans prendraient place, pourquoi est-ce que ça n'avait pas été un minimum préparé ? -, et températures caniculaires extrêmes (46,9 °c à Corfou) en Europe du Sud, grands incendies. 
Un rappeur italien, Salmo, a fait un concert gratuit, inévitablement une foule immense, en soutien aux victimes des incendies en Sardaigne et pour promouvoir la vaccination. Vu le risque encouru via l'entassement, il n'a pas fait l'unanimité.

Ce monde semble moyennement bien parti, ça n'est pas nouveau, mais chaque jour on croit que c'est le pire niveau ; et ça continue encore pire.

Avant d'aller dormir je tombe sur La guerra dei Cafoni qui retient mon attention, mais dont il me manque un grand morceau.
Une story insta indique que les jeunes demi-fondistes français sont arrivés à Nairobi.  

 

 

(1) Oui je sais qu'avec les Smovengo on peut censément les accrocher les uns aux autres mais ma confiance est très limitée. 
(2) Concept de Samantdi dont le blog, hélas, n'est plus en ligne. Au passage, lu cet article sur certains côtés moins reluisants de la vie de footballeur tout court.

 

 

Quelques liens (matinée tranquille, à bader sur les internets et y écrire un peu), 

Un bel article chez The Independent au sujet de la famille Ingebrigtsen ; depuis une semaine je savoure par procuration le bonheur du but atteint (et je bénéficie en direct du petit plaisir du "Je vous l'avais bien dit").

Un article de Wider trail outdoor, dont j'apprécie la mesure au sujet de Mohamed Katir et qui incite à lui laisser le bénéfice du doute ; 

La séquence formidable de la cérémonie d'ouverture des J.O. de Tokyo avec l'incarnation chorégraphiée des pictogrammes : 

 

Une intéressante conversation sur Twitter au sujet des vies que l'on mène parfois séparées (la semaine (pour des raisons de boulot)) des personnes que l'on aime. Elle a d'autant plus d'écho chez moi que nous venons le Joueur de Pétanque et moi de traverser l'une de ces périodes, dont je me rends compte rétrospectivement qu'à partir du moment où le déconfinement nous avait rendus libres d'aller et venir nous retrouver dans l'une ou l'autre ville chaque week-ends c'était très agréable. Il est vrai que durant la semaine nous ne faisons que bosser, effectuer nos trajets, dormir, faire les choses de tous les jours, lesquelles au bout du compte sont plus aisées à effectuer quand on est seul·e (zéro embouteillage de salle de bain, pas besoin de se concerter sur qui va acheter le pain, on descend les poubelles sans y penser puisque personne d'autre n'est là pour le faire ...).

Une analyse pertinente chez Run Wise de la méthode Ingebrigtsen. Je me dis qu'il faudrait que je développe une méthode de (re)mise en forme pour les personnes atteinte de thalassémie ou revenant de maladies qui les ont épuisées.

Un documentaire sur Arte concernant le fonctionnement du cerveau des sportifs de haut niveau, dans lequel soudain on voit intervenir un bon copain. 


Dormir en plein jour

Capture d’écran 2021-08-14 à 12.11.59

Ce sont ces deux touites apparus sur ma TL ce matin qui m'y ont fait repenser alors que ça ne m'était pas arrivé depuis des années.

J'aime pour ça les réseaux sociaux, leur fréquentation peut être assez stimulante surtout si on a une vie professionnelle qui ne nous laisse pas le loisir de nous déplacer dans différents milieux humains variés.

Enfant, je détestais faire la sieste que l'on tentait souvent de m'imposer - jusqu'au moment où étant certains que je n'en profiterais pas pour faire des bêtises les adultes m'ont laissée vivre ma vie aux heures de début d'après-midi - et j'avais besoin qu'il fasse noir pour dormir. Ma mère qui s'efforçait de bien faire, même si c'était parfois avec l'effet inverse de l'intention, avait fini par dénicher des double-rideaux marrons foncés et chaque soir je fermais volets de bois et double-rideaux.

En fait ça n'était pas la lumière qui m'empêchait de dormir mais qu'on exigeait de moi d'être au lit à 20:30 ; en ces temps-là, avec le sommeil des enfants ça ne rigolait pas. Seulement à l'époque je croyais que c'était pareil partout, qu'un·e enfant devait dormir à 20:30, sauf les soirs de grands matchs de football, que c'était une loi immuable de l'humanité. Alors je croyais que c'était moi qui n'allait pas, de ne pas parvenir dès 20:30 à fermer l'œil.
(et puis j'avais envie de lire, toujours, et je rallumais la lumière après, mais ça, c'est une autre histoire)

Je ne sais plus quand c'est venu, probablement avec les classes prépa pendant lesquelles on ne pouvait dormir que peu, puisqu'il y avait la journée de cours et la journée nocturne de travail scolaire personnel. C'était ce coucher entre 01:00 et 02:00 du matin pour se lever entre 06:30 et 07:00
Le sommeil venait instantanément, quelle que soit la luminosité ; il était d'épuisement.

Ensuite sont venus des logis, dont un studio en cité U, pas nécessairement équipés de volets, ni de double-rideaux et puis on s'en foutait et on pionçait.
Bien plus tard, chez nous un jour les double-rideaux ont lâché et nous les avons enlevés et puis on a eu plein d'autres choses à faire (dont : se lever tôt, aller bosser et quand on rentre on est crevés, beaucoup de jours, bien plus que de jours à la maison) et on a pris l'habitude sans.

À présent non seulement je m'en passe, mais je crois que je dormirais plutôt moins bien dans le noir, j'aime être réveillée à la lueur du jour, je suis capable de m'endormir instantanément partout sauf dans la proximité immédiate d'un marteau piqueur, le niveaux d'ombre et de lumière n'a plus aucune importance. Et j'apprécie particulièrement lorsque de loin en loin (1) je loge dans des chambres où du lit on a une vue. Ainsi l'appartement lyonnais provisoire du Joueur de Pétanque qui offrait une vue urbaine dégagée et le ciel c'était du bonheur ; et au Guilvinec une chambre d'un petit hôtel qui permettait du lit d'ouvrir les yeux sur l'océan c'était pour moi le nirvana (2).

Au bout du compte, c'est intéressant de constater combien au cours d'une vie l'on peut évoluer. Et combien la perception des choses peut-être différente d'une personne à l'autre.

Au passage, notez que le secret des couples qui durent est sans doute, bien avant toute considération sexuelle, d'avoir des modes de sommeils compatibles, volets et fenêtres ouverts ou fermés, noir total ou lumière comme elle est, pièce plutôt chaude ou plutôt fraîche ...

(reconnaissance renouvelée au Joueur de Pétanque capable de dormir alors que ma lumière de chevet reste allumée pour lire)

 

 

 

(1) De chez moi je vois : le mur de brique de l'immeuble en face et une bande étroite de ciel ou en Normandie un grand arbre et son bout de ciel par une petite fenêtre.
(2) N'y suis pas allée souvent, pas exactement dans mes moyens et puis les ami·e·s sur place proposent souvent l'hébergement et ça aussi c'est le bonheur : se lever et être entourée dès le début de la journée par des personnes bienveillantes et bien-aimées sans avoir à faire de déplacement pour se rejoindre.


Cahier du jour, déconfinement 2 jour 98 - déconfinement 2 étape 6 jour 2 : raté Messi de peu ( :-) )

(martedi)

 

Course à pied le matin avant de filer bosser - en métro de ce fait, car le temps restant manquait - retour à vélib en passant, puisque je terminais plus tôt (et je m'y suis tenue), par le Bois de Boulogne, au moins cette journée n'aura pas été perdue du point de vue de la condition physique.
J'ai failli faire mon Forrest Gump une fois de plus : passant devant l'hôpital où avait eu lieu plus tôt dans la journée la visite médicale d'embauche de Lionel Messi. 
Le ramdam médiatique autour du transfert d'un joueur pour sa fin de carrière a pris des proportions faramineuses. Bien sûr ça fait partie du plan marketing, car il va en falloir des ventes de produits dérivés pour un tantinet compenser l'achat. 

Une pensée pour Pascal C. qui ne doit plus se tenir de joie ; sauf à ce qu'il ait conservé suffisamment de sens du jeu et de la direction d'entreprise, pour se souvenir que ça n'est pas en alignant les meilleures individualités que l'on fait les meilleurs équipes.

Que même les TG italiens quasiment ouvrent sur le fait que ce footballeur de très haut niveau ait choisi pour maillot le numéro 30, alors que la pandémie se poursuit et que des feux ravagent les bords de la Méditerranée, après qu'il y a eu en Belgique et en Allemagne des inondations qui ont ravagé des régions entières et fait des victimes nombreuses et encore recherchées pour certaines actuellement, me met très mal à l'aise. 
Dans un autre registre le gouverneur de New-York qui enfin démissionne et en guise d'excuse avance quelque chose comme : il n'avait pas compris que les temps avaient changés, ça n'était pas comme ça AVANT. Ben en fait, si, c'était déjà odieux voire criminel, les tripotages (ou pire) sans consentement. C'est simplement que les femmes n'avaient aucun moyen de faire entendre leurs protestations. 
Ça me rappelle quand on cherche une excuse à quelqu'un qui a grave fait des trucs foireux en disant qu'il ou elle avait bu. Ben c'est une circonstance aggravante, en fait.

À la pause déjeuner comme le petit restaurant Thaï qui est notre principale cantine est fermé pour congés, je suis allée à La Vache Noire en me disant que parmi les nombreux points de restauration à emporter j'allais au moins en trouver d'ouverts. Alrs oui mais il y avait partout un monde fou. Je me suis demandée quelle entreprise des environs (car les personnes étaient en mode pause déjeuner d'un boulot) avait soudain exigé que tous ses salariés abandonnent le télétravail. Plus tard j'ai pensé que l'affluence inhabituelle était peut-être due à la proximité de la maison des examens où pouvait se dérouler un concours. 
Curieuse de voir ce que ça donnera les jours suivant. En attendant, j'ai dû me contenter d'une salade très standardisée (et probablement du "faux frais") dans une des boutiques éloignées de la principale entrée.

Un Italien rigolard, interviewé sur Rai News 24 pour un micro-trottoir sur l'entrée en vigueur du Green Pass : 
- Siamo tutti greenpassati !

J'apprends incidemment par lien d'un de ses billets récent qu'un de mes amis, migraineux, note ses crises (et les remèdes qu'il tente d'y apporter). Je me dis que c'est intéressant, qu'il conviendrait que j'en fasse autant pour la thalassémie. Puis je me rends compte que je le fais déjà peu ou prou sur l'un de mes diarii, et que de toutes façons je n'ai hélas guère de remède à part le sommeil, qui fasse grand effet. Au bout du compte, je me dis que ça serait bien que je tienne un journal ... de mes jours de pleine forme. Ils sont fort peu, ça pourrait être jouable ; si je n'avais tendance à les gaspiller par une hyperactivité brouillonne car je n'ai guère l'habitude de disposer d'énergie. Tout au long de mes journées le moindre geste, le plus anodin, me demande un effort. La digestion elle-même m'est une fatigue. Parfois je marche des kilomètres pour rentrer car je me sens trop fatiguée pour tenir l'équilibre à vélo et trop fatiguée pour descendre dans le métro (et la foule potentielle, même hors pandémie).
L'avantage de cet état est que la pratique sportive n'étant pas de beaucoup un plus gros efforts, je m'entraîne volontiers. 
Et les courbatures sont mes amies : mon corps généralement douloureux souffre grâce à elles de douleurs simples, passagères et explicables.

Notre fille est rentrée de Normandie. Ça fait plaisir de la revoir.

 



TTL 284 
DD 257/00
Covid_19 ressenti : 501 jours 

 
updated: August 10, 2021, 21:17 GMT
204,610,099 cas dont 4,324,267 morts et 183,712,779 guéris
 
USA : +59,130 nouveaux cas ; 634,414 morts depuis le début ; + 427 morts ce jour ; soit 1,904 morts / 1 M d'habitants
France : +28,576 nouveaux cas ; 112 356 morts depuis le début ; + 68 morts ce jour ; soit 1,717 morts / 1 M d'habitants 
Italie : +5,636 nouveaux cas ; 128,273 morts depuis le début ; + 31 morts ce jour ; soit 2,125 morts / 1 M d'habitants
Belgique  +1,454 nouveaux cas ; 25,274 morts depuis le début ; + 1 mort ce jour ; soit 2,170 morts / 1 M d'habitants 
Inde : + 36 316 nouveaux cas ; 429,183 morts depuis le début ; +468 morts ce jour ; soit 308 morts / 1 M d'habitants 
Japan : + 12 068 nouveaux cas ; 15,297 morts depuis le début ; + 17 morts ce jour ; soit 121 morts / 1 M d'habitants 
Royaume Uni : +23,510 nouveaux cas ; 130,503 morts depuis le début ; + 146 morts ce jour ; soit 1,911 morts / 1 M d'habitants
 

De blogs en blogs (comme au bon vieux temps ?)


    Ma propension à l'épuisement en ce moment me rend comme absente au monde, j'assure le boulot, je mets les entraînements de course à pied en priorité 1 juste après cette nécessité, et pour le reste je pare au plus pressé, j'essaie de ne pas passer tout le temps non travaillé à dormir (ou regarder du sport à la télé, parce qu'on peut faire ça dans un état de très grosse fatigue en piquant de loin en loin de bon petits roupillons et en se passionnant au réveil).

Alors j'ai bien aimé, vraiment beaucoup aimé quand retrouvant le bureau (table) du salon d'où je peux écrire dans un confort normal (1), j'ai pu lire qu'un de mes billets avait eu un écho proustien chez Alice sur lequel Matoo avait rebondi
Parce que bon, je suis loin d'avoir tout lu chez le remarquable Marcel, il n'empêche que c'est une admiration profonde, un réconfort quand je m'y remets, une sorte d'histoire d'amour. 

Les ami·e·s, vous m'avez fait chaud au cœur. 
Ça serait bien que je trouve le temps d'en causer à Véronique Aubouy, la réalisatrice qui avait entrepris ce projet formidable et fou de Proust lu.

 

 

(1) C'est plus compliqué du fond du lit

#Proust