Dormir en plein jour
Cahier du jour, déconfinement 2 jour 106 - déconfinement 2 étape 6 jour 10 : Bons résultats mais le monde en vrac

Cahier du jour, déconfinement 2 jour 102 - déconfinement 2 étape 6 jour 6 : Ce grand mélange entre pandémie et vie comme avant

(sabato)

 

    J'avais deux choses à faire en ce samedi : réparation de mon vélo de vélotaf et possiblement une course d'affaire de sports dans Paris.

Comme j'ai eu droit à un réveil moustique à 05:30 et que j'en ai profité pour lire, avant de sombrer à nouveau dans le sommeil jusqu'à une heure avancée de la matinée, il n'en est pas resté assez pour entreprendre de grands bricolages. C'est donc la quête de matériel sportif qui l'a emportée. Effet pervers du travail trop prenant et des confinements ou couvre-feux successif : je tends à dépenser davantage en matériel de sport (des petits consommables tels que les gels, aux chaussures) comme si la peur de nous trouver à nouveau confinés sans possibilité de se ré-équiper me poussait à faire des provisions. C'est d'autant plus ridicule qu'il y a moins de courses et moins d'entraînements, même si pour la course à pied je suis parvenue à maintenir un rythme de sorties satisfaisant.

Comme un camarade de touites bienveillant m'a expliqué l'usage des Vélibs électriques, j'en ai profité pour plus sérieusement tester la différence - effectivement quand ils sont bien chargés, elle est réelle et très pratique pour les carrefours, car au redémarrage on peut très vite se retrouver de l'autre côté, sans avoir eu le temps qu'un automobiliste qui nous estime trop lent ne nous coupe la route (par exemple) -. À ne pas faire tous les jours car c'est un peu coûteux.

Je n'avais pas revu Paris en ville touristique, c'est fait. Belle foule estivale dans les quartiers centraux, essentiellement piétons - circulations douces. Pas mal de personnes avec les masques chirurgicaux standards, alors que rien ne les y oblige. Beaucoup de personnes agglutinées à certains endroits, des files d'attente de glaciers, certaines terrasses de cafés.
Bref, curieux mélanges d'attitudes "safe", masques et gel dans les boutiques avec sérieux et sans embrouilles et d'attitudes "comme avant", c'est très bizarre. Il y avait du monde aux grands magasins dont c'était le début des contrôles de pass rendus obligatoires. Visiblement les touristes arrivés jusqu'ici ont déjà, ne serait-ce que pour l'entrée en France, tous les documents qu'il fallait.
J'ai pu voir la nouvelle Samaritaine de l'extérieur (n'avais pas de temps à perdre pour entrer, ni l'envie de prendre des risques "lieux fermés" en plus de ceux que m'offrent déjà travail salarié et transports en commun), un peu sidérée car j'étais persuadée que l'intérieur avait été vidé mais les façades conservées. Persuadée aussi que les vieux bâtiments au moins pour leur extérieur étaient classés in some way. 

Et puis soudain, grosse concentration de forces de l'ordre et il me revient à l'esprit que c'est jour de contestations anti-pass sanitaire et ce n'est qu'en rentrant que je m'aperçois qu'il n'y avait pas moins de trois cortèges dans Paris. Ce qui est surprenant c'est que je ne suis pas passée beaucoup plus tard et qu'à part un point précis où des véhicules de polices étaient garés en enfilade, il n'y en avait plus aucune trace, rien qui laissait à penser que des manifs avaient eu lieu. 

J'ai eu un peu de mal à trouver un emplacement pour rendre le Vélib. Ils étaient dans le centre de Paris tous blindés (1). Beaucoup de touristes circulaient avec. 
Au bout du compte une très belle balade et un seul saut au cœur de circulation lorsqu'en rentrant par la rue Rostropovitch j'ai vu une camionnette se déporter en zigzagant et m'arriver en plein en face ... tout ça pour éviter un dos d'âne de ralentissement. 

Je m'étais accordée en somme une belle journée de femme de footballeur (2) au sein d'une étrange période dans laquelle la poussée forte vers les besoins de vies normales agglutinées est en train de prendre le pas sur les précautions encore nécessaires afin que l'épidémie ne reparte pas trop fort. 

C'était aussi une belle journée estivale ce qui en cet été 2021 pour l'instant à Paris aura été rare.

Pendant ce temps, tremblement de terre à Haïti juste avant une tempête tropicale, tout va bien (non), évacuation du personnel des ambassades en Afghanistan en mode panique à bord - je ne comprends pas, c'était si clair que les soldats américains partis les Talibans prendraient place, pourquoi est-ce que ça n'avait pas été un minimum préparé ? -, et températures caniculaires extrêmes (46,9 °c à Corfou) en Europe du Sud, grands incendies. 
Un rappeur italien, Salmo, a fait un concert gratuit, inévitablement une foule immense, en soutien aux victimes des incendies en Sardaigne et pour promouvoir la vaccination. Vu le risque encouru via l'entassement, il n'a pas fait l'unanimité.

Ce monde semble moyennement bien parti, ça n'est pas nouveau, mais chaque jour on croit que c'est le pire niveau ; et ça continue encore pire.

Avant d'aller dormir je tombe sur La guerra dei Cafoni qui retient mon attention, mais dont il me manque un grand morceau.
Une story insta indique que les jeunes demi-fondistes français sont arrivés à Nairobi.  

 

 

(1) Oui je sais qu'avec les Smovengo on peut censément les accrocher les uns aux autres mais ma confiance est très limitée. 
(2) Concept de Samantdi dont le blog, hélas, n'est plus en ligne. Au passage, lu cet article sur certains côtés moins reluisants de la vie de footballeur tout court.

 

 

Quelques liens (matinée tranquille, à bader sur les internets et y écrire un peu), 

Un bel article chez The Independent au sujet de la famille Ingebrigtsen ; depuis une semaine je savoure par procuration le bonheur du but atteint (et je bénéficie en direct du petit plaisir du "Je vous l'avais bien dit").

Un article de Wider trail outdoor, dont j'apprécie la mesure au sujet de Mohamed Katir et qui incite à lui laisser le bénéfice du doute ; 

La séquence formidable de la cérémonie d'ouverture des J.O. de Tokyo avec l'incarnation chorégraphiée des pictogrammes : 

 

Une intéressante conversation sur Twitter au sujet des vies que l'on mène parfois séparées (la semaine (pour des raisons de boulot)) des personnes que l'on aime. Elle a d'autant plus d'écho chez moi que nous venons le Joueur de Pétanque et moi de traverser l'une de ces périodes, dont je me rends compte rétrospectivement qu'à partir du moment où le déconfinement nous avait rendus libres d'aller et venir nous retrouver dans l'une ou l'autre ville chaque week-ends c'était très agréable. Il est vrai que durant la semaine nous ne faisons que bosser, effectuer nos trajets, dormir, faire les choses de tous les jours, lesquelles au bout du compte sont plus aisées à effectuer quand on est seul·e (zéro embouteillage de salle de bain, pas besoin de se concerter sur qui va acheter le pain, on descend les poubelles sans y penser puisque personne d'autre n'est là pour le faire ...).

Une analyse pertinente chez Run Wise de la méthode Ingebrigtsen. Je me dis qu'il faudrait que je développe une méthode de (re)mise en forme pour les personnes atteinte de thalassémie ou revenant de maladies qui les ont épuisées.

Un documentaire sur Arte concernant le fonctionnement du cerveau des sportifs de haut niveau, dans lequel soudain on voit intervenir un bon copain. 

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