Au risque de casser l'ambiance
S'endormir et apprendre par cœur

Deux paradoxes du télétravail et deux avantages


    - Il y a eu des médailles françaises ? demande le joueur de pétanque en rentrant de son boulot où il était en pour de vrai
- Ah je n'en sais rien du tout, j'étais en télétravail.

C'est en répondant que je m'aperçois qu'au boulot il y a toujours un collègue ou une autre pour suivre, généralement par alerte sur son téléphone, des infos et s'exclamer entre deux appels : 
- Hé, la France a gagné !
(plus tôt dans la saison : - Ah le couvre-feu va passer à 21:00 !)
Ce qui fait que bon an mal an, lorsque je sors d'une journée de boulot, j'ai une vague idée de quelques événements. En télétravail je suis encore plus concentrée : il n'y a que les appels aux clients, la résolution des problèmes, zéro interférence et pas un instant de trêve si ce n'est pour filer aux toilettes quand la nécessité s'en fait sentir.
J'utilise audacieusement mon heure de déjeuner ... pour déjeuner et ponctuellement faire une ou deux courses dans le quartier. Alors à part recevoir un colis ou répondre à un SMS le temps d'un rappel téléphonique, je n'ai pas d'échanges avec l'extérieur de la vraie vie ni de consultation d'informations. Je suis généralement encore plus coupée du monde que lors d'une journée de boulot au boulot.

Ça n'est pas la première fois : je m'aperçois que n'ayant pas l'indication horaire concrète de fin de journée par les heures de départ de mes collègues, je me laisse entraîner par les demandes en cours et soudain je m'aperçois qu'il est plus de 19:00 et que j'aurais dû terminer 30 minutes plus tôt. Au bout du compte tout se passe comme si une partie du temps de transport économisé se transformait en temps de travail. 

Le temps de transport du matin, en revanche, je parviens bien à le transformer en temps de sport. C'est facile, il convient de laisser le réveil à la même heure et de se lever aussitôt et d'aller faire une petite séance d'entraînement, le plus simple étant la course à pied. Ce matin j'ai pu courir 45 minutes et être large pour prendre mon service devant l'ordi.

Je peux sur la pause déjeuner, écluser les mini corvées ménagères quotidiennes (descendre les poubelles, faire la vaisselle, ranger quelques papiers, payer une facture, prendre un rendez-vous médical, sortir une lessive ...) libérant l'esprit d'avoir à y penser le soir en rentrant, et libérant le temps pour le faire (même s'il est bref, c'est toujours ça de pris). 

Dans la mesure où j'ai un emploi nourricier, je préfère toutefois m'y rendre physiquement, pour bien séparer ma vie professionnelle de celle qu'elle m'oblige à mettre entre parenthèse. Je ne tiens pas à ce que des souvenirs professionnels, même s'ils sont plutôt stimulant intellectuellement, hantent mon salon. Et puis, la brochette de collègues avec laquelle j'y partage mes heures étant sympathique, autant être en présence - même si nous n'avons que rarement le temps de nous parler (hors résolution des tickets) - que chacun dans son coin.

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