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24 billets

Pas de semi-marathon et recours au 49.3

En vrac d'un samedi où je ne suis finalement pas sortie (par choses à faire à la maison et fatigue + léger rhume plutôt que peur de la contagion)

En fin de matinée fort coup de vent suivi d'un rideau de pluie. Une tempête est annoncée pour le lendemain. Le Parc de Saint-Cloud sera fermé. Dommage parce qu'avec certains du club nous y serions bien allés puisque le semi-marathon de Paris a été dans l'après-midi annulé. 

Juste après est tombée aussi la nouvelle de l'usage du 49.3 pour faire passer en force la réforme des retraites. 

J'ai du coup peu fait la sieste, je regardais l'info se faire. Et les gens réagir. Une manif s'est aussitôt formée devant l'Assemblée Nationale. Certaines personnes sont courageuses. Je l'avais tellement vu venir (1) que je n'étais pas en colère, c'était une étape déjà dépassée. 

Les matchs de foot en Italie, qui tout d'abord devaient se jouer à stades fermés sont finalement repoussés. 

Erdogan qui ne s'estime plus assez soutenu a ouvert les frontières du pays qu'il dirige pour que les réfugiés filent vers l'Europe. 

1er décès de #Covid_19 aux USA.

Les bourses mondiales ont perdu en une semaine l'équivalent du PIB japonais. 

Le virus a plusieurs noms : Covid-19 ou SRAS-CoV-2

 

Liens vers des statistiques :

Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Oragnization via safetydectetives.com

86 008 cas dont 2941 morts et 39778 guéris 

 

(1) Capture d’écran 2020-03-01 à 00.01.18 Capture d’écran 2020-03-01 à 00.01.18

 


L'épidémie prend de plus en plus de place mais les gens, du moins ceux que je croise où fréquentent restent calmes

 

    Pour ma part journée active : sports, recherche d'emploi - contacts avec différentes personnes, messages, téléphones -, et préparation de l'émission de radio du lendemain. Au milieu : un déjeuner heureux avec une amie dans le centre de Paris.

La ville est bien vidée de touristes, pour autant les parisiens ou régionaux semblent vaquer à leurs occupations sans restrictions. C'est plutôt la météo qui est dissuasive : violentes giboulées de grésil. Je m'en suis ramassée deux : en rentrant de déjeuner et lors de l'entraînement de course à pied.

Les français venant d'Italie, souvent par le biais de l'interdiction provisoire d'école pour leurs enfants, observent une quarantaine de facto. Il n'y a pour autant pas d'obligation.

La France ne fait plus semblant de croire que "pas chez nous". 

En Italie, l'espèce de panique de vendredi a fait place à du sérieux face à un problème majeur. Les ennemis politiques semblent mettre une partie de leurs divergences en sourdine et ça bosse. Les frictions sont surtout sur le plan de : qu'est-ce qui relève des décisions régionales qu'est-ce qui dépend d'ordres de l'État ?

L'image du jour (vue à la télé italienne) c'est le ministre iranien vu malade la veille en conférence de presse, déclaré malade du coronavirus, et qui fait une video de téléphone de son lit d'hôpital. Il y est parfait, héroïque, je suis malade mais je ne me laisserais pas abattre et tout notre pays peut s'en sortir aussi. Sauf qu'on le voit tellement dans une apparence d'être au bout de sa vie, que ça serait presque, même pour quelqu'un de calme comme moi, un effet paniquant.

La Rai a haussé son niveau, invité impressionnant de hauteur de vue (pas forcément d'accord avec lui, mais clairement : ils partent du principe que le téléspectateur n'est pas un idiot). 

Des infos pratiques : comment se laver les mains efficacement, préparer chez soi un liquide désinfectant efficace à partir de produits qu'on peut avoir déjà sous la main (le liquide hydro-machin-désinfectant de l'industrie est en rupture de stock). Des tentes ont été installées sur les terrains des hôpitaux pour offrir des lieux de confinement à des patients qui pourraient affluer. Des sujets sur le télétravail. C'est impressionnant en quatre à cinq jours, tout s'est orienté en mode : s'organiser, que faire, mesures, analyses des conséquences, financières et économiques notamment, "Uniti contro l'epidemia". Et déjà des propositions d'amélioration d'organisations pour après ; ce qui frappe vu de l'extérieur c'est que sur l'essentiel, c'est le pragmatisme qui l'emporte, la politique politicienne semble mise de côté.

Une bizarrerie à Milan : les boutiques et les cafés doivent fermer tôt (18h ?) mais là où de l'alimentaire est vendu ou préparé (restaurant) l'ouverture peut être tardive. Ça donne un aspect curieux. 

Troublant aussi de voir un Milan nocturne désert. 

Les politiciens mêmes les plus extrémistes semblent s'être mis en ordre de marche, j'ai l'impression qu'en France ça ne se fera pas. Une esquisse au moins d'Union sacrée face à une menace majeure. Les gens ne sont pas pris pour des cons. Les journalistes semblent (et pourtant : la Rai) disposer d'une certaine liberté de travail.

 

Liens vers des statistiques :

Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Oragnization via safetydectetives.com

 

 

 

 


La menteuse (flagrant délit)

Vers le métro Censier où j'avais rendez-vous à moins que ce ne fut vers Satin Lazare, là où je devais effectuer un changement, je croise une femme élégante, corporate classe V.I.P. chaussures incluses de celles qui ne sont pas faites pour marcher (1), bref tenue irréprochable selon les critères professionnels et bourgeois. Elle parlait dans son téléphone.

"Je suis en jeans troués et baskets, là, vraiment je peux pas venir, il faudrait que je repasse chez moi"

 

(Ça m'a rappelé le type au début des téléphones portables, quand ça captait plus souvent plus difficilement qu'aujourd'hui, d'où qu'on avait tendance parfois à y parler très fort, et qui criait dans le sien, en plein Paris ou pas loin "Mais puisque je te dis que je suis à Angoulême")

(1) Que les femmes acceptent ça me laisse totalement perplexe. Mais beaucoup semblent avoir intégré que c'est beau. Sauf qu'en fait pas tant et que ça nique pieds et chevilles et à force même le dos. Je crois qu'il faudra au moins deux fins du monde avant que les femmes n'apprennent à se débarrasser de l'implicite "tenues pour être belles = tenues pour être sexuellement attirantes" qu'on nous inculque dès le début de nos vies. 


Les artisans de demain

Je crois que j'ai déjà relayé certaines de leurs videos : ces voyageurs, qui ne sont pas les artisans, les artisans de demain ce sont les personnes qu'ils rencontrent et qui donnent de l'espoir pour un monde survivant, sont depuis plusieurs mois mon bonheur et mon petit courage du dimanche.

Ils sont partis d'Afrique du Sud, semblent jober quand nécessaire, et ne consommer que ce qu'il faut. Leur carnet de voyage video est clairement centré sur les autres, s'ils se mettent en scène c'est pour mieux témoigner d'un état du monde souvent surprenant. Mais je ne suis pas surprise qu'il le soit.
Ils font part de leurs erreurs aussi, ne prétendent pas tout savoir, s'efforcent de ne pas jouer aux touristes et d'ailleurs leur véhicule est une bagnole pratique aménagée plutôt qu'un camping car. Grâce à eux j'apprends plein de trucs, j'ai l'impression de rencontrer une foule de gens bien, ils m'apporte et sans doute à tou·te·s leurs autres "followers" des connaissances et de l'espoir.

Au fil des semaines, je pense à eux deux comme si nous nous connaissions vraiment - il faut dire que j'ai aussi eu dans ma vie des ami·e·s qui voyageaient, ce qui fait que j'ai l'habitude de "suivre" -. J'aime beaucoup leur discrétion et leur tact, ce que je crois deviner (d'après les expériences d'autres personnes que je connais) dans ce qu'ils préfèrent taire : elle et lui sont là pour attraper des moments de partages surtout, et de la beauté.

Ce dimanche, il s'agissait de ski dans une station au Pakistan. Les bouilles réjouies des gamines et gamins qu'ils croisent en bas de la piste valent tout l'or du monde ; la jeune patineuse artistique prometteuse.
La guerre, le pire, ne sont pas toujours obligés de l'emporter.

Merci à ces voyageurs du partage. Gratitude. Respect.

PS : Sans compter que la qualité des vidéos est impressionnante. Le travail que ça représente, en plus de toute l'intendance à assurer pour voyager m'impressionne.


Vrac un lundi, vite

 

    Ce n'est un paradoxe qu'apparent, mais quand on a bossé sans vraiment de temps morts depuis en réalité plus d'un an et demi, période précédée de deux années presque non-stop (côté familial et côté professionnel), on se retrouve lorsque le travail salarié vient à manqué, totalement sur-occupée : tout ce qui n'avait pas été fait rapplique et l'on s'y attaque enfin et l'on n'a à nouveau plus trop de temps personnel. 

La différence est simplement de pouvoir l'organiser à sa guise, ce qui n'est pas rien. 

Donc voilà, vite fait, parce que je n'ai pas le temps, notes de ce lundi : 

Je veux depuis jeudi soir écrire un billet sur le logo de Beaubourg ; je le note ici afin d'y repenser dès que ça pourra.

Madonna donne une série de concerts au Grand Rex à Paris. Les fans viennent de loin. À cette occasion les téléphones portables sont interdits et pour obliger les gens à respecter l'interdiction sans qu'ils ne se sentent dépossédés de leur doudou électronique pour autant, un recours à des pochettes verrouillables à eu lieu. Exemple ici. Ça n'est pas la première fois, les prods d'autres artistes y ont eu recours, seulement c'est Madonna donc la démarche est beaucoup diffusée. Je trouve ça intéressant, au moins sur ce que ça dit de l'air du temps.

J'ai déposé mon dossier de demande de retour dans l'indemnisation auprès de Pôle Emploi. Déposé dans la boîte à lettre de l'agence de ma ville, car elle semblait fermée. Agence locale car c'est ce qui m'avait été indiqué par une réponse personnalisée via mon "espace personnel" sur le site.
Il fut un temps où toute interruption d'un contrat de travail pendant la période d'essai même s'il s'agissait d'une démission, ne coupait pas les droits à indemnisation. Puis il y eut une condition de "après moins de 60 jours" dans l'emploi en question. Mon départ du poste en maison de la presse correspondait à ces deux critères. Hélas de nos jours et malgré un travail de com' gouvernemental pour dire le contraire (1), démissionner d'un emploi coupe les droits à indemnisation si une période indemnisée était en cours. C'est la raison pour laquelle les abandons de postes se multiplient, souvent avec accord de l'employeur quitté : ça fait un départ pour licenciement, sans indemnité à payer pour ce dernier et sans fin anticipé d'indemnisation pour l'ex-chômeur bientôt ex-salarié.
Peu me chaulait dans la mesure où j'ai ensuite enchaîné sur un CDD. Seulement voilà : les deux mois de durée de ce dernier ne permettent plus de revenir dans les clous de l'indemnisation alors que c'était le cas avant le 1er novembre 2019. Je ne crois pas que les personnes qui ne sont pas concernées par le chômage aient mesuré l'impact de la restriction des mesures prises à partir de cette date. Seulement qui est hélas dans ces situations a pu vite se rendre compte d'à quel point sont fortes les nouvelles restrictions. 
Je n'écris pas ce qui précède pour me plaindre. Je cherche activement. J'ai quelques pistes. J'écris pour témoigner de ce que c'est en vrai. Pour une personne lambda qui a par deux fois perdu son travail parce que l'entreprise fermait ou changeait d'objet, qui a quitté trois postes pour de nouvelles expériences, parfois appelée par les employeurs suivants, et subi des concours de circonstances qui ont écourté les nouveaux contrats - voire volatilisé dans un cas (2). J'ai également tenté de créer ma propre entreprise, seulement mon apport personnel était insuffisant pour la viabilité du projet devant l'endettement nécessaire pour le compléter (3). De plus de nos jours les contrats salariés sont en concurrence plus que jamais avec les stages, l'apprentissage et  l'auto-entreprenariat comme salariat déguisé - pas mal d'employeurs et d'"auto-entrepreneurs" s'assoient sur l'obligation de diversité des "clients" -. 

Petit rappel avec la complicité d'Isidark Poireau

Capture d’écran 2020-02-24 à 18.16.00

 

 

 

 

 

Je prépare mon émission de radio de mercredi soir. Lire, alors, est un travail (certes, des plus agréables, il n'empêche, j'ai une obligation de résultat).

 

Sur le front du Covid-19 avant qu'il ne change encore de nom : 

Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Oragnization via safetydectetives.com

À l'heure où j'écris ce billet le premier lien n'est plus accessible, on dirait qu'il nécessite désormais une connexion autorisée : 79553 cas dont 2628 morts et 25215 guéris. Les responsables français semblent depuis ce matin se rendre compte (mieux vaut tard) que Ah ben oui peut-être l'épidémie peut arriver jusqu'ici. Parviennent jusqu'à moi des infos fragmentaires (je ne suis pas en permanence à suivre, je suis occupée à poser ma candidature ici ou là pour un emploi (voir paragraphe précédent)) : un train arrêté 4h à la frontière Italo-Autrichienne, un bus bloqué à Lyon Perrache en provenance d'Italie, le commissariat du XIIIème un temps bouclé parce qu'une touriste chinoise y aurait fait un malaise. Je reçois un message en mode Évite le XIIIème, ce qui dans la mesure où l'hôpital Bichat n'est pas loin (où furent pris en charge les premiers cas recensés sur le sol français), me semble un peu vain.

Pour la première fois des personnes parmi mes ami·e·s de vers Paris sont concernées par les mesures restrictives de précaution ou leurs enfants (retours de séjours en Italie). Iels sont dans des situations où iels pourront s'adapter ; il n'empêche que d'un point de vue général pour les personnes concernées au même titre, ça risque d'être assez chaotique du point de vue pratique : quelle est ta situation vis-à-vis d'un employeur quand tu reviens de congés et ... que tu es bien rentré et en apparente bonne santé mais que tu ne peux pas aller travailler parce que telles sont les consignes ?

 

(1) Ça n'est vrai que dans le cas d'un départ pour suivre certaines formations et avec accord préalable de l'employeur et d'une instance qui semble remplacer l'ancien FONGECIF. Autant dire qu'il s'agit davantage d'un départ en congé de formation que de démissions. 

(2) Bataclan, 13 novembre 2015, la personne pour laquelle j'aurais dû travailler y était, s'en est sortie mais a changé de vie. Le poste envisagé a purement et simplement disparu.

(3) Oui des aides existent, surtout pour une librairie. Seulement en pratique et dans le meilleur des cas (elles sont accordées) il faut déjà avoir de quoi assurer les premiers mois, tout ce qu'il faut dépenser avant même que la première vente ait lieu.


La catastrophe du Vajont

 

    Il me semble que j'avais déjà suivi le thread qu'en avait fait Valerio Motta à l'été 2018 mais que peut-être je n'avais pas la bonne connexion internet et pas vu ou pas jusqu'au bout, l'étonnante reconstitution en scène par Marco Paolini (langue : italien).

Mais voilà, aujourd'hui j'avais fait un petit entraînement le matin, je comptais faire une sieste rapide, répondre à des annonces d'emploi, préparer mon émission de mercredi et puis voilà qu'en recommençant à suivre l'actualité d'Italie, autant dire la progression du #Covid_19 , j'ai vu ses touites sur les mesures de confinement et la fin anticipée du carnaval de Venise (cf. billet précédent) et partant de là, je suis remontée vers son thread, toujours épinglé, sur la catastrophe du Vajont.

Elle remonte au 9 octobre 1963 mais les tenants et les aboutissants de l'affaire initiale : la construction d'un barrage malgré des objections - entre autre de la part de géologues -, ressemblent à tant de choses qui se passent de nos jours : affairisme de certains, jeux de pouvoir, museler les opposants, mépris des petites gens et de leur vie même, lanceurs (ou ici en l'occurrence lanceuse) d'alerte accusés de #FakeNews (1). Puis la catastrophe arrive, imparable. 

Ce qui se passe en fait en ce moment à l'échelle du monde. 

La mauvaise foi qui perdura de la part des plus officiels médias a une allure hélas très moderne. Ainsi comme le barrage n'a pas cédé (point particulièrement fascinant) mais que c'est techniquement un immense glissement de terrain qui a provoqué le passage d'un tsunami dans la vallée - puisque les terres et roches avaient pris place dans le lac artificiel, l'eau devait bien aller quelque part -, ils trouvèrent moyen, du moins dans un premier temps, de parler d'une catastrophe naturelle. 

J'ai donc lu et relu le thread avec intérêt puis suis tombée dans la reconstitution. Happée. J'en ai oublié mon intention de vraie sieste, tout ce que j'avais à faire et même le dîner. 

Au delà de cette tragédie précise, il y a là quelque chose à creuser. Si l'on pouvait ainsi narrer toutes les sombres histoires menant à des catastrophes, ça marcherait mieux d'avertir les gens. 
Cet événement de scène fut donné en 1997 sur les lieux mêmes, peut-être que parmi le public se trouvaient des survivants, ou de leurs descendants. C'est impressionnant aussi de voir le double passage du temps : déjà important entre la catastrophe et l'époque de la mise sur scène, et à nouveau importante entre cet exploit et maintenant. Marco Paolini, depuis n'a pas chômé.

Liens vers le thread de Valerio Motta : 

épisode 1 : la vallée
épisode 2 : le chantier du barrage et un drame voisin
épisode 3 : Autour du futur barrage, l'inquiétude grandit
épisode 4 : Pendant que l'eau s'élève
épisode 5 : L'eau monte, la montagne tremble
épisode 6 : Les dernières heures de Longarone

Quelques documentaires traînent sur Youtube : 

Scena del disastro di Vajont
Longarone : Vajont dam disaster
Diga del Vajont

 

(1) Un des points de l'histoire qu'on croirait d'aujourd'hui est que la seule journaliste suffisamment indépendante, Tina Merlin, soutenue par son journal et courageuse pour écrire des articles qui disaient la vérité fut en procès de la part des constructeurs du barrage sous l'accusation de répandre des rumeurs. Or entre-temps un premier glissement de terrain avait vraiment eu lieu, tel qu'elle en indiquait le danger dans l'article incriminé. L'accusation s'était effondrée.