Previous month:
3 février 2020 - 9 février 2020
Next month:
17 février 2020 - 23 février 2020

10 billets

Un bon dimanche, quoi que de tempête

 


    Vent si fort le matin que nous nous sommes tout simplement recouchés. Le chemin habituel dans ma Normandie est une ancienne voie de chemin de fer, bordée des grands arbres qui accueillaient les trains, c'était dangereux ; et prendre la voiture pour aller plus loin semblait risqué (le vélo, n'en parlons même pas). 

Et puis c'est doux d'être au fond du lit, peu dérangeable parce que c'est dimanche et d'entendre dehors que c'est en tempête.

La constatation d'une fuite d'eau - les habitué·e·s d'ici peuvent se gausser, je ne saurais leur en vouloir, trouver le plombier. Quelqu'un passera tôt au lendemain matin, mais comme c'est côté arrivée générale nous craignons les complications.

De jolies retrouvailles avec une de mes cousines, et revoir mon oncle son père - désormais si âgé qu'il n'ouvre guère si nous passons le visiter lorsqu'il est seul -, un moment tranquille et heureux.

Le temps d'être chez la famille, le vent est tombé et ça fait tout étrange alors que puisque deux tempêtes se sont succédées (Ciara et Dennis), nous avons été sous grand vent depuis une semaine environ. Ou telle était notre impression. Ça laisse un vide, une absence.

Et voilà le dimanche plié.

Un coup de fil de ma sœur aura été porteur de deux bonnes nouvelles : un soulagement et ... une sorte de gag.

J'imagine une scène de film burlesque, un visiteur qui sonne, et qu'on craint importun, on aurait pu ouvrir un objet contondant à la main, prêt·e à se défendre, et qui est au contraire quelqu'un de fort bienvenu, totalement inattendu, et porteur d'une de ces propositions qui peuvent changer une vie (en bien).

En soirée, après un bon repas dû au traiteur local et à quelques finitions par l'Homme de la maison tandis que je parlais au téléphone avec ma sœur, je re-regarde le record de 6,18 m au saut à la perche par Mondo Duplantis, et ce avec une marge si confortable. 

J'aide l'Homme à enregistrer son message de répondeur téléphonique. Ses essais faisaient trop peu pros, or il risque d'avoir des appels sérieux (pour son club, pour son boulot ...).

Lecture studieuse pour terminer la journée.

Très bon dimanche tout en récupération, grâce auquel je me sens d'attaque pour la semaine à venir (et ça, c'est très agréable), laquelle présente un temps fort, le mercredi soir, avec l'invitation de Sylvie Lassalle à mon émission Côté Papier, et plutôt des choses douces et instructives, potentiellement.

Sur le front du 2019-nCov : il s'appelle désormais SARS-CoV-2, les mesures de confinements semblent arnachiques en Chine mais néanmoins plus strictes. 69 288 cas, 1670 morts, 9871 guéris 
Comment ça concerne (pour l'instant) les gens par ici : une des filles de ma cousine qui devait dans le cadre d'un échange entre des universités assurer quelques cours en Chine au printemps pour une période donnée se trouve dans l'incertitude de son départ, de son séjour. J'écris pour des lecteurs de plus tard et qui ne nous connaîtrons pas : voilà, classe moyenne d'un pays qui au début du XXIème siècle s'appelait la France, incidence d'une forte épidémie dont l'épicentre (ça se dit, pour une épidémie ?) se situait en Chine, deux mois et demi à trois mois plus tôt. 
Des questions, des doutes, commencent à circuler quant aux J.O. de Tokyo. The Runner faisait remarquer que les athlètes étant des personnes qui poussent leur corps au maximum, sont souvent dotés d'une immunité fatiguée. Et que dès lors, la question risque de vraiment se poser et des décisions de ne pas se présenter risquent d'être prises par les individus si les nations ne prennent pas leurs dispositions. 

Dans le monstrueux paquebot en quarantaine au bord du Japon, la croisière ne s'amuse plus. Il doit déjà y avoir quinze films hollywoodiens et Vingt-cinq best-sellers en préparation, tant le sujet s'y prête. 

 


On fait pas mal de choses lorsque l'on ne fait "rien"

 

    C'était un jour venteux à ma Normandie. Le réveil fut relativement tardif, l'Homme n'était pas très motivé à l'idée de devoir passer par la fenêtre pour aller acheter le pain et possiblement deux croissants, la porte aux chambranles fraîchement repeint, frottait, collait, ça n'allait pas bien.

Mon père m'avait laissé en partage des outils et parmi ceux-ci de belles limes. J'ai été ravie de les retrouver vite et d'en faire bon usage. L'Homme de la maison, rentré de son expédition continua. Et désormais la porte s'ouvre.

J'aime la maison toute propre des travaux.

Les ardoises tombées dans notre jardin devant provenaient en fait du 12. Je suis allée voir à la mairie si l'on pouvait faire quelque chose. J'ai été vite et fort bien reçue. Ils vont tenter de prévenir les propriétaires (une indivision, Néel serait leur nom et je le mets en clair volontairement, sait-on jamais). J'ai profité d'être à la mairie pour me renseigner sur les démarches dans l'optique d'un ravalement extérieur / isolation. 

Je suis passée au cimetière, passée une première fois en vain (leur pause déjeuner) une seconde fois efficace, au magasin de choses pour la maison qui est sur le chemin de la déchetterie. L'idée était d'acheter de nouvelles tringlettes pour les petits rideux fixes. J'en avais lancé une lessive et tout s'est bien goupillé : remettre des tringles et pouvoir y accrocher les rideaux propres. Sauf qu'ils sont si vieux que le lavage en machine les a bien déchirés. 

Passée aussi chez le bijoutier : pile de montre et deux bracelets à réparer. 

Passée récupérer l'Homme chez le coiffeur et ensemble nous sommes allés acheter chez le traiteur de la place de quoi manger pour l'ensemble du week-end sans plus avoir à s'en préoccuper. 

Le temps de faire tout ça il était déjà le soir, lui était allé jouer à la pétanque, j'avais remis les rideaux et autres petits bricolages avançables, me suis un peu reposés en échangeant avec quelques ami·e·s et l'une de mes cousines - dans l'idée d'essayer de se voir -. 

En soirée j'ai vu le film Le lion par camaraderie envers mon ami nageur Julien et finalement c'était agréable presque comme un bon vieux Bébel avec Danyboon très crédible dans le rôle de Bébel et Philippe Katrine dans un rôle qui autrefois aurait été tenu par Jacques Villeret. C'est pas léger léger mais en mode nostalgie des films du dimanche soir d'antan ça tient la route plaisamment. Bon boulot sur les cascades. Jolies vues de Paris. Pas mal de clins d'œil à pas mal de films. Pas d'ennui.

Voilà : une journée dont on se dit, je n'ai pas fait grand chose et pour laquelle si l'on regarde bien : on a fait pas mal de trucs, l'air de rien. 

Je veille tard à écrire en écoutant la tempête, pour le plaisir d'entendre le vent, le vrai, pas celui que la grande ville dévie.


Une photo retrouvée des amies et ce souvenirs de l'Attrape-Cœurs avant sa transformation

 

Fullsizeoutput_19c9 Fullsizeoutput_19c9

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos qui ont déjà deux ans, ce qui me semble (cf. billets précédents) toujours aussi stupéfiant.


La présence de Thomas

 

    Je me rends compte avec stupéfaction que la présence de Thomas Gunzig à la librairie Charybde, cette invitation qu'il avait honorée, c'était il y a deux ans. Deux. Ans.

Souvenirs d'avoir bien travaillé et bien ri. Ce qui est une définition du bonheur, non ? Gratitude envers lui qui avait accepté de faire le déplacement (et envers sa maison d'édition, Marion Mazauric son éditrice, qui l'avait rendu possible).

DSC00910

Un an et demi plus tard son roman suivant, "Feel good" fut un bon succès de la rentrée et j'ai pu, mais ailleurs, tenter d'y contribuer.

Fullsizeoutput_19c6

DSC00911

DSC00913

Un enregistrement audio est écoutable sur la chaîne YouTube de la librairie Charybde, en ce temps là sise rue de Charenton à Paris dans le XIIème.


Un petit bon souvenir suivi d'une stupéfaction atterrée (le monde se gorafise)

Fullsizeoutput_1aa2

Réveillée ce matin par le flash d'infos de 7h sur France Cul, et la voix de Marina Foïs qui tenait des propos clairs et fort justifiés sur le jury des Césars, lequel a pris acte des critiques qui lui était adressé et a démissionné collectivement. 

Ceci m'a permis un réveil sur un petit bon souvenir, cette figuration familiale dans le film "À boire" grâce à une impulsion de ma fille et au talent du fiston enfant, une belle journée pour nous (et rémunératrice et instructive) qui n'en connûmes pas tant, la plupart de nos moments heureux étant entachés par ailleurs de tracas pesant (santé des uns ou des autres, travail, fins de mois ...). Là, ce fut un vrai bon moment heureux, une respiration au milieu des journées de boulot bancaire tendues et pour moi l'occasion fabuleuse de commencer à gagner des sous en lisant. Je suis vraiment heureuse de disposer de ce souvenir qui me ressemble tant.

Peu après, probablement après un rendors sans en avoir conscience, ma spécialité, et donc au vrai réveil pour la journée, ce fut un touite de Momo qui a achevé de bien me réveiller, dans le même temps de ce que je découvrais sur des fils d'actualité.

Capture d’écran 2020-02-14 à 11.28.42

 

 

"Qu'est-ce que vous avez encore fichu ?" était l'exacte expression de mes pensées, en lisant l'info de l'abandon de candidature à la mairie de Paris de Benjamin Griveaux comme suite à la diffusion d'une sextape, et après la sorte d'orage d'infos nawak dans tous les sens dont je parlais en fin de billet la veille, et déjà en tendance forte tous ces temps derniers. 

Je n'éprouve pas de compassion particulière pour cet homme qui était dans sa campagne électorale pris dans une spirale délirante, seulement j'en tiens que pour que sa candidature tombe sur ce prétexte plutôt que pour des raisons de compétences politiques qu'il n'a pas, c'est que notre démocratie a vraiment du plomb dans l'aile. Et ça n'est pas bon signe, pour qui que ce soit. Ce sont des méthodes fascisantes qui auront précipité sa chute. C'est inquiétant qu'on en soit là.

 

 

Sur le front du 2019-nCov, outre des comptages mouvants (un peu comme le nombre de chômeurs en France, mais dans l'autre sens), une intéressante réflexion de The runner sur les conséquences potentielles sur les jeux olympiques prévus cet été à Tokyo. Je n'ai pas d'avis précis, car j'ai ce biais inexpliqué de pensée qu'une épidémie mortelle ne peut pas concerner l'été (c'est absurde, je le sais, d'autant plus qu'il y a deux hémisphère et différents climats), il n'empêche que son point de vue mérite d'être entendu.

addenda de la nuit : Comme nous nous sommes retrouvés à l'heure du dîner à tenter de trouver en vain impromptu un restaurant à Bayeux, car tous étaient réservés complets pour la Saint Valentin, on est tenté de croire : 
1/ que la situation économique de pas mal de gens est plutôt pas si mauvaise que ça ;
2/ que dans cette région il n'existe pour l'instant aucune psychose de type peur du virus : les gens sortent et pas qu'un peu ;
3/ que le marketing pour imposer une fête qui n'avait aucune tradition locale il n'y a encore pas si longtemps, ça marche.

À propos de situation économique, on a vu des gilets jaunes à un rond-point. Là aussi en bons parisiens moyens, malgré qu'on a pourtant des échos des manifs qui perdurent le samedi, nous avons été tout surpris.



Curiosité locale ; la petite échoppe qui faisait des pizzas à emporter (attente en ce soir particulier : 45 à 50 minutes) pratiquait en ce soir de fête l'offre suivante : pour deux pizzas achetées, une gratuite. Je me suis demandée quel était l'implicite de cette offre qui m'aurait semblé plus adaptées pour des soirées football. Cela dit, nous qui avions plutôt décidé de fêter enfin Noël en famille, avec la bûche et tout, ça nous arrangeait. Fullsizeoutput_1aa5

 

Autre curiosité locale : ici les librairies (et les autres commerces aussi, mais disons qu'à Paris où le montant de la prune est sévère dès que deux cartons même bien pliés dépassent de la poubelle jaune des recyclables) ont le droit de laisser leurs cartons sur le trottoir au soir du ramassage. Et tels quels !

Fullsizeoutput_1aa6

 

PS : Beau texte "Ventre à terre" lu chez Antonin Crenn.


On peut être au chômage et travailler sérieusement

 

    Ce fut mon cas aujourd'hui (et les autres jours de cette semaine aussi, si j'y réfléchis, mais plus particulièrement aujourd'hui) : même si je suis partie à la BNF plus tard que je ne l'aurais voulu (passer à la banque, ce genre de choses ...), j'y aurais passé l'essentiel de la journée à différentes choses bien studieuses, sérieuses et qu'il fallait faire.

En travail personnel, j'ai avancé dans ma préparation de l'émission de mercredi prochain sur Cause Commune. La lecture de l'ouvrage de mes invités n'est pas la même que celle que j'effectue pour une sélection en librairie ou en vue d'un article à rédiger ou d'une émission à assurer seule, et ne ressemble pas tout à fait à une lecture personnelle sans travail ultérieur déterminé. C'est une lecture avec réflexions sur la structure et les thèmes, les connexions, les possibilités de questions avec développements qui pourraient éclairer les lectrices et lecteurs potentiel·le·s et leur donner envie.

Je relis d'anciens billets de blogs aussi. L'idée étant d'établir des liens ou au moins de mieux comprendre certains éléments, des enchaînements. 

C'est stimulant, ça me redonne de l'énergie, même si cela n'empêchera pas un gros coup de pompe de m'assommer en fin d'après-midi. Comme le vent semble à nouveau fort et un brin tempétueux, je me demande si une chute des pressions n'est pas en cours, qui expliquerait mon surcroît soudain de fatigue forte. 

Alors je m'accorde du temps personnel : regarde un très intéressant documentaire sur Vilmos Zsigmond qui fut dans les années 60 et 70 à Hollywood le chef op' des plus grands. Son travail sur la lumière était impressionnant et poursuis grâce aux Archives de l'internet où il eut le privilège d'être référencé, la reconstitution de mon fotolog disparu (1). J'avais effectué des sauvegardes à marches forcées lorsque j'avais appris sa disparition prochaine, seulement par manque de temps n'avais pas tout bien récupéré (2). Alors méticuleusement j'entreprends de combler les cases manquantes. Sans y prêter attention j'arrive au mois de février 2006, ce moment pour moi du plus grand déchirement affectif vécu jusqu'à ce jour, une rupture subie d'une très forte amitié.
D'autres duretés de la vie ont mis celle-ci à distance, j'apprécie toujours le travail de la disparue et ses engagements politiques, je suis parvenue à faire la part des choses. 

Il n'empêche que pendant longtemps je devais me préparer à la croiser (la personne ou son travail ou des souvenirs personnels la concernant) sorte d'équivalent mental au fait de contracter ses muscles en vue d'un effort physique. Or là je ne me méfiais pas, je n'avais pas vu que j'arrivais aux jours fatidiques et voilà que c'est passé, pas de cœur serré ni de larmes aux yeux, seulement la tristesse d'un malheureux gâchis, et peut-être davantage pour elle, finalement, que pour moi, aussi curieux que cela puisse sembler de penser ça. Je me suis sentie infiniment légère d'être enfin hors d'atteinte de celui-ci de mes chagrins.

L'autre réconfort du jour fut d'avoir pu remettre mes semelles orthopédiques que j'avais cru volées, toujours avec mon sac d'ordi le 17 octobre 2017. En fait celles que j'y avais glissées ce soir là n'étaient pas les toutes nouvelles, contrairement à ce que je croyais, mais la paire de secours. Et les nouvelles, intactes, étaient restées dans une paire de souliers que je porte rarement, et particulièrement en cas de très mauvais temps. La tempête Ciara aura eu le mérite de me les faire retrouver. Leur réapparition en plus qu'elle m'est fort utile me réchauffe le cœur fort exagérément.  

Un de mes bracelets c'est cassé (pas la première fois) j'ai heureusement pu le reprendre avant qu'il ne tombe et ne disparaisse à jamais. Juste après, alors que j'allais aux toilettes, j'en ai trouvé un, posé à l'endroit des grands accès désert où trône un téléphone à l'ancienne sur une sorte de bureau que j'ai toujours vu vide. Je l'ai déposé aux objets trouvés au vestiaire Est en remontant. La personne qui l'a pris n'a même pas pris le temps de noter quoi que ce soit dans le registre. Ça n'était un bracelet fantaisie, une sorte de ressort doré, mais quand même, quelle désinvolture !

Soirée crêperie offerte par Le Fiston pour fêter sa toute prochaine nouvelle vie. C'est classe de sa part. Et intelligent : nous en avons profité pour réfléchir ensemble à quelques points logistiques et d'intendance.

Je travaille encore un peu une fois rentrée, écris ici.

 

Sur le front du 2019-nCov : 60364 cas toujours essentiellement en Chine, dont 1370 morts et 6292 guéris. Des articles ici ou là sur les conséquences politiques en Chine, certaines mesures drastiques, certaines conséquences économiques - les articles tendant à minimiser nos problèmes d'approvisionnements -. Des personnes que j'ai croisées aujourd'hui, des conversations entendues, personne n'en parlait. Paris draine moins de touristes, à vue de nez, seulement février est rarement la période la plus propice de l'année.

Les nouvelles générales du pays partent dans tous les sens, le gouvernement dit tout et son contraire, notamment sur l'écologie, le débat parlementaire sur la réforme des retraites se noie dans la plus totale confusion, les épreuves de contrôle continu comptant depuis cette année pour le bac réformé semblent un casse-tête sans nom pour professeurs et chefs d'établissements (sans même parler des mouvements de protestation, des annulations, des gardes à vue de jeunes pour de simples manifs locales) et le maire de Levallois- Perret sorti hier de prison comme à l'article de la mort s'est offert un marathon médiatique, ce qui a déclenché indignation et sarcasmes. Comme je n'y ai regardé de près que le matin avant de partir et le soir après le dîner, j'ai eu un effet de cumul qui donnait la certitude que le Grand N'Importe Quoi l'avait définitivement emporté.

Ça pourrait être drôle, la façon dont tout part dans tous les sens, si ça n'était pas diablement inquiétant. 

Petite surprise du soir : alors que ma lecture filée dans "Côté papier" concerne les conséquences du coup d'état du 17 octobre 1987 au Burkina Faso, j'apprends ce soir par un article sur Médiapart, qu'une reconstitution de l'assassinat de Thomas Sankara vient d'avoir lieu. Le sujet serait donc encore brûlant.

 

(1) Parce que fotolog lui-même, après une première résurrection, semble avoir disparu complètement. 

(2) Sans doute aussi qu'une partie n'était que sur le disque dur que je m'étais fait voler avec l'ordinateur dans mon sac en octobre 2017. Et en copies sur Flickr mais sans indexation.

 


Une journée calme et studieuse (ça fait du bien)


    Captivée par la vie de Francesc Boix (merci Thomas) j'ai vraiment savouré d'avoir du temps pour préparer mon émission "Côté papier" de ce soir. J'ai eu ce luxe inouï de pouvoir me permettre de considérer que le reste, tout le reste pouvait être reporté au lendemain et de m'y consacrer entièrement, découvrant sur l'internet des documentaires qui se complétaient de façon fort intéressante.

De la journée, et en dehors des temps liés aux nécessités d'entretien d'un petit corps humain (manger, dormir, se laver, aller aux toilettes, s'habiller), et trois bricoles domestiques (vider les poubelles, relever le courrier de la vieille poste de sur la terre, sortir une lessive), je n'aurais fait que ça : finir de préparer l'émission et la donner. 

Malgré la dureté du sujet en ce qui concernait le photographe de Mathausen, cette journée calme et studieuse fut un bonheur. Se consacrer à son propre travail, quelle joie ! N'être pas interrompue, quel miracle ! Du coup j'étais parfaitement dans les temps pour chacunes des étapes finales de la préparation. Sans stress d'avoir à me dire Fais vite, sans précipitation. 

Je regrette que ça ne soit pas possible pour quelqu'un comme moi, sur une longue période, mesure à quel point en temps normal je consacre une énergie folle à tenter de me préserver des moments comme ce temps personnel de la journée d'aujourd'hui, sans réellement y parvenir : terminé une journée de travail rémunéré, des corvées domestiques, des entraînements sportifs, le temps restant est happé par la nécessaire récupération et autres activités physiologiques.  

Il faut dire aussi que j'ai eu de la chance : personne de ma famille ou de mes proches ami·e·s ne semblait aller mal, et les nouvelles du monde, si elles n'étaient pas meilleures qu'à l'ordinaire, sont restées comme lointaines, sans pires catastrophes que celles déjà en cours. 

On aura eu confirmation qu'il vaut mieux être un escroc de haut vol si l'on souhaite, même pris, être traité avec humanité. Ça n'est en rien une surprise. La zénitude apportée par le fait de pouvoir bien travailler, m'aura même épargné d'éprouver de l'indignation. 

Sur le front du 2019-nCov, une légère bonne nouvelle : deux des patients hospitalisés en France sont sortis guéris. 

Il conviendra demain que je me consacre plus activement à ma recherche d'emploi. 


Les CR (Comptes Rendus) video de Syblo une belle source de motivation

Les videos de Syblo sont toujours un régal et une belle source de motivation, avec cette façon calme, appliquée et déterminée qu'il a d'avancer dans le sport.

J'ignore qui filme et fait le montage mais c'est toujours de l'excellente qualité pour qui a d'autres choses à faire par ailleurs dans la vie. Baptiste Cartieaux est toujours très pédagogue, vu son jeune âge c'est impressionnant, on dirait un grand frère attentif. 

J'aime la façon appliquée assez touchante de ses présentations. L'humour léger, toujours présent, ce qui en video sportives n'est pas si fréquent (le plus courant en la matière consiste en gros "gags" lourds ou pas d'humour du tout). Par exemple dans celle-ci le petit rappel en bref insert au moment où le coureur en souffre, de sa première réaction face à l'annonce de grand vent ce jour-là. 

J'aime qu'il ne soit pas toujours vainqueur, ses forces, courses après courses, sports après sports (1) sont assez évidente, et en grand pro potentiel il est extrêmement lucide sur ses faiblesses, quand il galère, il le montre, pas de déni, ni de fausses excuses, chapeau. C'est ainsi qu'on progresse (2).

Et il termine presque toujours sur d'autres compétitions de la même journée, images au drone, c'est un petit plaisir. Comme les videos sont postées avec régularité le mardi après-midi et que mon entraînement de piste quand le travail salarié ne m'empêche pas d'y aller est le mardi soir, c'est impeccable. Et pour la préparation de mon émission radio du mercredi soir c'est une précieuse source communicative d'énergie. 

Voilà en tout cas qui donne la pêche pour attaquer nos propres entraînements ou le travail de la journée. Merci à Baptiste et à sa team video (parents ? camarades de club ? ami·e·s ?), respect à la ou les personnes qui effectuent les montages, beau boulot. 

 

 

(1) car sa chaîne ne couvre pas que la course à pied, c'est un autre de ses charmes. Il s'essaie à différentes activités et explique, n'hésite pas à se mettre en scène en train de débuter (parkour par exemple)

(2) Je suis dotée de basses capacités mais néanmoins sportive, alors vraiment j'en sais quelque chose. 

 

 


Journée studieuse, journée sportive et le retour des tracas financiers

 

    Comme je disposais de tous les documents nécessaires à mon programme de l'émission du lendemain soir, je choisis de rester à la maison plutôt que d'aller à la BNF. J'ai même plutôt trop de pistes puisqu'en suivant la double indication de celui qui m'a passé la BD et de Thomas G., dont le grand-père paternel est l'une des victime figurant sur les images, je vois un film de fiction sur Netflix "Le photographe de Mathausen". En soirée, je trouverai aussi un documentaire espagnol.

Le plus saisissant restera le témoignage filmé de Francisco Boix au procès de Nuremberg.  

La fiction présente les défauts habituels : autant dans la BD les choses ont été un peu simplifiées pour aller à l'essentiel et faire œuvre de pédagogie - tout en étant respectueux, tout est détaillé ensuite, dans le dossier : les uniformes plus variés, les circuits de sortie des négatifs plus complexes et variés aussi, les enveloppes diversifiées, moins de protagonistes clairement identifiés en tant que personnages que l'on reconnaît -, autant dans le film tout est exagéré pour rentrer dans le moule d'une narration avec un héros exemplaire, qui se sort de chaque coup dur par le haut et en aidant les autres, et les différents dispositifs de traitements des prisonniers dans le camp lui arrivent tous successivement ou à ceux des prisonniers qui lui sont proches. Il était déjà suffisamment héroïque d'être parvenu à subtiliser certains négatifs, le rentre super-survivant ne fait que rendre l'affaire moins crédible. Et tout se passe un peu trop comme s'il ne fallait rien omettre (l'escalier de la mort, le four crématoire, les prostituées, les expérimentations pseudo médicales, les gamins employés dans une petite industrie locale, les camions dont les gaz d'échappement étouffaient les prisonniers, le camp secondaire encore plus mortel, etc.). Après, voilà, c'est du bon boulot narratif grand public, y a pas à tortiller. Et l'on reconnait bien chaque étape du récit historique fait dans la partie documentation du livre. On voit aussi la reconstitution des photos. Et les éléments demeurés inexpliqués (comme la photo du photographe nazi en train de faire le mort) ont été gommés. L'agréable est que chacun parle sa propre langue et s'exprime dans celle de l'autre avec les bons accents et les fautes que l'on peut attendre. Le micro point agaçant (c'est terrible ma capacité à sortir des films pour peu) ce sont les objets qui pour faire d'époque font vieux : désolée mais une chemise cartonnée, un papier de ce temps là, en son temps avait l'air neuf, ou usé peut-être mais par une utilisation récente. En 1944 une photo de 1944 n'a pas l'air d'une vieille photo au papier défraichi. 
Le jeune garçon que l'on suit d'un peu plus près et que le photographe prend en quelque sorte sous son aile, ressemble au jeune héros de l'Attentat de Fons Rademakers, était-ce volontaire ? 

En attendant, j'ai en deux jours beaucoup appris sur le destin de ce photographe courageux, et suis reconnaissante à ceux qui m'ont mis sur le sentier de ce témoin précieux.

J'en ai oublié nos ennuis financiers dus à la conjonction de la non-indemnisation de mon chômage - conséquence des nouvelles mesures au 1er novembre 2019, un CDD de moins de 65 jours compte désormais pour du beurre pour le ré-examen des droits -, conjuguée avec l'erreur (par manque de temps) d'avoir financé les travaux de la maison de Normandie sans prêt, et accentuée par la modestie de mes salaires ainsi que l'arrivée des appels de fonds pour le ravalement de la cage d'escalier de l'immeuble où nous habitons. Tout ça semblait soudain bien secondaire, ces tracas. 

Un bon petit entraînement de course à pied là-dessus (en théorie un 8 x 400 m vitesse VMA avec récup = temps mis pour effectuer les 400 m - en pratique j'ai plutôt fait 8 x 1 tour 1/2 ou 1 tour en visant 6 mn/km avec récup = jusqu'à ce que la montre m'indique récup OK) et tout allait mieux, du moins moralement. Au passage, il me semble que j'ai récupérer mes genoux, que les presque deux mois de maison de la presse à journées de 9h debout sans arrêt sauf la pause déjeuner, avaient un tantinet rendus douloureux de façon sourde et permanente. Je commençais à craindre que ce fût irréversible. 

 

Sur le front du 2019-nCov, 43146 cas dont 1018 morts et 4347 guéris, toujours 11 cas officiels en France où personne ne semble officiellement mort ni guéri. 

Des personnes sont en quarantaine dans des paquebots géants où quelques cas se sont déclarés - dont un au Japon, tout le monde confiné dans sa cabine et des tours de promenade réglementés pour ceux qui en ont des toutes petites sans hublots -.

Conséquences sur lesquelles j'avais lu des articles mais qui commencent à concerner des gens que je connais : toutes nos belles industries, dont celles du luxe, qui avaient délocalisé tout ou partie de leur production en Chine, commencent à sentir la pénurie. Dans certains cas pour des éléments précis, mais dont l'absence est bloquante. 

Et les mêmes industries habiles à délocaliser sont aussi celles qui ont recours aux prestataires extérieurs : chute du chiffre d'affaires ou de la production, résiliation immédiate des contrats. Un ami m'a parlé de connaissances qui s'étaient vu notifier par SMS, de ne pas revenir pour l'instant et que le contrat était suspendu en attendant retour à jours meilleurs. 

J'avoue que je ne pensais pas que les conséquences économiques se feraient si vite ressentir. Je supposais encore à l'ancienne, qu'elles ne précéderaient pas la vague épidémique par chez nous.

Ma difficulté à me projeter dans le futur, trop d'éléments barrant la route, dont mon absence de perspectives rémunératrices immédiates, et la conscience que des tas d'autres problèmes de santé peuvent survenir avant ça, font que je ne parviens pas à m'inquiéter plus que ça. La perspective d'un confinement général ne m'effraie même pas : j'ai de quoi m'occuper avec tout le travail de rangement de l'appartement pendant des mois. Et puis, dans la série À quelque chose malheur est bon, ça pourrait être l'occasion d'écrire à bride abattue.

Lire la suite "Journée studieuse, journée sportive et le retour des tracas financiers" »


Claire Brétecher

 

    La nouvelle de son décès est tombée dans la matinée. Je l'ai appris via Twitter, comme le plus souvent les décès de personnalités, d'artistes, ces dernières années. 

Pas le temps d'écrire un vrai billet, je prépare mon émission du lendemain et je suis en retard dans des démarches administratives un peu pressées (tracas financiers, chômage non indemnisé) et je dois poursuivre à rythme soutenu mes recherches d'emploi. 

Il n'empêche que c'est pour moi grande émotion, et une fois de plus la fin d'une part d'enfance. 

Dans les années 70, je piquais à mon père le Nouvel Obs avant son retour de l'usine et je me jetais sur Les Frustrés. Je rigolais grâce à elle de la vie des gens riches, qui me paraissait d'un autre monde, il faut bien l'avouer. Mais ils étaient si marrants avec leurs problèmes légers. Et j'étais si d'accord avec la combattivité des femmes, même si je ne percevais pas encore l'ampleur des inégalités dans lesquelles nous étions enfermées. 

Sans savoir dire à brûle-pourpoint en quoi ça consistait, il me semble que je lui dois beaucoup.