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20 billets

Entraînement de course à pied : tour tranquille de l'Île de La Jatte

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Entraînement léger convenant à une solide fatigue. Il eût été impossible de mettre du rythme, de faire des séquences. Donc y aller quand même mais sans forcer. Le but de la séance était déjà de parvenir à la faire. JF pour m'accompagner, ce qui aidait.
Halte pour divers petits exercices à Levallois, en bord de Seine puis assouplissements au parc des Impressionnistes mais pas à l'endroit habituel qui sentait violemment l'épandage de quelque chose.

Condition physique : J'ai le dos douloureux : haut (mauvaise position de sommeil ? deux oreillers par mégarde) et bas (surtout l'arrière à gauche au niveau de la hanche). L'énergie est basse, j'ai dormi la veille presque toute la journée, l'inquiétude combinée pour l'un qui subissait une petite intervention chirurgicale l'avant-veille et l'autre qui a de nouveau des ennuis de santé m'a vidée ; je le paie en fatigue, de même que les mois de travail physique intense enchaînés avec seul Arras pour souffler de fin août à la semaine passée. 
Semaine passée sans travail en librairie : je le sens immédiatement, aucune fatigue des jambes, ni genoux. De ce strict point de vue, j'aurais pu enchaîner sur un deuxième tour.

Distance : 10,89 km

Moyenne en déplacement 8:27 mn/km basse mais peu surprenante. J'ai pris quelques photos (la brume sur La Défense)
Moment un peu soutenu à 5:50 mn/km (mais pas longtemps, le passage en planches, réouvert)

Conditions climatiques :
Il fait environ 4°c brumeux au moment du départ. La température est sans doute de 6°c vers la fin, et la brume s'est levée.
Le tour de l'île, fermé pour cause de crue lors de notre plus récent entraînement sur place était à nouveau accessible mais pas du côté du petit bras.

Équipement : bonne chaleur pour du 4°c gris avec par moment petite brise frisquette


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  • - un tee-shirt manches courtes 2XU suffisamment serrant pour éviter de mettre un soutien-gorge ;
    - un tee-shirt technique manche courte (en l'occurence celui d'un trail de Ville d'Avray il y a deux ans (ou trois ?)) ; éventuellement j'aurais pu m'en passer ;
    - une veste thermique légère du club de Levallois, prévue pour le vélo à la mi-saison ;
    - un caleçon court moulant de course ; 
    - un pantalon de survêtement chaud, prévu pour le foot à la base ;
    - un tour de cou (en l'occurrence celui du trail des 40 bosses) ;
    - une paire de mitaines de vélo - la température ayant légèrement montée pendant les environs deux heures d'entraînement et comme il s'agissait de courir en ville et non de trail, j'aurais pu m'en passer - ;
    - tour de cou utilisé comme bonnet, celui du club, légèrement molletonné et imperméable jusqu'à un certain point.
    - la petite sacoche à la taille contient le téléphone portable, utile en cas d'urgence et pour prendre des photos ;
    - dans les poches dorsales de la vestes thermique, mouchoirs (tissus et en papiers), deux gels (qui n'auront pas servi) ; un pass navigo une petite pochette avec CB, carte vitale, carte du club de triathlon et un billet de 5 € (ou 10 €) ;
    - pas d'eau car deux points d'eau sur le parcours : au parc des Impressionnistes et au début du parcours sur l'Île de La Jatte ;
    - chaussures : de solides Brooks, milieu de gamme achetées chez Cap Marathon l'an passé (ou deux ans plus tôt ? le temps file tant). 
    - chaussettes de running de base de chez Décathlon ;

(je prends ces notes en vue des courses, où il est utile d'être à la bonne température et de ne rien oublier)

Billet commun avec Run mais plus seulement


Perplexité d'un masque

 

    On se rappellera plus tard, si l'on est encore là, que c'était en ce samedi que l'étendue de la nouvelle épidémie de coronavirus avait pris son ampleur. J'étais en journée off, à récupérer chez moi de plusieurs mois d'intense travail et d'une semaine familialement chargée ; ce qui fait que je pouvais suivre la façon dont les informations et quelques rumeurs déjà circulaient.

C'est intéressant au moins de constater le foisonnement d'informations lorsque la suite est imprévisible (1).

Puis je suis allée au restaurant japonais du coin de la rue chercher un dîner pour le fiston et moi, seuls présents ce soir-là. J'avais des chèques déjeuner à utiliser, les courses n'étaient pas faites, et j'avais déjà cuisinoté pour la collation du milieu de journée.

En arrivant sur les lieux j'ai croisé un livreur qui s'en allait chargé de différents paquets, casqué (il livre à scooter je crois) et portant un masque médical de protection.

Je me suis demandée, c'était inévitable, si ça avait un lien. Il pouvait très bien le porter parce que déjà malade par ailleurs - l'épidémie n'empêche pas celle de grippe ni les bons gros rhumes hivernaux -, le porter pour rassurer les clients peureux, le porter par crainte de réactions racistes - lequel s'est beaucoup décomplexé ces dernières années -, le porter parce que lui-même cédait à la panique (je ne le crois pas, seulement c'est une hypothèse), le porter parce qu'il le fait toujours pour tenter de se prémunir un peu de l'air pollué.

Peut-être que dans une paire de semaines nous porterons toutes et tous de ces masques. Alors je pourrais me rappeler que c'était le samedi soir 25 janvier que j'avais vu le premier.

Pour avoir eu un ami qui était à Hong Kong en 2003 et m'avait raconté les mesures de confinement, avec une sorte distinguée d'amusement - mais il n'avait pas de crainte financière, ni de perdre son travail -, je ne frémis pas de crainte à l'idée d'une telle obligation. Je pourrais rester chez moi à ranger la maison. Il n'empêche que la vitalité actuelle du pays en prendrait un coup. On en ressortirait sans doute équipés de lois dont nous ne voulons pas. Espérons donc que le virus ne gagne pas trop en virulence et que la propagation en soit stoppée avant que nous ne nous retrouvions dans "Station eleven" ou "La constellation du chien".  

 

 

(1) Une épidémie est tant qu'elle n'est pas jugulée un événement non clos. Contrairement à une catastrophe ponctuelle, un attentat unique, un phénomène climatique. Ça ressemble plutôt à une guerre. Celleux qui vivent pendant n'ont aucune idée de son issue, ni quand ni dans quelles conditions elle interviendra.

PS : Grâce à cet échange, 

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et une réponse d' @Monolecte , j'ai (re?)découvert un texte qu'elle avait écrit avec une belle classe et une formidable énergie sur le lendemain de la tempête Klaus. Cette tempête avait eu lieu dans une autre région que la mienne, épargnée, pendant les jours où je restais en état de choc après l'agression verbale violente dont j'avais fait l'objet sur mon lieu de travail alors que j'étais restée pour réparer des erreurs de la personne qui s'en prenait à moi - longtemps plus tard je me dis qu'elle avait agi ainsi sous l'emprise de la crainte que son incompétence n'éclate au grand jour ; sur le moment j'étais surtout dans un contre-coup absolu d'épuisement, dû également au fait que depuis trois longues années je m'efforçais de travailler alors que le poste que j'occupais n'avais plus de sens utile -. Il se trouve donc que je n'en avais plus aucun souvenir et n'en ai pas de signe sur ce blog.

 

 


Là où l'on a grandi

Ça faisait bien longtemps que je ne m'étais pas livrée à l'une de mes activités favorites, la découverte de talents confirmés. 

En fait et compte tenu du destin difficile des librairies en notre époque, c'est simple : je travaille à fond, d'où qu'il ne me reste guère de temps pour explorer, écouter, flâner. Plein de choses se passent dont j'ignore tout. Puis j'ai un temps plus ou moins long avant de retrouver du travail. Et je rattrape alors mon retard d'avoir vécu en ce pays [sans avoir le temps matériel ni l'énergie d'y prêter attention]. 

Ce matin grâce @DocArnica et @Tartinetino je découvre le travail d'Antoine Elie, sans doute après la France entière moins quelques personnes. Chanson française classique, des airs qui en rappellent d'autres, mais adaptés de maintenant, une présence, une voix. 

J'écoute peu de chanson en français en écrivant, à part des classiques dont les paroles me sont si connues qu'elles en décollent du sens, et n'ai en temps normal pas tant de loisirs que je puisse écouter de la musique par pure attention longtemps, il n'empêche que j'apprécie le travail.

Ainsi, j'écoute quelques morceaux. Puis je tombe sur une video tournée dans la rue, dans laquelle l'artiste répond à des questions d'internautes, passage (presque) obligé de la notoriété. Il s'en acquitte avec bonhommie. Seulement ce qui me saute aux yeux en tout premier lieu c'est précisément ça, le lieu, l'endroit. Il s'agit de "ma" banlieue, une ville toute voisine de celle où j'ai grandi.

Et avant même tout autre considération, ce qui a envahi mon esprit était "Hé, mais c'est chez moi !". Capture d’écran 2020-01-25 à 12.13.52

Un peu le même effet fait lorsque je suis allée mercredi passer un entretien d'embauche dans ma banlieue de petite enfance.

C'est impressionnant d'à quel point, qu'on le veuille ou non, de quelques origines que soient nos parents et grands-parents, on est de là où l'on a vécu nos premières années, là où les apprentissages essentiels se sont faits ; en tout cas lorsque l'on a séjourné un temps assez long sur place (1). Plus rien de matériel ne me rattache à ma banlieue du Val d'Oise, ce que ma sœur et moi avons pu sauvegarder est en Normandie, terre d'origine de ma mère. Nous avons agi selon la pente de ce qui était économiquement raisonnable et préservait une part affective qui avait du sens.
Par ailleurs je me sens chez moi en Belgique, d'une façon que je ne m'explique pas. J'ai un ami qui peut comprendre, au point d'en avoir obtenu la nationalité. Mais il y vit, sauf périodes précises, depuis de longues années, quand je n'ai connu que des bribes. Chaque déplacement coûte de l'argent.

Et l'Italie est aussi pour partie mon pays, lequel me manque puisque par manque de moyens, j'ai pratiquement cessé de le fréquenter (2).

Il n'empêche, la reconnaissance instantanée d'un "chez moi" alors que je regarde des images sans m'attendre à une localisation particulière, me donne un exemple, parmi d'autres (3), de combien on est de là où l'on a grandi, peu importe d'où nos aînés venaient.

Pour finir, voici L'armure et la rose , qui semble être la chanson qui a fait connaître Antoine Élie. 

 

(1) C'est peut-être vrai aussi dans le cas contraire. Il se trouve que comme mes parents ont été d'une grande stabilité, je n'ai connu qu'une croissance dans un point fixe. Je ne peux témoigner que de ce que je connais.

(2) Et c'est sans doute assez typique de la baisse de niveau de vie des classes moyennes combinée avec l'âpreté croissante du monde du travail : mes parents sur le seul salaire de mon père pour une famille de quatre parvenaient à maintenir possible 3 semaines à un mois de vacances en Italie. L'homme de la maison et moi, deux salaires qui pendant un paquet d'années furent deux salaires de cadres, deux enfants, n'avons que très rarement pu nous payer de "vraies" vacances, combinaison de manque d'argent et de périodes de congés sans cesse plus difficiles à obtenir, ou obtenues au dernier moment ou en décalé. Du coup les vacances c'était en Normandie dans la petite maison prêtée par ma mère, laquelle m'appartient désormais. De vacances au ski il ne fut jamais question, hors de portée, hors de prix.

(3) En particulier quand j'ai travaillé dans le Val d'Oise en 2016/2017. Je retrouvais des façons d'être et de parler familières. Alors que j'aurais été incapable de caractériser une culture, un style (un patois ;-) ?) val d'oisien.


Solution de repli

J'avais prévu un jeudi studieux à la BNF où je travaille bien mieux qu'à la maison où me tentent le sommeil et les tâches ménagères, ainsi que l'urgence du rangement.

Quand je suis arrivée, l'entrée était bloquée par une manifestation de protestation contre la réforme des retraites. Grille fermée, rubalise policières, présence importante - au vu du grand calme des gens - de forces de l'ordre dûment équipées.

C'était en fait la première fois depuis le début des grèves qu'un mouvement contrecarrait mes projets. J'ai subi comme tout le monde l'arrêt des transports en commun, seulement un vélo suffisait pour pallier leur absence. 

Cette fois-ci c'était différent : pas moyen de passer. 

Le cinéma, qui comporte une entrée donnant directement sur l'escalier condamné, était obligé d'accueillir les spectateurs par une porte dérobée laquelle donnait probablement sur un escalier de secours. Une baisse de fréquentation était à prévoir.

J'ai envisagé le cinéma, d'ailleurs, comme solution de repli : il m'avait fallu environ une heure de trajet pour venir et je souhaitais assister au soir à l'"Encyclopédie des guerres" à Beaubourg. Bien sûr je pouvais rentrer chez moi puis revenir au soir. Seulement le froid était si coupant que je doutais de ma force pour ressortir. Et puis au lendemain était prévu quelque chose d'assez tracassant pour quelqu'un de la famille, alors je ne tenais pas tant que ça à être chez moi, seule et disposant de temps.

J'avais un bon lot de travail personnel en retard, des messages en souffrance (1) et quelques tâches administratives à écluser sans tarder. 

Hélas, aux heures possibles de séances en ce moment précis, ne figuraient que des films qui ne m'intéressaient guère. Parfois on peut prendre comme bienvenue une pause rendue obligatoire par les circonstances, mais je n'avais pas envie de m'appuyer un film de moindre intérêt alors que je ne dispose pas d'assez de temps pour voir ceux que j'apprécierais.

Alors je suis aller déjeuner. La pente du moindre effort et du budget raisonnable (2) étant mauvais conseillers je me suis retrouvée dans une brasserie fort moyenne, avec un plat de poisson particulièrement décevant, présenté alors qu'il s'agissait d'un poisson entier l'arrête déjà ôtée. Et des petits légumes semblaient sortis d'une préparation en boîte, standardisée. Souci de riche, il n'empêche c'était raté de ce dire : je n'ai pas pu bien dépoter mon travail mais au moins je me suis régalée.

D'autant plus qu'à mon retour vers l'entrée la situation n'avait pas évoluée. Des personnes interrogeaient les grévistes qui repartirent en disant que le blocage était prévu jusqu'à l'heure d'une manif aux flambeaux, soit 17h.

C'est alors que j'ai songé à la bibliothèque de Beaubourg, que nous fréquentions parfois quand nous étions étudiants. Autant être sur place pour la soirée, et au moins aux premières loges si d'aventure la session était annulée. Pas de problème pour m'y rendre (ligne 14), pas de problème pour entrer - tiens, les contrôles sont dotés de sortes de tapis à tubes sur lesquels un sac peut facilement rouler -. Seulement l'air de rien il était 15h48 le temps que je monte, passe aux toilettes, trouve une place. Pour ce qui était de bosser de 13h à 17h45, c'était copieusement raté.

J'ai retrouvé les lieux avec plaisir et leur public populaire et studieux. C'est émouvant une foule sage.

Il n'était pas franchement question d'entreprendre des démarches administratives requérant un minimum de confidentialité : chaque place était occupée, pas bien l'endroit pour taper des codes confidentiels. Le wi-fi était top et gratuit et sans plein d'inscription préalable et l'entrée était restée gratuite sans justificatifs à fournir, comme autrefois. La seule complication avait été de passer par une entrée arrière. 

Finalement, je me suis occupée de mon blog, ça faisait longtemps que je ne l'avais pas un peu soigné. La solution de repli avait rempli son office. 

Et j'étais presque sur place (à cause des travaux j'ai cru qu'il fallait re-sortir pour re-rentrer (en fait, non)) afin d'aller voir et écouter Jean-Yves Jouannais.

PS : Plus tard j'ai appris que la BNF, les salles, avaient rouvert à 17h. 

 

(1) Toujours la même chanson : j'attends pour ceux qui nécessitent une vraie réponse de trouver un temps calme, reposé et posé, lequel ne survient jamais.

(2) Il y a l'Avenue tout prêt, bonne table. Mais tarifs prohitifs pour une libraire au chômage possiblement non indemnisé (3).

(3) Ça faisait partie des démarches à faire, j'avais depuis la veille tous les papiers qu'il fallait.

   

 


Celle de quelqu'un

Entendu parce que je les croisais, à pied, dans ce quartier central parisien.

un jeune homme à un autre, tout en rempochant son téléphone par l'intermédiaire duquel il venait visiblement d'apprendre une nouvelle qui l'énervait au plus haut point 

- J'vais niquer la mère de quelqu'un !

(le pote n'a pas relevé, qui appréciait sans doute l'effort fait de ne pas menacer la sienne)


Un très ancien passé

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Pour cause de recherche d'emploi, me voici retournée dans une ville de mon très lointain passé : j'ai grandi tout près mes premières années, c'était la grande ville voisine où ma mère et moi allions en voiture lorsque mon père ne la prenait pas (une Aronde) pour aller à son travail à l'usine qui à l'époque était Simca. 

J'y suis très peu retournée depuis, dont une fois en 2006 mais alors en état de choc, sous l'effet d'une rupture d'amitié subie pour moi incompréhensible. J'y étais allée pour une consultation médicale, laquelle m'avait bien aidée même si sur le moment je me sentais plus désemparée que jamais. Je me souviens d'avoir téléphoné à une amie qui m'avait aidée à reprendre mon souffle, puis d'être allée achever de reprendre mes esprits à l'abbatiale, dont je me souvenais. Puis j'avais repris le train (ou le RER). Autant dire que je n'avais pas vraiment revu la ville, si ce n'est l'usine au loin par la fenêtre du cabinet médical.

J'avais également retraversée la ville lors de différents trajets et j'avais déjà remarqué que je me souvenais des axes de circulation, que je n'y avais pas perdu l'orientation.

Cette fois-ci comme j'étais un peu à l'avance et que malgré le froid, après l'entretien également, j'ai souhaité revoir la ville, j'ai davantage redécouvert de lieux. Il y a beaucoup plus d'habitations, d'anciennes bâtisses ont disparu. Le centre ville a conservé une bonne partie de lui-même, une foule de petits souvenirs sont venus me rejoindre, la poste, la mairie, un square (où sans doute je faisais du toboggan), certains immeubles bas, neufs alors, vieux maintenant, où nous passions ou dans les boutiques de rez-de-chaussée desquels nous faisions quelques emplettes (1). Je me suis souvenue de la boulangerie dans laquelle, comme une récompense, ma mère s'achetait un gâteau et pour moi un pain au chocolat. C'était un grand luxe, ressenti comme tel, et j'avais compris qu'il valait mieux ne pas, sous peine de tempête conjugale, en parler à Papa. 

Pendant pas mal d'années, plus tard, nous repassions par là : un usage de l'usine permettait aux veilles de ponts ou week-end prolongés, de bénéficier "gratuitement" d'une demi-journée de congé sous réserve qu'un hiérarchique accord un "bon de sortie". Alors ma mère, de Taverny où nous habitions alors, nous emmenait ma sœur et moi jusqu'à l'usine d'où mon père sortait et qui prenait le volant jusqu'à Normandie ou Bretagne où nous allions retrouver la famille. Treffpunkt Poissy. 
Cette ville avait pour moi une aura de l'anticipation des retrouvailles avec mes cousins - cousines (2).

Enfin j'ai un souvenir vif d'une "opération portes ouvertes" alors que je devais avoir une dizaine ou douzaine d'années : nous avions pu enfin, nous les petites familles, visiter l'usine, une belle et instructive visite guidée. M'en était resté une indulgence infinie pour mon père - comme une prison mais tu n'as rien fait de mal -, et des impressions fracassantes : le bruit assourdissant des presses et l'odeur suffocante de l'atelier peinture, pourtant délicieusement spectaculaire (des carcasses de voitures avançaient dans une cuve et en ressortaient toutes teintes ; aux êtres humains les finissions). Je me souvenais d'un bâtiment en brique tandis que tous les autres étaient des hangars métalliques.

En repartant, via le RER A, je l'ai entrevu, ainsi que l'ensemble de l'usine, son impressionnante étendue, et le château d'eau si particulier qui la rendait repérable de loin. Songé avec émotion aux années de souffrance de mon père, qui était parvenu à force de travail à s'extraire des ateliers, mais cependant y se faisait violence de s'y tenir, d'y aller. Fullsizeoutput_19b4 

Être amenée à travailler dans cette ville, dans un métier que j'aime, alors que je m'approche de la fin de ma vie professionnelle, aurait pour moi un sens. Quelque chose qui dirait que le sacrifice de mon père d'avoir enfermé ses meilleures années, n'aurait pas été vain.

 

 

(1) Un supermarché, un des premiers en France venait de s'ouvrir en bas de la colline à Chambourcy mais nous y allions, me semblait-il, avec circonspection. Ma mère (et de fait moi) fréquentait encore majoritairement des boutiques où l'on entrait et où l'on demandait ce qu'il nous fallait sans toucher à rien qu'on ne nous ait donné parce que nous l'avions payé. En tant que petite fille que mettaient terriblement mal à l'aise les amabilités forcées des grands, inutile de dire que ma préférence allait tout droit au supermarché, en plus que c'était comme un tour de manège d'être perchée dans le chariot.  

(2) Curieusement, un de mes cousins m'a téléphoné alors que j'étais en chemin, comme s'il maintenait ainsi une vieille tradition. 

 


Un entraînement particulier

 

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Je me console activement du terme prévu de mon récent contrat par un retour aux entraînements. Durant tout l'automne je terminais trop tard pour pouvoir venir à la piste le mardi soir. L'an passé j'étais parvenue à progresser grâce à une présence régulière à ces séances spécifiques que je complétais par des entraînements plus longs mais plus lents. 

Alors ce soir je me réjouissais de reprendre.

Las, la piste était verglacée, une vraie patinoire. J'ai beau ne pas croire aux choses irrationnelles, un sentiment d'avoir la poisse vient m'habiter parfois.

Comme un·e triathlète ne se laisse pas abattre, nous avons quand même fait une petite séance en courant sur la partie en synthétique, laquelle semblait givrée mais ne glissait pas. 

 

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Note à moi-même : ce fut un petit Noël différé : distribution des tenues (que nous achetons nous-mêmes, ce qui me rend impatiente de percevoir mon salaire de janvier) et aussi distribution par un camarade du club qui en a organisé l'achat groupé, de bracelets de sécurité. Ils comportent notre identité, année de naissance, IKE (personne à avertir en cas d'urgence), groupe sanguin et mention des allergies ou quelque autre info médicale que l'on juge utile. Comme leur texture est agréable et leur sobriété presque élégante, je sens que j'en ferais un usage très fréquent.


La tour Ariane, une bibli, une voix amie


    J'ignore pourquoi mais soudain me revient, datant de janvier 2003, le souvenir d'un midi d'une journée de travail.

Je bossais alors à l'"Usine" (une grande banque de la place), Tour Ariane. J'y étais depuis septembre 2001 dans un service consacré aux clients entreprises, le côté informatique, fichiers et statistiques de la force. Longtemps j'avais exercé le même type de métier mais pour un des services de Ressources Humaines et sis les derniers temps dans des bâtiments de peu d'étages dans le quartier de l'Opéra (Garnier). Pile en septembre 2001 j'étais venue me laisser percher dans une tour de La Défense. Il y a des gens comme ça qui ont le sens du timing. Les collègues (ceux que je quittais, ceux que je rejoignais) se gaussaient. 

En janvier 2003, j'avais pris mes marques depuis un moment. Le travail n'était pas affriolant - en quelques années dans les services de ce type, nous étions passés de grands projets sur lesquels nous pouvions techniquement apprendre et chercher et trouver à des tâches répétitives de statistiques, dispositifs ou fichiers à fournir vite sans avoir le temps de réfléchir, d'améliorer -. Ce qui me consolait était de bosser sous Unix, et que par ailleurs l'équipe à laquelle j'appartenais était composée de gens bien.

Une de mes amies venait de publier un livre, ça n'était pas le premier, écrire était son métier. Son livre d'ailleurs allait faire partie des facteurs de contamination vers l'écriture. À ce moment-là je le ressentais sans savoir encore me le formuler. 

Et ce midi-là, elle passait à la radio (1). Alors j'avais un peu décalé mon heure de déjeuner, lorsqu'il n'y avait pas d'urgence nous avions cette liberté, zappé la cantine, pris un sandwich quelque part, vite avalé et j'avais filé munie sans doute d'un walkman (2) à la bibliothèque. 

En ce temps-là les grosses entreprises avaient des comités d'entreprises qui investissaient dans le collectif, existaient encore ciné-club, groupe théâtral, groupe sportif ; n'existait déjà plus une coopérative qui permettait de caler des achats de vie courante juste après la cantine et dont j'avais amèrement regretté la disparition.

La bibliothèque dans la Tour Ariane présentait la particularité d'être immense. En effet des règles ordonnaient de limiter le poids sur plancher. Les livres étant très lourds par rapport à leur taille, il avait fallu répartir et de ce fait les étagères étaient comme perdues au sein d'un vaste espace. Comme pour tout le reste c'était économie maximale et entassement des meubles et des gens, le contraste était saisissant. Et très agréable lorsqu'on y passait un moment. 

Je me souviens d'avoir approché une chaise près de la baie vitrée côté Paris, là où l'on voyait la Tour Eiffel veiller sur la ville et d'écouter la voix amie. Le ciel était beau, contrasté, légèrement tourmenté, pas du gris uni comme souvent à Paris. Ça allait bien avec l'ambiance du livre dont il était question. En ce moment précis, le temps d'une émission, j'ai été heureuse. Les tourments étaient nommés. Tout semblait [par ailleurs] harmonieux.

Je n'ai plus le souvenir de nos échanges consécutifs (par SMS ? par mail ? par une lettre en papier ? (3)) ; ni non plus celui de mon apparence d'alors aussi bien générale (portais-je les cheveux courts ? longs ?) que ce jour-là en vêtements (sans doute sagement corporate, ne relevant pas d'un vrai goût personnel). C'était il y a dix-sept ans. Et la force de cette mémoire de l'instant m'impressionne rudement.  

 

(1) France Inter ou France Culture 

(2) Les téléphones portables à l'époque ne servaient qu'à téléphoner. Même pas à prendre des photos. 

(3) Je suis seulement certaine de n'avoir pas téléphoné car la bibliothèque n'était pas un lieu pour le faire et qu'ensuite j'étais directement remonté travailler sans passer par un moment sur le parvis à respirer l'air du dehors. Et le soir après le travail, je cavalais pour retrouver mes enfants, toujours trop tôt pour mon employeur, toujours trop tard pour eux.


Du travail l'ancienne organisation

    

    La remarque d'une amie ce matin sur Twitter qui avait tenté de déposer directement un courrier dans une administration et c'était vue répondre que les courriers il fallait les poster, m'a remis en mémoire l'organisation ancienne du travail telle qu'elle existait encore dans les grandes entreprises au cours des années 80 du siècle passé.

Attention, je ne prétends pas que "C'était mieux avant", car énormément de paramètres ont évolué, et qu'il y avait beaucoup de petits boulots dans lesquels les gens perdaient leur vie à la gagner.

Deux choses à mes yeux étaient mieux :
 -- on n'était pas en sous-effectifs permanents, si la charge de travail était telle qu'il fallait une personne de plus, on la recrutait. Quitte à ce qu'il y ait des périodes creuses (1). Elles étaient généralement consacrées à des taches de fonds que plus personne ne semble prendre en charge nulle part. 
 -- un SMIC permettait de vivre décemment. Une vie modeste à mesurer chaque dépense, certes, mais qui avait un travail à temps plein, se fixait un budget pour les dépenses courantes et le respectait, s'en sortait.

 

Une fois posées ces précisions, voilà ce qui a changé, du moins en grandes entreprises, de plus flagrant : 

Tout le monde n'avait pas un ordinateur sur son bureau. Même dans un service spécialisé en informatique il y avait d'un côté les bureaux (meuble) individuels dans des bureaux (pièces) partagés à 4 ou 5 personnes ; de l'autre des emplacements avec les ordinateurs. Dans le bureau (pièce) lui-même s'il était vaste ou dans un local séparé. On préparait nos programmes au crayon sur des blocs notes on les saisissait au clavier ; on lançait des compils, on corrigeait les erreurs de syntaxes et puis un jour on parvenait à un résultat propre alors on lançait le programme pour de bon, en général la nuit en batch. Et le matin on arrivait le cœur battant pour savoir via de gros listings si le traitement avait bien tourné et quels résultats il avait donné.

Certains hiérarchiques (de vieux messieurs proches de la retraite - oups ! des types de mon âge de maintenant qui pourtant n'en suis pas si près) n'avaient jamais touché un ordi de leur vie, ni même une machine à écrire. Et on respectait leur ferme intention de s'y tenir. 

Il y avait des pools de secrétaires qui s'occupaient de la saisie, de la rédaction, de l'organisation du travail de ces messieurs, photocopies et préparations de correspondances - à l'époque uniquement papier, les messageries électroniques ne faisaient leur timide apparition que dans les interfaces techniques d'exploitation -. Seuls les cadres très supérieurs avaient une secrétaire dédiée. Sinon il y avait par exemple trois secrétaires pour un service de 20 à 25 personnes. Quand sont apparus les premiers traitements de texte sur ordi, les jeunes cadres dont je faisais partie n'ont quasiment plus eu recours aux services des secrétaires. Peu à peu, au début pour faire face à telle ou telle urgence, puis systématiquement, chaque personnes sauf les cadres supérieurs ou les vieux cadres n'a eu recours aux services du pool de secrétaires : on s'est mis à tout faire de A à Z lors d'un projet, photocopies incluses. Très vite ensuite, il n'y a plus eu qu'une seule secrétaire pour un hiérarchique élevé, et dans un rôle d'assistante. 
Et effectivement il n'y avait plus besoin de personne pour gérer les agendas, que l'on avait désormais en ligne avec un équivalent du "google agenda" de maintenant, taper les courriers, préparer les réunions, faire les photocopies, gérer l'économat. Lequel était désormais réduit à une ou deux étagères dans un placard, avec presque jamais ce qu'il fallait. Besoin d'un stylo qui fonctionne bien ? On finissait par se l'acheter soi-même, à ses frais - les cadres un peu supérieurs pouvaient parfois bénéficier d'une note de frais, si la dépense coïncidait avec un événement à organiser -.
La fin des secrétariats a marqué la fin de la convivialité naturelle. Car le secrétariat était le lieu où l'on prenait le café, où l'on venait respirer cinq minutes, confier (et bien souvent dénouer) un conflit. Si l'équipe était bonne et les personnes bien accordées, un temps fou était gagné à sembler en perdre. On se cotisait pour le café, pour quelques gâteaux ; quelqu'un qui n'avait pas d'urgence et envie de prendre l'air filait acheter le nécessaire.

Des distributeurs automatiques ont remplacé tout ça. Pour un coût supérieur, sur le moyen long terme, l'air de rien. On est passé en quelques années d'une cotisation mensuelle conviviale de 5 à 8 FRF, à un budget individuel de 32 € (2 cafés par jour ouvré à 0,80 € le café). Après les lois anti-tabac qui ont contraint les fumeurs à faire des poses à l'extérieur, une convivialité s'est recrée autour des distributeurs automatiques équipant les "zones fumeurs". 

Pour le coup comme je ne fume pas, et que j'ai vraiment souffert durant les années où la norme était de fumer au travail, j'ai été immensément soulagée quand est passée la première loi. Celle-ci obligeait à définir des bureaux fumeurs et d'autres non-fumeurs. Les fumeurs en bureau individuels pouvaient continuer à fumer et je trouvais ça fair-play. 
Un avantage collatéral de la répartition fut qu'on se retrouvait à partager une pièce avec des collègues du service "élargi" ce qui était à tout point de vue profitable : pas de concurrence directe, certains travaux ou thèmes ou domaines de compétences en commun, mais pas tous et des échanges très fructueux : rien de tel que d'évoquer un problème avec quelqu'un qui peut comprendre sans s'y connaître à fond pour trouver une solution. Et on apprenait foule de choses, par capillarité sur des domaines voisins.  
Mais la loi s'est durcie dans le même temps que la folie du tout open-space gagnait chaque entreprise et les fumeurs ont dû sortir des bâtiments pour se soulager. 

J'ai connu l'époque où toutes les personnes qui travaillaient dans une entreprise en étaient salariées et sauf remplacements à durées définies, embauchées via des contrats stables. L'avantage était que les gens se retrouvaient qu'ils le veuille ou non avec davantage de motivation : le sort général les concernait - bonnes ou mauvaises nouvelles -. À part certains tire-au-flan, généralement bien connus, chacun faisait plus que sa simple charge : on était dans le même bateau et on s'entraidait quand quelque chose coinçait. 

Un autre avantage était qu'on pouvait changer de métier en cours de vie professionnelle, sans changer d'entreprise. Les périodes de formation se faisaient sur place, c'était simple et efficace. Mais pas forcément certifié vis-à-vis du monde extérieur.

Il y avait donc entre autres, un service médical, un service courrier, un service sécurité, un service accueil - et qui rendait spontanément de menus services plus tard repris moyennant paiement dans des activités externes de "conciergerie" - , un service entretien, un autre pour les travaux. 

On pouvait donc en ce temps là parfaitement déposer un pli ou un colis à l'accueil, les membres du service courrier effectuaient leur tournée relevaient les réceptions, prenaient en charge le courrier interne, le courrier postal et effectuaient la distribution dans chaque service. Les gens se connaissaient, ils savaient même à qui passer le courrier de l'un en cas d'absence ou de congés, il y avait très peu de pertes et d'erreur d'aiguillage.

Peu à peu le courrier papier s'est amenuisé. Il n'y avait effectivement plus lieu que persiste un complet service courrier. 
Vers l'époque où j'ai quitté l'entreprise (2009) persistait une vague distribution par étages ou par zones, charge à quelqu'un dans chaque service d'aller chercher ce qui le concernait, ainsi que ses collègues. Pas mal de choses disparaissaient. Et puis c'était une configuration reprochante : mes collègues (compétences de bases de données, statistiques, informatique) et moi nous faisions régulièrement reprocher d'y être allés (Ne perdez pas de temps à le faire) ou de n'y être pas allées (C'est quoi ce service où je dois moi-même aller chercher le courrier ! disait une hiérarchique). Et ce fut un peu pareil pour toutes les tâches qu'effectuaient jadis des personnes pour lesquelles ça faisait partie du poste. Il fallait bien que ça se fasse, mais il aurait fallu que personne ne le fasse car nos plannings étaient entre temps sévèrement minutés.

Ces différents services furent supprimés comme on le fait au niveau national pour tous les services publics peu à peu : les niveaux décisionnels constatent que l'activité n'est plus vraiment la même, le service est sur-dimensionné ; sont alors ordonnées des coupes sombres dans les personnels et les budgets. Le service devient de facto sous-dimensionné. Ça dysfonctionne. On leur ordonne alors de se consacrer à leur "cœur de tâches". Une partie du boulot n'est donc plus faite par personne. Mécontentement des secteurs utilisateurs. Proposition d'externalisation de tout ce qu'effectuait le service amputé. Avec parfois vendu comme une merveilleuse amélioration ce qui n'est que la prise en charge de différentes fonctions qu'on leur avait enlevées. 

C'est ainsi que toutes ses recherches d'économies sur les coûts salariaux ont conduit à des gonflements de budgets prestataires et des absurdités d'organisation, comme cet exemple parmi d'autres : vous ne pouvez plus déposer de courrier directement à telle ou telle organisation, parfois même il n'est plus possible d'avoir un interlocuteur au téléphone. Et j'ai même connu un temps où pour des problèmes techniques que l'on résolvait en allant voir le collègue compétent d'un service voisin, nous en étions réduits à appeler une hotline en poireautant entre une touche étoile et un "Tapez dièse". 

Parfois je rêve d'un monde où l'on tenterait de remettre de la rationalité et du bon sens dans les façons de bosser, plutôt qu'une recherche du profit à tout prix. Qui se paie au bout du compte en augmentation des coûts marginaux et de l'invisible mais très réel coût de la démotivation.

 

 

(1) Cela dit, dans la banque où je travaillais, un système intelligent d'horaires variables permettait une certaine souplesse, côté employeur comme côté salarié.


Reprendre le collier

 

    D'une certaine façon en tout cas lorsqu'on est une femme, sportive, mère de famille (et portant la charge mentale de l'administration de la maisonnée), et qu'on anime une émission hebdomadaire sur une radio associative, une période travaillée sous forme de CDD présente certains repos : toutes sortes de choses à faire sont reportées en fin de contrat et ça donne une certaine légèreté ; du moins pour des emplois où l'on vient seconder d'autres personnes et pour lesquels il n'y a pas de tracas ni de travail à terminer à la maison : durant nos heures on bosse à fond mais ensuite on peut débrancher jusqu'au lendemain matin.

La fin de contrat a eu lieu. Me voilà à pied d'œuvre pour non seulement tenter de retrouver au plus vite un emploi, mais aussi en attendant dégager très vite tout ce que j'avais négligé depuis août en fait (1). 

J'ai consacré la matinée à une séance préventive de kiné : me remettre bien le dos en place. Je crois que si j'avais un seul conseil à donner à de plus jeunes ce serait celui-ci : ne gaspillez pas d'argent dans des trucs d'apparences mais offrez-vous plutôt les services d'un kiné régulier, exactement comme les sportifs. Et faites-vous régulièrement masser, comme après une compétition. Une partie de la fatigue s'envolera et les risques de se bloquer quelque chose (faux mouvement ou épuisement) seront bien moindre. Après, c'est un budget. Car la sécurité sociale ne rembourse pas les services d'un praticien préventif. 

Des tickets restaurants à utiliser avant la fin du mois m'ont permis de déjeuner dans une brasserie habituellement trop chère pour moi - mais où j'ai de bons souvenirs et la cuisine y est bonne -. Et elle est idéalement située près de la bibliothèque. Je me souviendrai du sabayon aux fruits frais.

C'était curieux de retrouver les transports parisiens après quasiment deux mois sans dus à la fois à un contrat en proche banlieue et à la grève générale. J'avais en tout cas copieusement oublié à quelle point la publicité - sans m'en rendre compte, parcours Clichy Levallois Neuilly Boulogne, j'avais vécu sans presque croiser de panneaux - nous prenaient pour des imbéciles. Et ça ne m'avait pas, mais alors pas du tout, manqué. 

J'avais prévu de préparer mon émission de mercredi à la BNF, ça ne fut pas une réussite : entre une personne avant moi au contrôle qui refusait de comprendre que la femme qui contrôlait obéissait à des consignes  - venait d'ailleurs de se prendre une observation de la part de hiérarchiques parce qu'elle n'avait pas demandé à un monsieur précédent de mettre son sac dans le bac afin de le glisser tout en le vérifiant -, et ne pouvait donc lui faire la faveur de lui garder en main sa petite monnaie, qu'elle s'attirerait des ennuis si elle le faisait, d'où bref, un retard pour arriver en salle, et une fermeture anticipée avancée (2), je n'ai eu que le temps de ... mettre à jour mon CV et postuler à une annonce. Ce n'est pas du temps perdu mais il ne m'en est pas resté pour autre chose.

Et dès lors, de retour à la maison et comme nous sommes sans doute au bord d'une nouvelle étape importante de notre vie familiale, la dynamique de travail ou démarche m'avait abandonnée. J'avais, au fond, de toutes façons, déjà repris le collier. 

Demain : sport 
(et préparer l'émission, puisqu'aujourd'hui autre chose m'a accaparée)

 

(1) J'ai enchaîné deux contrats forts avec comme seul moment pour reprendre mes forces le festival de cinéma d'Arras, formidable détente, nécessaire dépaysement (via les films) mais fatigue physique à sa façon. 

(2) Il était annoncé par affiches une fermeture anticipée à 17h pour cause de grève, seulement à 16h un message fut diffusé que les salles fermeraient à 16h45.

PS : Comme suite à un échange sur Twitter concernant le départ des Royals de Meghan et Harry, et la part du poids du racisme dans cette décision, j'ai découvert, grâce à Alice, l'art du message brochée. Ça m'a fait la soirée.