Previous month:
1 juin 2020 - 7 juin 2020
Next month:
15 juin 2020 - 21 juin 2020

8 billets

Chroniques du déconfinement jour 8 : dimanche de récupération en période travaillée

Déconfinement officiel 1 jour 35

Capture d’écran 2020-06-14 à 12.47.49 Capture d’écran 2020-06-14 à 12.47.49

Un petit sunday morning run, notre parcours par défaut de quand on ne souhaite pas prendre un autre moyen de transport avant la course elle-même. 

Finalement le confinement et nos mini-entraînements réguliers ne m'ont pas fait trop perdre de ce côté-là. 

Les bricoles habituelles (lessives, diarist's small writing works, choses comme ça) et après-midi de récupération en lisant The Beatles Tune In et puis, en présence de JF qui pour la première fois ne m'avait pas menti sur le fait qu'à son club de pétanque il ne s'attarderait pas, enfin un film de Zio Enzo : 

Il campione (1943)
réalisateur Carlo Borghesio

C'est d'une nunucherie immense, à tel point que je n'ose même pas résumé le sujet, grand boxeur séducteur mais néanmoins fleur bleue, mais il y a de belles scènes de boxe, Enzo Fiermonte est d'une belle prestance et ressemble par moment à mon oncle Nicolà. Et dans le rôle de l'entraîneur, père de famille qui se force à faire le sévère, Erminio Spalla qui fut champion de boxe et chanteur d'operas à ses heures (en plus de faire l'acteur par après).

Capture d’écran 2020-06-14 à 23.43.42    Je dois à MGZALLP ma principale rigolerie du jour

et à dedelajoie une autre Capture d’écran 2020-06-14 à 23.38.19

Si tu passes par ici, Satsuki, sache que nos échanges m'ont fait beaucoup de bien à l'heure ou le sunday evening five o'clock blues persistait, dont j'avais bien oublié l'existence toutes ces dernières années (ou qui à tout le moins était décalé au lundi).

Capture d’écran 2020-06-14 à 23.42.19    En soirée une allocution de Président Macron. Il a tellement lassé de monde au cours de la crise que moi qui croyait trouver sur ma TL Twitter les informations pratiques tirées de son discours, j'en ai été pour mes frais, tout chacun avait fait autre chose qu'écouter une fois de plus de belles paroles que les faits contrediraient. Les principaux journaux ont rapidement proposé des résumés.  En clair on fait comme si l'épidémie était derrière (même si pas tant que ça). Et donc ouverture de tous les bars, restaurants et cafés dès demain, et de toutes les crèches, écoles et collèges dès le 22 juin. Les uns comme les autres étaient jusqu'à présent seulement entrouverts et notamment pour les enfants les conditions d'accueil étaient fort restreintes.
Il n'a rien été dit des lieux de sports et de cultures, ni des conditions de prolongations ou non du recours au chômage technique.

Je crois que tout le monde en a un peu marre d'avoir l'organisation de sa vie professionnelle et donc de son emploi du temps soumis davantage à des décisions gouvernementales sans sens pratique aucun (grosse différence avec l'Italie où l'on semble se soucier de Comment vont faire les gens ?) qu'à l'épidémie elle-même. 
Des parents qui avaient trouvé un mode de garde pour jusqu'à la rentrée puisqu'on leur avait dit On ne pourra accueillir votre enfant qu'un jour par semaine, doivent soudain changer leur organisation, des gens (j'en connais un ;-) ) qui s'étaient bien adaptés au télétravail se demandent s'ils ne vont pas être obligés de retrouver les transports en commun.

Ça redémarre en Chine (36 cas liés à un nouveau foyer de contamination dans le marché de Xinfadi, qui fournit la capitale en produits frais) 

Capture d’écran 2020-06-14 à 22.49.44

 

 

 

 

Je n'ai pas écouté les infos italiennes parce que boulot demain et si possible vélotaf et j'aimerais ne pas mourir de devoir lutter contre le sommeil irrépressible en début d'après-midi (et donc ne pas me coucher trop tard).

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
7 951 427 cas (dont : 434 221 morts (117 833 morts aux USA) et 4 087 417 guéris)


Chroniques du déconfinement jour 7 : premier samedi libre de période travaillée

Déconfinement officiel 1 jour 34

    

    Je reste stupéfaite au réveil de l'étrange journée que j'ai devant moi : un samedi de période de travail qui ne soit pas travaillé, ni pourvu d'une activité "en dur". C'est là que les cours de danse me manquent le plus : j'étais tant habituée avant les samedi de libraire aux samedi dansés.

Le fiston me manque aussi. C'est à présent, de retour du confinement que je mesure à quel point son départ laisse un grand vide. Même si nous échangeons par messagerie, ç'en est fini de nos conversations au fil de ses passages dans la cuisine. De sa présence rassurante pour moi. De nos plaisanteries de connivence. Le confinement en aura retardé la violence : il était normal qu'il ne soit pas là puisque chacun était confiné ici ou là. À présent c'est la vie d'Avant mais pas en vrai et sans tout ce qui était le plus chouette. Une vie désenchantée.

Finalement ce samedi comme j'en ai peu connus sera consacré à quelques bricoles pour la maison et un trajets jusqu'à l'autre bout de Levallois pour déposer le vélo jaune à réparation (l'axe arrière, mort ou presque ; on peut attendre qu'il casse me dit le réparateur, arguant que ça n'engendrera pas de chute ; bah euh ben comment dire, je ne préfère pas). Au retour, étape très raisonnable à la boutique du LSC par soutien (et de mon moral et de la boutique) (1) et pour acheter un poulet rôti là où ils le font bon. 

Je porte un masque, sauf pour le trajet aller du vélo ; personne ne m'y oblige mais nous sommes assez nombreuses à le faire. Les hommes nettement moins. 

Au passage je croise des hommes se faisant un check normal et d'autres personnes se donnant du coude ; certaines personnes respectent scrupuleusement une distance de sécurités et d'autres sont déjà en mode "retour à la normale".

JF passe l'après-midi à la pétanque et moi dans une sorte d'état cotonneux que j'espère récupérateur. Je lutte comme je peux et y succombe quand j'estime avoir accompli un minimum vital dans la maison (lessive, quelques bricoles, dont de l'administratif) ; une fois passée l'heure à laquelle j'aurais pu recevoir un SMS du réparateur pour la mise à disposition du vélo et aller le chercher aussitôt, je prends une bonne douche dans l'espoir qu'elle me réveille. Peine perdue.

Je n'ai pas totalement perdu mon temps : vu le film La Parmigiana (1963) avec Catherine Spaak dont je suis étonnée de trouver ensuite une vidéo récente (2016 ?) dans laquelle elle dit du bien de Marcello Mastroianni. #MeToo étant passé par là, je me dis que belle comme elle était, et entrée toute jeune dans le circuit (si La Parmigiana est sorti en 1963 en ayant été filmé en 1972 elle n'avait que 17 ans), elle a dû en supporter des saloperies. 

Et je poursuis ma lecture documentée (j'écoute les musiques citées, je cherche les photos évoquées, je lis des articles qui apparaissent lors de ces recherches ou bien des videos documentaires) de The Beatles Tune In, toujours aussi passionnant mais peu pratique à lire au lit.  

Bref échanges de nouvelles par SMS avec une grande amie, laquelle a de bonnes nouvelles et ça m'ensoleille la fin de journée.

Un regret : je comptais passer à l'Attrape-Cœurs mais comme le réparateur m'a dit de passer aussitôt, je me suis concentrée sur le vélo et comme j'attendais qu'il me dise éventuellement de venir le rechercher le soir même, je ne suis pas ressortie. Et puis quelque chose me pousse à me déconfiner avec modération ; sans qu'il ne s'agisse de crainte car je suis persuadée au fond de moi de m'être bagarrée déjà avec le virus, m'être sentie bizarre en février - mars et que peut-être je suis immunisée, mais par une forme de De grâce restons tous le plus prudents possible. Dans le même ordre d'idée, je porte un masque dès que nécessaire et très scrupuleusement. Pareil pour le passage des mains au gel hydroalcoolique. Ça tient un peu du rituel, comme des gestes destinés à apaiser le dieux furieux des épidémies. 

Je voulais me coucher tôt mais il s'est trouvé soudain qu'il était minuit trente. C'est donc encore raté.

Il y  a eu une grande manif contre le racisme à République marquée par nassage et gazage alors que rien ne se passait, des identitaires qui ont déployé une banderole raciste provocatrice qu'un acrobate a grimpé ôter.

À part ça j'ai peu suivi les infos, il y avait saturation d'éléments venant de l'extérieur, du fait d'être retournée travailler et du contraste d'avec la période de parfait retrait qu'avait pour nous été le confinement. Il y avait une prise de parole de Giuseppe Conte, que je n'ai pas écoutée en entier, par fatigue.

Dommage, c'était beau ce qu'il disait "Vogliamo inverstire sulla bellezza"

 

(1) par un phénomène curieux : je ne m'aime pas en photo sauf sur les images de pratiques sportives et le shopping ne me remonte pas le moral ... sauf les vêtements de sport. 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
7 848 631 cas (dont : 431 534 morts (117 482 morts aux USA) et 4 016 178 guéris)


Chroniques du déconfinement jour 6 : La première fois dans les transports en commun depuis avant le confinement

Déconfinement officiel 1 jour 33

Fullsizeoutput_1b3f

 

Journée de travail, avec un faux rythme un peu délicat à tenir - car je suis en formation pour l'instant et pas déjà en charge, alors c'est difficile de maintenir l'énergie lorsque les demandes (effet de fin de semaine) s'apaisent. J'apprends beaucoup, mais comme je connais déjà une partie du sujet je ne suis pas larguée. Ça bosse.

Bizarrerie de l'époque : même à travers le masque, un baillement est communicatif.
Des personnes appellent, pour des questions de travail et dans le cadre de celui-ci, et voilà qu'on se retrouve à leur demander "Vous êtes chez vous ?". Car encore ces jours-ci, la norme est de travailler de son chez soi. 

Je suis nulle en people et gens de télé. Ça devrait moins me gêner dans ce nouveau travail qu'en étant en librairie dans Paris. Encore que

J'obtiens des nouvelles de la radio, en soirée. Il va falloir que je reprenne l'antenne. Mais quand ? Comment ? De quelle façon ?

 

Toute la journée les nuages auront filé en venant du Sud Est. Comme il pleuvait au matin, je comptais prendre les transports en commun. Mais JF voulais "faire rouler la 205" et des courses pour son club - dont le club house est pourtant toujours officiellement fermé (ça finira mal ces conneries de mecs qui se croient au dessus des contraintes du commun des mortels) -, alors il a proposé de m'amener en voiture. Comme ça ne bouchonnait pas trop et que j'ai refusé de décaler mon heure de départ prévue de plus d'un quart d'heure, son projet de me mettre en retard a échoué et au bout du compte j'ai eu un trajet certes fatiguant mais différemment. Et au sec.

Au retour : je marche jusqu'au terminus de la ligne 13 mais n'optimise pas franchement les directions et mets 25 mn. À ajouter aux 30 mn de trajet de métro - station Place de Clichy fermée "pour raisons de sécurité sanitaire" -. Et aux 10 à 13 minutes à l'arrivée. Bon, ça ira mieux quand je pourrai faire ligne 14 + ligne 4. Et sinon, Vive le vélo !
Il y a donc des autocollants partout : sur une place sur deux (et tant qu'il n'y a pas foule, les gens respectent, c'est sidérant. Et respect aussi pour le casque. Et zéro personne pour faire la manche dans les rames, ce qui fait du bien - mais où sont-elles ? -) et sur les quais là où l'on est censés se placer pour attendre. Des annonces audio, également.  

Le midi, parce que le temps que j'aille aux toilettes il n'y a plus personne, je choisis la solution "flemme & pas cher" et vais à la boulangerie. Puis poursuis une mini exploration du quartier entamée les jours précédents - sauf celui de la crêperie -.

Je découvre par ricochet d'un échange, Hugh Coltman (Who's happy ?) et regarde aussi les pseudo-Bislett games. C'est assez fascinant ce simulacre de compétition d'athlétisme. Vertigineux de monde d'Après qui veut terriblement faire semblant d'être d'Avant. 

Chez Prof en scène, il est question de ces élèves qui ne disposent de presque rien et se battent pour tenter de suivre quand même. Je pense à elles et eux presque chaque jour, me souvenant des familles dont je voyais des membres en maison de la presse et qui n'avaient rien d'internet chez eux, se contentant de leurs téléfonini. Elle était à ce point plus nombreuses que je ne le croyais, avant ce travail où on les dépannait pour différentes démarches pour lesquelles une connexion était nécessaire.  

Il évoque aussi, dans un autre billet, les élèves qui avaient su garder l'élan jusqu'à présent mais finissent par caler. C'est vrai que pour qui n'a pas encore repris son activité dans des conditions normales (et pour les élèves les conditions normales jusqu'à très récemment c'était aller en cours), on est dans le en gros passage des 33 km si difficile d'un marathon. 

JF rentre de sa pétanque peu après moi du travail. Notre fille était là. 

PS : J'ai appris le mot glottophobie

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
7 709 523 cas (dont : 427 210 morts (116 731 morts aux USA) et 3 907 497 guéris)


Chroniques du déconfinement jour 5 : les retrouvailles avec Le Fiston

Déconfinement officiel 1 jour 32

Fullsizeoutput_1b3d

À vélo au boulot (3ème jour) et rentrée de même en partant presque tôt (18h50 pour de 17h30 théoriques mais c'est particulier, je suis en phase de formation) en passant pour le plaisir par le Bois de Boulogne.

Puis aller passer une chouette soirée chez Le Fiston et ses colloc' avec JF, malgré des sujets de conversations peu rigolo au bout du compte, comme si l'épidémie même en n'en parlant pas plus que ça, ou simplement pour prendre des nouvelles de nos confinements respectifs, avait orienté vers du catastrophique (Goussainville en 1973, l'accident mortel devant chez nous à La Haye, l'oncle de JF assassin ... (1)),
et de rentrer sous une bonne pluie ce qui faisait longtemps (et du bien). Grand plaisir et émotion de retrouver mon fils après près de trois mois sans se voir.

Avant de me coucher je regarde le défi des Bisslet games revisités avec les frères Ingebrigsten et Cheruyot pour cause d'épidémie et trouve que c'était une fausse bonne idée, les conditions (météo, altitude ...) n'étant pas fair-play. De plus ça a de facto un côté "blancs" contre "noirs" qui rend mal à l'aise.

Dommage, la course de Jakob est parfaite.

Au cours du trajet aller du matin, porte d'Orléans, grand déploiement de pompiers, forces de l'ordre, tout. Je crois d'abord à un accident, puis à un incendie (moyens déployés et odeur). Un collègue dira plus tard qu'il s'agissait d'une voiture encastrée dans un camion. À vélo je parviens à passer mais c'est un peu chaud. 

Les bureaux étaient presque vides, du fait du télétravail persistant. Le DG est lui aussi cycliste et m'accueille dès lors avec une forme de sympathie motivante, car nous nous croisons d'abord à vélo (mais j'ignore qui il est à ce moment précis). Les temps changent, et parfois en bien : ceux qui décident donnent le bon exemple plutôt que de disposer de voitures de fonction.

Le responsable du département pour lequel je vais travailler me fait faire le tour des bureaux et si j'en parle c'est pour le côté conséquences de l'épidémie : tous les services purement techniques ont leurs personnels en télétravail. Et dans la salle où normalement bossent ceux qui font à distance les installations chez les clients, les écrans pris en contrôle à distance via team viewer sont allumés et actifs tandis que les sièges sont vides. J'éprouve un violent vertige dystopique. Et en même temps il faut reconnaître que c'est assez beau.

Nous déjeunons à quatre dans une crêperie pas trop éloignée et qui est ouverte grâce à une cour intérieure qui permet de disposer de tables en extérieur. À la guerre comme à la guerre.

À un moment donné un collègue reçoit sur son téléphone portable un appel personnel, s'en excuse et va répondre (rude tâche des parents d'enfants jeunes qui sont encore tenu même si certains profs et certains enfants ont repris, pour beaucoup de leur faire encore un semblant d'école à la maison) et soudain je prends conscience qu'on n'a plus de teléphones fixes dans des bureaux sur le bureau. La dernière fois que j'ai eu un emploi de bureau ils existaient encore. À présent l'équivalent ce sont des appels au casques mais pour le coup ça met une barrière : les appels perso que l'on peut être amenés à passer se font désormais uniquement sur les téléphones personnels. Et ce sont des appels professionnels qui pour différentes raisons ont parfois lieu avec et sur les téléphones mobiles personnels. Comme le monde a changé en relativement peu d'années ! 

(je ne dis pas que c'était mieux avant, ni mieux maintenant, sur ce point précis je n'ai ni préférence ni avis, je constate simplement un changement).

Nous avons mis des masques pour aller (à pied) chez le fiston. Aucune obligation mais nous ne sentions mieux comme ça. Bien sûr les masques ôtés une fois arrivés. Mais dans la rue, portés. 
Paradoxalement je ne porte plus mon masque anti-pollution lors de mes trajets à vélo : porter un masque dans les bureaux toute la journée, induit une saturation.

Pas du tout suivi les infos, puisque j'étais toute la journée soit à vélo, soit en train de travailler, soit à la soirée chez notre garçon. Je vais peut-être jeter un coup d'œil avant de dormir, la période particulière entraîne une sorte de devoir de savoir.

 

(1) J'ai bien tenté de redresser la barre en évoquant Enzo, ça n'a pas suffit.

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
7 575 073 cas (dont : 422 841 morts (116 016 morts aux USA) et 3 831 868 guéris) 


Chroniques du déconfinement jour 4 : Vélo - boulot

Déconfinement officiel 1 jour 31

 

20200610_195451 Partir au boulot à vélo et en revenir au soir en passant par le bois de Boulogne. 
il ne reste plus trop de temps pour grand chose d'autre. 

Un peu de petites écritures quotidiennes en soirée.
Écouter John Lennon une interview en 1970. Qui m'est intéressante parce que je lis The Beatles Tune In.

Au travail quelqu'un vient me voir le matin d'un service voisin, en fait nous nous connaissons des Libraires Volants et par sa femme avec laquelle j'avais, avec bonheur, travaillé l'an passé. Seulement voilà : tout le monde porte des masques presque tout le temps et ... comment reconnaître dans ces conditions les gens ? Quelle étrange période pour débuter un boulot ! 
Ce déguisement, comme l'a qualifié quelqu'un devant moi, présente au moins un avantage : nous pouvons bailler en toute discrétion. 

Habituée aux situations parfois incertaines et prête à être pleine d'indulgence compte tenue des circonstances générales, je suis agréablement surprise de la façon dont les choses sont bien organisées, en repartant au soir j'avais tous les papiers en ordre, les badges nécessaires, un ordi qui fonctionne.

Beaucoup de personnes reviennent de déconfinement. Dont celle que je remplace, venue joyeusement récupérer ses affaires. C'est décidément étrange d'arriver dans un nouveau travail et que tant de gens soient absents, puis là, puis absents, mais travaillent quand même.

Les contraintes de "gestes barrières" comme disent les autorités, ne me pèsent pas trop. Environ une fois par demi-journée porter le masque me fatigue puis ça passe. Je ne mets plus mon masque anti-pollution à vélo (alors que ça serait bien le moment qu'il passe inaperçu) : trop de ports de masques.

Sur 4 personnes de la famille, une seule a pour l'instant un tracas de futur professionnel lié au #Covid_19 mais les tracas pré-existaient et par ailleurs les mesures de l'État (chômage technique) vont peut-être lui permettre de passer la période de creux d'activité sans perdre pour autant son emploi. 

Le déconfinement a libéré un flux impressionnant de nouveaux cyclistes. Ce qui me réjouit ainsi que bien des vélotafeurs et vélotafeuses historiques, dont Bilook, mais en même temps créé un danger que jusqu'alors j'ignorais : le danger venant des autres vélos. Car parmi les débutants, certains n'ont aucune notion de ce que j'appellerais la solidarité de classe. Couper la route, couper l'élan ne les dérange par exemple pas. Ça papote cependant sympathiquement aux feux rouges, et je trouve ça mignon. Nous autres les vieux briscards l'avons aussi fait en notre temps et puis est venu un moment où circuler à vélo nous a paru si normal, nous avons cesser de bavarder. Voilà que débarquent plein de newbies disposant du tout frais enthousiasme que nous avions à nos débuts. 

J'ai incroyablement retrouvé ma tête à chemin, c'est fou - une dame, à vélo à un feu rouge -. Pourquoi lorsqu'il y a un boisseau de personnes c'est à moi d'entre tous que l'on demande le chemin ? Est-ce parce que j'ai l'air à la fois inoffensif et de savoir où je suis (même quand je ne connais pas le quartier) ? Si cette activité était rémunérée, je serais riche à l'heure qu'il est - je n'aurais pas ce regret si j'avais trouvé moyen de gagner amplement ma vie tout en écrivant, seulement je suis toujours en train de fight for a living et par ailleurs fourni tant et tant de travail "invisible" -.

Paris a quand même un peu perdu à mes yeux du petit "thrill" d'y être. J'espère que ça me reviendra quand les touristes reviendront. Là, j'ai beau admirer, lors de mes trajets aller, c'est comme un charme rompu, un amour qui aurait basculé sur le versant stabilité un brin morne de la relation stabilisée depuis des années. 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
7 436 958 cas (dont : 417 861 morts (115 084 morts aux USA) et 3 720 526 guéris) 


Chroniques du déconfinement jour 3 : Premier jour du nouveau travail

Déconfinement officiel 1 jour 30 

    

Fullsizeoutput_1b3b   Il ne faut pas plus d'une journée en mode vélo - boulot - dodo, qui plus est dans le cadre d'un boulot que l'on découvre, pour que l'actualité du monde et les nouvelles des ami·e·s semblent venir de très loin. 

La pause déjeuner dure une heure, ce qui en temps normal permet probablement d'aller prendre une formule déjeuner à une brasserie non loin. Seulement voilà c'est le #Covid_19. Sont donc disponibles : des restaurants ouverts pour le "à emporter", des cafés qui ont des terrasses, et une salle de repos et restauration mais qui est limitée à 6 personnes. Nouvelle venue, je ne vais pas commencer par encombrer, alors tant que le temps est clément la version "à emporter" dégustée sur le pouce dans un parc aura probablement ma priorité. 

Je ne parlerai pas ici de l'entreprise ni du travail lui-même, ce n'est pas l'endroit, cependant je suis heureuse de l'accueil, troublée parce que l'une des personnes est sosie vocale d'un de mes ex-cousins dont le départ vers une nouvelle vie (pour lui) en laissant d'immense dégâts (pour les autres) me peine encore fort, ainsi que l'absence d'un homme que j'estimais (mais nous n'y pouvons rien, à moi d'oublier ce cousin), heureuse que le concret du boulot soit conforme à ce qu'on m'en avait dit (1), retournant sans trop de difficultés dans un boulotsystème de type "bureau".

En revanche je crois qu'il est intéressant de noter les particularités dues à la période. 

C'est une entreprise respectueuse des personnes qui y travaillent et donc les mesures de sécurité sanitaire sont prises au sérieux. J'espère que c'est le cas dans beaucoup d'entreprises, au moins dans le secteur tertiaire où il est posssible d'essayer de bien faire.

Ce qui donne : dès l'entrée sur une table près de l'accueil du gel hydroalcoolique et une boîte de masques de type chirurgicaux (2). L'attribution est de deux masques par personnes et par jour et on nous fait confiance pour les prendre, les utiliser et ne pas abuser. La consigne est que dès que l'on rentre on se passe les mains au gel.
Une partie du personnel est en télétravail ce qui permet un bon espacement entre les bureaux - déjà que l'ensemble est respectueusement spacieux -. Le travail est possible en télétravail mais beaucoup plus tonique ensemble car parfois des questions se posent qu'un collègue présent peut permettre de résoudre parce qu'il a déjà rencontré un cas similaire, et typiquement ce sont des postes où être physiquement ensemble permet de gagner bien du temps. Ils ont opté pour une forme de roulements : certains viennent mardi jeudi d'autres mercredi vendredi etc. L'effort est porté sur la continuité du service aux clients. 
Quand chacun est assis à son poste une tolérance (et parfois des nécessités téléphoniques) est accordée pour ôter le masque mais dès que l'on se rapproche par exemple pour travailler à deux sur une question précise, on remet les masques. 
Les gens tentent de s'y tenir. 
Tant est si bien qu'à ma pause déjeuner je me suis fait la réflexion qu'il était fort étrange de débarquer dans un milieu professionnel à ce moment précis : je venais de faire connaissance d'une douzaine de personnes au fil de la matinée et ne connaissais pas leur visage, uniquement leur regard et leur voix.
Peut-être parce que je m'étais de ce fait placée en effort maximal d'attention, afin de compenser cette difficulté supplémentaire d'adaptation j'ai mémorisé leurs prénoms avec une facilité dont je ne me serais pas crue capable.

Une des personnes présente a remarqué à un moment donné que c'était bien triste désormais, que plus personne n'apportait de bonbons, de gâteaux. Une attention particulière semble apporté au ménage - mais peut-être est-il effectué de façon exigeante tout le temps ? -.

Dans la ville, beaucoup de gens portent un masque, beaucoup n'en portent pas. J'en conclus qu'il y a du monde, même si le cœur de Paris est trop bizarre sans ses cohortes de touristes, et que probablement les personnes agissent d'une façon ou d'une autre non pas tant en fonction de leurs craintes personnelles vis-à-vis de l'épidémie que par rapport à leurs contraintes (elles le mettent là où il est obligatoire : transports en commun, certaines boutiques, des lieux de travail ; celles que rien n'oblige, s'en passent déjà). Et les hommes les portent moins que les femmes. Dans la mesure où le port du masque évite principalement que l'on gouttèle du virus vers les autres, j'oserai presque dire qu'en croyant montrer qu'ils sont bravaches, ils prouvent surtout leur égoïsme. 
À noter : combinaison du moins de densité (absence des touristes et d'une partie des actifs) et de l'effort de beaucoup pour éviter de se croiser de trop près du moins quand c'est possible : on ne se bouscule plus ! 

Force m'a toutefois été de constater que masque ou pas, j'ai toujours une tête à chemin. Deux personnes me l'ont demandé, le leur, aujourd'hui dans cette banlieue loin de la mienne qui en plus pour l'instant ne m'est pas franchement familière. 

J'ai effectué les deux trajets à vélo. Bon indice de compatibilité entre la vélotafeuse que je suis et une entreprise : tout est prévu pour les personnes venant avec ce mode de transport. Ne rêvons pas : ni vestiaires ni douches mais dans le parking privatif de l'immeuble tout une zone avec d'intelligents arceaux où l'on peut accrocher le vélo sans trop de crainte de ne pas le retrouver au départ et sans gêner qui que ce soit : c'est fait pour ça.
C'est intéressant d'ailleurs depuis une dizaine d'années les progrès que j'ai pu constater dans mon propre cas en travaillant dans différents endroits. 

Le premier, l'aller, en mode direct. Hélas beaucoup de grandes artères certes avec des cyclables à bus, mais pas franchement agréables, la place de la Concorde, un peu moins mal aménagée qu'auparavant mais qui demeure un cauchemar mauvais rêve de cycliste, soit un peu plus de 12 km.
Le second, retour en mode pistes cyclables itinéraire buissonniers, j'ai retrouvé le Bois de Boulogne de mes trajets de l'hiver dernier vers Les Mots et Les Choses, béni (oui, je l'avoue, moi qui  n'aime pas être tant décalée par rapport au soleil, le vélotaf me fait changer parfois d'avis) l'heure d'été et parcouru 16 km environ.
Aucune fatigue particulière et même une nécessité de me dégourdir les jambes.

Je suis tombée nez à nez (sans totale surprise, je sais m'orienter, mais sans l'avoir prévu exprès non plus) avec le mémorial la fondation Louis Vuitton. Pour qui aime l'architecture moderne c'est certain que ça a du chien. Surtout lorsque comme moi on débouche d'un chemin cyclo-piétonnier.

Fullsizeoutput_1b3c
 Pendant que je vivais ma vie professionnelle, un chronopost que l'Homme était censé réceptionner était marqué livré qui ne l'a pas été et par ailleurs les répartiteurs malgré l'encombrement de l'appartement ont été changés.  Ces deux énoncés n'ont d'autre intérêt que de soutenir ma mémoire lorsque nous nous dirons, Mais c'était quand, ça, déjà ? Vous êtes priés de ne pas vous y attarder. 

Vaguement écouté (tout en faisant autre chose par ailleurs, bien obligée) au soir tard les infos sur la Rai News 24, mais par la force des choses n'ai pas eu le temps de LT. Il n'y avait rien non plus de bien marquant, tout ce qui ne va pas, continue à aller mal (en gros) et l'épidémie ralentit en Europe mais on en est toujours à ce stade de "On n'est pas sortis de l'auberge".

Et puis j'ai pris le temps de lire un peu chez les ami·e·s, ma bouffée d'oxygène : 

Le Monolecte qui parle aussi du confinement comme d'un temps n'ayant pas eu que du mauvais. Couac et ses mouches insistantes, Dr Caso et ses citrons moisis (qui ne l'étaient pas).

J'ai cru comprendre qu'aux USA le malheureux George Floyd avait eu droit à des sortes de funérailles nationales - je pense qu'il aurait surtout apprécié qu'on le laissât en vie) et que par ailleurs il y avait à nouveau eu un mort du fait d'abus policiers racistes.
Seulement voilà, après une journée de boulot de 8h et 2h30 de trajets, on n'a plus trop la force d'y aller voir de plus près. Et c'est ainsi que le monde se délite, les citoyennes et citoyens laborieux dans mon genre n'ayant guère que l'énergie de se préparer pour recommencer leur tâche le lendemain.

Avant d'éteindre la lumière et de filer pioncer, je tiens à remercier les personnes qui aujourd'hui m'ont laissé des mots pour précisément le faire, me remercier, pour ce que j'écrivais. Je suis si contente que ça puisse aider, de témoigner. Je crains de n'avoir pas le temps de répondre à chacune avant le week-end. 

 

(1) L'expérience du poste de libraire en maison de la presse et qui n'en n'était pas vraiment un et moins (même si je n'étais pas dupe) que ce qui m'avait été décrit, m'a rendue méfiante
(2) Entre : ceux en tissus que j'avais commandés bien en amont d'avoir suivi les infos du monde, les FFP2 bec de canard dont ma fille a pu disposer par le circuit hospitalier, les masques "municipaux" (très artisanaux, touchants), les masques lavables achetés 5 € en pharmacie dans #MaNormandie , les plus pratiques à mes yeux sont de loin ces masques chirurgicaux jetables : on nous entend si l'on parle. Et ils vont bien à une tête / un visage de ma taille. 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
7 303 518cas (dont : 412 788 morts (114 110 morts aux USA) et 3 592 740 guéris) 

 


Chroniques du déconfinement jour 2 : reprise partielle, journée active

Déconfinement officiel 1 jour 29

 

    Grand soulagement matinal : le pneu arrière de mon vélo trouvé complètement à plat samedi soir en rentrant et regonflé la veille est intact. J'aurais donc été la victime d'un mauvais plaisant. C'est tellement stupide, il y en a vraiment qui ne savent pas quoi faire de leur temps, peut-être était-ce à cause du confinement. En attendant, pour le #Vélotaf du lendemain, c'était toujours ça de moins d'énergie et de temps à dépenser.

Capture d’écran 2020-06-08 à 14.20.08 Je lis ici ou , par exemple chez Pierrot pour Ce qui nous empêche, des expressions de n'en plus pouvoir (ou : de n'en plus avoir pu) du fait de la privation de liberté collective que nous avons vécu. C'est impressionnant le contraste avec mon ressenti de quelqu'un qui savait au moment même de le vivre qu'elle regretterait cette parenthèse de calme général (sauf pour les malades et les soignants et toutes les personnes dont les emplois étaient liés à la survie générale). 
Il y avait pour qui n'était pas tenu à du télétravail ou à faire l'école des mômes à la maison, une entière liberté de disposer de son temps sur une période longue. C'est quelque chose que je n'avais jamais eu le privilège de connaître sauf périodes de grossesses, maternité ou de maladies, qui étaient cause de non-liberté, en fait. C'était alors du faux temps libre, du temps rapté par la méforme ou ce qui était en cours. Peut-être parce que je suis une femme - qu'on le veuille ou non, nous héritons d'une assignation à la part domestique de l'existence ; même en étant féministe on a intégré depuis des siècles et des siècles que la place de base c'est le chez soi, dont on sort par moment par un effet de volonté ou de nécessité - et que je n'ai jamais eu de fort revenus, ce qui m'a toujours énormément limitée dans mes déplacements - oui j'ai pu un peu voyager, mais c'était toujours un trou dans le budget familial ; entre manque d'argent et conscience écologique, je n'ai fait comme voyage de pur tourisme que mon voyage de noces -, me priver d'une liberté de déplacements n'était somme toute qu'une expression un peu plus restreinte (1 km c'est vraiment peu) d'un état de fait courant implicite de ma vie (au fond mon degré ordinaire de liberté n'est guère plus grand la limite des zones navigo et encore dimanche et jours fériés ; au delà il faut que ça soit prévu, et financé). Alors que toutes ces belles grandes journées entièrement à ma main, durant lesquelles j'étais libre de m'organiser pour des menus travaux qui s'étendaient sur plusieurs jours (le débroussaillage - dépolluage du jardin ; l'accrochage et ré-accrochage des cadres, miroirs, tringles à rideau ; la restauration de la petite fenêtre du haut ; la remise en état de certains meubles à l'aide de baume des antiquaires ; le début de traitement des contenus déménagés venant de la maison de mes parents ) et c'était une liberté que je n'avais pas connue. Jusqu'à présent il s'agissait toujours de : débuter une tâche et devoir tout remballer, en plein élan pour cause de fin de vacances ou de week-ends, devoir attendre au moins cinq jours pour s'y remettre, ou faire ça le soir mais le payer ensuite en épuisement d'avoir cumulé travail nourricier et travail pour chez soi. 
C'est pourquoi je garderai du confinement, avant tout autre chose une grande impression de liberté.

Ensuite il y aura eu la vie conjugale : 37 ans de vie de couple et au bout du compte en journées réellement partagées, combien ? Fort peu, même pas l'intégralité des vacances puisque je suis une pétanque widow et par ailleurs passionnée par beaucoup de choses qui font que je suis souvent moi-même occupée, ou le suis devenue puisque précisément, passée les années où les enfants petits me requerraient, j'étais seule. Ces deux mois et demi auront constitué ma première expérience de vie conjugale. Et fors quelques énervements, notamment au début lorsque l'Homme voulait sortir sans arrêt au prétexte de faire des courses (1), alors que nous étions en quarantaine d'avoir changé de région, c'était quand même une chouette expérience, la vie à deux. Vivement la retraite ! Si nous y parvenons avec des revenus décents, nous pourrions fort y être heureux.

Enfin, et gros Last but not least : l'absence de circulation motorisée pendant les 15 premiers jours - trois semaines, le vrai de vrai de lockdown, mais quel bonheur ! Comme c'était doux ce silence que rompaient les chants d'oiseaux ! La petite ville déserte ou presque et si calme. Je rêve d'un monde aux moteurs silencieux (2).

 Donc voilà, j'aimerais bien à l'avenir qu'il puisse y avoir une sorte de commémoration : quinze jours par an de vie retirée pour tous. Sans les tristesses et les angoisses de la pandémie et l'épuisement de qui était sur le pont à fournir des vivres, de la propreté ou des soins. Un confinement pour les bienfaits du calme et de la lenteur. 

(je sais bien que notre société de sur-production et de placements produits, nous-mêmes inclus, n'en veut surtout pas)

Sinon j'ai profité de ma dernière journée de liberté pour lire chez les ami·e·s : 

"La crainte du danger devient le danger." phrase qui m'est restée de ce billet chez Carl Vanwelde

La malédiction du printemps 2020 chez Alice, alors que je me faisais avant de quitter la Normandie cette même réflexion : un temps estival de rêve (enfin de rêve d'estivant, pas de paysan ou ça dépend à quelle étape il est de la nourriture des bêtes en plein champs ou des foins) et dès lors que c'est fini qu'on reprend sorties et boulot voilà que viennent le temps incertain, les orages et la pluie.

Premier billet lu à l'Auberge des blogueurs, avec un peu d'avance sur le démarrage officiel annoncé. 

Billet en saine colère de la part de monsieur Samovar : bien des profs se sont démenés encore plus qu'à l'ordinaire durant le confinement, et qui ont dû se démerder, pas d'autres mots, pour proposer des cours malgré tout, et visiblement d'aucuns considèrent que puisqu'ils n'étaient pas physiquement devant les élèves, ils n'ont fait que glander.

Et j'ai encore dormi en fin d'après-midi avec un étrange réveil en sursaut, croyant au retour de JF assez tôt (fausse joie).

Non sans avoir hésité : dois-je savourer une dernière sieste ou bien au contraire commencer dès à présent à m'habituer au rythme d'une journée sans disposer d'un temps pour souffler ? Et puis poursuivre ma lecture de The Beatles Tune In aura été plus fort et le sommeil toujours fort, m'a rattrapée. 
Je dois à cet ouvrage mon #TIL du jour : The Toddlers' Truce une interruption des programmes télé entre 18h et 19h afin que les parents puissent coucher les enfants (3). Particularité qui prit fin le 16 février 1957

La soirée, ma dernière soirée de vie de liberté avant longtemps, a passé bien trop vite. 
L'Homme est rentré vers 20h30, tout défrisé, sans perspective précise de reprise du travail : il y a passé la journée pour régler certaines choses et se remettre au courant mais en l'absence de nouveaux chantiers et nouveaux clients pour le bureau d'études, c'est encore le chômage partiel qui l'attend.

J'ai pris le temps d'écrire un billet à part sur l'effet Pompéi, qui me tient depuis notre retour samedi soir tard. Et qu'un billet d'Alice m'a en quelque sorte rendu légitime - non, ce n'est pas moi qui suis folle, ça le fait à d'autres -. 

 

(1) Son agitation s'est calmée d'un coup dès lors que ça ne posait plus de problème. Il y entrait sans doute une forme de panique de l'enfermement.
(2) sans moteur, ça serait trop demander, je crois.
(3) Oui, on couchait tôt les enfants en ce temps. Pour ma sœur et moi ce fut longtemps 20h. J'avais bataillé pour 20h30 (ce qui fait que j'entrevoyais parfois le générique de début des Dossiers de l'écran le mardi soir mais ne pouvait voir le film) et longtemps des matchs de foot ne put voir qu'une mi-temps.

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE

7 182 912 cas (dont : 408 012 morts (dont 113 044 morts aux USA) et 3 506 328 guéris) 

 


L'effet Pompéi

Fullsizeoutput_1b3a


    J'y pense depuis notre retour samedi soir : nous étions partis après une délibération familiale quand le confinement a été ordonné avec un bref délai pour nous laisser une chance d'en choisir le lieu. En fait nous avions prévu d'aller à la petite maison de Normandie la semaine qui précédait, j'avais d'ailleurs pris un billet de train pour y rejoindre JF qui finalement avait bossé jusqu'au vendredi soir tard afin de terminer un contrat en cours (1) et de mon côté j'avais un entretien d'embauche soudain et nous étions à Paris quand nous aurions déjà dû être partis (avec la question qui se serait posée de rentrer ou non) et alors que j'étais dans une optique, donc finalement on reste, les deux autres, père et fille ont emporté le morceau sur le thème On se répartit (2), j'ai mis la condition d'observer une quarantaine et nous voilà le lundi soir à préparer nos sacs et zou, le mardi matin.

C'était piteux comme un exode à l'échelle familiale.

Au bout du compte c'est moi qui ne souhaitais pas partir puisqu'on ne l'avait pas fait avant, qui ai été la plus heureuse d'être dans ma maison à enfin faire ce que je devais y faire pour la remettre en état, et les deux autres qui ont eu des hauts et des bas.

Il n'empêche que le départ, y compris pour moi qui avais commencé à préparer celui que j'avais prévu pour la semaine d'avant, puis avais cru qu'on renonçait et donc m'étais interrompue (voire avais défait certains préparatifs), s'était trouvé précipité. 

Notre fille n'ayant touché à nos affaires que pour la salle de bain dont elle avait l'usage, nous avons en gros tout retrouvé en l'état. 

Les calendriers restés à mars. Le courrier postal accumulé. Des vêtements en vrac. Des chaussures d'hiver dans l'entrée. Certains paquets de ci ou ça entamés. Mes lunettes de soleil dans leur étui, là où elles avaient malencontreusement glissé (au moment de partir, dès lors, je ne les avais pas trouvées et j'avais filé sans les emporter). On aurait cru qu'on avait été surpris en plein quelque chose, comme les habitants de Pompéi par les cendres. 

En fait nous avions été surpris en plein cours de notre vie. 

L'impression a perduré jusqu'à aujourd'hui à mesure que je tentais peu à peu de ranger ; précisément parce qu'entre mon retour d'entretien le lundi et la soirée de discussion et avec la décision au bout du compte de partir, croyant rester à l'appartement un bon moment - je m'attendais comme tout le monde à l'annonce d'un confinement, le suspens résidait en sa durée et ses modalités -, j'avais amorcé les grands rangements nécessaires. Il y avait donc un vrai côté retrouver des choses en plan, des débuts de tri, des cartons ouverts. 

C'est alors que j'ai lu chez Alice, qui est retournée sur son lieu de travail préparer la suite [du télétravail], exactement la même expression - qu'elle a pour sa part éprouvé au bureau - : 

"[...] c'est Pompéi saisi en pleine activité — moins la cendre."

C'est donc bien un effet collectif, que nous serons, ou avons déjà été, nombreux à éprouver, qui rentrant d'avoir été confiné ailleurs qu'en son domicile principal, qui retournant sur le lieu de travail : un effet Pompéi généralisé.

 

(1) Son entreprise traite certaines affaires directement mais pour d'autres place ses salariées au services d'autres entités (comme les SSII pour l'informatique)

(2) Il est vrai que comme elle devait télétravailler, la cohabitation dans le 3 pièces à trois adultes, dont un qui ne tenait pas en place à l'intérieur, eût été compliquée. Voire infernale. 


Pourquoi le doxing est un sérieux problème

 

    C'est un des sales côtés des réseaux sociaux, il arrive que quelqu'un fasse ou publie quelque chose de répréhensible ou même pas mais qui énerve un groupe de personnes, et il se trouve souvent quelqu'un d'en colère ou de pervers qui cherchant à nuire va publier l'identité réelle et / ou l'adresse de la personne qu'il juge coupable. Je ne connais pas de terme en français ; en anglais on appelle ça le doxing. 

Une avocate que je suis en a été victime récemment dans le but de lui nuire professionnelle et à été "outée" auprès de ses patrons - heureusement des personnes décentes et qui partageaient ses opinions et qui probablement même sans les approuver auraient estimé indigne le procédé -.

Ce soir c'est le cas de cet homme, cycliste amateur à ses heures, que je découvre, avec d'autant plus d'empathie que j'ai vu la video incriminante lorsqu'elle est apparue, et que ce que le cycliste de la video faisait, de s'en prendre à des enfants qui essaient de partager des tracts anti-racistes, était odieux. Dès lors je percevais encore mieux l'horreur qu'il pouvait y avoir à être pris pour ce très sale type. 

Que quelqu'un se retrouve ainsi attaqué de toutes parts et même éventuellement physiquement menacé - c'est arrivé pour des jeunes femmes que des types harcelaient, leur seul tort à elles ayant été d'être plutôt attirantes et d'avoir osé repousser les avances parfois grotesques de certains qui se vengeaient en cramant leur pseudonymat et en les désignant comme cible à la vindicte ou au harcèlement -, parce qu'on croit que c'est lui ou elle qui a fait telle ou telle chose et que plein d'internautes se jettent à participer à l'effet de meute est un des côtés sombres vraiment sérieux de nos vies réseautées. Les dégâts peuvent être lourds sur l'existence de la personne brutalement incriminée, perte d'emplois parfois, perte de relations qui comptaient (et même si ça se raccommode par la suite, quelque chose restera de "plus comme avant", et pas mal de conséquences liées à la violence des attaques). 

Capture d’écran 2020-06-08 à 21.36.30 Ce que l'article (extrait ci-contre : la réponse publiée sur les réseaux sociaux par le malheureux cycliste incriminé à tort) pointe fort bien c'est que si les lancement d'attaques deviennent vite viraux, les démentis, les excuses des coupables, et la voix même des victimes de doxing, ne portent pas ou peu.

Que faire pour lutter contre ça ? Il faudrait qu'on devienne moins stupides et malveillants, collectivement. Pas plus que dans la vie concrète, nous n'en sommes capables dans des sociétés basées sur l'élimination et la concurrence plutôt que l'entraide.