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Je suis certes navrée

 

    J'ai donc appris ces jours derniers, au cours de plusieurs conversations dans différents endroits que l'emploi de termes français aux yeux de personnes de mon âge simplement précis, tels que dire Certes pour évidemment, parlé d'être navrés pour être désolés, avec quelques nuances, est perçu par les plus jeunes (moins de 30 ans ? de 25 ans ?) comme une marque d'ironie et donc possiblement vexant par l'interlocuteur qui peut croire que l'on se moque de lui.

Ça m'a rappelé une conversation des années 80 concernant le terme "brave". Si je qualifiais quelqu'un de brave, c'était pour admirer son courage ; quand des collègues du sud du pays, traitaient de "brave" un benêt. 

En attendant, ça fait peut-être cinq à dix ans que je me mets à dos des gens par le simple fait de parler un français nuancé.

Ça m'a d'ailleurs rappelé un malentendu avec un jeune auteur dont j'avais cité les paroles lors d'une présentation, trouvant une formule percutante, et qu'il avait pris pour une moquerie. Je comprends désormais mieux le quiproquo.

Avis aux conversants de différentes générations : méfiez-vous que le sens des mots et leur connotation n'est pas le même selon les âges (et les régions). 


Un pschitt comac et une journée où des manifs ont eu lieu

 

    Malgré que je circule en VTT (parce que c'est le vélo que j'ai en dehors de celui du triathlon), je me suis mangée un pschitt comac heureusement presque en arrivant au travail. Un vrai de vrai pschitt avec le pneu à plat d'un seul coup et qui fait freiner. Une crevaison de dessin animé. 

Le réparateur (de chez Culture Vélo où ils me l'ont pris immédiatement pendant ma pause déjeuner) m'a fait voir le morceau de verre effilé qui avait créé le problème. Le coup de l'opération aura été de 16 €, autant dire que j'ai bossé 2h rien que pour payer la réparation de la crevaison issue de mon trajet pour aller travailler. 

(je ne dis pas ça pour dire que le tarif était trop cher, le travail a été fait vite et bien et en plus mon problème de roue qui semblait voilée a été résolu dans la foulée ; je disais ça pour témoigner que le coût du boulot est parfois élevé par rapport à ce qu'on peut y gagner)

 

Sur le chemin entre le travail et une soirée où je me rendais, j'ai croisé une foule de véhicules de police et CRS, certains garés (lorsqu'on se rapprochait des quartiers centraux), d'autres qui quittaient Paris en passant par Passy. Concentrée sur mon travail en librairie, j'avais complètement oublié les mouvements de protestation actuels pour défendre (tenter de) notre système actuel de retraites (par répartition plutôt que par capitalisation). Ça m'a fait bizarre de me trouver confrontée sortie de travail à cette atmosphère de guerre civile menaçant.

La veille, vers la même heure, j'avais croisé un bus noir d'apparence luxueuse, dûment escorté et qui semblait filer vers Versailles. Je m'étais in petto tout en rigolant dit que c'était peut-être un remake de la fuite à Varennes. Mais j'avais beau en rire, ce bus et cette escorte (avec gyrophares, sirène et haut parleur pour dire en substance Dégagez plus vite que ça !) c'était flippant.

La belle soirée (amicale et littéraire) m'aura fait de nouveau oublier tout ça avant que ça ne me revienne en lisant quelques fils Twitter.