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13 billets

Chroniques du confinement jour 34 : Bien courir

 

    Bon sunday morning run, en 56'13'' soit à pas grand chose de la limite légale, due to un crochet au cimetière (rien n'interdit de passer au cimetière, non ? Il est bien dans le périmètre du kilomètre autour de la petite maison) : en passant sur la voie verte j'avais vu que la tempête du début de la semaine passée avait mis à terre certains des pots de fleurs. Ça ne m'aurait pas laissé en paix de les laisser ainsi renversés. Une des plantes avait fini sa vie, je l'ai jetée. Le cimetière était particulièrement triste : plus rien de naturel de fleuri. Nous ne nous sommes pas attardés, pas à l'abri d'un citoyen délateur zélé et je savais le temps compté. 

Grâce à une appli indiquée par mon amie Laurence, j'ai peut-être enfin le nom de l'oiseau chanteur : ce serait un troglodyte mignon. J'attends de disposer d'un peut de temps pour vérifier. 

Quelqu'un sur Twitter, de la cyclosphère, a indiqué que Why we cycle était disponible sur Vimeo gratuitement pendant 24h. Je me suis fait un plaisir de le regarder et JF aussi, finalement pendant le déjeuner (1)

Alice indique dans un de ses billets une vidéo intéressante (de DirtyBiology), datant de 2014 et relatant une épidémie dans un jeu en réseau (le très fameux WOW). C'est différent car dans un jeu les gens savent qu'ils ne risquent pas vraiment leur vie, il n'empêche, que sur les comportements ça peut donner des indications. Le Youtubeur n'a pas tort : les modélisations ont souvent ceci de faux qu'elles ne prennent pas suffisamment en compte la bêtise humaine. 

Dans son journal de novembre 2008, Élisabeth qui avait fait pour ses livres un voyage à Glasgow évoque le Child Migrants Trust. Des enfants du Royaume Uni avaient dont jusqu'en 1970 (!) été envoyés ici ou là aux bords du Commonwealth dans l'idée de faire souche localement une fois devenus grands. Certain·e·s n'étaient pas orphelins. C'est terriblement l'action symétrique de celle qui fut faite en France où des enfants des territoires d'Outre-Mer avaient été envoyés en Métropole sous couvert de placements et d'avoir une meilleure éducation, jouer la main d'œuvre gratuite dans les départements ruraux (2). Comment s'étonner après ça du peu de cas que font nos dirigeants de la santé de l'ensemble de leur population : si nous sommes peu fortunés, nos enfants eux-mêmes sont considérés comme de la main d'œuvre peu importe les dégâts. J'ai l'impression que dans leur esprit, c'est toujours ainsi. 

Je songe à nouveau à une conversation de la veille avec ma sœur : ce virus redoutable est en train d'apprendre aux personnes de pleine santé (à d'autres aussi, il frappe tout le monde) ce que c'est que la fatigue, que d'être réellement fatiguées. Et bien des ami·e·s qui guérissent ou ont guéri d'une version de ce SRAS qui ne les a pas mené·e·s jusqu'à l'hospitalisation, lorsqu'ils ou elles décrivent l'état dans lequel ils se retrouvent une fois tiré·e·s d'affaires, relatent quelque chose qui ressemble fort à l'état moyen de quelqu'un avec une thalassémie. Voilà, nous c'est toute notre vie comme ça, sans réel espoir que ça aille mieux à moins d'être rentiers ou de pouvoir vraiment travailler à notre propre rythme avec des plages de repos dans la journée. 

 

Le bruit de la ville en ce dimanche d'un confinement qui semble respecté est si faible que l'on entend les vaches brouter. Elles sont dans le champ derrière le jardinet et l'on entend le son de l'herbe arrachée. Je vous garantis qu'une vache peut sembler apathique lorsqu'elle rumine, mais que lorsqu'elle broute, elle est d'un dynamisme de prof de zumba.

J'avais déjà remarqué qu'on entendait le vol des oiseaux, même les petits, les moineaux, le ffrrrrrttt de leurs ailes. 

Le premier ministre français a fait une longue émission de télé semble-t-il pour ne pas dire grand chose, mais pour une fois ne pas trop mentir non plus. La seule annonce concrète a semblé être la reprise doucement au cas par cas des visites de familles en Ephad. 

Un des points troublant de la situation actuelle est que la plupart des propositions habituelles de solidarités entre amis et connaissances ne peuvent plus avoir cours. Par exemple on se serait volontiers conviés à l'apéritif avec les voisins d'en face, eux qui nous demandaient si ça allait - oui nous sommes confinés dans pas grand mais en même temps c'est assez spacieux, nous ne sommes que deux, nous pouvons courir le matin et nous sommes assez vieux pour ne pas avoir des besoins fous d'énergie à dépenser (3) -, seulement voilà, Passez donc voire un verre, par les temps qui courent c'est no way. 

 

(1) pas volontaire, simplement je n'ai pas voulu interrompre le film et comme ça intéressait aussi mon co-confiné, c'était aussi simple ainsi, sur la table de la pièce avec le petit ordi.

(2) ce que raconte fort bien le roman d'Ariane Bois, "L'île aux enfants" 

(3) D'ailleurs c'est un peu un rêve de thalassémique, ça, avoir de l'énergie à dépenser. Ça nous arrive si rarement. 

 

 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
2 372 991 cas (dont : 163 636 morts (39 651 aux USA) et 611 747 guéris) (point à 18h30)


Chroniques du confinement jour 33 : laver les carreaux (mais pas que ça)

 

    Jour "sans" sport, autrement dit seulement le défi abdos squats pompes. Mais jour avec téléphone : j'ai Le Fiston au fil le matin et ma sœur en soirée. Je redécouvre avec #LeConfinement l'usage du téléphone pour se parler, usage que j'avais perdu depuis l'internet et le côté beaucoup moins intrusif de la messagerie. Seulement il est vrai que la messagerie va bien si elle s'accompagne de se voir en entier avec assez de régularité. Sans espoir de se voir rapidement, la voix devient à nouveau nécessaire. Parce qu'elle est vraiment mieux que rien.

Le temps est agréablement variable. J'ai pu lire au jardin, quoiqu'il ne fît pas très chaud, rien à voir avec les journée d'été des débuts de la semaine passée.

Un peu de désherbage, les ronciers repartent s'ils ne sont pas déracinés. Un peu de dépoussiérage des meubles aussi, en fin de journée. Et vers 8 heures le nettoyage des carreaux, côté ouest, vers la rue. J'avais calculé que le samedi était le jour parfait : peu de monde allant au travail, de l'affluence seulement après. L'Homme bien sûr me dit : Ben, ça te prend comme ça ? sans même imaginer un seul instant que ça faisait plusieurs jours que j'avais repéré le moment opportun. 
J'ai laissé de grossières traînées que le soleil de la fin de journée n'aura pas manqué de souligner mais au moins c'est fait et on y voit mieux.

L'avantage d'avoir accompli dès le matin assez tôt la tâche quotidienne (1), c'est qu'ensuite on peut se sentir du temps libre. 

J'en ai profité pour regarder des documentaires, entre deux lectures, ainsi un sur Alain-Fournier, l'autre sur Boris Vian, les deux participants d'une série "Une maison, un écrivain ...", thème idéal pendant le confinement. 
De là, dans un enchaînement dont You Tube a le secret, je me suis retrouvée à regarder un reportage sur l'enquête concernant la mort de Marco Pantani (un peu convenu et sans grand intérêt si ce n'est quelques images de Rimini et le fait de repenser à ce champion, dopé certes, mais ni plus ni moins que tant de ces collègues à l'époque et le résultat a été pour lui dramatique (les addictions de bien des sportifs viennent de celles aux dopants)). L'ensemble des vidéos au moment de la sieste avec un vrai temps de sommeil dedans et ensuite c'était la forme pour la soirée.

Se sentir en forme est merveilleux. Paradoxalement c'est au moment où beaucoup se sentent du fait du Covid-19 épuisés comme nous le sommes à nos moments de faiblesses, nous les thalassémiques, que nous nous sentons, grâce au confinement qui nous permet de vivre à notre rythme, en nous allongeant dès que nécessaire et sans forcer pour "faire comme tout le monde", en forme comme je peux l'imaginer pour des personnes normales quand elles vont bien. Il m'aura fallu de deux à trois semaines afin d'atteindre ce niveau de plénitude. Avec un soin particulier sur le dosage du sport et une modération alimentaire, venue un peu d'elle-même (fini de manger pour tenter que ça réveille et redonne de l'énergie). Le déconfinement sera pour moi une épreuve, en plus qu'il est parti en France pour survenir trop tôt et donc n'être pas sans danger. Je crains de faire partie des malades de deuxième vague, car nous aurons été obligés de reprendre le travail de façon prématurée par rapport à l'épidémie. 

En fin de soirée, comme dab LT des infos sur Rai News 24 

Je retiendrai surtout ces images des citoyens de Saviano qui ne peuvent s'empêcher d'accompagner le cercueil de leur maire, mort du Covid_19. 

 

(1) Je me suis fixé d'accomplir au moins une tâche pour la maison chaque jour. 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
2 321 385 cas (dont : 159 620 morts (38,768 aux USA) et 594 536 guéris) 


Quel est cet oiseau ?

    Il est tout petit (plus petit qu'un moineau), brun plutôt uni (vu de loin, il ou elle est extrêmement vif/vive ne se laisse pas approcher), tout fin avec une queue qui bouge en éventail quand il chante. Il a son nid sous une gouttière voisine. C'est probablement une espèce très répandue, et que je connaissais peut-être enfant. Mais voilà, à force de travailler comme une brute dans une très grande ville, j'ai perdu le nom des arbres et celui des oiseaux, fors certaines exceptions.
Contrairement aux autres habitants des environs, un couple de piafs très bavards et un autre de mésanges remarquablement peu farouches, s'ils sont deux on ne les voit pas sortir au même moment.

Si vous savez qui il est, s'il vous plaît dites-le moi.

lieu d'enregistrement : lisière d'une petite ville dans le Cotentin, jardin avec un champ derrière

2020_04_18_09_58_10

 


Chroniques du confinement jour 32 : une chouette journée sportive, l'air de rien

 

    Il avait plu bien fort dans la nuit et j'ai cru qu'il allait falloir renoncer à courir. Et puis vers 8h le temps a viré au gris simple, et nous avons pu aller trotter. Je me suis fait plaisir j'ai essayé la séance qu'indiquait Running Addict : la Moneghetti ; un peu adaptée à mon niveau. C'est donc devenu avec deux allures : le vite de moi (6 mn / km ou un peu moins), et le normal de moi (7 mn 30 s du km ou plus) : 4 x 90 s en alternant 1 x vite 1 x normal ; 4 x 60 s  1 x vite 1 x normal ; 4 x 30 s 1 x vite 1 x normal ;  4 x 15 s  1 x vite 1 x normal. 
Il indiquait des séances d'une vingtaine de minutes à la base. La mienne a pris 31'33'' et j'ai parcouru 4,44 km en faisant un peu de navette sur la voie verte, en restant dans la limite légale théorique du confinement, et où nous n'avons croisé que le monsieur qui marche avec une béquille et sans doute comme un effort de rééducation. 
Le fait d'avoir eu comme ça un petit objectif, ce qui nécessitait un brin de concentration, m'a mise en joie. D'y arriver pas si mal également. Finalement il se pourrait qu'au moins en course à pied je ne perde pas tant que ça.

La séance de Tabata fut elle aussi très réussie. Romain (Pourrat) l'avait particulièrement équilibrée, il n'y avait pas de défis (comme les défis Roxanne), lesquels me poussent à trop forcer. Et de parvenir à bien suivre, même si un peu plus lentement sur l'un des exercices, m'a donné la pèche. 

 

   L'une des premières informations du matin fut l'annonce du décès du chanteur Christophe, qui bizarrement semblait attrister JF - je ne l'en savais pas fan, peut-être a-t-il des souvenirs - ; d'ailleurs c'est lui qui me l'a appris, il lisait les infos sur son téléfonino et il a dit Oh merde ! d'un ton qui m'a un instant laissé croire qu'un truc grave était survenu. 
Dès lors j'ai regardé quelques infos ici ou là, une amie sur Twitter m'a fait pas de son peu de sympathie pour le monsieur à cause de la façon dont il avait traitée Michèle Torr. J'ai donc effectué quelques recherches, je crois que je la confondais un brin avec Nicoletta. Et là Youtube avec ses suggestions redoutables (1) m'a emmenée dans une maison où Jacques Brel habita. Il y avait des extraits de lettres et le sujet était bien plus intime que bien des documentaires que j'ai pu voir sur cet homme sans cesse en mouvement. Une de ses anciennes amoureuses témoignait, moins esquintées que d'autres car elle a eu une part du choix (ou : une illusion de part du choix) qui lui appartint : il voulait partir faire le tour du monde en voilier et elle pouvait venir, seulement elle avait un jeune fils qu'elle voyait peu en raison de son divorce (dû à sa relation avec le chanteur). Elle a choisi de rester non loin de son enfant. Et il est finalement parti avec sa deuxième fille et Maddly Bamy. Le déroulé des choses m'a bien rappelé quelqu'un. Incapable de ne pas se lancer dans le chemin de la séduction et bien embarrassé d'y trop bien parvenir, ou fracassé de malheur de n'y arriver pas. Au bout du compte, presque uniquement centré sur lui-même quoi que capables de grandes bontés (d'où que les gens peuvent le croire généreux), et persuadé à cause de ses moments de chagrins profonds lorsque ses entreprises de séduction ne rencontrent pas le succès d'être quelqu'un de tendre, quand ce n'est qu'un chagrin d'échec, celui de la manipulation essayée. Voir cette femme qui s'en étant tirée, assumait ses fautes (elle-même était tombée sous la séduction en chagrinant une de ses meilleures amies), et se souvenait des bonheurs que le fait de croire avoir choisi la fin de l'histoire d'amour préservait d'être moisis rétroactivement par la tromperie du garçon, m'a été d'un grand réconfort.
En plus que ça m'a permis de songer à tout autre chose qu'à l'épidémie. 

Du chanteur initial dont il était question, il semblerait qu'il ne soit pas mort d'une attaque du virus, mais d'un autre type d'attaque pulmonaire. Comme il y a eu transfert d'un hôpital à un autre et d'Île de France à Brest, on peut supposer qu'il a peut-être été une victime indirecte : sans doute les services étant saturés n'a-t-il pas pu être pris en charge aussi vite qu'il l'aurait fallu, ou sans ce déplacement risqué. Bref, son décès en ce moment même n'est sans doute pas étranger à la pandémie et tout ce qu'elle modifie. 

J'ai commencé tardivement les petites écritures du quotidien, et ne les ai avancées qu'après la sieste et terminées qu'après la séance de Tabata et le dîner. C'est l'avantage de disposer de son temps. 

Pas non plus de jardinage, de toutes façons la terre était détrempée, et la matinée avait filé. Un long moment j'étais ainsi restée à observer les oiseaux que l'après pluie rendait particulièrement actifs. Je ne sais toujours pas le nom de l'espèce du petit chanteur remarquable. Le temps de sa présence, c'était beau à en pleurer. J'ai vu le couple de mésanges, peu farouches, et deux fois deux moineaux, avec un léger doute lors du second passage pour s'il s'agissait ou non du couple habituel. J'éprouve honte et rage à faire partie de cette humanité qui par son nombre et son mode de vie principal bousille toute ces beautés. Mais à part me montrer à mon échelle la plus respectueuse et la moins sur-consommatrice possible, je ne sais que faire (2).

Je suis toutefois restée, parce qu'il faisait gris mais tout doux, à lire un moment au jardin, toujours "Feu de tout bois", toujours la période syrienne - même si elle est ponctuée de voyages vers d'autres destinations -. C'est la lecture parfaite pour cette période du confinement. 

Belle petite sieste. Doublement interrompue parce que ce guetteur du parking d'Aldi qu'est mon co-confiné s'exclamait que les gendarmes y étaient. Ils ont, semble-t-il, effectué quelques contrôles et prié un camping car qui stationne là depuis le début du confinement de s'en abstenir au moins aux heures ouvrées. Ses habitants et leur véhicule sont revenus en soirée. Et parce qu'un coup de tonnerre a résonné violemment. Avec un peu plus tard des éclairs dans le ciel. Mais rien de tout ces préparatifs ne fut suivi d'orage avec pluie. 

Je me suis remise à mes petites notes du quotidiens. L'heure du Tabata est venue très vite. 
Douche, dîner, bloguage ici même et c'est déjà l'heure du LT des infos de Rai News 24, sous des éclairs d'orages, ceux-là bien pluvieux. 

Un billet sur le blog de Monsieur Kaplan m'a fait repensé aux derniers mots cohérents de mon père, qui furent une belle déclaration d'amour au peuple arménien. Laquelle restera sans doute un mystère pour moi, non que je n'aie été d'accord avec ses propos - j'éprouve de l'estime pour celleux que je connais, et ça coïncidait bien avec ce que je pensais d'eux (mais je suis très consciente que comme dans tout groupe humain il contient également son lot de crapules et d'idiots) -, mais que je me demande bien (ce) qui est à l'origine du fait qu'il ait soudain éprouvé le besoin de rassembler ses dernières forces mentales pour les exprimer.

Trump à trumpité, poussant au soulèvement dans les provinces démocrates confinées

J'ai failli omettre l'événement de la journée : les vaches sont de retour dans le champ de derrière [le jardin] !

 

 

(1) J'arrive fort bien à ne pas tomber dans des tas de pièges de l'internet et des réseaux, mais parfois, je me laisse embarquer par les liens YouTube et les documentaires improbables qu'ils nous mettent sous la dent.

(2) Tenter de militer, j'ai déjà essayé. Outre que je ne trouve pas de mouvement qui me corresponde vraiment, les enjeux mesquins sont les mêmes dans chaque organisation et le temps à y consacrer incompatible avec une vie professionnelle à tenir (pour quelqu'un pourvu d'une thalassémie). Faire des dons financiers : pas tant que ma situation reste incertaine, sans pouvoir établir de budget.

 

 

 

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Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
2 225 916 cas (dont : 152 526 morts (36 153 aux USA) et 567 279 guéris) 

(extrait du tableau de bord de wordometer à ce soir ; et cette question : comment se fait-il que la Belgique ait un tel pourcentage de décès (alors qu'elle semble tester ce qui fait que la densité de cas mortels n'est pas faussée, contrairement à la France qui ne teste que les cas graves et certains personnels) ?)

Capture d’écran 2020-04-17 à 21.57.26


Chroniques du confinement jour 31 : naissance d'un petit Sacha, mort du grand Sepulveda

 

    C'était jour de récupération, quelque chose me dit qu'il ne faut pas trop tirer sur les organismes fragilisés par le peu d'amplitudes de déplacements, et j'en ai profité pour lire un peu ici et là, répondre doucement à des messages, repérer un film de Wim Wenders que je peux voir via Arte (1) avant le 18/04. Mon thème de sieste est tout trouvé. 

À 10h52 j'ai reçu via Whatsapp la belle photo d'un petit Sacha tout nouveau né au fils musicien d'un de mes vieux amis. J'étais toute heureuse pour eux, le jeune père, la jeune mère, le grand-père et la grand-mère, même si je l'ai perdue de vue par la force des circonstances (et aussi de trop travailler, on finit par ne plus voir des personnes que l'on appréciait). 

À 11h22 la nouvelle de la mort de Sepulveda m'est parvenue, toujours via Whatsapp, cette fois-ci par le groupe du cercle de lecture de l'Attrape-Cœurs, et qui m'aurait rattrapée de toutes façons dès que je serai passée sur Twitter peu après. Une victime de plus du Covid-19. Quand la veille au soir il avait été en passant, lors d'un reportage sur un collectif d'écrivains, évoqué qu'il était toujours en réanimation je m'étais dit que ça n'était pas fort bon signe, lui qui faisait partie des premiers signalés hospitalisé, en Espagne. La triste nouvelle ne me surprend donc pas. La tristesse n'en est pas moins grande. 

J'aurais eu une demi-heure de répit d'insouciance retrouvée et de croire à nouveau en un avenir possible.

JF est parti faire des courses. Il semble si mal conscient du danger que j'espère qu'il reste très prudent. En tout cas y aller est pour lui le contraire d'une corvée. Je m'efforce de lui faciliter la tâche en ne réclamant rien de compliquer. Je peux rester fort longtemps à me contenter de manger ce qu'il y a, j'ai cette chance immense. 

Être seule permet de rêver un peu, et de laisser venir les souvenirs. 

Capture d’écran 2020-04-16 à 12.37.32

La voisine de deux maisons plus loin n'a plus depuis dimanche soir (ou lundi ?) son ou ses petits enfants. Je regrette un peu l'animation que ça mettait à certaines heures. Ça ne m'empêche pas de savourer le calme revenu, également.

Il fait de nouveau plutôt chaud, après plusieurs jours où le pull était nécessaire dehors.
C'est magnifique d'observer de près l'arrivée du printemps. Je ne suis pas la seule à le faire ; je connais au moins un expert. D'ailleurs j'aime ce qu'il écrit au sujet du confinement : 

Capture d’écran 2020-04-16 à 11.56.40

Je me suis aperçue que j'étais trop légère en connaissance des oiseaux pour remplir correctement l'observation de mon jardin. Je ne sais dire que C'est un moineau, une mésange, un merle, sans distinction. J'essaie donc de m'instruire avant que d'écrire des bêtises.

Lecture sur le banc au jardin après le déjeuner. JF à mes côtés puis s'entraînant à la pétanque. Je suis exagérément fière de cette petite diagonale d'entraînement. Les fortes averses orageuses de la fin de la journée auront sans doute un peu modifié sa configuration, il conviendra de remettre les choses en ordre. 

L'après-midi aura été consacrée à un film de Wim Wenders, "Everything will be fine" que j'avais manqué. Il est sorti au printemps 2015 et c'est sans doute une raison suffisante, je bossais dur et j'allais mal après l'attentat contre Charlie Hebdo. Et puis je me méfie des films qui mettent en scène un écrivain, c'est généralement balourd et faux. Après, il se trouve que l'accident dont nous avons été fin mars les témoins auditifs nous ayant un peu secoué, j'ai cru que quelque chose pourrait se glaner dans l'expérience du personnage. En fait non, car il est impliqué directement dans l'accident qui a lieu. Le film m'a déçue, mais je me suis quand même laissée porter, les décors étaient si doux, la lenteur si confortable et Charlotte Gainsbourg si prenante en mère qui a perdu l'un de ses enfants. Les autres acteurs ne m'ont hélas pas semblé au diapason. Et celui qui tient le rôle principal, celui d'un taiseux qui parle peu et bas, donnait l'impression de tenter d'imiter James Dean, la présence en moins. Oui voilà je crois qu'il manque à ce film un acteur hors catégorie qui aurait emporté le morceau et fait le poids face à Charlotte. 
Enfin, les ellipses de quatre ans en quatre ans m'ont semblé un brin artificielles, un peu comme si précisément ce qui ne nous était pas donné à voir était sans doute l'intéressant. 
Pour finir, peut-être que la 3D dont nous ne pouvions pas profiter sur notre petit écran, transcende le film. Qui sait ?

La fin de journée aura curieusement été productive alors que j'ai passé bien du temps à regarder le ciel, les moments de pluie et écouter les oiseaux - ça y est j'ai repéré le grand chanteur, un tout petit brun, tout fin, celui qui a son nid probablement sous un coin de la gouttière de la maison voisine où vivait le voisin voleur - : j'ai descendu les deux valises en plastique qui étaient au dessus de l'armoire du sous-sol et les ai vidées. La petite rouge contenait mon ancienne machine à écrire électrique, une folie pour l'époque. La grande marron, du linge de maison dont de très beaux napperons et une robe de chambre de Nino, ainsi qu'un châle à poches irlandais que je me souvenais d'avoir acheté pour Mado à Carteret. J'ai rangé différents éléments et aussi rangé un peu les vêtements en haut, préparé les lessives à venir.

Notre dîner fut de grignotage (un avocat, du fromage, de l'houmous ...) et tardif (vers 20h30). J'ai pris une douche dans l'idée de me relancer en énergie pour la soirée. 

Très vite c'était l'heure du LT des infos italiennes. Le problème majeur m'a semblé ce soir que l'épidémie, si elle se tassait, ne diminuait pas vraiment nettement. Alors les pro-économies reprennent des arguments, puisqu'il est évident que l'on ne peut rester longtemps en arrêt. Bolsonaro a viré son ministre de la santé qui prônait un confinement : clairement, lui s'en fout que meurent les gens. 

Aux USA dans certains états qui avaient mis en place un confinement, les plus précaires manifestent : leur risque immédiat, malgré des aides annoncées, est de mourir de faim. Tant qu'ils ne sont pas directement touchés par la maladie, c'est pour eux péril plus lointain. Il fut dit aux infos italiennes que certains manifestants étaient armés. 

J'ai été accueillie dans ma journée par une belle brassée de messages amis, il serait temps que j'y réponde. Tout se passe comme si je craignais d'aller trop vite, comme si le confinement nous mettait dans l'obligation de "faire durer". 

Serait-ce enfin la fin du "Vite, beaucoup, loin, mal" qu'évoquait Carl Vanwelde dans un de ses billets

(1) "Everything will be fine" (sorti en avril 2015 ce qui explique sans doute, la période étant si rude encore, je parvenais tout juste à aller bosser et voir les ami·e·s comme moi endeuillé·e·s, que je l'avais manqué)

 

 

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Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
2 173 168 cas (dont : 144 949 morts (34 475 aux USA) et 546 296 guéris) 


Chroniques du confinement jour 30 : Du sport, des factures et pour la première fois presque un film


    C'était jour de sport : donc le legal short morning run, le défi abdos squats pompes et au soir une séance de Tabata composée pour marquer le coup des un mois depuis la première par les habitués qui proposaient leurs exercices préférés. Ce qui a donné la chaise en 3ème, assez mortel comme effet.

J'ai continué le boulot de petite gestion familiale entrepris la veille, factures à payer, suivis des comptes. Un remboursement de 77 € nous a été accordé par EDF. Probablement qu'une personne à l'appartement depuis un mois au lieu de quatre puis trois ont induit une solide baisse de la consommation. Nous aurons le mouvement inverse ici. Et pour le gaz aussi. Et l'eau.

Pour le deuxième jour d'affilée il faisait très beau mais frais, le soleil était bien trompeur. Pour autant sur le banc en plein soleil il était possible de lire au jardin après le déjeuner. Je ne m'en suis pas privée. JF est venu un moment en faire autant puis il a fait des tours de jardins comme il fait au soir des tours de maison. Quelque chose me dit qu'il se sent en prison. 

Dans "Feu de tout bois" dont j'aborde le tome 2, celui-ci pour la première fois (j'avais lu au moins tout Bagdad du 1 quand il m'avait été offert si gentiment), les amis sont à présent à Damas. Je me souvenais d'un échange de mail en particulier correspondant à l'un des moments de la période de Tripoli et c'est intéressant de voir / d'avoir vu / à la fois le côté personnel et le côté plus écrit du journal retravaillé, et combien c'est raccord mais dans quelle mesure la question du destinataire bouge un peu les mots. 

Commencé à regarder le film "Trois jours à Quiberon" via Arte TV. Je me suis laissée piéger parce que j'ai d'abord cru (en fait j'écoutais tout en étant occupée sur l'ordi à d'autres tâches) qu'il s'agissait d'un documentaire. Quand j'y suis vraiment revenue, le fait que ça soit recomposé et mélangé de fiction (ainsi le personnage de Hilde, l'amie d'enfance) m'a un gênée. Mais bon c'était bien interprété, fin, ce personnage de Hilde permettait de s'identifier. Je me suis dit qu'il était possible de faire abstraction de qui était la personne concernée et de se laisser porter comme s'il s'agissait d'un personnage fictif d'actrice. Rien ne prouve que la vraie Romy Shneider avait ces problèmes précis. J'étais de toutes façon obligée de fractionner ma vision de l'œuvre : trop de passages en caméra non stabilisée, mal de mer. 

Notre Dame, ça fait un an. Je me souviendrai toujours du fiston sortant précipitamment du salon et criant presque "Il y a le feu à la cathédrale de Paris, la cathédrale de Paris brûle" et comme nous étions émus. Malheureux.
J'avais l'impression de la fin d'un temps. 
Hélas la pandémie actuelle le confirme, 2019, aura été un tournant. 

J'étais heureuse hier de me passer entièrement de sieste. Celle d'aujourd'hui, entremêlée de lecture aura quand même duré 2h l'air de rien. Parfois je m'inquiète un peu pour le déconfinement. Mon rythme actuel n'est pas sauvagement, emploi-compatible. 

Mon LT du soir se fait désormais comme allant de soi, c'est assez impressionnant. Il faudrait que je fasse l'effort d'aller voir quel est le vrai nom de "Agnan". C'était lui se soir et c'est vraiment un cran au dessus quand c'est lui.  

Grâce à Kozlika et Mahmoud Zureik je découvre une interview dans La Reppublica du 12 avril 2020,  du responsable du conseil scientifique français sur l'épidémie et qui montre l'étendue des mensonges du gouvernement, notamment sur le port du masque. C'est stupéfiant, de même que le côté, c'est pour l'Italie, cool, on peut causer (à moins que ça soit de colère ou par calcul pour forcer le gouvernement à enfin l'écouter)  

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
2 052 508 cas (dont : 132 932 morts (27 586 aux USA) et 508 387 guéris) (chiffres vers 19h)

La France continue à tester vraiment très peu par rapport à ses voisins. Dès lors le nombre total de cas est probablement sous-évalué (trois fois plus ? quatre ?) 
C'est la dernière colonne. Tests / 1M population 

Capture d’écran 2020-04-15 à 20.53.16


Chroniques du confinement jour 29 : Le terrain de pétanque et les factures et remboursements

 

    Nous avons couru ce matin le short legal morning run que la tempête la veille nous avait empêchés de faire. Il faisait un temps radieux mais bien frais et l'ensemble de la journée était une illustration parfaite de la so french sentence "Le fond de l'air est frais". 

Je me sentais en pleine forme et pour la première fois depuis une telle éternité que je ne sais l'évaluer je n'ai aucunement éprouvé le besoin d'une sieste. Simplement après le déjeuner un moment à lire au soleil au jardin. 
Les personnes de pleine santé n'imaginent sans doute pas le degré immense de bonheur que c'est. 

Même si, comme l'écrit si bien Antonin Crenn dans son carnet quotidien

"Tout ce qui peut arriver de bon en ce moment, à cause de l’épidémie, serait meilleur si ça arrivait pour de bonnes raisons."

 

Je dois avoir que je disposais d'une motivation particulière : depuis notre arrivée, un projet sous-tendait celui de débroussailler le jardin : il s'agissait de créer un couloir qui permettrait à mon joueur de pétanque carabiné de conjoint de pouvoir à défaut de jouer avec de vrais partenaires, s'entraîner. J'y étais presque, il manquait les fameux 15 à 20 % du boulot qui tardent toujours à être fignolés. Or j'avais perçu son désarroi la veille au soir quand il avait pris conscience de la durée minimale de la suite du confinement. Ce n'est pas faute de l'en avoir averti mais cet homme commet presque toujours l'erreur de ne pas me croire quand j'avance calmement quelque chose. 

Je m'y suis collée pendant deux bonnes heures et vers 17h, le joueur pouvait enfin s'adonner à son art. Avec le tas de petit bois pile placé pour amortir les boules tirées - car on ne peut le nier, notre terrain manque singulièrement de longueur -. 

Ensuite sur l'élan j'ai poursuivi quelques tâches entamées le matin même, en plus des menues écritures quotidiennes : banque (tout va bien, sur mon relevé de carte bancaire alors que nous approchons le 15 du mois : 0 € de dépenses), factures diverses de copropriété et pour la Normandie d'eau. Mail pour tenter de trouver une solution de paiement sans déplacement. 
Et puis j'ai entamé mon petit lot de demandes de remboursement et annulations. Je suppose qu'il me fallait une indication de date minimale de reprise pour trouver la force d'entreprendre ces démarches tristes. 
Un certain nombre de ces annulations seront ou sont gérées (c'est le mot) par mon club de triathlon, deux seulement me reviennent et plusieurs sont des annulations de dedans ma tête puisque par un étrange mécanisme, j'avais omis d'exécuter les démarches. 

  • - le train pour venir en Normandie, que j'aurais dû prendre le samedi précédant le lockdown ; 
    - le séjour à Oslo pour l'écotrail prévu ; 
    - les 10 km de Clichy ; 
    - le Frenchman ;
    - le stage d'entraînement de triathlon (lequel était censé avoir lieu cette semaine) ; 
    - le No Finish Line au pied de la Tour Eiffel ;
    - le trail de La Chouffe.

    et quelques autres compétitions plus légères en prévisions - celles en Île de France, celles pour lesquelles on peut remplacer quelqu'un au pied levé ou s'inscrire en dernière minutes parce qu'il suffit d'y aller sans avoir de long trajet ni d'hébergement à prévoir -. Ainsi que des week-ends de ciné-club.

    Risque de disparaître également le championnat d'Europe d'Athlétisme pour lequel je m'étais offert un double abonnement grand luxe. La question des manifestations sportives est multiple : il y a le fait qu'elles puissent avoir lieu ou non, avec des spectateurs ou à huis clos mais également celui de savoir si les athlètes pourront s'être suffisamment préparés tout en restant confinés. 

    De la pluie est annoncée en fin de semaine, je vais pouvoir m'occuper de mes différents engagements (comité de lecture et radio), ainsi que de ma participation à Ce qui nous empêche

Je continue mon LT vespéral des infos italiennes. C'est une belle pagaille sur quels commerces ouvrent ou non et où. Et toujours la bagarre pour les financement. Avec l'Europe il semblerait que la question des Eurobonds que j'ai cru plusieurs fois résolue, ne l'était toujours pas. Ce qui reste clair c'est que les citoyens italiens au moins ne sont pas pris pour des imbéciles par leurs dirigeants. 
Il y a une belle initiative avec des coupons, via une appli de téléfonino pour soutenir les petits commerces locaux : les clients par ce biais prépayent les achats qu'ils pourront faire après le confinement. 


Mon amie Kozlika signale une bonne décision de Président Macron. Elle concerne la réouverture des pistes cyclables. Parce que bien sûr en ces temps de distanciation sociale le vélo est le meilleur des moyens de locomotion. 

Lu un témoignage d'une employée de magasin alimentaire aux USA. C'est terriblement juste. 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
1 963 441 cas (dont : 123 506 morts (24 641 aux USA) et 463 594 guéris) (chiffres vers 19h)
La Belgique, l'Espagne et l'Italie sont parmi les pays qui ont le plus fort taux de morts par millions d'habitants (350 à 390), sachant que bien des pays ne sont pas d'une transparence inouïe (je pense à l'Iran bien des morts n'ont pas été comptés "Covid-19" et à la Chine aussi. C'est San Marin qui a le plus fort taux, du fait d'être tout petit et d'avoir été frappé par l'épidémie. Andore est un peu à la même enseigne. Globalement les pays les plus testeurs (et qu'on peut supposer imposants aux malades même asymptômatiques des quarantaines strictes) ont la moindre proportion de cas mortels. 

 

 


Chroniques du confinement jour 28 : Grand vent, trente ans et jour férié


    Notre fille a trente ans aujourd'hui. Anniversaire souhaité mais non fêté. Sans doute ferons-nous un rattrapage après. Elle n'est pas seule et cela me console pour elle.
Je n'en reviens pas de ce nombre d'années. Non pas du fait qu'elle les ait, elle, totalisée, mais du fait qu'autant de temps ait pu filer. Si j'y repense un instant (privilège du confinement : on peut s'accorder du temps pour penser aux choses calmement), je les vois bien ces années, d'autant plus qu'une fois sortie de l'"Usine" comme disait Marie, ce furent des années de vraie vie et non entre parenthèse durant tant d'heures de travail où je n'y étais qu'en exécutante, mais ne les vivant pas vraiment. Il n'empêche. 30 ans ! C'est fascinant. Même si je passe au travers de plusieurs pandémies, il ne m'en reste peut-être plus tant. Tant que je ne suis pas dans d'atroces souffrances ou circonstances, j'aimerais bien continuer. Je trouve ce monde intéressant. Et je n'ai pas envie de quitter de si tôt mes proches, mes ami·e·s.

Nous devions aller courir mais un vent bien fort nous en a dissuadé. Il soufflait depuis la veille au soir mais s'était renforcé au matin. Il avait plus aussi, dans la nuit. J'ai pris une ou deux photos ; Pierre m'a fait remarquer que l'une d'elle que j'avais publiée sur les réseaux sociaux ressemblait à un tableau de Pierre Soulages. 

Je pense que techniquement nous aurions pu courir, que ça aurait même été amusant - contrairement au vélo qui par un tel vent est carrément dangereux ; je veux dire hors périodes de confinement -. Mais la voie verte est bordée d'arbres et une branche cassée peut si vite voler ou tout autre chose que le vent porterait. Il ne s'agit pas de prendre en ce moment des risques inutiles. 

Une fois la décision collégiale prise, je me suis recouchée. Il était 7h30 un peu passées.

J'ai sans doute re-dormi et écouté aussi le concerto du vent et des oiseaux. Ceux-ci qu'en benoîte citadine je croyais planqués par grands vents, ressortent dès que les rafales faiblissent, et savent apparemment anticiper leur retour. Peut-être au frémissement qui les précède dans les plus hautes branches des très grands arbres.  
Après tout c'était jour férié, donc nous pouvions tout à fait nous accorder une grasse matinée.

Le vent était par rafales si fort qu'il a ouvert en claquant la petite fenêtre arrière près de mon bureau, laquelle ne tient qu'à un loquet. Heureusement pas de vitre cassée. 

J'ai retrouvé en cherchant des chewing-gums un CD dans le tiroir de la table de chevet qui jouxte mon lit à gauche (à main gauche quand on y est allongée). C'était un CD pour enregistrer soit même et j'y ai retrouvé une copie de celui de Kyo "300 lésions" acheté du temps où les enfants kiffaient ce groupe. En fait je l'avais retiré du lecteur de la voiture pour le remplacer par Bleu Pétrole d'Alain Bashung (dont la pochette portait la trace écrite). Puis je l'avais oublié là. 
Note pour un prochain confinement : ranger oui, mais pas trop, afin de s'accorder quelques retrouvailles. 
Je ne suis pas particulièrement admiratrice de la musique de ce groupe (dont j'ai appris qu'il s'était reformé en 2014 après s'être arrêté en 2008), mais j'aime écouter leurs morceaux qui me rappellent une époque dynamique de ma vie, celle du temps de Marie, et des enfants encore enfants ou adolescents. 
Quand je songe au passé, je n'ai aucun regrets, j'ai fait de mon mieux sans arrêt, par moment mon mieux fut insuffisant, voilà. Et nous n'avons pas été épargnés, tout en restant privilégiés à l'échelle du monde tel qu'il est. Alors ça ne m'est pas désagréable de jeter un coup d'œil en arrière et mesuré que si tout ça fut plutôt rude, ce fut intéressant. Et que de belles amitiés ! 

JF m'a obligeamment libéré l'un des fauteuils verts, où il avait mis ses habits et j'y ai lu avec délice "Feu de tout bois" une partie du restant de matinée. Mon amie et son époux ont à présent quitté Bagdad, ils faisaient route vers la Suisse puis la France à travers la Grèce. Grâce aux outils modernes je suivais la localisation des villes sur une carte via mon téléfonino et comme je date d'avant tout ça (rechercher le nom des villes dans un gros dictionnaire, être déçue que celles-ci trop petites ou de faibles notoriétés ne s'y trouvassent pas, de n'en voir aucune photo), c'était un délice de lecture et voyage par procuration. 
Je les ai quittés alors qu'ils s'installaient à Tripoli : c'était l'heure de notre déjeuner, un succulent tajine d'agneau du traiteur de sur la place, agrémenté de semoule préparée par JF. Ce repas était assez raccord avec le voyage littéraire, m'a-t-il semblé. 

Le soleil s'est libéré en fin de matinée mais la tempête de vent n'a pas molli pour autant. Le contraste est curieux. On pourrait, hors confinement, se dire Oh il fait beau, c'est jour férié, allons nous promener. Mais en fait il fait un temps dangereux, nous sommes confiner et le danger primitif du vent en tempête nous accorde l'illusion de croire que la décision de rester à l'intérieur vient de nous par prudence des plus élémentaires. J'aime assez cette version. On peut aussi compléter l'illusion par celle d'être venus parce que c'était le week-end de Pâques, zut alors tout à l'heure il faudra reprendre la route et le boulot demain.   

Encore une séance de Tabata un peu écourtée pour des questions de droits sur les musiques. Ce que je ne comprends pas bien c'est qu'il s'agit d'un groupe privé. 

Les chiffres de l'épidémie continuent à être à la fois encourageants mais partout en Europe bien insuffisants pour envisager des reprises de la vie courante et économique normale. Président Macron dans son discours de 20h a annoncé "reprise générale le 11 mai" dont les écoles, collèges et lycées ce qui paraît suicidaire puisque toujours pas de masques (en aurons-nous dans un mois et comment feront les gosses), ni de tests. Il faudrait des tests de l'immunité. En Espagne c'est pire des activités ont repris à présent alors que le nombre des morts est très élevé. 
En Italie c'est l'anarchie, des boutiques (dont les librairies et les magasins de vêtements pour enfants) devraient ré-ouvrir mais pas partout ou pas avec les mêmes horaires, mais dans certains endroits si quand même. 

Un article inquiétant : d'après l'OMS l'immunité de serait pas garantie après un premier passage de la maladie (j'avais lu par ailleurs quelque part 91 personnes en Asie, constatées ré-infectées). 

JF semblait abattu par la nouvelle date limite de confinement. Il est vrai qu'au moins son boulot va en prendre un coup. Un joueur de Charlie Pétanque serait mort du Covid-19. 
Pour ma part je n'ai pas envie de courir de risque (mais pas envie de perdre mes perspectives professionnelles non plus). 
Bon, nous avons en tout cas encore un mois au moins au calme.

Je repenserai à cette journée d'anniversaire, comme avant tout celle d'une tempête au soleil, ce qui était bien étrange, ce vent si violent sous une apparence de temps si beau. 

 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
1 871 896 cas (dont : 116 004 morts (22 115 aux USA) et 434 298 guéris) (chiffres vers 16h)