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Chroniques du confinement jour 13 : un dimanche sans énergie, l'onde de choc de la veille

    Jour venteux avec dans l'après-midi de splendides giboulées de grêles ; j'en ai compté cinq avec le grand jeu : la lumière qui change, grand soleil et puis très sombre, la grêle qui claque sur les vitres.  Nous avions envisagé d'aller courir dans le cadre de l'autorisation officielle limitée - notre quarantaine tire sur sa fin et sur le chemin de l'arrière, peu de risque de croiser qui que ce soit -, mais la météo nous aura obligé à rester chez nous. Pas même au jardin : froid et vent fort. 

De toutes façons j'avais décidé que puisque c'était dimanche je pouvais ne rien faire.

Ce à quoi je me suis consacrée avec un grand succès. J'ai lu (toujours "Feu de tout bois" de l'amie Elisabeth, ainsi que de vieux journaux de l'année 1939, que mon grand-père maternel conserva et que j'avais à sa mort sauvés in-extremis de la benne. 

Il n'est resté d'actif que les abdos - squats - pompes du matin, les petites écritures du quotidiens, des heures de repas à peu près civilisées, et une sieste à l'heure de la sieste - interrompue par un appel de R. le beau-frère de l'Homme de la maison, mon co-confiné.

Un appel téléphonique du fiston a ensoleillé ma matinée, des messages échangés avec notre fille m'ont inquiétés (elle dit avoir pris froid et me demandait l'autorisation de rallumer les radiateurs alors que j'avais en vain tenter de la dissuader d'éteindre la semaine passée). 

Je suis restée, que je le veuille ou non, marquée par l'accident de la veille, dont j'ai parlé via SMS avec ma sœur ; ce qui m'a fait du bien. Seulement je n'ai pu m'empêcher dans la soirée de guetter avec le cœur battant plus fort, chaque voiture qui passait (pas de chances, il y en eut, malgré que rien ne soit officiellement allégé dans le confinement) ; ni non plus de retarder l'heure du dîner - comme si un accident risquait de se reproduire alors que nous allions passer à table -. Le son du choc, ce bruit métallique sec, bref, fort, impossible sur l'instant à cataloguer, m'est resté en tête et est revenu à mes oreilles plusieurs fois dans la journée.

Parmi les ami·e·s et connaissances : beaucoup de malades en condition de rester encore chez eux, pas mal de guéris mais qui évoquent toutes et tous une forte fatigue résiduelle, une litanie d'annonces de décès de grands-parents. Quelques survivants, également. 

La France est encore minée par cette polémique au sujet d'un médecin qui prône un traitement particulier (à base d'un anti-paludéen, si j'ai bien compris), et ça continue. Au plus grand mépris de patients qui avaient besoin du traitement pour une tout autre pathologie et se retrouvent en danger. 

Tom Hanks et sa compagne vont mieux et sont de retour aux USA. Le chanteur Christophe est en réanimation. 

Je ne parviens déjà plus à répondre aux messages que je reçois. Pour la première fois, la multiplicité des canaux (qui m'écrit via messenger, qui sur WhatsApp, qui par mail, qui via Twitter ou Insta, qui par SMS) me semble présenter une difficulté, mi da fastidio. Le marrant de l'histoire étant qu'au début du confinement j'avais eu la naïveté de penser que c'était le moment ou jamais d'écluser mon retard en la matière.  

En fin de journée grâce @MGZALLP , je me souviens mais un peu tard, que je voulais regarder le piano de plus près, histoire de voir si je pouvais faire quelque chose en vue de le réaccorder. L'énergie m'aura manquée.  

 

mots clefs : Covid-19 

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713 171 cas (dont : 33 551 morts et 148 900 guéris)


Chroniques du confinement jour 12 : plutôt une bonne journée (compte tenu des circonstances) mais soudain un très violent accident

    Il y a la gym du matin, le Tabata du un soir sur deux, les travaux du jardin (j'ai dégagé l'essentiel de la structure métallique aux muscles, à la scie, à la hache), des échanges chaleureux avec ma famille, plutôt des bonnes nouvelles dans l'ensemble, compte tenu du contexte, des amis qui guérissent, une petite question existentielle affective - un luxe par les temps qui courent -. Bref, ça allait plutôt pas si mal. Je vois la fin de la quarantaine avec bon espoir, même si je ne serai vraiment tranquille que mercredi.

Et puis à 21h01 (au vu de l'horodatage d'une photo que j'ai prise presque immédiatement après, précisément à cet effet, d'avoir une trace) alors que nous étions en train de dîner, une voiture est passé venant de Lessay, très rapidement. Vraiment très.

J'ai eu le temps de penser : Quand même les mecs qui ont le droit de circuler ils se croient tout permis d'être seuls et ils roulent comme des malades dans les villes (1).

Il y avait de fortes rafales de vents. 

Nous avons entendu un claquement métallique très bref et très fort. 

Ça venait de pas loin du tout, plutôt vers le garage. À cause de la rafale de vent qu'il venait d'y avoir j'ai pensé à un morceau du toit de tôle qui se serait envolé et aurait chu. Je suis montée à la fenêtre de la chambre. Une canette comme celles de bière ou de coca roulait sous le vent, de la ville vers le Aldi et dans un silence de mort ça faisait western quand passent les buissons. J'ai alors vu un homme vêtu d'un survêtement gris clair passer en courant, dans le sens de Lessay vers le centre ville. À première vue rien ne semblait bizarre, si ce n'était sa présence. Rien d'anormal vers le garage. J'ai commencé à me dire Quand même c'est curieux comme cette autorisation de course à pied dans le confinement pousse les gens à courir par tout temps. 

Puis vers la gauche j'ai entrevu deux silhouettes vêtues de noir. Un homme et une femme, il disait je l'ai vu passer il allait à toute bombe, il filait comme un boulet. La femme était déjà au téléphone, il était évident, aux bribes qui me parvenait qu'elle appelait les pompiers. Le premier homme avait atteint une voiture qui semblait près du garage garée contre le mur. En fait elle était en plein dedans. Il est revenu vers les deux autres, qui avançaient vers lui, en disant Il est inconscient. 

Les secours posaient à la femme des questions, nombre de personnes (un seul un homme) état de conscience, s'ils pouvaient ouvrir. L'homme au survêtement gris est retourné vers la voiture, il n'arrivait pas à ouvrir. Finalement ils ont pu par le hayon. 

Mon co-confiné a reconnu le gars en noir (qui entre-temps avait couru jusqu'à la voiture), un camarade de pétanque qui bossait à Flamanville. Il m'a semblé qu'il agissait exactement comme il le fallait, probablement de par son travail formé aux premiers secours. De toutes façons à 21h07, les secours étaient là, les premiers pompiers en tout cas.
Très vite 4 véhicules de pompiers, puis les gendarmes et un véhicule du Samu 50 dont les occupants sont équipés de masques. Les autres intervenants n'étaient pas particulièrement équipés. Des masques sont apparus plus tard.

J'ai LT volontairement pour garder une trace.  

Je suis quasi certaine qu'il n'y a pas eu l'ombre d'une tentative de freinage. C'est pour ça que je n'ai pas relié le passage d'une voiture qui roulait à toute blinde avec le bruit de claquement métallique. 

L'intervention n'en finissait pas. Nous avons terminé sans goût notre repas. Le Samu ne repartait pas. La voiture était déplacée sur le côté. La route barrée. Une petite voiture qui arrivait, elle aussi venant de Lessay a dû faire demi-tour alors qu'un second véhicule de gendarmerie arrivait. 

Vers 21h30 (pas certaine de l'horaire) les cloches de l'église ont sonné. Et c'était d'autant plus étrange qu'à aucun moment nous n'avions entendu les sirènes des pompiers ni le son (sauf un très bref instant comme s'il avait été déclenché comme par mégarde et aussitôt éteint) des véhicules de secours ou de gendarmerie. 

Je ne sais si l'un des deux voisins témoins (l'homme au survêtement gris et l'autre en noir) sont intervenus sur la voiture mais le moteur semblait coupé, les phares assez vite éteints, pas de dangers d'incendie. Je m'étais tenue prête à intervenir (j'ai le PSC1 que diable) mais ils assuraient et vraiment les secours sont arrivés très vite.

Que l'intervention dure était mauvais signe. D'autant plus que les intervenants du Samu ne s'activaient même plus. Ni qu'aucun véhicule ne repartait comme pour conduire d'urgence un blessé à l'hôpital. 

À 22H54 une dépanneuse et le dernier véhicule de secours ont quitté les lieux. L'état de la voiture sur la dépanneuse passant sous notre fenêtre ne m'a pas laissé grand espoir. 

La presse locale qui fait son taf vite et plutôt bien (pas la photo des bons lieux et une légère erreur sur la géolocalisation, mais tout le reste c'était ça) m'a confirmé très peu après ce que je craignais. Le conducteur ne s'en était pas tiré.

Je connais désormais l'un des sons de la mort qui survient. Ce claquement métallique inclassable. 

Cet accident est un mystère. C'est quasiment une ligne droite. Il n'y avait pas un chat (ou peut-être si, un chat qui traversait pile à ce moment là). Il n'y a pas eu de bruit de freinage ou de dévier sa route. Pourquoi roulait-il si vite ? Était-ce un malaise ? 
Quelqu'un suggérait un suicide. J'ai du mal à croire qu'on choisisse délibérément de se jeter contre ce mur là, si discret, si légèrement en biais par rapport à la route. The perfect wall to die ?

Longtemps plus tard, l'Homme de la maison a eu une petite peur retrospective pour notre voiture qui aurait pu être percutée. 

Le confinement a peut-être sauvé des vies. S'il y avait eu des piétons ou d'autres véhicules, ce qui un samedi soir ordinaire à cette heure était tout à fait possible, ça se serait encore plus mal fini. 

 

J'ai quand même tenu à faire mon compte rendu des infos italiennes. Plus de 10 000 morts de l'épidémie dans mon second pays. L'Espagne aussi est très mal partie. Et aux États-Unis une catastrophe supérieure s'annonce, due au coût des tests dans un premier temps et aux dirigeants qui sont resté dans le déni un bon moment. 

Le vent continue de souffler en tempête. J'ai bien fait d'enlever la plus grande partie de la structure métallique sans plus tarder alors qu'elle était déjà bien entamée. 

 

(1) Parce que ce n'était pas la première voiture que j'entendais rouler trop vite. Mais celle-ci c'était particulièrement trop. 

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660 706 cas (dont : 30 652 morts et 139 415 guéris)


Chroniques du confinement jour 11 : S'attaquer à la ferraille, et des nouvelles heureuses de mon amie Claude

 

    Les journées se suivent et désormais se ressemblent, mais de façon paisible tant que la maladie nous épargne : lever, petite gym du défi interne à mon club - de façon amusante, je suis toujours la en gros 10ème à le relever -, toilette, petit-déjeuner, petites écritures du matin, réponse à quelques messages, "jardinage", déjeuner, sieste avec lecture(s), temps libre souvent utilisé à des utilité ou à la suite de l'action au jardin, douche, dîner, écritures du soir et réponses aux messages, puis les infos et la revue de presse sur Rai News 24 tout en la live-touitant. Enfin, écrire un billet de blog au moins quotidien. 

Les jours de session Tabata avec Romain elle s'inscrit avant le dîner et est suivie d'une douche.

Je mets un soin particulier à changer de tenue selon le type d'activité, jardinage, sieste ou autre ... Ça permet de jalonner la journée.

Tout au long de la journée échanges de brefs messages avec les enfants. 

Ce qui fut un peu différent aujourd'hui :

des nouvelles de quelques amies que j'avais un peu délaissées, je l'avoue, et l'Homme recevant un appel sympa de l'un de ses anciens collègues. Des nouvelles de mon amie Claude par SMS puis un coup de fil, puis un mail de quelqu'un chez qui elle est, le temps du confinement, afin de pouvoir lui faire parvenir un document : elle va fort bien, et n'a plus peur de rien, envisageant sa propre mort comme inéluctable de toutes façons - mais sans tristesse, une forme de "j'ai fait mon temps" -. 

la vieille structure métallique destinée à protéger le bois pour la cheminée enfin en cours de démantèlement. Après avoir tenté en vain de desserrer les vis, puis moins en vain de scier le métal, je me suis rendue compte que la rouille était si forte qu'avec mes petits bras musclés, je parvenais à briser les montants (mon côté Hulk, indéniablement). Ça faisait seize ans que je comptais le faire "quand j'aurais le temps". 
D'où que j'écrivais "jardinage" entre guillemets plus haut : c'est plutôt de l'entretien général du jardin. Pas grand-chose à voir avec les plantes. 

L'Italie a enregistré près de 1000 morts du Covid-19 aujourd'hui. L'Espagne et les États-Unis, plus particulièrement la ville de News-York atteignent des taux de catastrophe. 

Bonnes intervention et de Mattarella - il est à la hauteur, ce vieux président, pas comme d'aucuns - et du Pape, avec une fois de plus des images inoubliables : et donc là, devant la place Saint-Pierre vide et ... sous la pluie. 

 

 

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593 291 cas (dont : 27 198 morts et 130 915 guéris)


Chroniques du confinement jour 10 : Ôter un arbre mort, dégager une bâche, et heureusement le Tabata

    

    Ça y est, du moins pour nous qui ne sommes pas tenus par du télétravail - pour des raisons différentes, et c'est assez curieux, que ça soit tombé comme ça - une routine s'est installée : le petit sport du matin, puis le petit-déjeuner et quelque menus travaux d'écriture quotidien, le jardinage, le déjeuner, la sieste avec lecture, encore un peu de travail de jardinage (en l'occurrence aujourd'hui j'ai enlevé un grand arbuste mort), la séance de Tabata avec Romain (un jour sur deux), le dîner, un peu de consultation des réseaux et réponses aux messages, et les infos sur Rai News 24 et le billet quotidien ici. 

Ce fut une journée sans colère puisque l'Homme de la maison ne fut pas pris d'une bouffée d'envie de sortir. 

Et j'ai vraiment bien dégagé les choses dans le jardin. C'était ma satisfaction du jour. Même si Le Fiston auquel j'ai envoyé quelques photos trouve que ça a une allure de fin du monde. En même temps, c'est raccord. 

(et le jardin quoi qu'il advienne aux humains, lui, repartira). 

Ça y est, les États-Unis ont officiellement davantage de cas que la Chine, qui peu à peu reprend une vie normale. L'Italie est également dans les plus de 80000 cas, ce qui en proportion de sa population fait beaucoup plus. 

Nous nous efforçons de le pas bouger, en attendant que ce typhon effarant soit passé.
Je connais beaucoup de personnes malades, mais en mode à se soigner chez elles tant que ça peut encore, et un nombre non négligeable de personnes qui ont perdu quelqu'un de leur parentèle, âgé généralement. 
Ce 10 ème jour de confinement (qui pour nous, privilégiés, passe très vite), a été marqué par les premiers craquages, et ça se comprend. 

Lectures : "Feu de tout bois" d'Elisabeth Horem, une relecture pour partie, mais je vais enfin avoir le temps d'aller au bout, du moins si je reste en forme.

L'Homme fait des cauchemars de guerre et de résistance. 

Notre fille a acheté des cookies par solidarité (1).

Thomas (Gunzig) a fait sa chronique, étonnament en studio. Un de mes amis des réseaux s'est mis en tête de répertorier les abus de verbalisations de la part des forces de l'ordre. On dirait vraiment que certains cherchent à faire du chiffre à tout prix. 

J'ai découvert que j'étais une influenceuse ! (humour noir, bien sûr)

Capture d’écran 2020-03-27 à 00.31.42

 

(1) Si l'article venait à disparaître, voici son amorce :

"Installée à Clichy-la-Garenne depuis le printemps 2017, La Fabrique-Cookies tourne désormais au ralenti puisque neuf de ses dix boutiques parisiennes sont fermées à cause de l'épidémie de Covid-19. Seule celle située gare Saint-Lazare (Paris VIIIe) fonctionne encore a minima. Mais les matières premières, à commencer par le beurre, sont là : 1,5 t au total, soit l'équivalent de 100 000 cookies!

Pour écouler sont stock, le fondateur de l'entreprise, Alexis de Galembert, a décidé de lancer un appel aux gourmands, qui peuvent encore commander par Internet des boîtes de cookies. « Nous avons commencé par donner tous les produits finis à des associations, environ 3 000 cookies », explique-t-il." 
Notre fille disait qu'il y avait une offre : pour 3 commandes, 8 cookies sont envoyés aux hôpitaux.

 

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523 163 cas (dont : 23 639 morts et 122 059 guéris)


Chroniques du confinement jour 9 : débroussaillage, exploration intérieure et bref retour de la radio


    Début de journée sportif. Lors du défi abdos - squats - pompes le temps que je me place au bon endroit pour me compter parmi celles et ceux qui l'avaient fait, je suis passée de 7ème à 11ème : même confinés les triathlètes sont matinaux. 

Encore du grand beau temps, alors encore une partie de la matinée au jardin. Rejointe par l'Homme de la maison après un moment de crise - notre sujet de discorde étant : ne sors pas faire les courses, nous sommes censés être en quarantaine et de toutes façons c'est risqué, donc on attend les plus strictes nécessités ; il est hélas indéprogrammable, c'est impressionnant une telle capacité de résistance au changement -. 

Dans l'après-midi, à un moment donné, je regarde par la fenêtre en me disant qu'entre l'activité du Aldi (OK il y a un vigile depuis la veille ou l'avant-veille, OK il y a moins de véhicules au même moment sur le parking qu'en temps normal, mais cependant) et la circulation sur la route, beaucoup de gens semblant aller et venir du travail normalement, on aurait pu croire à une période habituelle. Et puis passe une voiture, le conducteur masqué. 

En bons ingénieurs, nous avons fini par ... mesurer le jardin. Il fait donc aux imprécisions dues au moyens du bord près : 7,83 m x 5,20 m avec tout un angle occupé par une jolie mais dangereuse (fibro-ciment donc amiante) cabane à outils. Par les temps qui courent, disposer d'une telle superficie est un luxe incroyable. Merci ma grand-mère, merci mes parents (et merci ma sœur qui m'a permis de racheter sa part). Comme après le décès de mon père, les ronciers avaient pris possession des lieux, je les croyais beaucoup plus petits. 

Je prépare paisiblement une brève intervention lors de l'émission de Libre Antenne spéciale tenir bon au temps du confinement qui est prévue sur Cause Commune au créneau horaire habituel de Côté Papier. Je me demande ce que ça donnera techniquement. Mais finalement, avec le téléfonino, c'est bien passé. 

La sieste est brève grâce au boss de mon confiné qui l'appelle même s'il n'y pas pour le moment pas de travail effectuable. L'appel dont j'ignore la teneur, lui a plutôt remonté le moral. Peut-être la confirmation du chômage partiel qui permettrait de toucher un salaire pour cette fin de mois.

J'en profite pour amorcer quelques rangements et dans un carton qui, pourquoi celui-là, était ici et non dans un des box de stockage, je retrouve d'anciens films super 8 - pourrais-je un jour les revoir ? - et ô joie, une revue de presse ... des années 1984 à 1986. Étrange situation du confinement soit dit en passant : les box de stockage avec les cartons du déménagement sont à 1 km environ, peut-être un peu moins. Seulement avec le confinement y aller est exclu. Pour la mer (10 km), on n'y pense même pas.

Ça y est, le cap de devenir prudents quant à la fréquentation des réseaux sociaux car les annonces de tomber malades s'y succèdent sans que l'on puisse y faire quoi que ce soit, est franchi. Même si la plupart des malades que je connais sont dans les catégories symptômes légers à costauds mais soutenables, c'est difficile. Et avant tout pour les principaux intéressés. L'Homme se pose vraiment la question de quelques soirées où il s'est senti mal il y a deux semaines - je me console de l'absence de tests disponibles au niveau national pour son cas précis : même s'ils l'avaient été il ne serait pas allé se faire tester, préférant jouer les drama queens as usual, à se poser de façon lancinante la question de Et si ? -.

Le Prince Charles est atteint. Ce virus n'épargne décidément personne. La reine irait bien.

Belle séance au parlement ... italien.

Vers 22h une scène étrange à laquelle j'assiste par la fenêtre arrière : une voiture de gendarme qui en poursuit une autre, vers le quartier des maisons préfa. gyrophares. Des cris : Arrête-toi ! Mais arrête-toi ! et j'ai le temps de me demander s'il s'agit d'une sommation. Puis je vois quelqu'un en uniforme arriver en courant et remonter dans le véhicule à gyrophares. Je ne saurais sans doute jamais ce qu'il s'est passé. Quelque chose d'inhabituel, oui, une course-poursuite. Mais sinon, quoi ? 

À 19h30 les cloches ont sonné. Pendant dix minutes d'affilée. J'ai heureusement trouvé facilement l'explication car j'ai beau être mécréante, j'avais pigé que quelque chose d'inhabituel se tramait.

Bonnes nouvelles des enfants. Notre fille devait aller à l'hôpital (prévu de longue date, traitement chronique indispensable) que la forte fréquentation du métro a impressionnée. Ainsi qu'une longue longue longue file d'attente devant la poste. 

 

 

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451 355 cas (dont : 20 499 morts et 112 982 guéris)


Chroniques du confinement jour 8 : Jardinage et Tabata, c'est du confinement luxueux, on dira (tant que ça va)

 

    Encore un jour de temps radieux, quoi que pas si chaud, et dès lors l'activité principale allait à nouveau pour moi être le débroussaillage. Je croyais ce jardin très fourni, une fois ôtés les ronciers, il n'en est rien. 

Je pratique le jardinage lent : le but est de marcher et s'aérer, la finalité (désherber) est accessoire et non urgente. J'ai réparti dans trois angles trois types de branchages récupérés (morceaux de bois assez consistants pour plus tard contribuer à un feu dans la cheminée, petit bois et gros tas de ronciers et autres) : ainsi je fais forcément un nombre de pas conséquents. 

 

Capture d’écran 2020-03-24 à 18.14.03

(pas mal pour une activité dans un jardin de 4 m x 7 m environ). Je me pose des questions sur le nom de l'arbre du fond, lequel après avoir été massacré entre octobre et février, repart, et c'est beau.

Il devient pratiquement impossible d'empêcher mon confiné d'aller faire des courses, certes d'alimentation, mais qui pourraient attendre au moins lundi (fin de notre auto-quarantaine). 

Soudain, il éprouve le besoin de faire du repassage. Le truc totalement inutile en confinement : qui verra que sa chemise n'est pas exactement repassée, à part moi ? Sauf que c'est une consommation électrique superflue et que la table dans le logis pas si grand encombre.

Je parviens enfin à terminer une lecture qui n'était pas si aisée (ou au contraire trop et je m'y ennuyais). Les formulaires ont changé pour l'autorisation de sortie. Irons-nous courir ?

Au soir c'est l'heure de la séance Tabata par Romain qui fait vraiment ça super bien. Le fait qu'il soit en famille est chouette, on se sent en communauté de petites familles confinées.

Le fiston vient de recevoir son lit. Et passe chercher des draps chez nous donc chez sa sœur tout en lui apportant des courses. Elle souhaite avec raison sortir le moins possible, seulement il lui faudra aller à l'hôpital pour son traitement. Nous communiquons activement. Tout va bien pour l'instant. 

Les infos italiennes sont encourageantes mais si sombres : c'est la progression du nombre de cas qui ralentit (mais pas le nombre de cas qui diminuent déjà, ne rêvons pas). En France le ministre de l'agriculture a trouvé moyen de dire que les gens qui étaient sans travail du fait de l'épidémie pouvaient se porter volontaires pour aller bosser aux champs. C'était tellement stupide à plus d'un titre : déplacements, activités en commun tout l'inverse de ce qu'il faut faire pour ralentir une épidémie, et quel mépris pour le travail des paysans qui ne s'improvise pas et demande à tout le moins un certain entraînement, que j'ai cru à un sale canular. Seulement aux dernières nouvelles il semblerait que non.

Cela dit, le passage des engins agricoles qui ne cesse pas, est un élément de réconfort dans notre vie recluse le long d'une rue passante : le pays tourne encore, malgré le nombre de cas.

Les J.O. de Tokyo, ça y est c'est officiel sont reporté en 2021. Mais ils s'appelleront quand même Tokyo 2020. #NotreÉpoque. 

C'est le fait qu'il y aurait une trop grande disparité d'entraînements qui l'a emporté. 

 

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415 876 cas (dont : 18 514 morts et 107 811 guéris)


Chroniques du confinement jour 7 : Où sont passés les lombrics ?

 

   J'ai failli écrire : "le train-train", ce qui semble fou, bête, injurieux pour qui est sur le pont en ces jours difficiles mais voilà, nous sommes un vieux couple confiné dans un endroit agréable où j'ai beaucoup à faire pour réinstaller les choses après des travaux, alors voilà, oui, je me suis fixée un programme et même si je sais qu'il peut être interrompu d'un jour à l'autre par la maladie, je m'y tiens. 

Alors il y a le défi abdos - squats - pompes qui occupe un peu le matin, puis quelques petites écritures et ce qui est devant être fait - d'ailleurs je me rends compte en l'écrivant que j'ai oublié une légère corvée administrative -, de la lecture, une sieste, le soir à 23h les infos puis la revue de presse sur Rai News 24 tout en les Livetouitant ; les repas à des heures presque civilisées - un peu plus tard qu'un jour de travail -, et la tenue de ce blog.
Un jour sur trois ou quatre, une lessive. 

Des lectures "pour le travail", et d'autres "pour le plaisir personnel". Je traîne un peu sur l'une des premières ces jours-ci.

Des messages et un ou deux appels téléphoniques. J'ai appelé ma sœur, nous avons bien parlé, ça faisait du bien. Et eu mes deux enfants, selon des canaux différents, chacun sa préférence. J'ai appris que l'un faisait les courses pour l'autre et j'en ai été heureuse, rassurée et émue.

Il faisait un temps sublime de printemps alors j'ai passé l'essentiel de mon temps disponible de la journée à débroussailler le jardin. L'espace au centre commence à être libre pour circuler (plus tard : jouer à la pétanque ?). Il faut bien l'avouer : ce fut un plaisir. 
Mais j'ai une question : alors que la terre, que j'ai dû creuser à la bêche en plusieurs endroits pour ôter les racines, est riche et grasse, pas un seul lombric en vue. Serait-ce trop tôt en saison ou bien qu'ils ont été un peu trop bien éradiqués [pas par moi, zéro pesticide, tout à la mano] ?
L'Homme est un peu venu m'aider en fin de matinée. Il est toujours dans la lecture des romans de Modiano. Grâce lui soit rendue (formulation volontairement ambigüe).

Une de mes amies de l'internet a, sur Instagram, écrit ceci "Ce qui me rend doucement zinzin je crois, c'est le décalage entre notre quotidien feutré, calfeutré, ralenti, et les drames petits et grands qui se jouent chez les autres au même moment. Et je suppose que ça doit faire mal aussi dans l'autre sens, quand on va au feu de gré ou de force en sachant que pour d'autres le confinement est une parenthèse douce et bucolique. Comment faire tenir tout ça ensemble, cognitivement ? Quel sens, quelle cohésion trouver à cette histoire ?
Vous me direz, pas besoin d'un virus pour constater l'absurdité et la disparité de nos existences. Certes. Je suppose que le virus rend simplement tout ça plus aigu." suivi de liens vers des textes qu'elle a lus et appréciés.
Je ne peux qu'y souscrire. 

En France une polémique est née d'expérimentation d'un traitement ... dont l'utilisation sauvage prive dès lors, tous les patients qui en avaient vraiment besoin pour le traitement de leur maladie de celui-ci. 
En Italie on se félicite avec prudence de la baisse de rythme de l'augmentation des morts. Oui, on en est là.

 

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374 921 cas (dont : 16 411 morts et 100 927 guéris)