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16 billets

Chroniques du confinement jour 6 : première séance de Tabata (grâce à Romain Pourrat) et un chouette coup de fil

 

    Un peu d'exercice physique en ce dimanche, pendant lequel j'avais décidé de ne pas travailler ; ce qui en la période signifiait : rien pour le comité de lecture, ni pour la radio, ni de boulot administratif (s'occuper de l'absence de sous, en particulier, mais régler quelques factures) : au matin, dont le défi interne au club avec constitution d'une cagnotte pour un apéro géant quand nous serons vivants et au soir avec pour moi la première séance de Tabata grâce à Romain Pourrat, un des jeunes du club qui fera plus tard un excellent entraîneur, prof, coach.

Nous avions donc 6 exercices, des classiques pour travailler les abdos, à effectuer par séquences de 4 minutes comportants des séries 20 secondes du mouvement, 10 secondes de récup. Avec les explications, concises et efficaces, ça prenait 30 minutes en tout. Les voir à l'écran - toute la famille fait partie du club de triathlon -, faisait un bien fou. Ils sont, nous sommes, ils seront, nous serons bien vivants. 

Quant au défi interne il s'agit d'effectuer chaque jour : 

30 abdos
20 squats
10 pompes

Et nous rajouterons un mouvement de plus à chaque série chaque semaine du confinement. Si ça dure 10 ou 15 semaines j'aurais des abdos sculptés mais un peu de mal avec les pompes. 

Pas mal de lecture, aussi. Et une sieste somptueuse. Si nous ne tombons pas malades, ce qui serait une bonne surprise, vu nos vies citadines et ses trajets en transports en commun, il se peut que je sorte du confinement enfin défatiguée. Pouvoir dormir quand mon corps le réclame me fait tellement de bien. Au fond la thalassémie n'est handicapante que parce que dans la plupart des emplois on ne peut s'accorder de faire des pauses dormies de 15 à 20 minutes quand la carcasse le réclame. 

J'ai reçu un coup de fil pour mon émission de radio. Je n'ai pas le matériel, ni surtout la connexion pérenne, pour pouvoir la maintenir pendant cette période et ils souhaitent utiliser mon créneau horaire pour une antenne libre spéciale confinement, mais je devrais pouvoir y intervenir par téléphone. Cet appel m'a fait du bien au moral (merci Valentin). Mon interview de samedi a été diffusée ce matin. J'ai reçu par ses soins le lien pour télécharger l'émission.

Le travail des jours prochains sera, outre de préparer une brève intervention au sujet d'un bouquin bien à lire par ces temps particuliers, de bien nettoyer après sauvegardes et tri mon ordi des photos les plus anciennes afin de pouvoir ensuite télécharger les applis de communications collectives. Trois groupes au moins que je fréquente appellent à rejoindre se causer. Si c'est ponctuel et bien délimité dans le temps, ça peut être bien.

Je n'ai pas le cœur ce soir de relayer les infos générales sur l'épidémie. Malgré une politique en France de peu de tests faits, seulement dans certains cas, leur nombre s'envole et aussi celui des décès. Des Ephad sont atteints et ça commence une catastrophe pour les plus âgés, qui ne sera correctement chiffrée (puisque beaucoup vont mourir sans passer par la case "hôpital") que si le gouvernement souhaite nous voler, comme en 2003, un jour férié.

Nouvelles réconfortantes échangées avec les enfants. Jusqu'ici tout va bien. 

Un rituel se dessine de plus en plus nettement : sport tôt le matin, mission de la journée (jardinage, bricolage, rangement pour la maison) le matin après le petit déjeuner et les écritures du quotidien ; sieste - lecture après le déjeuner, puis du temps pour une activité effectuée sans enjeux, sport encore, un jour sur deux (merci Romain et certains jours Vivien), dîner, échanges de nouvelles avec les proches, infos et revue de presse sur RaiNews24 livetouitées ce qui en fait un bel exercice, et écriture du billet de cette chronique du confinement. Si nos santés se maintiennent et que l'approvisionnement reste possible pour l'essentiel, et que les communications continuent de fonctionner, je devrais être capable de tenir très longtemps, malgré le fort manque de "vrai" sport (faire du vélo, courir dehors, nager) et de voir celles et ceux que j'aime, famille et ami·e·s.

Il n'y a presque aucun passage sur la rue pourtant habituellement fréquentée. Je ne parviens pas à trouver ça angoissant, du moins pour l'instant. Je suis plutôt fascinée. Il m'arrive de rester un moment à écouter le silence. Et le savourer. 

J'ai répondu à une étude américaine en ligne sur la perception individuelle de la situation. Je nous sais en danger, suis sans illusion sur ce qu'il advient si ça dégénère, sais aussi que le confinement va durer, que l'après sera un combat, même si nous sommes tous les quatre dans un globalement moins pire des cas. Pour autant, d'avoir vécu depuis l'enfance dans l'imminence de ma propre mort me fait rester calme : ce risque est pour moi perpétuel et quotidien. L'épidémie précise la nature du danger et le rend plus probable et plus proche. C'est tout. Et mes lectures m'ont déjà préparée à vivre ce que nous vivons, certes par identifications à des personnages, mais il n'empêche que voilà, quand d'autres sont sous le choc, je n'éprouve qu'un terrible sense-of-deja-vu et j'ai à ma disposition tout un lot de choses auxquelles les personnages m'aident à penser. Et pour l'instant, même si tout peut voler en éclat du jour au lendemain, ça fonctionne, et plutôt bien. 

Enfin, avoir la lecture pour addiction et une bonne petite bibliothèque à disposition est une bénédiction en cas de confinement. 

 

PS : Le petit réconfort du jour : parmi les quelques CD présents en ces lieux, un best off d'Abba acheté il y a quelques années lors d'un lot de soldes au Carrefour market (je crois qu'ils liquidaient leur rayon CD en se disant que tout le monde désormais écoutait sur fichiers). Nous l'avons écouté, tout réjouis, comme sauvés. 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com

329 862 cas (dont : 14 378 morts et 97 846 guéris)


Chroniques du confinement jour 5 : une interview et du débroussaillage

 

    L'idée de se fixer une chose à faire (travail, maison ...) par jour, si possible le matin, se confirme comme une bonne règle pour tenir le cap. Pour l'instant je fais comme si je croyais à une fin de confinement fin avril. 

Donc pour ce samedi c'était Les joyeux pingouins en famille qui devaient m'interviewer. J'avais préparé en relisant certains des billets d'ici, histoire de mesurer quand j'avais évoqué l'épidémie pour les premières fois. C'est presque un peu flippant de voir comme j'avais vu venir

Capture d’écran 2020-03-21 à 23.20.33

 

 

 

 

 

J'ai eu le plaisir de causer avec Valentin et ça m'a fait du bien, même si je me suis trouvée assez moyenne. Un peu comme si j'avais déjà perdu l'habitude de parler. 

Faire ce travail et se parler un peu ensuite, c'était bien, ça m'a donné de l'énergie. 

Que j'ai pu utiliser après le déjeuner et la sieste (avec lecture) pour m'attaquer au débroussaillage du jardin. J'ai une idée derrière la tête afin que si le confinement se prolonge mon confiné puisse continuer à pratiquer son sport favori. Ces deux heures que j'ai passées dans le petit jardin (35 m² à vue de nez) de derrière m'ont fait un bien fou. Je pensais à mon père qui avait travaillé ce jardin auparavant. Et à ma grand-mère maternelle à qui nous devons toutes et tous cette maison [reconnaissance éperdue].

Tous les groupes dont je fais partie s'organisent. À tel point que je ne vais pas tarder à me retrouver en réalité comme l'Italien de la vidéo. Du moins si je conserve la bonne santé. 

Les soirées ont leur rituel finalement depuis le début du confinement, mais il se confirme qu'il en est devenu un : écriture avant et après les infos italiennes entre 23h et 0h30.

Même en confinement les journées passent trop vite. 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com

303 180 cas (dont : 12 950 morts et 91 676 guéris)


Chroniques du confinement - jour 4 : le re-montage du canapé

 

    Je me suis fixée de faire une chose utile pour la maison par jour, et donc aujourd'hui c'était le re-montage du très ancien canapé, celui que mes parents n'utilisaient même plus. Et qui vivotait démonté dans le sous-sol à la maison de Taverny. Et que je n'avais donc pas vu se faire démonter (au sens littéral), ce qui fait que j'ignorais comment procéder. 

Finalement mes souvenirs d'enfance me sont venus à la rescousse et à deux, non sans quelques efforts musculaires conséquents, nous y sommes parvenus. 

Le temps d'y parvenir, nous avions, je crois, bien oublié la pandémie. 

Des mesures se rapprochent visant à faire bosser comme des damnés les survivants dont les entreprises ou employeurs auront franchir la barre, d'autres allant dans le sens d'une restriction des déplacements (finis les "exercices physiques à proximité du domicile"). 

Du travail réapparaît à mesure que les gens s'organisent : ainsi un comité de lecture dont je fais partie annonce un report des réunions, mais demande des avis de lectures (logique) et des camarades de la radio m'ont demandé de pouvoir être jointe demain fin de matinée. Mon petit projet pour Arras n'est, c'est officiel, que suspendu. 
Je vais devoir également m'occuper de mon émission. Comme il n'était pas prévu que j'enregistre cette semaine, puisqu'avant même la décision de lockdown, j'avais prévu de venir - tiens au fait penser à tenter de me faire rembourser mon billet de train -, je crois que je ne me tracasserai qu'au moment où j'aurais dû préparer celle du prochain mercredi. 

Je suis encore la Rai ou plutôt Rai News 24 mais seulement au soir. L'augmentation du nombres des décès (627 aujourd'hui même) est terrifiant si l'on n'y pense. Les commentateurs disent que l'insouciance du dimanche 8 est en train de se faire payer, tant de gens en vadrouille. Nous (au sens : les Parisiens) avons fait pareil le dimanche 15. Le pic du danger sera donc vers le 27. 

La Chine repart, du moins dans les régions les plus atteintes au début (Wuhan par exemple). Il leur aura fallu 58 jours. On arrive ainsi au 14 mai. Comme en France nous avons mis quinze jours de trop au moins avant de prendre les mesures qui s'imposaient, on ne s'en sortira sans doute pas avant fin mai.

Belle sieste l'après-midi. 

Puis quelques choses que je devais faire : une facture EDF à régler et tenter de limiter les dégâts sur les comptes bancaires. 

Un peu de lecture enfin. Mon confiné se marre aux éclats en lisant Modiano. Je me souviens de son humour mais reste un peu perplexe quant au fait qu'il fasse ouvertement rire. 

De mauvaises nouvelles me parviennent concernant la mère d'une grande amie. Je pense à elles. 

 Je pense enfin aux gamers qui s'ils ne sont pas trop atteints, doivent vivre leur meilleure vie. 

Il pleuvait au matin. N'étant pas sortie à part au moment de la session bricolage pour aller à l'abris de jardin chercher des vis, je n'ai pas trop prêté attention par la suite. Il y a eu du vent, un peu fort, le soir. 

Je m'apprête à relire le journal d'Anne Frank.

 

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272 167 cas (dont :  11 297 morts et 87 403 guéris)
L'Italie possède désormais le triste record du nombre de morts.


Chroniques du confinement - jour 3 : Une salle de gym


    J'ai peu suivi les infos : j'étais occupée, et j'ai fait ce que je pouvais en commentant celles d'Italie, à présent la France est tout autant concernée, ce n'est qu'une question de quelques jours de décalages. 

Et d'ailleurs, l'Italie a désormais davantage de victimes que la Chine. 

La grande affaire de la journée était de s'installer un semblant de salle de gym en bas avant l'heure de la séance de PPG avec Vivien. Il s'agissait donc de descendre le vieux tapis de Taverny, celui dont les franges, désormais disparues, m'ont valu tant d'engueulades. 

Ce fut fait et à temps et j'eus même un bon moment pour faire une sieste. J'ai été en forme à la faire, cette séance. Pourvu que ça dure !

Il n'empêche que la matinée a été donnée à cette reconfiguration des lieux, un tout petit peu d'éclaircissement (propreté). 

La séance fut top, malgré un peu de laggage. 

 

Par ailleurs : le silence de la route (sans voiture ou presque, alors que passante habituellement) était impressionnant ; et des oiseaux les champs, les entendre si bien. 

En un clin d'œil il fut cette heure tardive. 

Brèves nouvelles des enfants, qui par SMS qui sur WhatsApp au cours de la journée.

Les journées filent, que ç'en est impressionnant. 

PS : Reçu trois coups de fil ce jour-ci : une grande amie, une relation de longue date et un autre du domaine professionnel. 

 

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Official Data from The World Health Oragnization via safetydectetives.com

242 714 cas (dont :  9 867 morts et 84 962 guéris)


Chroniques du confinement - jour 2 : Auto-quarantaine


    Nous sommes donc en auto-quarantaine et j'ai réussi à me faire obéir par le conjoint (trop) insouciant qui veut sans arrêt sortir faire les courses.

Pour autant et comme nous avions de bonnes chances en partant tôt de ne croiser presque personne (5 personnes + 1 cycliste + 1 autre cycliste entrevu) sur un chemin large et pratiquement désert par temps de rien de spécial (1), et que c'est explicitement autorisé, nous sommes allés courir, dûment munis de notre auto-autorisation.
Ça a vraiment fait du bien. Il faisait un temps merveilleux, et le printemps s'approche. 

Je crains que ça ne reste pas autorisé bien longtemps (2).  

Le reste de la journée est passé en un clin d'œil, ce qui advient souvent, en temps normal lorsque l'on se consacre à ce qu'on aime faire : lessive, repas (frugaux), les écritures du quotidien, réponses aux messages - particulièrement nombreux en cette période où chacun est chez soi -. 

Une sieste mais très brève car un SMS reçu m'en a sortie, et que j'étais contente de recevoir. 

Une excellente nouvelle confirmée est arrivée peu après et c'était très étrange de sentir la bouffée de joie que j'aurais dû normalement éprouver coupée dans son élan par les circonstances. Au fond, le message signifiait seulement que si je survis mon avenir s'annonce plutôt bien. Encore faut-il passer avant cela le cap de l'épidémie. 

Les gens ici, à ce que j'en vois par une des fenêtres qui donne sur le parking d'un petit supermarché, gardent leur distances et ravalent leurs saluts, sont bien disciplinés. Mais aux bribes captées de conversation et aux attitudes on devine une certaine incrédulité. 

J'ai envisagé de travailler au défrichage du jardin. 
Mais finalement n'en ai pas eu le temps (!). Beaucoup d'échanges avec les uns et les autres. Pour une fois que nous avons vraiment le temps.

Matoo a une fois de plus écrit un billet que j'aurais aimé savoir écrire. Ce qu'il dit concernant la part politique c'est exactement ce que je pense et ressens : Maison

Je maintiens le rendez-vous du soir avec Rai News 24 rassegna stampa. Le pire de l'épidémie est annoncé en Italie pour mercredi prochain. Il nous faut donc nous attendre en France à l'horreur pour fin mars / début avril. Nous n'y échapperons pas

Je maintiens à toute force, au besoin contre le sommeil, l'écriture ici.

PS : un merveilleux billet sur le blog de Couac. C'est assez beau comme toutes les blogueuses et blogueurs de qualité que je suivais se sont spontanément réactivés. 

 

 

(1) Les anciennes voies de chemin de fer 

(2) D'ailleurs en Italie, déjà des restrictions dans les zones où il y a saturation des services d'urgence. 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 

Liens vers des statistiques :

Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Oragnization via safetydectetives.com

214 894 cas (dont :  8 732 morts et 83 313 guéris)


Un peu d'humour, qui ne fera hélas sans doute rire que les confiné·e·s dans de bonnes conditions

Il se trouve que cette video m'est parvenue via Mathilde Larrere, pile au moment où avec les camarades de mon club de triathlon on était en train de s'organiser une séance de PPG pour le lendemain.

Alors, comme j'avais vraiment besoin de me détendre, j'ai ri de bon cœur.

 


Chroniques du confinement - jour 1 : Juste à temps

 

    La discussion aura duré une soirée même si elle était auparavant déjà solidement amorcée : allions-nous ou non gonfler le flux des parisiens réfugiés en leurs régions d'origine ou de résidences secondaires. Par civisme j'étais finalement plutôt contre. Sauf que c'était moi qui au départ devais venir passer là une semaine afin d'y faire des travaux dans la maison, avant de possiblement démarrer un nouveau boulot. L'épidémie avant même la mesure de confinement, ainsi qu'une étape supplémentaire de recherche d'emploi, m'ont fait perdre un billet de train, réservé pour samedi passé à l'avance. Seulement notre fille devait télétravailler et alors que partout ce sont les parents qui craquent de devoir le faire avec leurs enfants dans les pattes, dans notre cas s'était l'inverse. Quant à #LHommeDeLaMaison il ne tient pas entre quatre murs. Je l'avais déjà remarqué mais pas de façon si flagrante. Et, assez logiquement, il souhaitait donc être un reclus normand. 

Nous sommes donc partis au lendemain de la déclaration du président de la République qui annonçait une mise en place du confinement à partir de mardi 12h. Ça nous a pris un peu plus de temps mais à 14h nous étions dans la légalité. 

J'ai listé mentalement tous les petits travaux qu'il fallait entreprendre et c'était divinement agréable de pour une fois n'avoir aucune date butoir. De quoi longuement s'occuper. 

C'est très tranquillement que j'ai installé mes petites affaires. discuté avec les ami·e·s sur Twitter, téléphoné à ma sœur, ainsi qu'à une amie. Reçu aussi un coup de fil pro. 

C'est fou comme ça aurait été une bonne journée si tel n'avait pas été le contexte.
Le temps ensoleillé, y aidait. 

Pas de problème ici de files d'attentes. Nous en avons vu en revanche au passage lors du trajet. Peu de rayons vides (m'a-t-il dit qui n'a pas pu s'empêcher, contre mon avis, d'aller faire quelques courses). 

Sur l'ère d'autoroute où ils faisaient rentrer les personnes au compte-goutte y compris pour l'accès au WC, une sortie permettant une entrée, l'épidémie en cours était déjà plus pregnante.    

 


Ai-je vraiment vécu cette journée ?


    Un peu tard pour le décompte, j'ai peu suivi les informations, à part sur la Rai à l'heure où Président Macron faisait un discours confus, instaurant un confinement sans prononcer le mot, disant qu'on pouvait sortir faire un peu d'exercice physique, mais qu'il y aurait des contrôles partout. On est censé ne plus bouger à partir de mardi 12h. 

Gros débat familial au sujet de la Normandie. Notre fille souhaite être seule à l'appartement, l'Homme de la maison veut y aller - ne supporte pas d'être enfermé, là-bas on devrait pouvoir sortir marcher -. Je suis la seule à dire qu'on risque d'exporter en Province le virus parisien, même s'il y a des cas locaux (dont à la centrale de Flamanville, laquelle est en arrêt). 

Le fait est que comme il n'est pas assujetti au télétravail mais bien au chômage technique, l'obligation de connexion ne s'impose pas. Quant à moi, j'ai de belles perspectives en cas de survie. Mais pas avant la fin du confinement. 

Soirée entière consacrée à discuter pour tenter de démêler le pour du contre. 

Les "Normands" finissent par avoir raison de mes scrupules. Mes ami·e·s me disent que si l'on reste en quarantaine 14 jours, ça sera OK. Je vais tenter de faire ça, ne voir vraiment personne pendant 14 jours une fois là-bas. D'autant plus qu'il y a de quoi manger dans la maison de là-bas. Seulement lui n'en sera pas capable, et ne se croit pas porteur du virus.

En revenant de mon rendez-vous à caractère professionnel - ou je suis allée à vélo afin de ne courir ni faire courir aucun risque -, je suis passée saluer de mes plus chers ami·e·s eux à leur balcon et moi en bas. C'était un moment heureux dans un moment collectif terrifiant. 

À Paris, c'est l'exode. Ça me gêne vraiment de participer à ce mouvement ; pour autant mon séjour était prévu de bien avant - et j'ai même gaspillé un billet de train dans la bataille -, car je devais partir samedi. 

J'ai passé la fin de soirée à préparer des bagages conséquents : lectures et DVD pour 5 semaines. 

Les couillons de la pétanque, quand je suis rentrée de mon rendez-vous sérieux, ils jouaient. Alors que le club est fermé mais comme l'un d'eux est membre du bureau il détient une clef.

Le virus doit se régaler de notre imbécilité. 

Cette journée, avec du monde dans les rues tout le monde s'activant à faire ce qui était possible avant le lockdown annoncé, pour moi une bonne nouvelle individuelle, pour l'ensemble un climat de pré-apo, était totalement irréelle à traverser. 

Je me suis empressée de déposer un chèque d'un compte annexe vers notre compte principal, avant que même les banques ne ferment ; l'idée étant qu'on ne se retrouve pas avec un débit abyssal comme en novembre 2015. Sur 4 personnes adultes, nous serons donc : deux (les jeunes) en télétravail, un au chômage technique et moi au chômage tout court mais avec une perspective d'emploi pour juste après ce combat collectif contre l'épidémie. C'est sans doute assez représentatif.