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Dernier week-end avant un confinement ?

 

    Désormais chaque activité extérieure que nous entreprenons, du moins avec déplacement, est possiblement la dernière avant un temps coincé à la maison. Pour l'instant le gouvernement français pense avant tout à préserver l'économie seulement à un moment il devra tenir compte de la saturation du système de santé et de toutes façons si on laisse l'épidémie prendre ses aises, ce sont les absences des malades qui la mettront à genoux. Ils seront donc bien obligés d'imiter sinon la Chine du moins l'Italie. 

Dès lors, voilà, chaque activité à l'extérieur est possiblement une dernière fois, sinon avant de tomber malade du moins avant de devoir rester à la maison pour éviter de l'être. 

Je suis encore dans l'esprit de Che sera, sera en évitant de prendre des risques inutiles : pas de sorties en salles tassées pour l'instant, plutôt la marche à pied ou le vélo que le métro, pas de bises ni de serrer la main (et d'ailleurs, je préfère). Il me semble peu probable que nous puissions éviter d'être en contact avec le virus.  La question est plutôt de savoir si nous tomberons malades ensuite et avec quel degré de gravité. 

Pour autant notre week-end, ciné-club, petit groupe, assez de place autour de nous, grand parc, grand air, campagne, pas entassé, ne semblait pas mériter d'être supprimé. Si comme je l'espère, je décroche bientôt un travail je n'aurais plus mes samedi. 

(Inondations assez remarquables soit dit en passant. C'est une chose de l'entendre aux bulletins météo, une autre de voir un chemin faire partie intégrante du cours d'eau voisin et la vitesse folle du courant en son sein)

Peu de changement dans les comportements : on évite de se faire la bise et de se serrer la main. Ce que je trouve très avantageux en fait, je m'en passe fort bien. Je préfère que l'on se salue de loin. 

Cela dit, l'homme de la maison a croisé le maire de notre ville au matin avant de partir et ce dernier en pleine campagne électorale n'a pas pu s'empêcher de lui serrer la louche et le premier a totalement oublié qu'il fallait faire gaffe.

Au week-end des étiquettes sont apparues pour mettre les noms sur nos porte-serviettes car se sont des serviettes en tissus.
Les repas sont en plats collectifs, ce qui est convivial mais probablement pas très prophylactique.

Je me rends compte que je me frotte souvent les yeux et le nez parce que ça me démange un peu - pas spécialement ces jours-ci mais en gros : tout le temps -. Pour le lavage des mains, je l'ai toujours fait beaucoup. J'y mets simplement un peu plus de temps un peu plus de soin. 

Un ami pharmacien est présent. Fatigué. Avait envie de parler d'autre chose, saturé qu'il était. Sauf que ça n'a pas manqué, c'était inévitable. Je me suis efforcé de faire diversion en tentant de raconter des anecdotes de ma vie pas forcément drôles mais tournées en marrant.

C'est curieux : suivre avec assiduité les infos sur la Rai m'a donné comme une forme de savoir, ne serait-ce que parce qu'il y avait une foule de séquences pédagogiques et qui étaient établies en pariant sur l'intelligence du téléspectateur. 

Je n'écris pas ce que l'ami nous a dit, des choses positives et d'autres moins, qu'il n'a pas forcément envie de voir divulguées même si rien ne relevait du secret, plutôt un témoignage de son quotidien professionnel bousculé. On dira que ça s'équilibre. Des stocks de masques ont, comme c'était officiellement annoncés, été débloqués des réserves militaires et transmis aux pharmacies qui les ont distribuées aux médecins de ville qui en manquaient. J'ai aimé en avoir confirmation même si déjà des amis médecins s'en étaient publiquement réjouis.

L'un de nous a reçu un coup de fil qui lui annonçait la mise en isolation de l'EPHAD où vit sa belle-mère. Il lui a rendu visite jeudi alors que déjà les horaires étaient réduit, et une seule personne admise et pas aux repas. Mais là, ça y est, nos anciens sont reclus. Il semblerait que ça soit dans toutes les régions, par précaution et compte tenu du taux de mortalité nettement plus élevé chez les malades très âgés. 

On s'autorise encore l'humour. J'espère que ça pourra durer le plus longtemps possible car je fais partie des personnes pour qui plaisanter est une façon de faire face. 

En regardant les infos sur quelques sites de journaux installés, j'ai cru piger qu'on commençait enfin en France à tester davantage de gens. Le comptage a fait un bond. On essaie encore pour l'instant de toiletter autant que possible la présentation : Capture d’écran 2020-03-07 à 23.48.14

Ces jours-ci j'ai de nouveaux des projets d'avenir, professionnels notamment, alors j'aimerais bien disposer encore de celui-ci au moins quelques temps. Et avant tout que les jeunes s'en sortent. 

 

Lien vers le site de la santé publique en France

Liens vers des statistiques :

Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Oragnization via safetydectetives.com

105 836 cas dont 3 558 morts et 58 359 guéris 

 

 

 

 

 

 

 

 


De l'influence ou non de l'épidémie sur la vie quotidienne

    

    Je ne cherche pas à faire une chronique exhaustive, j'ai du boulot de ma vie, ne peux suivre en continue et de toutes façons je n'aurais rien à apporter de plus que ce que disent ou finissent par dire les journaux.

Seulement ce qui me marque, ce que je retiens, ce qui m'amuse (oui, c'est bien d'en rire, ça aide à se dire Tutto andrà bene). Et le concret du quotidien.

Bon an mal an les institutions s'efforcent de faire face et le libéralisme se la joue sourdine (sans doute pour mieux profiter des survivants après) face aux nécessités de solidarité. En Italie seuls les partis les plus populistes se mettent à l'écart d'une union sacré qui s'est faite, et tout en prétendant agir pour la solidarité - le propre des populismes étant de dire le contraire de ce qu'ils fond ; pourquoi s'en priveraient-ils ça marche si bien chez qui n'a pas les armes de décryptage et se trouve en détresse ou difficulté -.

Le cas grave d'un député français a été annoncé plus rapidement en Italie qu'en France. Je le savais avant d'aller dormir, il a été annoncé, et fort brièvement, par ici ce matin. Pas de mesures particulières semble-t-il pour l'instant.
Très mauvaises nouvelles épidémiologiques : des re-contaminations sont décidément possibles (encore des cas dont un au Japon) et il semblerait que ce virus combine ses propres effets dévastateurs (de SRAS) à ceux d'un HIV qui fait s'effondrer l'immunité (ou : comme la rougeole ?).  En revanche à Wuhan, pas de nouveau cas depuis 24h. Oserait-on croire au début de la fin ? 

Je me régale décidément de la chronique de Thomas Gunzig de la veille

Le marathon de Paris a été annoncé comme annulé (très tôt le matin) puis comme reporté au 18 octobre

La première annonce m'a coupé l'élan, ou du moins l'énergie que je tentais de rassembler pour aller m'entraîner nager. Comme je suis fatiguée en cette fin d'hiver, c'est la période durant laquelle, traditionnellement, je suis bien anémiée, je ne sais distinguer ce qui relève de l'épidémie, de sortes de mesures préventives que je m'appliquerais quand je le peux, ou ce qui relève ... du besoin de dormir pour récupérer, reprendre des forces, attaquer le printemps du bon pied.

Il est évident qu'alors que les jalons sportifs sautent les uns après les autres, je perds une forme de bornage qui me permettais de me dire : bon OK, là, tu dors, mais là, tu t'y mets : il faut être fin prête pour telle date.

Quelque chose en moi souhaite aussi aborder le plus en forme possible un nouveau travail : plus des pistes se précisent, plus j'ai tendance à me dire, ou mon corps à me faire comprendre : dors maintenant, tu vas bientôt avoir besoin de toute ton énergie.

Mais par exemple, est-ce que la décision prise aujourd'hui après avoir couru et parce que j'éternuais et toussotais (1) de rester à la maison plutôt que d'aller à la BNF, ne comprenait pas une part de : c'est toujours autant de risques d'économisés ? Je ne sais pas le dire, en fait. Ou plutôt : probablement que s'il n'y avait aucun risque particulier, je trouverais en moi la force de me secouer et de me dire comme dab, Fais ce qui était prévu / Ce que tu as à faire, Tu te reposeras après. 
Alors que là la petite pensée non formulée insidieuse, du "et si jamais" / risque de contagion (ou de contaminer quelqu'un si je le suis déjà tout en ne le sachant pas), fait son travail de sape. 

Pour autant je suis calme, et résignée. Je pense que nous n'y échapperons pas plus qu'à l'espèce de bronchite que nous avions tous attrapés en 1994 (année à vérifier) alors que nous rendions visite à notre amie Suzanne, tombée malade d'un seul coup, alors que nous séjournions chez elle et qui malgré les précautions élémentaires de bases prises lorsque la maladie lui était tombée dessus, nous avait toutes et tous contaminés. JF avait cru, une nuit, mourir. Et pour ma part j'avais été flanquée à plat pendant vraiment longtemps, passée l'épreuve éprouvante des heures où respirer devient l'unique travail et si douloureux - sans peur parce que j'avais tant et tant été malade enfant que je pensais m'en sortir puisque ça m'était déjà arrivé, un tel état et en remonter -).

C'est effarant de se surprendre à penser : quelle chance que soient morts tous nos vieux parents, nous serions si inquiets ! 
Seulement je dois me l'avouer, et l'homme de la maison l'a aussi exprimé, nous l'avons à un moment ou à un autre, au moins de façon diffuse, pensé. 

En attendant de savoir si nous allons nous aussi passer par la case maladie, et si partant de là nous allons nous en sortir ou plus ou moins ou pas, nous essayons d'en rire, ou d'observer les bizarreries qui surviennent.

Notre fille a reçu de la part de son employeur (qui est une sorte d'agence de placement, pas l'entreprise pour laquelle le travail s'effectue) un courrier avec les consignes de base (en gros, lavez-vous les mains et vous grattez pas le nez).

La France qui, par rapport aux pays voisins, était déjà le mauvais élève qui testait peu de cas, annonce ne plus vouloir tester que les cas déclarés et sévères

 

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Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
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101 781 cas dont 3460 morts et 55 866 guéris 

 

(1) A priori même pas un rhume, juste une réaction à l'effort dans un air pollué. Ça me le fait fréquemment.


La vie suit son cours mais comme en suspens.

       Vu avec un certain recul, journée normale et stimulante : entraînement de natation, déjeuner avec deux amis dont l'un venait de loin, trajet en banlieue pour aller passer un entretien d'embauche. Je me suis trouvée moyenne à ce dernier, notamment sur des questions qui semblaient prévues à l'avance et survenaient hors du cours de la conversation qui avait sa bonne dynamique (je pense qu'on pourrait très bien travailler ensemble) et aussi parce que j'ai oublié de me redresser. Les comportements généraux et les activités ne sont pas modifiés. Vu une bande de collègues se livrer à un afterwork qui semblait totalement hors période d'épidémie. 

 

Vu de plus près : on ne s'embrasse plus, on ne se sert plus la main (sauf à mon départ de l'entretien, les automatisme sont là), on se tient à distance - dans les transports les gens se répartissent, c'est fascinant, et te laissent passer quand tu te lèves pour descendre -. Une tendance me vient d'éviter les rassemblements. Mais ça n'est pas délibéré : la plupart du temps la raison est autre. Seulement au lieu de me battre pour qu'elle cède place à une ferme résolution de néanmoins sortir, je renonce assez facilement.

J'ai légèrement gauchi certaines de mes pratiques : davantage de lessives, nettoyage quotidien de certains objets : le téléfonino, le pass navigo, la montre de sport. Pas mal d'autres sont de bonnes pratiques quant à tout risque de contamination et qui me viennent de faire partie d'une famille de malade et d'avoir longtemps été de santé fragile à cause de la thalassémie. Dont celle de me laver fréquemment les mains. Ces jours-ci j'y mets simplement davantage de soins.

J'ai trouvé en rangeant un flacon de gel hydra-alcoolique (à quelque chose malheur est bon de constituer une famille de malades). Je m'en sers pour le nettoyage soigneux des mains en revenant d'un moment passé à l'extérieur. 

L'épidémie est de toutes les conversations, au point que si l'on croise quelqu'un au téléphone qui parle d'autres choses on se sent presque surpris.

Difficile de prévoir quoi que ce soit, quand il fut question de calendrier pour le travail éventuel, j'étais fort embarrassée : le Frenchman aura-t-il lieu ?

Un article intéressant du Monde sur la situation en Italie 

 

Rien à voir mais sur le quai du RER à Champs de Mars au retour, vu un homme qui lisait le même livre de Joseph Incardona que moi.

 

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95 120 cas dont 3254 morts et 51 156 guéris 


Journée qui ne se passe pas comme prévu, mais ça n'a sans doute pas de lien avec l'épidémie

 

    Comme j'ai pris du retard dans ma préparation de l'émission du soir, je mets les bouchées double et puis suis arrêtée en plein élan par le journal de mi-journée sur les chaînes de la Rai (entre Rai Uno et Rai News 24) que j'avais mis pour me tenir au courant le temps de manger.

Ce que je trouve intéressant, à suivre les infos italiennes plutôt que françaises, n'est pas seulement que l'épidémie y est en avance mais aussi que le pays et ses infos semblent moins verrouillés.
 
Ainsi ces deux derniers jours on voit clairement les lignes qui s'opposent : s'efforcer de rester confinés tous un bon moment pour que l'épidémie tombe plus vite faute de carburant ou au contraire tout continuer le plus possible au normal pour que les survivants le soient dans une économie la moins cassée possible. Le foot est un enjeu crucial, les décisions fluctuent au gré des décisions d'un niveau (gov, national) ou de l'autre (fédération sportive, régions).

C'est fascinant on voit les décisions en train de se prendre et d'être discutées. 

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Au bout du compte, mais je ne le saurais qu'en fin de journée, c'est confirmé, en Italie écoles à fac, tout fermé jusqu'au 15 mars dans tout le pays. Avec un réel souci de comment faire en pratique dans les familles et un aveu que tout n'est pas encore au point de ce côté là. Il est question de congés parentaux aménagés ou (inclusif) d'aide pour les frais inopinés de garde d'enfants confinés.
 
Je ne saurais en jurer mais peut-être que l'idée est aussi d'obliger le plus de personnes possibles à rester chez elles, puisqu'il faudra bien les garder les gosses et que les employeurs seront un tantinet contraints à être indulgents.

Sur ces entrefaites j'apprends parce qu'il m'envoie un message que O. ne sera pas disponible ce soir pour la régie, à cause d'une conférence à couvrir en même temps. Trop tard pour changer mon fusil d'épaules et rattraper ma soirée, je me consacre aux urgences domestiques et financières - le mois sans revenu ni indemnisation a fait mal - et de recherche d'emplois, ce qui devient très irréel dans l'ambiance actuelle : trouver du boulot puis être confinée juste après ?

 

Capture d’écran 2020-03-04 à 23.18.02

Ma fille a un ami en confinement, car il venait de Suisse où quelqu'un avec qui il a travaillé a été testé positif. Sauf qu'en France, s'il a obtenu sans problème un arrêt maladie de quarantaine et une ordonnance pour des masques (il vit en coloc), il n'a pas eu le droit d'être testé (pas tant qu'il n'a pas de symptômes) et pas pu avoir de masque car la pénurie est telle que même avec ordonnance rien n'est disponible. 

Une touitas expliquait qu'elle avait des symptômes et quelqu'un de son entourage qui avait la maladie mais que comme elle ne revenait pas des zones à risques on lui refusait le test Mais surtout, restez chez vous.

Sur Rai News 24 une envoyée spéciale à Paris évoquait le cas d'une de ses amies qui avait appelé 3 fois le 15 pour se voir à chaque fois refuser le test alors qu'elle venait d'Italie et avait tous les symptômes. 

Il me semble que la France économise sur les tests, peut-être parce qu'il en manque ou à cause de leur coût, sûrement aussi pour tenter le plus longtemps possible d'éviter l'annonce d'une bouffée épidémique. La semaine prochaine, ça sera panique à bord. 

Aux USA, ça semble pire. Et les gens qui ne se sont pas riches ou très bien assurés ne peuvent se payer le test. Tout est en place pour une méga-contagion. Ils continuent à frétiller pour leurs présidentielles comme si de rien n'était. Biden aura sans doute l'investiture démocrate. Comme l'écrivait Kozlika dommage que finalement le choix ne soit plus effectuable qu'entre deux vieux messieurs.

Le Fiston ne sait toujours pas si son voyage d'entreprise à Rome aura lieu. Son coloc enrhumé prend de soigneuses précautions, va se moucher aux toilettes, jette ses mouchoirs, se lave les mains sans arrêt, mais continue à aller bosser et n'a pas de moyen de se faire tester. Ses potes le charrient. Globalement, on se croit encore au stade où l'on peut plaisanter.

En Italie, les intervenants sur Rai News 24 osent encore manier l'humour noir, je crois que c'est l'esprit local, je l'ai aussi, mais on est à l'étape où le présentateur se sent obligé de glisser une phrase "dans le respect des malades et des gens qui souffrent", en rire permet de ne pas paniquer, c'est important de garder le moral, j'espère que vous le comprendrez, nous devons résister. En début de semaine (ou ce week-end je ne sais plus), ça vannait encore sans complexe : Pour une fois que nous sommes parmi les premiers mondiaux, il faut que ça soit pour une épidémie. 

Ma fille me dit qu'à son travail ils recouvrent les boutons de porte de films plastiques. Je suppose que c'est parce que ne disposant pas de solutions hydro-alcooliques, ils ont trouvé cette solution pour l'hygiène (si toutefois les films sont remplacés fréquemment).

Alice qui blogue pour partie pour les mêmes raisons que moi - dont d'éventuels lecteurs de longtemps plus tard, curieux de la vie à notre époque -, a écrit un billet Coronavirus. Je prends d'autant plus conscience d'à quel point mon background italien modifie ma perception des choses. En France, on est encore dans la minimisation (1). Celle-ci est toutefois atténuée par ceux des responsables qui souhaitent se couvrir afin que l'on ne puisse leur reprocher de n'avoir pas pris les mesures qu'il fallait. D'où de jolies contradictions : matchs de foot qui perdurent et courses à pied annulées. 
Nous procrastinons d'ailleurs sur nos inscriptions, risquant du coup de ne pouvoir participer à des courses qui finalement seront peut-être confirmées.

Je regarde le TG1 de 20h et tombe sur l'intervention de Giuseppe Conte. Pour la première fois depuis une ou deux éternités (j'exagère, je crois que Barack Obama m'avait fait ce coup-là du temps où il était POTUS),  je suis émue par le discours d'un politicien. J'ignore qui l'a rédigé, sans doute un travail d'équipe mais tout y est calibré au millimètre et lui fait le job, ni trop ni trop peu. Je n'aimerais pas être à sa place mais le genre de gens qui tiennent ses postes-là le fond sans doute en partie en se rêvant en charge dans des moments comme ça.

 

(1) Ne pas minimiser ne veut pas dire paniquer. De toutes façons ceux qui doivent paniquer l'ont déjà fait.

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95 120 cas dont 3254 morts et 51 156 guéris 


En rupture de stock

 

    Ma journée n'a pas changé : entraînements sportifs et préparation à la maison de l'émission de radio du lendemain. Pour l'instant les entraînements ne sont pas menacés. Il n'empêche qu'au club de triathlon nous avons reçu des consignes, visant à nous éviter de contaminer les autres si l'on a un cas de risque particulier. 

Je connais désormais deux personnes directement impactées dans leur travail : les deux prestataires extérieurs dans une entreprise du domaine du luxe, où entre réduction des achats dans le monde entier et difficultés d'approvisionnements d'accessoires, l'épidémie frappe dur.

Je m'étonnais de croiser si peu de personnes porter des masques : il se confirme que c'est probablement par pénurie. En fait le tracas  avec les masques n'est pas tant qu'en avoir pour se sentir rassurés ou peu contaminants, que de se retrouver obligés d'en porter pour pouvoir sortir et de n'en pas avoir pour cause de rupture de stocks. 

Après l'entraînement de course à pied à la piste (plus personne ne se fait la bise, ça y est), j'ai accompagné l'homme de la maison que j'ai croisé alors qu'il partait faire quelques courses au grand supermarché du grand centre commercial voisin. Tout semblait normal sauf ce panneau à l'entrée de "l'espace" parapharmacie de la galerie marchande "pas de masques ni de gels, rupture de stock" et sauf le vide absolu de certains rayons : pâtes, riz, couscous, sauces tomates industrielles, mouchoirs en papiers (je n'ai pas de liste exhaustive, pas parcouru tous les rayons) ; moins spectaculairement : yaourts, papier toilettes.  Pour autant rien de ce que nous avions prévu d'acheter, vraiment l'usuel habituel avec cette seule modification qu'au lieu de "voir petit" (1) nous avons plutôt "pris large", ne manquait. Pour certains produits tels que les mouchoirs, au lieu de prendre l'entrée de gamme dont il ne restait pas une boîte, nous avons dû prendre ceux qui étaient un peu plus chers.

Il n'y avait ni plus ni moins de fréquentation des lieux qu'un soir de semaine juste avant la fermeture habituel.

L'épidémie occupe beaucoup les conversations, les nôtres mais celles des gens que nous croisons, certain·e·s au téléphone. En revanche tout ce qui relève des activités quotidiennes : écoles, sports, travail se poursuit. 

Une amie et un groupe d'amis à elle ont un voyage prévu de longue date en Asie (pas en Chine) et ont prévu de s'y rendre même si les trajets en avion leur ont été compliqués.

Le fiston a un séminaire de son entreprise prévu à Rome et qui pour l'instant n'est pas annulé. Mais la question est solidement posée. 

J'hésite à m'inscrire à l'une ou l'autre compétition de course à pied ; non par crainte de contagion, mais par crainte d'annulation. 

En Italie des mesures sont renforcées (report de compétitions sportives), d'autres assouplies et des recommandations fermes sont diffusées à une fréquence soutenue. Pour la première fois avec des conditions d'âge : si vous avez plus de 75 ans ou plus de 65 ans avec des problèmes de santé, restez chez vous, limitez vos sorties. Des conseils aux familles : n'allez pas rendre visite à vis anciens (anziani) vous risquez de leur apporter le virus et eux d'en mourir. 
(en gros : les vieux doivent rester tous seuls chez eux ;-) :-( )
Ne sortez pas si vous avez de la fièvre.

Invité de la "rasegna stampa" de 23h15, un sociologue, Giuseppe Tipaldo, soulignait l'écart entre le discours général sur les moyens modernes de communication et le fait que soudain quand il s'agit de les utiliser vraiment (télétravail et cours à distance) il semblerait que ça soit la catastrophe. 

Il est quand même aux journaux télévisés questions aussi d'autres choses comme la situations des réfugiés qui se Syrie tentent désespérement de passer en Grèce. Il y a eu une conférence de presse avec des intervenants responsables au niveau européen, et elle a été couverte avec du direct et des sujets assez longs. 

Il se fait tard, je dois dormir. J'espère n'avoir rien oublié d'essentiel.

 

 

Liens vers des statistiques :

Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
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92 828 cas dont 3160 morts et 48 229 guéris 

 

(1) Notre trésorerie familiale est rarement glorieuse, nous habitons près ; pour une raison qui m'échappe, l'Homme adore aller faire les courses. Résultat : en général on n'achète que le strict nécessaire et il y retourne dès qu'il manque quelque chose dont on a marre de se passer.

Par ailleurs j'effectue les courses de frais, sauf le pain qui est plutôt de son ressort et que nous achetons toujours frais, en boulangerie. Et pas mal de courses pour l'approvisionnement de fond. Ainsi nous avons, sauf mois de dèche particulière, environ une quinzaine de jours de nourriture disponible, et des produits de première nécessité, des piles, des bougies, j'y veille à toute époque, indépendamment de l'actualité. 


Un reportage d'Arte sur le confinement en Chine

J'étais sur Youtube en train de rechercher la meilleure version d'un vieux succès de Jean-Louis Aubert lorsqu'en video de suite, le site (dont l'algorithme me laisse toujours aussi perplexe, et me piège assez facilement, sans doute en raison de ma curiosité pour les documentaires, et les reportages sportifs) m'a proposé cette video. Je suis restée scotchée. Est-ce ce qui nous attend ?

Marcher à travers la ville, par temps d'épidémie

Capture d’écran 2020-03-02 à 14.49.38

 

 

Ce qui était prévu : aller chez le coiffeur, un déjeuner entre amies, puis une après-midi studieuse à la BNF.

Seulement chez l'amie, ils avaient le rhume ou étaient grippés du coup elle a préféré reporter, par précaution personnelle, mais aussi parce qu'un bébé aurait dû être laissé chez l'assistante maternelle malgré tout et que par les temps qui courent la prudence est raisonnable.

Un des colocs du Fiston l'est aussi. Ils en plaisantent mais l'épidémie de #Covid_19 laisse une amertume, une écume d'inquiétude. Quoi qu'il advienne on y pense.

Du fait du déjeuner qui n'avait plus lieu, j'ai reporté la BNF aussi, car elle n'ouvrait qu'à 14h et qu'aurais-je fait en attendant, et je suis rentrée de chez le coiffeur à pied.

Traversant Paris sous une petite pluie (1), un trajet Sud - Nord sur environ cinq kilomètres, j'ai pu constater de visu  la forte diminution de fréquentation touristique. Un seul groupe de touristes en troupe, asiatiques. Un seul groupe de jeunes en voyage probablement scolaire. Et pourtant j'ai traversé la cour carrée du Louvre et celle de la pyramide, là où habituellement on en croise tant et plus. Malgré la pluie et un panneau annonçant que l'ouverture était incertaine et qu'ils étaient ainsi bien moins nombreux que dab, des gens faisaient la file d'attente à l'entrée du grand musée, sous des parapluies, patiemment. 

À part en cet endroit, c'était impressionnant d'à quel point la ville semblait vide par rapport à son ordinaire de groupes avec guides et cars touristiques. On se serait cru de retour dans les années 80.

Je n'ai croisé que quatre personnes portant un masque sur le visage, dont deux asiatiques, peut-être des Japonaises. L'absence de touristes en voyages organisés et donc de touristes venus d'Asie, combiné au fait que soit il y a pénurie de masques en France, soit ils sont d'un seul coup devenus très chers, soit les personnes n'ont pas peur tant que ça de la contagion, fait que l'on voit moins de personnes avec masques qu'à l'ordinaire. Il me semble qu'en temps normal, un nombre certain de Japonais·e·s mettent un masque en ville systématiquement. 
Personnellement, je n'ai pas encore tenté de nous en procurer. Nous ne sommes pour l'instant pas malades, donc peu de risque de contaminer d'autres personnes, et nous savons que les masques courants ne protègent guère de l'infection. J'avoue que s'ils s'avéraient nécessaires, ça ne me choquerait pas que soit organisées des distributions.

Alors que je longeais un chantier comportant une part de ravalement, une équipe de grimpeurs, harnachés de baudrier et qui arrivait à pied d'œuvre saluait un responsable costume-cravaté : "Je ne vous sers pas la main" dit celle qui semblait les mener (sur un ton de "C'est la consigne") et l'homme répondait : "Bien sûr, bonjour". Plus tard, une video que j'ai trouvée sympa, concernant Angela Merkel, circulera. https://twitter.com/Conflits_FR/status/1234596113170255872.

Sinon, les personnes à l'allure de non-touristes semblaient vaquer à leurs occupations habituelles, toutes les boutiques ouvertes le lundi habituellement l'étaient. J'ai moi-même effectué quelques courses en passant dont certaines alimentaires chez un traiteur asiatique (cuisine de différents pays), vers la gare Satin Lazare, et qui avait peut-être un tout petit peu moins de clients à cette heure qu'avant l'épidémie mais ça n'était pas flagrant, petite file d'attente.

Il y a moins de personnes pour faire la manche. Sans doute parce qu'il y a nettement moins de touristes et donc les spots sont moins attractifs. Y aurait-il une part de crainte de la contagion ? Comment le savoir ? Poser la question à ceux qui sont là revient à la poser à ceux qui n'ont pas peur, ou pas trop.

J'ai effectué mes trajets sans emprunter la ligne 13 qui était pourtant une possibilité. Rétrospectivement je me suis demandée si je n'avais pas ainsi souhaité inconsciemment me garder d'un trajet à fort risque de contamination, parce qu'on y est trop entassés. 

En passant devant un kiosque de la gare : les titres des journaux comportaient pour plusieurs le mot "pression" appliqué à des choses différentes, "contagion" aussi, évidemment. Ils étaient globalement anxiogènes, visiblement pas de consigne générale pour rassurer à tout prix. 

Les files d'attentes de début de mois pour le pass Navigo étaient les mêmes qu'à l'ordinaire, m'a-t-il semblé.

Plutôt que paniquer, on plaisante. J'ai ainsi passé une partie de la soirée à rire de l'humour noir de l'ensemble de ma TL au sujet du #Covid-19.

 

 

 

Personnellement, mon état d'esprit est exactement celui-ci : 

Je ne sais si ça durera. Je pense qu'on peut soudain changer de point de vue et d'attitude si l'on est soi-même directement concerné (malade ou un proche malade). Soulagement triste de n'avoir plus ni de mon côté ni de celui de mon conjoint de vieux parents pour la santé desquels on se préoccuperait avec plein d'états d'âmes : aller les voir signifierait risquer de les contaminer, ne pas y aller, les délaisser. Nous sommes donc tranquilles au moins de ce côté-là, tout en ayant l'illusion à une petite poignée d'années près de ne pas tout à fait faire partie des zones d'âges à risques.

 

(1) J'aime, s'il ne fait pas trop froid et que la pluie n'est pas trop violente, être dehors quand il pleut. Je trouve que c'est là qu'on respire le mieux.

PS : Le salon de coiffure a été entièrement refait et n'y travaillait pas celui qui mettait la bonne ambiance. Je préférais le petit salon d'autrefois aux miroirs dépareillés (ce n'était déjà plus le cas après le réaménagement n-1), d'autant plus qu'à présent une de ces horreurs d'écrans publicitaires, qui surtout sont une aberration écologique, obstrue la moitié de la vitrine. Au moins de l'intérieur on ne voit pas les réclames. Juste un grand panneau tout noir.


Un dimanche encore normal, mais ça commence à devenir restreint

 

    Comme j'avais raté mon inscription au semi-marathon de Paris, je suis parvenue assez bien à oublier que l'épidémie commençait à avoir une influence sur nos vies.

Nous sommes allées courir, une boucle habituelle d'environ 11 km qui part de chez nous. Et pour dîner au restaurant à la demande de notre fille qui tenait à sortir.

Une vie encore normale. Sans inquiétude particulière pour le fait d'aller au restau, du moins l'un de ceux où l'on va à pied et qui comporte de la place entre les tables, on ne s'y sent pas confinés. 

Pour autant : 

 - L'ami croisé pendant l'entraînement et qui est médecin m'a rappelé qu'il ne fallait plus se faire la bise ; il est le premier de ma connaissance à mettre en garde et s'abstenir ;  

 - À part une autre table que la nôtre, le restaurant, qui est grand, ne comportait pas d'autres clients ; or nous sommes certes un dimanche soir mais bien un début de mois. 

 - En regardant la Rai News 24 en fin de soirée, j'ai appris que le Louvre avait été fermé (salariés exerçant leur droit de retrait) ; sur Twitter j'ai appris que le salon du livre était finalement annulé. 

 - Notre fille a un de ses amis qui revenait de Suisse où il fut pour son travail qui a été averti par les autorités de ce pays parce qu'un des présents à une des réunions avait entre-temps déclaré la maladie. Ils lui ont demandé d'observer, en l'absence de symptômes une quarantaine de 14 jours. Quand il a précisé qu'en fait il n'était plus sur place ils lui ont dit, alors ça n'est pas de notre ressort, vous pouvez faire comme vous voulez, mais sachez qu'il est recommandé de le faire et de surveiller deux fois par jour une éventuelle montée de fièvre. Du coup celui qui est concerné a renoncé à sortir ce week-end et s'apprête à faire autant que possible du télétravail. 

 - L'écrivain Luis Sepulveda est atteint. 

 - L'apparition d'une "zona gialla" 

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En à peine plus d'une semaine, nous sommes passés de : Il y a une épidémie grave et importante mais elle concerne surtout la Chine et quelques pays lointains ainsi que part ici une poignée de cas qui s'expliquent à : nous connaissons personnellement des gens concernés par les mesures de quarantaine, des événements auxquels nous devions participer sont annulés, nos gestes quotidiens commencent à être modifiés (1).

Aux JT de la Rai News 24 les seules informations autres que celles concernant l'épidémie et qui surnageaient étaient la situation catastrophique à la frontière entre la Turquie et la Grèce : Erdogan ayant laissé filer tous les Syriens qui voulaient passer, et la mort à Naples d'un jeune de 15 ou 16 ans qui a voulu braquer quelqu'un mais a mal choisi sa victime : un policier en civil qui comme l'ado semblait armé (si j'ai bien pigé : une arme factice mais faite pour faire croire à une vraie) a tiré. Le jeune a été embarqué aux urgences dans un état critique, y est mort malgré les efforts des médecins et de colère sa famille et ses proches ont mis les urgences de l'hôpital à sac. Les images des dégâts étaient impressionnantes. Une tornade n'aurait pas fait pire. 

Le reste, tout le reste, concernait l'épidémie.

 

Liens vers des statistiques :

Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Oragnization via safetydectetives.com

88 371 cas dont 2996 morts et 42716 guéris 
Il y a plus de cas désormais en Italie qu'en Iran.

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La France a dépassé les 130 cas. Libé titre que la bascule en phase 3 n'est plus qu'une question de jours.
Pour une raison qui semble sans éclaircissements à ce soir, la commune de Crépy en Valois est particulièrement touchée (son maire vient d'annoncer qu'il est lui-même atteint). On assiste ainsi à l'apparition de "clusters", signe à mon sens qu'une pandémie est à l'œuvre. 

(et vraiment, pourquoi faut-il que des cas dont la traçabilité n'est pas évidente à établir soient dans les Codogno ou Crépy en Valois ?)

Un article de Frédéric Lemaître dans Le Monde , parle des conséquences de vie quotidienne sur les populations en Chine. C'est peut-être ce qui nous attend.

 

(1) pour la plupart des précautions énoncées je les suis déjà en temps normal. J'ai pour l'instant simplement modifié de me laver les mains avec un peu plus de soin quand je rentre de l'extérieur, me changer en rentrant, laver plus fréquemment.