Cahier du jour, confinement 2 jour 14 : Décès de Nelly Kaplan
Cahier du jour, confinement 2 jour 16 : Welcome to [les effets de] Tabata (et puis : 57 !)

Cahier du jour, confinement 2 jour 15 : un anniversaire inhabituel pour l'amie concernée (et accessoirement un objet retrouvé)

(venerdi)

Tout d'abord ce texte de la chronique de François Morel. Je le découvre aujourd'hui grâce à une camarade du cercle de lecture de l'Attrape-Cœurs, ma librairie habituelle à laquelle pour cause de limitation à un kilomètre des déplacements et qu'il y en a au moins deux qui nous séparent, je ne peux aller en ce moment, pas même rechercher un livre que j'aurais au préalable commandé. Pas étonnant que vu d'Allemagne la France semble un autoritaire Absurdistan. Nous devrions au moins pouvoir conserver un accès à la nature, un droit aux activités de plein air puisque la contamination ne s'effectue pas ainsi, si l'on garde le masque quand c'est possible (i.e. par pour les entraînements sportifs) et ses distances aussi.

 

Quant au texte, j'espère que ça ne pose pas de problème de le partager.


« Je me souviens, le premier confinement, je ne l’avais pas mal pris. Il avait fait beau, on mangeait dehors. Je dinais à heure fixe, ça me changeait. Je réussissais à perdre du poids. J’écrivais. J’ai travaillé mais de manière différente. J’ai regardé des séries. Et puis surtout, j’ai profité de mes proches. Ce fut une parenthèse pas désagréable. Tous les soirs à 20h, comme tout le monde, j’applaudissais le personnel hospitalier. Je me disais que ce n’était pas si mal un pays qui, plutôt que son économie, privilégiait notamment la vie de ses vieux.
Le deuxième confinement, j’ai moins aimé. D’abord, plutôt que vers le printemps, on allait vers l’hiver. On était un peu démoralisé. On se demandait combien de temps ça allait durer, s’ils allaient bientôt réussir à trouver un vaccin. Le soir, à 20h, on n’applaudissait personne. C’est pas quand on met les radiateurs qu’on va ouvrir les fenêtres en grand.
Le troisième confinement, c’est là que la vente des chiens a explosé. C’était encore le meilleur moyen de justifier les promenades en ville. Ceux qui n’avaient pas les moyens de s’acheter un chien s’achetaient juste une laisse. Quand ils croisaient des gendarmes, ils se mettaient à courir la laisse à la main en criant Sultan ! Sultan ! Reviens ! Reviens Sultan, reviens !
Le quatrième confinement, c’était l’anniversaire de la mort de Samuel Paty. Certains ont eu l’idée, (ça partait d’une bonne intention), d’applaudir tous les soirs à 20H les professeurs des écoles, des collèges, des lycées. Ça a fait des polémiques. Certains ont pensé que ça pouvait passer pour une provocation.
Le cinquième confinement, je ne m’en souviens plus trop. Je crois que j’ai commencé à boire le premier jour et je suis resté torché pendant les six semaines. Je buvais. Parfois, je vomissais pour faire de la place. Puis je rebuvais…
C’est surtout à partir du sixième confinement que j’ai repris du poids.
Je me souviens que entre le septième et le huitième confinement, je ne suis même pas sorti de chez moi, j’avais perdu l’habitude.
Pendant le neuvième confinement, en ouvrant la fenêtre, j’ai le voisin d’en face qui travaille dans le BTP qui m’a crié "Vu votre nouvelle silhouette, vous devriez peut-être faire élargir vos portes au cas où vous auriez envie de ressortir de chez vous entre les deux prochains confinements. De quoi je m’occupe ?" j’ai répondu en refermant la fenêtre.
Le dix-septième confinement, je me souviens, on a regardé plein de films, des vieux trucs, des comédies sentimentales. Les enfants étaient quand même étonnés, ils ne comprenaient pas quand ça finissait bien, pourquoi le monsieur et la dame, se sentaient obligés de se frotter la bouche l’une contre l’autre, parfois même de sortir la langue en guise de contentement ? "C’est dégueulasse, ils disaient, c’est pas hygiénique et puis ça sert à rien…"
On ne leur répondait pas trop, on avait peur de passer pour des parias, on avait de la nostalgie…
Voilà. J’arrive bientôt à mon vingt-troisième confinement. D’une certaine manière, ça passe vite la vie confinée quand on est dans la torpeur.
Pour les jeunes, on est des dinosaures. Ils nous demandent "Mais avant quand ça n’existait pas les confinements, qu’est-ce que vous pouviez bien faire toute la journée à traîner dehors ? Et pourquoi vous étiez obligés d’être en présentiel pour prendre un apéro avec des potes alors qu’avec Zoom c’est tellement plus pratique ?"
On fait comme si on n’entend pas.
On attend la nuit pour pouvoir faire des rêves de baisers, de poignées de mains, d'étreintes, de terrasses, de cinémas, de théâtres. Nos rêves d’aujourd’hui, c’était le quotidien d’hier...»
François Morel

J'ai reçu l'agenda 2021 que j'avais commandé, pas sur Truczone mais néanmoins pas en librairie - c'est un modèle que souvent en tant que libraire on a comme petit cadeau d'avant la fin d'année, histoire de motiver les troupes  -.  À la guerre comme à la guerre et je suppose que j'ai rendu service à quelqu'un. Il n'empêche j'ai l'impression de trahir mes amies, mais je ne pouvais attendre. 
En effet, et malgré les incertitudes absolues du moment, la vie administrative, professionnelle et les espoirs de reprise de vie sportive, nécessitent dès à présent l'usage d'un agenda pour l'année à venir. Le premier objectif étant de parvenir jusqu'à son début vivants.

C'est curieux, en Italie la veille au soir aux infos sur la Rai News 24, il était question de débuts de vaccination en Italie dès janvier. Ça n'était pas même annoncé au conditionnel, tout juste était-il précisé que les personnes considérées comme à risques et les soignant·e·s auraient priorité. 
En France ce matin, sur une radio du service publique, on entend ceci, concernant le même sujet, intervention pédagogique et qui me semble bien expliquer les différents niveaux d'incertitudes même si l'espoir y est. Il n'empêche, je ne peux me départir de l'impression que si l'Italie est clairement trop optimiste - l'idée étant que voyant le bout du tunnel les gens s'abstiennent de trop s'agglutiner pour les sacro-saintes fêtes de fin d'année -, on serait peut-être en France déjà en train de préparer le terrain pour un retard dans le début des vaccinations une fois le ou les vaccins mis au point. J'espère me gourer.

La rubrique Memories de FB me remet sous les yeux un texte écrit il y a douze ans. Je me demande s'il en reste d'autres. Et me rends compte qu'à cette occasion les notes et status ne sont plus disponibles en lecture générale, on n'y a plus accès qu'en ayant l'adresse précise avec le numéro de leur enregistrement. J'ignore si c'est une anomalie passagère ou un sacrifice des archives personnelles à l'occasion du changement général récent de présentation. Dommage, j'aimais bien y retrouver des souvenirs de la période 2008 / 2013, celle de ma vie où j'ai sans doute été moi-même comme rarement, et relativement en forme dans l'épuisement.
Sinon, ça n'est pas si grave, on sait bien que les plateformes sont là pour gagner de l'argent et que nous en sommes les produits tout autant que la marchandise. Il n'y a de durée (et encore, des risques existent perpétuellement) que là où nous payons. 

Étrange année : c'est l'anniversaire d'une amie qui compte beaucoup pour moi seulement elle est seule confinée dans son coin (le boulot de son bien-aîmé n'étant pas des masses télétravaillable en ce moment) et nous vers Paris. Bien sûr les moyens modernes de communication atténuent les distances et l'isolation. Il n'empêche, souvenirs des années précédentes lorsque nous avions fêté ça dignement. 
Quelqu'un est parvenu à lui faire livrer des fleurs. C'est tant mieux mais mon étonnement est significatif d'un confinement 2 tellement bizarre, tellement incohérent.  

Sinon, en résumé : 

Avoir pris mon petit déjeuner relativement tôt, JF étant aller chercher du pain frais avant d'aller travailler.
Quelques petites écritures quotidiennes le matin et quelques écoutes et retrouvailles de texte.
Rangements.
Déjeuner avec JF, ça aura fait une chouette semaine de se revoir le midi.
 sieste
À force de rangements, je retrouve mon pass Navigo tombé à l'intérieur d'une pochette de dossier d'inscription au Club Med Gym. Avant la douche et le dîner, je parviens à terminer le rangement de tout ce qui se trouvait dans l'alcove du meuble d'Éliane. 
Mais avant ça, Tabata, dur, je m'étais bien rouillée depuis le confinement 1 et avec ces entraînements qui avaient à peine repris qu'ils ont dû cesser. En attendant, ça fait du bien.
Une soirée, ça alors, à la maison et qui passe bien trop vite.

J'ai retrouvé ceci :
Efd5a325-82ee-45ef-ae06-dd41b551d3fc

j'avais oublié que le H1N1 avait été considéré comme un péril suffisant pour nous valoir courrier nominatif et campagne spécifique de vaccination. 

 
 
updated: November 13, 2020, 23:18 GMT
53 717 443 cas (dont : 1 308 426 morts (249 919 morts aux USA, soit 753 morts / 1 M d'hab) et 37 477 310 guéris
France :  + 23 794 nouveaux cas et 932 morts et 43 892 morts depuis le début de l'épidémie, soit 672 / 1 M d'habitants
Italie : + 40 902 nouveaux cas et 550 morts 
Belgique : + 5 002 nouveaux cas et 133 morts
 
Trump continue à ne pas reconnaître la victoire de Biden mais dans une conférence de presse qu'il a donnée au sujet du Covid_19 il s'est un peu trahi (ou alors c'était une habile manœuvre, avec lui, toujours le doute que la folie soit jouée pour manipuler les abrutis). La défaite lui a déblondi les cheveux, ce que Pete Souza n'a pas manqué de souligner (ce fou-rire, en ce moment, il m'en faut peu).
 
Pour se remonter le moral : 
L'Auberge des blogueurs c'est fini, mais ça reste libre à lire.

 

 

 

Commentaires