Cahier du jour, confinement 2 jour 13 : promenade au cimetière
Cahier du jour, confinement 2 jour 15 : un anniversaire inhabituel pour l'amie concernée (et accessoirement un objet retrouvé)

Cahier du jour, confinement 2 jour 14 : Décès de Nelly Kaplan

(giovedi)

    Un bon petit déjeuner avec croissant (JF étant allé chercher du pain frais)
Être descendue uniquement chercher un courrier pour Le Fiston qui devait être signé (des choses bancaires, I presume)
Une matinée consacrée aux petites écritures du quotidien et à glaner des informations (par exemple ceci ; c'est un plaisir des congés de pouvoir satisfaire ses curiosités) et de lire des billets de blog.

Ce billet particulier chez David Madore soulève chez moi un profond intérêt (les autres aussi plus mathématiques et passionnants, je ne veux pas dire), un peu de la même façon que l'avaient fait les échanges après la question de Le libraire se cache : ce deuxième confinement qui n'en est pas vraiment un et dont les mesures sont totalement illogiques par rapport à la lutte réelle contre une pandémie, est totalement différent selon les emplois des gens (ou leur absence) et leurs situations. 
Nous nous rejoignons largement sur l'analyse de la situation en partant d'une perception individuelle des choses qui est aux antipodes ou presque (ne pouvoir aller en forêt est pour moi aussi une souffrance) : je ne me sens pas emprisonnée à devoir rester chez moi, c'est la vie de personne qui doit louer ses heures pour la gagner qui m'enferme, qui m'enfermait moins lorsque j'étais libraire du moins lors de la plupart de mes contrats, qui m'enferme à nouveau dans une sorte de réquisition consentie, un peu comme certains pacifistes ont pu s'enrôler volontairement durant la seconde guerre mondiale, le péril étant si grand ne pas participer à la lutte semblait impossible moralement. 

D'autre part je n'ai pas de peur particulière tout en étant lucide face au risque qui nous pend au nez de tomber malade et d'en mourir. Ça vient de ma santé fragile d'enfant qui pensait qu'elle n'atteindrait jamais l'âge adulte, y est parvenue, et considère chaque année vécue comme un bonus inouï. Si j'ai une crainte, et d'ailleurs plus pour mes proches que pour moi, c'est plutôt celle de la mort de terrifiante solitude et par ne plus pouvoir respirer que peut entraîner cette maladie d'en ce moment. Tout au long d'années où j'ai accompagné des proches (famille ou ami·e·s) comme je le pouvais, j'ai appris à me préparer mentalement à ce que la fin soit douloureuse et moche. Et je sais que ça ne suffira pas forcément à être capable de l'endurer sans trop se déliter, du soi-même que l'on est.
Je crains, avec la raison, les conséquences, peut-être imminentes, peut-être dans longtemps - je me méfie d'une ironie du sort qui ferait de nous des dernières victimes avant que cette épidémie là ne diminue ; et d'ailleurs aurons-nous une trêve entre celle-là et la ou les suivantes du même acabit ? - de la pandémie, mais n'en ai pas peur, pas de panique. Je prends sans illusion toutes les précautions raisonnables qui sont à ma portée - mais j'aimerais quand même pouvoir librement pratiquer au moins la course à pied -.

Je trouve très intéressant l'échange de ressenti et comme ça nous permet d'élargir la question. Si David Madore ne témoignait pas, ainsi que d'autres ici ou là, je n'aurais pas la moindre idée que le confinement puisse être insupportable (en dehors de familles nombreuses avec enfants coincées dans de trop petits appartements) ; mon entourage est majoritairement constitué de personnes pour lesquelles l'enjeux est d'avoir un travail rémunéré / n'en avoir pas et être obligé·e·s d'y aller / pouvoir en être dispensé·e·s si l'on en a. Pour le reste, c'est plutôt : bah, on n'est pas si mal chez soi. 
C'est quelque chose de formidable avec les réseaux sociaux, que la part violente et le mauvais usage qu'en font certains tend à faire oublier : pouvoir échanger ou au moins lire des personnes qui sont dans des situations totalement différentes de la notre et tenter de (se) comprendre. 

Matoo (oui, j'avais du retard de lecture), pense exactement comme moi au sujet de l'avenir de l'humanité. De son billet il n'y a que le triptyque que je pourrais modifier, jouir n'étant plus trop, à mon âge d'actualité. J'aimerais le remplacer par progresser en pensant au sport en priorité. 

Ces jours-ci qui sont de congés que j'avais posés d'avant et que j'ai souhaité conserver, j'apprécie d'être à la maison non seulement sans obligations de sortir mais avec la recommandation de ne pas. J'hiberne, je (re)prends des forces. 


Parcourir le journal qui venait d'arriver (c'est quand même ça : il aura fallu une épidémie pour me faire consentir à m'abonner) et regarder un vieux "The famous five"
Un déjeuner en présence de JF, une sieste puis ranger : j'ai terminé l'alcove du meuble d'Éliane, qui comportait des strates de papiers remontant à 2003. Un pass navigo est réapparu mais c'était le précédent.

J'ai retrouvé une carte postale de 1964, envoyée de Béziers à mes parents par quelqu'un dont je ne sais déchiffrer la signature. J'ignore ce qu'elle faisait, isolée, loin des documents rapportés de la maison de mes parents lorsque j'avais fait le travail de la vider.

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Retrouvé également des billets de transports datant de notre séjour à Prague au printemps 1998. 
10 FR suisse 
et 5 €, au moins je n'ai pas trié pour rien.
 
Ce que l'épidémie change, par exemple, c'est cela : 
une fois fini ce travail et alors que je retournais prendre des nouvelles du monde et de mes ami·e·s, c'est une triste nouvelle qui m'attendait, celle du décès de Nelly Kaplan que j'eus comme cliente régulière à Livre Sterling et que j'appréciais beaucoup. Covid_19.
Au passage j'apprends à retardement le décès de Claude Makovski, mort en août dernier de la maladie de Parkinson. Je suis d'une certaine façon moins surprise ou moins peinée : ces deux là ne pouvaient se survive l'un à l'autre bien longtemps. Je me demande ce que Valérie à qui j'avais succédé à la librairie et qui travaillait pour eux est devenue. 

L'énergie que j'avais retrouvée pour pouvoir ranger, m'a quittée d'un coup. 
 
 
updated: November 12, 2020, 23:48 GMT
53 059 670 cas (dont : 1 298 448 morts (248 487 morts aux USA, soit 749 morts / 1 M d'hab) et 37 160 573 guéris
France :  + 33 172 nouveaux cas et 425 morts et 42 960 morts depuis le début de l'épidémie, soit 658 / 1 M d'habitants
Italie : + 37 978 nouveaux cas et 636 morts 
Belgique : + 7 916 nouveaux cas et 197 morts
 
Le début de la vaccination est annoncé en Italie pour janvier. Ça me paraît surprenant, si tôt.
En France, le gouvernement prolonge l'actuel bizarre confinement - je m'attendais si peu à une nouvelle annonce que j'avais oublié qu'il devait y en avoir une (par Jean Castex, le premier ministre) -.
Le Pape a téléphoné à Joe Biden, les heures de Trump en tant que POTUS sont comptées. ;-) 
 
Pour se remonter le moral : 
L'Auberge des blogueurs c'est fini, mais ça reste libre à lire.

 

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