Ta montre de sport rançonnée (si l'on peut dire)
Cahier du jour, déconfinement jour 49 : l'air de rien une journée confinée

Droit à l'image : des questions

 

    Je me suis retrouvée cette après-midi pour une raison de voisinage de mon lieu de travail avec un autre lieu, à regarder des documentaires concernant le droit à l'image pour la photographie de rue. C'est un sujet qui m'intéresse étant donné que même si je ne commercialise rien, et m'efforce de ne rien publier sans l'acquiescement des gens (1), je ne sais plus ce qu'on peut faire ou pas et au concret du quotidien j'ai un peu tout croisé : des personnes qui se mettent en colère alors qu'on ne les photographiait même pas (voire : que le fait qu'elles déboulent soudain nous gâchait la photo), à celles qui réclamait et d'être photographiées et de se voir quelque part. Et j'ai perdu une amie proche du fait qu'elle savait que j'avais les outils pour éventuellement mettre en ligne des photos où elle figurerait (2).

Le plus récent article en termes non purement juridiques, que j'ai trouvé est celui-ci. Et j'en retiens ceci : "Il est licite de prendre des photographies, dans un lieu public, de plusieurs personnes identifiables. L’autorisation ne devient nécessaire que lorsque l’image de la personne est isolée, prise pour elle-même [...]".
J'ai trouvé également un documentaire québecois de 2004, résolument du côté des photographes. On y voit au passage Willy Ronis, très classe (3).

Je n'ai pas personnellement d'avis. Au delà du cas des gens qui espèrent un gain d'argent facile en réclamant dédommagement, et, à l'opposé, de certains cas où des profits ont été tirés de l'image des gens sans leur accord, je sais pour avoir eu quelques emplois où il fallait faire gaffe, qu'on peut avoir des ennuis du simple fait de figurer sur une photo qui a circulé du simple fait que c'est mal vu. Alors je peux aussi comprendre le point de vue de personnes qui ne veulent pas que leur image circule, même si aux yeux de qui l'a saisie elle semble anodine et peu compromettante. 

 

 

(1) Il m'est arrivé assez souvent, du temps de Fotolog d'y publier des photos à leur demande.
(2) C'était si étrange de se voir reprocher non seulement une intention mais en plus une intention que l'on n'avait pas eue, qui n'avait même jamais effleuré. Ça n'était pas quelqu'un qui avait de la notoriété, ce qui aurait pu expliquer qu'elle tenait à pouvoir monnayer par ailleurs son droit à l'image. J'ai supposé à l'époque que comme elle était prof et que c'était le temps de l'explosion de l'usage des réseaux sociaux avec des élèves qui abusaient de cette toute nouvelle liberté non encore bornée, qu'elle avait soit été victime d'un agissement irrespectueux, soit craignait que ses élèves puissent trouver sa trace. Dans l'un ou l'autre cas, pourquoi m'avoir écrit pour me reprocher vertement d'être de ces personnes qui risquaient de mettre en ligne une photo où elle figurait, plutôt que de m'avoir calmement demandé S'il te plaît ne mets jamais de photo de moi en ligne - auquel cas j'aurais répondu que je n'en avais pas l'intention - ? 
(3) et aussi un homme qui depuis a hélas mal tourné, comme atteint d'une forme de délire de la persécution ; à l'époque il ne semblait pas raciste ni fou

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