Chroniques du déconfinement jour 2 : reprise partielle, journée active
Chroniques du déconfinement jour 4 : Vélo - boulot

Chroniques du déconfinement jour 3 : Premier jour du nouveau travail

Déconfinement officiel 1 jour 30 

    

Fullsizeoutput_1b3b   Il ne faut pas plus d'une journée en mode vélo - boulot - dodo, qui plus est dans le cadre d'un boulot que l'on découvre, pour que l'actualité du monde et les nouvelles des ami·e·s semblent venir de très loin. 

La pause déjeuner dure une heure, ce qui en temps normal permet probablement d'aller prendre une formule déjeuner à une brasserie non loin. Seulement voilà c'est le #Covid_19. Sont donc disponibles : des restaurants ouverts pour le "à emporter", des cafés qui ont des terrasses, et une salle de repos et restauration mais qui est limitée à 6 personnes. Nouvelle venue, je ne vais pas commencer par encombrer, alors tant que le temps est clément la version "à emporter" dégustée sur le pouce dans un parc aura probablement ma priorité. 

Je ne parlerai pas ici de l'entreprise ni du travail lui-même, ce n'est pas l'endroit, cependant je suis heureuse de l'accueil, troublée parce que l'une des personnes est sosie vocale d'un de mes ex-cousins dont le départ vers une nouvelle vie (pour lui) en laissant d'immense dégâts (pour les autres) me peine encore fort, ainsi que l'absence d'un homme que j'estimais (mais nous n'y pouvons rien, à moi d'oublier ce cousin), heureuse que le concret du boulot soit conforme à ce qu'on m'en avait dit (1), retournant sans trop de difficultés dans un boulotsystème de type "bureau".

En revanche je crois qu'il est intéressant de noter les particularités dues à la période. 

C'est une entreprise respectueuse des personnes qui y travaillent et donc les mesures de sécurité sanitaire sont prises au sérieux. J'espère que c'est le cas dans beaucoup d'entreprises, au moins dans le secteur tertiaire où il est posssible d'essayer de bien faire.

Ce qui donne : dès l'entrée sur une table près de l'accueil du gel hydroalcoolique et une boîte de masques de type chirurgicaux (2). L'attribution est de deux masques par personnes et par jour et on nous fait confiance pour les prendre, les utiliser et ne pas abuser. La consigne est que dès que l'on rentre on se passe les mains au gel.
Une partie du personnel est en télétravail ce qui permet un bon espacement entre les bureaux - déjà que l'ensemble est respectueusement spacieux -. Le travail est possible en télétravail mais beaucoup plus tonique ensemble car parfois des questions se posent qu'un collègue présent peut permettre de résoudre parce qu'il a déjà rencontré un cas similaire, et typiquement ce sont des postes où être physiquement ensemble permet de gagner bien du temps. Ils ont opté pour une forme de roulements : certains viennent mardi jeudi d'autres mercredi vendredi etc. L'effort est porté sur la continuité du service aux clients. 
Quand chacun est assis à son poste une tolérance (et parfois des nécessités téléphoniques) est accordée pour ôter le masque mais dès que l'on se rapproche par exemple pour travailler à deux sur une question précise, on remet les masques. 
Les gens tentent de s'y tenir. 
Tant est si bien qu'à ma pause déjeuner je me suis fait la réflexion qu'il était fort étrange de débarquer dans un milieu professionnel à ce moment précis : je venais de faire connaissance d'une douzaine de personnes au fil de la matinée et ne connaissais pas leur visage, uniquement leur regard et leur voix.
Peut-être parce que je m'étais de ce fait placée en effort maximal d'attention, afin de compenser cette difficulté supplémentaire d'adaptation j'ai mémorisé leurs prénoms avec une facilité dont je ne me serais pas crue capable.

Une des personnes présente a remarqué à un moment donné que c'était bien triste désormais, que plus personne n'apportait de bonbons, de gâteaux. Une attention particulière semble apporté au ménage - mais peut-être est-il effectué de façon exigeante tout le temps ? -.

Dans la ville, beaucoup de gens portent un masque, beaucoup n'en portent pas. J'en conclus qu'il y a du monde, même si le cœur de Paris est trop bizarre sans ses cohortes de touristes, et que probablement les personnes agissent d'une façon ou d'une autre non pas tant en fonction de leurs craintes personnelles vis-à-vis de l'épidémie que par rapport à leurs contraintes (elles le mettent là où il est obligatoire : transports en commun, certaines boutiques, des lieux de travail ; celles que rien n'oblige, s'en passent déjà). Et les hommes les portent moins que les femmes. Dans la mesure où le port du masque évite principalement que l'on gouttèle du virus vers les autres, j'oserai presque dire qu'en croyant montrer qu'ils sont bravaches, ils prouvent surtout leur égoïsme. 
À noter : combinaison du moins de densité (absence des touristes et d'une partie des actifs) et de l'effort de beaucoup pour éviter de se croiser de trop près du moins quand c'est possible : on ne se bouscule plus ! 

Force m'a toutefois été de constater que masque ou pas, j'ai toujours une tête à chemin. Deux personnes me l'ont demandé, le leur, aujourd'hui dans cette banlieue loin de la mienne qui en plus pour l'instant ne m'est pas franchement familière. 

J'ai effectué les deux trajets à vélo. Bon indice de compatibilité entre la vélotafeuse que je suis et une entreprise : tout est prévu pour les personnes venant avec ce mode de transport. Ne rêvons pas : ni vestiaires ni douches mais dans le parking privatif de l'immeuble tout une zone avec d'intelligents arceaux où l'on peut accrocher le vélo sans trop de crainte de ne pas le retrouver au départ et sans gêner qui que ce soit : c'est fait pour ça.
C'est intéressant d'ailleurs depuis une dizaine d'années les progrès que j'ai pu constater dans mon propre cas en travaillant dans différents endroits. 

Le premier, l'aller, en mode direct. Hélas beaucoup de grandes artères certes avec des cyclables à bus, mais pas franchement agréables, la place de la Concorde, un peu moins mal aménagée qu'auparavant mais qui demeure un cauchemar mauvais rêve de cycliste, soit un peu plus de 12 km.
Le second, retour en mode pistes cyclables itinéraire buissonniers, j'ai retrouvé le Bois de Boulogne de mes trajets de l'hiver dernier vers Les Mots et Les Choses, béni (oui, je l'avoue, moi qui  n'aime pas être tant décalée par rapport au soleil, le vélotaf me fait changer parfois d'avis) l'heure d'été et parcouru 16 km environ.
Aucune fatigue particulière et même une nécessité de me dégourdir les jambes.

Je suis tombée nez à nez (sans totale surprise, je sais m'orienter, mais sans l'avoir prévu exprès non plus) avec le mémorial la fondation Louis Vuitton. Pour qui aime l'architecture moderne c'est certain que ça a du chien. Surtout lorsque comme moi on débouche d'un chemin cyclo-piétonnier.

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 Pendant que je vivais ma vie professionnelle, un chronopost que l'Homme était censé réceptionner était marqué livré qui ne l'a pas été et par ailleurs les répartiteurs malgré l'encombrement de l'appartement ont été changés.  Ces deux énoncés n'ont d'autre intérêt que de soutenir ma mémoire lorsque nous nous dirons, Mais c'était quand, ça, déjà ? Vous êtes priés de ne pas vous y attarder. 

Vaguement écouté (tout en faisant autre chose par ailleurs, bien obligée) au soir tard les infos sur la Rai News 24, mais par la force des choses n'ai pas eu le temps de LT. Il n'y avait rien non plus de bien marquant, tout ce qui ne va pas, continue à aller mal (en gros) et l'épidémie ralentit en Europe mais on en est toujours à ce stade de "On n'est pas sortis de l'auberge".

Et puis j'ai pris le temps de lire un peu chez les ami·e·s, ma bouffée d'oxygène : 

Le Monolecte qui parle aussi du confinement comme d'un temps n'ayant pas eu que du mauvais. Couac et ses mouches insistantes, Dr Caso et ses citrons moisis (qui ne l'étaient pas).

J'ai cru comprendre qu'aux USA le malheureux George Floyd avait eu droit à des sortes de funérailles nationales - je pense qu'il aurait surtout apprécié qu'on le laissât en vie) et que par ailleurs il y avait à nouveau eu un mort du fait d'abus policiers racistes.
Seulement voilà, après une journée de boulot de 8h et 2h30 de trajets, on n'a plus trop la force d'y aller voir de plus près. Et c'est ainsi que le monde se délite, les citoyennes et citoyens laborieux dans mon genre n'ayant guère que l'énergie de se préparer pour recommencer leur tâche le lendemain.

Avant d'éteindre la lumière et de filer pioncer, je tiens à remercier les personnes qui aujourd'hui m'ont laissé des mots pour précisément le faire, me remercier, pour ce que j'écrivais. Je suis si contente que ça puisse aider, de témoigner. Je crains de n'avoir pas le temps de répondre à chacune avant le week-end. 

 

(1) L'expérience du poste de libraire en maison de la presse et qui n'en n'était pas vraiment un et moins (même si je n'étais pas dupe) que ce qui m'avait été décrit, m'a rendue méfiante
(2) Entre : ceux en tissus que j'avais commandés bien en amont d'avoir suivi les infos du monde, les FFP2 bec de canard dont ma fille a pu disposer par le circuit hospitalier, les masques "municipaux" (très artisanaux, touchants), les masques lavables achetés 5 € en pharmacie dans #MaNormandie , les plus pratiques à mes yeux sont de loin ces masques chirurgicaux jetables : on nous entend si l'on parle. Et ils vont bien à une tête / un visage de ma taille. 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
7 303 518cas (dont : 412 788 morts (114 110 morts aux USA) et 3 592 740 guéris) 

 

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