Chroniques du déconfinement jour 9 : vélotafer et tafer (que reste-t-il après ?)
Chroniques du déconfinement jour 11 : journée bien bossée

Chroniques du déconfinement jour 10 : En transports c'est plus long

Déconfinement officiel 1 jour 37

 

Il pleuvinait au matin, c'était menaçant en tout cas alors j'ai opté pour les transports en commun : lignes L + 14 + 4 avec de bonnes correspondances. Il m'a fallu 1h05 c'est à dire davantage qu'à vélo avec le chemin direct. J'étais un peu surprise, ma jauge d'aller plus vite qu'en transports était jusqu'alors de 10 km pas 12 (d'autant plus que je respecte les feux rouges). Il n'en sera pas de même lorsque la ligne 14 arrivera jusqu'à la porte de Clichy.

Journée intense, formation le matin avec quelqu'un que j'étais heureuse de retrouver et suivre quelqu'un en doublon l'après-midi, qui avait hélas des cas peu pédagogiques à se mettre sous la dent, mais j'ai eu le sentiment comme elle expliquait fort bien, d'avancer quand même. 
Rapide déjeuner sur l'herbe le midi, presque en bas de chez mes amis. Repas japonais francisé, une formule déjeuner. Le hic de ne disposer que d'une heure est que pour peu que l'on attende un peu d'être servi·e·s, on n'a guère de temps restant.

Drôle de période bizarre, on n'est vraiment pas certain·e·s d'être sorti·e·s de cette épidémie.

Alors que j'entamais les démarches pour résilier ma précédente mutuelle, puisque le contrat de travail en comporte désormais une, je me suis aperçue que je n'ai vu aucun médecin depuis bientôt un an. Effet de surmenage (quand j'étais en maison de la presse, puis en soutien de Noël à Les mots et les choses), de zéro temps personnel dispo, auquel a immédiatement succédé la pandémie ; combinés avec la chance de n'avoir pas été malade ou pas vraiment, et le tour est joué. C'est une fausse bonne nouvelle : à mon âge j'aurais dû faire différents examens de surveillance, de prévention. Ça n'est pas sans risque de laisser les contrôles de côté. 
Et à présent on verra à la fin de ma période d'essai si toutefois l'épidémie n'est pas repartie à la hausse d'ici là.

Car les nouvelles ne sont pas bonnes, ça repart en Chine et l'Inde est en pleine tourmente (plus de 2000 morts aujourd'hui). Aux USA les déconfinements par états ont lieu bien trop tôt. Un article relayé par Abie indiquait que la Floride a déconfiné alors que d'un point de vue épidémique elle en est à l'équivalent de la France à fin mars. 
Ça n'est pas le moment de faire comme si de rien n'était, comme si tout ça était derrière nous. Grosses incertitudes, en réalité.

Aux TG italien que je regarde rapidement vers 22h sans LT car j'ai entrepris en même temps de me mettre enfin à jour de démarches administratives qui traînaient (dont les Impôts, ça commençait à ne plus aller), il était surtout question de l'Italie même, avec une sage prudence de rigueur, mais l'accent était mis clairement sur le redémarrage de l'économie et le fait de parler un peu d'autres choses. 

Je retrouve peu à peu une vie sociale mais outre le fait que je m'efforce de me ménager pour être bien en forme toute la journée à mon nouveau travail, je reste très circonspecte quant aux différentes activités potentiellement risquées très trop vite trop rassemblés trop prêts. Et quand bien même mes ami·e·s me manquent. Quant au port du masque je suis nettement dans la ligne de conduite que défend Martin Winckler. Parfois dans la rue je l'enlève cependant, lorsqu'il n'y a pas grand monde : pure fatigue de le porter au travail en continu.

La discipline dans les transports en commun me surprend agréablement : tout le monde observe l'obligation et les sièges vides à laisser entre chaque personne sont respectés autant que possible.
J'effectue mon retour en expérimentant de prendre le RER B à Laplace, ai de la chance d'en avoir un rapidement puis de ne pas trop attendre à Saint-Michel pour le C (alors que le suivant était à 35 mn de celui que j'ai eu). C'est un trajet reposant, peu de monde, un seul changement, c'est très calme, j'ai lu mes mails et des infos sur Twitter. Seulement point de vue durée pas très favorable : 1h20 à 1h25 porte à porte. 

Ce qui est remarquable sur les deux journées où j'ai pris les transports en commun c'est l'agréable absence de personnes faisant la manche. Je me demande pour autant ce que deviennent, parmi elles, celles pour qui c'était vital de parvenir à gagner de l'argent comme ça. Elles ne doivent pas avoir totalement disparu. Et leurs revenus incertains se sont tassés. Alors comment survivent-elles ?

La soirée est trop courte, comme à chaque fois. Un phénomène curieux semble faire que quoi que je fasse et malgré les légères variations de mon heure de retour, je ne suis pas à profiter d'un temps personnel hors temps physiologique (disons ça comme ça : manger, se laver ...) avant 21h. Ça ne fait pas bézef de vie personnelle active. 

Écouté encore un peu de Beatles stories, tout en écrivant les choses du quotidien.
 Je crois que ce qui me fascine avant tout c'est d'avoir été, même si trop jeune pour en être autrement qu'en faisant des tours de manèges en entendant leurs succès, contemporaine du phénomène. Pour l'heure me plonger dans ces époques (les 60ies et les 70ies), me sert clairement de bouclier contre le risque d'avoir l'esprit envahi par des craintes et des colères (devant l'attitude des pouvoirs publics de ce pays) liées à l'épidémie, et dans une beaucoup moindre mesure au stress que représente un nouveau boulot combiné à l'apprentissage d'un nouveau métier. Aujourd'hui me trottait en tête par exemple un extrait d'ITW dans lequel George Harrisson en 1977 (je crois, à moins de John Lennon en 1974) disait en parlant de Pete Best qu'il était un lazy drummer, n'avait pas fait de progrès et surtout qu'il était trop lent à la détente, nous autres on était rapides de pensées et d'échanges et lui il était toujours un moment après. 
Sans doute que je songeais à ma façon de rechercher la présence de personnes plus rapides que moi de pensées afin d'être celle qui doit s'efforcer de suivre. D'où certains déboires affectifs. 
Longtemps, pour cause de pandémie, que je n'avais pas pensé à des considérations personnelles ; c'est sans doute ça que je dois retenir.

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
8 239 124 cas (dont : 444 790 morts (119 091 morts aux USA) et 4 297 540 guéris)

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