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Chroniques du confinement jour 58 : aller au cimetière, ne pas trouver de masques

Déconfinement officiel 1 jour 3

Capture d’écran 2020-05-13 à 11.01.01    Depuis le début du confinement nous avons eu trois tempêtes de vent dont deux ensoleillées. J'avais perdu le souvenir de ça : les tempêtes de vent par grand beau temps, tu regardes par la fenêtre tu as envie de sortir et puis en fait, non, c'est dangereux. 

Les témoignages affluent de personnes qui travaillent dans les commerces et témoignent de leur enfer depuis le début du déconfinement. Ainsi @petassedecompet pour une enseigne de vêtements (1).C'était déjà le cas pendant le confinement dans les magasins alimentaires mais à présent c'est pire car ceux qui débarquent sont des personnes qui étaient juste en manque de consommation, alors que dans le premier cas les clients indisciplinés ou inconscients n'étaient qu'une partie parmi celles et ceux qui venaient respectueusement car bien obligé·e·s d'acheter de quoi manger. 

Tout boulot au contact avec le public est un enfer si l'on n'est pas défendue des débordements par une bonne hiérarchie. Le hic c'est que dans les 2/3 des cas, on n'est pas soutenues, voire on se fait réprimander en cas de clients mécontents même si c'est un abruti absolu qui a fait n'importe quoi et pratique de la délation défoulatoire. La bonne attitude est de prendre la défense de son salarié. Et éventuellement si la même situation se reproduit trop souvent et que le doute survient d'une part de responsabilité du vendeur, avoir une conversation calme avec lui, loin du public. Dans trop de cas la personne employée de terrain se retrouve maltraitée par certains clients et dans la foulée par leur responsable. Ça n'est ni plus ni moins que de la maltraitance. 

En librairie c'est plus varié car se sont précipités aussi de bons habitués en manque de leur came favorite et ceux-là même s'ils sont dans un premier temps oublieux, sont au moins soucieux de la santé de leurs libraires préféré·e·s et obéissent gentiment si on leur demande de remettre le masque.  

Les poubelles passent - pour dire "le camion poubelles" en langage courant et d'ailleurs s'est curieux : un seul pour les différents types de sacs, deux désormais : recyclables et non-recyclables de type déchets ménagers - un peu avant 10h de ce côté-ci de la rue, et vers 9h pour l'autre. Cette note n'a d'autre but que pratique pour la semaine prochaine, savoir à quelle heure les sortir en cas de grand vent.

Je me suis aperçue que j'avais confondu Nathan avec Ernest (pas les gars en question, seulement les prénoms). C'est curieux (et légèrement amusant ?).

Pourquoi tant d'hommes (oui, pas tous) rechignent-ils à porter un masque ? Y compris ceux qui n'ont pas de barbes pour lesquels effectivement ça peut, je veux bien le croire, être plus gênant.

Guillaume D. nous enchante souvent de ses touites. L'un d'eux en tête de ce billet, et puis aussi aujourd'hui (ou plutôt hier soir) l'invention du mot bloquiner pour signifier ce temps de latence après la lecture d'un bouquin qui nous a happé·e·s.

J'ai enfin appris, grâce à Météo France et au fait d'avoir délicieusement du temps disponible pour mes curiosités, à quoi correspondaient vraiment "les saints de glace". Jusqu'à présent j'avais dans l'idée un vague : souvent vers la mi-mai et après qu'on a cru que c'est bon on allait vers le chaud, il y a une poignée de jours où ça pèle. C'est bien le cas cette année.

Ça n'est pas une surprise, je m'y attendais mais peut-être pas à ce point-là : j'ai si bien pris le pli d'être dans la petite maison à vaquer à mes occupations qu'à part aller voir la mer, je ne suis pas spécialement tentée de sortir. Ce n'est pas le cas de mon co-confiné, qui ressort faire des courses en sifflotant. Je suis simplement contente de ne pas courir le risque d'être contrôlée en mettant le nez dehors, de pouvoir à nouveau le faire en songeant simplement à bien me couvrir en fonction du temps [qu'il fait].

À nouveau ces témoignages et questions que fait se poser l'épidémie oubliée de grippe de Hong-Kong des années 1969 et 1970. Aujourd'hui chez Carl Vanwelde. Je me demande où en serait la moi de maintenant si les conditions extérieures de l'épidémie étaient celles d'antan. 

Dans Le Canard du jour et à ranger dans la rubrique #Étonnements (je cherche toujours comment nommer la collection de conséquences légèrement surprenantes ou amusantes de la pandémie), le cas des employés français qui étaient en Chine à l'ambassade française de Pékin (environ 200 personnes indique l'article), qui ont dû rentrer fissa en France début février, qui paient encore leur loyer là-bas - le retour était censé être provisoire - et voient leur rémunération se casser la figure car plus des 3/4 de celle-ci pour certains était constituée d'une indemnité de résidence liée au fait d'être sur place et qui disparaît au bout de trois mois.

J'ai lu par suite de liens (et de ma curiosité bêtasse face à un nom inconnu de moi), un article sur un chanteur italien qui tente de récupérer sa maison après une saisie. Il se présente en victime. Entre les lignes et depuis ma triste histoire avec le grand Balbeb, je devine qu'en fait au point de départ de son malheur, le musicien n'est pas pour rien (2). Eussé-je lu ce même article avant juin 2013, j'aurais cru à sa version, le type victime d'un acharnement, alors même qu'il traversait une passe sentimentale difficile. 
Globalement, depuis #MeToo , et ça vaut même pour des éléments concernants autre chose que la vie sexuelle, lorsqu'un fait est relaté concernant un homme qui est présenté comme victime, je me pose systématiquement la question de "si une femme en était là après avoir fait ce qu'il fait, qu'en dirait-on à la place ?". Et il apparaît de cette façon-là que dans un certain nombre de cas, celui que l'on est poussées à plaindre n'est pas innocent de son sort, que ce qu'il présente comme un tort était en général une réparation pour quelqu'un d'autre d'un dommage qu'il avait lui-même infligé, et qu'en fait c'était de l'indulgence à son égard qui était demandé. 
Toute proportion gardée, c'est le même mécanisme à l'œuvre dans les articles relatant des accidents de la route entre un cycliste et un automobiliste, systématiquement désigné sous le terme de "la voiture", et parée de circonstances atténuantes (ah le soleil dans le pare-brise) quand bien même la personne à vélo n'a strictement rien à se reprocher et s'est fait foncer dedans.
Comment ai-je pu rester si naïve si longtemps ?

Dans la série, voyons l'effet que ça ferait si une femme le faisait ou le disait, je dois à Alice cette pépite (une femme, Sarah Cooper qui reprendre en play back les propos de Trump lorsqu'il avait dit qu'il suffisait pour lutter contre ce coronavirus de s'injecter du désinfectant). La stupidité délirante des propos ainsi incarnée, est éclatante. Pourquoi à ce point davantage lorsqu'une femme s'y met ? Serions-nous à ce point habitué·e·s à laisser dire les messieurs en haussant les épaules, on n'y peut rien, ils sont comme ça ? 

 

Capture d’écran 2020-05-13 à 12.43.06

Il est de plus en plus apparent que pour certain·e·s, le ou la Covid_19 ne fait pas que passer mais crée des symptômes intermittents persistants (lien vers un article mais en réalité c'est de lire des témoignages en ce sens qui m'a fait le trouver et non pas l'article qui m'en a persuadé). Je note ce touite bien exprimé, écrit par Tatiana Ventôse, mais comme ceux des vendeuses et vendeurs, il s'agit d'un parmi d'autres.  
Nous qui avons éprouvé quelques bizarreries en début du moins de mars, jointe à une grande fatigue (hélas, chez moi, la grande fatigue est un état fréquent), et avons de soudain moments d'alitements - que le confinement rend transparents, mais qui sont curieux cependant -, sommes peut-être atteints. Le saurons-nous un jour, alors que nous avons eu pour l'instant la chance que ça ne soit rien de grave du tout ? 

Lien vers le masque le plus simple. À vos chaussettes orphelines ! 

Je me suis laissée embarquer dans une longue sieste agréablement prolongée. Il m'a fallu me et nous secouer pour ressortir après : je voulais aller acheter des masques pour pouvoir ultérieurement sortir faire des courses si nécessaires sans me poser trop de questions. Et également passer au cimetière saluer les tombes familiales. Et si possible pousser jusqu'à la déchetterie pour voir si elle avait réouvert. 

Pour les masques, échec complet. JF, peu motivé par cet achat (3) avait dit qu'il n'y en avait pas chez Carrefour Market, à la première pharmacie il y avait du monde j'ai commencé à attendre qu'une personne sorte avant d'entrer et ça n'a pas loupé un homme est allé direct tout droit se coller à une personne qui attendait à l'intérieur - il devait s'y sentir autorisé car il avait un masque, lui -. À l'autre pharmacie JF a passé une tête pour poser la question, on lui a répondu non mais en face ils en ont. En face était le magasin de vêtement avec un masque alternatif présenté sur une mannequin, je n'étais pas trop tentée. 

À la mairie un panneau annonçait qu'une distribution serait faite dans les boîtes à lettres dès qu'ils arriveraient. 

Pour le cimetière c'était bien de pouvoir passer voir si tout allait bien. Les plantes que j'avais disposées pour les grands-parents avaient disparu mais sans doute depuis février étaient-elles dans un sale état. J'ai un peu redressé les croix que le grand vent avaient déplacées et réparti les gravillons de la tombe des arrière-grands-parents. Celle de Mado et Nino était nickel depuis mon passage exprès un dimanche en courant, après la première tempête du confinement et qui avait envoyé valdinguer les pots. J'attendrai juin pour passer renouveler les fleurs.

Quant à la déchetterie : rien d'écrit. Nous en avons déduit qu'elle était peut-être ouverte aux heures habituelles. 

Un immeuble d'ancien logement se dresse, désormais vide. 

À l'entrée du magasin "pour la maison" deux pépères se sont salués du coude, ce qui était amusant était que leur geste semblait déjà devenu naturel. 

La plupart des gens que nous avons croisé et qui entrait ou sortait de boutique était masquée. Ceux qui comme nous semblaient simplement aller d'un endroit à un autre, non. 

Des hommes près d'un engin agricole d'une des entreprises de la zone d'activité de cette partie-là de la ville se tenaient eux sans masques tout près l'un de l'autre pour en examiner un élément. 

Des ouvrier de C.P.C Cotentin faisaient leur pause, équipés, semblait-il (de loin) mais passablement rapprochés, sans doute par la force de l'usage (comment se tenir soudain loin de ceux qu'on a tant l'habitude de côtoyer ?). 

Bref, globalement : tout le monde ne fait vraiment pas gaffe pareil.

Marcher dans le vent nous aura un peu rendus fatigués. 

J'ai appris grâce à Antonin Crenn que Perec était le préfacier des Rubriques à brac. 
Un spécialiste des serial killers français était en fait un serial liar. J'ai le souvenir diffus de quelqu'un en librairie il y a plusieurs années (un collègue ?) m'avertissant contre lui, mais qui n'avait pas insisté quand quelqu'un d'autre (un client ?) s'en était mêlé pour prendre la défense de cet homme, dont les mensonges étaient semblait-il convainquant. Ce qui m'a fait songer inévitablement à un autre escroc de ma connaissance - mais moins grave, beaucoup moins -.

J'ai passé une partie de la soirée à lire le journal d'un état de crise de Doc Arnica. C'est d'autant plus impressionnant qu'elle écrit bien, minimaliste, sans rechercher d'effets. Ce qui rend le témoignage d'autant plus fort. 

Et lu également les Étonnements de Thierry en date du 13/05/20

 

Après le LT des infos italiennes, j'ai perdu le fil de ce que je souhaitais écrire ici. Il m'aura fallu revenir en arrière.

Teresa Bellanova ministre de l'agriculture qui est parvenue à ce que les brancianti et les badante venues de l'étranger soient régularisés pour 6 mois, était émue aux larmes en l'annonçant (elle travailla aux champs dans sa jeunesse), et m'a fait pleurer. Je comprends tellement tellement tellement ce qu'elle peut ressentir.

 

(1) Un exemple parmi une kyrielle. Mais il est le plus complet que j'ai lu de la journée (durant laquelle je n'ai pas fait que ça)
(2) "L’agenzie delle entrate blocca ogni guadagno per ripianare un debito, quindi non posso pagare gli alimenti per le mie figlie. Così la casa è stata pignorata" dit l'article 
(3) J'en veux au gouvernement qui a tant martelé au début que ça ne servait à rien, uniquement pour masquer leur impéritie. Des hommes influençables et sans doute quelques femmes aussi l'ont cru et ne refont pas le chemin inverse.

 

 

mots clefs : bloquiner , Covid_19 , Étonnements 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
4 328 598 cas (dont : 291 894 morts (83 280 morts aux USA) et 1 571 398 guéris) 

 


Chroniques du confinement jour 57 : Les deux premières vraies sorties (ce bonheur)

Déconfinement officiel 1 jour 2

C'était jour de sport, avec le premier morning run sans autres limites que les nôtres et l'une des dernières séances de Tabata rapprochées. Dommage car le rythme d'un jour sur deux me convenait à merveille, du moins tant que je n'ai pas repris le travail. Seulement voilà, la plupart des gens l'a repris, le boulot. Donc on va vers du un jour sur deux puis du en extérieur quand ça sera jouable. Romain souhaite utiliser une partie de la cagnotte pour acheter du matériel. J'apprécie ce mouvement.

Alors pour ce morning run et comme JF n'avait pas eu le temps de prendre son petit-déjeuner nous nous sommes contentés d'aller jusqu'aux barrières suivantes. Ça me paraît être une belle idée de progression : une barrière de plus à chaque sortie. C'est un fait que nos corps ne sont plus tout à fait habitués à être en efforts dehors longtemps. 

La tempête était tombée et je connais peu de sensation aussi jouissives que de se réveiller au matin comme on reprendrait conscience après avoir été portés par l'eau sur une côte après un naufrage : la tempête a tout nettoyé, nous sommes dans un recommencement, tout semble simple et l'énergie nous est restituée. 
Je dois dire que je m'étais vraiment sentie mal toute la journée. Un mal contre lequel il est inutile de lutter, zéro forces, la tête qui tourne même allongée, obligée de rassembler mes forces pour quelque chose d'aussi simple que d'aller aux toilettes, devoir faire un effort physique pour manger - non par nausées mais par manque d'énergie -. Et là, au réveil, une tension sans doute basse, pas une grande pèche mais quelque chose de déjà bien et qui est secouable pour par exemple tenter une activité sportive qui permettra de réalimenter la batterie.

À propos de batterie à alimenter, celle de la voiture nous avait lâché. Trop longtemps sans rouler - ce dont j'ai été tenue responsable alors qu'une voiture devrait pouvoir rester 15 jours sans rouler sans pour autant se retrouver à sec ; le grand vent en a aussi pris pour son grade, ce que j'ai trouvé assez trumpesque comme argument (en quoi le vent, même en tempête pourrait-il contribuer à décharger une batterie ?) -. Par chance les gars du garage à côté, lequel croulait sous le boulot sont sympas, nous connaissent (1), et l'un d'eux est venu avec une sorte de grosse batterie portable, l'a branchée avec une aisance enviable et hop c'était reparti. 
Eux ne portaient pas de masques mais un couple qui arrivait pour acheter une voiture, comme si c'était la chose la plus fréquente de leur vie - je mets davantage de circonspection dans l'achat d'un vélo -

Nous n'avons pas eu de problème, par chance pour redémarrer après une belle petite promenade le long de l'avenue Maritime. Le fait que les plages soient pour l'instant interdites n'était visible que via ... l'affichage d'une pétition demandant leur réouverture. 

Ça faisait un bien fou de la voir et de l'entendre enfin (la mer).

Nous sommes rentrés pile à une heure agréable pour déjeuner puis pouvoir faire une belle sieste et lire avec délectation ("The Beatles tune in", je me transporte dans l'époque et l'ambiance et Liverpool, j'en oublie tout de l'époque actuelle difficile, c'est rien de le dire). Il y a un plaisir particulier pour les lectures du confinement : le temps de faire comme je l'aimais enfant, en cherchant des trucs dans le dictionnaire, et ce qui était impossible alors en cherchant sur l'internet des musiques, des photos, des œuvres d'art dont il est question, en se laissant embarquer dans des recherches croisées. Ainsi aujourd'hui j'ai appris l'existence et des éléments sur la vie fort romanesque de Bert Danher, boss cruciverbiste de ouf, dont l'oncle et parrain Jim McCartney était le père de Paul. En temps normal, on croise un nom dans un livre documentaire ou un nom de personne qui a réellement existé replacée au sein d'une fiction, on se dit qu'on regardera "plus tard". Et souvent le plus tard n'a pas lieu.
Heureusement que sur Paul les mots croisés ont eu moins d'emprise que la guitare et la composition de chansons et que c'est le cousin qui a hérité de cette passion-là.

Pour la première fois depuis notre arrivée nous avons pu aussi nous accorder une petite balade vespérale post-prandiale dont JF semble avoir besoin (il tournait après dîner dans la petite maison comme un lion en cage durant le confinement). Nous sommes passés par une petite rue des arrières dont j'avais perdu le souvenir puis vers le cinéma, encore en arrêt sur les affiches du mois de mars, et certains commerces et restaurants encore en mode Pompéi, stoppée en plein élan. En revanche la plupart des commerces semblent avoir repris d'une façon ou d'une autre et toutes sortes de choses étaient affichées. 

Fullsizeoutput_1b11 C'est l'affiche de la poste qui m'a le plus amusée ("Une seule personne en même temps") et celle de la boulangerie des bonnes brioches que j'ai trouvé la plus astucieuse ("La distance de sécurité est de deux baguettes
Fullsizeoutput_1b12croustillantes")

Nous n'avons croisé que quelques voitures circulantes (dont la gendarmerie), et vu de loin un promeneur de son chien et deux jeunes qui allaient chez Paképi, ouvert pour le "à emporter" mais fermé pour le "sur place" (et sans masques, ce qui m'a surprise).

Avec ou sans épidémie c'est un peu la fréquentation habituelle d'un soir de semaine, au fond.

Les propositions d'organisations différentes ne manquaient pas, du drive, du "sur rendez-vous". Ici les cérémonies funéraires peuvent regrouper jusqu'à 20 personnes et visiblement ils s'efforcent que les services restent rendus au mieux. Il y avait deux avis de décès affichés, 57 et 84 ans. Covid_19 ou non ?

Il faisait bien frisquet (10°c affichés, mais un petit vent encore bien fraîchissant), j'avais à écrire, nous n'avons pas davantage traînés. Ça faisait du bien de sortir sans avoir à s'autoriser.

Le marché va occuper une surface plus grande, dont une partie d'un parking, afin que les distances entre les gens puissent être respectées.
Le club de pétanque a décidé de rester fermé pour l'instant : trop de membres pour sa superficie, certains pourraient se sentir lésés de ne pouvoir jouer.

Un vélotafeur a fait une chouette video sur la stupide interdiction du vélo pendant #LeConfinement.

J'ai beaucoup aimé ce touite de Phylloscopus 

Capture d’écran 2020-05-13 à 01.17.41

car hélas, on ne sent de la part des pouvoirs publics aucune volonté de souhaiter en profiter pour remettre certaines choses à plat, et au contraire une volonté de remettre des sous pour sauver des pollueurs (ex. : le trafic aérien). Et les gens même si ça aurait pu être pire se sont un peu précipité à redevenir consommants.
Des librairies viennent des échos très variés, de celles où les gens s'en foutent et n'écoutent pas les consignes à celles où tout le monde est bien respectueux et préfère le drive à tripoter les livres. 
L'anecdote d'une famille qui se passait le masque en sortant à chaque fois m'a émue. C'était une belle tentative d'essayer d'être respectueux malgré une pénurie. Mais si peu à conseiller d'un point de vue prophylactique. 

Un mécano dans une grande surface de matériel de sports n'a pas eu cette chance des clients intelligents. Ce qu'il décrie donne à croire que nous n'échapperont pas au redémarrage fort de l'épidémie. 

La doyenne de l'Espagne, 113 ans, a échappé de peu à la maladie (elle était testée positive) et n'a pas mâché ses mots. J'admire.

 

LT des TG de Rai News 24, présentés comme la veille par Riccardo Cavaliere. Je reste plus volontiers à écouter quand c'est lui. J'ai particulièrement apprécié la façon de présenter avec des sortes de disclaimers, les déclarations de Trump, mais sans que rien ne soit reprochable non plus. 

(1) Il y a un paquet d'années. Toc toc toc (porte d'entrée), salutations, le garagiste à l'heure du déjeuner, la voiture lui ayant été confiée pour une réparation.

"- Euh, il y a eu un petit problème, votre voiture a eu un petit accident.
- Dans le garage ?!?" 
(l'un des plus grands fou-rires de ma vie)

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
4 328 598 cas (dont : 291 894 morts (83 280 morts aux USA) et 1 571 398 guéris) 

 


Chroniques du confinement jour 56 : double absence de déconfinement

Déconfinement officiel 1 jour 1 

    Nous avions prévu de ne pas réintégrer tout de suite la région parisienne, et de ne pas nous hâter de déconfiner. Je m'étais simplement dit que j'aimerais aller voir la mer. 

You know what, ce fut raté : la tempête de vent, malgré le retour du soleil à un moment, vers midi, nous en aura dissuadé. Rafales entre 70 et 85 km/h, même si les gens d'ici semblent vaquer à leurs occupations (presque) comme si de rien n'était - et d'ailleurs ni plus ni moins qu'avant le déconfinement -, c'est trop pour moi pour quelque chose de non obligé. Staying at home, donc et même pas au jardin.

Il faut dire que les tempêtes dans certains cas (forts gradients de pression ?) me laissent KO et ce fut le cas. La tête qui tourne même en étant allongée. Je n'ai pu me lever sans avoir l'impression d'être dans un bateau qui tanguait qu'en fin de matinée. Je n'ai même pas lu tant que ça, j'étais comme malade, la tension sans doute très basse.

En fin de matinée je suis parvenue à me verticaliser sans trop de malaise, en même temps que le soleil pointait. J'ai pu téléphoner à Cl. qui s'apprêtait à réintégrer ses pénates. C'était bon de l'entendre, joyeuse et énergique.

Il n'y a plus d'œufs au plus proche supermarché, c'est probablement passager (le lundi est LE jour sans, peut-être même d'avant #LeConfinement ). 

Ni plus ni moins de circulation que les autres jours depuis qu'il y avait eu une allocution intermédiaire de Président Macron, qui avait ressemblé alors qu'il annonçait "confinement jusqu'au 11 mai" comme un top départ de redémarrer toutes les activités professionnelles qui n'étaient pas strictement interdites. Un effet "tempête" n'est pas exclu. On verra ce qu'il en est de la fréquentation une fois celle-ci passée. En attendant il y a un peu de piétons. Car il a fait dans l'après-midi grand soleil même s'il y a grand vent. 

À partir d'aujourd'hui et comme mon co-confiné, comme tant d'hommes supporte moyennement d'être mis de côté même s'il y est bien mieux que tenu par des obligations d'un strict alimentaire intérêt, notre quiétude peut être remise en question d'un coup de fil, auquel il obéira même si ce qu'on lui demande est bête.

Nous n'avons pas de masques ici. Peut-être est-ce simplement parce qu'il en a vue en vente qu'il a estimé trop coûteux.

Capture d’écran 2020-05-11 à 13.53.22 Ce touite m'a fait sourire et cet article collectif dans Le Monde m'a semblé faire un point assez fair-play sur les incertitudes et ce qu'au contraire l'on sait, concernant l'épidémie à l'heure de commencer à se déconfiner.  

 

Il y aura quand même eu une sacrée tempête (source : Météo France)

Capture d’écran 2020-05-12 à 00.44.45

Au passage j'ai appris qu'on pouvait se procurer, moyennant finances une attestation de foudroiement (sic). Ça m'a fait rire parce que je n'ai pas su m'empêcher de songer à une sorte d'attestation qui témoignerait d'un coup de foudre et que l'on pourrait produire à celle ou celui que l'on quitte pour le nouvel objet de désirs afin de prouver qu'on n'a pas pu résister. Bon en vrai, il s'agit bien sûr d'un document pour les assurances et les dédommagements de dégâts après de forts orages. 

Et ça m'aura mise bien KO, même si je me suis efforcée d'avoir l'allongement (tête qui tournait, probable baisse de tension), pas totalement vain : en .pdf sur l'ordi j'ai lu l'intégralité d'un des romans qui restait pour le comité de lecture dont je fais partie. Comme il décrit la perdition de la narratrice (du moins de la personne dont on suit la voix intérieure) dans la folie et que c'était plutôt bien fait même si j'avais trop tôt tout pigé, ça laissait une impression d'oppression. Pas idéal un jour de grand vent où l'on avait le droit de sortir enfin librement après 55 jours de confinement et où on ne l'a pas fait parce que ça ventait.

Les vaches, elles, n'ont pas bronché. Je pensais (naïveté citadine ?) qu'en cas de tempête elles étaient rentrées, mais non. En même temps il s'est agit clairement, depuis le matin d'une tempête de vent, pas de pluie, plutôt un grand soleil trompeur (du moins à partir de midi).

Le touite d'un ami m'a fait prendre conscience qu'Emmylou Harris avait plus de 70 ans, et lire cet article la concernant. J'ai réécouté quelque part sur Youtube l'intégralité de Atom Heart Mother après avoir pris une photo de vache qui ressemblait trop à celle de la couv de leur album

Globalement, c'est toute la journée que je n'aurais vraiment pas été en forme (chute de tension due à la tempête ?) et à part l'incursion de JF au Aldi nous ne sommes pas sortis alors que c'était le premier jour du début de déconfinement. Des personnes habiles pourraient déguiser cette absence de sortie en geste militant mais je l'avoue sans ambages : c'était uniquement une question de vent sinon nous aurions filé voir la mer.

Comme j'avais été prise par des moments de sommeil et par ma lecture "sérieuse", c'est seulement en fin de soirée, de fait studieuse que j'ai pu me livrer aux petites écritures du quotidien et revenir ici, ainsi que me consacrer un moment au LT des TG de Rai News 24.
Une jeune femme qui travaillait pour une ONG avait été enlevée par des groupes djihadistes. Elle s'en est sortie en se convertissant, parvient à être libérée au bout de 18 mois et bien des journaux italiens (et citoyens d'extrême droite) n'ont rien trouvé de mieux à faire que reprocher à cette jeune femme sa trahison car elle a commis ce "crime" (à leurs yeux) de s'être convertie à l'islam durant sa détention. 
Ça m'a donné la nausée. 

Le journaliste que mentalement j'appelais Agnan, tant il ressemblait à l'idée que je me faisais de ce copain du Petit Nicolas une fois devenu grand s'appelle Riccardo Cavaliere et j'aurais mis environ quatre-vingt jours avant de prêter attention à son nom - alors que dès le début je me suis posée la question -. Et il a un site élégant et intéressant, ce qui ne m'étonne pas le moins du monde. Expliquées par lui les choses sont claires et humaines, même au plus sombre d'une pandémie. 

Je ne suis pas la seule à n'être pas trop pressée de déconfiner.

La conclusion de ce billet chez Alice m'a particulièrement marquée : j'en connais tant des hommes qui fonctionnent ainsi, prompts à mettre les autres dans des cases mais pas du tout à accepter que ça puisse leur arriver aussi.

Au bout du compte j'aurais regardé un certain nombre de videos, pas très malin pour quelqu'un qui cherche à économiser une connexion limitée : 
Running addict qui nous met en garde sur le risque de reprendre trop fort l'entraînement de CAP après #LeConfinement

Une video de méditation dont la voix calme dit ce que nous aimerions parfois nous laisser aller à penser

Une micro-daily obs de Bilook dont j'ai apprécié l'humour, et les coronapistes cyclables, mais qui m'a fait tout drôle : j'avais oublié que ses accélérandos me foutaient un mal de mer quasi immédiat et par ailleurs j'étais contente de revoir des bouts de Paris ou du Pont de Bezons mais sans aucune envie d'y retourner, un peu comme si ça y était c'était du vieux passé. Cette sensation fort déstabilisante m'est restée. Je suis nostalgique de la vie à Bruxelles que je n'ai pas vraiment connue, beaucoup plus de Paris-Clichy, comme si la combinaison du départ du Fiston et de la vie ailleurs en confinement avait tourné la page. 

 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
4 245 457 cas (dont : 286 690 morts (81 653 morts aux USA) et 1 521 959 guéris) 


L'hymne du déconfinement ?

À peine deux ou trois bricoles à modifier dans les paroles et le "Non, non, rien n'a changé" de 1971 des Poppys pourrait hélas devenir l'hymne parfait du déconfinement.

Idée venue via le #JukeBoxFou de dedans ma tête après avoir vu des images de personnes faisant de longues longues longues files d'attente devant des magasins de choses absolument pas nécessaires dans l'urgence (non, ce n'est pas du mépris de classe, ce sont des objets qui pouvaient bien attendre trois ou quatre jours de plus, objectivement ; à quel moment le conditionnement à la sur-consommation et à l'apparence avant toute chose, nous a-t-elle rendus tous aussi stupides ?), dès le premier matin de sortie possible. Même chose pour des types qui ont mis un point d'honneur à aller chez le coiffeur ou le barbier dans la nuit de dimanche à lundi dès minuit passées.

Pourquoi s'amuser à prendre des risques inutiles quand il y en a déjà tant que l'on doit prendre parce qu'on le doit ? 


Chroniques du confinement jour 55 : soir de tempête (le jour ça allait)

 

   Jour de sport avec un semi-long legal morning run le matin (59'29'' ! 8 km pour moi, 10 pour JF qui fit encore plus l'essuie glace que moi), le passages des abdos - squats - pompes à 37 - 27 et 17 et une séance de Tabata axée sur les challenges, ce qui était assez rude (je ne suis pas parvenue à en tenir jusqu'au bout plus de 2/4 essentiellement question de rythme lorsque les secondes de récupération des exercices de Tabata n'y sont plus). 

C'était bien.

JF s'était levé de mauvaise humeur mais s'est efforcé qu'elle ne retombe pas trop sur moi. Il sacrait pour un oui pour un non. Tracas dentaires, probablement.

Nous sommes allés livrer son pain à mon Oncle François qui était à court du fait du 8 mai férié qui avait bousculé ses rythmes d'approvisionnement par des tiers. Nous nous sommes efforcés de rester à distance (j'avais mis des gants pour le pain et un tour  de cou à défaut de masque) mais avons pu un peu parler, lui était presque guilleret : tant qu'il va bien, la vie durant #LeConfinement ne changeait pour lui pas grand chose. Et puis, il en a vu d'autres, au cours de sa longue vie. Ça faisait du bien de le voir en forme et de lui parler. 

Le temps s'est gâté au cours de la journée ; le sachant, j'avais surtout prévu de lire ("The Beatles tune in"), ce que j'ai fait avec bonheur. C'est fichtrement bien écrit et le temps que je suis dans le Liverpool des années des futurs-Beatles enfants, j'oublie le dur maintenant et ses dangers viraux. Ces dangers anti-démocratiques aussi, y compris en France. J'ai particulièrement bien dormi pendant la sieste. Les 8 km du matin n'y étaient pas pour rien.
JF poursuivait sa plongée dans l'univers d'Agatha Christie, avec une délectation qui ne faiblit pas.

Il a bossé pour son club de pétanque et s'est désolé du fait qu'à La Haye du Puits ils ne ré-ouvrent pas. Problème du nombre d'adhérents / superficie du club. Et sans doute qu'ici les gens sont davantage soucieux de leur santé qu'en grande ville où à un moment donné on peut être tentés par une attitude de type "foutus pour foutus".

Le Fiston est bien arrivé sur son lieu de suite de confinement, enfin réuni avec son amoureuse. J'ai bien aimé qu'en Italie ils aient précisé au moment du déconfinement, vous pouvez désormais vous regrouper en famille "ou avec toute personne avec laquelle vous avez une relation stable".

Violente tempête de vent le soir tandis qu'à Paris et en Île de France, une odeur généralisée de souffre semblait gêner les gens. Il semblerait qu'elle vînt des égouts après les très fortes pluies de la veille. J'en ai profité pour répondre à quelques mails dont un qui m'a fait bien plaisir et un autre qui m'a appris qu'un ami avait été malade (ainsi que son épouse) mais n'en avait rien dit. Plusieurs de mes ami·e·s ont procédé ainsi, ils n'ont pas dit qu'ils allaient mal, se sont faits discrets et puis un bon moment plus tard sont venus expliquer pourquoi ils avaient été un peu plus en retrait que simplement confinés. 

Je n'ai pas regardé les infos italiennes car le vents soufflait si fort que ça m'a paru être trop d'efforts. Les suivre est moins important qu'au début, à présent les différents pays en sont aux affres du déconfinement alors que l'épidémie n'est pas achevée ni le vaccin trouvé. 

Un des blogs que je suis (Prof en scène) m'a entraînée par , je ne connaissais pas Kari Rueslatten et j'aime beaucoup. J'ai aimé aussi particulièrement son billet de samedi. Ce qu'il dit de la voix des élèves.

Dr Caso évoque la fatigue particulière des réunions en ligne, qu'elles soient professionnelles, amicales ou familiales et parle d'un épisode d'une série qui préfigure le monde d'Après (hélas disponible seulement sur CBS et donc pas en France même en payant je crois).

Beau billet chez Pep. Je crois que l'on est un paquet à ne pas avoir trop hâte d'être déconfiné·e·s. 
Alice évoque les hyper ou super-marchés silencieux et sans foule et combien c'est finalement mieux.

La nouvelle video de Fabio Wibmer montre ses limites en même temps qu'il y a comme toujours quelques trouvailles et que quand même il faut le faire. Je n'aime pas le rôle qu'il y fait jouer aux deux seules femmes. Même si c'est censé être de l'humour, il y a non loin de là un petit fond de beauferie. Je pense qu'à un moment quand on gagne ainsi sa vie mais qu'on devient obligé de continuer par contrat à jouer les casse-cous, on finit par en avoir plus qu'assez. 
En même temps ne faisant précisément pas partie des casse-cous, même si j'aime repousser mes limites - mais pas avec des risques vertigineux, seulement avec du risque d'épuisement -, peut-être que justement je n'en sais rien de comment ça fonctionne dans leur tête. Il se pourrait qu'ils ne se sentent vivants que lors de la mise en œuvre d'un défi.

En allant courir le matin j'ai repéré un peu avant la maison de la garde-barrière 36, un petit oiseau tête noire ailes jaunes dont j'ignore le nom et ne connais pas la voix - il fut silencieux tout le temps qu'il virevolta non loin de moi -. Ce n'était pas un moineau friquet que je sais à présent repérer. J'ai oublié ensuite de rechercher. 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
4 176 540 cas (dont : 283 660 morts (80,739 morts aux USA) et 1 487 454 guéris) 


Chroniques du confinement jour 54 : jour calme ici, un peu de pluie (en fin d'après-midi) et un apéro-Tabata


    C'est une journée de récupération et elle a filé comme le bonheur : ma séance du défi abdos - squats - pompes du matin, après un réveil très tranquille à savourer le temps. 

La matinée était ensoleillée, mais je voulais, d'abord terminer les petites écritures et puis Le Fiston a téléphoné et entre son père puis moi l'appel a duré un moment. Son amie l'a rejoint et ils vont vivre ensemble chez elle les trois prochaines semaines, puisque lui est en 100 % télétravail jusqu'à début juin et que le confinement s'allège. 

C'était une journée de communications : il y eut aussi l'une de mes cousines pour l'un de mes oncles et l'apéro sur zoom pour remercier Romain et sa famille pour les séances de Tabata. Je ne pige pas trop mais ces moments collectifs par video interposées me fatiguent d'une façon curieuse, comme si j'étais un téléfonino dont ça vide la batterie en accélérée. Pourtant j'étais heureuse de revoir les uns et les autres. 

Comme il a plu en fin d'après-midi - j'avais laissé en début de celle-ci le terrain d'entraînement de pétanque à mon co-confiné - je n'ai pu travailler ni au rangement de l'abri de jardin ni au jardin tout cours. Seulement débroussaillé quelques ronciers du mini jardin de devant, puisque quasiment plus personne ne passait étant donné qu'il avait plu. 

La pétanque va pouvoir reprendre mais les consignes de précautions sanitaires sont telles qu'elles seront aussi difficiles pour des joueurs à respecter que celles dans les écoles pour les enfants de maternelle. Entre autre le geste de souffler dans ses mains avant de prendre ses boules pour tirer est proscrit. C'est un peu comme si l'on demandait aux joueurs de tennis de ne pas faire rebondir la balle à terre avant un service. 

J'ai terminé une lecture en cours. C'est une des joies du confinement pouvoir terminer nos lectures quand on veut, ne pas être obligées de poser le bouquin pour cause de contrainte extérieure impromptue.

La soirée aura été pourvu d'un imprévu : gros orage sur la région parisienne, j'ai communiqué avec les enfants. Apparemment coupure d'électricité dans l'avenue de l'appartement mais pas à 5 minutes de là. Pas pu m'empêcher d'émettre quelques oldschool recommandations. 

Pas LT les TG italiens, de ce fait. 

Little Richard est mort (apparemment un cancer et non pas le #Covid_19). En fait la nouvelle de sa mort m'aura appris qu'il était encore vivant. J'ai regardé pour Jerry Lee Lewis, il est en vie mais a eu un AVC l'an passé. 

Écouté un podcast du Monde au sujet de la grippe dite de Hong Kong de 1968-1969. À l'époque les gens ne pouvaient que croire ce que disaient les journaux et ce qui se colportait - il y eut d'ailleurs une ruée vers un vaccin inutile puisque la souche de Hong Kong n'avait pas été introduite dans le vaccin contre la grippe de 1969, ce virus-là était censé être déjà passé -. À l'époque on semblait considérer que le rôle de la santé publique n'était pas tout à fait le même qu'aujourd'hui. Peut-être que l'on était plus fatalistes, aussi.

Je me suis embarquée, sans trop de succès, dans des petites recherches concernant la généalogie familiale. L'impression que les accès sont davantage verrouillés et payants qu'il y a plusieurs années quand j'avais consulté quelques trucs juste comme ça. 

 

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Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
4 077 176 cas (dont : 279 043 morts (79 599 morts aux USA) et 1 417 676 guéris) 

Capture d’écran 2020-05-09 à 21.38.48


Chroniques du confinement jour 53 : Les journées libres passent vraiment très vite

 

    Aujourd'hui c'était jour de sport mais couchée trop tard je me suis levée trop juste alors je n'ai pas fait pour l'un de nos derniers short legal morning run une séance particulière, simplement couru, et en rentrant par la zone d'activité puisque c'était jour férié et que ça permettait de ne pas rentrer en revenant strictement sur ses pas - et ça évitait de croiser les deux hommes, dont celui à la béquille, qui discutaient en travers du chemin à quelques distances d'où tourner était encore possible -. Ça a donc donné moins de 4 km en un peu moins d'une demi-heure. 
Le défi passe bien, c'est intéressant de voir comment le corps s'adapte au + 1 de chaque semaine dans chacune des catégories (abdos, squats et pompes).
Quant aux Tabata, Romain Pourrat fin pédagogue nous fait depuis deux séances revisiter des exercices de celles du début et l'on voit que ce qui nous mettait alors complètement à plat, nous demande désormais un effort acceptable. C'est excellent pour le moral. Romain semble prêt à continuer les Tabata même après le 11 mai. Joie ! 

Nager me manque. 
Ma sœur me dit que voir la mer lui manque. À moi aussi mais pas autant, même si je trouve ça fou d'être arrivés depuis bientôt deux mois, d'en être à 10 km et de n'être pas même allée la voir une seule fois. Faut-il que nous soyons des citoyens respectueux ! Je pense que lundi nous nous accorderons un tour au bord de la mer même si la balade SUR la plage reste interdite

Sommeil 
Mon co-confiné se plaint de faire de drôles de rêves. Comme il a toujours été le roi du cauchemar, j'ai du mal à prendre au sérieux son impression - c'est un peu l'histoire du berger qui criait Au loup ! -, il n'empêche qu'elle existe, qu'il dit Ça me fait faire de drôles de rêves tout ça. 
Un certains nombre de mes amies se plaignent de troubles du sommeil particulièrement sévères ces temps-ci. Pour moi la seule différence est que j'ai le bonheur de pouvoir faire des siestes (deux aujourd'hui une en fin de matinée) et je continue à bénéficier de la capacité à m'endormir presque dès de je m'allonge, du moins si je ne lutte pas pour continuer à lire. Quelqu'un confie à une twitta de ma connaissance ce lien pour l'aide aux bébés à s'endormir. Nous vivons dans un monde où tout est désormais monétisé. Je ne dis pas que le boulot qu'elles se sont ainsi créé est inutile. Mais les relations entre les être humains ne sont plus qu'avec des visées de professionnalisation et d'en tirer de l'argent. Dans le même temps du travail qui en est clairement (par exemple récemment : fabriquer des masques) est de plus en plus souvent demandé bénévolement, dans des chaînes pour lesquels certaines personnes touchent de l'argent - mais pas les personnes fournissant le cœur du boulot -. Quelque chose ne va pas dans tout ça.

J'ai été tirée de chaque petit sommeil du jour par un coup de fil. L'un était sympa comme tout et m'a fait bien plaisir. L'autre était en revanche de l'un des gars du club de pétanque pour donner de mauvaises nouvelles et inciter insidieusement mon époux à rentrer. Un vélo accroché aux grilles aurait été volé et les grilles endommagées ; une tentative d'intrusion dans le club constatée. Des boulistes, malgré le confinement, se seraient fait pincer de jouer - j'en avais vus qui le lundi 16 se permettaient encore de le faire - et ils auraient pris une amende. J'espère qu'en tant que président il n'aura pas d'ennuis. Il avait affiché un panonceau de fermeture, mais peut-être que ces écervelés l'ont ôté. Je trouve bizarre que si les installations dépendent de la mairie leur ouverture ne soit pas contrôlée par ses services, au même titre que celle des parcs. Ça éviterait au moins le saccage de ma vie conjugale. Et certains débordements. 
L'inconscience des gens est impressionnante. C'est quand même un virus mortel qui est en circulation. Comment font ces gens qui se persuadent que leur petite personne ne sera pas concernée ? 

Notre fille est à présent persuadée que sa rhinopharyngite carabinée de peu de temps après notre départ était due au #Covid_19. J'ignore d'où vient le revirement (alors qu'elle se fâchait quand je le lui disais). 

Soupe aux orties a écrit un excellent thread sur comment démarrer le #Vélotaf. Ça va devenir indispensable à Paris au vu des restrictions dans les transports en commun. Et puis il y a cette question des documents employeurs nécessaires pour pouvoir les emprunter, c'est confus car personne pour l'instant ne l'a. 

Il se dit en librairies que les commerces affiliés à Pacifica pour leur multirisque professionnelle vont être indemnisés pour leur perte d'exploitation de la période de fermeture obligatoire. Je connais des libraires qui ont retrouvé le sommeil

Je passe en début d'après-midi un long moment à lire au jardin. Il fait beau comme les beaux jours d'été. Et je suis rentrée par crainte de coups de soleil. Les moineaux sont terriblement chamailleurs. Au point d'en oublier ma présence.

Matoo dans un billet évoquait, le FOMO (1) ou plutôt sa fin du fait du confinement. Je n'en ai jamais trop souffert, étant plutôt victime d'un syndrome de Forrest Gump : me retrouver sans l'avoir cherché "là où ça se passe". En revanche lire son billet m'a fait piger que j'étais en train de m'en détacher du côté des livres. En tant que libraires on y est presque professionnellement obligé·e·s du fait de ne devoir pas manquer une pépite qui serait le méga-prochain-succès. Et voilà que grâce au confinement et à mon changement d'orientation qui se profile, auquel l'épidémie n'est pas étranger, je peux désormais retourner à des lectures choisies, fini le FOMO de la librairie. Il a cousu à la main de beaux masques, voici comment il a fait

Billet de petits bonheurs chez Nasiviru. Je partage, ça fait toujours du bien. Je voudrais me remettre aux bonheurs du jour (pas eu le temps !). 
Je savoure de mon mieux les derniers jours où l'on est censés sortir le moins possible. Je sais qu'ensuite même si je parviens à ce que nous restions paisiblement normands jusqu'au 6 ou 7 juin, l'Homme voudra bouger (et moi-même j'aurais envie de partir à vélo, de marcher, d'aller arpenter les belles balades de la régions). 

Nous avons désormais un petit rituel du soir par beau temps : le salut au soleil. Il disparaît désormais derrière un bouquet d'arbres. Au début du confinement, il "tombait" juste à droite de la maison des voisins que nous aimons bien. La rapidité de sa descente derrière l'horizon, me fascine comme enfant. 

Un homme, noir, Ahmaud Arbery, avait été tué en février alors qu'il faisait un entraînement de course à pied dans un quartier résidentiel. Il se trouve parce que quelqu'un, sans doute en désespoir de cause l'a fait fuiter, qu'une video de l'assassinat est devenue visible sur les réseaux sociaux. On voit clairement deux types le descendre après qu'il a quand même tenté de sauver sa peau en repoussant l'un d'eux, qui le menaçait avec son fusil. Visiblement les autorités étaient en train de s'arranger pour enterrer l'affaire. Mais la réaction des internautes les a obligées à arrêter les deux tueurs. Celui qui a fait le film étant peut-être complice, d'ailleurs. 
L'horreur du racisme dans un de ces pires manifestations.

Pour qu'il parvienne jusqu'à nous en ces temps où l'épidémie du #Covid_19 monopolise à juste titre l'attention, il faut qu'un fait divers soit particulièrement sordide ou odieux. Ce qui donne encore une image plus dure de ce monde. Il n'y a pas de faits divers mollassons pour nous permettre de maintenir l'illusion que les êtres humains sont parfois bien bien cons mais pas de façon trop grave. De nos jours même une photo de groupe peut faire courir un risque mortel. 

La Reine d'Angleterre a encore parlé. Je l'admire. 
Par ici un témoignage d'un vétéran

LT des TG du soir sur Rai News 24, enfin un peu (j'écrivais ici en même temps).

J'espère que plus tard, on pourra malgré la tragédie, se souvenir d'images choupis, ici au pays de Galles avec des moutons, là en Turquie avec des marcassins 

Ce touite-ci aussi m'a fait rire : les villes au nom ennuyeux qui se sont jumelées pour créer a "trinity of tedium"

(1) le « fear of missing out », "c’est à dire littéralement la peur de rater un truc"

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Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
3,981,763 cas (dont : 274 434 morts (77 902 morts aux USA) et 1 372 687 guéris) 


Chroniques du confinement jour 52 : matinée de boulot, après-midi et soirées douces

 

    Plus de 3 heures passées en réunion téléphonique pour le comité de lecture dont je fais partie. J'ai mieux tenu le coup que ce dont je me croyais capable, et je me dis que c'était un bon entraînement pour le travail quand il commencera. 
C'était bien organisé et on était bien disciplinées (un seul homme dans notre lot ; souvent le cas pour le bénévolat), je n'ai pas eu l'impression de perdre mon temps. Ce qui m'a frappée en revanche c'est l'environnement sonore désagréable et fort de bien des intervenantes : des sirènes de véhicules d'urgence, des bruits sévères de chantiers, de la circulation (pourtant, ça, on en a ici) ... aurais-je déjà oublié la ville ?

Dès lors le reste de la journée a filé comme de rien, sieste après un délicieux déjeuner (une omelette aux champignons et oignons, préparée par le co-confiné qui se remettait d'avoir durement bossé les deux jours qui précédaient), lecture au jardin puis tris de boîte avec des petits accessoires de bricolages, puis un peu de déserbage et zou c'est l'heure du dîner (tardif, à l'heure où délicieusement le soleil donne) et de suivre les TG italiens, puis d'écrire ici.  

JF s'est un peu entraîné à la pétanque après avoir reçu mail et coup de fil de son entreprise confirmant la poursuite de son chômage partiel. Ça augure mal de la suite économique et professionnelle, en attendant, profitons du bon.

Édouard Philippe, l'actuel premier ministre français, tenait avec quelques collègues ministres une conférence de presse en fin d'après-midi. Il s'agissait d'annoncer les mesures concrètes pour le début de déconfinement du 11 mai.
Elles furent mieux résumées par les TG italien que par la façon dont ça semblait dit. 
Le Monde a fait un résumé. On ne sera plus obligé de se trimbaler avec une attestation pour les déplacements de vie quotidienne, grand soulagement ; exception faite en Île de France pour les transports en commun. 
Autre résumé concret ici (journal des femmes).

Les masques, d'ailleurs y seront obligatoires. À Clichy il y a eu une distribution gratuite de masques lavables un par habitant de foyer fiscal - critère logique, bien -. Notre fille s'est dévouée et a dit que c'était très rapide, en plus que les distributions étaient bien réparties dans différents lieux de la ville - mais les masques pour elle, comme pour beaucoup de femmes les masques aux normes AFNOR, sont trop grands -. Entre cette organisation municipale, les masques de précaution que j'avais commandés en voyant ce qui en Italie survenait et quelques autres qu'elle a eus côté santé, nous devrions pouvoir sortir couverts quand nous allons rentrer. 

Sur les scolaires, qui rentre, qui ne rentre pas, la confusion est forte. J'ai lu quelque part que ça ferait max 1 élève sur 6 qui reprendrait. Je suis soulagée de n'être ni prof ni parent d'enfants d'âge d'y aller.

Il semble de plus en plus clair que le #Covid_19 a commencé à sévir dès l'automne et que le championnat du mondiaux militaires qui eut lieu en octobre à Wuhan fut un foyer de l'épidémie. Ce soir j'ai lu un témoignage italien (jours précédents : USA, Français ...). Et je me pose de sérieuses questions sur le rhume - gastro - grippe - tousserie qui a sévit en décembre et janvier à la librairie où alors je travaillais. J'aimerais bien que notre immunité puisse être testée. 

Ibrahim Gokcek le bassiste du groupe Yorum est mort après 323 jours de grève de la fin. Après le décès récent de la chanteuse du groupe, pour la même raison, il venait grâce aux pressions internationales d'obtenir gain de cause et a cessé la grève et été hospitalisé mais trop tard, n'a pu être sauvé. 

Stacey Kent partage des Isolation Video. Bonheur.

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Un touite d'Abie me donne envie de réviser le test de Turing et je trouve une très chouette video pour l'expliquer. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 903 962 cas (dont : 270 030 morts (76 699 morts aux USA) et 1 334 368 guéris) 


Chroniques du confinement jour 51 : des retrouvailles à distance et ma foi, ce qui ressemblait fort à une journée de boulot.


    À présent le sport des journées sports passe sans besoin de longues récupérations, même si une petite sieste s'est intercalée ce matin après le short legal morning run (very short puisque JF poursuivait sa formation à partir de 8h30 ; dès lors je n'ai pas fait de séance). Et les séances de Tabata ne semblent plus aussi éprouvantes. Je parviens même à faire correctement le mouvement des burpees (jusqu'à présent la "descente" me posait un problème). Dommage que l'on sente de partout la fin du confinement, sans pour autant pouvoir reprendre les activités telles que la natation, sinon je commençais à améliorer sur certains points ma conditions physiques. 
(grand merci à Romain Pourrat, soit dit en passant). 

Un des indices du fait que le confinement me fait du bien se cache dans un groupe que nous tenons de notre club et dans lequel un défi abdos - squats - pompes a été lancé par l'un de nos coachs. Au début j'étais la 10 ou 11 ème du jour à m'inscrire comme ayant accompli ma série quotidienne. Puis j'était vers les 5 ème à 7ème. À Présent je suis souvent la 2ème ou 3ème. Bien sûr nombre d'entre nous font plutôt leur gymnastique à un autre moment de la journée que le matin de bonne heure. Et depuis cette semaine beaucoup ont repris le travail en s'y déplaçant. Il n'empêche que je me réveille naturellement plus tôt qu'au début du confinement, la fatigue nait de mes activités de chaque jour, je ne traîne pas des semelles de plombs d'un déficit que chaque jour creuse. 

Carl Vanwelde s'interroge Quand donc finira ce cauchemar ? ll parle de l'épidémie plutôt que du confinement, je pense. Seulement je me rends compte que tant que nous ne sommes pas malades ni nos proches ni nos enfants, je ne vis pas cette période comme un cauchemar. Je ne sais pas la vivre comme un grand bonheur car je sais les souffrances des uns et des autres, j'ai des ami·e·s qui ont perdu qui un proche qui un parent, et je suis les témoignages de soignants, et je vois bien ce qu'on nous concocte politiquement et les lendemains qui sous couvert de crise induite par l'épidémie seront d'encore plus de manque de respect de qui travaille et d'encore plus d'exploitation. 
Seulement le fait est que je ressens le confinement d'une part comme enfin de la liberté : celle de disposer de mon temps, même si c'est à l'intérieur d'un lieu géographique fort limité ; et d'autre part comme d'une protection, d'un abri, et pas uniquement contre le virus mais contre les conditions de vie devenues de plus en plus coupantes au fil des ans, en particulier dans le monde du travail. On s'arrange de nos jours pour écœurer même les gens de bonne volonté, en les pressurant jusqu'à ce qu'ils n'en puissent plus et en leur reprochant perpétuellement de nouvelles imperfections. Dans le même temps les dirigeants n'auront jamais été globalement (oui, je sais not all ...) aussi incompétents. Et arrogants, tant qu'à faire. 

J'ai presque envie d'écrire comme le faisait Couac hier

"Vraiment, tant qu'on ne nous proposera pas un truc qui fait rêver [...], je ne remettrais pas les pieds dans la vie habituelle. Inutile d'insister."

Et puis je suis heureuse d'avoir enfin un conjoint digne de ce nom, quelqu'un avec qui je partage effectivement ma vie quotidienne. Nous avons fêté aujourd'hui nos 31 ans de mariage et Le Confinement est la première période durant laquelle nous sommes vraiment ensemble : soit le travail nous happe, et autrefois nous occuper des enfants, soit je suis une veuve de la pétanque, soit nous avons été ensemble mais dans des périodes de lourdes inquiétudes (maladies des parents, période de crise de la maladie de notre fille). Or être ensemble sous l'emprise d'une forte inquiétude, ça n'est pas tout à fait comme l'être, c'est surtout être sous son emprise à elle et se serrer les coudes pour faire avec. Alors ces bientôt deux mois ensemble vraiment ensemble, sans monsieur qui se barre sans arrêt, c'était une grande nouveauté. Je savais qu'on s'entendait bien sur nos temps résiduels, je sais désormais que nous nous entendons bien sur nos temps de pleine activité.
Cela dit, je suis sans illusion, sa sacro-sainte pétanque et ses camarades de jeux lui manquent bien davantage que moi la natation (qui me manque pourtant fort). À peine seront-nous rentrés qu'il disparaîtra à nouveau. On est toujours le pis-aller d'une autre ou d'une autre activité. 
Et je serai pour ma part happée par mon nouveau boulot. Que j'ai une jolie hâte de découvrir, et de nouveaux collègues, de nouvelles compétences, une nouvelle entreprise, mais pas sa conséquence qui sera qu'à nouveau comme presque toujours, je rentrerai le soir pour me préparer pour le lendemain, faire à peine deux ou trois bricoles, et dormir et que seuls les week-ends seront miens.

En attendant, j'en profite, même si mes journées sont bien occupées - avec la bonne forme physique, il y a un vrai rythme désormais, et au vu de la désinvolture de nos dirigeants, qui s'en foutent si meurent les gens, ils veulent seulement ne pas perdre leur pouvoir, ne pas être mis en cause pour ce qu'ils auront fait qu'il n'aurait pas fallu et pas fait qu'ils auraient dû (ce qui nous sauvent car ils sont au moins contraints de sauver les apparences, et du coup pour partie nos vies), et s'efforcer que des profits même amoindris puissent continuer d'enrichir ceux qui ont financé leur accession aux postes de pilotages de l'État, j'ai moins de scrupules à détacher ma pensée du sort dramatique général pour la concentrer sur mes apprentissages et travaux. 

J'ai donc été efficace dans mon travail du jour pour le comité de lecture dont je fais partie ces temps-ci. Même si une partie de l'efficacité eu lieu dans la chaise longue au soleil (frais) au jardin, puisque l'Homme causait à l'intérieur avec trois autres personnes dans le cadre de sa formation (dont il a finalement été très content, j'ai beau le connaître, je m'étais encore laissée piéger par sa drama-queen attitude), et que la pièce est unique. C'était une efficacité aux fausses allures vacancières.

Et efficace aussi à creuser quelques pistes de documentation, un rêve dans lequel un couple menait une vie minimaliste et régulière à la Jeanne Dielman (son gagne-pain particulier en moins) m'ayant mené à des articles concernant Chantal Akerman dont celui-ci (Libé, Luc Chessel) et celui-là (sur cinergie.be) qui m'a fait prendre conscience d'une de mes angoisses spéciales confinement ou plutôt épidémie de Covid-19 : la peur d'apprendre "de l'extérieur" par les médias pour par une personne venant m'interroger dans le cadre de son métier, le décès d'un·e ex-proche ou de quelqu'un avec qui j'ai un lien juste un cran pas assez intime pour que je fasse partie des personnes directement averties. Et ensuite puisque les cérémonie funéraires sont réduites au strict minimum, ne pas même pouvoir borner la violence du chagrin par la participation à un moment collectif de recueillement.  

La messagerie regorge de messages de reprises : nous allons ouvrir, il faudra faire comme ci ou comme ça. Fort beau message de la librairie Ptyx, soit dit en passant.

La soirée aura été égaillée par un Paris-Carnet confiné, mené sur Zoom par Otir qui interrompait pour nous (il devait être 15h aux USA) sa journée de travail. C'était bien de se revoir même si ça n'est que comme ça. Ma connexion fragile a étonnamment bien fonctionné. Et MGZALLP qui marchait nous aura fait voir l'Arc de Triomphe et ce Paris vidouille qui bientôt disparaîtra [au profit du Paris à foules].

LT vespéral des TG italiens, on en est au stade où l'on pense "Ça suit son cours" d'une situation qui compte dans les 300 morts / jours ; et d'un début de déconfinement, qui semble certes se passer plutôt bien (si l'on en croit la Rai News 24), mais bourré d'incertitudes, même si moins hasardeux qu'en France.

J'ai appris au passage que Florian Schneider, l'un des fondateurs de Kraftwerk venait de mourir, à 73 ans (mais plutôt d'un cancer, si j'ai bien suivi).

 

PS : Je le note ici car c'est peut-être symptomatique de la période : JF a reçu sa paie d'avril seulement aujourd'hui, légèrement amoindrie du fait du chômage partiel (rien de dramatique). 
Et là je le note pour moi en tant que pense-bête : j'en ai profité pour régler les frais de copropriété. Dont une part d'appels de fonds pour des travaux de ravalement de la cage d'escalier. Quand auront-ils lieu, alors qu'ils auraient dû sans l'épidémie déjà être en cours ?
En Normandie passés les quinze premiers jours si calmes, quasi désert sauf pour les courses, les camionnettes d'entrepreneurs locaux de travaux avaient déjà repris leur circulation. 

PS' : J'ai acheté le Canard Enchaîné en ligne comme pratiquement depuis le début du confinement, seulement j'ai été si occupée que je n'ai pas eu le temps de le lire. Du tout. 


 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :

Wordometer covid-19 coronavirus pandemic (depuis quelques temps le plus complet, entre autre parce qu'il indique le nombre de tests ; un pays comme la France qui teste jusqu'à présent très peu a forcément moins de cas officiels que de cas réels)
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE
3 802 230 cas (dont : 263 091 morts (73 797 morts aux USA) et 1 285 716 guéris)