Un dimanche en Normandie, il y a deux ans maintenant
One more day : et enfin le gouvernement (français) se remue un peu

On avance, on avance, on avance (comme dans la chanson)

    

    Et ça n'est plus tant qu'on n'a pas assez d'essence pour faire la route dans l'autre sens, mais que tant que des décisions au niveau national ou régional ne sont pas prises autorisant les petites gens dont la plupart d'entre nous fait partie, à ne pas aller bosser ou à cesser de chercher du travail, notre marge de manœuvre individuelle est très restreinte et son champ réduit aux seules activités de loisirs.

Alors que je suis persuadée, au vu de ce qui arrive en Italie, que le moins pire serait que chacun reste quinze jours ou trois semaines chez soi, je continue donc comme mes compatriotes à faire comme si presque de rien n'était. Et donc à me rendre à des entretiens d'embauche en empruntant les transports en commun (1). À aller à la radio donner ma petite émission. À ne pas me couper de mes ami·e·s, du moins tant que je n'ai pas d'autres symptômes que le petit nez-qui-coule saisonnier. 

J'ai même plutôt tendance à me hâter de faire certaines choses, comme aller faire quelques travaux en la petite maison Normande et effectuer certaines démarches en vue de préparer l'avenir et revoir les ami·e·s que ma période de six mois de travail  vraiment intense m'avait conduite à négliger. Ça n'est peut-être pas très malin de ma part, tout déplacement, toute interaction présente un risque (dans les deux sens), seulement je ne suis pas parvenue à raisonner autrement que tenter de prévoir : 

1/ de retrouver rapidement du travail (et donc d'avoir à nouveau trop pas le temps, quoi qu'il advienne par ailleurs)

2/ de tomber malade (ou quelqu'un de mon entourage) (et donc de passer en mode survie)

3/ une période générale officielle de confinement (et donc, vite, vite, faire l'urgent avant afin de pouvoir rester entre quatre murs sans tourments annexes)

Et pour le 1/ je suis bien obligée, tant que tout le monde va à son travail, d'en faire autant, c'est-à-dire puisque ponctuellement je n'en ai pas, en chercher.

 

J'évite désormais les rassemblements de groupes en intérieur. Ça n'est pas tant par peur pour moi que par égards pour ma fille et parce qu'ayant une vie très active et habitante d'une métropole il me paraît inévitable d'avoir déjà croisé le virus et plus d'une fois. Il n'est pas exclu que je sois porteuse, pour l'instant à mon insu.

Sur France Culture ce matin, le locus of control fort bien expliqué par Guillaume Erner.

Il faut encore rappeler à la plupart des gens qu'il ne faut pas se serrer la main, mais c'est admis. Certains s'excusent d'avoir oublié. J'étais plutôt contente de n'être pas la seule à le faire spontanément. 

La vie semble suivre son cours en France presque comme si de rien n'était. Ponctuellement, un passant masqué. Un peu moins de malotrus qui bousculent les autres, notamment lors des montées-descentes de transports en commun, ce qui n'est pas désagréable.

On échange entre personnes avec accointances italiennes, un peu stupéfaites de voir combien les Français se laissent bercer par un discours gouvernemental qui tend à grandement minimiser la force de l'épidémie. Peut-être aussi une part de notre fabuleuse arrogance, beaucoup de gens semblent croire à cette légende selon laquelle le virus s'attaquerait avant tout aux très vieux. C'est l'éternelle histoire de la condition nécessaire mais pas suffisante : bien évidemment quelqu'un à la santé déjà fragile risque davantage de rencontrer des complications pulmonaires, seulement voilà, de jeunes personnes en bonne santé de départ et bien sportives par exemple se retrouvent également en réanimation. Capture d’écran 2020-03-12 à 01.07.06

Un ami, d'ailleurs, à l'un des siens en réanimation. Pas spécialement vieux. Et non-fumeur. Je sais qu'un exemple ponctuel ne signifie rien du général, il n'empêche qu'entre les malades qui ont tous les symptômes mais ne sont pas testés et deux personnes de ma TL qui connaissent directement des cas critiques, je ne peux m'empêcher de penser que si chacun d'entre nous connaît deux cas critiques et cinq cas de tests qui ont été refusés, ça commence à faire.

J'ai une bonne nouvelle potentielle seulement elle est suspendue à l'avenir général (et à ma propre santé, jusqu'ici tout va bien). Dans la mesure où j'ai déjà subi la désintégration d'un boulot par suite des attentats de novembre 2015, je reste méfiance quant à cette belle perspective stimulante d'avenir professionnel sur fond de pandémie.

 

 

 

Lien vers le site de la santé publique en France lequel ne répond plus (les infos n'étaient plus mises à jour depuis le 7 mars)

Liens vers des statistiques :

Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Oragnization via safetydectetives.com

125 865 cas dont 4 615 morts et 67 003 guéris

 

(1) Pas évident de prendre le vélo pour ce type de trajets un peu particuliers. 

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