Un dimanche encore normal, mais ça commence à devenir restreint
Un reportage d'Arte sur le confinement en Chine

Marcher à travers la ville, par temps d'épidémie

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Ce qui était prévu : aller chez le coiffeur, un déjeuner entre amies, puis une après-midi studieuse à la BNF.

Seulement chez l'amie, ils avaient le rhume ou étaient grippés du coup elle a préféré reporter, par précaution personnelle, mais aussi parce qu'un bébé aurait dû être laissé chez l'assistante maternelle malgré tout et que par les temps qui courent la prudence est raisonnable.

Un des colocs du Fiston l'est aussi. Ils en plaisantent mais l'épidémie de #Covid_19 laisse une amertume, une écume d'inquiétude. Quoi qu'il advienne on y pense.

Du fait du déjeuner qui n'avait plus lieu, j'ai reporté la BNF aussi, car elle n'ouvrait qu'à 14h et qu'aurais-je fait en attendant, et je suis rentrée de chez le coiffeur à pied.

Traversant Paris sous une petite pluie (1), un trajet Sud - Nord sur environ cinq kilomètres, j'ai pu constater de visu  la forte diminution de fréquentation touristique. Un seul groupe de touristes en troupe, asiatiques. Un seul groupe de jeunes en voyage probablement scolaire. Et pourtant j'ai traversé la cour carrée du Louvre et celle de la pyramide, là où habituellement on en croise tant et plus. Malgré la pluie et un panneau annonçant que l'ouverture était incertaine et qu'ils étaient ainsi bien moins nombreux que dab, des gens faisaient la file d'attente à l'entrée du grand musée, sous des parapluies, patiemment. 

À part en cet endroit, c'était impressionnant d'à quel point la ville semblait vide par rapport à son ordinaire de groupes avec guides et cars touristiques. On se serait cru de retour dans les années 80.

Je n'ai croisé que quatre personnes portant un masque sur le visage, dont deux asiatiques, peut-être des Japonaises. L'absence de touristes en voyages organisés et donc de touristes venus d'Asie, combiné au fait que soit il y a pénurie de masques en France, soit ils sont d'un seul coup devenus très chers, soit les personnes n'ont pas peur tant que ça de la contagion, fait que l'on voit moins de personnes avec masques qu'à l'ordinaire. Il me semble qu'en temps normal, un nombre certain de Japonais·e·s mettent un masque en ville systématiquement. 
Personnellement, je n'ai pas encore tenté de nous en procurer. Nous ne sommes pour l'instant pas malades, donc peu de risque de contaminer d'autres personnes, et nous savons que les masques courants ne protègent guère de l'infection. J'avoue que s'ils s'avéraient nécessaires, ça ne me choquerait pas que soit organisées des distributions.

Alors que je longeais un chantier comportant une part de ravalement, une équipe de grimpeurs, harnachés de baudrier et qui arrivait à pied d'œuvre saluait un responsable costume-cravaté : "Je ne vous sers pas la main" dit celle qui semblait les mener (sur un ton de "C'est la consigne") et l'homme répondait : "Bien sûr, bonjour". Plus tard, une video que j'ai trouvée sympa, concernant Angela Merkel, circulera. https://twitter.com/Conflits_FR/status/1234596113170255872.

Sinon, les personnes à l'allure de non-touristes semblaient vaquer à leurs occupations habituelles, toutes les boutiques ouvertes le lundi habituellement l'étaient. J'ai moi-même effectué quelques courses en passant dont certaines alimentaires chez un traiteur asiatique (cuisine de différents pays), vers la gare Satin Lazare, et qui avait peut-être un tout petit peu moins de clients à cette heure qu'avant l'épidémie mais ça n'était pas flagrant, petite file d'attente.

Il y a moins de personnes pour faire la manche. Sans doute parce qu'il y a nettement moins de touristes et donc les spots sont moins attractifs. Y aurait-il une part de crainte de la contagion ? Comment le savoir ? Poser la question à ceux qui sont là revient à la poser à ceux qui n'ont pas peur, ou pas trop.

J'ai effectué mes trajets sans emprunter la ligne 13 qui était pourtant une possibilité. Rétrospectivement je me suis demandée si je n'avais pas ainsi souhaité inconsciemment me garder d'un trajet à fort risque de contamination, parce qu'on y est trop entassés. 

En passant devant un kiosque de la gare : les titres des journaux comportaient pour plusieurs le mot "pression" appliqué à des choses différentes, "contagion" aussi, évidemment. Ils étaient globalement anxiogènes, visiblement pas de consigne générale pour rassurer à tout prix. 

Les files d'attentes de début de mois pour le pass Navigo étaient les mêmes qu'à l'ordinaire, m'a-t-il semblé.

Plutôt que paniquer, on plaisante. J'ai ainsi passé une partie de la soirée à rire de l'humour noir de l'ensemble de ma TL au sujet du #Covid-19.

 

 

 

Personnellement, mon état d'esprit est exactement celui-ci : 

Je ne sais si ça durera. Je pense qu'on peut soudain changer de point de vue et d'attitude si l'on est soi-même directement concerné (malade ou un proche malade). Soulagement triste de n'avoir plus ni de mon côté ni de celui de mon conjoint de vieux parents pour la santé desquels on se préoccuperait avec plein d'états d'âmes : aller les voir signifierait risquer de les contaminer, ne pas y aller, les délaisser. Nous sommes donc tranquilles au moins de ce côté-là, tout en ayant l'illusion à une petite poignée d'années près de ne pas tout à fait faire partie des zones d'âges à risques.

 

(1) J'aime, s'il ne fait pas trop froid et que la pluie n'est pas trop violente, être dehors quand il pleut. Je trouve que c'est là qu'on respire le mieux.

PS : Le salon de coiffure a été entièrement refait et n'y travaillait pas celui qui mettait la bonne ambiance. Je préférais le petit salon d'autrefois aux miroirs dépareillés (ce n'était déjà plus le cas après le réaménagement n-1), d'autant plus qu'à présent une de ces horreurs d'écrans publicitaires, qui surtout sont une aberration écologique, obstrue la moitié de la vitrine. Au moins de l'intérieur on ne voit pas les réclames. Juste un grand panneau tout noir.

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