la vie normale en s'attendant à ce qu'elle ne le soit bientôt plus (C'est assez curieux)
Un dimanche en Normandie, il y a deux ans maintenant

Jusqu'ici tout va bien (comme ils disaient dans le film)

 

    J'avais peu de choses à faire à l'extérieur : une démarche pour donner procuration pour les élections de dimanche - je dois tenter de mettre en ordre ce qui peut l'être avant soit de reprendre un travail (hypothèse haute), soit d'être malade (hypothèse basse), soit d'être confinée car nous le serons tous (hypothèse probable) -, quelques courses alimentaires, un seul entraînement, la piste - celui de natation était reporté pour une absence prévue de notre maître nageur, rien à voir avec l'épidémie -. Donc moyennant les précautions désormais d'usages, lavage des mains et de certains équipements particulièrement soigneux en rentrant de l'extérieur, c'était la vie normale. Comme dans le film déjà ancien La Haine, "Jusqu'ici tout va bien". 

Sinon, mon état d'esprit est celui de qui ne tentera pas de fuir à Samarkand (1). C'est inutile. Je tiens surtout à n'avoir rien à me reprocher dans la contamination éventuelle d'autres personnes, ni non plus de titiller le risque. Donc continuer la vie la plus normale possible tant que c'est possible, faire ce qu'on peut tant qu'on peut, en respectant les précautions de simples usages (lavage fréquent des mains, pas de bises ni de serrages de mains, éviter d'aller s'entasser quelque part sauf les transports quand nécessaires). 

Ça m'embêterait vraiment de quitter cette vie avant d'avoir écrit sul serio, atteint mon meilleur niveau possible de triathlon compte tenu du corps dont je dispose ici, et mis mes affaires en ordre pour ceux qui resteront. Pour le reste j'ai toujours fait du mieux que j'ai pu, ça a donné ce que ça a donné, et si pour quelqu'un qui a eu la chance de naître dans ce pays à cette époque, j'ai quand même essuyé un solide lot de coups durs, et quelques sales conséquences de mauvais agissements de rares personnes, je n'ai jusqu'à présent vraiment pas à me plaindre : tout a été infiniment plus beau, plus chaleureux, plus inattendu, plus vivant que ce à quoi me destinait ma classe sociale de naissance et mon genre aussi - mais j'ai toujours splendidement refusé d'en tenir compte, de ce dernier point, et je suis fière de m'être cognée aux limites autant de fois qu'il le fallait -. J'ai eu le grand bonheur de rencontres formidables, la plupart d'entre elle grâce à l'autre chance inouïe qu'était d'être au bon moment et dans les bonnes dispositions pour accueillir le meilleur de la révolution de l'internet grand public. Il me reste beaucoup à transmettre pour les suivant·e·s ; de cette force que donnent les expériences. Que sera sera.

Sinon ce que j'ai pu observer aujourd'hui : 

une ribambelles de collègues arrivant sur leur lieu de travail bisant une ribambelle de collègues sortant. J'ai eu trop envie de leur faire une remarque, puis je me suis dit mais de quel droit. Beaucoup d'hommes parmi eux, plutôt baraqués. Je me suis dit À quoi bon ils ne vont pas m'écouter. 

sur les lieux de travail des uns et des autres, des consignes et des réunions. Avec des réactions très contrastées, du Ça sert à quoi c'est débile, à Mais ils pourraient arrêter de nous faire paniquer ?, après les gens sont à cran.

le voyage professionnel de l'entreprise du fiston, prévu à Roma, de facto annulé par le confinement général déclaré la veille au soir et effectif à partir de ce matin en Italie.

la plupart des Français doutent encore de la sous-évaluation générale des cas de part le peu de tests effectifs. Je ne tente pas de convaincre à tout prix, énumère quelques éléments que ma fréquentation assidue des infos m'a fait avoir en tête, mais laisse chacun penser ce qu'il veut. Des cas sont apparus dans l'environnement politique au niveau national.

le Patient Un de Codogno respire seul et est sorti des soins intensifs. Si j'ai bien compté ça faisait deux semaines et demi qu'il était sous respiration artificielle. Soins efficaces, bravo et force vitale impressionnante, bravo aussi. Se rappeler si notre tour vient : c'est jouable, en s'armant de patience, d'une infinie patience, on doit pouvoir résister.

l'entraînement sur piste à part les bises ou les serrements de main a eu lieu comme dab. Personne ne tient compte de distances à respecter. Étais-je la seule à penser : peut-être derniers tours de piste avant un long moment de stades fermés ? Côté football plein de gamins, vraiment pas l'impression que la fréquentation ait baissé.

 

Lien vers le site de la santé publique en France

lequel ne répond plus (les infos n'étaient plus mises à jour depuis le 7 mars) Capture d’écran 2020-03-11 à 01.00.47

Liens vers des statistiques :

Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Oragnization via safetydectetives.com

118 582 cas dont 4 262 morts et 64 404 guéris 

(47 743 + 2731 + 1274 + 1247 + 1191 + 990 + 984 + 927 + 724 + 719 + 627 + 547 + 478 + 434 + 320 + 319 + 307 + 295 + 247 + 234+ 227 +170 + 159 + 131 + 131 + 129 + 111 + 101 + 91 + 88 + 78 + 73 + 71 + 70 + 65 + 40 + 33 + 32 + 24 + 22 + 18 + 18 + 18 + 17 + 16 + 12 + 12 + 10 + 9 + 8 + 7 + 28 +15 + 10 + 22)

 

(1) Vieille histoire (légende ? parabole ?) du vizir et de la mort.

Le khalife de Bagdad vit arriver un matin l'un de ses vizirs tout paniqué. Il le connaissait bien et éprouvait pour lui estime et amitié. Alors il s'enquit de son épouvante. 

Le vizir lui raconta qu'il venait au marché de croiser l'incarnation de la mort, qui l'avait regardé de façon menaçante. Il allait mourir dans la journée s'il restait. Alors le khalife l'autorisa à partir, lui fit préparer son meilleur cheval et le regarda filer bride abattue pour Samarkand, ville que son vizir espérait atteindre avant la nuit et dans laquelle il savait pouvoir trouver refuge. 

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