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Chroniques du confinement jour 15 : L'inquiétude gagne ; la vieille structure métallique du jardin est enfin dégagée

    

    Pas de sport prévu si ce n'était le défi quotidien auquel un mouvement de plus s'est ajouté depuis la semaine passée : 

31 abdos - 21 squats - 11 pompes.

Long moment au jardin et ça y est : la structure métallique qui autrefois protégeait le bois pour la cheminée mais ne protégeait plus rien depuis fort longtemps, au point de virer petite tourbière, est enlevée. L'Homme m'a bien aidée une fois que je l'avais dégagée. Puis il a continué à couper les ronciers. 

Pendant ce temps, ayant trouvé un pot de fleur rempli de vieux morceaux métalliques (boulons, anciens frein de vélos, clefs, vieille serrure démontée et une pièce de dix centimes, semblerait-il de 1896), je m'exerçais à l'archéologie.

Notre fille, malade comme pour une rhinopharyngite carabinée allait quant à elle chez notre médecin de famille qui confirmait que ça n'était peut-être "que" ça, mais qu'il fallait surveiller de près l'évolution car il pouvait s'agit du Covid-19 (elle est persuadée que non). 

Échange serrés de messages (SMS) tout au long de la journée. 
Dans un pays évolué, le médecin demanderait alors qu'un test soit effectué, et s'il était positif elle serait prise en charge dans un établissement dédié ne serait-ce que pour respecter une quarantaine stricte et qu'elle n'ait pas à s'occuper de la moindre intendance. Pour qu'aussi en cas de difficultés respiratoires elle soit prise en charge immédiatement dans un établissement équipé. Mais là on est en France, on n'a pas assez de tests donc rentrez chez vous et on verra bien.
Elle a un arrêt maladie de trois jours (parce que bon pour pouvoir télétravailler il faut être en forme) et son frère fera les courses pour sa coloc et pour elle. Heureusement les deux appartements sont dans le même quartier. 

Au soir alors que je regardais par la fenêtre de devant, en prise à l'inquiétude jointe à un sentiment oppressant depuis l'accident de samedi soir, j'ai échangé quelques mots avec la voisine d'en face qui fermait ses volets et ça m'a fait un bien fou. En tant normal, sur cette rue qui est donc une départementale, il y a une circulation qui fait que l'on n'aurait pas pu se parler ainsi à moins de crier. Ils vont bien. C'était bon d'entendre quelqu'un dire Nous allons bien. J'étais contente aussi qu'elle ne semble pas nous tenir rigueur d'être venus avec le risque d'apporter le virus dans nos valises. 
Cela dit, déjà des cas locaux bien avant notre venue. Ça suit son cours, hélas. 

Aujourd'hui était, quoi qu'il en soit, notre dernier jour de quarantaine de précaution pour les "réfugiés" d'une autre région. J'espère que nous n'aurons pas de mauvaise surprise à retardement. 

Nous avons préparé les poubelles avec un soin particuliers, les mouchoirs et gants de protections dans un petit sac à part dans le grand. Bien sûr l'Homme trouvait cette précaution superflue. 

L'accident de samedi l'a marqué aussi. Nous nous sommes faits un petit débriefing au cours du dîner. Lui dit qu'il a su que c'était la voiture qui venait de frôler la haie qui avait fait ce bruit. Alors que moi, pas du tout : du fait d'une rafale de vent au même moment et de l'absence de freinage, et du son impossible à relier à quoi que ça soit d'autre comme expérience identifiable. Quoi qu'il en soit, en parler m'a (nous a ?) fait un peu de bien. À la nuit tombée je sens mon cœur qui s'accélère dès qu'un véhicule passe un peu vite en allant du sud vers le nord comme ce fut le cas pour la voiture accidenté. J'ai cherché des informations nouvelles en vain sur la presse quotidienne régionale. Le fait que cet accident fût incompréhensible ajoute au côté traumatisant. 



Article formidable de Florence Aubenas pour Le Monde qui l'emploie. Elle s'est confiné dans un EHPAD. Son texte fait froid dans le dos et chaud au cœur. Les amies l'on partagé sans que je n'aie initialiser le mouvement, sur notre groupe WhatsApp. Je me suis sentie une fierté, probablement illégitime mais néanmoins profonde. Et j'ai ressorti mon tee-shirt du Comité de Soutien que je mets désormais pour me donner courage (et peu me chaut que ça soit ridicule, étant donné que ça fonctionne de me faire bon effet). 

 

 

 

 

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846 156 cas (dont : 41 654 morts et 176 171 guéris)


Chroniques du confinement jour 14 : En forme !

Je me sentais si en forme aujourd'hui que j'ai modifié ma routine : pas de sieste ! mais le travail pour la réhabilitation du jardin à la place. 

Le matin course à pied (25 minutes seulement, histoire d'être parfaitement dans les clous), le soir une séance d'étirements (toujours par Romain (en lieu et place des Tabata)). Une partie de la matinée, les petites écritures. Et la communication familiale. Je m'inquiète pour la santé de notre fille.

Comme nous sommes à J 14, l'Homme s'est fait un plaisir d'aller (très tôt, à l'heure de personne) chez Aldi. 

J'ai testé en soirée le #ConfiQuizz d'un ami d'Abie. C'était amusant mais bien trop lent. Et puis reconnaître les musiques fredonnées ça n'est pas mon truc, même si globalement ils ne chantent pas (trop) faux.

Pas mal de lectures aussi, et une lessive.

Bref, c'est bizarre à dire par les temps qui courent, seulement si je fais abstraction des nouvelles accablantes du monde extérieur, sur ma petite barque de maison normande, c'était objectivement une délicieuse journée.

Le vent était tombé, il faisait plutôt froid, mais par moment un bon soleil.  

Aux infos italiennes, une récap en mode "journal (diario) de l'épidémie". C'est sidérant à quelle vitesse celle-ci s'est abattue sur l'Italie. On a beau le savoir, quand on a sous les yeux le date-à-date des événements, c'est impressionnant. Terrifiant. So "Station eleven". 

Je pense toujours à l'accident de samedi. Une tension qui subsiste. Rien trouvé comme infos autre que la brève de départ (l'accident, ses lieux et heures et qu'il fut mortel). J'aimerais tellement avoir un début d'explication. Et qui était cet homme, de son vivant ?

PS : vol d'un des premiers tableaux de Van Gogh dans un musée néerlandais. 

 

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777 286 cas (dont : 37 140 morts et 164 446 guéris)


Chroniques du confinement jour 13 : un dimanche sans énergie, l'onde de choc de la veille

    Jour venteux avec dans l'après-midi de splendides giboulées de grêles ; j'en ai compté cinq avec le grand jeu : la lumière qui change, grand soleil et puis très sombre, la grêle qui claque sur les vitres.  Nous avions envisagé d'aller courir dans le cadre de l'autorisation officielle limitée - notre quarantaine tire sur sa fin et sur le chemin de l'arrière, peu de risque de croiser qui que ce soit -, mais la météo nous aura obligé à rester chez nous. Pas même au jardin : froid et vent fort. 

De toutes façons j'avais décidé que puisque c'était dimanche je pouvais ne rien faire.

Ce à quoi je me suis consacrée avec un grand succès. J'ai lu (toujours "Feu de tout bois" de l'amie Elisabeth, ainsi que de vieux journaux de l'année 1939, que mon grand-père maternel conserva et que j'avais à sa mort sauvés in-extremis de la benne. 

Il n'est resté d'actif que les abdos - squats - pompes du matin, les petites écritures du quotidiens, des heures de repas à peu près civilisées, et une sieste à l'heure de la sieste - interrompue par un appel de R. le beau-frère de l'Homme de la maison, mon co-confiné.

Un appel téléphonique du fiston a ensoleillé ma matinée, des messages échangés avec notre fille m'ont inquiétés (elle dit avoir pris froid et me demandait l'autorisation de rallumer les radiateurs alors que j'avais en vain tenter de la dissuader d'éteindre la semaine passée). 

Je suis restée, que je le veuille ou non, marquée par l'accident de la veille, dont j'ai parlé via SMS avec ma sœur ; ce qui m'a fait du bien. Seulement je n'ai pu m'empêcher dans la soirée de guetter avec le cœur battant plus fort, chaque voiture qui passait (pas de chances, il y en eut, malgré que rien ne soit officiellement allégé dans le confinement) ; ni non plus de retarder l'heure du dîner - comme si un accident risquait de se reproduire alors que nous allions passer à table -. Le son du choc, ce bruit métallique sec, bref, fort, impossible sur l'instant à cataloguer, m'est resté en tête et est revenu à mes oreilles plusieurs fois dans la journée.

Parmi les ami·e·s et connaissances : beaucoup de malades en condition de rester encore chez eux, pas mal de guéris mais qui évoquent toutes et tous une forte fatigue résiduelle, une litanie d'annonces de décès de grands-parents. Quelques survivants, également. 

La France est encore minée par cette polémique au sujet d'un médecin qui prône un traitement particulier (à base d'un anti-paludéen, si j'ai bien compris), et ça continue. Au plus grand mépris de patients qui avaient besoin du traitement pour une tout autre pathologie et se retrouvent en danger. 

Tom Hanks et sa compagne vont mieux et sont de retour aux USA. Le chanteur Christophe est en réanimation. 

Je ne parviens déjà plus à répondre aux messages que je reçois. Pour la première fois, la multiplicité des canaux (qui m'écrit via messenger, qui sur WhatsApp, qui par mail, qui via Twitter ou Insta, qui par SMS) me semble présenter une difficulté, mi da fastidio. Le marrant de l'histoire étant qu'au début du confinement j'avais eu la naïveté de penser que c'était le moment ou jamais d'écluser mon retard en la matière.  

En fin de journée grâce @MGZALLP , je me souviens mais un peu tard, que je voulais regarder le piano de plus près, histoire de voir si je pouvais faire quelque chose en vue de le réaccorder. L'énergie m'aura manquée.  

 

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713 171 cas (dont : 33 551 morts et 148 900 guéris)


Chroniques du confinement jour 12 : plutôt une bonne journée (compte tenu des circonstances) mais soudain un très violent accident

    Il y a la gym du matin, le Tabata du un soir sur deux, les travaux du jardin (j'ai dégagé l'essentiel de la structure métallique aux muscles, à la scie, à la hache), des échanges chaleureux avec ma famille, plutôt des bonnes nouvelles dans l'ensemble, compte tenu du contexte, des amis qui guérissent, une petite question existentielle affective - un luxe par les temps qui courent -. Bref, ça allait plutôt pas si mal. Je vois la fin de la quarantaine avec bon espoir, même si je ne serai vraiment tranquille que mercredi.

Et puis à 21h01 (au vu de l'horodatage d'une photo que j'ai prise presque immédiatement après, précisément à cet effet, d'avoir une trace) alors que nous étions en train de dîner, une voiture est passé venant de Lessay, très rapidement. Vraiment très.

J'ai eu le temps de penser : Quand même les mecs qui ont le droit de circuler ils se croient tout permis d'être seuls et ils roulent comme des malades dans les villes (1).

Il y avait de fortes rafales de vents. 

Nous avons entendu un claquement métallique très bref et très fort. 

Ça venait de pas loin du tout, plutôt vers le garage. À cause de la rafale de vent qu'il venait d'y avoir j'ai pensé à un morceau du toit de tôle qui se serait envolé et aurait chu. Je suis montée à la fenêtre de la chambre. Une canette comme celles de bière ou de coca roulait sous le vent, de la ville vers le Aldi et dans un silence de mort ça faisait western quand passent les buissons. J'ai alors vu un homme vêtu d'un survêtement gris clair passer en courant, dans le sens de Lessay vers le centre ville. À première vue rien ne semblait bizarre, si ce n'était sa présence. Rien d'anormal vers le garage. J'ai commencé à me dire Quand même c'est curieux comme cette autorisation de course à pied dans le confinement pousse les gens à courir par tout temps. 

Puis vers la gauche j'ai entrevu deux silhouettes vêtues de noir. Un homme et une femme, il disait je l'ai vu passer il allait à toute bombe, il filait comme un boulet. La femme était déjà au téléphone, il était évident, aux bribes qui me parvenait qu'elle appelait les pompiers. Le premier homme avait atteint une voiture qui semblait près du garage garée contre le mur. En fait elle était en plein dedans. Il est revenu vers les deux autres, qui avançaient vers lui, en disant Il est inconscient. 

Les secours posaient à la femme des questions, nombre de personnes (un seul un homme) état de conscience, s'ils pouvaient ouvrir. L'homme au survêtement gris est retourné vers la voiture, il n'arrivait pas à ouvrir. Finalement ils ont pu par le hayon. 

Mon co-confiné a reconnu le gars en noir (qui entre-temps avait couru jusqu'à la voiture), un camarade de pétanque qui bossait à Flamanville. Il m'a semblé qu'il agissait exactement comme il le fallait, probablement de par son travail formé aux premiers secours. De toutes façons à 21h07, les secours étaient là, les premiers pompiers en tout cas.
Très vite 4 véhicules de pompiers, puis les gendarmes et un véhicule du Samu 50 dont les occupants sont équipés de masques. Les autres intervenants n'étaient pas particulièrement équipés. Des masques sont apparus plus tard.

J'ai LT volontairement pour garder une trace.  

Je suis quasi certaine qu'il n'y a pas eu l'ombre d'une tentative de freinage. C'est pour ça que je n'ai pas relié le passage d'une voiture qui roulait à toute blinde avec le bruit de claquement métallique. 

L'intervention n'en finissait pas. Nous avons terminé sans goût notre repas. Le Samu ne repartait pas. La voiture était déplacée sur le côté. La route barrée. Une petite voiture qui arrivait, elle aussi venant de Lessay a dû faire demi-tour alors qu'un second véhicule de gendarmerie arrivait. 

Vers 21h30 (pas certaine de l'horaire) les cloches de l'église ont sonné. Et c'était d'autant plus étrange qu'à aucun moment nous n'avions entendu les sirènes des pompiers ni le son (sauf un très bref instant comme s'il avait été déclenché comme par mégarde et aussitôt éteint) des véhicules de secours ou de gendarmerie. 

Je ne sais si l'un des deux voisins témoins (l'homme au survêtement gris et l'autre en noir) sont intervenus sur la voiture mais le moteur semblait coupé, les phares assez vite éteints, pas de dangers d'incendie. Je m'étais tenue prête à intervenir (j'ai le PSC1 que diable) mais ils assuraient et vraiment les secours sont arrivés très vite.

Que l'intervention dure était mauvais signe. D'autant plus que les intervenants du Samu ne s'activaient même plus. Ni qu'aucun véhicule ne repartait comme pour conduire d'urgence un blessé à l'hôpital. 

À 22H54 une dépanneuse et le dernier véhicule de secours ont quitté les lieux. L'état de la voiture sur la dépanneuse passant sous notre fenêtre ne m'a pas laissé grand espoir. 

La presse locale qui fait son taf vite et plutôt bien (pas la photo des bons lieux et une légère erreur sur la géolocalisation, mais tout le reste c'était ça) m'a confirmé très peu après ce que je craignais. Le conducteur ne s'en était pas tiré.

Je connais désormais l'un des sons de la mort qui survient. Ce claquement métallique inclassable. 

Cet accident est un mystère. C'est quasiment une ligne droite. Il n'y avait pas un chat (ou peut-être si, un chat qui traversait pile à ce moment là). Il n'y a pas eu de bruit de freinage ou de dévier sa route. Pourquoi roulait-il si vite ? Était-ce un malaise ? 
Quelqu'un suggérait un suicide. J'ai du mal à croire qu'on choisisse délibérément de se jeter contre ce mur là, si discret, si légèrement en biais par rapport à la route. The perfect wall to die ?

Longtemps plus tard, l'Homme de la maison a eu une petite peur retrospective pour notre voiture qui aurait pu être percutée. 

Le confinement a peut-être sauvé des vies. S'il y avait eu des piétons ou d'autres véhicules, ce qui un samedi soir ordinaire à cette heure était tout à fait possible, ça se serait encore plus mal fini. 

 

J'ai quand même tenu à faire mon compte rendu des infos italiennes. Plus de 10 000 morts de l'épidémie dans mon second pays. L'Espagne aussi est très mal partie. Et aux États-Unis une catastrophe supérieure s'annonce, due au coût des tests dans un premier temps et aux dirigeants qui sont resté dans le déni un bon moment. 

Le vent continue de souffler en tempête. J'ai bien fait d'enlever la plus grande partie de la structure métallique sans plus tarder alors qu'elle était déjà bien entamée. 

 

(1) Parce que ce n'était pas la première voiture que j'entendais rouler trop vite. Mais celle-ci c'était particulièrement trop. 

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660 706 cas (dont : 30 652 morts et 139 415 guéris)


Chroniques du confinement jour 11 : S'attaquer à la ferraille, et des nouvelles heureuses de mon amie Claude

 

    Les journées se suivent et désormais se ressemblent, mais de façon paisible tant que la maladie nous épargne : lever, petite gym du défi interne à mon club - de façon amusante, je suis toujours la en gros 10ème à le relever -, toilette, petit-déjeuner, petites écritures du matin, réponse à quelques messages, "jardinage", déjeuner, sieste avec lecture(s), temps libre souvent utilisé à des utilité ou à la suite de l'action au jardin, douche, dîner, écritures du soir et réponses aux messages, puis les infos et la revue de presse sur Rai News 24 tout en la live-touitant. Enfin, écrire un billet de blog au moins quotidien. 

Les jours de session Tabata avec Romain elle s'inscrit avant le dîner et est suivie d'une douche.

Je mets un soin particulier à changer de tenue selon le type d'activité, jardinage, sieste ou autre ... Ça permet de jalonner la journée.

Tout au long de la journée échanges de brefs messages avec les enfants. 

Ce qui fut un peu différent aujourd'hui :

des nouvelles de quelques amies que j'avais un peu délaissées, je l'avoue, et l'Homme recevant un appel sympa de l'un de ses anciens collègues. Des nouvelles de mon amie Claude par SMS puis un coup de fil, puis un mail de quelqu'un chez qui elle est, le temps du confinement, afin de pouvoir lui faire parvenir un document : elle va fort bien, et n'a plus peur de rien, envisageant sa propre mort comme inéluctable de toutes façons - mais sans tristesse, une forme de "j'ai fait mon temps" -. 

la vieille structure métallique destinée à protéger le bois pour la cheminée enfin en cours de démantèlement. Après avoir tenté en vain de desserrer les vis, puis moins en vain de scier le métal, je me suis rendue compte que la rouille était si forte qu'avec mes petits bras musclés, je parvenais à briser les montants (mon côté Hulk, indéniablement). Ça faisait seize ans que je comptais le faire "quand j'aurais le temps". 
D'où que j'écrivais "jardinage" entre guillemets plus haut : c'est plutôt de l'entretien général du jardin. Pas grand-chose à voir avec les plantes. 

L'Italie a enregistré près de 1000 morts du Covid-19 aujourd'hui. L'Espagne et les États-Unis, plus particulièrement la ville de News-York atteignent des taux de catastrophe. 

Bonnes intervention et de Mattarella - il est à la hauteur, ce vieux président, pas comme d'aucuns - et du Pape, avec une fois de plus des images inoubliables : et donc là, devant la place Saint-Pierre vide et ... sous la pluie. 

 

 

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593 291 cas (dont : 27 198 morts et 130 915 guéris)


Chroniques du confinement jour 10 : Ôter un arbre mort, dégager une bâche, et heureusement le Tabata

    

    Ça y est, du moins pour nous qui ne sommes pas tenus par du télétravail - pour des raisons différentes, et c'est assez curieux, que ça soit tombé comme ça - une routine s'est installée : le petit sport du matin, puis le petit-déjeuner et quelque menus travaux d'écriture quotidien, le jardinage, le déjeuner, la sieste avec lecture, encore un peu de travail de jardinage (en l'occurrence aujourd'hui j'ai enlevé un grand arbuste mort), la séance de Tabata avec Romain (un jour sur deux), le dîner, un peu de consultation des réseaux et réponses aux messages, et les infos sur Rai News 24 et le billet quotidien ici. 

Ce fut une journée sans colère puisque l'Homme de la maison ne fut pas pris d'une bouffée d'envie de sortir. 

Et j'ai vraiment bien dégagé les choses dans le jardin. C'était ma satisfaction du jour. Même si Le Fiston auquel j'ai envoyé quelques photos trouve que ça a une allure de fin du monde. En même temps, c'est raccord. 

(et le jardin quoi qu'il advienne aux humains, lui, repartira). 

Ça y est, les États-Unis ont officiellement davantage de cas que la Chine, qui peu à peu reprend une vie normale. L'Italie est également dans les plus de 80000 cas, ce qui en proportion de sa population fait beaucoup plus. 

Nous nous efforçons de le pas bouger, en attendant que ce typhon effarant soit passé.
Je connais beaucoup de personnes malades, mais en mode à se soigner chez elles tant que ça peut encore, et un nombre non négligeable de personnes qui ont perdu quelqu'un de leur parentèle, âgé généralement. 
Ce 10 ème jour de confinement (qui pour nous, privilégiés, passe très vite), a été marqué par les premiers craquages, et ça se comprend. 

Lectures : "Feu de tout bois" d'Elisabeth Horem, une relecture pour partie, mais je vais enfin avoir le temps d'aller au bout, du moins si je reste en forme.

L'Homme fait des cauchemars de guerre et de résistance. 

Notre fille a acheté des cookies par solidarité (1).

Thomas (Gunzig) a fait sa chronique, étonnament en studio. Un de mes amis des réseaux s'est mis en tête de répertorier les abus de verbalisations de la part des forces de l'ordre. On dirait vraiment que certains cherchent à faire du chiffre à tout prix. 

J'ai découvert que j'étais une influenceuse ! (humour noir, bien sûr)

Capture d’écran 2020-03-27 à 00.31.42

 

(1) Si l'article venait à disparaître, voici son amorce :

"Installée à Clichy-la-Garenne depuis le printemps 2017, La Fabrique-Cookies tourne désormais au ralenti puisque neuf de ses dix boutiques parisiennes sont fermées à cause de l'épidémie de Covid-19. Seule celle située gare Saint-Lazare (Paris VIIIe) fonctionne encore a minima. Mais les matières premières, à commencer par le beurre, sont là : 1,5 t au total, soit l'équivalent de 100 000 cookies!

Pour écouler sont stock, le fondateur de l'entreprise, Alexis de Galembert, a décidé de lancer un appel aux gourmands, qui peuvent encore commander par Internet des boîtes de cookies. « Nous avons commencé par donner tous les produits finis à des associations, environ 3 000 cookies », explique-t-il." 
Notre fille disait qu'il y avait une offre : pour 3 commandes, 8 cookies sont envoyés aux hôpitaux.

 

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523 163 cas (dont : 23 639 morts et 122 059 guéris)


Chroniques du confinement jour 9 : débroussaillage, exploration intérieure et bref retour de la radio


    Début de journée sportif. Lors du défi abdos - squats - pompes le temps que je me place au bon endroit pour me compter parmi celles et ceux qui l'avaient fait, je suis passée de 7ème à 11ème : même confinés les triathlètes sont matinaux. 

Encore du grand beau temps, alors encore une partie de la matinée au jardin. Rejointe par l'Homme de la maison après un moment de crise - notre sujet de discorde étant : ne sors pas faire les courses, nous sommes censés être en quarantaine et de toutes façons c'est risqué, donc on attend les plus strictes nécessités ; il est hélas indéprogrammable, c'est impressionnant une telle capacité de résistance au changement -. 

Dans l'après-midi, à un moment donné, je regarde par la fenêtre en me disant qu'entre l'activité du Aldi (OK il y a un vigile depuis la veille ou l'avant-veille, OK il y a moins de véhicules au même moment sur le parking qu'en temps normal, mais cependant) et la circulation sur la route, beaucoup de gens semblant aller et venir du travail normalement, on aurait pu croire à une période habituelle. Et puis passe une voiture, le conducteur masqué. 

En bons ingénieurs, nous avons fini par ... mesurer le jardin. Il fait donc aux imprécisions dues au moyens du bord près : 7,83 m x 5,20 m avec tout un angle occupé par une jolie mais dangereuse (fibro-ciment donc amiante) cabane à outils. Par les temps qui courent, disposer d'une telle superficie est un luxe incroyable. Merci ma grand-mère, merci mes parents (et merci ma sœur qui m'a permis de racheter sa part). Comme après le décès de mon père, les ronciers avaient pris possession des lieux, je les croyais beaucoup plus petits. 

Je prépare paisiblement une brève intervention lors de l'émission de Libre Antenne spéciale tenir bon au temps du confinement qui est prévue sur Cause Commune au créneau horaire habituel de Côté Papier. Je me demande ce que ça donnera techniquement. Mais finalement, avec le téléfonino, c'est bien passé. 

La sieste est brève grâce au boss de mon confiné qui l'appelle même s'il n'y pas pour le moment pas de travail effectuable. L'appel dont j'ignore la teneur, lui a plutôt remonté le moral. Peut-être la confirmation du chômage partiel qui permettrait de toucher un salaire pour cette fin de mois.

J'en profite pour amorcer quelques rangements et dans un carton qui, pourquoi celui-là, était ici et non dans un des box de stockage, je retrouve d'anciens films super 8 - pourrais-je un jour les revoir ? - et ô joie, une revue de presse ... des années 1984 à 1986. Étrange situation du confinement soit dit en passant : les box de stockage avec les cartons du déménagement sont à 1 km environ, peut-être un peu moins. Seulement avec le confinement y aller est exclu. Pour la mer (10 km), on n'y pense même pas.

Ça y est, le cap de devenir prudents quant à la fréquentation des réseaux sociaux car les annonces de tomber malades s'y succèdent sans que l'on puisse y faire quoi que ce soit, est franchi. Même si la plupart des malades que je connais sont dans les catégories symptômes légers à costauds mais soutenables, c'est difficile. Et avant tout pour les principaux intéressés. L'Homme se pose vraiment la question de quelques soirées où il s'est senti mal il y a deux semaines - je me console de l'absence de tests disponibles au niveau national pour son cas précis : même s'ils l'avaient été il ne serait pas allé se faire tester, préférant jouer les drama queens as usual, à se poser de façon lancinante la question de Et si ? -.

Le Prince Charles est atteint. Ce virus n'épargne décidément personne. La reine irait bien.

Belle séance au parlement ... italien.

Vers 22h une scène étrange à laquelle j'assiste par la fenêtre arrière : une voiture de gendarme qui en poursuit une autre, vers le quartier des maisons préfa. gyrophares. Des cris : Arrête-toi ! Mais arrête-toi ! et j'ai le temps de me demander s'il s'agit d'une sommation. Puis je vois quelqu'un en uniforme arriver en courant et remonter dans le véhicule à gyrophares. Je ne saurais sans doute jamais ce qu'il s'est passé. Quelque chose d'inhabituel, oui, une course-poursuite. Mais sinon, quoi ? 

À 19h30 les cloches ont sonné. Pendant dix minutes d'affilée. J'ai heureusement trouvé facilement l'explication car j'ai beau être mécréante, j'avais pigé que quelque chose d'inhabituel se tramait.

Bonnes nouvelles des enfants. Notre fille devait aller à l'hôpital (prévu de longue date, traitement chronique indispensable) que la forte fréquentation du métro a impressionnée. Ainsi qu'une longue longue longue file d'attente devant la poste. 

 

 

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451 355 cas (dont : 20 499 morts et 112 982 guéris)


Chroniques du confinement jour 8 : Jardinage et Tabata, c'est du confinement luxueux, on dira (tant que ça va)

 

    Encore un jour de temps radieux, quoi que pas si chaud, et dès lors l'activité principale allait à nouveau pour moi être le débroussaillage. Je croyais ce jardin très fourni, une fois ôtés les ronciers, il n'en est rien. 

Je pratique le jardinage lent : le but est de marcher et s'aérer, la finalité (désherber) est accessoire et non urgente. J'ai réparti dans trois angles trois types de branchages récupérés (morceaux de bois assez consistants pour plus tard contribuer à un feu dans la cheminée, petit bois et gros tas de ronciers et autres) : ainsi je fais forcément un nombre de pas conséquents. 

 

Capture d’écran 2020-03-24 à 18.14.03

(pas mal pour une activité dans un jardin de 4 m x 7 m environ). Je me pose des questions sur le nom de l'arbre du fond, lequel après avoir été massacré entre octobre et février, repart, et c'est beau.

Il devient pratiquement impossible d'empêcher mon confiné d'aller faire des courses, certes d'alimentation, mais qui pourraient attendre au moins lundi (fin de notre auto-quarantaine). 

Soudain, il éprouve le besoin de faire du repassage. Le truc totalement inutile en confinement : qui verra que sa chemise n'est pas exactement repassée, à part moi ? Sauf que c'est une consommation électrique superflue et que la table dans le logis pas si grand encombre.

Je parviens enfin à terminer une lecture qui n'était pas si aisée (ou au contraire trop et je m'y ennuyais). Les formulaires ont changé pour l'autorisation de sortie. Irons-nous courir ?

Au soir c'est l'heure de la séance Tabata par Romain qui fait vraiment ça super bien. Le fait qu'il soit en famille est chouette, on se sent en communauté de petites familles confinées.

Le fiston vient de recevoir son lit. Et passe chercher des draps chez nous donc chez sa sœur tout en lui apportant des courses. Elle souhaite avec raison sortir le moins possible, seulement il lui faudra aller à l'hôpital pour son traitement. Nous communiquons activement. Tout va bien pour l'instant. 

Les infos italiennes sont encourageantes mais si sombres : c'est la progression du nombre de cas qui ralentit (mais pas le nombre de cas qui diminuent déjà, ne rêvons pas). En France le ministre de l'agriculture a trouvé moyen de dire que les gens qui étaient sans travail du fait de l'épidémie pouvaient se porter volontaires pour aller bosser aux champs. C'était tellement stupide à plus d'un titre : déplacements, activités en commun tout l'inverse de ce qu'il faut faire pour ralentir une épidémie, et quel mépris pour le travail des paysans qui ne s'improvise pas et demande à tout le moins un certain entraînement, que j'ai cru à un sale canular. Seulement aux dernières nouvelles il semblerait que non.

Cela dit, le passage des engins agricoles qui ne cesse pas, est un élément de réconfort dans notre vie recluse le long d'une rue passante : le pays tourne encore, malgré le nombre de cas.

Les J.O. de Tokyo, ça y est c'est officiel sont reporté en 2021. Mais ils s'appelleront quand même Tokyo 2020. #NotreÉpoque. 

C'est le fait qu'il y aurait une trop grande disparité d'entraînements qui l'a emporté. 

 

Lien vers le site de la santé publique en France 
Liens vers des statistiques :
Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Organization via safetydectetives.com

415 876 cas (dont : 18 514 morts et 107 811 guéris)


Chroniques du confinement jour 7 : Où sont passés les lombrics ?

 

   J'ai failli écrire : "le train-train", ce qui semble fou, bête, injurieux pour qui est sur le pont en ces jours difficiles mais voilà, nous sommes un vieux couple confiné dans un endroit agréable où j'ai beaucoup à faire pour réinstaller les choses après des travaux, alors voilà, oui, je me suis fixée un programme et même si je sais qu'il peut être interrompu d'un jour à l'autre par la maladie, je m'y tiens. 

Alors il y a le défi abdos - squats - pompes qui occupe un peu le matin, puis quelques petites écritures et ce qui est devant être fait - d'ailleurs je me rends compte en l'écrivant que j'ai oublié une légère corvée administrative -, de la lecture, une sieste, le soir à 23h les infos puis la revue de presse sur Rai News 24 tout en les Livetouitant ; les repas à des heures presque civilisées - un peu plus tard qu'un jour de travail -, et la tenue de ce blog.
Un jour sur trois ou quatre, une lessive. 

Des lectures "pour le travail", et d'autres "pour le plaisir personnel". Je traîne un peu sur l'une des premières ces jours-ci.

Des messages et un ou deux appels téléphoniques. J'ai appelé ma sœur, nous avons bien parlé, ça faisait du bien. Et eu mes deux enfants, selon des canaux différents, chacun sa préférence. J'ai appris que l'un faisait les courses pour l'autre et j'en ai été heureuse, rassurée et émue.

Il faisait un temps sublime de printemps alors j'ai passé l'essentiel de mon temps disponible de la journée à débroussailler le jardin. L'espace au centre commence à être libre pour circuler (plus tard : jouer à la pétanque ?). Il faut bien l'avouer : ce fut un plaisir. 
Mais j'ai une question : alors que la terre, que j'ai dû creuser à la bêche en plusieurs endroits pour ôter les racines, est riche et grasse, pas un seul lombric en vue. Serait-ce trop tôt en saison ou bien qu'ils ont été un peu trop bien éradiqués [pas par moi, zéro pesticide, tout à la mano] ?
L'Homme est un peu venu m'aider en fin de matinée. Il est toujours dans la lecture des romans de Modiano. Grâce lui soit rendue (formulation volontairement ambigüe).

Une de mes amies de l'internet a, sur Instagram, écrit ceci "Ce qui me rend doucement zinzin je crois, c'est le décalage entre notre quotidien feutré, calfeutré, ralenti, et les drames petits et grands qui se jouent chez les autres au même moment. Et je suppose que ça doit faire mal aussi dans l'autre sens, quand on va au feu de gré ou de force en sachant que pour d'autres le confinement est une parenthèse douce et bucolique. Comment faire tenir tout ça ensemble, cognitivement ? Quel sens, quelle cohésion trouver à cette histoire ?
Vous me direz, pas besoin d'un virus pour constater l'absurdité et la disparité de nos existences. Certes. Je suppose que le virus rend simplement tout ça plus aigu." suivi de liens vers des textes qu'elle a lus et appréciés.
Je ne peux qu'y souscrire. 

En France une polémique est née d'expérimentation d'un traitement ... dont l'utilisation sauvage prive dès lors, tous les patients qui en avaient vraiment besoin pour le traitement de leur maladie de celui-ci. 
En Italie on se félicite avec prudence de la baisse de rythme de l'augmentation des morts. Oui, on en est là.

 

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374 921 cas (dont : 16 411 morts et 100 927 guéris)


Chroniques du confinement jour 6 : première séance de Tabata (grâce à Romain Pourrat) et un chouette coup de fil

 

    Un peu d'exercice physique en ce dimanche, pendant lequel j'avais décidé de ne pas travailler ; ce qui en la période signifiait : rien pour le comité de lecture, ni pour la radio, ni de boulot administratif (s'occuper de l'absence de sous, en particulier, mais régler quelques factures) : au matin, dont le défi interne au club avec constitution d'une cagnotte pour un apéro géant quand nous serons vivants et au soir avec pour moi la première séance de Tabata grâce à Romain Pourrat, un des jeunes du club qui fera plus tard un excellent entraîneur, prof, coach.

Nous avions donc 6 exercices, des classiques pour travailler les abdos, à effectuer par séquences de 4 minutes comportants des séries 20 secondes du mouvement, 10 secondes de récup. Avec les explications, concises et efficaces, ça prenait 30 minutes en tout. Les voir à l'écran - toute la famille fait partie du club de triathlon -, faisait un bien fou. Ils sont, nous sommes, ils seront, nous serons bien vivants. 

Quant au défi interne il s'agit d'effectuer chaque jour : 

30 abdos
20 squats
10 pompes

Et nous rajouterons un mouvement de plus à chaque série chaque semaine du confinement. Si ça dure 10 ou 15 semaines j'aurais des abdos sculptés mais un peu de mal avec les pompes. 

Pas mal de lecture, aussi. Et une sieste somptueuse. Si nous ne tombons pas malades, ce qui serait une bonne surprise, vu nos vies citadines et ses trajets en transports en commun, il se peut que je sorte du confinement enfin défatiguée. Pouvoir dormir quand mon corps le réclame me fait tellement de bien. Au fond la thalassémie n'est handicapante que parce que dans la plupart des emplois on ne peut s'accorder de faire des pauses dormies de 15 à 20 minutes quand la carcasse le réclame. 

J'ai reçu un coup de fil pour mon émission de radio. Je n'ai pas le matériel, ni surtout la connexion pérenne, pour pouvoir la maintenir pendant cette période et ils souhaitent utiliser mon créneau horaire pour une antenne libre spéciale confinement, mais je devrais pouvoir y intervenir par téléphone. Cet appel m'a fait du bien au moral (merci Valentin). Mon interview de samedi a été diffusée ce matin. J'ai reçu par ses soins le lien pour télécharger l'émission.

Le travail des jours prochains sera, outre de préparer une brève intervention au sujet d'un bouquin bien à lire par ces temps particuliers, de bien nettoyer après sauvegardes et tri mon ordi des photos les plus anciennes afin de pouvoir ensuite télécharger les applis de communications collectives. Trois groupes au moins que je fréquente appellent à rejoindre se causer. Si c'est ponctuel et bien délimité dans le temps, ça peut être bien.

Je n'ai pas le cœur ce soir de relayer les infos générales sur l'épidémie. Malgré une politique en France de peu de tests faits, seulement dans certains cas, leur nombre s'envole et aussi celui des décès. Des Ephad sont atteints et ça commence une catastrophe pour les plus âgés, qui ne sera correctement chiffrée (puisque beaucoup vont mourir sans passer par la case "hôpital") que si le gouvernement souhaite nous voler, comme en 2003, un jour férié.

Nouvelles réconfortantes échangées avec les enfants. Jusqu'ici tout va bien. 

Un rituel se dessine de plus en plus nettement : sport tôt le matin, mission de la journée (jardinage, bricolage, rangement pour la maison) le matin après le petit déjeuner et les écritures du quotidien ; sieste - lecture après le déjeuner, puis du temps pour une activité effectuée sans enjeux, sport encore, un jour sur deux (merci Romain et certains jours Vivien), dîner, échanges de nouvelles avec les proches, infos et revue de presse sur RaiNews24 livetouitées ce qui en fait un bel exercice, et écriture du billet de cette chronique du confinement. Si nos santés se maintiennent et que l'approvisionnement reste possible pour l'essentiel, et que les communications continuent de fonctionner, je devrais être capable de tenir très longtemps, malgré le fort manque de "vrai" sport (faire du vélo, courir dehors, nager) et de voir celles et ceux que j'aime, famille et ami·e·s.

Il n'y a presque aucun passage sur la rue pourtant habituellement fréquentée. Je ne parviens pas à trouver ça angoissant, du moins pour l'instant. Je suis plutôt fascinée. Il m'arrive de rester un moment à écouter le silence. Et le savourer. 

J'ai répondu à une étude américaine en ligne sur la perception individuelle de la situation. Je nous sais en danger, suis sans illusion sur ce qu'il advient si ça dégénère, sais aussi que le confinement va durer, que l'après sera un combat, même si nous sommes tous les quatre dans un globalement moins pire des cas. Pour autant, d'avoir vécu depuis l'enfance dans l'imminence de ma propre mort me fait rester calme : ce risque est pour moi perpétuel et quotidien. L'épidémie précise la nature du danger et le rend plus probable et plus proche. C'est tout. Et mes lectures m'ont déjà préparée à vivre ce que nous vivons, certes par identifications à des personnages, mais il n'empêche que voilà, quand d'autres sont sous le choc, je n'éprouve qu'un terrible sense-of-deja-vu et j'ai à ma disposition tout un lot de choses auxquelles les personnages m'aident à penser. Et pour l'instant, même si tout peut voler en éclat du jour au lendemain, ça fonctionne, et plutôt bien. 

Enfin, avoir la lecture pour addiction et une bonne petite bibliothèque à disposition est une bénédiction en cas de confinement. 

 

PS : Le petit réconfort du jour : parmi les quelques CD présents en ces lieux, un best off d'Abba acheté il y a quelques années lors d'un lot de soldes au Carrefour market (je crois qu'ils liquidaient leur rayon CD en se disant que tout le monde désormais écoutait sur fichiers). Nous l'avons écouté, tout réjouis, comme sauvés. 

 

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329 862 cas (dont : 14 378 morts et 97 846 guéris)