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Finie la journée

 

    Souvent je me rends compte des choses quand l'inverse survient, ou de la tension dans laquelle une situation me mettait lorsqu'elle cesse. Je crois que ça vient de ma bécassinebéatitude, un truc de naissance qui me fait voir de prime abord le bon côté des choses, de la vie et des gens, et seulement après, où lorsque ça devient vraiment insupportable, les parts sombres ou abusives ou l'épuisement.

Ainsi aujourd'hui j'ai pris conscience que je travaillais trop. Je ne parle pas du boulot qu'on abat dans le cadre d'un emploi, mais du travail de la vie quotidienne et des projets perso, ce qu'on se fixe soi-même à accomplir. 

Ce n'est pas volontaire ni le fait d'un conditionnement, ou peut-être si, de classe sociale, mes parents et leurs parents et sans doute encore avant faisaient partie de la classe laborieuse et les vies sont entièrement axées sur les tâches à accomplir. Seulement typiquement, si je dispose d'une de mes journées dans une période dépourvue d'urgence brûlante (1) mais avec des choses, des menus travaux, des tâches à accomplir sans trop tarder sinon il faudra les faire dans la précipitation, je me réveille avec une sorte de programme en tête, sans l'avoir rédigé (to-do list, je n'y ai pas recours souvent ou alors pour les choses pour lesquelles j'ai le temps et que je crains d'oublier au gré des péripéties de la vie), sans l'avoir voulu : hop au boulot de la journée.

Et je m'y tiens sauf perturbations extérieures. En commençant généralement par ce qui demande le plus de bonne forme physique ou d'efforts tout courts (telle corvée administrative, telle tâche ménagère), en me ménageant un temps de sieste sauf si je me suis levée tard (i.e. après 9h30). Le hic c'est que dès que ça se dégage un peu j'ai déjà en tête une suite de programme et j'enchaîne. 

Et puis un jour, généralement un dimanche non travaillé, je tombe épuisée et je dors ou dors-lis toute la journée, récupération obligée.

Ça n'est pas très malin car parfois, le jour suivant est au radar aussi, or il peut tomber un jour de travail nourricier. 

Le triathlon m'a appris à intégrer aux entraînements une part de récupération. Et du coup au travail de la vie de tous les jours des limites. Non, travailler jusqu'à devoir s'aplatir devant une retransmission sportive, un bon livre (qu'on ne saura bien apprécier) ou une série, n'est pas très malin. Alors désormais je me fixe des points à passer et quand c'est fait, stop : demain est un autre jour (2).

Ainsi aujourd'hui, alors que le planning était chargé car calé sur une mission précise : libérer LA pièce de la petite maison de #MaNormandie avant des travaux sérieux, j'ai décidé de m'arrêter lorsque j'aurais accompli certaines tâches, sans chercher à m'avancer. Au besoin nous partirons un peu plus tard demain. 

Alors j'ai achevé ma journée de travail domestique à 20h35 environ en ayant laissé du temps paisible pour les repas (3), en ayant réservé du temps pour un minimum d'entraînement avant la vraie reprise mardi, en ayant pris du temps pour le cimetière. 

Et à présent dans une journée qui fut sans relâche mais calmement, il me reste un peu de temps pour vaquer à mes occupations calmes : écritures, lectures, photos et courriers familiaux ou amicaux. Je sais que ces bonnes résolutions d'équilibrer les choses ne résisterons pas à la reprise du travail rémunéré, il n'empêche j'écris ici pour me le rappeler dès que je retrouverai un usage courant de dimanche, de week-ends, et de jours fériés.

 

(1) Quelqu'un est gravement malade ou mort ; il y a un déménagement à faire ; il y a une urgence avec date limite administrative ; il y a un dégât des eaux et il faut parer au plus pressé etc.

(2) Cela dit pour certaines tâches ménagères et les tâches administratives je dois aussi beaucoup lutter contre la tentation de la procrastination. Il me faut beaucoup d'énergie pour accomplir une tâche administrative que la plupart des gens accomplit sans trop y penser. 

(3) En Normandie on mange bien pour un coût raisonnable.


Ce matin j'ai posé

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Ce matin j'ai posé un livre auprès de ma place pour prendre mon petit déjeuner et puis en regardant vers le jardin j'ai vu qu'il manquait une grande partie de l'arbre du fond, que ses branches principales avaient été arrachées. Je suis allée voir ça de près. J'ai décroché une des branches qui n'était plus que suspendue au dessus de celles qui subsistaient et me suis plantée deux échardes dans la main droite.

Suis rentrée, ai tenté de prendre mon petit déjeuner mais j'étais dans un état curieux, incapable de me concentrer. Rien n'avait de goût. J'ai alors reçu alors que je m'apprêtais à prendre des outils pour tenter de au moins nettoyer les parties arrachées, un de ces coups de fil qui sauvent : j'avais trouvé du boulot au moins pour les deux prochains mois. Et pas un boulot de traverser la rue pour sauver sa peau financière et rendre heureux Président Macron (1), non, un vrai travail qui correspondait à mon métier. 

Entre temps l'homme de la maison s'était mis en tête de réparer la chasse d'eau et j'ai commencé à débiter à la hache la branche tombée.  

Nous sommes partis acheter du petit matériel de bricolage, du coup c'était Coutances et d'autres achats (vêtements de sport, coupon cadeaux à écluser), du coup il était plus que l'heure de déjeuner ce qui fut fait à La Taverne, seul endroit à nous accepter encore à 13h56. En repartant j'ai réfléchi que si nous souhaitions voir la mer de ce week-end bien occupé ça allait être le moment. 

Le vent soufflait, assez déchaîné mais pas jusqu'au sentiment de danger. 

Belle ballade impromptue à Agon-Coutainville et son très beau lungo-mare piéton. 

Je ne peux passer dans cette ville sans entendre la voix de Philippe Bouvard dire "Et maintenant une question de Madame Le Prieur d'Agon-Coutainville". C'est curieux comme cette émission est synonyme pour moi de bricolage (la radio qu'on écoute lorsque l'on en fait, mais sinon jamais). C'était la grande époque d'avec Darie Boutboul qui avait du répondant et avait fait de son mari une sorte de personnage de semi-fiction. Et puis il avait été assassiné et puis c'était fini. Et je crois que je n'ai plus écouté l'émission depuis.

Ensuite nous sommes rentrés, ressortis pour acheter de quoi dîner et moi une loupe pour tenter de voir mes échardes et les ôter, ce qui fut fait. Puis je suis ressortie acheter une scie pour les branches d'arbres (juste en face chez Aldi), puis je me suis occupée du pneu crevé d'un des vélos, et ensuite de prendre une douche, c'était la fin de la journée.

C'est alors que j'ai retrouvé le livre, qui depuis le matin et d'avoir trouvé bizarre l'allure de l'arbre au fond du petit jardin n'avait pas été ouvert, n'avait pas bougé. 

Qui croit encore que nous partons en Normandie pour nous reposer ? 

 

 

(1) Pour les éventuels lecteurs de longtemps plus tard, allusion à une déclaration faite à l'emporte-pièce à un jeune homme qui lors d'un événement où un peu de peuple croise le président de la république française, l'avait interpellé sur le fait qu'après sa formation d'horticulteur il ne trouvait pas à s'embaucher. 


Ma Normandie me déçoit

 

    En août j'ai eu une fausse joie : j'ai cru que la petite ville de #MaNormandie s'était mise à la transition écologique et procédait la nuit à l'extinction des feux. Les principaux carrefours restaient éclairés et pour le reste : le noir. C'était beau. On voyait de nos fenêtres les étoiles. 

Alors ça n'aura été que sur une période puisqu'à présent c'est revenu, la lumière dans la petite ville toute la nuit sans arrêt. 

Je suis une indécrottable optimiste, au fond ; toujours prête à croire que l'on va vers le mieux.

Une maison que mes grands-parents possédaient et dans laquelle ma grand-mère et son dernier-né étaient mort à la fin de 1944 vient d'être vendue. Je l'apprends par le panneau "à été vendue" accroché par une agence. Si seulement j'avais su qu'elle était à vendre j'aurais pu tenter de faire quelque chose (1). C'est irrationnel mais j'ai ressenti cette vente sans que je puisse au moins tenter ma chance comme une trahison. Et le fait de ne l'avoir pas su comme un grave manquement à la mémoire de mes ancêtres, comme si j'avais commis une faute vis-à-vis d'eux.

 

Un arbre de type acacia que nous avons au fond du petit jardin a subi une violente attaque de quelque chose : branche principales arrachées. J'en ai ramassé une. Le reste étrangement n'y est plus. Y aurait-il eu une tempête particulièrement meurtrière entre le 2 septembre et le 1er novembre ? Le propriétaire du champ derrière, où paissent des vaches - je ne vois pas trop en quoi un arbre de taille modeste au fond de notre jardin aurait gêné même s'il dépassait un brin de la clôture (2) - serait-il un malotru ? Ça me paraît insensé.
Que s'est-il passé ?

Je vais essayer de sauver l'arbre puisque le mal est fait.

 

(1) Ma mère et ses sœurs avaient souhaité la vendre au lendemain de la mort de leur père qui l'avait toujours conservée mais la louait (il habitait au dessus et derrière sa boutique, sur la place de la petite ville). Pour elles cette maison était celle du malheur. Pour moi elle est celle de l'âme de ma grand-mère (et aussi : très belle à l'intérieur, un oloé parfait ; j'adorais son grenier). Bref lors de la vente précédente, je n'avais pas eu voix au chapitre.

(2) Et quand bien même, il convenait d'abord de nous contacter.


Les maths me manquent (et la physique aussi)

 

    Seulement j'ai bien conscience que mes capacités de compréhension et recherches de solutions (même pour le plaisir) ne sont plus ce qu'elles étaient. Je me souviens d'un temps où en y mettant assez de patience et d'application, beaucoup plus que les vrais bons qui eux l'emportaient aux concours, rien ne pouvait résister à ma compréhension. Il est révolu depuis le milieu de la trentaine (en âge) et je me sens comme un vieux perchiste qui a gardé une bonne condition physique mais perdu son explosivité : les barres hautes, ça ne passe plus.

Alors ça me fait du bien de regarder les videos de David Louapre et lire son blog, lire aussi celui de David Madore ça me console un peu et apaise mon cerveau. Merci à eux pour leurs efforts de pédagogie et vulgarisation.


Réduction (relative) des espaces publics

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J'avais une brève course à faire et quelques menus travaux administratifs et c'était les seules contraintes de cette journée de récupération entre deux périodes. Alors en revenant vers chez moi, comme il ne faisait pas trop froid, j'ai eu envie de faire un délicat crochet par un jardin public où je n'avais pas mis les pieds depuis un paquet d'années. 

Il était en cours intérieure d'un groupe d'immeubles du quartier.

Arrivé à un certain point de la rue, je suis revenue sur mes pas : j'avais probablement loupé l'entrée. 

Puis j'ai pigé. L'entrée était bouclée, ce n'était plus un jardin ouvert à tou·te·s mais désormais, et peut-être depuis un bon moment, un espace intérieur, privé pour les immeubles qui le surplombaient et réservé à leurs habitants uniquement. 

Dans la même zone, depuis des années subsiste un jardin autrefois équipé de jeux pour enfants et qui lui aussi a été bouclé - et pour le coup fermé complètement -. Et il y a également la Cité Jouffroy Renault, laquelle a toujours été privée d'aussi longtemps que je connais le quartier mais était ouverte au passage des piétons - comme la cité aux fleurs dans Paris -, on pouvait s'y promener et bien souvent j'y ai baladé mes enfants. Seulement depuis une quinzaine d'année elle est fermée par une grille, avec à certaines heures un gardien. Même un petit piéton est indésirable. 

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Vers Chance Milly, une partie d'un espace vert jouxtant le cimetière a été transformé en parking, certes en préservant les arbres, du moins pour le moment, mais là aussi un lieu où mes enfants petits jouaient est devenu inaccessible.

Dans le même temps et non loin de là, les jardins Bic ont certes été ouverts, grâce à la mobilisation d'une association de riverains qui avait évité le bétonnage intégral de l'emplacement des anciennes usines Bic, mais pourquoi a-t-il fallu que ça soit à la place plutôt qu'en plus ? 

La densité de population est forte et augmente à chaque nouvelle construction élevée qui remplace des immeubles anciens encore bas, les espaces verts ou de circulation calme ne sont pas en excès. 
Alors c'est dommage, ces jardins supprimés. 


Deux ans après (Vive les ami·e·s !)

Il y a deux ans je me faisais voler mon sac avec à la fois l'ordi et l'agenda papier (avec un vieux et précieux répertoire), quelques mois après que mon téléfonino m'avait été subtilisé. Les sauvegardes de l'ordi m'avaient permis de restaurer beaucoup de données mais vraiment pas tous les contacts et pas ceux pour qui il se faisaient plutôt par téléphone et se voir en vrai, et ceux-là à ce moment précis n'étaient pas entièrement reconstitués. Ça se combinait avec une phase de plusieurs années peu favorables aux temps amicaux (2015, maladies, deuils, déménagement de succession, travail à plein temps ou un peu loin ...)
 
Deux ans après j'en suis encore, peu à peu (merci les réseaux sociaux), à recontacter certains de nos amis.
Bon, au moins ça nous fait de jolies retrouvailles.

Je ne rentre (presque) jamais à 18h

    

Aujourd'hui, j'avais un rendez-vous important pour mon futur proche professionnel, qui a duré le temps que l'on puisse parler vraiment (1), dans un quartier jouxtant Paris et que j'aime bien, notamment grâce à Martine Sonnet, un semi-marathon réussi et par ailleurs quelques vadrouilles d'avant et d'après matchs de la coupe du monde de football femmes, dont un restaurant succulent. 

Alors j'ai décidé de rentrer sans trop tarder - j'ai du travail de la maison et du travail pour préparer mon émission "Côté Papier" du lendemain -, mais non sans m'accorder un chemin semi-buissonnier. Alors je suis allée chercher un tram et j'ai effectué à La Défense un changement pour prendre un train qui me déposerait non loin [de chez moi].

Ce faisant je me suis trouvée dans ces transports vers 17h15/17h30 et à la maison vers 18h.

Dans la foule de ces heures-là. Dans le mouvement des personnes qui sortent du travail avec de tels horaires. Qui sont en fait des horaires de bureaux moyens normaux de semaines de 35 ou 39h. J'étais surprise de voir tant de personnes si tôt, puis j'ai compris.

Du temps de mon premier métier, ingénieure qui tripatouillait des bases de données, j'étais cadre et fors les toutes premières années, ça signifiait des journées de 9 à 10h payées 8h, et la période d'enfants petits où je filais à 18h soit quand même 30 bonnes minutes après l'heure théorique, c'était pour chercher un enfant qui à la crèche qui à l'école et j'en fus fort mal vue le temps que nous trouvions une solution. Et du coup si je terminais relativement tôt ça n'était de toutes façons pas pour rentrer directement à la maison.

Ensuite je suis devenue libraire et une librairie, c'est normal, ferme rarement avant 19h, généralement 19h30 théorique et plus près de 20h en pratique. Sans compter les établissements pour lesquels j'ai eu de bons petits trajets - en les faisant en #Vélotaf ça ne m'a que très très rarement pesé -. Alors retours maisons vers 20h45 ou 21h.

Si l'un de mes jours de repos tombe ou tombait en semaine j'en ai toujours profité pour aller travailler pour mes projets personnels à la BNF. Ces journées étant comptées, j'y reste souvent un maximum possible. Retours à 20h45 aussi.

J'ai donc ce soir découvert le charme d'un retour chez soi à 18h, comme finalement pas mal de gens et qu'effectivement, on peut alors avoir la sensation qu'il y a une vie après le travail, de la place pour du sport ou d'autres engagements. Je n'ai pas l'habitude, je trouve ça surprenant. Mes enfants étant adultes je n'en ai plus tant besoin, mais je comprends soudain mieux bien des choses : j'avais tout simplement oublié que ce genre de régularité et de disponibilité dans un emploi du temps pouvait exister. 

La plupart des personnes que je fréquente exerce des métiers où les horaires sont décalés ou sans limites précises. 

Et j'ai hâte de reprendre une vie de libraire, même si son rythme est bien différent. Hâte aussi de reprendre les entraînements, une fois passés les congés scolaires.

Au passage, j'ai découvert que La Tour, que je connais plutôt en journée, en dimanche ou le soir tard assez éteinte, aux heures encore utilisées mais néanmoins nocturnes d'hiver était très illuminée. Et qu'une crèche était ouverte, en fait peut-être depuis déjà un moment, dans mon quartier. C'était la première fois où je passais devant à une heure d'aller et venues et de lumière allumée. Le quartier où l'on habite n'est pas exactement le même selon que l'on est ou non en activité. Je le savais, mais n'en avais pas déjà pris conscience de façon aussi ... lumineuse.

PS pour les éventuels cambrioleurs : ce n'est pas parce que je rentre plutôt tard que les autres membres de la famille en font autant.

 

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(1) Dès lors quoi qu'il advienne, je n'aurais pas perdu mon temps. C'était de belles rencontres.


Devenir "clients" c'est mauvais signe (dans certains cas)

 

    Pas mal de points m'ont marquée du nouveau film de Ken Loach "Sorry we missed you", outre qu'il montre la vie de tant de gens comme elle est, des gens de bonne volonté qui n'ont rien à se reprocher mais que le capitalisme mondial, sans contre-poids désormais, est en train de dévorer - moi comprise si la retraite n'arrive pas à temps -, mais des dialogues aussi, des détails du diable.

Ainsi cette phrase glissée discrètement parmi les remerciements, en générique de fin : 

"Thanks to the drivers and carers who shared the informations with us but did not want to leave their names"

Ainsi la mère de famille alors qu'elle tente de négocier auprès de l'agence de placement de personnel d'assistance à domicile dont elle dépend, qui proteste du fait de devoir appeler ses patients "clients". Elle a raison, il s'agit de personnes qui ont besoin de soins et il ne sont en rien libres de choisir comme le font de vrais clients d'un produit de consommation. C'est la même chose pour les usagers des transports en commun. On ne peut être clients que d'un truc que l'on choisit et dont on peut éventuellement se passer sans trop de dommages.

Cette phrase que le personnage d'Abbie Turner prononce, faisait écho de quelque chose. 

J'ai trouvé aujourd'hui. C'est dans "Le quai de Ouistreham" de Florence Aubenas page 31 de l'édition initiale chez l'Olivier, en 2010. 

Entre collègues, on parle d'abattage, tout le monde renacle à assurer le poste (1), mais les directives sont claires : "Vous n'êtes plus là pour faire du social, cette époque est finie. Il faut du chiffre. Apprenez à appeler "client" le demandeur d'emploi." C'est officiel, ça vient d'en haut. 

Décidément, de nos jours, devenir "clients", c'est mauvais signe, dès lors que l'on n'achète pas.

(1) celui qui nécessite d'assurer le premier rendez-vous avec celleux qui viennent s'inscrire, inscription initiale avec sa kyrielle de documents nécessaires, et orientation