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Les coupures urbaines et le sentiment d'enclavement (?)

Video posée dans l'attente d'avoir le temps de la compléter par un billet

 

C'était il y a deux ou trois ans, du coup peut-être quatre ou six car le temps file plus fort que la mémoire n'en croit, un jour où je devais partir de chez moi avec un horaire à contenter. Mais voilà qu'en voulant accéder, à pied, Porte de Clichy - je devais, je crois, aller prendre côté Paris le RER C - j'étais arrivée sur une scène impressionnante de bouclage intégral d'une zone donnée. 

Alerte à la bombe, disaient les gens comme moi refoulés et qui semblaient tenir l'information des forces de sécurités en train de mettre en place barrières et cordons. 

Je m'étais vite mise en quête d'un autre mode de transports, l'avantage à Paris ou tout contre c'est qu'ils ne manquent pas, j'étais sans doute allée jusqu'à la gare SNCF prendre un train, ou j'avais pris un vélib et fait un grand contour, et j'avais pu poursuivre la suite de ma journée. Il n'empêche que cet incident avait constitué pour moi le début d'une prise de conscience : celle des coupures urbaines.

En effet si le passage vers Paris à la hauteur de la porte de Clichy était fermé, je n'avais guère d'autre solution en tant que piéton qu'un grand détour avant de trouver un autre point possible de franchissement du périphérique. Il ne s'agissait pas d'un simple détour de deux ou trois rues contiguës, mais de vingt bonnes minutes de marche à tout le moins.

D'un autre côté du quartier, se trouvent les voies de chemin de fer. Là aussi un pont à franchir ou des passages inférieurs, six cents mètres au moins entre chaque, si l'un d'eux venait à être fermé. 

Vers le nord / nord-ouest, la frontière c'est la Seine. Les ponts sont séparés les uns des autres d'environ au moins un kilomètre. Si l'un d'eux vient à être bloqué, ça prend un temps, à pied, de pouvoir passer. 

Reste l'est, seule voie sans coupure violente, quoiqu'ensuite une fois dans Saint Denis, les axes autoroutiers et d'accès à ceux-ci constituent là aussi une coupure urbaine pas si simple à franchir.

Depuis cette prise de conscience, je nous sens enclavés. En cas de catastrophe urbaine, politique ou naturelle, la solution de s'éloigner pourrait n'être pas si aisée. Il aura fallu cette video pour que je parvienne à mettre les mots sur cette vague inquiétude, liée à une forme inattendue d'insularité. 

video : Les coupures urbaines par Frédéric Héran

 


Un indicateur de fatigue

 

    Longtemps le radio-réveil fut calé sur 6h30, heure qui permettait aux un·e·s et aux autres de la famille de se préparer qui pour l'école puis le collège puis le lycée puis la fac, qui pour le bureau, plus tard aussi la librairie. Quand j'ai repris la natation en 2004, après avoir été contrainte à 10 ans à restreindre cette activité pour cause de rhumes récidivants, j'ai calé l'heure de l'enclenchement plus tôt. Après m'être inscrite au club de triathlon, encore un peu plus tôt. Le réveil est désormais à 6h17.

J'ai eu des 6h15 aussi, du temps heureux où nous participions certains vendredi à des files d'attentes collectives pour l'Opéra de Paris, avant qu'elles ne fussent de facto réduites à néant par les réservations en ligne et l'augmentation des tarifs pour les places abordables mais bonnes que nous convoitions.

Mon bref #NouveauBoulot a requis des réveils à 6h voire 5h45 pour les matins où j'ai embauché à 7h15 ou 7h30.

J'aime bien me lever tôt, davantage s'il s'agit d'aller nager que de filer à un boulot, il faut bien l'avouer, mais ça ne me pose pas de problèmes, dès lors que je n'ai pas veillé trop tard. Le tout est de pouvoir intégrer une sieste en début d'après-midi.

La différence se fait à la fin des contraintes. C'est là qu'on voit si elles nous faisaient mal ou pas. Cette année écoulée, où j'ai vécu de remplacements et où j'ai travaillé, en pure perte hélas, à un projet de reprise d'une librairie puis un projet de création dans ma ville, j'ai pu respecter mon sommeil, mes rythmes et même sans le recours à un réveil, étais calée sur 6h30 sauf le dimanche.

À présent que je reprends pied dans ma vie, après un mois et demi de travail à grand temps, je m'aperçois que du radio réveil qui s'enclenche à 6h17 je n'entends au mieux en premier lieu qu'une chronique qui se tient à 6h58. L'épuisement est si fort que le son pourtant proche met plus d'une demi-heure avant de parvenir jusqu'à mon cerveau.

La première émission que j'entends est un bon indicateur de fatigue. Est-elle proche du déclenchement ?, je n'ai pas trop de soucis à me faire pour ma santé.

J'ai jusqu'à la fin des congés scolaires et la reprise des entraînements pour retrouver mes réveils (presque) naturels matinaux. Et une fois mes forces reconstituées, me remettre à chercher du boulot (ou une solide subvention d'écriture).